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lundi 18 octobre 2021

Photo du 18 octobre

Rue Gorvogo au centre de Donetsk 


Depuis plusieurs jours, les dieux nous gratifient d'un très bel "été indien" ("l'été de la femme" en russe) où le soleil revenu jouent avec les feuillages mordorés de l'automne tandis que les écureuils chassent avec enthousiasme les noix des jardins innombrables.... 

Parfois, la guerre semble si loin... et pourtant depuis les lisières urbaines des grondements d`acier continuent de s'échapper ainsi que des colonnes de fumée, signalant la présence d`un autre univers où le soleil ne sourit plus aux arbres....

Erwan Castel

mardi 5 octobre 2021

Les roses résistantes de Donetsk

Dans le Sud de la rue Artiom à Donetsk

Au cœur de Donetsk, et malgré les premières nuits algides nous ayant plongé depuis mi-septembre dans un automne chargé de promesses hivernales, les derniers carrés de l`armée au million de roses contestent avec vigueur, couleurs et senteurs le fatalisme de l`Ode à Cassandre...

Alors que les arbres se parent de leur plus beaux atours mordorés pour une dernière danse avec le vent de la steppe, les roses semblent vouloir défier la meule du temps comme pour accompagner ici par exemple la flamme du monument "aux combattants de l'Empire soviétique" dans son éternité mémorielle...

Plus loin, les vagissements des vieux rails émergeant des derniers pavés primaux de la cité minière annoncent la ronde ininterrompue des vieux tramways, toujours vigoureux, et animant depuis des générations cette aorte historique du cœur de la capitale du Donbass.

Erwan Castel

lundi 4 octobre 2021

L'athanor du Donbass

7 années de bombardements, de morts et de blessés, de souffrances, de destructions, de privations, de larmes et de peur... et pourtant le peuple du Donbass est toujours debout !

Les sources de cette résilience et ce courage qui forcent l'admiration et l'étonnement sont multiples: le caractère slave, l'histoire tourmentée du Donbass et ses traditions guerrières, l'héritage soviétique etc...

Mais sans conteste l'activité minière, qui est la caractéristique majeure de ce Donbass russe, ne forgea pas seulement son identité économique mais aussi, génération après génération, le caractère et la force d'âme de toute ce peuple des terrils, des puits sans fond, des fonderies infernales, qui rappellent à chaque instant le combat quotidien de l'Homme contre la fatigue, la peur, la souffrance et la Mort.

Lorsque les canons ukrainiens se  déchaînent en 2014 sur cette terre du courage et des traditions, les mains lâchent alors les pelles pour saisir les vieux fusils des aïeux, et les cœurs restent hauts dans cette nouvelle lutte imposée par l'histoire. 

"Sursum Corda !"

Déambulant hier dans Gorlovka, un monument en l'honneur des mineurs de fond comme il en existe partout dans le Donbass (et souvent associés au monuments militaires) me rappelait un poème écrit en l'honneur de ces "damnés de la terre" qui ici continuent de lutter pour leur dignité et libertés.

Erwan Castel 

"Ils creusent des sillons au ventre de la terre

Extirpant, des bas-fonds, l’or noir de la misère,

En guise d’éclairage à leurs fronts barbouillés,

Un lanterneau propage un rayon fatigué.

Dénudés à mi-corps, ruisselant de sueur,

Dans un lent corps à corps, apprivoisent la peur

Car la Mort qui les toise au détour d’un goulet,

Quand le grisou pavoise hochant sont couperet

Tel un vil mécréant sans cœur, ni état d’âme,

Les laisse agonisants dans une étreinte infâme !

Dans la poi qui les mine, le long de leur vie,

C’est au fond de la mine qu’ils gagnent leur vie,

Arrachant le limon, comme de noirs viscères,

Dégoulinant filon, le marc brun de la terre

Y puisant, sans arrêt, à grands coups de harpons,

Le poussier, le boulet, la houille et le charbon !

Je leur dédie ces mots que je grave en la pierre,

Ceux qui cachent leurs maux sous des lauriers sans gloire,

Car ils mourront, un jour, pour un pain de misère

Sans jamais contempler que des horizons noirs !"

Cypora Sebagh


"Souviens toi, le peuple du Donbass est sorti de la terre !"


mercredi 29 septembre 2021

"Nous sommes le Donbass russe"

 

Aujourd'hui en Occident, c'est la fête de Saint Michel, cet archange présent dans les 3 monothéismes abrahamiques mais dont la dimension sacrée est dépassée par une symbolique solaire sacrale. 

