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vendredi 24 janvier 2020

"US go home !"



Alors que les chiens de garde de la mé(r)diacratie occidentale ont fait un focus tapageur sur quelques dizaines d’étudiants iraniens pro américains, la révolte des chiites contre l'hégémonie étasunienne et ses forces d'occupation au Levant ne cesse de croître. 

Ainsi de ces centaines de milliers de personnes qui manifestent en ce moment dans les rues de Bagdad pour réclamer le départ des occupants occidentaux (lequel a été voté majoritairement  par le parlement irakien au début du mois). "Chaud devant" pour l'ambassade étasunienne vers laquelle converge la colère irakienne !

Ils sont où les suppôts de cette propagande de guerre occidentale qui depuis des siècles veut asservir les pays insoumis ? La voix des peuples les étrangle dans leur collaboration criminelle et leur silence abject. Car personne ne peut ignorer et oublier les millions d'iraniens qui pendant plusieurs jours ont pleuré le prétendu "terroriste" Soleimani assassiné sur ordre de Trump, tout comme cette marée humaine irakienne qui réclame le départ de ses prétendus "libérateurs" qui ont mis à sac leur pays, ce berceau civilisationnel inestimable.

Les USA, ce bras armé de la ploutocratie mondialiste, qui vectorisent avec leurs bombardiers et leurs auxiliaires terroristes le fléau d'une pensée unique génocidaire sont sur le déclin final de leur hégémonie arrogante. 

Mais attention la menace n'a jamais été aussi forte car "c'est lorsqu'il se noie qu'un monstre fait les,plus grosses vagues !"

Erwan Castel


mercredi 8 janvier 2020

Trump accepte le match nul


Trump, pour sortir de la crise, sans perdre la face (et ses chances d'être réélu) a accepté "le match nul" proposé par Téhéran après la riposte à l'assassinat du général Soleimani

Le 08 janvier à 11h30 heure de Washington, le président étasunien Trump a fait une déclaration quelques heures après que l'Iran ait riposté à l'assassinat du général Soleimani en bombardant pendant la nuit des bases américaines en Irak (cf l'article ci après).

De fait Trump, qui s'était fourvoyé totalement en décidant d'assassiner illégalement le dignitaire iranien le plus populaire, a profité de la retenue iranienne et de la porte ouverte laissée par une riposte aussi spectaculaire que volontairement faible dans les dégâts réalisés (missiles vieux et peu nombreux, Irak avant avant l'attaque...).

La modération iranienne que Trump salue lui-même dans sa déclaration publique permet à ce dernier de s'en tenir à ce "match nul" et surtout de tenter de sortir des sables mouvants dans lesquels son erreur stratégique l'avait précipité (voir ici: "le retour de bâton") en plus des critiques vives occidentales et américaines alors qu'il attendait une union atlantiste et nationale autour de sa casquette de commandant en chef des armées.

Cela dit Trump reste Trump et tout comme l'Iran qui se félicite de la riposte réalisée, le président des USA s'est fendu pendant son discours télévisé singulièrement court et modéré de rodomontades arrogantes et hypocrites :
  • "L'Iran a reculé" dit-il oubliant qu'après la riposte de Téhéran, c'était à lui de réagir et il a refusé de poursuivre l'escalade militaire qu'il avait lui-même provoqué le 3 janvier.
  • Trump persiste et signe dans le mensonge en décrivant le général Soleimani comme "un terroriste qui soutenait Daesh". La réalité est exactement l'inverse de ses paroles:
Quand CNN rendait hommage à Soleimani, il y a 3 ans, 
pour les victoires obtenues contre les terroristes de Daesh
  • Trump assure pour justifier l'arrêt de l'escalade que "les bombardements iraniens n'ont fait aucune victime", masque la réalité confirmée par des témoignages irakiens et hospitaliers. Je pense que certaines morts ou blessures seront différées dans le calendrier.
Image  satellite de la base Al Assad où sont visibles des impacts sur les bâtiments occupés par les soldats étasuniens
  • Trump salue le peuple iranien dont il espère une amélioration de la qualité de vie mais promet, à défaut de poursuivre l'escalade militaire une augmentation des sanctions économiques qui l'étranglent depuis des années !...
On pourrait aussi trouver des raisons non évoquées par Trump dans sa déclaration publique mais qui ont du peser dans la longue réunion avec son Etat Major qui l'a précédé comme par exemple:

La déstabilisation de l'Irak choqué par l'assassinat de Soleimani sur son sol et qui va même demandé via son parlement le départ inconditionnel des forces américaines et occidentales de son sol. Or l'Irak est une pièce majeure de l'échiquier étasunien et occidental au Moyen Orient pour organiser des bases arrières contre la Syrie et l'Iran en plus de la main mise sur ses ressources énergétiques par son complexe militaro-industriel. La crise déclenchée par Trump a continuer à faire glisser Bagdad vers Téhéran jusqu'à envisager l'installation de bases iraniennes en Irak.


Zone d'influence iranienne avec notamment les populations chiites du Moyen Orient

Egalement, la réaction violente de l'ensemble du monde chiite à l'assassinat de Soleimani dont l'immense popularité était certainement sous estimé par les responsables étasuniens enivrés par leur propagande de guerre.

Au lendemain de la mort de Soleimani des réactions anti-américaines virulentes ont embrasé toute le Moyen Orient jusqu'au Pakistan, avec des levées de milices pour combattre les présences occidentales partout où elles se trouvent.
Or en cas de guerre ouverte avec l'Iran, les forces américaines n'auraient pas seulement à gérer un conflit déjà difficile avec son armée, mais seraient confrontées aussi à des harcèlements sur leurs bases arrières par des milices lourdement armées et motivées. Trump a dû, devant l'ampleur des réactions hostiles s'apercevoir qu'il avait "donné un coup de pied dans une fourmilière".



