mercredi 29 juin 2022

La digue ukrainienne cède à Lisichansk

Tableau de  Andrey Yakovlev

Au sortir de leur retraite de Severodonetsk, l'Etat Major ukrainien avait semble t-il 2 options : 

  • poursuivre rapidement l'exfiltration de leurs unités vers l'Ouest avant que l'encerclement opérationnel de Lisichansk ne soit réalisé,
  • s'enfermer dans Lisichansk et y organiser une résistance, certes sans espoir mais qui aurait comme à Severodonetsk cherché une usure russe et un gain de temps.
Ce que nous pouvons observer depuis cette semaine est une inaptitude totale du commandement ukrainien a prendre une décision, à organiser une retraite de Lisichansk autant que d'y mener une résistance honorable. Le résultat est que pour la seule journée du lundi 27 juin 2022, les pertes ukrainiennes sur ce secteur ont dépassé les 1000 hommes entre les tués, les blessés, les prisonniers et les disparus. Et à cette anarchie tactique voit ses conséquences amplifiées par une intensification des opérations offensives russes et républicaines.



Nouvelle opération occidentale d'intoxication mentale 

Mais commençons par une nouvelle diversion russophobe de la propagande ukro-atlantiste :

Sur les planches du théâtre réel de la guerre, les auxiliaires ukrainiens de l'OTAN à défaut de pouvoir s'imposer avec la moindre victoire tactique, aiment à jouer à l'entour leur sempiternelle sérénade victimaire, poussant leur inversion accusatoire jusqu'à l'obscénité : Ainsi, après le centre commercial de Kiev rempli de roquettes "Grad", la maternité aux victimes maquillées et le théâtre de Marioupol vide de corps, Bucha et ses cadavres pro-russes tués par les russe, Kramatorsk et son Tochka U tiré il y a 30 ans, voici que la propagande ukro-atlantiste nous sert au menu de Lisichansk le "bombardement criminel du centre commercial de Kremenchouk.

Suite au bombardement réussi d'un dépôt de munitions voisin, le centre 
commercial "Krementchouk" en Ukraine est impacté et prend feu.

Attention, je ne nie pas le drame terrible de ce bombardement qui, selon les premiers rapports, aurait tué 18 civils et blessé une cinquantaine d'autres ce 27 juin 2022. Mais de là à prétendre tout de go que c'est un missile russe qui a visé intentionnellement une grande surface commerciale où il y avait 1000 civils environ, il y a un chemin grave où la raison froide cède devant la croyance partiale. 

Au regard des événements passés j'observe que :

  • Les frappes russes ciblent toujours des objectifs militaires confirmés avec le maximum de précision possible,
  • Lorsqu'un objectif ukrainien se situe dans un environnement résidentiel, les frappes sont généralement réalisées pendant la nuit lorsqu'il n'y a plus d'activité sociale, 
Donc, n'en déplaise à la doxa hystérique ukro-atlantiste qui veut voir des crimes de guerre russes partout, même quand il n'y a pas de victimes, rien ne permet de confirmer qu'un tir russe, a visé ce supermarché et que ce dernier était ouvert. Au contraire les images diffusées immédiatement après le bombardement confirment plutôt la version russe selon laquelle  c'est un dépôt de munitions ukrainien qui a été visé et touché dans ce même quartier et que le supermarché n'est plus un lieu de commerce.

Sur cette vue aérienne drone du centre commercial "Kremenchuk" 
on observe derrière le centre un point d'impact encore fortement 
actif et dont le feu révèle une forte explosion dont le rayonnement
a certainement atteint et impacté fortement le centre commercial
Ensuite, il est surprenant pour un centre commercial où il y avait 
soit disant 1000 personnes que son parking soit quasiment vide.

Quoiqu'il en soit, il est complétement hallucinant de voir une fois de plus ces ukro-occidentaux démarrer au quart de tour jusqu'à convoquer une réunion du conseil de sécurité de l'ONU pour condamner la Russie avant même que la moindre enquête indépendante n'ait été diligentée sur place. Et la meute des journalistes occidentaux de devenir des procureurs de la nouvelle inquisition dans un délire hystérique sans limite mais psychiatriquement intéressant tant concernant les auteurs que leurs lecteurs.

Ils sont où ces Torquemada politico-médiatiques
quand l'armée ukrainienne fait une trentaine de 
victimes quotidiennes en bombardant le centre 
ville de Donetsk, là où pourtant, il n'y a ni position
militaire ni combat à moins de 10 km à la ronde ?

Comme ses précédentes opérations d'intoxication mentale le drame 
du centre commercial "Kremenchouk" instrumentalisé par la propagande ukro-atlantiste sombrera dans les abysses de ses mensonges habituels, tandis que resteront flottant dans l'opinion manipulée les débris de leur russophobie dogmatique ("mentez, mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose"). Et surtout il faut replacer ce nouvel épisode de la propagande ukro-atlantiste en perspective d'une augmentation de la crispation internationale Russie-Occident (blocus de Kaliningrad, sommet de l'OTAN...) qu'il cherche à exciter, et de la situation militaire ukrainienne catastrophique sur le front Nord Donbass dont il cherche à imposer une diversion politico-médiatique.
 
Ce qu'il faut retenir de cette nouvelle instrumentalisation politique du drame humain, c'est que par la voix de leur acteur Zelensky les États-Unis, qui rappelons-le financent et protègent nombre de groupes djihadistes depuis des années, ont exhorté la "communauté internationale" à nommer Moscou "État parrain du terrorisme", dans l'intention non cachée de  vouloir déclencher contre la Russie de nouvelles sanctions paroxysmiques et même de lui retirer son siège de membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU. Voilà l'intention réelle qui se cache derrière le masque hypocrite de la moraline occidentale.


La désintégration du groupe tactique de Lisichansk

Sur le terrain des combats, les ukro-atlantistes ne peuvent plus cacher par des rodomontades propagandistes la réalité de l'effondrement physique et moral du groupe tactique ukrainien qui était en charge de défendre le bastion de Severodonetsk-Lisichansk, et comme je l'évoquais ans un précédent SITREP concernant ce secteur, la retraite de Severodonetsk se transforme en débâcle.

