jeudi 29 novembre 2018

La girouette Trump dans le vent de la guerre


Si les conseillers en communication de Macron semblent totalement inaptes et dépassés par l'hybris délirant de leur patronn revanche ceux de Trump ressemblent plus à des geôliers à moins que le locataire de la Maison Blanche ne soit finalement qu'une girouette sans sans cervelle.

En effet, face à l'incident de Kertch dont tous les éléments recueillis attestent que c'est bien une provocation préméditée ukrainienne dans les eaux territoriales russes et en complète violation avec le droit maritime international, le Président étasunien nous a gratifié de déclarations successives changeantes et même contradictoires, pour finalement se ranger dans le camp des bellicistes néo-conservateurs qu'il prétend combattre et qui dans cette affaire ne semble pas étrangers à l'organisation de cette provocation ukrainienne en mer d'Azov.
  • Le 25 novembre, Trump ne réagit pas publiquement à l'incident.
  • Le 26 novembre, dans un premier temps, Trump déclare à une journaliste qui lui demandait son ressenti au lendemain de l'incident "Je ne suis pas content du tout. Nous n'aimons pas ce qui se passe de toute façon. Et j'espère que tout sera réglé", mais à ce moment là, le Président des USA refuse de condamner le Russie .
De leurs côtés, Jens Stoltenberg, secrétaire général de OTAN et Nikky Halley, représentante US à l'ONU, dont on sait qu'ils appliquent toujours et avec zèle la stratégie et le discours russophobes des néo-conservateurs réagissent quant à eux à l'incident en condamnant violemment la Russie en promettant d’accélérer et même de renforcer la militarisation de l'Ukraine.




L'Union Européenne sous la coupe de l'hégémonie militaro-industrielle étasunienne rentre dans la meute avec son Président Donald Tusk qui  "condamne le recours à la force par la Russie dans la mer D'Azov. Les autorités russes doivent rendre les marins et navires ukrainiens et s'abstenir de nouvelles provocations."
  • Le 27 novembre, Trump tout en ne le souhaitant pas évoque l'annulation possible de sa rencontre avec Poutine qui doit avoir lieu à Buenos Aeres dans le cadre du G20.
    Pendant ce temps là, la meute hurlante autour du Kremlin grossit d'heure en heure à l'image de Heather Nauertl la porte-parole de la diplomatie américaine accuse la Russie d'être responsable d'une "escalade grave et dangereuse" de la confrontation entre Moscou et Kiev, sans parler des ukrops de Kiev qui viennent d'instaurer la loi martiale dans leurs régions pro-russes et évoquent comme le Président Porochenko par exemple une "guerre totale avec Moscou".

    Le 28 novembre, alors que les raisons électoralistes de la loi martiale décrétée par Porochenko candidat impopulaire à sa propre succession sont évoquées unanimement stratégie occidentale d'étouffement économique de la Russie s'invite aussi dans la crise de Kertch (à moins qu'elle n'était déjà embarquée dans les bateaux chargés de la provocation) apportant d'autres éléments de réponses pour comprendre pourquoi une telle dramatisation est organisée autour d'un incident somme toute prévisible et mineur par rapport aux événements de 2014. 
    Ainsi l'ancien premier ministre ukrainien post Maïdan Arseni Iatseniouk tendant sa sébile exhorte que "l'UE doit en faire plus pour soutenir l’Ukraine" tandis que la porte-parole US Heather Nauert demande "Une chose que nous aimerions, c'est que nos alliés européens fassent davantage pour assister l'Ukraine" et la représentante de la diplomatie érasunienne d'évoquer le projet "North Stream" destiné à faire contourner l'Ukraine aux livraisons de gaz russes et dont on sait qu'il est un point de désaccord entre les européens et les USA qui n'en veulent pas. 
    Et le même jour, les occidentaux commencent à évoquer de nouvelles sanctions économiques contre Moscou... on connaît la musique !
    • Et le 29 novembre, Trump après avoir annoncé en embarquant dans le vol aérien vers le G20 que sa rencontre avec Poutine se déroulerait comme prévu à un «moment très opportun finit par changer de cap en annulant à son arrivée à Bueno Aeres sa rencontre avec son homologue russe mais tout en déclarant: "J'ai hâte (de participer) de nouveau à un sommet constructif (avec M. Poutine) dès que la situation sera résolue !"
    A ce stade des déclarations contradictoires et même incohérentes du Président de la 1ère puissance mondiale on peut vraiment se demander s'il lui reste encore un pouvoir décisionnel ou même une marge d'initiative, ou si la Maison Blanche n'est pas devenue tout simplement une annexe de Disney Land où Donald n'est qu'une marionnette. 

    Dans le gestion de la crise de Kertch, le Président des USA a montré son inutilité et surtout son impuissance. Déception pour la paix car si il y a bien un moment ou le dialogue s’avère justement crucial, c'est bien au cœur des conflits, mais sans surprise car cela prouve une fois de plus que Trump est pieds et poings liés dans le jeu du grand échiquier toujours tenu par les néoconservateurs bellicistes et russophobes .
    Car refuser un dialogue pendant une confrontation majeure entre 2 pays tiers, c'est bien fermer la porte à toute chance de médiation et de résolution pacifique du conflit mais donner un blanc seing à l'escalade dangereuse souhaitée par ceux là mêmes qui ont initié la provocation. 

    Et les buts des occidentaux sont clairs et confirmés dans leurs réactions viscérales à l'incident de Kertch dont les conséquences et objectifs sont de :
    • Militariser l'Ukraine et les mers Noire et Azov (Jens Stoltenberg de l'OTAN)
    • Relancer de nouvelles représailles économiques contre la Russie (Union Européenne)
    • Renforcer l'isolement politique de la Russie (ONU et USA)
    • Prolonger la vie présidentielle de Porochenko 
    • Exciter la guerre dans le Donbass sur le cadavre des accords de Minsk
    Si le droit est bien du côté de la Russie et de ses forces de sécurité qui à Kertch ont simplement rempli leur devoir (et avec beaucoup de retenue), en revanche ce sont les occidentaux, perdant en Syrie, qui en trichant en Ukraine ont repris la main dans cette confrontation avec Moscou où, à l'exemple des ses 3 bateaux  sacrifiés dimanche dans le détroit de Kertch, il veulent utiliser l'Ukraine , une fois sa militarisation achevée,comme un bélier contre la Russie.

    Et le spectre d'une nouvelle guerre de Crimée d’apparaître à l'horizon de la nouvelle année 2019, en plus de celle qui dans le Donbass se réchauffe à nouveau.

    Erwan Castel

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