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samedi 5 février 2022

La population civile comme bouclier humain

Loin des blablas propagandistes des reporters de RTL qui prétendent que les chars russes
sont à 500 mètres des positions ukrainiennes, voici la réalité de chars ukrainiens qui eux
sont à 5 mètres des civils utilisés comme bouclier humain par les forces armées de Kiev.


Même le Ministre français des Affaires Etrangères Le Drian, ce thuriféraire fanatique de l'impérialisme occidental russophobe vient de déclarer, en s'alignant dès le lendemain sur la doxa changeante de la porte parole de la Maison Blanche Jen Psaki, que "Paris ne voyait aucun signe indiquant que Moscou se préparait à lancer une attaque à grande échelle".

Mais cela ne semble pas déranger les chiens de garde médiatiques tant qu'ils peuvent continuer à clabauder contre ce Diable russe, d'autant plus que de nouveaux délires russophobes et autres inversions accusatoires des faucons ukro-atlantistes continuent à repousser encore plus loin les limites de la connerie et de l'hystérie dont les premières conséquences sont de détourner l'attention des foules des préparatifs offensifs ukrainiens et de la militarisation de l'Europe de l'Est par l'OTAN qui eux sont bien réels :

Dernière minute !

Ce matin du 5 février 2022, sur le front Nord de Donetsk, à partir de 7h45 les forces ukrainiennes, ont bombardé au mortier de 120mm le village de Spartak, la zone aéroportuaire et le front de Yasinovataya.
  • 07h48 - Série d'arrivées puissantes dans le secteur de Spartak (Nord Donetsk),
  • 08:09 - Bombardement ukrainien depuis les positions de Opitnoe et Peski de la zone aéroportuaire,
  • 08h19 - Bombardement ukrainien sporadique au Nord Ouest de Yasinovataya (Nord de Donetsk) dans le secteur de Krutaya Balka et Vasilyevka,
  • 08h28 - Des habitants du district de Kievsky signalent un incendie. 
  • 08h30 - Les bombardements ukrainiens continuent dans le secteur de Spartak,
  • 08h39 - Un colonne de fumée noire s'élève en périphérie Nord de Putilovka,
  • 09h00 - Bombardement ukrainien sur la zone de Promka
Selon mon expérience du front, ces provocations ukrainiennes sont à mettre en relation avec la présence de nombreuses équipes de télévisions occidentales dans le secteur d'Avdeevka et qui sont en manque d'actions concrètes. Ils attendent maintenant sans nul doute, caméras au poings et bave aux lèvres les ripostes républicaines potentielles à partir desquelles ils raconteront avoir héroïquement couvert l'agression russe...
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1 / Sur le front du Donbass

Sur le front du Donbass, autant les échanges de tir sont plutôt rares, autant la tension est palpable, en écho de celle imposée par les alertes à la bombe répétées et la psychose occidentale qui, après le fantasme d'une "invasion russe imminente" nous sert maintenant au menu de sa propagande le fantasme d'un "false flag" russe - toujours imminent bien sûr - destiné à accuser Kiev d'un crime de guerre (voir paragraphe suivant).

Ce qui est visible essentiellement ce sont des activités de déploiements que confirment à la fois les interceptions et localisations des communications radios et téléphoniques ainsi que d'autres indices probants tel que les interdictions d'accès de zones aux observateurs de l'OSCE par l'Etat major ukrainien.

Quelques exemples de ces préparatifs offensifs ukrainiens :
  • Sur le front de Lugansk, les unités ukrainiennes du groupe opérationnel "Sever" (Nord) de l' "Opération des Forces Conjointes" (OOS) assurent le plein maximum des stocks de munitions et de carburant des premiers et deuxième échelons de combat. Action repérée sur le secteur de la 24ème Brigade mécanisée ukrainienne.
  • Des unités de drones de reconnaissance et d'observation d'artillerie sont arrivés dans le Donbass à l'occasion des exercices avec tirs réels réalisés près de Kramatorsk, où ils sont utilisés géolocaliser les cibles, observer et ajuster les tirs des artilleurs. Action repérée dans les 1er et 3e bataillons de cette même 24ème Brigade ukrainienne.
  • A l'arrière du front ukrainien, les ressources médicales augmentent drastiquement leurs capacités d'accueil hospitalières, leurs stocks chirurgicaux et de sang, organisent des points d'accueil, de tri et ventilation des blessés sur le 2e échelon  ainsi que des formations sur les premiers soins et les évacuations,
  • Un groupe de l'état-major ukrainien dirigée par le commandant en chef de l'OOS lui même, le général Zaluzhny, va arriver sur la première ligne du front (d'abord sur le front Nord) pour évaluer la préparation au combat des unités de combat et des réseaux d'approvisionnement logistique.
  • Les unités ukrainiennes déployées dans le Donbass reçoivent très rapidement les systèmes d'armes antichars de l'OTAN récemment livrés à Kiev (Javelin, TOW et NLAW) accompagnés de leurs personnels ayant reçu une formation technique par les instructeurs des bases de l'OTAN, dans la région de Lvov (Ouest Ukraine)
Les observateurs de l'OSCE, dans les zones de plus en plus restreintes où ils sont autorisés à travailler constatent les arrivées de plus en plus fréquentes de véhicules blindés ukrainiens au milieu des localités occupées par Kiev.

Ce n'est pas la première fois que nous observons le déploiement de forces de combat ukrainiennes au milieu de zones résidentielles civiles lorsqu'elles se rapprochent du front, afin de les utiliser comme bouclier humain contre les forces de défense républicaines. Je peux personnellement témoigner de cette pratique ukrainienne qui enfreint gravement les conventions de Genève car plusieurs fois des batteries de mortiers bombardant nos positions sur Promka (front de Yasinovataya) ont été géolocalisées entre des barres d'immeubles habitées d'Avdeevka, rendant impossible un tir de contre batterie républicain.