Situation du front de Lisichansk au 28 juin 2022

L'assaut des forces russes et alliées sur Lisichansk, est non seulement précédé par l'immense rouleau compresseur de leur artillerie mais ce dernier, complété par les frappes des missiles stratégiques et des chasseurs bombardiers s'est même intensifié. Et le choix tactique de l'Etat Major russe de réaliser un encerclement serré de la ville permet à ses unités d'opérer hors de portée de la majorité des tirs de contre batterie ukrainiens venant du bastion de Slaviansk / Kramatorsk situé à plus de 40 km à l'Ouest de leurs progressions.

Bombardement russe en périphérie de Lisichansk

Au sol, la résistance ukrainienne dans le tiers industriel au Sud-Est de Lisichansk qui est coupé du reste de la ville par une ravine non habitée s'est effondrée immédiatement (les 2 ponts et le tunnel communiquant vers la ville ont été détruits). Dans le centre ville elle semble complétement désorganisée et en proie à une panique au sein de plusieurs unités ukrainiennes qui s'enfuient au Nord par la dernière route hasardeuse, car déjà bombardée, permettant de rejoindre Seversk et Slaviansk par le Belogorovka sur le rive droite de la rivière Donets.

Une sortie d'unité ukrainienne de Lisichansk qui
ressemble plus à une débandade qu'à une retraite

 Toutes les sorties de Lisichansk sont sous le
feu de l'artillerie russe qui détruit les blindés
tentant de rejoindre Seversk et Slaviansk.

Les combats entre les forces russo-républicaines et les forces ukro-atlantistes se déroulent dans les zones urbaines proches du centre de Lisichansk où le quartier du stade "Shakhtior",  et à l'Ouest dans la zone de Verkhnokamianka où le périmètre de la raffinerie a été dépassé. Selon les autorités de la République Populaire de Lougansk, il pourrait rester entre 5 et 6000 soldats ukrainiens et mercenaires dans Lisichansk. 

Dans les forces d'assaut en pointe de la libération de 
Lisichansk, des parachutistes russes ici au combat
contre des véhicules blindés d'infanterie ukrainiens.
Dans les combats urbains, les forces spéciales russes et tchétchènes grignotent le terrain mètre après mètre, identifiant et éliminant les uns après les autres les soldats ukrainiens embusqués dans les immeubles d'habitations.

Sniper russe en infiltration nocturne dans Lisichansk
Dans les périphéries Ouest de la ville, les forces alliées poursuivent leur manœuvre d'encerclement terrestre des forces ukrainiennes dans des combats intenses où russes, tchétchènes et républicains sont au coude à coude dans la libération finale du territoire de la République Populaire de Lougansk dont Lisichansk est la dernière localité importante.

Combats dans la périphérie Ouest de Lisichansk
Plus au Sud, les forces alliées continuent de mener une pression offensive sur les positions ukrainiennes situées à l'Ouest de la route T1302 reliant Lisichansk à Artemovsk (Bakhmut) et qui ici bénéficient encore, bien que faiblissante, d'une couverture d'artillerie venant de Artemovsk et Kramatorsk.

Destruction de positions ukrainiennes embossées
dans des "zilonkas" (forêts linéaires agricoles) le
long de la route dans le secteur de Spirne

Ici une vue aérienne (drone) du secteur de la raffinerie
de Verkhnokamianka ou se déroulent les attaques des
forces alliées en direction de la rivière Donets (8 km)
on peut y apercevoir l'évolution de Sukhoï 25 russes. 

Malgré les progressions prudentes des forces alliées, malgré leurs bombardements ciblés au maximum sur les positions ukrainiennes confirmées, des inévitables pertes civiles sont à déplorer, et d'autant plus que de leur côté les forces ukrainiennes qui évoluent à l'intérieur des zones résidentielles pour se protéger n'ont quant à elles aucune retenue ni discernement dans leurs tirs et bombardements (jusqu'à rendre les tirs fratricides fréquents). C'est l'immense tragédie de la guerre urbaine dont les batailles sèment derrière elles des chemin de croix, de larmes et de ruines.



En conclusion

La courbe des pertes ukrainiennes sur le front de Severodonetsk / Lisichansk ne cesse de s'amplifier et dans des proportions catastrophiques, ainsi par exemple de ce 108e bataillon d'infanterie qui, à l'issue des combats menés en périphérie de Lisichansk, n'a plus que 30 survivants sur les 350 hommes de son effectif initial.

Un autre exemple de destruction d'unités ukrainiennes
ici en train de tenter de rejoindre la ville de Seversk au
Nord Ouest de Lisichansk qu'elles viennent de quitter.



A moins que l'accélération de son effondrement devienne incontrôlable, la retraite ukrainienne pourrait tenter d'organiser une pause éphémère sur une nouvelle ligne de défense un peu plus longue entre Soledar et Seversk (qui sont entrain d'être aménagés en points d'appuis renforcés), notamment grâce aux appuis feu des artilleries de Slaviansk et Kramatorsk, du moins jusqu'à ce que Artemovsk soit libéré ou la rivière Donets franchie à l'Ouest de Seversk.

Hypothèse de la prochaine ligne de front du secteur Nord-Donbass

Après l'enfoncement de cette potentielle prochaine ligne de front ukrainienne, la bataille pour la libération de Slaviansk et Kramatorsk pourra commencer et avec elle la décapitation du corps de bataille ukrainien du Donbass.

Erwan Castel

Le déferlement de la puissance militaire russe continue la libération de la Novorossiya

mardi 28 juin 2022

Des nouvelles d'Anya

En avril 2022, des amis de Donetsk m'avait alerté sur le sort dramatique de la petit Anya, une enfant de 11 ans grièvement blessée à la tête lors de bombardements à Marioupol et qui s'était retrouvée toute seule, abandonnée pendant plusieurs semaines au milieu des décombres de sa maison. Par miracle un soldat républicain l'avait trouvée alors quelle était inconsciente depuis plusieurs jours, famélique et au seuil de la mort. Opérée en urgence plusieurs fois Anya bien que physiquement sauvée présentait de graves troubles psychologiques suite au choc vécu, toute seule au milieu de l'enfer. Prostration, crises de nerfs, perte de l'usage de la parole, etc. 

