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vendredi 7 octobre 2022

Une haine criminelle absoute par la bien pensance


Nous vivons depuis cette crise ukrainienne à une montée et sans limite des guerres militaire, économique, psychologique, industrielle ainsi que de cette guerre de l'information qui pousse le manichéisme dans un paroxysme fusionnant sans vergogne abjection et ridicule. 

Ainsi pour les occidentaux asservis jusqu'à leur derniers atomes de décence commune et d'intelligence critique, 
  • les images sélectionnées de chars russes détruits prouveraient la défaite de la Russie, 
  • celles des habitants accueillant les soldats ukrainiens prouveraient la sympathie des populations pour Kiev,
  • celles de sépultures où sont enterrés des militaires ukrainiens et des civils tués lors des combats et bombardements urbains prouveraient les crimes de guerre russes, 
  • celles de russes s'enfuyant de leur pays pour échapper à la mobilisation prouveraient l'opposition des populations à cette guerre russo-ukrainienne etc... 
Et je ne parle pas des mensonges et fake news quasi quotidiens visant, dans un double objectif à diaboliser la Russie et victimiser l'Ukraine.

Comme si la réalité était aussi simpliste que leurs cervelles pathétiquement binaires

A leur simplisme apeurant encouragé par l'apathie des foules domestiquées et amnésiques, enchaînées à la bien pensance officielle je leur rappellerai dans le même ordre cité que 
  • les images des centaines de véhicules ukrainiens détruits et qui pourtant n'ont pas signifié la défaite des forces de Kiev, 
  • celles des habitants accueillant également les soldats russes arrivant signifiaient aussi qu'une part de la population est pro-russe, 
  • celles des centaines de sépultures trouvées également dans les villes libérées par les russes, également victimes des combats et bombardements,
  • celles des millions d'hommes ukrainiens ayant fui leur pays au moment de la mobilisation décrétée par Kiev en mars dernier,
La plupart des journalistes occidentaux aux ordres de politiques éditoriales politisées, semblent avoir oublié l'histoire remuante des conflits autant que leur éthique professionnelle, mais tout en prétendant vouloir rendre compte "objectivement" de cette guerre de haute intensité, symétrique et longue revenant brutalement en Europe, après plus de 80 ans d'absence, nous rappeler la complexité des flux et reflux opératifs militaires inévitables. 

Que la vie serait simple, mais ô combien triste, si le Monde correspondait aux fables des propagandistes ! 

Plus de modestie et moins de certitude leur permettrait de respecter (et même d'aborder) les âmes humaines mises à nu par cette nouvelle Tragédie grecque qui aujourd'hui oppose non seulement des européens mais aussi des slaves entre eux dans une guerre européenne télécommandée par une ploutocratie hors sol aujourd'hui domiciliée outre atlantique. En préférant jouer le rôle de thuriféraires d'un doxa occidentale partisane plutôt que respecter leur éthique, ces "journalistes" piétinant leur charte de Munich sabotent surtout les chemins s'ouvrant vers le dialogue des nations et la paix des peuples. 

Depuis 8 ans, dans le Donbass, nous étions habitués à ce traitement cynique de l'information fait par les médias occidentaux ignorant, dans une collaboration criminelle, les violations du cessez le feu et crimes de guerre commis par les forces ukrainiennes contre les civils du Donbass. 

Aujourd'hui, cette haine ukrainienne russophobe, soutenue et encouragée par les occidentaux "droitdelhommistes" a atteint une hystérie totale dans une exponentialité des bombardements terroristes, des repressions et ostracisations contre des russes, jusqu'à condamner par exemple celles et ceux qui écoutent une chanson russe ou interdire les matériaux biologiques pour les greffes chirurgicales venant de sang russe.

Ainsi ce 30 septembre, dans les territoires de la région de Zaporodje encore contrôlés par l'Ukraine, les forces ukro-atlantistes ont à nouveau massacré des civils pro-russes qui voulaient rejoindre la partie contrôlée par les forces russes. Le bilan terrible de 30 tués et 88 blessés auraient du faire sourciller côté occidental tout journaliste digne de ce nom. Or il n'en est rien, tout comme pour les civils tués quotidiennement dans les rues de Donetsk, Makeevka, Gorlovka etc... 

Un 2 poids 2 mesures abject dont je pense que le pire reste encore la crédulité servile des publics occidentaux avachis devant le consumérisme de leurs écrans aussi plats que leurs cervelles et qui se laissent conduire comme des moutons aux nouvel abattoir de la marchandise mondialiste.

Pour finir et ne pas tomber à mon tour dans un simplisme stupide, j'observe et connais personnellement  certaines personnes, trop rares malheureusement, qui méritent encore de leurs cartes presse, car respectant l'éthique et la neutralité qui sont les piliers de leur belle et nécessaire vocation à informer la libre conscience citoyenne et l'esprit critique individuel.

Erwan Castel

Dernière minute : 

Au matin du 7 octobre un convoi civils a été visé par un tir de roquettes étasuniennes HIMARS dans la région de Kherson: au moins 5 personnes ont été tuées et 5 autres grièvement blessées.... Allô BFM ? il y a quelqu'un ?

Kherson, 7 octobre 2022 


Source de l'article: Russie Politics

Acte de résistance : 
Ces habitants de Zaparojie 
qui veulent passer en zone russe, au péril de leur vie


par Karine Bechet Golovko

4 octobre 2022

"Dans la région de Zaporojie tenue par l'Ukraine, les gens veulent passer en Russie. Ils se sont fait déjà tirer dessus, 30 morts et 88 blessés, mais ils recommencent. Intéressant, qu'il n'en soit pas question dans les médias atlantistes. Car cela pose sérieusement la question de savoir qui, les habitants considèrent comme des forces d'occupation - à savoir ce régime atlantiste installé à Kiev. Et cela montre où ils veulent aller - à la maison, en Russie. Mais ces Ukrainiens-là n'intéressent pas le monde atlantiste.

Hier, les habitants de la partie de Zaporojie tenue par l'armée atlantico-ukrainienne sont à nouveau sortis dans les rues, exigeant qu'on les laisse aller vers la zone russe :

"Mécontents de cette situation, ils occupent les routes pour protester contre la décision du régime de Kiev d'interdire la sortie des réfugiés vers le territoire de la Russie - vers la région de Zaporojie."

La volonté de ces hommes, femmes et enfants d'aller en Russie montre leur détermination, le rejet de ce régime atlantiste d'occupation à Kiev. Et leur courage est immense, car il y a quelques jours de cela, le 30 septembre, de nombreux civils sont décédées suite aux tirs de l'armée atlantico-ukrainienne pour avoir voulu, eux aussi, aller en zone russe. 

Les habitants de Zaporojie voulaient aller voter au référendum et donc devaient sortir vers la zone russe. Or, les autorités ukrainiennes ne les ont pas laissées passer. Le 29 septembre, en rage, les habitants ont alors organisé un meeting, exigeant qu'on les laisse de toute manière passer en Russie, ils se sont couchés par terre. Tout d'abord, des militaires sont venus pour discuter et les calmer, en vain. Ensuite, le SBU (ex-KGB) a voulu les faire changer d'avis, en vain. On leur a promis de les laisser partir le lendemain.