En résumé, beaucoup de blabla en surface de part et d'autre de cette ligne de tension levantine dans cette chorégraphie médiatici-stratégique car ni l'Iran ni les USA n'ont intérêt à s'enliser dans une guerre et Trump qui n'a pas provoqué un consensus autour de l'assassinat du général Soleimani, doit se débarrasser au plus vite de cette erreur stratégique lourde et ses conséquences incontrôlables , surtout pour sa course électorale qui commence.

Cependant si l'escalade a été stoppée la confrontation reste intact entre Téhéran et Washington et derrière les discours des officines diplomatiques, la menace reste intacte sur le terrain où les milices pro-iraniennes veulent toujours en découdre avec les forces étasuniennes qui viennent de recevoir en renfort 12 000 hommes supplémentaires. 

La confrontation risque donc de continuer (surtout en Irak) par des proxy difficilement contrôlables (surtout depuis la disparition de Soleimani qui était le parrain des milices pro iraniennes) et lorsque les compteurs de l'actuelle crise auront été remis à zéro, Trump pourra reprendre l'agenda d'occupation transmis par ces prédécesseurs qui reste toujours d'actualité malgré ses discours de campagne populistes.

Erwan Castel



Articles publiés sur FB et VK le 8 janvier matin:

L'Iran propose un quitte ou double à Trump


Comme prévu les forces iraniennes ont riposté cette nuit à l'assassinat par les USA du général Soleimani. 

D'après les premières infos,  2 vagues de missiles FATH-313 (portée 500 km) et peut-être aussi S3 ont été tirés cette nuit par l'Iran sur des cibles étasuniennes en Irak: 19 missiles balistiques auraient frappé des bases militaires étasuniennes en Irak (10 sur la base d'Al Assad, 1 sur la base d'Erlib. 4 ayant été interceptés), et 5 autres  le camp Taj, base logistique étasunienne en Irak (certaines sources parlent de roquettes)

Le bilan est en cours mais déjà sont déjà évoqués 30 américains blessés à Al Assad (CNN) et des soldats irakiens tués (source irakienne).


Pour le moment la situation reste confuse. Les forces armées de la région sont en état d'alerte maximale et on signale une forte activité aérienne américaine au-dessus de Bagdad et iranienne près de la frontière.

Côté USA, Trump s'est montré rassurant affirmant dans une nouvelle rodomontade: "tout va bien, nous avons l'armée la plus puissante du Monde".
Des responsables de la Maison Blanche ont estimé que les USA vont à leur tour riposter.

Le Pentagone quant à lui a déclaré: "Nous sommes en train d'évaluer la gravité de la situation et d'adapter notre réponse."

Mais le plus important à mon avis sont les actions et déclarations iraniennes qui offrent å Trump, au milieu de leurs attaques, une sortie de crise claire: 

En effet tout d'abord en ciblant exclusivement des bases US en Irak (et principalement celles impliquées dans l'attaque au drone ayant tué Soleimani) l'Iran confirme bien ses bombardements comme la "riposte ciblée et proportionnelle"  annoncée et qui limite ses objectifs et sa durée.
Et surtout il y a cette déclaration de Tėhėran qui promet "une 3ěme vague de missiles sur des objectifs étendus SI Washington riposte aux 2 premières".

Donc, l'Iran propose ici à Trump d'en rester là, chacun ayant frappé l'autre sans le mettre à genoux et surtout sans perdre la face.

La balle est donc dans le camp étasunien ce qui n'est pas sans susciter des inquiétudes connaissant les pressions bellicistes des faucons de guerre (qui risquent d'utiliser le crash du Boeing 737 ukrainien en partance de Téhéran (167 morts) pour accabler l'Iran) et l'imprévisibilité d'un Trump qui de toute évidence a un sérieux "pète au casque" !

A suivre...

Coïncidence, bévue ou false flag?



Ce matin, à 06h20 soit 5 heures après la riposte iranienne en Irak, un avion de ligne ukrainien en partance vers Kiev s'est crashé à proximité de Téhéran juste après son décollage . Les 267 passagers et membres d'équipage de ce boeing 737 sont morts dans cette tragédie.

Avant même que les premiers enquêteurs soient arrivés sur le site, les spéculations allaient bon train, accusant notamment l'Iran d'avoir abattu par erreur cet avion de ligne civil.

3 hypothèses cependant existent :

1 / Un incident technique survenu lors de cette phase délicate qu'est la montée suivant le décollage. Dans ce cas il ne s'agirait d'une coïncidence avec la riposte iranienne.

2 / Une bévue de la défense anti-aérienne iranienne terrestre ou aérienne, ce qui est à mon avis peu probable vu que le Boeing était en partance et non en approche et que son IFF visible sur tous les radars de tir l'identifiait comme aéronef civil. On peut cependant se demander pourquoi dans le contexte du moment l'activité aérienne civile n'était pas suspendue par précaution ?

3 / Un false flag étasunien (ou israelien) qui avec la destruction d'un objectif civil attribuée à Téhéran veut radicaliser le discours belliciste et engager plus en avant les occidentaux vers la guerre contre l'Iran .

Quoiqu'il en soit, ce n'est pas la 1ère fois qu'un avion de ligne est abattu dans un contexte d'affrontement entre Washington et Téhéran, ainsi de ce vol 655 de l'Iran Air abattu par l'USS Vincennes au dessus du Golfe Persique le 3 juillet 1988 (290 morts).