Les forces ukrainiennes poursuivent le déploiement de leurs dispositif d'attaque comme le montre ce reporter de la BBC actuellement à Avdeevka (3 kilomètres du front au Nord de Donetsk) et qui a surpris des chars de combat ukrainiens à l'abri d'une zone résidentielle de la ville:

J'invite les touristes de RTL, Griveau et Fautrat, d'essayer de faire correctement le travail pour lequel ils sont payés au lieu de se branler devant les fantasmes ukrainiens concernant "des chars russes à moins de 500m" Ici des chars de combat ils pourront même en toucher avec leurs petites papattes fébriles de chiens de garde médiatiques.

Plusieurs chars de combat ukrainiens au coeur d'une zone 
résidentielle d'Avdeevka en ce début février 2002, ce qui 
constitue une double violation des accords de paix de Minsk
qui demandent le retrait des armes lourdes (+100mm) de la
ligne de front ainsi que des zones résidentielles civiles.


2 / Sur le front de l'information

Les délires de la propagande ukro-atlantistes sont visiblement en manque d'imagination car après le fantasme d'une "invasion russe imminente" voici maintenant qu'ils accusent la Russie de préparer des fake news pour accuser l'Ukraine de commettre des crimes de guerres dans le Donbass (pour cela il n'est pas besoin de mentir mais juste de regarder ce qui se passe depuis 8 ans sur le terrain). Et lorsque j'évoque le "manque d'imagination de la propagande ukro-atlantiste" c'est justement parce que ce nouveau délire n'est qu'une inversion accusatoire de leurs propres actions menées sur le front et aujourd'hui même organisées dans un programme de guerre psychologique baptisé "Crushing Sword" et que j'ai abordé dans un article récent.

Concernant ce programme "Crushing Sword", qui lui est bien réel d'autres faits sont apparus, comme l'apparition de premières vidéos mettant en scène des prétendus transfuges des républiques de Donetsk et Lugansk, ou l'arrivée dans les bases arrières de la 95ème brigade aéroportée ukrainienne de reporters estoniens, étasuniens ou britanniques dont le Commandant Vesser a reçu des consignes directes du général Mirgorodsky, Chef d'Etat major des troupes aéroportées ukrainiennes, lui demandant d' "assurer la sécurité et le travail des équipes de tournage, qui doivent démontrer à la communauté occidentale l'agression de la Russie et de l'ORDLO (républiques du Dobass)"

Pour information, concernant le sujet des "transfuges" il y a en République Populaire de Donetsk 6000 personnes environ venant des territoires occupés par les forces ukrainienne et qui y vivent avec un "certificat de personne déplacée", et beaucoup plus encore en Russie.

3 / Du côté de l'Ukraine

Rien de nouveau du côté du Banderistan, qui reçoit la visite du sultan Erdogan qui lui a renouvelé son soutien inconditionnel ainsi que la poursuite de ses aides militaires aux forces ukrainiennes engagées dans une guerre contre les populations du Donbass. A cette occasion a été signé le projet de création en Ukraine d'une usine de fabrication locale du drone d'attaque turc Bayraktar TB2. 

Concernant les activités militaires ukrainiennes sur ses frontières avec le Belarus, un de ses drones "Spectator a été abattu au dessus du territoire bélarusse alors qu'il réalisait une mission d'observation des exercices russo-belarusses en cours. Désespérés d'avoir été pris en flagrant délit de violation de l'espace aérien bélarusse, les ukrainiens prétendent que le drone est en réalité un drone russe abattu pour accuser Kiev.

Sauf que les infos de sa carte de vol démontrent bien la réalité d'une incursion ukrainienne non autorisée en Bélarus: 


4 / Du côté de l'OTAN

Des renforts yankees débarquent en Europe

Allez, commençons en riant (je n'ai pas pu résister)

Conformément à l'autorisation présidentielle donnée par Biden, des renforts militaires étasuniens ont commencé leur déploiement de bases européennes vers les frontières russes et bélarusses, et de bases étasuniennes leur transfert vers l'Europe.

Le 3 février 2022, le Pentagone commence à déplacer les premières unités étasuniennes basées Europe, vers la Pologne, pour un déploiement sur le flanc occidental de la Fédération de Russie, quand Biden appelle à une "désescalade".

Le 4 février 2022, 2 nouveaux C17 A étasuniens poursuivent 
le déploiement en Europe de la 82eme division aéroportée 
étasunienne depuis Fort Bragg vers Ramstein en Allemagne.

Toujours ce 4 février, un premier vol C17 (08-8201) a décollé de 
l'aérodrome étasunien de Pope Army en direction de l'Europe.

Le gavage des ukropithèques continue

Un 7ème avion cargo étasunien en provenance de la base de Douvres (USA) est 
arrivé ce 3 février à Kiev apportant 85 autres tonnes d'aide militaire aux forces
armées ukrainiennes, cette fois sur un vol de la compagnie "Western Global".

"C'est une bonne nouvelle, a commenté Reznikov
le Ministre ukrainien de la Défense et ce n'est pas la fin" 

Le 4 février, le Canada a envoyé un deuxième avion cargomilitaire en Ukraine. L'avion a décollé de la base aérienne de Trenton et a atterri à Lvov.

Les analyses des images propagandistes ukro-atlantistes des précédentes aides militaires étasuniennes permettent de mieux préciser le type de croquettes que l'Oncle Sam donne à son toutou ukrainien. On a ainsi identifié des types de missiles, des munitions pour snipers, pour fusils de chasse (pas vraiment des armes défensives) etc... Ainsi par exemple pour la cargaison étasunienne arrivée le 28 janvier dernier à Kiev:

On peut encore lire sur l'un des colis le numéro d'identification matériel NSN "1010014909697". Ce numéro correspond au lance-grenades automatique MK19 
mod.3 de 40 mm, qui équipe à la fois sur les bateaux de l'US Navy comme les 
patrouilleurs de classe "Island" récemment fourni à Kiev et les forces terrestres. 