Le soir, les routes ont été bloquées et plus personne n'a été autorisé à passer. Les habitants, mécontents et trahis, veulent forcer le passage en voiture. Cette fois-ci, ils sont accueillis, le 30 septembre, par des tirs. La colonne de véhicules est sous le feu, l'on comptera 30 morts et 88 blessés.


Et malgré cela, ces hommes et ces femmes reviennent dans la rue pour exiger d'aller en Russie. C'est un très beau geste de bravoure, un acte de résistance, qui montre à quel point ce régime d'occupation atlantiste en Ukraine ne tient que par la propagande et la répression. 

Karine Bechet Golovko

jeudi 27 janvier 2022

Les membres masqués de l'OTAN


Depuis la disparition de l'URSS et avec elle celle du Pacte de Varsovie, on observe un expansionnisme exponentiel et de plus en plus agressif de l'OTAN vers les frontières de la Fédération de Russie, piétinant au passage les promesses occidentales de préserver une neutralité des anciennes républiques socialités soviétiques ainsi que de la fonction dite "défensive" de l'Alliance, qui déjà dans sa chronologie est contestable puisqu'elle précède en réalité (avril 1949) et provoque la création du Pacte de Varsovie (mai 1955) et non l'inverse comme le pense la plupart des occidentaux formatés par la propagande de guerre victimaire de l'Oncle Sam.

Aujourd'hui, l'OTAN est confronté aux puissances militaire et diplomatique restaurées de la Fédération de Russie grâce auxquelles Moscou peut faire valoir à nouveau ses préoccupations sécuritaires et imposer atour de son espace vitale des lignes rouges à ne pas franchir par ses adversaires potentiels (ces lignes rouges étant de plus en plus importantes au fur et à mesure qu'augmentent les capacités des armements modernes).

Certains diront ici que la Russie en demandant l'instauration d'une "glacis" stratégique neutre devant ses frontières outrepasse le droit des Etats à choisir librement leurs propres alliances militaires, ce que Stoltenberg, le secrétaire Général de l'OTAN a encore voulu nous présenter comme un droit inaliénable lors de sa dernière conférence de presse du 26 janvier.

Or l'histoire même des relations internationales étasuniennes nous rappelle que refuser l'expansion militaire d'un adversaire potentiel dans sa "zone d'influence" frontalière est légitime et il suffit pour exemple de se souvenir de la crise des missiles de Cuba en 1961. Et ce droit à garantir un glacis sécuritaire autour de ses frontières est même, comme l'a rappelé Sergeï Lavrov  le Ministre russe des Affaires Etrangères, dans le droit international par les "Déclarations d'Istanbul et d'Astana de l'OSCE" qui en 2010, ont inscrit l'obligation de tout pays de ne pas renforcer sa sécurité aux dépens d'autres États (accords votés par les 56 États participants et de 12 partenaires de l'OSCE) :

  • "La sécurité de chaque État participant est indissociable de celle de tous les autres. Tous les États participants sont égaux en droit en matière de sécurité. Nous réaffirmons le droit inhérent à chaque État participant d’être libre de choisir ou de modifier ses dispositions en matière de sécurité, notamment les traités d'alliance, à mesure qu’ils évoluent. Chaque État a également le droit à la neutralité. Les États participants respecteront les droits de tous les autres à cet égard. Ils ne renforceront pas leur sécurité au détriment de celle des autres."

Mais voilà, conscient que cette légitimité sécuritaire fait obstacle à son expansion hégémonique, l'OTAN a inventé des statuts bâtards d' "alliés non intégrés" qui lui permettent d'avancer factuellement ses pions, ses exercices et contrats d'armement militaires sans marquer juridiquement ses nouveaux territoire; "partenaire pour la Paix", "partenaire "nouvelle opportunité"", "partenaire renforcé" etc...

Aujourd'hui dans la turbulence géopolitique Est-Ouest que la crise ukrainienne, organisée par Washington a provoqué, l'OTAN vient de faire encore évoluer en catimini sa définition identitaire : 

En janvier, l'OTAN évoque la possibilité de mettre en œuvre l'article 5 (assistance militaire mutuelle des membres) à un "espace global" élargi aux partenaires et justement à une zone d'influence sécuritaire qu'elle refuse aujourd'hui à la Russie:


Lors de sa conférence de presse du 26 janvier, Stoltenberg confirme cette distorsion du cadre des prérogatives juridiques de l'Alliance, lorsqu'il déclare: "Nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour protéger et défendre tous les alliés". Là, il n'est plus question seulement des "membres" contractuels mais aussi des partenaires sans obligation dont par exemple la Finlande qui est "partenaire renforcé" ou l'Ukraine qui est "partenaire nouvelles opportunités" depuis juin 2020.

Ceci revient à dire que si le statut de "membre" est un marqueur d'une intégration juridique de son territoire dans l'OTAN, le statut de "partenaire" est quant à lui le marqueur d'une intégration factuelle de l'OTAN dans son territoire.

Autrement dit c'est "bonnet blanc et blanc bonnet" pour la Russie qui observe cet espace global atlantiste arriver en butée de ses frontières fédérales !

Erwan Castel

Voici un article pertinent de Karine Bechet Golovko évoquant justement que la psychose hystérique d'une prétendue invasion russe est organisée entre autres mesures russophobes pour accélérer le rapprochement militaire de ces "partenaires" dont certains, voisins de la Russie, hésitent entre l'engagement et la neutralité...


Source de l'article: Russie Politics


L'OTAN veut s'élargir vers la Suède et la Finlande : 
la neutralité n'est plus de mise grâce à la "menace russe"

La question de l'élargissement de l'OTAN est plus que jamais à l'ordre du jour et le recours au mantra de la "menace russe" est un prétexte fabriqué sur mesure. En ces temps troublés, cette structure est dans l'obligation de prouver sa force et avec la fin de la Guerre froide, elle doit prouver l'importance de son existence par l'importance d'un "nouvel-ancien" ennemi. Bref, l'on est soit avec elle, soit contre elle. Et cette question va bien au-delà de l'Ukraine ou de la Géorgie, elle touche même, dans sa radicalisation actuelle, principalement les pays qui pensent pouvoir rester neutres. Et dans son combat pour la globalisation, le monde Atlantiste ne peut plus se permettre l'existence d'une neutralité et la Russie est utilisée comme catalyseur.

L'OTAN fait clairement passer le message : la neutralité n'est plus possible aujourd'hui. Et pour cela, la pression est à nouveau dirigée vers deux pays symboliques et autrement plus intéressants que l'Ukraine et la Géorgie, à savoir la Suède et la Finlande.

Ainsi, le Secrétaire général de l'OTAN d'insister, car ces déclarations ont déjà été faites par Victoria Nuland : les portes de l'OTAN sont grandes ouvertes à la Finlande et à la Suède. Ce 24 janvier, une rencontre au siège de l'OTAN a été organisée avec les ministres des Affaires étrangères suédois et finlandais, concernant le renforcement de la coopération "face à la menace russe". Un peu plus tard, le ministre des Affaires étrangères suédois a déclaré que, pour l'instant, la Suède n'est pas prête à demander son entrée dans l'OTAN.

Cette rencontre s'inscrit parfaitement dans la ligne américaine concernant les garanties de sécurité demandées par Moscou, puisque le porte-parole du Département d'Etat, Ned Price, a déclaré dans son point presse, que les Etats-Unis ne feraient aucune concession. Or, la question, fondamentale pour la Russie, de la fin de l'extension de l'OTAN a été refusée d'emblée par les Américains.