Donc il est important de "savoir raison garder" et de ne pas céder aux passions propagandistes manichéennes dans ce genre d'événements comme par exemple celles qui entourent le crash en Ukraine du MH 17 au dessus du Donbass en guerre en juillet 2014.

Erwan Castel

mardi 7 janvier 2020

Du côté du Levant


En faisant de lui un martyr, Trump a fait du général Soleimani un adversaire des USA bien plus dangereux mort que vivant

"Il n'y a de grand parmi les hommes que le poète, le prêtre et le soldat, 
l'homme qui chante, l'homme qui bénit, l'homme qui sacrifie et se sacrifie."

Charles Baudelaire

Aujourd'hui se terminent les 3 jours de deuil national iraniens avec l'inhumation à Keman du général Qassem Soleimani, assassiné sur ordre de Trump le 3 janvier par une attaque de drone à Bagdad. Entre 6 et 9 millions d'iraniens sont venus pour saluer une dernière fois leur martyr que des imbéciles en Occident persistent à voir comme un terroriste écrasant son peuple, tant ils sont soumis à la propagande de guerre étasunienne, ou une islamophobie psychotique, 

A Donetsk, l'histoire des communautés constituant le Donbass, l'éducation de la population, l'agression occidentale subie via l'Ukraine font que les événements levantins trouve un écho inquiet dans les coeurs et une place importante dans les conversations. Ici la réalité de l'Histoire et la culture générale des citoyens ont balayé depuis longtemps tous les slogans communautaristes agités par les propagandes mensongères...

Pour commencer, un petit rappel :

Voilà ce que révélait en 2007 le général US Westley Clark concernant la stratégie étasunienne au Moyen Orient :


Derniers événements majeurs du jour de la crise Iran / USA

Au moment où je boucle ce nouvel article sur la crise USA/Iran qui ne cesse de gonfler à une vitesse énorme, j'apprends la visite surprise à Damas du président russe Poutine et de son ministre de la Défense Choigou pour s'entretenir avec leurs homologues syriens.
C'est dire, n'en déplaise aux optimistes incurables qui refusent de regarder le danger en face, que cette visite exceptionnelle confirme à la fois l’extrême gravité de la crise et en même temps apporte une lueur d'espoir car si il existe encore peut-être un homme capable de sauver la colombe de la paix dans cette région, c'est bien Poutine !
  • L'Iran et l'Irak, à l'initiative de Bagdad négocient pour que les gardiens de la Révolution établir un centre de commandement & de contrôle ainsi que 2 bases militaires près de Bagdad et dans l'Ouest du pays.
  • La Grande Bretagne envoie en Irak et Iran des équipes d'évacuation d'urgence de ses ressortissants militaires & civils non indispensables.
  • L'US Air Force envoie 6 bombardiers stratégiques B52 sur la base de Diego Garcia, dans l'océan Indien qui reste hors de portée des missiles iraniens.
  • Des frappes aériennes, vraisemblablement israéliennes, ont eu lieu près de la frontière avec la Syrie sur des positions irakiennes pro-Iran.  
  • 1er Cafouillage côté USA: Washington dément un retrait des troupes américaines d'Irak évoqué dans un document de l'Etat Major. Trump précise qu'il est "hors de question de retirer les troupes américaines, sauf si l'Irak rembourse tout ce que les américains ont fait pour eux" (?!?).
  • En Arabie Saoudite, gros affrontements entre des émeutiers et la police de Qatif, une ville de 500.000 habitants proche de Bahrein où 95 % de la population est chiite.
  • La Chine se dit prête à apporter une aide logistique et militaire à l'Irak en cas d'attaque des USA .
  • 2ème cafouillage étasunien:  le Secrétaire de la Défense Esper, contredisant Trump qui promet d'attaquer des sites culturel iraniens, dit de son côté que les USA "ne frapperont pas de sites culturels" tandis que Lindsey Graham, sénateur à la commision de la Défense précise "Nous ne sommes pas en guerre contre la culture iranienne, mais contre sa théologie".
  • La Russie a décidé de fournir à l'Irak plusieurs complexe de missiles antiaériens S 400, pour "protéger sa souveraineté". 
  • L'Iran confirme son intention de riposter à l'assassinat de Qassem Soleimani de façon proportionnelle (allusion aux menaces de Trump promettant des "attaques disproportionnées" sur l'Iran). Téhéran précise que 13 scénarios ont été proposés et promet que "même le moins pire" sera "l'un des pires cauchemars et une véritable catastrophe" pour les américains.
  • Des foules immenses (entre 6 et 9 millions de personnes) se sont rassemblées dans les rues iraniennes pour les obsèques du général Soleimani. Des bousculades ont provoqué au moins 50 morts et des dizaines de blessés à Keman, ville où est enterré Soleimani.
  • Le Pentagone envoie les deux frégates, l'USS "New York" et l'USS "Oak Hill" au en Méditerranée transportant  2000 marines et des forces spéciales. étasuniennes.
  • D'importants mouvements de troupes iraniennes vers leurs frontières ont été détectés, sans déterminer s'ils sont dans un dispositif défensif ou offensif.
  • Le parlement iranien a voté une loi en urgence qualifiant toutes les forces US de "terroristes".
  • Les États-Unis avertissent tous les navires naviguant dans les secteurs "périlleux" comme le détroit d'Ormuz qu'une attaque iranienne sur des bateaux militaires ou commerciaux américains est "hautement probable". 
  • L'Allemagne retire la majorité de ses troupes déployées en Syrie et en Irak.
  • Visite surprise à Damas du président russe Vladimir Poutine et de son ministre de la Défense Chuigou pour s'entretenir avec le président Assad de la situation Iran/USA. Un déploiement de missiles S400 en Iran a été évoqué.
  • Selon CNN 2 officiels étasuniens affirment qu'une "attaque massive" est "imminente"


Publié sur FB & VK le 6 janvier :


LE RETOUR DE BÂTON



Trump en décidant arbitrairement de tuer le général Soleimani se retrouve sous une avalanche de réactions qu'il avait probablement sous estimé, et qui sont complètement contre productives pour les USA et lui-même :
  • Loin de mettre à genoux l'Iran, l'assassinat de Soleimani a créé une union nationale exceptionnelle autour du pouvoir de Téhéran et une indignation anti-américaine dans toute la zone d'influence chiite, du Liban au Pakistan.

