mercredi 28 novembre 2018

Pantin ukrop et marionnettiste yankee


Le contexte 

On le sait, le coup d'Etat du Maïdan, même s'il s'appuie sur un mécontentement populaire réel est une opération de "Change power" orchestrée par les néo-conservateurs étasuniens appuyés par leurs clébards de l'Union Européenne et qui vont lancé les paramilitaires néo-nazis dans un renversement du gouvernement Ianoukovitch.

Depuis cette opération contrôlée par les services américains et financée par le Département d'Etat US, les occidentaux, à travers leurs institutions politique (UE), financière(FMI) et militaire (OTAN) ont entamé une préemption de l'Ukraine qui toutefois connait 2 échecs majeurs qui les empêchent de finaliser leur capture géostratégique: la Crimée géostratégique (flotte russe de la Mer Noire à Sébastopol) qui en mars 2014, a rejoint par référendum la Fédération de Russie (fermant une parenthèse ukrainienne de 60 années) et le Donbass industriel (1ère région économique de l'Ukraine et frontière avec la Russie) qui a réalisé la même année un soulèvement armé et une sécession en autoproclamant des Républiques Populaires à Donetsk et Lugansk sous tutelle russe. 

Depuis la guerre économique et diplomatique fait rage entre les Occidentaux et la Russie tandis qu'un conflit militaire couve entre Kiev et Moscou.

Cette fin d'année 2018, malgré la stabilisation des tensions en Crimée et dans le Donbass où la guerre est enlisée dans des tranchées par les accords de Minsk, une escalade des tensions politiques et militaires est brusquement déclenchée à la fin de l'été avec l'assassinat du Président de la République Populaire de Donetsk, Alexandre Zakharchenko. Depuis cet attentat terroriste, perpétré par les services ukrainiens, le situation, sur fond de campagnes présidentielles dans le Donbass (novembre 2018) et en Ukraine (mars 2019) ne cesse de se dégrader, et de façon exponentielle sur les fronts diplomatique et militaire de cette nouvelle guerre européenne qui commence et que personne n'ose encore nommer.

Et dans cette escalade le pouvoir ukrainien, laquais de la stratégie belliciste russophobe  mondialiste vient de franchir une ligne rouge en provoquant l'incident de Kertch entre Mer Noire et Mer d'Azov. C'est, depuis la crise de 2014 et la guerre dans le Donbass, la première fois que des forces russes et ukrainiennes se heurtent volontairement à l'initiative de ces dernières. Dans cette provocation Kiev a volontairement sacrifié 3 de ses unités navales qui sont aujourd'hui, bateaux et équipages aux mains des autorités russes qui ont été poussées à faire usage de la force pour protéger leur espace maritime..

Mais le plus hallucinant dans cet incident c'est de voir l'inversion accusatoire immédiate et générale mise en place par les occidentaux et leurs chiens de garde médiatiques alors qu'un quidam qui regarde les faits et la réglementation maritime peut voir immédiatement qu'il s'agit d'une provocation ukrainienne flagrante. 
En effet les eaux continentales de la Mer d'Azov sont régies par le Traité sur le statut juridique de la mer d’Azov et du détroit de Kertch, signé en 2003 par la Russie et l’Ukraine, et qui prévoit que l’entrée de navires militaires en mer d’Azov n’est autorisée que par consentement mutuel. L’Ukraine, aujourd'hui est en train de contester le traité pour pouvoir militariser cet espace maritime en y installant une flotille militaire rattachée à une base navale actuellement en construction à Mariupol.

Or cet incident provoqué par Kiev est une violation flagrante des articles 7, 19 et 21 du Droit maritime:
  • Article 7 : “Sous réserve des dispositions de la présente Convention, les navires de tous les États, qu’ils soient côtiers ou enclavés, jouissent du droit de passage innocent dans la mer territoriale”.
  • Article 19-1 : ” Le droit de passage est dit innocent tant qu’il ne porte pas atteinte à la paix, au bon ordre ou à la sécurité de l’État côtier. Ce passage se fera conformément à la présente convention et aux autres règles du droit international.” 
  • Article 21-4 : “Les navires étrangers qui exercent un droit de passage innocent dans une mer territoriale doivent se conformer à toutes les lois et réglementations [de l’État côtier] et à toutes les réglementations internationales généralement acceptées relatives à la prévention des abordages en mer.
Avec incident majeur, que Kiev a volontairement provoqué dans l'espace maritime contesté de la Crimée pour lui donner une répercussion et surtout une exploitation internationale à moindre frais, la propagande de guerre occidentale vit un nouvel accès de russophobie hystérique et belliciste que j'évoquais dans un premier bilan de la provocation de Kertch.