Avec Anis, un ami de Donetsk, nous avons aussitôt consacré temps et budget pour aider cette enfant, découvrant à cette occasion les besoins nombreux qui ne sont pas pris en charge par les hôpitaux (matériel paramédical comme les couches, IRM cérébral qui est fait en clinique privée donc payante...) et bien sûr tous ces gestes d'affection (peluches, jeux, vêtement) qui aident cette fillette traumatisée à reprendre goût à la vie et sa famille dans une détresse économique importante à pouvoir s'occuper au mieux de son enfant (déplacement, nourriture...).

Mai 2022, Anya encore très faible recommence à vivre 

Je tiens ici à saluer une nouvelle fois le travail exceptionnel du personnel médical des différents hôpitaux de la république populaire de Donetsk (neurologie, enfance, psychiatrique...) qui a gérer avec talent et patience les différentes étapes menant Anya vers sa guérison, ainsi que du dévouement de Tania sa belle maman qui a immédiatement tut sacrifié pour remplacer une mère perdue dans les paradis artificiels jusqu'à l'indignité.

Mais celle qu'il faut remercier de son courage et volonté de vivre magnifiques, c'est bien Anya, cette enfant amoureuse de la vie de la danse et du vent. malgré son apparente faiblesse et les blessures physiques et psychiques subies, cette enfant a fait preuve d'une combativité face au malheur exemplaire.

De nombreuses personnes ont réagi et exprimé le désir d'aider Anya mais aussi tant d'autres enfants du Donbass sont ces innocents victimes de la guerre et qui nous rappellent à notre humanité perdue...

Pour éviter toute attaque diffamatoire des Moreau, Brayard, Néant and Co, j'ai demandé aux personnes de diriger leurs aides vers l'association "Urgence Enfants du Donbass" dirigée par Emmanuel Leroy et qui était sur le point de réaliser une nouvelle opération humanitaire à Donetsk. Ainsi Anya et d'autres enfants ont pu être à nouveau aidés au début du mois de mai, efficacement et loin des gesticulations ostentatoires des courtisans à breloques.

Semaine après semaine, Anya retrouve ses forces physiques et psychologiques, même si ses parfois le cauchemar vécu remonte à la surface de ses souvenirs. Je continue à suivre les soins prodigués à Anya et à couvrir les frais de ces fréquent examens encore indispensable (une IRM par exemple coûte 9000 roubles soit 25 % de mon salaire), regrettant de ne pouvoir aider plus d'enfants en détresses

Juin 2022, Anya retrouve l'autonomie, la parole et le sourire !

Anya va beaucoup mieux aujourd'hui, même si le chemin médical restant à parcourir est encore long (et que probablement des traumatismes profonds subsisteront des années encore). 

Aujourd'hui Anya est dans un centre de rééducation et de loisirs moderne ouvert dans le Daghestan russe et dont la République a tenu à ce qu'il accueille des enfants du Donbass victimes de la guerre dans des séjours  (4x 50 enfants pour commencer). Cette politique de l'union des peuples de Russie n'est pas isolée, car au total ce sont 3700 jeunes des Républiques Populaires de Donetsk et Lougansk qui seront accueillis dans plus de 30 villes russes. Au Daghestan, ce projet fraternel et humanitaire appelé "territoire du succès" se déroule dans ce centre de "Svyazist" dans la région de Kayakent. Anya accompagnée de Tania doivent en revenir dans une semaine.

Je ne demande pas ici de l'argent en mon nom, heureux d'apporter aussi ma contribution personnelle aux actions humanitaires en cours (pour info 113 000 roubles cette année entre Anya et d'autres enfants), mais pour celles et ceux qui veulent aider les enfants du Donbass, je ne peux que leur recommander d'adresser leurs dons à Urgence Enfants du Donbass :

le lien ici:

URGENCE ENFANTS DU DONBASS

Si le lien ne fonctionne pas (spam par exemple) allez depuis 
votre moteur de recherche directement sur ce lien copié :

https://urgence-enfants-donbass.fr/

Merci à toutes et à tous qui s'inquiétaient du sort de la petite Anya et qui aident les enfants à oublier la guerre 

Erwan Castel

dimanche 26 juin 2022

La bataille de Lisichansk aura t-elle lieu ?

Après avoir confirmé l'abandon de Severodonetsk aux forces russes, les autorités ukrainiennes ont aussi reconnu a perte de Voronove et Bororske, les localités de sa périphérie Sud Est.

Cela a donné lieu à une déclaration narcotique du porte parole de la présidence ukrainienne, un certain Arestovich qui déclarait aussitôt : 

"Tactiquement, nous avons surpassé les Russes. Ils ont atteint Severodonetsk et maintenant nous savons où ils sont. Nous avons réussi à progresser négativement en capturant inversement du territoire dans le sens inverse des opérations."

Autrement dit : L'Ukraine a capturé des territoires qu'elle n'avait pas perdu pour confirmer que c'était bien la Russie qui lui bottait le cul !

Sur le terrain de Severodonetsk, environ 800 civils ont été évacués par les forces alliées du secteur de la zone industrielle "Azot", opération interrompue fréquemment par des bombardements ukrainiens. Selon les familles exfiltrées il resterait encore des civils dans les souterrains de l'usine.

Des combats ont commencé à Lisichansk

Peu d'informations confirmées circulent pour le moment sur la situation dans Lisichansk, et même les estimations des effectifs ukrainiens qui seraient dans la ville varient de 4000 à plus de 10 000 hommes.

Soldat ukrainien dans Lisichansk

Les forces russes et républicaines, profitant à la fois de l'abandon précipité de Severodonetsk par les forces ukrainiennes et de leurs percées réalisées depuis le saillant de Popasnaya, ont déjà atteint les faubourgs industriels au Sud de Lisichansk et engagé des premiers combats.

De son coté, l'artillerie et l'aviation russes ont intensifié leurs frappes sur les positions militaires ukrainiennes mais aussi les infrastructures et logistiques comme par exemple les sorties de la ville vers la dernière route d'approvisionnement menant à Slaviansk via Seversk.