  • En Irak qui a perdu également des hauts responsables chiites dans l'attaque étasunienne, le parlement dans sa majorité a voté le départ des forces américaines et occidentales du pays et l'interdiction pour elles de transiter par son espace aérien et terrestre.

  • Les forces armées étasuniennes dans le Golfe sont entrées en mode panique : état d'alerte maximum, renforts précipités, évacuation d'urgence du porte avion Harry Truman du Golfe persique etc...

  • L'Iran a décidé de sortir complètement de l'accord nucléaire (que Trump avait dénoncé en premier) et de ne plus fixer de limite dans sa production d'uranium dont l'enrichissement était auparavant plafonné à 20 %.

  • Pour des raisons de sécurité les opérations anti terroristes des occidentaux en Irak ont été suspendus, pour le pus grand bonheur de leurs incontrôlables djihadistes qui risquent de restaurer une partie de leur puissance et territoire.

  • Trump, piégé par sa propre surenchère verbale et ses menaces, disproportionnées et illégales, est obligé au moment de la probable riposte iranienne de répliquer à son tour dans une fuite en avant suicidaire, ou de perdre la face, hypothèse inconcevable pour ses fonctions, ses ambitions électorales et sa personnalité.

  • Des critiques de moins en moins voilées dénonçant la politique hasardeuse de Trump apparaissent dans le camp occidental (à part chez les toutous mondialistes comme Macron par exemple).

L'Iran, à la fois prudent et déterminé a confirmé une riposte militaire prochaine (il y va de sa crédibilité étatique) contre des forces et intérêts étasuniens, certainement après la période de deuil et un choix de cible(s) mûrement réfléchi dont les délais vont augmenter les tensions et peurs des américains.

En attendant, les milices chiites irakiennes ont commencé à opérer des attaques contre des positions de l'armée étasunienne et son ambassade à Bagdad qui a encore essuyé des tirs de mortiers cette nuit, blessant des soldats américains.

De son côté Trump persiste et signe, promettant des "représailles disproportionnées" sur l'Iran en cas de riposte de Téhéran et des sanctions contre Bagdad suite au vote du parlement irakien demandant le départ de la coalition occidentale.

Conclusion, en tuant Soleimani, Trump dans son coup de poker électoraliste s'est surtout tiré une balle dans le pied et dans celui de l'arrogante et criminelle hégémonie étasunienne ... et on ne va pas s'en plaindre !


Erwan Castel

dimanche 5 janvier 2020

Théologie politique contre Politique théologique


Aujourd’hui des millions d'iraniens sont descendus dans les rues pour accueillir la dépouille du général Soleimani tué le 3 janvier en Irak par un drone étasunien. La densité de la foule donne une idée de la popularité de ce dignitaire de l'Etat iranien  que la propagande de guerre occidentale persiste à considérer comme un terroriste et séide d'une dictature islamique inhumaine haïe par son peuple persécuté.
En introduction à ce nouvel article s'appuyant sur l'actuelle crise majeure qui secoue le Levant, je partage ces images de la foule iranienne venue accueillir la dépouille de Qassem Soleimani, un héros pourfendeur du terrorisme salafiste élevé au rang de martyr par la stupidité criminelle occidentale qui par son acte irresponsable a non seulement précipité le Moyen Orient au bord d'un conflit majeur mais aussi renforcé l'union patriotique des iraniens que les USA cherchent à soumettre à la dictature de leur marchandise.

Si mon observation engagée de cette crise me fait soutenir sans hésitation la République islamiste d'Iran résistant à un impérialisme étasunien cherchant à dominer par le chaos de ses terroristes salafistes le Moyen Orient, il n'en demeure pas moins que le modèle proposé par la théocratie chiite "n'est pas ma tasse de thé", loin s'en faut. Mais il faut savoir "faire contre mauvaise fortune, bon coeur" surtout quand l'esclavage de la marchandise occidentale menace 5000 années de civilisation perse. 

Mais sur les réseaux sociaux en revanche j'observe que les commentaires se radicalisent dans un dogmatisme aveugle et simpliste et quasi eschatologique, en même temps que les tensions sur le terrain levantin précipitent Washington et Téhéran dans une spirale complexe de violences verbales et d'actions armées sans fin.

Car depuis de nombreuses années nous observons le retour en force d'un discours manichéen et dogmatique dans les conflits qui opposent les blocs à travers le monde, qu'ils soient politiques, économiques, religieux, ou militaires, et nombre d'analystes évoquent le retour d'une théologie politique occidentale, héritière des rapports complexes du Politique et du Religieux dans l'Histoire des pouvoirs. L'influence en Amérique du Sud des évangélistes dans les discours violents des nouveaux pouvoirs brésilien ou bolivien est à ce titre significatif. 