Les vautours de l'OTAN de plus en plus nombreux 

Comme je le signale dans chaque SITREP, si l'OTAN ne veut pas s'engager directement dans un conflit en Ukraine, en revanche ses ressources de renseignement militaire sont quotidiennement en mission le long de la ligne de front du Donbass en Mer Noire et sur les frontières russes environnantes. Avions de reconnaissance de l'USAF ou de la RAF, drones stratégiques étasuniens, navires de reconnaissance français etc... recueillent chaque journée des renseignements stratégiques et tactiques dont nombre concernant le Donbass sont transmis à l'Etat major ukrainien. 

Dans la nuit du 4 au 5 février l'OTAN a réalisé une première mission nocturne de reconnaissance dans le Donbass avec un avion de reconnaissance et de ciblage "Joint STARS" de l'USAF, qui est spécialisé dans la détection et l'appui électronique à des opérations offensives (ciblage et contre mesures électroniques) 

Dans la nuit du 4 au 5 février un Boeing E-8C Joint STARS, US Air Force, id 95-0121, 
décollant de la base aérienne de Ramstein a réalisé la première mission nocturne 
connue vers les frontières russes après un ravitaillement au-dessus de la Pologne. 

A gauche l'avion de reconnaissance Boeing E-8C de l'USAF et à droite
un poste de commandement aérien des forces russes Tupolev Tu-204PU 

5 / Du côté de la Russie 

La Fédération de Russie, sûre de sa légitimité à défendre ses frontières et de son droit évident de réaliser des manœuvres militaires sur son territoire et avec ses alliés comme ici le Bélarus, continue ses exercices dans les régions frontalières avec l'Ukraine qui évidemment sont aussi des opérations dissuasives face à une menace d'attaque de Kiev dans le Donbass (qui rappelons le, y a concentré près de 150 000 hommes face à 30 000 républicains soit près des 2/3 de ses forces combattantes au moment où une menace russe pèserait sur ses frontières).


Le caractère démonstratif et très médiatisé des mouvements 
militaires russes prouvent bien que il ne s'agit pas de préparatifs 
offensifs et que ses exercices ont bien également un objectif 
dissuasif adressé aux forces ukrainiennes dans le Donbass...
Ici des S400 déploient leur couverture antiaérienne au Bélarus

La tension reste donc croissante sure le front du Donbass et ce n'est pas le blocage des relations Est-Ouest qui s'amplifie entre Washington et Moscou qui risque d'inverser cette escalade des plus dangereuses qu'ait connu le Donbass depuis la fin du chaudron de Debalsevo et la signature des accords de Misk 2 (février 2015).

Erwan Castel


dimanche 23 janvier 2022

Les cadeaux de l'Oncle Sam

Le gavage de l'armée ukrainienne par l'OTAN se poursuit en mode accéléré: après les 8 avions cargos C 17 britanniques qui ont livré près de 500 tonnes d'armement antichars la semaine dernière, après les décisions autorisées de transferts d'armes baltes, polonaises, tchéques etc, après un précédent approvisionnement étasunien de plus de 90 tommes d'armement,  Washington envoie à Kiev, ce 23 janvier 2022 une autre aide militaire urgente pour les forces armées ukrainiennes.

Après "les cadeaux de la Reine", voici maintenant les cadeaux de l'Oncle Sam !

Cette fois ci ce 2ème vol logistique étasunien de l'année fait l'objet d'un onanisme médiatique de la part de la propagande de guerre ukro-atlantiste, depuis son chargement sur la base de Travis jusqu'à son arrivée en Ukraine et dont les objectifs psychologiques sont évidents :
  • Revendiquer la puissance militaire de Washington et sa présence tutélaire en Europe,
  • Gonfler le moral des chairs à canon ukrainiennes qui seront seuls en cas de guerre,
  • Inviter les autres partenaires de l'OTAN à livrer également des armes à l'Ukraine,
  • Provoquer Moscou lorsqu'il demande l'arrêt des actions de l'OTAN à ses frontières. 
Chargement de l'armement étasunien pour l'Ukraine 
sur la base aérienne de Travis le 22 janvier 2022.

Décollage de la base aérienne de Travis de la 2ème rotation du Boeing 747-412 (BCF) 
id: N756CA de la National Airlines en direction de Kiev avec une escale intermédiaire 
en Europe. C'est le même avion de la même compagnie aérienne qui avait déjà livré 
des armes étasuniennes à l'Ukraine les 23 octobre et 21 janvier derniers.

Escale à Francfort en Allemagne le 23 janvier soir

Les plus de 90 tonnes de fret militaire de ce nouvel approvisionnement militaire étasunien sont principalement constituées d'un lot supplémentaire de systèmes d'arme antichar FGM-148 "Javelin", souvent évoqué ici depuis 2020 et leurs missiles, mais aussi de lance roquettes jetables M141 BDM (Bunker Defeat Munition) "SMAW-D", et que les ukrainiens ont qualifié de "don américain".