Sortie bombardée de Lisichansk vers Seversk 

Lisichansk, comme Severodonetsk comptait un peu plus de 100 000 habitants avant la guerre, beaucoup ont fui quand les premiers combats et bombardements ont frappé la rive gauche de la Donets séparant les deux villes, mais ils reste environ 20 000 civils dans cette ville qui est sur le point de devenir le théâtre de la prochaine bataille du Donbass. La dissémination des unités ukrainiennes au milieu des zones résidentielles, parfois intentionnellement pour faire des habitants des boucliers humains, rend difficiles leur bombardement par les forces russes. 

Un hélicoptère d'attaque russe Ka 52 tire un missile
305 LMUR sur un position militaire au milieu d'un 
quartier résidentiel pour une frappe de précision.
(vidéo de la caméra embarquée du missile)

Quant aux forces ukrainiennes qui ont quitté Severodonetsk et qui comptent dans leurs rangs de nombreux mercenaires (environ 600) de l'OTAN mais également des géorgiens des brésiliens et même quelques russes, certaines ont été suivies par le renseignement russe et a aussitôt déclenché sur leurs nouvelles positions de Lisichansk de puissantes frappes d'artillerie :
Nuit du 25 juin, bombardements russes sur des 
positions ukrainiennes en périphérie de Lisichansk

Entre les tués, les blessés et les prisonniers sans compter les disparus,  les forces ukrainiennes ont accusé un record le chiffre total de leurs pertes pour la seule journée du 25 juin dépassant les 1000.

Dans le Donbass, l'été 2022 s'annonce être une 
bonne saison pour le récolte de l'aneth ("ukrop" en
russe et qui désigne aussi les soldats ukrainiens
comme "vata" (coton) désigne les soldats russes .
Soldats ukrainiens capturés sur le front Nord Donbass.

La grande question concernant ce secteur est de savoir si l'Etat-Major ukrainien, devant la menace d'un nouveau chaudron à Lisichansk va préférer battre en retraite vers Slaviansk et Kramatorsk ou au contraire s'enfermer dans Lisichansk en misant sur 3 inconnues: l'usure improbable des forces d'assaut russo-républicaines et l'appui feu fantasmé de l'artillerie de l'OTAN à longue portée comme par exemple ce lance roquettes étasunien HIMMARS dont les bonimenteurs de la propagande ukro-atlantistes prétendent qu'il fait des miracles.et enfin la valeur combative incertaine des unités ukrainiennes dont le moral, à part quelques groupes de mercenaires et de radicaux nationalistes, est en chute libre.


Les ponts ayant été coupés entre les 2 villes, les forces ukrainiennes ont dû abandonner tous leurs véhicules de combat, y compris des pièces d'artillerie dans Severodonetsk au détriment de la défense de Lisichansk qui se retrouve dans une situation critique selon les propres mots d'un responsable ukrainien sur place, Evgueni Shevchenko : "Nous avons une pénurie de chars , un manque d'artillerie et pas d'aviation . La situation pour nous ne fera qu'empirer. Les combats continuent."

Le 25 juin, des unités ukrainiennes ont tenté de sortir de Lisichansk mais se sont retrouvées sous le feu des forces russo-républicaines et, subissant des pertes importantes elles ont rebroussé chemin. 
Même si physiquement le cordon militaire n'est pas encore achevé autour de la ville, factuellement et grâce aux feux de leur artillerie et de leur aviation on peut dire que l'encerclement opérationnel de Lisichansk est déjà réalisé.

A la fois légende et réalité :
la puissance de l'artillerie russe 

Il apparait alors la possibilité d'une troisième situation entre la retraite et la résistance et qui est encore pire pour les forces ukrainiennes c'est de voir ses unités de Lisichansk ne pas organiser leur résistance mais sans pourvoir sortir de la ville. Cela conduira à un chaos total et des redditions en masse jamais atteintes jusqu'à présent car on estime à 8000 hommes minimum les effectifs de Kiev pris au piège dans la ville.

Plus au Nord la rivière Donets aurait été enfin franchie par des unités russes qui menaceraient d'un encerclement la garnison ukrainienne de Belogorovka sur la rive droite de la Donets. L'information à ce jour n'est pas confirmée.

Plus au Sud les combats se poursuivent autour du saillant allié de Popasnaya que l'Etat Major russe est en train d'étendre jusqu'à Soledar et Artemovsk (Bakhmut), afin de liquider ce verrou qui contrôle l'accès aux routes menant à Kramatorsk au Nord et Konstantinovka à l'Ouest.

Combat entre alliés et mercenaires polonais
dans le secteur de Kamyshevakha avant les
percées réalisées vers Lisichansk le 20 juin.

Sur le reste du front ukrainien, les lignes ne bougent pas tandis que les frappes des missiles russes continuent de frapper les infrastructures militaires et logistiques ukrainiennes jusque loin à l'intérieur du pays, près des frontières polonaises.

A noter une sensible diminution des bombardements ukrainiens sur Donetsk, malgré de nouvelles victimes dont une enfant de 5 ans et une quasi disparition des munitions de 155mm que l'on peut expliquer soit par un ordre donné de ne pas utiliser des aides occidentales pour bombarder des civils, une pénurie de munitions, des destructions de batteries ou un redéploiement des batteries vers le Nord, dans le secteur de Kramatorsk.

On ne peut que constater que les occidentaux intensifient les faits et gestes pour jeter de l'huile sur le feu de ce conflit russo-ukrainien qui ne concerne pas leurs populations prets à les entrainer dans une spirale infernale et juste pour des intérêts géo stratégiques et militaro-industriels étasuniens.

Tant sur le plan tactique avec cette bataille de Lisichansk qui va être confirmée ou infirmée, sur le plan stratégique avec une recrudescence de frappes par missiles russes Iskander, sur le plan diplomatique avec la crise russo-lituanienne autour de l'exclave de Kaliningrad, sur le plan international avec le sommet de l'OTAN fin du mois et de la question de l'intégration des Finlande et Suède etc... les prochains jours vont continuer à apporter leurs lots de tensions bellicistes alors que s'éloigne au delà de l'horizon la perspective d'une quelconque désescalade.