Si finalement une réponse écrite promet d'être envoyée ces jours-ci, rien ne dit qu'elle permettra de changer la donne. La situation est, en fait, parfaitement claire : nous sommes dans une phase de conflit actif. 

Karine Bechet-Golovko

jeudi 20 janvier 2022

Menace extérieure et enjeu intérieur


Dans le contexte actuel des tensions historiques Est-Ouest, le conflit du Donbass qui en est l'épicentre est pour certains plus que jamais au coeur des regards et des analyses, je parle des larbins et des courtisans qui, pour quelques carrières, affaires et breloques, lèchent les culs des pouvoirs, à Washington mais aussi à Moscou. Mais pour l'immense majorité des familles du Donbass (Donetsk et Lugansk ont malheureusement aussi leurs grappes de courtisans à breloques ventripotents), les bombardements, les peurs, les deuils, les destructions, les privations sont depuis 8 ans une tragédie quotidienne telle que beaucoup pensent qu'une guerre libérée de ses tranchées violente et radicale est la seule voie pour sortir le Donbass et aussi une grande partie de l'Ukraine de ce cauchemar qui n'a que trop duré.

Depuis 2014, j'ai souvent évoqué que ce conflit du Donbass qui n'est que la déclinaison radicale et meurtrière du coup d'Etat du Maïdan présentait une menace extérieure pour la sécurité régionale mais aussi un enjeu intérieur pour une Fédération de Russie certes internationalement restaurée dans sa puissance, mais toujours rongée par un libéralisme protéiforme allant du courtisan affairiste et affable jusqu'à paraître "pro-russe" jusqu'à l'opposant virulent et subversif, soutenu par les réseaux Soros. Tous, à degrés différents, de Moreau ce français jouant les pro-Poutine pour faire fructifier ses affaires, à Navalny l'escroc jouant l'opposant pour politiser ses condamnations, tous ne sont que les acteurs passifs ou actifs d'une cinquième colonne libérale cherchant a attiré la Russie vers une vision étatique et capitaliste du Politis.

Depuis 2014, le Donbass a exprimé moult fois par référendum, suffrages divers et manifestations multiples son désir d'en finir avec l'Ukraine et de rallier la Fédération de Russie. Et plus fort que n'importe quel bulletin de vote, quelques secondes remué silencieusement dans le secret chauffé d'un isoloir, les hommes et les femmes du Donbass fournissent depuis 8 années des dizaines de milliers de volontaires qui jour et nuit, dans le gel ou la poussière résistent sur 480 kilomètres de front à une armée aujourd'hui 5 fois supérieure en hommes et encore plus en matériels.

Cette semaine le Parti communiste russe a présenté à la Douma un projet de résolution parlementaire demandant au Président russe de reconnaître officiellement les républiques autonomes de Donetsk et de Lougansk.

Nous y voilà enfin au pied de ce mur où les affairistes, les pleutres et les traitres vont devoir regarder en face les valeurs qu'ils agitent et sacrifier pour elles leurs petits calculs égocentriques et intérêts minables. Et j'entends déjà certains pauvres idiots hurler "quoi ? "communiste" ? ah non !, Vade Retro Stalinas !".

Et pourtant, l'initiative portée par Guennadi Ziouganov n'est pas négligeable (le parti communiste russe est le premier parti d'opposition avec environ 20% et fédère régulièrement autour de ses propositions) et a le mérite de demander aux politiciens russes de montrer leurs cartes

Et déjà des stratèges de paille, qui ne sont en fait que des calculateurs infectés par le courant libéral, ont poussé des cris d'orfraie, comme ce Viktor Vodolatsky, un vice président de la Douma, qui a sorti que une telle reconnaissance reviendrait pour la Russie à détruire les accords de Minsk et se désigner coupable

J'invite ce Vodolatsky à venir dormir dans le Donbass et pas au Donbass Palace entre les boulevards Pouchkine et Artiom, mais dans une cave de Spartak, Trudovsky, Oktyabrsky ou autres zones résidentielles, depuis 8 années bombardées. Là peut-être comprendra t-il entre 2 tirs de mortiers ukrainiens que les accords ne peuvent être détruits pour la simple et bonne raison qu'ils n'ont jamais été construits, et que la Russie n'a plus rien à perdre sur le plan de la propagande occidentale, surtout dans le contexte de la crise actuelle où elle est au paroxysme de la russophobie hystérique.

Le débat sera sans nul doute intéressant et révélateur car cette proposition propose simplement de passer des paroles et des gesticulations aux actes concrets à commencer par continuer le ménage intérieur !

Avant de laisser l'analyse à Karine Bechet Golovoko qui s'est fendue d'une nouvelle pertinence sans ambages sur le sujet, j'oserai pour conclure citer cette phrase attribuée à Winston Churchill au lendemain des pleutres accords de Munich :

« Le gouvernement avait le choix entre la guerre et le déshonneur ; 
il a choisi le déshonneur et il aura la guerre. »

Source de l'article : Russie Politics

Billet donbassien : les Communistes 
russes posent la question 
de la reconnaissance par la Russie 
des républiques du Donbass




Karine Bechet Golovko

"En déposant un projet de résolution parlementaire demandant au Président russe de reconnaître officiellement les républiques autonomes de Donetsk et de Lougansk, les députés communistes obligent à clarifier le débat politique intérieur, à ce jour très ambigu sur la question. Car si la Russie soutient effectivement ces républiques, surtout sur le plan humanitaire et technique, elle s'accroche de toutes ses forces, et au-delà semble-t-il du raisonnable, aux moribonds accords de Minsk, largement foulés aux pieds par l'Ukraine. Les autorités russes, ainsi, refusent à ce jour d'envisager toute reconnaissance officielle ou encore pire, une possible intégration du Donbass. Mais cette position défensive est-elle encore adaptée à la situation géopolitique ?

Des députés communistes ont hier, 19 janvier 2022, déposé un projet de résolution parlementaire, dans lequel ils demandent au Président russe Vladimir Poutine de reconnaître les républiques de Donetsk et de Lougasnk comme, je cite, "des Etats démocratiques, souverains et indépendants". Les députés estiment, que ces dernières années, sur la base de la volonté populaire, des véritables organes étatiques ont vu le jour, faisant de ces structures des Etats légitimes.

La dimension sécuritaire est particulièrement présente dans le projet de résolution, puisque selon les auteurs, cette reconnaissance serait une véritable protection pour les populations civiles, qui sont actuellement confrontées à danger réel de génocide.

Cette initiative a provoqué un véritable tsunami politico-médiatique, un vent de panique s'est levé, montrant bien que, malheureusement, elle a très peu de chances d'aboutir. La politique défensive de la Russie sur la question du Donbass, avec le temps, l'a conduite à totalement intégrer le discours globaliste, à avoir peur de ne pas froisser, de ne pas se faire critiquer, comme si les critiques diffusées contre elle pouvaient être rationnellement endiguées par une politique "d'autocontainment". Son discours est totalement centré sur les déclarations défensives, répétant plusieurs fois par semaine qu'elle ne va pas "agresser" l'Ukraine ... quand l'armée ukrainienne, aidée par de plus en plus de "consultants" de l'OTAN, armée par les pays de l'OTAN masse des forces sur la ligne de front. Comment continuer à s'accrocher aux accords de Minsk dans ces conditions ? S'ils sont bafoués par la partie centrale, l'Ukraine, ils n'existent plus. Un accord international bilatéral est existant, tant qu'il est appliqué d'une manière plus ou moins systémique par les deux parties, sinon il ne s'agit plus que d'une prise unilatérale d'obligation.