Et dans l'exacerbation de la crise qui oppose aujourd'hui l'Iran aux Etats Unis, en dehors des enjeux géopolitiques et des menaces politico-militaires qui se jouent au Moyen Orient, on voit revenir également en force un dogmatisme idéologique qui du côté américain donne une dimension religieuse chrétienne à une politique occidentale et du côté iranien une dimension politique à une théologie musulmane. Et ici, cette dualité entre le pouvoir du Prince et celui du Clerc (qui donna la querelle des investitures entre guelfes et gibelins par exemple) va ici s'estomper dans une nouvelle fusion recherchée des sacralités temporelles et spirituelles de chacun donnant naissance à un discours dogmatique absolutiste, articulé autour d'une vision bipolaire du Monde et de ses crises multiples.

Et lorsqu'on observe sur les réseaux sociaux les réactions ou les commentaires qui fusent autour de cette nouvelle crise entre Téhéran et Washington, on y constate effectivement chez nombre de leurs auteurs un fanatisme manichéen issu d'un dogmatisme politico-religieux simpliste et qui rend difficile un dialogue constructif et impossible un quelconque compromis avec un adversaire systématiquement diabolisé.
Et dans cet affrontement qui oppose les USA à l'Iran se retrouvent aussi face à face, du côté de l'hégémonie occidentale, l'héritage d'un universalisme chrétien apatride imposé à tous les peuples, et du côté de la théocratie chiite, l'héritage des castes religieuses perses dominant la cité. 

C'est ainsi qu’apparaît à nouveau depuis quelques jours une théologie de la guerre destinée dans chaque camp à légitimer le combat à venir en sacralisant la cause défendue mais  aussi, dans l'affrontement de pensées uniques, de diaboliser l'adversaire...

Voici 2 exemples récents dans cette crise levantine ou le religieux fusionne avec le politique en Iran et aux USA :

De mémoire d'homme, c'est la 1ère fois dans l'histoire de l'Iran
que le drapeau rouge, qui symbolise la guerre à venir, est hissé
 au sommet de la mosquée Jamkaran, une des plus importantes du pays.

Si on peut arguer de la légitimité territoriale, historique et religieuse d'une défense iranienne organisée autour des piliers de la foi religieuse chiite et du sentiment patriotique perse, en revanche il est difficile de justifier dans cette région du Moyen Orient l'hégémonie occidentale anglo-étasunienne autrement que par des motivations bassement mercantiles qu'elle tente de masquer maladroitement derrière les masques hypocrites des dogmes droitdelhommistes et démocratiques. 

Trump, qui révèle ici, dans une logique augustinienne parfaite, l'instrumentalisation d'un puritanisme évangélique au profit d'un expansionnisme militaro-industriel renouant avec l'esprit des croisades où, comme il l'a clairement défini dans un tweet récent menaçant de détruire la culture iranienne, l'ennemi n'est pas un adversaire à battre militairement avec qui reconstruire après guerre de nouvelles relations, mais un "Satan" à éradiquer physiquement de la surface de la Terre !

Au lendemain de l'assassinat de Soleimani qu'il a ordonné, Trump effectue
son premier meeting de campagne présidentielle auprès d'évangélistes dans
une grand messe politico-religieuse fusionne sur fond de croisade contre l'Iran
Ce faisant, le chef de la démocratie la plus puissante fait entrer l'analyse politique dans le domaine de la croyance dogmatique. Or si la première est susceptible de s'ouvrir à la critique, donc au dialogue avec l'adversaire et à des compromis diplomatiques, la seconde relève de la conviction subjective et définitive qui n'acceptera que l'écrasement de l'adversaire ou tout au plus sa capitulation humiliante. 

Cette réalité politico-psychologique quasi théologique rend impossible la réussite d'une sortie de crise diplomatique qui pour réussir doit offrir aux 2 protagonistes malgré des concessions mutuelles la possibilité de garder la tête haute vis à vis de leur peuple.


Il n'y a pas de hasard !

Je pense qu'il est intéressant pour mieux comprendre l'escalade paroxysmique actuelle vécue entre Téhéran et Washington de la mettre en perspective avec 2 événements majeurs, l'un passé et l'autre à venir : 
  • Fin novembre 2019, un nouveau et très important gisement de pétrole de 22 milliards de barils est découvert dans la province iranienne de  Khouzistan, dans le Sud Ouest du pays qui en renfermait déjà  31 milliards sur d'autres sites connus. Dans le contexte de la crise des matières premières qui guette les pays industrialisés et l'échec d'un blocus économique total de l'Iran par les occidentaux, il est évident qu'abattre un régime qui refuse de se soumettre au Nouvel Ordre Mondial, qui plus est allié de la Syrie et de la Russe, et prendre le contrôle de cette manne pétrolière serait un immense coup double pour la ploutocratie mondialiste, et qui vaut certainement aux yeux des faucons de guerre étasunienne quelques centaines de milliers de morts iraniens.
Souvenons-nous de Madeleine Albright qui assume la mort
de 500 000 enfants irakiens pendant l'embargo et la guerre 
contre l'Irak en déclarant cyniquement  "cela en valait la peine !" 

Car derrière les beaux discours droitdel'hommistes agités au dessus des croisades occidentales menées à travers le Monde il y a la réalité des prédations par leur complexe militaro-industriel des ressources énergétiques mondiales. Et dans ce Levant, réserve mondiale majeure de pétrole et de gaz, les rivalités politico-industrielles pour le contrôle des matières premières dégénèrent souvent en guerres, révolutions armées, campagnes terroristes organisées par les occidentaux pour le contrôle des gisements et routes énergétiques encore nombreux n'étant pas dans leur zone d'influence.
Ainsi par exemple de ce conflit en Syrie où les démocraties occidentales vont, "pour instaurer droits de l'Homme et démocratie", vont soutenir le pire terrorisme international, celui des salafistes fanatiques adeptes de la charia islamiste. 
Or, ce conflit a été déclenché en 2011 juste 3 semaines après que le président Bachar El Assad ait choisi le projet de pipeline iranien (plutot que celui proposé par le Qatar) pour faire transiter les très importants gisements de gaz découverts dans le Golfe Persique en 2010.