Pour moi, ce 29 septembre, c'est avant tout la fête des paras dont j'ai eu l'honneur de porter le béret rouge et dont les traditions résonnent toujours dans mon cœur. 

A cette occasion je suis allé jusqu'à Donetsk saluer le guerrier ailé qui veille devant la cathédrale de la cité du Donbass, et sur l'artère urbaine principale de la cité, celle qui porte le nom du précurseur de la première République du Donbass (1918).

A proximité de ce cœur urbain une immense toile ornant une façade rappelle la volonté renouvelée depuis 7 années de ce peuple russe, toujours debout dans la tempête ! 

"Мы русский Донбасс !"

Erwan Castel

mardi 14 septembre 2021

Mémoire européenne de Donetsk (2)

Nouvelle escapade vers les sculptures innombrables ouvrant dans les parcs et les rues de Donetsk les pages d'une grande histoire européenne. 

Aujourd'hui c'est dans la pierre que le souvenir des peuples cavaliers est gravé pour le passant du parc Sokil. 

Ces nomades venus d'Asie centrale vont dominer le centre de l'Europe du VIIe siècle avec les scythes jusqu'au début de l'ère vulgaire avec notamment les sarmates qui nous ont laissé de nombreuses traces dans le Donbass. Ces peuples cavaliers qui fondèrent la prime civilisation de cette région pontique d'où vont rayonner par la suite tant d'autres peuples aryens à qui nous devons notre socle identitaire européen vont être également des acteurs majeurs de la route de la Soie qu'aujourd'hui les pays insoumis font resurgir face au mondialisme  occidental.

Erwan Castel

lundi 13 septembre 2021

Les choses les plus simples

Cédant à l'appel d'un soleil généreux dominical, je suis allé rêver dans un coin de Nature aménagé pour les escapades familiales ou solitaires toujours émaillées de belles et vivifiantes rencontres animales et humaines...

Et revient à ma mémoire cette chanson de Gabriel Yacoub : 

(...)

"Alors, je me souviens des choses les plus simples

Les choses qu'on a dit ne jamais oublier

Les choses les plus simples, jamais oublier

Il faut marcher longtemps pour en finir de ces langueurs

Il faut marcher longtemps pour en finir de ces langueurs

Il faut fermer les yeux, partir ailleurs"

Erwan Castel

dimanche 9 mai 2021

Soif de victoire !

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Pour ce 9 mai 2021 après avoir été saluer,  avec les oiseaux, le soleil depuis un parc de Donetsk, je me suis baladé dans cette ville se réveillant pour célébrer une septième fois une victoire du passé tandis que, portés par un vent frais, des nuages matinaux aux couleurs de l'acier nous rappellent que la plus belle des victoires est toujours celle à venir.


Dimanche 9 mai 2021

Lorsque gens ont commencé à se diriger vers l'avenue centrale de la cité, j'ai rejoint à mon tour ces affluents humains arborant des rubans de St Georges, des calots de l'armée rouge et des photos de leurs aïeux tombés hier et aujourd'hui pour leur Liberté.

Et je suis resté là, anonyme et silencieux - comme j'aime l'être de plus en plus - sur les berges de cette avenue Artema devenue pour quelques heures un grand fleuve républicain. 

Loin des tribunes officielles et de leurs foules infectées par les courtisans à breloques, larbins propagandistes et autres narcissiques parfumés dont la plupart n'ont jamais guetté dans le silence nocturne d'une tranchée le souffle de la guerre, des familles, des vétérans, des soldats, des amoureux et des solitaires étaient venus dans un élan de coeur pur saluer leurs défenseurs dans le souvenir partagé de sacrifices qui continuent à agrandir chaque jour un peu plus les rangs du Régiment des Immortels.

Pour être honnête, je n`ai quasiment pas regardé cette année le défilé des camarades jouant malgré eux ce sempiternel acte théâtral solennel de la grande comédie humaine, mais en revanche, j`ai observé avec admiration ce peuple qui m`a accueilli à bras ouverts en février 2015, et que 7 années de guerre n`ont pas su entamer ni la détermination ni l`enthousiasme malgré les souffrances et privations subies par toutes celles et ceux qui n`appartiennent pas à la nouvelle nomenklatura locale.

Dans les yeux de ces gens humbles brille toujours intacte cette espérance qui depuis le 'printemps russe" en 2014 a fait se lever le peuple du Donbass contre l'ignominie occidentale ressuscitant les hordes brunes sous les bannières de la "démocratie droidelhommiste" cette nouvelle théologie politique animant l'étape suivante de l'impérialisme marchand dans des croisades de plus en plus meurtrières.