Contrairement aux déclarations officielles occidentales commentant les livraisons d'armes à l'Ukraine, on ne peut pas vraiment dire que le lance roquette M141 BDM rentre vraiment dans la définition "défensive" cherchant à légitimer les aides militaires des démocraties occidentales:


Le M141 BDM est en effet système portable jetable conçu pour détruire des structures fortifiées solides. C'est une modification de l'arme d'assaut polyvalente SMAW de l'US Marine Corps polyvalent arme d'assaut (SMAW) pour doter les unités d'infanterie d'un armement léger anti fortifications léger lors de leurs opérations d'assaut.
  • "La roquette du M141 BDM dispose d'une ogive à fragmentation hautement explosive à double usage (HEDP) qui est efficace aussi bien contre les fortifications en pierre et en béton que contre les véhicules légèrement blindés. Le projectile est capable de pénétrer jusqu'à 200 mm de béton, 300 mm de brique ou 2,1 m de sacs de sable. L'ogive est activée par un capteur capable de faire la distinction entre les cibles dures et molles. Sur des cibles molles telles que des sacs de sable, la détonation est retardée jusqu'à ce que le projectile pénètre dans la cible, produisant un effet plus dévastateur. L'ogive explose immédiatement au contact de cibles solides. La portée de tir est jusqu'à 1000 m".

Nous sommes donc très loin de l'armement "défensif" déclaré, et lorsque l'on connait la configuration des lignes de défense républicaines dans le Donbass dont l'ossature du réseau de tranchées est constituée par un maillage de casemates et bâtiments "bunkérisés" on devine aisément où ces armes spécialisées vont être déployées, et qui en réalité menace l'autre d'une "invasion".

Et tandis que les États-Unis préparent sur la base aérienne de Dover AFB un nouveaux lot de "cadeaux" pour l'Ukraine, le Canada, selon CBC News, envisage à son tour de fournir en urgence d'autres armes à l'Ukraine, qui pourraient équiper les nouvelles brigades de défense territoriales (env 10 000 hommes) en train d'être levées en Ukraine. La décision finale sur le ce programme canadien d'assistance militaire à l'Ukraine est attendue la semaine prochaine.

"et ça continue encore et encore, c'est que le début, d'accord d'accord 
l'instant d'après le vent se déchaîne..."

Erwan Castel

samedi 22 janvier 2022

Le gavage avant l'abattoir

Arrivée dans la nuit du 21 au 22 janvier d'une nouvelle aide militaire étasunienne à Kiev.

Depuis le début de l'année, le ballet des vols militaires de l'OTAN en Ukraine ne cesse de s'intensifier : missions de reconnaissance sur le flanc occidental de la Fédération de Russie, déploiements et rotations des instructeurs de l'OTAN, approvisionnement d'aides militaires léthales aux forces ukrainiennes, auxquels il faut rajouter aujourd'hui le début d'évacuations des ambassades.

Et tout cela bien sûr, sur fond de discours diplomatique occidentaux qui veulent nous faire croire que Washington cherche sincèrement un apaisement des tensions Est-Ouest !


Le gavage de l'oie ukrainienne avant l'abattoir 

Dans la nuit du 21 au 22 janvier 2022, est arrivée un premier vol de la quatrième aide militaire étasunienne avec 100 tonnes d'armes pour l'armée ukrainienne

Un vol de transport de la National Airlines (B747-428 (BCF) N919CA). USTRANSCOM/
CMB "Camber" est arrivé à Kiev C'est le même avion qui avait livré le 23 octobre 2021 
des systèmes antichars Javelin et autres armes pour les forces armées ukrainiennes.

Parallèlement à ses aides militaires accélérées aux forces armées ukrainiennes auxquelles il convient de rajouter les multiples missions de renseignement militaire de l'OTAN soutenant l'effort de guerre de Kiev, on observe une convergence de forces aéronavales vers l'Est de la Méditerranée avec déjà des missions annoncées en Mer Noire, la crise actuelle réorientant les exercices interalliés occidentaux programmés vers ce volcan pontique.


La meute des laquais augmentent 

Du 24 janvier au 4 février 2022, doit ce dérouler en Méditerranée "Neptune 22", un exercice interallié majeur de l'Otan. qui regroupera autour du groupe aéronaval du porte avions USS Harry Truman, d'autres navires de l'Alliance atlantique dont le groupe aéronaval français "Charles de Gaulle". 


Bien sûr John Kirby, le porte-parole du Pentagone a tenté, dans sa conférence de presse, de déconnecter cet exercice de l'escalade politico-militaire en cours sur les rives septentrionales de la Mer Noire, mais son discours n'a trompé personne, surtout lorsqu'il a dit qu'au cours de cet exercice qui "sera placé sous le contrôle opérationnel de l'OTAN" il est "prévu d'élaborer des "frappes à longue portée" et une guerre anti-sous-marine" contre un ennemi" qu'il n'a pas eu besoin de nommer. 

Du côté de la péninsule ibérique, Margarita Robles, la ministre espagnole de la Défense nommé  a annoncé l'envoi "en urgence" d'un dragueur de mines en mer Noire "pour aider le peuple ukrainien frère", et qui sera rejoint dans 3 jours par la frégate espagnole "Blas de Lezo" (F103), qui ira "à le front" dans les trois prochains jours.


Qu'observons nous donc à travers ces exercices des forces navales de l'OTANn auxquelles il faut rajouter ceux de ses forces terrestres dans les pays de l'Est Européen ? Sous couvert de simples manœuvres interalliées, la projection d'une coalition militaire occidentale qui, même s'il n'est pas question pour le moment qu'elle se frotte directement aux forces armées russes, pourrait organiser un bouclier et une neutralisation de zone à l'arrière du front ukrainien en cas de conflit ouvert entre Kiev et Moscou (zone d'exclusion aérienne, sécurisation de couloirs logistiques etc), une stratégie déjà utilisée par les occidentaux pour entretenir des conflit sans se brûler les doigts.