Erwan Castel


samedi 25 juin 2022

De la retraite à la débâcle

Tableau de  Andrey Yakovlev

C'est acté: les forces ukrainiennes ont piteusement abandonné Severodonetsk, franchissant sur des radeaux de fortunes et des zodiacs de plage le rivière Donetsk séparant la ville libérée de celle de Lisichansk qui est menacée d'un encerclement rapide par les forces russo-républicaines venant du saillant de Popasnaya (voir à ce sujet le dernier SITREP sur ce secteur). Les quelques soldats ukrainiens se trouvant déjà encerclés sur la rive gauche sur la rive gauche de la Donets sont donc condamnés à mourir ou se rendre. 

Cette victoire tactique s'inscrit dans un effondrement exponentiel des forces ukrainiennes en général et de leur corps de bataille du Donbass en particulier. Au cours du mois écoulé et qui correspond grosso modo à la période de la bataille de Severodonetsk qui était son paroxysme militaire, les forces de Kiev ont perdu environ 20 000 hommes (tués, blessés, prisonniers, déserteurs, disparus etc) ce qui constitue la pire hémorragie physique et morale vécue par le camp ukro-atlantiste depuis 4 mois. 

Les dernières unités ukrainiennes fuient comme 
elles le peuvent Severodonetsk en y abandonnent 
leurs tués, tout leur matériel lourd et leur fierté.

Non seulement environ 1000 soldats ukrainiens se sont rendus aux forces russes et républicaines mais on commence à observer parmi eux certains qui s'engagent dans les forces républicaines de Lougansk pour continuer le combat contre ce régime ukro-atlantiste qui les a trahi et abandonné.

Bien sûr, ces nouvelles victoires tactiques des forces alliées (Zolotoe, Severodonetsk...) sur le front Nord Donbass ne se sont pas faite sans subir également des pertes humaines, et matérielles, militaires et civiles, mais leur courbe, contrairement à celles des forces ukrainiennes qui monte en flèche, décroit sensiblement grâce notamment:

  • aux nouvelles tactiques adoptées s'adaptant au combat urbain et privilégiant la sécurité,
  • à la préparation des assauts réalisée par l'artillerie, puissante et précise, 
  • à l'aguerrissement des unités russes et républicaines engagées depuis plusieurs mois,
  • aux défenses ukrainiennes rencontrées aujourd'hui, moins anciennes et organisées, 
  • à l'engagement en 1ère ligne d'unités ukrainiennes inexpérimentées et peu motivées. 
Derniers combats ukrainiens dans Severodonetsk
sous le feu du rouleau compresseur russe.

L'effondrement final des forces ukrainiennes, qui ne faisait aucun doute depuis le premier jour malgré des résistances honorables, est donc à la croisée des chemins; soit il prend la voie rapide en poursuivant la retraite de ses unités vers Slaviansk, soit il choisit la voie sadomasochiste en s'accrochant le plus longtemps possible à ces derniers bastions du Donbass, à commencer par celui de Lisichansk.

Même dans les médias occidentaux, d'habitude hargneux
et mensongers, le discours a changé devant la réalité de
la victoire des forces russo-républicaines dans le Donbass

Sur le terrain, l'Etat Major ukrainien doit prendre sa décision au cours des prochaines heures, car la poche de Lisichansk est sur le point de se changer en chaudron sachant que la dernière route praticable passant par Seversk est déjà sous le feu de l'artillerie du premier échelon allié qui est arrivé sur la périphérie Sud de la ville. 

Précédemment, l'Etat Major ukrainien a ordonné le retrait de ses unités de combat de la poche de Zolotoe / Gorskove (au Sud de Lisichansk) le 21 juin avant qu'elle ne soit complètement encerclée, ne laissant sur place que que quelques centaines de territoriaux et mobilisés qui se sont très rapidement rendus. Je n'ai pas encore pu définir précisément où s'étaient repliées ces unités de Zolotoe, (Slaviansk à l'Ouest ou Lisichansk au Nord), ce qui pourrait présager de la décision ukrainienne pour la suite des opérations.

Concernant Lisichansk, le pouvoir de Kiev est confronté à un sérieux dilemme: 
  • soit il décide de poursuivre la retraite de ses unités vers Slaviansk, qui ne se fera pas sans perte, mais qui risque de se transformer en débâcle entraînant avec elle les garnisons de Seversk, Artemovsk et ébranler fortement le moral déjà fragile de celles de Slaviansk et Kramatorsk. De plus cette manœuvre actera la libération totale du territoire de la République Populaire de Lougansk et doublera la victoire militaire russe par une victoire politique majeure qui renforcera encore plus la position diplomatique de Moscou.
  • soit il décide de s'accrocher au terrain, enfermant ses unités dans le siège de Lisichansk et le fantasme qu'avec les aides militaires occidentales en approche (notamment l'artillerie de précision longue portée), il réussira à repousser les forces russes et conserver son bastion. Mais tout porte à croire que Lisichansk encerclé ne sera juste qu'un deuxième Marioupol aboutissant à l'anéantissement humiliant et la reddition pathétique de sa garnison, dont les effectifs sont les mêmes (environ 15 000 hommes).
Après la chimère des guerriers de lumières d'Azovstal
celle des obusiers de 155 mm occidentaux, celle de la
Légion Internationale pour l'Ukraine, les ukro-atlantistes
vous présentent celle des lance Roquettes Multiples US
"HIMARS" qui, même au meilleur de leur efficacité, ne 
changeront absolument rien au cours de la guerre.
 
En attendant "les carottes sont cuites" pour le groupe tactique ukrainien de Severodonetsk / Lisichansk qui a déjà perdu sur la rive gauche de la rivière Donets des milliers d'hommes et des centaines de véhicules de combats, détruits ou capturés.

A Lisichansk, les forces ukrainiennes visiblement stressées semblent quand même vouloir s'organiser en prévision d'un éventuel encerclement russe, chassant des abris qu'ils veulent réquisitionner les habitant de plus en plus malmenés par cette haine russophobe ukro-atlantiste à laquelle se rajoute aujourd'hui la rage d'une bande de soudards en train de perdre tous ses combats.

Continuons du côté des médias serves occidentaux
qui de plus en plus rendent compte également de la 
réalité de l'identité de cette population du Donbass
qui attend avec impatience la victoire des russes.