Ainsi, le vice-président du comité de la Douma pour les affaires de la CEI et de l'intégration eurasienne est immédiatement monté au créneau, pour montrer patte blanche, mais celle du mouton qui veut faire comprendre au loup qu'il est gentil et donc qu'il n'est pas nécessaire de mordre. Assez surprenant comme ligne politique ... Selon Viktor Vodolatsky, la proposition des députés communistes tombe mal, car elle risque de provoquer des critiques à l'égard de la Russie, alors qu'elle cherche à obtenir de très improbables garanties de sécurité, qui ont déjà pour l'essentiel, de toute manière, été refusées. Je cite :
  • "Il me semble qu'aujourd'hui est il important d'obtenir des décisions plus fondamentales, que nous avons formulées dans nos exigences. Une déclaration de reconnaissance de DNR et LNR pourrait conduire les négociateurs du côté des Etats-Unis et de l'OTAN à qualifier la Russie d'agresseur et l'accuser de vouloir récupérer la moitié de l'Ukraine"
Peut-être Viktor Vodolatsky n'est-il pas au courant que la Russie est déjà qualifiée d'agresseur, qu'elle est déjà accusée de vouloir envahir l'Ukraine, que les lignes rouges, comme l'interdiction de l'élargissement de l'OTAN à l'Est, ont déjà été rejetées d'un revers de main par les Etats-Unis et l'OTAN. Peut-être, simplement, n'est-il pas au courant ? Sinon sa position serait surprenante. Comment, en effet, refuser a priori par peur d'un "nouveau" danger qui existe déjà, une décision stratégique pouvant jouer à long terme, qui donnerait immédiatement du poids justement pour des négociations difficiles, qui ne sont rien d'autre qu'un rapport de force direct entre la Russie et les Etats-Unis, dans lequel chacun joue sa vision du monde ?

Il serait bon d'y réfléchir en tout cas."

Karine Bechet Golovko

mercredi 8 décembre 2021

Derrière les masques de la diplomatie

Loin de la soumission à une doxa officielle qui caractérise nombre des commentateurs francophones plus lèches-cul que pro-russes, voici une nouvelle analyse pertinente et sans ambages de Karine Bechet Golovko, au lendemain de la réunion Poutine / Biden et qui nous donne un point de vue libre et aiguisé sur les discours et les actions des uns et des autres.


Lien de l'article : Russie Politics

Billet du jour : 
la parodie de dialogue jouée par Biden avec Poutine

Comme attendu, le dialogue de sourd mené par Washington a conduit à l'échec total la conversation entre Biden et Poutine, Biden se vantant d'avoir dit à Poutine de faire attention avec l'Ukraine, sinon il allait se fâcher, et Poutine rappelant à Biden que la Russie est inquiète de la conduite de Kiev. De grandes révélations, qui effectivement nécessitaient deux heures de discussion. Décidément, en politique, il est fondamental de savoir refuser certaines rencontres, afin d'imposer un véritable dialogue et ne pas se retrouver coincé dans cette piteuse parodie. Une parodie qui, de plus, n'apportera aucun avantage ni sur le plan de la communication, ni sur celui de la politique réelle à la Russie. Il faudrait peut-être se remettre à gouverner et sortir du tout-communication.

En général, les Etats-Unis ne négocient pas, ils imposent. Ils ne cherchent pas à comprendre, en politique internationale du moins, ce qui se passe, ils imposent la vision de la réalité qui leur convient, afin que cette vision devienne une réalité acceptée. L'échange Biden / Poutine n'a pas échappé à la règle et il n'y avait aucune raison pour qu'il puisse y échapper.

L'on ne peut pas dire que ce soit une surprise ... Voir à ce sujet, mon interview pour RT France, le matin avant la fameuse conversation :

Les publications dans les médias insistent sur la dimension confrontationnelle, bien connue, et mettent en exergue, par l'absence, la dimension commune. Donc, sans que cet échange apporte rien finalement dans le monde réel, puisque les décisions seront prises indépendamment de cet entretien, il n'apporte, en tout cas pour la Russie, aucune valeur ajoutée non plus sur le plan communicationnel.

Le New York Times, la voix de son maître, est très clair à la Une de son briefing quotidien :

La question des "garanties" demandées par Poutine contre l'élargissement de l'OTAN à l'Est, qui a été énormément médiatisée en Russie, n'a même pas droit à une allusion dans cette présentation du NYT. Ce qui souligne à quel point elle est prise au sérieux.

Les menaces de Biden contre la Russie sont diffusées dans les médias russes également, ce qui certes peut favoriser un mouvement de soutien autour du Président russe par la population, mais cette même population commence à se demander pourquoi la Russie peut être si facilement dénigrée ... Et dans les faits, ce discours exigeant de la Russie une "désescalade" des tensions avec l'Ukraine, discours unilatéral ne remettant pas en cause l'activité militaire de l'Ukraine, autant que ces menaces de sanctions, sont reprises par les quatre dirigeants européens de la Grande-Bretagne, de la France, de l'Italie et de l'Allemagne.

De son côté, le discours médiatique russe insiste sur l'inquiétude signifiée par Poutine à Biden de l'activité de Kiev. Mais, l'on ne sent pas vraiment pointer une sérieuse volonté politique d'agir. Et cette faiblesse, trahie par l'hésitation permanente, ouvre la porte au combat géopolitique mené contre la Russie.

Karine Bechet Golovko

mardi 23 novembre 2021

L'inversion accusatoire de l'OTAN

Dans l'escalade en cours qui agite le Donbass tout démontre la dimension internationales des enjeux et des menaces géostratégiques qui sont ancrés depuis plus de deux siècles dans cette Mer Noire que disputent à la Russie la thalassocratie du moment britannique puis étasunienne.

Et l'on voit que si le plus important dans une guerre c'est de la finir victorieusement, en revanche dans notre monde d'hyper communication, il est préférable de la commencer plutôt en tant que victime pour pouvoir ensuite justifier pour les violences commises et espérer l'aide active d'une coalition. 

C'est ainsi que les forces ukrainiennes à force bombardements de plus en plus violents, tentent de provoquer la Russie à bouger ses chars de combat en premier dans le Donbass, pour ensuite, avec l'aide de la propagande de guerre occidentale pouvoir crier "Au loup ! au loup !" où plutôt ici "A l'ours, à l'ours !". Mais dans cette perfidie ukrainienne il est nécessaire de le pas faire un massacre de civils massif lequel ne pourrait plus aujourd'hui être maintenu sous les radars de l'opinion internationale comme ce fut le cas pour ceux commis en 2014 pendant les premières semaines de l'Opération Spéciale Antiterroriste ukrainienne (Mariupol, Lugansk, Donetsk, Gorlovka...). 

Le mythe de l'agression russe doit être protégé !