Depuis, l'Ukraine, la Russie, mais aussi les Républiques populaires de Donetsk et Lugansk qui sont aux avants postes de la Fédération de Russie sont sur le qui vive, et sous la menace d'un conflit ouvert entre Kiev et Moscou qu'une nouvelle étincelle peut allumer à tout moment. 


Les montées vers le front 

Quelques exemples des agitations militaires observées ici et là :

Côté ukrainien, 

L'instauration de la loi martiale dans les régions limitrophes de la Crimée, de la Russie et des Républiques de Donetsk et Lugansk a exacerbé le renforcement militaire des frontières ukrainiennes et de la ligne de front du Donbass, sans compter le durcissement des contrôles exercés sur les populations.



Voici une colonne de porte-engins civils réquisitionnés transportant des véhicules blindés ukrainiens vers les frontières.

Cette loi martiale établi pour un mois renouvelable (quel changement notable pourrait désormais empêcher sa prolongation ? : un changement de statut de la Mer d'Azov ? impossible. un cessez le feu effectif dans le Donbass ? impossible. etc.) est une épée de Damocles au dessus des populations pro-russes controlées par l'Ukraine et un outil à la dispostion de Porochenko pour neutraliser son opposition électorale, saboter voire annuler à moyen terme le scrutin présidentiel de mars.

Côté russe,

Les forces de défense maritimes de la Fédération ont envoyé dans la région de Kertch des systèmes de missiles Terre-Mer destinés à protéger l'espace maritime dans sa totalité et contre n'importe quelle force maritime hostile qui tenterait de le pénétrer sans autorisation. 



Par ailleurs des unités de combat terrestres, navales et aériennes ont été mises en état d'alerte dans la région pour pouvoir réagir immédiatement à toute nouvelle provocation de la part de Kiev.

Du côte des Républiques du Donbass, 

Les unités ont renforcé également leur positions défensives et leur vigilance et sont prêtes à encaisser un choc blindé ukrainien qui s'il a lieu, risque probablement d'être localisé comme mors des dernières actions provocatrices réalisées sur les secteurs de Shirokino, Avdeevka ou Svitlodarsk. Les soldats, aujourd'hui équipés, entraînés et positionnés sur des positions fortifiées sont plus que motivés pour accueillir ces ukropithèques qui depuis plus de 4 ans les provoquent de loin avec leur artillerie. 





Et toujours les boys de l'Oncle Sam...  

L'ingérence étasunienne en Ukraine n'est même plus cachée par Washington, qui renforce continuellement ses instructeurs ses livraisons de matériels et d'armes, ses exercices avec l'OTAN etc... en toute contradiction avec son positionnement diplomatique vis à vis de la gestion de le crise et des accords de Minsk qui tentent de la résoudre pacifiquement. 
Pire que cela les pions de l'OTAN apparaissent de plus en plus fréquemment dans les zones conflictuelles du Donbass et de la Mer Noire où ils assistent ouvertement l'effort de guerre ukrainien.

Ainsi autour du détroit de Kertch les ressources stratégiques d'observation étasuniennes sont actives avant pendant et après la provocation ukrainienne (voir l'article ci après de Valentin Vasilescu) 


Par exemple hier 27 novembre  une nouvelle mission avion Boeing anti-sous-marin de type P-8A Poseidon a effectué mardi un vol de reconnaissance dans la région du détroit de Kertch et de la Crimée s'approchant des côtes de la péninsule russe à une distance de 31 km. et le même jour un autre vol de drone stratégique US de type Global Hawk RQ-4A, a été repéré dans le secteur sud de la ligne de front du Donbass.

Si le RQ-4 Global Hawk est un drone stratégique. exclusivement dédié à des missions d'observations ( jusqu'à 30 heures à une altitude pouvant atteindre 18 000 mètres), en revanche le Boeing P-8 Poseidon lui est  avion de patrouille anti-sous-marin conçu pour détecter mais aussi détruire les sous-marins ainsi que de participer à des opérations anti-navire. 

Mission d'observation du P8A Poséidon érasunien le 27 novembre 2018 au large de la Crimée 

Vu la portée des équipements électroniques et des radars embarqués par ces aéronefs, ce ne sont pas seulement les secteurs du Donbass et de Crimée qui sont observés (ce qui constitue déjà un ingérence importante) mais aussi le territoire russe limitrophe comme lles régions de Krasnodar ou Rostov par exemple.
 Le ministère russe de la Défense a demandé à plusieurs reprises à Washington d'abandonner de telles missions intrusives, mais le Pentagone a refusé. 