Entre l'évidence d'une résurgence du nazisme en Ukraine (voir article précédent), la réalité des succès militaires russes, l'échec des sanctions économiques occidentales (sauf pour leur effet boomerang sur les peuples asservis à l'OTAN), l'hystérie des pro-ukrainiens, la cohérence du discours russe réclament (comme les USA autour de leur territoire) des principes de sécurité collective et la neutralité des pays frontaliers, etc. les chiens de garde médiatiques occidentaux commencent à aboyer moins fort devant l'ours qui déchire un par un les mensonges et fantasmes bellicistes de la ploutocratie mondialiste.

Cependant j'éviterai comme certains propagandistes de salon de crier victoire trop tôt car l'Histoire nous apprend que lorsque le capitalisme, qu'il soit national, colonial ou mondial a planté ses crocs dans une proie, il est difficile de lui faire lâcher prise (à l'exemple de cette France Afrique qui a maintenu dans ses ex AOF et AFN un néocolonialisme criminel). Si dans le Donbass les forces ukrainiennes ont définitivement perdu l'initiatives des opérations militaires, en revanche on peut imaginer de leur part des tentatives d'offensives désespérées dans la région de Kherson, Kharkov ou pourquoi pas Zaporodje pour espérer d'arriver à la future table des négociations, avec un minimum d'arguments. 

Ces offensives vouées à l'échec n'auront pour seul but que de prolonger la guerre un peu plus le temps pour l'OTAN de forcer les européens à y sacrifier les derniers débris flottants de leurs indépendances politiques et économiques et de s'enfoncer toujours plus profondément dans une cobelligérance insensée dans cette guerre fratricide contre la Russie voulue depuis 8 ans par Washington. Et dans cette meute de cinglés et de traitres, la France n'est pas loin de la pole position, juste derrière la Pologne et l'Estonie. Et qu'on ne vienne pas me dire comme certains simplistes nationalistes (pléonasme) que "c''est la faute aux socialistes!" car d'une part cela fait belle lurette qu'il n'y a plus de socialisme en France et d'autre part que cette soumission au marché économique du mondialisme date de Pompidou, au nihilisme social du globalisme date de Giscard, et au commandement hégémonique l'OTAN date de Sarkozy qui tous (et il y en a d'autres dans leurs mafia libérale) ne me semble pas être vraiment des bobos de gauche.

Arrivée du deuxième lot de Caesar français en
Ukraine. 6 misérables canons certes performants
mais dont le seul résultat tangible sera d'aggraver
la position politique d'un Etat français naufragé 
dans une servitude volontaire à l'ordre étasunien.

Et cette hargne occidentale voit aujourd'hui sa fuite en avant suicidaire être exacerbée par un nouvel effondrement systémique (annoncé en 1972) de son modèle capitaliste, et que la ploutocratie, après l'échec du joker sanitaire, veut maintenant sauver avec le joker guerre jouer une nouvelle fois sur les rives de la Mer Noire.

Et l'Ukraine, qui est la cible des thalassocraties britanniques puis étasuniennes depuis les  XVIIIe et XIXe siècles, et à nouveau la priorité de l'impérialisme étasunien en Europe lançant en 2004 (révolution orange) puis 2014 (coup d'Etat du Maïdan), sa stratégie de préemption de ce trait d'union ( et désunion) entre Occident et Eurasie pour tenter :
  • via le régime ukrainien et ses composantes nazies, un isolement international de Moscou et une attrition militaire et économique de la Russie, une stratégie fantasmée par la ploutocratie mondialiste et qui est en train d'échouer lamentablement. 
  • via l'OTAN, une nouvelle division de l'Europe et une domestication aggravée de ses populations occidentales rendue possible malheureusement grâce à leur apathie et la collaboration des Etats-nations consubstantiellement asservis aux intérêts de l'élite capitaliste.   

Car cette question "Et après ? commence à s'imposer en filigrane à l'horizon de la prochaine victoire russe dans le Donbass.

Tant que l'Ukraine représentera par l'immensité de son territoire un potentiel colonial pour les industries occidentales et surtout par son accès à la Mer Noire un intérêt pour l'OTAN la ploutocratie mondialiste poursuivra sa stratégie de préemption de ce "pivot stratégique européen" (Brzeziński), même s'il faut pour cela sacrifier les ukrainiens jusqu'au dernier, dans ce volcan du Donbass, commandité en 2014 par la CIA aux putschistes de Kiev (Tourtchinov à l'époque) et qui a explosé ce 24 février avec l'intervention russe destinée à y mettre fin en libérant sa Novorossiya et ses ports occupés par les ukro-atlantistes.

Mais tout comme l'Europe se verra à nouveau déchirée par un nouveau rideau de fer imposé par la servitude volontaire des Etats Nations occidentaux à la dictature de la marchandise, cette région pontique risque fort de se retrouver également crevassée tout comme le Donbass pendant ses 8 dernières années, par une nouvelle ligne de front active de 900 km de long et qui bordera de son feu meurtrier le flanc occidental de le grande Russie.

Sauf si les peuples d'Europe suivent l'exemple de celui du Donbass, et mène une rébellion contre leurs Etat-nations vendus au Capital et en reconquérant leurs territoires naturels dans une communauté de destin européenne où tous défendent ensemble les intérêts et identités de chacun et non à ceux des mondialistes dont le libéralisme se limite exclusivement à leur caste dominante.

Le pouvoir en Occident n'est pas à prendre car il est pourri dans son structuralisme, il est à détruire pour permettre aux peuples d'Europe de rejoindre l'immense réseau d'un monde multipolaire et équitable en éclosion.