Donc, Kiev - sur ordre de Washington - opère dans le Donbass des bombardements violents sur les positions défensives républicaines et des tirs erratiques sur les quartiers résidentiels pour animer une guerre d'attrition contre les milices et psychologique contre les populations. pour alimenter une propagande occidentale qui ne photographiant les faits militaires qu'à partir des ripostes républicaines sur le front ou des manœuvres militaires dissuasives en Russie peut médiatiquement pratiquer l'inversion accusatoire, telle qu'elle est systématiquement jouée pour déguiser une agression à venir en légitime défense (Irak, Afghanistan, Ossétie, Libye etc..).

Pourtant n'importe qui s'intéressant aux faits et à leur chronologie peut observer d'où viennent les tirs des snipers du Maïdan qui avortent la coalition entre le Président Ianoukovitch et l'opposition manifestante dès le lendemain de sa signature et font basculer le Maïdan dans un coup d'Etat. De même pour les violences qui conduisent aux massacres d'Odessa, de Mariupol, et jusqu'aux escalades multiples qui agitent le front du Donbass depuis plus de 7 années. 

Aujourd'hui, lorsqu'un civil ou un milicien du Donbass est tué dans un bombardement du régime pro-occidental de Kiev, un silence arrogant, honteux et criminel enterre immédiatement ces victimes du conflit, mais si un soldat ukrainien est tué lors des inévitables tirs de riposte républicains, alors la propagande occidentale pousse des cris d'orfraie dans toutes ses Unes et jusque dans l'hémicycle onusien, Et le pire c'est la crédulité persistante de l'immense majorité des populations occidentales gaver comme des oies promises à l'abattoir par une russophobie délirante et hystérique qui l'instar de l'OTAN a été maintenue malgré l'effondrement de l'URSS. 

Les nouveaux mouvements de l'armée russe dans ses territoires frontaliers de l'Ukraine réussiront ils, comme en mars-avril de cette année, à dissuader Kiev de franchir la ligne rouge ? 

Difficile à dire, surtout que le contexte international de plus en plus russophobe sur fond de fuite en avant économique peut inciter les ukro-atlantiste à jouer le joker de la guerre...

Erwan Castel

Source de l'article : Russie Politics

Escalade du discours 
autour du conflit en Ukraine : 
un test pour voir quelles sont 
les positions réelles de la Russie


Alors que l'armée ukrainienne continue à attaquer chaque jour les populations du Donbass, le discours atlantiste est totalement orienté vers une "possible / certaine" intervention militaire de la Russie très prochainement. L'absence totale de volonté des élites dirigeantes russes d'intervenir militairement dans le Donbass est telle, que cette affirmation pourrait faire sourire, si elle ne cachait une envie de reprendre par la force un territoire, qui serait sans défense réelle. Mais la Russie n'interviendrait-elle vraiment pas ? Finalement, là est tout l'enjeu de cette escalade verbale.

Depuis quelque temps, les médias et politiques atlantistes ne cessent d'accuser la Russie de grouper des troupes (en Russie) et de l'artillerie à la frontière ukrainienne pour l'attaquer. L'Europe et l'Ukraine, selon Washington, doivent trembler de peur ... L'OTAN a ici joué son rôle et son éternel Secrétaire général appelait la Russie à plus de transparence sur ses mouvements de troupes, la mettant en garde contre toute "nouvelle action agressive". Les dirigeants "du Monde libre" ne peuvent s'empêcher d'une petite tirade :
  • "le premier ministre britannique Boris Johnson a mis en garde Moscou mercredi contre l'« erreur tragique » que constituerait tout « aventurisme militaire » aux frontières d’Ukraine et de Pologne et dont le coût « serait énorme »."
Ainsi, ces dernières 24 heures, l'on apprend que les services de renseignement ukrainien, alignés sur le renseignement américain, dévoilent que fin janvier - maximum début février, la Russie attaque l'Ukraine. Croix d'bois, croix d'fer ... Quelle surprise, cette vision unique ...

Pour l'instant, c'est surtout une intensification du discours qui est notable, comme l'illustre parfaitement cet extrait du texte publié sur de Radio Liberty, médias d'influence américain :
  • "Le Kremlin a répondu durement le 21 novembre au secrétaire d'État américain Antony Blinken, déclarant un jour plus tôt que Washington et l'Europe avaient de « réelles inquiétudes » au sujet des mouvements militaires russes près de la frontière ukrainienne et au sujet de « certaines des rhétoriques que nous avons vues et entendues de la Russie, ainsi que sur les réseaux sociaux.". 
  • Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré que l'Occident exacerbait "artificiellement" les tensions en suggérant que Moscou pourrait envahir l'Ukraine (...). Peskov, dans des commentaires diffusés à la télévision d'État, a qualifié la réponse occidentale d'"hystérie" qui a été "artificiellement attisée". Faisant apparemment allusion aux opérations légales de l'OTAN en mer Noire, Peskov a ajouté que "nous sommes accusés d'une sorte d'activité militaire inhabituelle sur notre territoire par ceux qui ont fait venir leurs forces armées d'outre-mer"."
Une autre sortie étonnante est celle de l'utilisation, qui vient juste d'être revendiquée par l'Ukraine, du système américain Javelin - contre l'armée russe dans le Donbass ... Je cite :
  • "Les systèmes AN/TPQ-53 ont été utilisés à bon escient, ont déclaré des responsables militaires ukrainiens au Military Times. Budanov a déclaré que les systèmes Javenlin ont également été utilisés contre les forces russes. Ceux-ci, ainsi que les drones de fabrication turque, utilisés contre les troupes d'artillerie séparatistes alignées sur la Russie, ont une valeur de dissuasion psychologique importante, a déclaré Budanov, incitant les Russes à réfléchir à deux fois avant d'attaquer."
La question de la position réelle de la Russie est fondamentale, car les armes sont dissuasives, lorsque votre adversaire est certain qu'en cas de conflit, vous allez les utiliser contre lui. Cette escalade verbale est pour l'instant une sorte de test politique, pour voir quelle sera la réaction de la Russie.

Karine Bechet Golovko

jeudi 8 avril 2021

L'Ukraine, une ligne rouge que l'OTAN piétine déjà


Si la Russie tolère les interventions de l'OTAN en Ukraine, entre les formations et equipements militaires, les exercices  maritimes et terrestres interalliés occidentaux de plus en plus importants et fréquents, Moscou a clairement marqué l'entrée éventuelle de Kiev au sein de l'alliance atlantique comme une ligne rouge à ne pas franchir, car elle signifierait l'implantation de bases militaires stratégiques étasuniennes à ses frontières occidentales qui faut-il le rappeler n'offrent aucune profondeur stratégique pour les centres névralgiques de la Fédération. 

Or Kiev, soutenu évidemment par Washington, persiste dans sa volonté de faire partie de l'OTAN volonté inscrite aujourd'hui dans son programme politique constitutionnel et factuellement réalisé dans la coopération militaire et les déclaration politique qui pérorent en déclarant que l'Ukraine est devenue "le bouclier de l'Union Européenne".

Et dans le contexte actuelle d'une exacerbation grave entre Kiev et Moscou autour d'une nouvelle escalade militaire dans le Donbass, certains d'évoquer une accélération de l'entrée de l'Ukraine au sein de l'OTAN, voire même une intervention militaire de cette dernière sous forme de la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne au dessus de la colonie bandériste.