L'OTAN est donc aujourd'hui ouvertement au côté des forces ukrainiennes qui sont engagées dans une guerre contre les russes ethniques du Donbass et des provocations contre la Russie en Mer Noire et son prolongement, la Mer d'Azov. 


Un prétexte pour accélérer l' "OTANisation" de l'Ukraine 

Jusqu'à aujourd'hui, la militarisation atlantiste de l'Ukraine se faisait surement mais aussi lentement, trop lentement au goût de Porochenko et certainement aussi de ses parrains occidentaux. Il fallait à Kiev un prétexte pour accélérer le processus sans que cela apparaisse comme une manœuvre offensive mais plutôt une mesure défensive contre la Russie. 


Dans les prochains jours, si une guerre ouverte entre Kiev et Moscou n'est pas encore à l'ordre du jour, en revanche sa probabilité n'a jamais été aussi forte depuis 2014, et il faut s'attendre probablement à voir se réaliser de nouvelles provocations ukrainiennes, d'autant plus que Kiev vient d'y être largement encouragée par l'attitude partiale et hystérique des occidentaux.

Et la prochaine provocation majeure ukrainienne pourrait se dérouler maintenant sur le front du Donbass.

Ce qui est sûr c'est que de nouvelles mesures anti-russes vont être prises et que les activités de l'OTAN dans cette région vont se développer en accélérant pour s'y installer durablement, comme par exemple la base navale britannique prévue à Odessa, où celle d'Ochakov, construite en ce moment par les américains sur le littoral ukrainien au large de la Crimée..

Par ailleurs la crise a relancer le projet d'une base américaine en Ukraine "pour régler les questions de dissuasion militaire" affirment hypocritement Kiev et Washington qui ont déjà entamé les négociations pour ce projet.


Dégâts provoqués sur le bateau artillerie ukrainien Berdyansk par les gardes frontières russes alors qu'il tentait de forcer les eaux territoriales russes

Mais ce qu'il faut aussi retenir dans cette nouvelle escalade provoquée par Kiev et ses parrains occidentaux, c'est que la Russie n'a pas hésité a faire usage de la force (tout en la limitant au maximum) et même à ouvrir le feu sur les provocateurs ukrainiens en acceptant cette fois l'affrontement direct sur le terrain. Cette réaction russe un avertissement clair aux américano-ukraino-atlantistes : "Cette fois on arrête de jouer !"


Erwan Castel 


Voici une analyse très intéressante de Valentin Vasilescu qui non content d'illustrer le "2 poids 2 mesures" des occidentaux concernant les incidents frontaliers et le droit d'usage de la force pour les pays menacés retrace l'historique des activités des ressources de renseignement occidentales et particulièrement de l'armée américaine dans la région quelques temps avant l'incident de Kertch , où comme les morceaux d'un puzzle, elles apparaissent comme une préparation à cette provocation majeure. 


Source de l'article : Réseau international

Détroit de Kertch : 
l’incident avait été préparé et planifié bien avant par les Etats-Unis


Par Valentin Vasilescu

Il est très facile pour un avion pirate de saboter l’infrastructure d’un grand aéroport, de mettre les pistes hors service, de provoquer des explosions dans les terminaux, de faire sauter des avions au sol, etc. Selon les conventions internationales, lorsqu’un aéronef entame la procédure d’atterrissage mais n’a pas auparavant demandé le survol de l’espace aérien d’un État et l’approbation d’atterrissage à cet aéroport, il devient un aéronef criminel. Par conséquent, l’avion est automatiquement intercepté par des avions de chasse. Lorsque l’aéronef est un appareil appartenant à un État, c’est à dire militaire, des garde-côtes ou de la police, l’État auquel il appartient est considéré comme un agresseur. Toutes les conventions internationales obligent les États signataires à punir la tentative d’acte illégal.