Il n'y a pas de hasard mais beaucoup de mensonges !
  • Ce début d'année 2020 voit le lancement de la campagne présidentielle étasunienne où Trump brigue un second mandat. Or, le patron de la Maison Blanche se trouve de plus en plus attaqué et contesté dans ses fonctions présidentielles comme en témoigne la procédure de destitution lancée contre lui par les démocrates ces prochains jours. Dans ce contexte politique tendu, Donald Trump recherche une union nationale autour de son commandement et qui soit supérieure aux clivages politiciens. Et pour cela rien de tel qu'une bonne guerre...
Cette opinion est avouée par Trump lui- même en 2011 lorsque, à la veille des élections présidentielles américaines, il soupçonnait Barak Obama de vouloir rétablir sa popularité électorale en voulant déclencher une guerre.... avec l'Iran !


Voilà donc en réalité, loin de la noblesse des valeurs agitées devant les médias, les vraies motivations financières et électoralistes qui ont poussé Trump à provoquer cette dangereuse escalade avec l'Iran. Il y a certainement comme dans tout coup de poker une grande part de bluff dans le jeu de ce cow-boy américain, sauf que cette fois, avec l'élimination physique d'un dignitaire du régime et homme iranien extrêmement populaire, l'ingérable Donald est allé trop loin et l'Iran risque d'être tenté de le prendre à son propre jeu tant les cartes dont il dispose sont faibles face un un embrasement général du Moyen Orient qu'une guerre contre l'Iran ne manquerait pas de déclencher.

Il serait temps que les adversaires laissent aux vestiaires leurs théologies politiques et leurs politiques théologiques pour retrouver le bon sens d'un pragmatisme politique basé sur des concessions et le respect réciproque des souverainetés identitaires de chacun. 

Je pense que si l'Iran, qui a su conserver le flegme d'une diplomatie perse puissante, est prêt à s'engager sur le chemin de la diplomatie et de la paix, il n'en est pas de même pour l'arrogante thalassocratie anglo-américaine qui a trop d'intérêts vitaux dans cette région éloignée de sa zone d'influence naturelle même si elle n'a aucune légitimité à s'y imposer, idéologiquement, économiquement et militairement ! 

"Qui vivra verra !"

Erwan Castel



Le Levant entre en ébullition


Suite de l'article précédent


Au lendemain de l'assassinat étasunien à Bagdad du général iranien Soleiman et de Abou Mahdi Mohandes le commandant en second des miliciens pro iraniennes en.Irak (voir article précédent), toute la région du Moyen Orient est entrée en ébullition.

Il semble bien pour reprendre une expression qu'en ordonnant l'assassinat de ce haut dignitaire iranien, "Trump a jeté un bâton de dynamite,dans une poudrière" dont voici quelques uns des premiers éclats observés au cours des 36 dernières heures:
  • Dès la confirmation de l'attaque étasunienne du 3 janvier et la mort du général Soleiman, l'Iran a promis une riposte sanglante et de nombreuses forces armées dans la région sont mises en état d'alerte (Occidentaux, Iran Israël etc.).
  • L'Iran déploie des chasseurs F14 sur ses frontières Sud, Israël renforce sa frontière avec le Liban.
  • D'importantes manifestations anti-américaines ont lieu dans les pays majoritairement chiites et des millions de personnes manifestent leur colère en Iran.
  • Washington annonce l'envoi de 3500 hommes pour renforcer ses positions en Irak, et invite ses ressortissants à quitter le pays.
  • Dans la nuit du 3 au 4 janvier, 5 gros porteurs C130 de l'US air force quittent l'Europe en direction de l'Irak, après des ravitailleurs KC135R de la base de l'OTAN d'Incyrlik en Turquie.
  • Une nouvelle attaque de drone étasunien visant un convoi de miliciens pro-iraniens au Nord de Bagdad tuant 6 membres du mouvement Assaib Ahl al-Haq soutenu par les Gardiens de la Révolution iraniens, dont son Commandant, Qais al Khazail. 
  • Des chasseurs israéliens survolent régulièrement le Sud Liban
  • Le Général iranien Gholamali Abuhamzeh des Gardiens de la Révolution annonce que 35 positions américaines et israéliennes ont été ciblées et peuvent être frappées à tout moment.
  • Attaque avec 3 roquettes de l'ambassade américaine à Bagdad probablement par des éléments de la milice chiite Hachd Al Chaabi. 3 civils irakiens blessés
  • Simultanément une seconde attaque à la roquette vise la base de Balad où sont stationnées des troupes étasuniennes.
  • Une autre frappe aérienn de l'US air Force frappe le long de la frontière syro-irakienne fait 5 morts dans une unité de la milice Kata'ib du Hezbollah.
  • Des rassemblements et manifestations anti-guerre contre la politique de Trump sont organisés devant des ambassades étasuniennes et aux USA .
  • Des sources non confirmées indiquent que plusieurs sites de l'armée américaine ont été la cible de tirs de mortiers.
  • Dans le Golfe persique, la Royal Navy britannique renforce ses navires de protection des pétroliers.
  • Les premières unités blindées américaines arrivées en renfort via le Qatar font route vers l'Irak
  • Un drone d'observation  l'US Air force a été abattu à Abar en Irak par la milice Hachd Al Chaabi
  • Des chasseurs étasuniens survolent Babel au Sud de Bagdad
  • La milice chiite Kata'ib du Hezbollah demande à la population irakienne de s'éloigner minimum de 1 kilomètre de toute position étasunienne à partir de dimanche soir.
  • Trump menace à son tour Téhéran, promettant de "frapper très rapidement et très durement" 52 sites "de très haut niveau et très importants pour l'Iran et la culture iranienne"  si des américains sont attaqués.
Même s'il ne s'agit pas ici d'une attaque militaire j'ai volontairement souligné les propos de Trump car ils sont à mon avis d'une gravité exceptionnelle surtout dans la bouche du leader de démocraties occidentales qui agitent l'étendard des droits de l'homme sur tous leurs champs de bataille. Car menacer de "frapper très rapidement et très durement des sites nationaux très importants de la culture iranienne"  ne constitue pas seulement une déclaration de guerre  mais aussi une préméditation de crimes de guerre, tels que définis par les conventions de Genève qui interdisent de cibler des lieux civils et religieux.