Ceci étant justement la ligne rouge à ne pas franchir !

Selon moi l'entrée de l''Ukraine actuelle dans l'OTAN poserait aussi un sérieux problème de gestion géopolitique pour l'alliance car, selon la rhétorique occidentale russophobe et ses clauses contractuelles vis à vis de ses membres, elle se retrouverait territorialement en guerre contre une puissance décrite comme agresseur.

Erwan Castel

Voici un point de situation de Karine Bechet Golovko sur le sujet Ukraine Otan :


Source de l'article: Russie Politics

L'entrée de l'Ukraine dans l'OTAN : 
contre la Russie, les USA sont prêts à sacrifier l'Europe


Karine Bechet-Golovko

"Les Etats-Unis déclarent soutenir l'entrée de l'Ukraine dans l'OTAN, alors qu'un conflit militaire est actif sur son territoire et que la question territoriale est discutée par la communauté internationale. De son côté, la Russie prévient que ce pas, non seulement ne réglerait pas la question du Donbass, mais compliquerait encore plus la situation. Finalement, n'est-ce pas le but de ce conflit, n'est-ce pas là le rôle dévolu à l'Ukraine, comme à tous ces pays qui vendent leur souveraineté ? A savoir, devenir un jouet entre des mains, qui l'utiliseront jusqu'à ce qu'il soit cassé. Alors, un autre fera l'affaire. Les pays européens devraient en tirer - d'urgence - les conséquences, avant que d'être mis à la poubelle de l'histoire. Car quel est leur intérêt dans cette folle aventure ?

Depuis le Maïdan, l'Ukraine ne cesse de déclarer son vœu le plus cher d'entrer dans l'OTAN, d'en être un membre actif, véritable à part entière, allant jusqu'à l'absurde. Mais sérieusement, comment un Gouvernement digne de ce nom peut déclarer dans une loi, en 2016, que l'entrée dans l'OTAN est le but principal de la politique nationale ? Comment peut-on s'abaisser au point de même inscrire dans la Constitution ukrainienne en 2019, que le pays va vers une intégration dans l'Union européenne et dans l'OTAN ? Comment peut-on se prostituer à ce point, ouvertement, sans états d'âme, sans sursaut de dignité ? Comment peut-on imposer à son peuple la soumission, l'instrumentalisation, finalement la mise en esclavage au profit d'autres intérêts ?

Depuis, les missions de l'OTAN se sont parfaitement et ouvertement implantées en Ukraine, forment l'armée ukrainienne, qui va ainsi plus efficacement pouvoir tuer des civils à l'Est de son pays. Et ainsi, l'Ukraine permet de maintenir une tension extrême avec la Russie, qu'elle a déjà payée de la perte de la Crimée, qui sans le Maïdan serait toujours ukrainienne, et à ce rythme-là, elle peut conduire la Russie à intégrer le Donbass pour sauver les populations promises à un génocide annoncé, alors que la Russie ne cesse d'en appeler aux Accords de Minsk, selon lesquels le Donbass est et doit rester ukrainien.

Mais lorsqu'un pays joue un jeu qui le dépasse, qu'il ne maîtrise pas, il paie le prix qui lui est imposé par ses maîtres, ceux-là mêmes qui l'on autorisé à entrouvrir la porte de la cour des grands, et cela lui a déjà coûté tellement cher que s'arrêter en cours de route n'est plus possible.

Et le conflit dans le Donbass continue, se renforce maintenant que l'armée ukrainienne a été "formée" par l'OTAN. Et les "va-t'en-guerre", grisés par l'opération fulgurante dans le Haut-Karabakh, d'espérer  répéter l'histoire avec le Donbass. Ils n'ont certainement pas tiré la leçon des aventures géorgiennes, elles aussi en deux temps, qui se sont soldées par une défaite pour eux - la seconde fois, la Russie étant intervenue. Et la Russie, même si elle ne veut pas entrer dans un conflit armé à ses frontières, même s'il est impensable pour elle d'initier un conflit militaire, elle ne pourra laisser massacrer le Donbass, que ce génocide soit commis sous drapeau ukrainien ou derrière l'oriflamme de l'OTAN, elle n'aura d'autre choix que d'intervenir. Les pays membres de l'OTAN devraient réfléchir et se demander quels sont réellement leurs intérêts nationaux dans la région, car ce sont leurs hommes qu'ils peuvent envoyer mourir pour ces intérêts ...

Depuis le temps que l'Ukraine se prépare à entrer dans l'OTAN, depuis le temps que l'OTAN la fait attendre, patienter, la caressant de temps en temps, avant de l'utiliser, puis de la faire à nouveau attendre, la situation pourrait-elle vraiment changer ? Tout dépend de la volonté politique.

Les Etats-Unis déclarent soutenir l'entrée de l'Ukraine dans l'OTAN, car ils soutiennent son "intégrité territoriale", mais la décision doit être prise par les membres de l'OTAN. Traduire : les Etats-Unis veulent continuer à développer le conflit en Ukraine dans le combat contre la Russie, mais c'est aux pays membre de l'OTAN, bien travaillés en avance par la construction de la figure de l'ennemi, de prendre la responsabilité collective de la montée d'un cran du conflit avec la Russie et du risque d'un affrontement direct. Bien loin des Etats-Unis, ce conflit peut engloutir ce qu'il reste de l'Europe.

De son côté, Zelensky, parfaitement briefé, déclare estimer que seule une entrée de l'Ukraine dans l'OTAN permettrait de mettre fin au conflit dans le Donbass.

Pourquoi ? Parce que la Russie est censée trembler de peur devant l'Occident conquérant dans la fantasmagorie globaliste ... Une fantasmagorie refroidie par une déclaration immédiate du porte-parole du Kremlin. D'une part, Dmitri Peskov prévient que ce genre de décision ne peut se prendre sans l'appui de son peuple, or la population de l'Est du pays est majoritairement opposée à l'entrée de l'Ukraine dans l'OTAN. Cette démarche ne va donc pas, évidemment, calmer la situation intérieure du pays. D'autre part, le ministère russe des affaires étrangères a rappelé que les provocations par l'armée ukrainienne ne cessent d'augmenter sur la ligne de front, mettant en danger les populations civiles, notamment les citoyens russes du Donbass et que la Russie est prête à défendre sa sécurité, quel que soit le scénario. Comme l'a également souligné Peskov et sans entrer dans les détails, la sécurité du pays et des citoyens russes reste la priorité et de l'Etat et du Président personnellement.

Pendant que le discours ne cesse de s'envenimer, des vidéos de témoins sont apparues dans les réseaux sociaux, montrant des blindés de l'OTAN entrant en Ukraine par la Pologne et se dirigeant vers la ligne de front. Cela s'ajoute à l'accumulation de l'artillerie, de l'infanterie, de l'aviation, etc ukrainienne et des "conseillers de l'OTAN" aux frontières du Donbass (voir en détail l'état des lieux par E. Castel ici). En mars 2021, le regroupement des forces ukrainiennes et leurs mouvements (ndlr : potentiels) étaient à peu près celui-ci :

Et comme l'a déclaré aujourd'hui le dirigeant de la république de Donetsk, dans sa conférence de presse diffusée dans l'émission politique 60 minutes, Denys Pouchiline, "en cas d'attaque de l'armée ukrainienne, les forces du Donbass ne s'arrêteront pas à la frontière des anciennes régions de Donetsk et Lugansk.". 