Berlin à contre courant 

Lorsqu'un pays importe des armes, selon les traités internationaux, il ne peut les transférer à son tour à un pays tiers sans l'aval du pays origine. C'est ainsi qu'aujourd'hui nous assistons à des demandes tous azimuts pour alimenter Kiev en armement divers :

Mais ici il faut relever la respectable indépendance allemande qui, assumant sa mission de garant des accords de Minsk (contrairement à la France), a refusé à l'Estonie l'autorisation de transférer des pièces d'artillerie de 122mm à l'Ukraine qui provenaient initialement de son arsenal (Est allemand) qui avaient étaient transférer à Tallin via la Finlande (qui "étudie" la même demande de Kiev); alors que les USA ont donné immédiatement leur feu vert aux 3 pays baltes pour transférer à Kiev des armes d'origine étasunienne. Vraisemblablement c'est pour cette même raison que  Berlin a également fermé son espace aérien aux 8 gros porteurs C17 britanniques qui viennent de livrer des armes antichars aux forces ukrainiennes. Et si on rajoute à cela la résistance allemande à défendre du mieux que ses alliances le permettent le projet gazier North Stream 2 auquel elle est partie prenante, on ne peut que saluer dans cette crise européenne majeure la souveraineté de Berlin qui (pour le moment) refuse de jeter de l'huile sur le feu des relations Est-Ouest.

Alors que la majorité des pays de l'OTAN dans un suivisme zélé et irresponsable courent derrière leur boss étasunien, voire comme le clébard Macron qui veut déployer des troupes en Roumanie, tirent même sur la laisse, l'Allemagne cherche à imposer une voix réellement européenne portée par son poids économique incontestable. Va t-elle réussir à maintenir ce cap devant la machinerie atlantiste ?

Les rats quittent le navire ?

Pour rester dans l'espace aérien, il est significatif d'observer également des évacuations consulaires occidentales quittant ou s'apprêtant à quitter l'Ukraine (personnels ? matériels ? en partie ? en totalité ?) : consulats russes, ambassade d'Israël et même ambassade des Etats Unis qui a affrété un vol au départ de Kiev ce 21 janvier 2022.


Ici, c'est CNN qui informe que  l'ambassade des États-Unis à Kiev a demandé l'autorisation du département d'État pour le départ du personnel (à l'exception des employés clés) et de leurs familles. Les États-Unis ont informé les Ukrainiens que "l'évacuation des proches des diplomates commencera probablement dès la semaine prochaine".

Du côté ukrainien 

Pour rester dans l'espace aérien la quasi totalité de l'aviation de transport militaire ukrainien est maintenant regroupée sur l'aéroport de Melitopol (Au Sud de Zaporodje) soit à 100 kilomètres seulement du front Sud du Donbass.


Du côté russe

Les exercices conjoints russo-bélarusses battent leur plein tandis que restent le long des frontières occidentales du District Sud des concentrations démonstratives d'unités de combat russes :

Exercice tactique de préparation au combat dans une 
mission de percée de ligne défensive ennemie


Les forces aériennes russes du district militaire de l'Est, ont transféré au Belarus (dans le cadre des exercices conjoints en cours). Au minimum 4 unités de chasseurs polyvalents Su-35S de la base aérienne de Dzemgi et 11 unités d' avions d'attaque Su-25SM de la base aérienne de Chernigovka .


Chasseurs bombardiers Su khoï 35 C réalisant des missions 
de "portée maximale" lors de ces exercices conjoints

En conclusion,

L'activité aérienne occidentale entrante mais aussi sortante en Ukraine est en.pleine accélération, illustrant à la fois l'échec prévisible des négociations diplomatiques et la fuite en avant d'une stratégie atlantiste qui ne doit sa survie qu'à sa propre expansion, laquelle est devenue inadmissible pour Moscou. 

Et malgré quelques contradictions factuelles, on peut conclure globalement que quelque chose se prépare 

Quoi, où, quand, comment ? c'est une autre question... 

Erwan Castel


samedi 15 janvier 2022

SITREP du 15 janvier 2022

Le 14 janvier, un autre soldat républicain a été tué sous un bombardement ukrainien 

Au cours de la semaine écoulée (au cours de laquelle se déroulaient les pourparlers Est-Ouest), les forces ukrainiennes ont violé 20 fois le cessez le feu sur le front de la République Populaire de Lugansk et 18 fois sur celui de la République Populaire de Donetsk (bombardement notifiés par les observateurs de l'OSCE). Outre une augmentation du nombre des provocations ukrainiennes à l'encontre des positions défensives républicaines autant que des zones résidentielles proches du front, on constate une augmentation des calibres utilisés, notamment avec des mortiers de 82 et 120mm.

Ainsi, le 14 janvier 2022:

  • A 12h45. Bombardement ukrainien de Spartak (Est aéroport de Donetsk) depuis les positions de Peski. 1 obus de mortier de 82 mm, et des grenades AGS 17 tirés. 
  • A 13h05. Bombardement ukrainien de Donetskoye (Nord Ouest de du front de Lugansk) depuis les positions de Novotoshkivske. 4 obus de mortier de 82mm tirés, provoquant la mort d'un soldat de la RPL. Suite au bombardement ukrainien, des tirs de riposte républicains ont été engagés sur les points de tir ennemis: 1 tué et 2 blessés côté ukrainien. 
Les forces ukrainiennes ne s'en prennent pas qu'aux milices et habitants des républiques mis aussi entravent de façon de plus en plus importante les missions d'observations de l'OSCE, en interdisant à ses patrouilles et ses drones d'accéder à certaines zones où des renforts et des armes lourdes sont en cours de déploiement. 
Ainsi cette semaine et pour le seul front de Lugansk, des groupes mobiles du 20ème bataillon ukrainien de guerre électronique ont brouillé les réseaux de guidage des drones de l'OSCE dans les secteurs de Zolote 4, Vershina, Krinichnoye, Vozdvizhenka et Lugansk, afin d'empêcher le travail des observateurs internationaux.

L'Etat major ukrainien continue également à déployer des groupes de volontaires radicaux sur la première ligne du front comme par exemple ces trois binômes de tireurs d'élite formés par des instructeurs lituaniens et qui sont arrivés dans la zone de responsabilité de la 30e brigade mécanisée ukrainienne (limite entre les républiques de Donetsk et Lugansk), dans le secteur de "l'arc Svetlodarsk".