Avec cette menace hallucinante, le chef de la Maison Blanche confirme le caractère terroriste de la politique étrangère étasunienne dont l'assassinat du général Soleiman il y a 2 jours est une preuve éclatante. 

Il n'est donc pas étonnant que les séides de l'impérialisme étasunien se croient tout permis dans leurs zones d'actions, que ce soient les actuels putschistes boliviens ou le pouvoir ukrainien porté par le coup d'Etat du Maïdan par exemple qui, soutenus par Washington, pratiquent en toute impunité un terrorisme d'Etat vis à vis de leurs populations.


La journée de ce dimanche 5 janvier commence donc dans une confusion totale et des menaces lourdes sur toute cette région du Moyen Orient déjà explosive en temps "normal". Et l'attitude hystérique de Trump - qui est exactement à l'opposé de ses déclarations de campagne sur la politique américaine dans cette région levantine - n'augure rien de bon pour espérer une désescalade rapide de la situation. 

On n'a jamais été aussi proche d'un conflit ouvert entre les USA et l'Iran.


Retour sur un assassinat... et une perfidie abjecte !


Concernant les circonstances de la mort du Général Soleiman, tué par une attaque de drones US le 3 janvier à l'aube, de nouvelles informations révèlent aujourd'hui l'ampleur de la fourberie de Washington :

Selon une source de la sécurité irakienne, les responsables militaires américains connaissaient précisément le lieu et le moment où frapper Soleimani pour la simple raison qu'ils avaient été officiellement prévenus de son arrivée à l'aéroport en sa qualité d' "émissaire diplomatique" iranien !

En effet, lors des émeutes precedentes devant l'ambassade des USA, le général Qassem Soleimani était intervenu auprès des organisations chiites irakiennes pour calmer les manifestants et organiser leur dispersion. C'est donc dans le cadre de cette gestion de crise entre Washibgton et Téhéran que Soleimani arrivait à Bagdad ce 3 janvier au matin, et sa mission étant connue des américains !

Cette assassinat n'est donc pas seulement le fruit d'une attaque étasunienne illégale contre le dignitaire d'un Etat souverain mais aussi une trahison du droit international concernant les émissaires diplomatiques.

Bref l'abjection et la lâcheté occidentales dans toute leur perfection !

Erwan Castel

samedi 4 janvier 2020

Une année qui commence très mal


"Le Général Soleimani a été assassiné 
par les pires individus dans le monde. 
Leur fierté d’avoir exécuté ce crime 
ajoute à sa grandeur "

Ayatollah Ali Khamenei


Mike Pompeo, le secrétaire d'Etat étasunien devait réaliser en ce début d'année 2020 des visites d'influence dans plusieurs pays de la ceinture géostratégique ("Himland") entourant la Russie comme le Bélarus, le Kazakhstan, l'Ouzbékistan et l'Ukraine par qui il avait prévu d'entamer sa tournée ce 3 janvier, en rencontrant le président Zelensky, mais avant lui le ministre ukrainien de la défense, donnant ainsi le ton de sa venue aux portes de la Russie.

Mais Pompeo ne.viendra pas du moins pas tout de suite car c'est surtout vers le Moyen Orient que nos regards se tournent en ces premiers jours d'une année qui commencent très mal : ce même 3 janvier 2020 une attaque aérienne étasunienne ciblée a assassiné à l'aéroport de Bagdad le général iranien Qassem Soleimani, pilier militaire du régime iranien et Commandant en chef des forces spéciales "Al Qods" (150 000 hommes) coopérant entre autres avec les forces de défense irakiennes, syriennes et libanaises. Dans cette nouvelle attaque étasunienne  Abou Mahdi Mohandes, le commandant en chef adjoint des Hachd al-Chaabi, les milices pro-iraniennes a également été tué.


Cette agression illégale étasunienne sur le sol irakien ordonné par le président Trump lui-même, a rendu paroxysmique une nouvelle escalade USA/Iran qui était en cours à Bagdad depuis quelques jours avec notamment un bombardement américain meurtrier de miliciens pro-iraniennes (25 morts), ce qui avait provoqué ensuite l'attaque par des manifestants de l'ambassade des USA. 

Mais avec ce nouveau bombardement assassin de l'armée étasunienne, que beaucoup d'observateurs considèrent comme un "casus belli", il est clair que les tensions entre Téhéran et Washington qui vont crescendo depuis que Trump (toujours lui) a décidé en 2018 de se retirer des accords sur le nucléaire iranien, viennent de dépasser brutalement le cadre levantin habituel d'une simple escalade locale et contrôlable pour précipiter le Moyen Orient vers un risque majeur de guerre aux conséquences internationales extrêmement graves.