Karine Bechet-Golovko

samedi 13 mars 2021

Arrivée à Kiev du chef d'orchestre yankee

 

Pour commencer, on se souviendra de la visite à Kiev les 12 et 13 avril 2014 de John Brennan, le Directeur de la CIA, pour des réunions de travail avec les responsables de la sécurité de la junte ukrainienne vomie par le coup d'Etat du Maïdan. Et le lendemain de la venue d'un des principaux faucons de guerre des démocrates étasuniens était lancée contre les populations russes de Donetsk et Lugansk cette "Opération Spéciale Antiterroriste" ("ATO") dont le caractère génocidaire n'est plus à démontrer après 7 années de bombardements des zones résidentielles du Donbass et entre 20 et 25 000 morts réels. 

Une coïncidence de calendrier qui n'est certainement pas un hasard lorsque l'on connait le rôle éminent de soutien et d'accompagnement des responsables occidentaux et de leurs officines légales, non gouvernementales et clandestines dans la réalisation du coup d'Etat du Maïdan de février 2014. D'ailleurs Jo Biden qui était alors le vice Président de Barak Obama a fait partie de ces acteurs importants du Nouvel Ordre Mondial à venir en personne soutenir le projet fasciste pro-occidental en Ukraine, notamment lors d'une visite réalisée à Kiev... le 21 avril 2014 soit quelques jours après le début des bombardements sur le Donbass.

Depuis le 30 avril 2018, l' "ATO" a été remplacée par une "Opération des Forces Conjointes" ("OOS"), plus monstrueuse en effectifs, matériels et surtout réorganisée vers des normes OTAN, grâce notamment au aides financières occidentales, aux livraisons de matériels divers et d'armes et à l'intervention de milliers d'instructeurs de l'alliance atlantique (missions "Fearless Guardian" étasunienne, "Unifier" canadienne, "Orbital" britannique...) qui ont formé depuis entre 2015 et 2021 entre 19 000 militaires ukrainiens aux procédures de commandement et de combat occidentales et notamment en zones urbaines.

 

Depuis le retour aux affaires du russophobe Biden, la situation sur le front du Donbass n'a pas cessé de se détériorer dans une escalade militaire initiée par ses marionnettes kiéviennes, et depuis février, la menace d'une nouvelle offensive militaire de Kiev dans le Donbass n'a jamais été aussi forte (voir les SITREP précédents). Le fait est que l'Opération des Forces Conjointes ukrainienne est entrée depuis 2 semaines environ dans la phase active de préparation pour une action offensive majeure contre les lignes de défense républicaines durant ce printemps 2021.

Or, qui voit-on débarquer à Kiev ce 10 mars 2021 dans le tintamarre des tambours de guerre ?

Bingo !: une délégation du commandement conjoint des forces terrestres de l'OTAN dirigée par le lieutenant général Roger Cloutier, un officier d'infanterie des Etats Unis qui, depuis août 2020 a été nommé au poste de "Commandant en chef des forces terrestres" de l'alliance atlantique, c'est à dire l'un des trois adjoints du "SACEUR" (Commandant suprême des Forces alliées en Europe).

Tout comme John Brennan qui venait officiellement en février 2014 traiter du dossier de la "lutte anticorruption" avec l'oligarque Porochenko, le général Cloutier est venu pour s'entretenir avec l'Etat Major ukrainien de "l'amélioration de la qualité et de l'intensité de la formation des militaires ukrainiens, priorité pour la coopération entre le commandement des forces terrestres des forces armées ukrainiennes et le commandement terrestre allié de l'OTAN" (la bonne blague !)

Il est clair que c'est la situation militaire dans un Donbass en pleine ébullition qui a été l'objet principal à l'ordre du jour des réunions de travail entre les officiers de l'OTAN et ceux de l'Etat Major des forces terrestres ukrainiennes commandées par le colonel-général Oleksandr Syrsky et que le dossier politique de la normalisation et formation de l'armée ukrainienne (qui n'est certainement pas la priorité militaire du moment) n'est qu'un écran de fumée pour les conférences de presse environnant cette visite de l'OTAN.

Dès le Maîdan, le drapeau de l'OTAN flottait déjà au dessus des barricades aux côtés des drapeaux de l'UE, des USA et des paramilitaires néo-nazis, et les partenariats entre les Forces armées ukrainiennes et les Forces armées et l'OTAN se sont considérablement intensifiés depuis: 

  • processus d'intégration de l'Ukraine au sein de l'alliance (inscrit dans la constitution), 
  • participation aux exercices et manœuvres interalliés,    
  • modernisation et formation des forces ukrainiennes aux normes de l'OTAN,
  • implantation de structures et ressources logistiques et de renseignement de l'OTAN en Ukraine
  • Missions de reconnaissance de l'OTAN au profit des opérations dans le Donbass,
  • Etc.

Côté des forces terrestres, en 2018 a été signé un accord de coopération scellant le partenariat entre les Forces terrestres de l'OTAN et celles de l'Ukraine (devenue dans son processus d'intégration "pays allié non intégré"), qui s'inscrit sans nul doute dans le programme de militarisation étasunienne de l'Europe "OTAN 2030". 

Et cette rencontre à Kiev entre leurs plus hauts gradés est certainement une application de ce partenariat et surtout de cette subordination de Kiev à l'OTAN. 

Nous avons donc :  
une salle de spectacle : l'Europe, 
un compositeur: Biden,
un chef d'orchestre : l'OTAN,
des musiciens : les soudards de Kiev,
des spectateurs : les ploutocrates internationaux,


Reste à savoir si ce spectacle mondialiste où les instruments sont d'acier et de feu va réellement jouer sa symphonie meurtrière et ouvrir une nouvelle page sanglante de notre histoire européenne. Cela va dépendre uniquement la capacité dissuasive d'un ours qui, ne nous leurrons pas, fait de moins en moins peur aux fous et autres dégénérés occidentaux.


Rappel de Karine Bechet Golovko sur le soutien des occidentaux 
pour une guerre dans le Donbass et le contexte russophobe dans 
lequel s'inscrit cette fuite en avant stratégique atlantiste en Ukraine.

J'ose croire encore que tout cela n'est que du bluff à inscrire au débit de la nouvelle guerre froide mais, vu les profils psychologiques des psychopathes qui veulent gouverner (et au nom des droits de l'Homme s'il vous plait !) la destinée du Monde ainsi que de l'apathie servile de leurs populations, j'ai des doutes...

Erwan Castel 

  Et pour finir avec le sourire ! :



Article référence : Ukrinform


mercredi 10 mars 2021

"Le chantage à la guerre" de Kiev

 

Dans une hypocrisie hallucinante, le régime de Kiev, qui a repris ces bombardements de plus belle sur les territoires de Républiques de Donetsk et Lugansk vers lesquelles il dirige la majorité de ses unités d'assaut opérationnelles, agite sous les remparts du Kremlin une énième proposition de processus de paix et dans un concert de sourires occidentaux complices.

Incapable depuis 6 ans de simplement faire respecter le cessez le feu du premier point des accords signés à Minsk en février 2015, Zelensky à le suite de Porochenko cherche par tous les moyens de faire porter le chapeau à le Russie concernant l'offensive militaire dont il a ordonné la préparation active.