Erwan Castel

Colonne  russo-républicaine entrant 
dans la ville de Severodonetsk libérée

vendredi 24 juin 2022

A propos de la "dénazification" de l'Ukraine

"Pour rejoindre la famille européenne sur un pied d'égalité, l'Ukraine doit revenir sur son histoire, c'est-à-dire cesser de glorifier ceux qui ont collaboré avec les nazis et tué des dizaines de milliers de Juifs. Il y a Babi Yar à Kiev, la rue qui y mène s'appelle Stepan Bandera, qui est glorifié dans les écoles et qui a tué des dizaines de milliers de Juifs et collaboré avec les nazis. L'Europe, ce sont des valeurs économiques, des valeurs juridiques, mais aussi des valeurs morales. Vous ne pouvez pas à la fois commémorer les Juifs qui ont été assassinés par les nazis et des dizaines de milliers d'Ukrainiens et faire l'éloge de ceux qui ont assassiné les Juifs. C'est impossible! Dans ce cas, l'Ukraine n'a pas sa place en Europe, à moins qu'elle ne tourne le dos à son histoire".

Depuis 1945, le bandérisme ukrainien, ce collaborateur zélé du nazisme n'a jamais disparu, refugié dans son sanctuaire galicien de cette région de Lvov où le souvenir de l'arrivée des SS en 1941 est considéré comme une libération, et depuis 2014, l'impérialisme étasunien pour décomplexée une russophobie historique va organiser une alliance mortifère avec ce nazisme ukrainien qui n'a d'égale que celle réalisée en Syrie avec le pire fondamentalisme islamiste pour servir une rapacité mondialiste amorale.

Et pourtant...

Dès que l'on évoque le nazisme allemand, à part chez quelques crétins nationalistes, l'opinion qui dispose d'une mémoire historique européenne n'a pas besoin d'une propagande idéologique quelconque pour condamner et rejeter cette page criminelle de l'Histoire européenne, 
Mais dès que l'on évoque le nazisme ukrainien, dans cette partie occidentale de l'Europe où il n'a laissé aucune cicatrice, les épaules se haussent, les regards se détournent et si les langues officielles se délient, c'est pour répéter stupidement les sermons cathodiques de la bien pensance mondialiste qui parraine sa résurgence aux frontières d'une Russie diabolisée par sa ploutocratie aux abois.

Si nous autres, les pro-russes dénonçant la résurgence factuelle du nazisme en Ukraine, aussitôt on nous accuse  d'être les thuriféraires d'une propagande mensongère du Kremlin quand ce n'est pas de pratiquer une inversion accusatoire contre la sainte démocratie occidentale droitdelhommiste.

Je voudrais voir la tronche de tous ces crétins mondialistes lorsque Arno Klarsfeld qui est l'avocat de l'Association des fils et filles de déportés juifs de France et coqueluche des chaires médiatiques de la Bien Pensance déclare :


Donc si j'écoute Arno Klarsfeld dont on ne peut pas vraiment prétendre qu'il est un agent du Kremlin nous dire clairement que l'idéologie nazie est institutionalisée en Ukraine, et qu'il demande, à sa manière une dénazification du pays, je me dit que la Russie est en train d'exaucer ses voeux, au moins sur ce sujet précis mais fondamental pour une compréhension de la tectonique géopolitique entrée en en éruption depuis le 24 février.

Erwan Castel

Avis de désastre force 10 !

Les opérations militaires dans le Nord Donbass au jour le jour : 24 juin 2022

Le visage de ce soldat ukrainien illustre et résume la situation des forces de Kiev
dans ce bastion de Severodonetsk / Lisichansk et que semblent vouloir sacrifier
un pouvoir politique ukro-atlantiste de plus en plus critiqué par son Etat-Major.

__________________________________

Dernière minute !

L'Etat Major ukrainien aurait donner l'ordre,  ce 24 juin 2022, à ses unités encore à Severodonetsk de se replier sur Lisichansk. Changement de chaudron !

Severodonetsk : "Fin de partie !"

______________________________________

La situation du front Nord Donbass, qui avait stagné pendant à peu près 1 mois (hormis quelques villages libérés sur la ligne de contact) vient de précipiter plus en avant les forces ukrainiennes du bastion de Severodonetsk / Lisichansk vers leur anéantissement total par des offensives russes avançant derrière le rouleau compresseur démesuré de leur artillerie et aviation.

A peine achevé le précédent rapport de situation annonçant l'imminence de l'encerclement de Lisichansk ce qui scellerait avant qu'elle ne commence l'issue de sa bataille, de nouvelles progressions rapides des forces russes et alliées sortant du saillant de Popasnaya ont pris le contrôle de plusieurs localités situées au Sud du bastion. Après la fermeture hier de la poche de Zolotoe, un nouveau chaudron à Lisichansk, et non des moindres car il concerne le sort de près de 18 000 hommes soit 20 % minimum du corps de bataille ukrainien du Donbass, porterait un coup terrible aux forces ukrainiennes dont la santé physique et morale sont de plus en plus vacillantes.

Progressions russo-républicaines des 22 & 23 juin 2022
Les forces alliées sont arrivées aux portes Sud de Lisichansk et les dernières routes
rejoignaient Slaviansk sont sous le feu de l'artillerie russes et très bientôt coupées

L'offensive des troupes russes dans le front Nord Donbass est sans précédent car c'est une fusion permanente des appuis feux et des drones d'observation au profit d'une infanterie mécanisée qui désormais interagit dans les 3 dimensions du champ de bataille (qui avait déjà commencé ponctuellement sur certaines batailles urbaines en Syrie par exemple), avec une efficacité accrue des préparations d'artillerie. 

Le duo drone / artillerie en action contre 
des positions ukrainiennes dans le secteur 
de Voronove au Sud Est de Severodonetsk.
 
Même si cette numérisation du champ de bataille demande encore de diversifier et spécialiser les drones ainsi que de mettre en place de nouvelles chaines de communications horizontales et plus rapides entre les unités de l'avant et les appuis de l'arrière, nous assistons réellement à une révolution dans le domaine opératif qui progressivement va laisser de plus en plus la ligne de contact "aux mains" de robots de combat aériens et terrestres.

En attendant l'Etat Major russe rend encre plus efficace son vieux rouleau compresseur d'artillerie grâce aux renseignements précis et fournis en temps réel par ses escadrilles de drones.

Ecrasement de positions ukrainiennes avant 
un assaut sur Toshkivka, au début de juin.
Les forces ukrainiennes ayant encore envie de se battre sont obligées de se refugier au plus profond des zones urbaines comme par exemple dans les labyrinthes de l'usine bétonnée d' "Azot" à Severodonetsk ou dans les zones boisées dans lesquelles ils peuvent encore camoufler leurs déplacements.