9 mai 2014, en pleine révolution anti-Maïdan,
la population de Donetsk descend dans la rue 
pour honorer les héros de la "grande guerre 
patriotique" et aussi défendre les valeurs pour 
lesquelles leur combat doit continuer aujourd'hui. 

Après le défilé, je m'en suis retourné un instant auprès des oiseaux du parc, surprenant même les péripéties d'écureuils bondissant dans les frondaisons printanières et je pense aux enfants du Donbass et à cet ancien de Trudovsky tué hier dans un bombardement pro-occidental des forces ukrainiennes et qui avait vécu la Victoire de 1945 lorsqu'il avait l'âge de cette petite fille applaudissant 76 ans plus tard sur les épaules de son grand père le défilé du 9 mai 2021.

Oui certes, il est nécessaire et même vital de se souvenir et honorer les victoires du passé, mais il ne faut pas pour autant enivrer nos fiertés avec le sang des héros du passé, car à chaque générations ses mérites et seules les victoires de demain sauront nourrir notre fierté et protéger nos libertés...

Nous avons donc besoin d'une victoire, non pour nos vanités mais pour offrir aux enfants l'avenir que les anciens ont rêvés et pour lequel ils se sont sacrifiés dans les champs, les usines, les mines ou les tranchées !

Erwan Castel

"Nous avons besoin d'une victoire !"

Notre dixième Bataillon aéroporté

Ici les oiseaux ne chantent pas,
Les arbres ne poussent pas,
Et seuls, épaule contre épaule,
Nous nous enfonçons en terre.
 
La planète flambe et tournoie,
Brouillard sur notre Patrie,
Et c’est signe qu’il nous faut une victoire,
Une pour tous – peu importe ce qu’il en coûtera!
 
Le feu mortel nous guette,
Et il est impuissant,
Arrières, doutes :
Descendu dans la nuit
En retrait
Notre dixième
Bataillon aéroporté.
 
À peine la bataille s’achève-t-elle,
Qu’un nouvel ordre résonne,
Le facteur va perdre la tête,
À force de nous chercher.
 
Une fusée rouge s’élance,
La mitrailleuse tire sans relâche.
Et c’est signe qu’il nous faut une victoire,
Une pour tous – peu importe ce qu’il en coûtera!
 
De Koursk et Oriol
La guerre nous a conduits
Jusqu’aux portes de l’ennemi.
C’est ainsi, frère…
 
Un jour nous nous rappellerons tout cela,
Et n’en croirons pas un mot.
Mais pour l’heure, il nous faut une victoire,
Une pour tous – peu importe ce qu’il en coûtera!

lundi 5 avril 2021

Photos du 5 avril

Ce lundi 5 avril 2021, sous un ciel triste aux couleurs de l'acier ont eu lieu à Yenakievo, à l'Ouest de la cité minière de Gorlovka (Nord de la République Populaire de Donetsk) les obsèques du petit Vladik, cet enfant de 5 ans assassiné par un drone ukrainien ce 3 avril devant la maison de sa grand mère à Aleksandrovskoye, un village voisin.

Au cours de cette cérémonie émouvante, la famille, qui a bien confirmé le largage meurtrier d'une grenade ukrainienne au dessus de leur lieu de vie, a tenu a remercier les élans compassionnels innombrables venus du Donbass et de Russie les soutenir dans cette terrible épreuve. 


Dans le contexte de l'escalade militaire en cours entre les Républiques, le Russie et l'Ukraine, la mort de cet innocent qui, durant ces éphémères 5 printemps n'aura finalement connu que la guerre à l'horizon de ses rêves d'enfant, devient un sacrifice qui s'élève en symbole de cette tragédie du Donbass, pour éclairer la folie humaine.

Merci à Svetlana Kissileva pour ces photos difficiles et qui restituent avec respect la souffrance et la dignité de cette famille et, à travers elle, de tout ce noble peuple du Donbass.

Erwan Castel

samedi 20 mars 2021

Photo du 20 mars


Sous la douceur d'un blanc manteau tardif, un enfant insouciant nourri des pigeons sur le boulevard Pouchkine à Donetsk, loin des tambours de guerre s'approchant de sa belle et libre cité.

Puisse l'humanité savoir un jour garder au fond des cœurs ces rêves d'enfance au lieu de détruire ce merveilleux don des dieux qu'est notre Terre par des cauchemars anthropocentriques et cupides.

Erwan Castel