Alors que les combats directs n'ont pas encore repris, les "ukrops", comme d'habitude, continuent de subir des "pertes hors combat" en plus de celles occasionnées par les tirs de riposte républicaine. Ainsi par exemple pour le seul "groupe Nord de l'Opération des Forces combinées" qui correspond au front de la République Populaire de Lugansk, l'Etat Major ukrainien déplore entre les 8 et 15 janvier 2022 :

8 janvier au 15 janvier 2022 Au cours de la semaine écoulée, les pertes hors combat de l'OTG "Sever" se sont élevées à CINQ personnes, dont DEUX sont décédées, TROIS: ont subi diverses blessures et blessures, notamment: 
  • 30e brigade ukrainienne : 1 "300" (blessé) Lors d'une inspection des positions 12 janvier, le commandant du bataillon a battu le sergent Dekhtyar DEKHTYAR:  blessure cranio-cérébrale fermée et des côtes cassées. 
  • 24e brigade ukrainienne : 1-"200" (mort), 2-"300" (blessés) Le 9 janvier, lors d'une bagarre avec des résidents de Popasnaya, 2 militaires ont été blessés, et le11 janvier, un militaire s'est suicidé avec une mitrailleuse légère près du village de Novoaleksandrovka. 
  • 79e brigade ukrainienne : 1-"200" (tué) le 13 janvier, un soldat est mort d'une overdose de drogue.
Un petit aperçu du niveau moral et de discipline de nombreux ukropithèques déployés sur le front... Et c'est pareil sur les autres secteurs du front et les autres jours. Depuis l'été 2020, ce ne sont pas moins de 460 "pertes hors combat" qui ont été ainsi déclarées officiellement par l'Etat major ukrainien, sans compter celles qui sont maquillées en accidents civils, désertions ou pertes au combat. 

Tandis que dans les tranchées glaces du front une ambiance "désert des tartares" impose tensions et attentions accrues, à l'arrière, les forces armées perfectionnent par des entrainements au combat hivernal leurs capacités opérationnelles :

Côté ukrainien, des chars de combat aux couleurs des nationalistes radicaux
ont mené des exercices d'attaque dans le Donbass occupé par Kiev.

Coté républicain, les unités de chars et d'infanterie des républiques de Donetsk 
et Lugansk ont mené également des entrainements au combat.

Du côté de Rostov sur le Don, des unités de chars de combat russes ont
également mené des exercices opérationnels et médiatisés.

Du côté de l'Ukraine

Le député ukrainien Fyodor Venislavsky, membre du Comité de la Verkhona Rada sur la sécurité nationale, la défense et le renseignement a annoncé sur une chaîne de télévision ukrainienne que le 15 janvier les forces de défense territoriale dans les régions frontalières de l'Ukraine devraient recevoir des armes et des informations sur leur déploiement, et le ministère de la Défense prévoit de distribuer ainsi des armes dans toutes les autres régions d'ici la fin de l'hiver. 


Cette action insensée de Kiev est effectuée dans l'application de la loi votée à la Verkhona Rada, le parlement ukrainien, «Sur les fondements de la résistance nationale» et rentrée en vigueur le 1er janvier de cette année. Selon cette loi, pour libérer le maximum des effectifs opérationnels des forces armées, l'organisation et l'accomplissement des tâches de défense territoriale de l'Ukraine sont confiés aux "Forces de défense territoriales des Forces armées ukrainiennes". (STO) qui sont sous les ordres du général Yuri Galushkin. Cette mesure vise à impliquer et former le maximum de civils dans la "lutte contre l'agresseur russe" (formation interarmes, équipements), par zones territoriales de défense, lors de périodes rémunérées.

Le personnel concerné est en premier lieu le corps des réservistes mais aussi selon la loi votée, des citoyens âgés de 18 à 60 ans, hommes et femmes, avec ou sans expérience militaire, pouvant être recrutés dans les rangs de la STO, 

Les observateurs russes mais aussi ukrainiens, font remarquer que les volontaires ukrainiens pour les forces de réserve ou le recrutement spontané sont d'abord des personnes appartenant aux mouvements radicaux nationalistes ou des asociaux et têtes brulées souvent animés par une motivation politique radicale et une russophobie hystérique.

Armer encore plus d'ukropithèques est un risque de voir survenir encore plus de "dérapages" criminels contre les populations russophones du Sud et de l'Est de l'Ukraine mais cela représente aussi et surtout un pari risqué pour le pouvoir, dont l'impopularité présidentielle est de plus en plus vive parmi les nationalistes radicaux, lesquels veulent entre autres actions politiques, soutenir l'ex-président Porochenko dans le collimateur d'une justice instrumentalisée par une guerre de clans oligarques .

Du côté de l'OTAN

Tandis que circulent dans le camp occidental des fantasmes plus délirants les uns que les autres (invasion russe de l'Ukraine, false flag chimique russe sur le front de Gorlovka...), les forces de l'OTAN continuent concrètement d'intensifier leurs activités au plus près de la ligne de front du Donbass et des frontières russes régionales.

Le 14 janvier une nouvelle mission d'observation et d'appui électronique au profit des 
forces ukrainiennes, a été réalisé par un Boeing E-8C Joint STARS de l'US Air Force 
effectuant plusieurs aller-retour en parallèle de la ligne de front du Donbass.

Par ailleurs un ancien officier du renseignement américain a révélé aux médias étasuniens, l'existence d'un programme de formation pour les responsables de la sécurité et les agents du renseignement ukrainiens d'élite aux États-Unis mené par la CIA. Ce programme, créé sous la présidence Obama a ensuite été élargi par l'administration Trump et plus encore par l'administration Biden. 