En comparaison, le pont et le détroit de Kertch sont soumis aux mêmes règles. L’incident du 25 novembre est bien connu et il n’est pas besoin d’y revenir. La réaction de l’envoyé spécial américain en Ukraine, Kurt D Volker était celle de quelqu’un qui ne respecte aucune convention internationale : « La Russie limite le déploiement du trafic maritime en attaquant et en empêchant les navires ukrainiens pacifiques de se rendre dans un port ukrainien ». Il est remarquable que la Russie ait perdu quelques heures à pourchasser et tenter de dissuader les vedettes rapides « pacifiques » de l’armée ukrainienne à l’entrée du détroit de Kertch, et à essayer de résoudre le problème par des moyens diplomatiques. En revanche, lors des deux guerres du Golfe, des avions militaires américains ont bombardé et fait couler « préventivement » une centaine de navires irakiens dans les eaux territoriales irakiennes avant que ceux-ci n’apprennent que la flotte américaine était sur le point de commencer à envahir l’Irak.

L’hélicoptère russe de reconnaissance et d’attaque KA-52, qui surveille l’évolution de la situation dans la région du détroit de Kertch, est équipé du canon 2A42-1, de calibre 30 mm, cadencé à 500 projectiles/minute et de deux blocs UB-32/57, avec 64 missiles réactifs S-5 M. Si la Russie avait adopté la même attitude que les États-Unis, les deux petits navires ukrainiens, armés mais non blindés, avec un déplacement de 50 tonnes, auraient été pulvérisés et auraient coulé dès la première minute.



Certaines controverses sont en train de naître :

Deux des trois petits navires ukrainiens impliqués (Berdyansk et Nikopol) appartiennent à la classe Gyurza-M et sont basés au port d’Odessa. Depuis juillet 2018, deux autres navires de la même classe (Lubny et Kremenchuk) de la marine militaire ukrainienne, à partir du port militaire de Berdiansk sont entrés dans la mer d’Azov. Les navires de la classe Gyurza-M sont construits dans l’usine d’armement Kuznya na Rybalskomu au centre-ville de Kiev. Une usine contrôlée par le milliardaire président de l’Ukraine, Petro Porochenko. Les quatre navires ont été transportés de l’usine à leurs bases par la route à l’aide de remorques de voitures. Pourquoi l’Ukraine a-t-elle forcé les choses maintenant ?


Le 5 novembre, un avion russe Su-27 a intercepté un avion américain ELINT EP-3 volant à proximité des eaux territoriales de la Crimée. Le 19 novembre, un avion de reconnaissance israélien Gulfstream G-550 Nachshon Aitam (indicatif du vol 537) a survolé la mer Noire autour du détroit de Kertch. L’incident survenu dans le détroit de Kertch a été surveillé pendant toute la journée par des avions de reconnaissance américains SIGINT. L’un d’entre eux, de type RC-135V, série 64-14841, indicatif JONAS 21, basée dans la baie de Souda, sur l’île de Crète, a évolué sur le rivage de la mer Noire, près de la Crimée. Un second aéronef, un drone de haute altitude de type RQ-4B, série 11-2047, avec l’indicatif FORTE10, a volé à l’est de l’Ukraine près de la mer d’Azov. Le RQ-4B est exploité à partir de la base navale américaine de Sigonella, sur l’île de Sicile.

( Pour plus d'info sur les drones stratégiques RQB ("Global Hawk") voir le lien  : Drone US )


À la suite des exercices de l’OTAN ”Trident Juncture 18”, le porte-avions américain Harry Truman a été redirigé vers la mer Méditerranée. Il y a formé un groupe de frappe (CSG) avec trois destroyers de la classe Arleigh Burke et un croiseur de la classe Ticonderoga. Le porte-avions américain Harry Truman a à son bord 90 avions de combat et hélicoptères et a déjà lancé un exercice de combat non planifié. Le CSG est appuyé à partir de la base de Sigonella par un avion de reconnaissance P-8A série 168859, qui surveille la zone de la Méditerranée orientale, de la mer Égée et de la mer Noire. A cette même fin, le CSG avait utilisé le même avion de reconnaissance EP-3 de la série 157316, indicatif AS17, qui a été intercepté par les Russes le 5 novembre sur la côte de Crimée et qui avait décollé de la baie de Souda dans l’île de Crète.

Les ‘théoriciens du complot’ disent que ce n’est pas une coïncidence, l’incident du détroit de Kertch aurait été préparé à l’avance, puisqu’il s’agissait d’un acte prémédité. Les États-Unis poussent l’Ukraine par derrière pour provoquer une réaction militaire de la Russie, offrant ainsi l’occasion aux formations CSG autour du porte-avions Harry Truman de frapper les cibles militaires russes dans la péninsule de Crimée. Une fois de plus, seule la modération de la Russie à empêché l’escalade qui aurait engendré une possibilité d’intervention de la part des Etats-Unis.

 Valentin Vasilescu

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