Voici une analyse de Karine Bechet Golovko sur  ce "chantage à guerre" puéril et amoral organisé par le clown Zelensky pour ses maitres occidentaux :

Source de l'article : Russie Politics

Le conflit ukrainien, un chantage à la guerre fait à la Russie


Par Karine Bechet Golovko

"La situation en Ukraine continue à se dégrader au fur et à mesure que l'attaque politique contre le Russie se renforce. A tel point que, pendant que l'artillerie ukrainienne reprend ses tirs quotidiens, que l'Ukraine violant ouvertement les accords de Minsk intime à la Russie d'en devenir partie et non pas garant, l'ancien ambassadeur ukrainien aux Etats-Unis appelle à rompre toute relation avec la Russie-ennemi et le clan Atlantiste à l'ONU veut faire de la Russie le pays agresseur. Ce n'est pas encore la guerre, mais c'est un chantage ouvert à la guerre fait à la Russie, pour la faire céder.

L'instrumentalisation du sous-conflit ukrainien bat son plein depuis l'arrivée des Démocrates au pouvoir aux Etats-Unis. Les tirs d'artillerie reprennent de plus belle et l'armée ukrainienne met de plus en plus de forces près de la ligne de front (voir le texte de Erwan Castel sur ce sujet ici).

Une telle intensification de l'agression ukrainienne contre l'Est du pays a obligé les dirigeants du Donbass à revenir sur l'interdiction de tirs faite à leurs hommes. Tout d'abord, le 3 mars, l'autorisation a été faite de tirer sur les postes de tirs ukrainiens vu l'absence de réaction internationale, puis l'artillerie a été autorisée à répondre à l'artillerie ukrainienne. Il y a bien donc, une escalade du conflit, qui hésite encore à devenir une guerre totale. Et les médias occidentaux couvrent d'un silence écrasant cette agression d'une armée contre son peuple.

Pour autant, cette guerre interminable est surtout un chantage politique fait à la Russie. Et le cirque déplorable qui se déroule autour des funestes accords de Minsk en est l'illustration parfaite. Ces accords morts-nés dès le départ, furent le fruit de l'idée confuse que l'Ukraine ne devait pas perdre plus que le Crimée, ni se déchirer entièrement dans une guerre civile, et que si la situation politique s'améliorait à Kiev, elle devait pouvoir récupérer le Donbass. Mais la situation continue à se détériorer, puisque le conflit ukrainien est sous-conflit, qui dépend de l'évolution du conflit global entre le monde atlantiste et la Russie. 

Ces accords, desquels la Russie est garante, au même titre que la France et l'Allemagne, sont devenus pour l'Occident, qui couvre toutes les violations ukrainiennes, un moyen de pression sur la Russie, notamment par l'intermédiaire de sanctions. Ainsi, la Russie doit porter la responsabilité de la violation par l'Ukraine des accords de Minsk, comme si elle pouvait réformer la Constitution ukrainienne, adopter la législation ukrainienne ou contrôler l'armée ukrainienne. Mais c'est également un instrument de maîtrise de l'agenda international et, en ce sens, un double mouvement est mis en place : d'une part, faire de la Russie une partie aux accords de Minsk et non plus un garant, d'autre part, faire reposer sur les jeunes républiques toute la responsabilité de la non-exécution de ces accords inexécutables.

Ainsi, l'ancien président ukrainien Kravtchuk, qui dirige actuellement la délégation ukrainienne, d'intimer à la Russie de "reconnaître" son statut de partie aux accords de Minsk, faute de quoi, la Russie démontrant ainsi, dans la très spécieuse logique ukrainienne, son manque de volonté pour la paix, l'Ukraine sera alors obligée de prendre des mesures radicales et d'aller "chercher la paix" ailleurs. SI l'on tient compte du regroupement militaire ukrainien, il semblerait que la voie de la paix passe par le fer et le sang. A moins, qu'il ne s'arrête qu'au niveau des déclarations médiatiques ...

Parallèlement, à l'ONU, fin février, l'Ukraine, soutenue par les Etats-Unis, a fait son show en présentant une "Plateforme pour la Crimée", évidemment "contre l'agression russe" :

"La plateforme pour la Crimée a notamment été saluée par les États-Unis qui ont espéré que d’autres États Membres rejoindront cet effort diplomatique qui vise à repousser l’agression en cours de la Fédération de Russie. (...) 

Des appels à la pleine mise en œuvre des accords de Minsk ont été lancés par une vaste majorité des délégations, soucieuses de parvenir à une solution politique du différend.  L’Union européenne a notamment demandé à la Russie d’exercer la considérable influence qu’elle a auprès des formations armées pour que celles-ci mettent pleinement en œuvre le cessez-le-feu, rappelant en outre que la durée des sanctions économiques qu’elle lui impose est liée à la mise en œuvre totale desdits accords."

Dans ce discours, la Russie est bien plus considérée comme une partie au conflit, qu'un garant des accords de Minsk. Discours ouvertement tenu par l'Allemagne :

" Autre membre de cette configuration, l’Allemagne s’est alarmée du fait que dans l’est de l’Ukraine, les séparatistes sapent l’accord de cessez-le-feu depuis le premier jour. (...) Évidemment, tout n’est pas parfait côté ukrainien, a-t-elle concédé, mais n’oublions pas que c’est la Russie qui a envahi l’Ukraine et pas l’inverse."

Et alors que l'artillerie ukrainienne a repris, puis intensifié ses tirs, que l'Ukraine concentre de plus en plus de forces près de la ligne de front, dans l'hypocrisie totale qui caractérise le fonctionnement de ce qui fut la diplomatie occidentale, il est exigé de la Russie :

"La Fédération de Russie doit également inciter les formations armées à rouvrir les points de passage le long de la ligne des contacts"

Pour laisser passer l'armée ukrainienne ? Certainement, puisque l'ancien ambassadeur ukrainien aux Etats-Unis, Valeriy Chaliy, annonce le 8 mars qu'il est impératif pour l'Ukraine de "rompre toute relation avec l'agresseur", la Russie - pays ennemi. L'Ukraine, et surtout le monde atlantiste, ont un besoin impératif de sortir enfin le conflit ukrainien de la guerre civile, pour en faire un conflit entre l'Ukraine et la Russie, ce qui permettrait une intervention "humanitaire" et "pacifique" contre la Russie.

La position de la Russie est simple et claire, parfaitement résumé par cette phrase :

"« La véritable occupation, c’est l’occupation de la vraie Ukraine par l’Ukraine du Maïdan », a rétorqué la Fédération de Russie qui a dénoncé la « folie nationaliste et antirusse » de cette dernière." 

Nous sommes bien en présence d'un double mouvement : un discours, censé recréer une réalité plus confortable pour le monde atlantiste, celui d'une Ukraine victime d'une agression russe, parallèlement à une action dans la réalité, couverte par ce discours, qui est celle d'une agression de l'Est du pays, d'une population, qui à force de se faire agresser par Kiev, ne se sent plus ukrainienne.

C'est principalement en ce sens que les accords de Minsk ont échoué : l'Ukraine n'a pas repris ses esprits et sa souveraineté, elle s'est couchée de tout son long devant les intérêts atlantistes et perd son territoire autant que sa population. Elle s'est perdue. Ces accords sont dépassés.

Karine Bechet Golovko