Ce programme, qui initie les services spéciaux ukrainiens à des missions d'infiltration, de sabotage et d'assassinats, est réalisé à partir d'une base de la CIA aux USA, de camps d'entrainement en Ukraine ainsi que des missions d'assistance technique sur le front lui-même. Selon les médias, ces proxys ukrainiens de la CIA  devraient jouer un rôle clé en cas d'une escalade majeure du conflit avec une riposte russe qui sera sans nul doute décrite comme "l'invasion russe" tant fantasmée par les ukro-atlantistes.

Du côté de la Russie

Sur ordre présidentiel, une alerte de combat inopinée a été lancé pour les forces armées russes stationnées dans la région occidentale pour tester et évaluer les capacités de déploiement lointain de forces opérationnelles. "Le message du ministère de la Défense note que les troupes des Forces de défense aérienne, lors du test à distance, effectueront des tirs réels et élaboreront également un large éventail de tâches pour organiser un soutien complet. Il est précisé que l'événement se déroule en préparation des exercices stratégiques de commandement et d'état-major Vostok-2022". Mais tout le monde aura compris le message dissuasif adressé à cette occasion au régime de Kiev dont l'armée piaffe d'impatience et de froid sur le front du Donbass...


En conclusion...

La météo depuis la soirée du 14 janvier, avec des tempêtes de neige calme un peu les ardeurs des ukropithèques mais sans aucun doute, dès que la visibilité terrestre et aérienne sera revenue les provocations de Kiev continueront de plus belle ou pire encore...

"Il suffira d'un signe..."

Alors que les bruits de bottes emplissent les horizons du Monde, un vent hivernal, venant du Nord 😉 a déployé les drapeaux russes et républicains du Donbass rebelle... et déchiré le drapeau ukrainien de Kharkov. 

Au sortir du nouvel traditionnel russe, le Dieu ancien Stribog a donné sa sentence ! L'heure de la victoire approche !

"Ура, ура, ура !"

Erwan Castel 

vendredi 24 décembre 2021

Ukropithèques décomplexés

2 déclarations convergentes de responsables kiéviens révèlent le niveau d'excitation et la mentalité criminelle de ces ukropithèques vomis par le Maïdan il y a 8 ans et qui rappelons le encore sont soutenus inconditionnellement par les chères démocraties droitdelhommistes occidentales :

  • Tout d'abord les représentants de Kiev du groupe de contact du processus de paix  lors d'une nouvelle tentative de pourparlers concernant l'échange de prisonniers (point 6 des accords de Minsk) ont déclaré cette semaine : "il n'y aura bientôt plus de prisonniers en Ukraine" (!?).
Si on ne connaissait pas le cynisme des représentants ukrainiens aux réunions des accords de Minsk on pourrait presque penser à une expression évasive maladroite, sauf que Dmitry Iarosh qui est le fondateur du mouvement paramilitaire néo-nazi  ukrainien "Trizub", un des leaders du "Secteur Droit" les plus virulents du Maïdan et fondateur du Corps des Volontaires Ukrainiens, "DUK" et devenu conseiller spécial du Chef d'Etat Major de l'armée ukrainienne a appelé sur l'antenne de la chaîne Espresso TV à procéder à un nettoyage de masse des pro-russes par les nationalistes radicaux ukrainiens:
  • "Sans aucun doute, les services spéciaux ukrainiens devraient neutraliser les personnes qui s'opposent ouvertement et non ouvertement à l'État ukrainien. Ils font quelque chose, nous le voyons constamment dans les rapports sur les arrestations d'agents russes, mais cela ne suffit pas. À mon avis, si une invasion à grande échelle commence, les lois du temps de paix passeront à l'arrière-plan, et alors les patriotes ukrainiens devront être prêts à nettoyer ces saboteurs russes qui sont dans la politique, la culture et les affaires. Ce sont eux qui sont considérés par le Kremlin comme la future administration d'occupation"
Le fait est que depuis 2 mois on observe une augmentation des unités autonomes ukrainiennes au recrutement néo-nazi et nationaliste : bataillon Aydar (secteur Volnovakha à 40 km au Sud de Donetsk), groupes de tireurs d'élites ou volontaires de l'organisation DUK...) auxquels il faut rajouter le retour important d'unités de mercenaires étasuniens issus de la nébuleuse "Blackwater" (devenu "XE service" puis "Academi" après le massacre de civils irakiens en 2007) qui étaient déjà environ 400 en 2014 (source renseignements allemand). D'autre part un décret d'application ukrainien vient d'être activé pour simplifier l'obtention du passeport ukrainien aux étrangers volontaires pour le front du Donbass.

Entre ces paramilitaires et ces mercenaires, Washington et Kiev (qui soit dit en passant sont les 2 seuls pays s'opposant à l'ONU à la condamnation de la promotion du nazisme) disposent sur le front du Donbass d'unités "non gouvernementales" idéales pour commettre des crimes de guerre car elles n'engagent pas juridiquement leurs responsabilités. Et à ce sujet, le ministère russe de la défense a relevé récemment l'inquiétant déploiement sur le secteur d'Avdeevka (front au Nord de Donetsk) de mercenaires étasuniens et de stocks d'armes chimiques.

Alors que la France vient de pousser l'ONU à des sanctions contre la société militaire privée russe "Wagner" qui (à l'invitation des gouvernements centrafricains et maliens) porte ombrage à son pré carré néocolonialiste, Paris, pourtant "garant des accords de paix" signés à Minsk regarde ailleurs lorsque Washington déploie en toute illégalité morale des mercenaires sur le front du Donbass... Encore une fois un exemple du "2 poids 2 mesures" du laquais de l'Oncle Sam.

Ces faits avérés ainsi que l'actuelle exacerbation idéologique des tensions militaires et diplomatiques actuelles hystérique occidentale ne risquent pas, sur fond d'hystérie russophobe  occidentale, de calmer le fanatisme meurtrier des bandéristes...