La plupart des derniers chars de combat 
ukrainiens de Severodonetsk sont planqués 
dans les bâtiments de l'usine "Azot attendant
le dernier assaut russe sur leurs positions.
Plus au Sud-Est de Severodonetsk, les quelques 
zones boisées entourant la ville offrent des zones 
où peuvent encore s'accrocher des combattants 
ukrainiens dans des ultimes combats avant leur 
destruction, leur retraite où leur reddition inévitables

Un effondrement ukrainien exponentiel

Qu'il soit tactique avec l'abandon progressifs de leurs positions, physique avec des pertes quotidiennes effroyables ou moral avec des redditions sans combattre, des désertions et même des suicides, l'effondrement ukrainien du bastion de Severodonetsk / Lisichansk est d'autant plus catastrophique pour Kiev qu'il menace d'être viral très rapidement et miner les capacités opérationnelles et morales restantes ici et là sur le front ukrainien.

Soldats et officiers ukrainiens de la 1ère compagnie du 74e bataillon territorial (secteur
de Voronove) : "Nous avons le sentiments qu'ils veulent se débarrasser de nous"

Plus au Sud, la réduction du chaudron de Zolotoe / Gorskove est quasiment terminée, le Nord et le centre de la ville état désormais sous le contrôle des forces républicaines de Lougansk. Au cours des opérations militaires des dernières 24 heures les forces ukrainiennes de ce secteur se sont très rapidement rendus aux forces alliées et souvent sans combattre. De nombreux prisonniers ukrainiens ont été faits dans les zones libérées mais il semble qu'une partie de la garnison ait pu s'exfliter vers Lisichansk avant la fermeture du chaudron les 20 et 21 juin 

Prisonniers ukrainiens dans le chaudron de Zolotoe

Le coup de gueule du Chef d'Etat-Major ukrainien

Le général Valery Zaluzhny
Devant l'effondrement accéléré de ses garnisons déployées à l'Est de Kramatorsk (chaudrons de Severodonetsk, de Zolotoe, encerclement de Lisichansk etc...) le général Valery Zaluzhny, Commandant en chef de ce qui reste des forces armées ukrainiennes a convoqué ce 23 juin  une réunion d'urgence du Conseil National de Sécurité et de Défense rue Bankovaya à Kiev, au cours de laquelle il a demandé instamment au président Zelensky de pouvoir retirer ses garnisons de la poche de Severodonetsk avant qu'il ne soit trop tard (je pense qu'il aurait dû plutôt le demander directement àu "big boss" Biden vu que l'Ukraine n'est plus qu'une colonie militaire de l'OTAN).

Zaluzhny veut apparemment abandonner la stratégie des bastions qui, devant leur écrasante supériorité ne parvient pas à l'attrition souhaitée des capacités offensives russes pour s'orienter sur une défense de manœuvre mais dont il reste à trouver les moyens. 

Ce n'est pas la première fois qu'à Kiev la logique opérationnelle militaire se heurte à l'obstination irrationnelle politique. Reste à savoir jusqu'où peut aller cette confrontation....

Quitter Lisichansk, malgré de probables pertes lors de l'exfiltration, permettrait certainement de sauver plusieurs milliers de soldats ukrainiens et surtout plusieurs centaines de mercenaires MAIS cela précipiterait aussi une défaite tactique, une défaite politique et accélérerait la chute du corps de bataille ukrainien dans le Donbass. 

La présence de nombreux mercenaires étrangers
dans le bastion de Severodonetsk-Lisichansk peut
inciter le pouvoir de Kiev qui a besoin de l'appui de
l'OTAN dont la Légion Internationale pour l'Ukraine 
est un élément, à ne pas les sacrifier inutilement 
dans une bataille dont la défaite est déjà actée.

Et quand bien même cette retraite serait ordonnée pour Lisichansk je doute que Kiev abandonne les bastions de Slaviansk-Kramatorsk, ceux de Marinka, Avdeevka, Artemovsk etc. car cela reviendrait à capituler et donc à désobéir aux ordres du Pentagone. 

Quant à la "stratégie de manœuvre" évoquée par le général Zaluzhny, elle nécessite des moyens offensifs, des réserves et une logistique très favorables dans un rapport de forces qui n'existe pas sur le front du Donbass où l'Etat Major russe a concentré la majorité de ses groupes bataillonnaires tactiques et dispose renforcés par les corps d'armée des républiques de Donetsk et Lougansk. En revanche il n'est pas exclu de voir les forces ukrainiennes tenter une manœuvre importante sur un autre front, du côté de Kherson par exemple, pour vouloir reprendre l'initiative et imposer une réarticulation des pièces russes sur l'échiquier.

Dans tous les cas de figure je doute que Kiev parvienne à stopper l'hémorragie ukrainienne, entre les pertes subies, les territoires perdus et les réfugiés qui resteront à l'étranger.


En conclusion

L'évolution du front Nord du Donbass est certes en train de donner un net avantage aux forces russes et républicaines, mais il ne faut pas pour autant lui donner une importance exagérée car même si c'est une étape importante sur le chemin de la défaire militaire ukrainienne, elle ne sera cependant, après la libération de Lisichansk, qu'une victoire tactique pour Moscou et également politique pour Lougansk à ne pas confondre avec une victoire finale qui est encore loin d'être actée.

Parmi les options possibles on peut penser que l'Etat Major ukrainien évacue Severodonetsk mais se maintienne à Lisichansk, sachant que si les Lance Roquette Multiples étasuniens arrivent à Kramatorsk et si il y survivent aux frappes russes ils pourront alors harceler l'encerclement de Lisichansk. Beaucoup de si révélant un nouveau fantasme ukro-atlantiste.

La guerre est loin d'être terminée, sauf bien sûr, un changement radical de pouvoir à Kiev, et la libération inévitable du Donbass pourrait même laisser ensuite la place à une nouvelle ligne de front russo-ukrainienne figée pendant plusieurs années, à l'instar de celle vécue dans le Donbass pendant 8 ans

Erwan Castel

Pour rappel, les précédents SITREP de ce secteur du front :

SEVERODONETSK-LISICHANSK