Encore un civil blessé par les forces de Kiev

Confirmant que l'accalmie relative des derniers jours n'était qu'une illusion, les forces ukrainiennes - qui avaient déjà repris hier leurs bombardements lourds sur Aleksandrovka - ont engagé de nouveaux pilonnages sur le front de Donetsk
  • Le 22 décembre 2021, à 8h30, bombardement ukrainien avec des obusiers lourds du secteur de Spartak (Est aéroport de Donetsk) depuis leurs positions d'Avdeevka
Pour remplacer le lance grenades automatique soviétique vieillissant AGS 17 (30mm),
l'industrie militaire 
ukrainienne a mis au point récemment l'UAG 40 (tout comme la
Russie a l'AGS 40), un lance grenade automatique de 40 mm, plus précis et rapide et
qui ayant terminé ses tests en 2017 et apparait aujourd'hui sur le front du Donbass.

Malgré la traditionnelle trêve de fin d'année qui se prolonge jusqu'au Noël et vieux nouvel an orthodoxe, on observe la reprise de l'escalade militaire en cours. Ainsi pour la journée du 23 décembre les forces ukrainiennes ont repris leurs tirs sur les front  de Lugansk et Donetsk où un civil a été gravement blessé dans le village d'Aleksandrovka (Sud de Donetsk).

Piotr Ozolin, habitant d'Aleksandrovka a été visé et touché par le tir ukrainien d'une grenade autopropulsée AGS 17 (30mm) ou UAG 40 (40mm) d'une unité de la 54e brigade mécanisée ukrainienne du colonel A.S. Maistrenko, à 5h30 alors qu'il sortait du village pour se rendre à son travail. Présentant des "blessures multiples à la région temporo-pariétale gauche, à l'épaule gauche, blessure pénétrante à la région iliaque pulmonaire, blessure aux deux jambes sur la face avant", l'homme de 53 ans a été évacué aux sois intensifs de l'hôpital n°14 du district urbain voisin de Petrovsky dans un état est jugé grave.

A noter que la compagne de la victime, Victoria Ozolina,  a été elle aussi blessé le 27 novembre dernier dans un autre bombardement ukrainien. Le destin tragique de cette famille d'Aleksandrovka n'est malheureusement pas exceptionnel, il illustre la situation de ces milliers de familles qui survivent depuis 7 ans sous les tirs quotidiens des forces ukrainiennes et l'indifférence d'une communauté internationale qui passe son temps à hurler contre une agression russe fantasmée.

Cela fait maintenant 72 jours que Andreï Kociak, observateur 
du Centre de Contrôle et de Coordination du Cessez le feu a été 
capturé, torturé et jeté illégalement dans les geôles ukrainiennes 


Du côté de la Russie

Illustrant la radicalisation obligée du Kremlin face à l'obstination des ukro-atlantistes de piétiner les accords de paix de Minsk et de poursuivre l'installation de l'OTAN en Ukraine, les forces armées de la Fédération de Russie se préparent à réagir à une potentielle offensive ukrainienne qu'elle soit dirigée contre elles ou contre les populations du Donbass.

Contrairement au printemps, les déploiements dissuasifs russes sont cette fois plus importants et surtout continuels depuis plusieurs semaines, et annoncent à Kiev les pires augures si Washington décide d'engager une option militaire dans le Donbass. Même si l'armée ukrainienne a doublé ses effectifs par rapport à 2014, s'est un peu modernisée grâce aux formations et équipements occidentaux, elle reste ridicule face à la puissance militaire russe et surtout seule car elle sait que l'OTAN, en dehors de l'aide logistique, du renseignement du champ de bataille et éventuellement de quelques mercenaires et forces spéciales, restera physiquement en retrait du front que Washington lui aura donné l'ordre d'ouvrir.

Pour faire suite aux différentes informations concernant ces déploiements militaires russes vers les frontières ukrainiennes  voici d'autres mouvements dissuasifs réalisés ostensiblement au vu at au su de tous par l'Etat Major russe :

Evolution de la base militaire russe de Bakhchisarai, en péninsule de Crimée. La photo 
à gauche date d'octobre, celle de droite du 13 décembre. On peut y voir une concentration 
d'environ 100 véhicules blindés, chars et véhicules de combat, transports de troupes, obusiers automoteurs, défense anti aérienne aérienne... ce qui correspond à une brigade de combat.  

Le 20 décembre dans la région de Riazan, à la gare de triage  de Riazan, un convoi
ferroviaire russe avec des tracteurs d'artillerie Kamaz-63501AT "Medved" et des 
obusiers 2A65 "Msta-B" a été vu faisant mouvement vers les frontières ukrainiennes
Localisation du convoi de Riazan

Entre le 10 et le 17 décembre, de nombreux convois ferroviaires russes 
comme celui cisont arrivés sur la base militaire près de Voronej.
Localisation du convoi de Voronej

Egalement vu, dans la région de Nijni Novgorod, un autre convoi ferroviaire russe en route
vers les frontières ukrainiennes avec notamment un véhicule de commandement Gaz-66 KShM, 
des transports et tracteurs MT-LB, des transports de troupes BTR 82, des chars de combat, 
des Lance Roquettes multiples de 122mm "Grad", des engins du génie combat... 
Géolocalisation possible du convois en fonction des bases existantes près de la frontière ukrainienne

Aujourd'hui avec un chemin de la paix obstrué par les provocations ukrainiennes, les coups tordus de l'OTAN et les mensonges de Washington et ses alliés, sans oublier l'indifférence des populations occidentales le nez plongé dans la psychose covidienne et la dinde de Noël, force est de constater que la situation dans cette région sous haute tension de la Mer Noire, continue de glisser lentement mais sûrement vers le chemin de la guerre totale.

Erwan Castel