Cet assassinat révèle une fois encore la politique hasardeuse des USA et l'absurdité de leur politique étrangère qui ne fait que jeter de l'huile sur le feu espérant toujours dans une fuite en avant chaotique que son complexe militaro-industriel puisse ensuite en retirer des marrons en occupant militairement ces régions stratégiques et y piller les matières premières.


Qassem Soleimani, la bête noire de Washington


Lorsque Trump décide d'éliminer Soleimani, cet irresponsable réalise en fait le fantasme des faucons de guerre du Pentagone  qu'il prétend combattre et qui rêvent d'abattre le régime iranien et remettre la main sur les champs de pétrole perses. Or l'un des principaux résistants à l'hégémonie étasunienne dans le Levant était justement le général Qassem Soleimani que les néo-conservateurs US rêvaient de tuer mais sans toutefois oser le faire et endosser la lourde responsabilité diplomatique d'un tel assassinat politique autant que militaire.

Car cet homme de 60 ans n'était pas seulement le Commandant en chef de la force "Al Qods", ces unités d'élites des Gardiens de la Révolution et spécialisées dans les guerres asymétriques au Moyen Orient provoquées par l’interventionnisme occidental et celui des ses alliés terroristes islamistes.

Depuis la décolonisation les occidentaux n'ont eu de cesse que de vouloir conserver leur mainmise sur les ressources minières du Levant (création de l'Arabie Saoudite et des émirats arabes affidés, création d’Israël, pivot et prétexte de leur coalition régionale , décapitations des régimes bassistes non alignés etc...). Et l'Iran est un exemple de cette stratégie hégémonique occidentale : en 1951, les services anglo-américains renversent le gouvernement de Mohammad Mossadegh qui venait de nationaliser l'exploitation du pétrole iranien ("opération Ajax") et mettent à sa place Mohammad Reza Shah Pahlavi, une marionette autocrate pro occidentale. En 1979, la révolution islamique chasse le shah d'Iran et relance la nationalisation des ressources et l'indépendance réelle pays. Depuis les USA n'ont de cesse que de diaboliser l'Iran qu'ils assiègent militairement et économiquement, progressant chaque année vers une confrontation armée directe.

Au fil des années, Qassem Soleimani va devenir un stratège mais aussi une figure importante du gouvernement iranien intervenant sur sa zone d'influence traditionnelle menacée par l'encerclement militaire de l'OTAN et l'embargo économique occidental. Son engagement contre le terrorisme international financé par Washington et ses alliés est très important tant dans le domaine militaire que politique. Pour mener à bien ces objectifs visant tous à desserrer l'étau occidental autour de Téhéran, Soleimani va réformer le corps des Gardiens de la Révolution, cette milice paramilitaire devenue un corps d'armée à part entière et créer en son sein une force d'intervention extérieure de 150000 hommes : "Al Qods" ("Jérusalem").

Avec cette force spéciale très bien entraînée, équipée et motivée, Soleimani combat les talibans d'Al Qaida en l'Afghanistan, puis en Irak et contre Daesh and Co en Syrie où il prépare le projet d'un Etat kurde. Au Liban, il forme et soutient le Hezbollah pour que le Sud du pays puisse résister aux attaques israéliennes

Autant dire que cet homme intelligent et audacieux dont les succès militaires contre les terroristes salafistes soutenus par les occidentaux était devenu la bête noire des américains, d'autant plus que son élimination était quasi impossible du fait de sa légitimité dans les pays qui autorisaient "Al Qods" à participer à leur défense, de sa qualité de responsable iranien, et de son immense popularité capable de mobiliser un front anti-occidental radical important dans le cas de son martyr.

Et comme second objectif de cet assassinat, il s'agit pour Washington de rappeler à l'ordre un gouvernement irakien qui se rapproche de plus en plus de l'Iran et ses alliés, fatigué par toutes ses années de chaos orchestré par les USA et leurs alliés...


Un assassinat illégal et terroriste

Mike Pompeo 
Mike Pompeo, qui a reporté sa tournée en Europe, à Chypre et dans le Caucase pour mieux suivre l'évolution de la situation en Irak a jugé sur la chaîne "Fox news" l'assassinat du général iranien Soleiman de "justifié et légal", après que son patron ait publié le drapeau américain sur son compte twitter avant même que le Pentagone confirme sa responsabilité dans l'attaque.

Sauf que...

La décision irresponsable de Trump de faire assassiner le général Soleimani, tout comme de bombarder les milices pro-iraniennes intégrées aux forces de défense irakiennes n'ont aucune légitimité contextuelle et légale, et de nombreuses voix s'élèvent aujourd'hui, y compris du côté occidental pour dénoncer "ce bâton de dynamite lancé dans une poudrière".

En effet, sur le plan du droit international, les "assassinats extraterritoriaux" perpétrés par un État ne sont légaux que dans trois hypothèses : 
  • Lorsque le pays où ils sont menés y consent.
Or les forces étasuniennes en Irak qui y sont déployées aujourd'hui "que pour l’entraînement des troupes et la lutte contre le mouvement terroriste État islamique", outrepassent régulièrement leurs missions en attaquant des forces pro-iraniennes, pourtant intégrées dans les forces de l'Etat irakien, et qui de surcroît (ou plutôt "parce qu'ils") luttent contre les groupes terroristes de la nébuleuse de l'Etat Islamiste.
  • Si le Conseil de Sécurité de l’Organisation des Nations Unies les autorise. 
Là aussi, le conseil de sécurité de l'ONU n'a pas été consulté sur ce projet d'assassinat, décidé a huis clos par Trump et son Etat major au Levant.
  • En cas de légitime défense face à une menace imminente confirmée.
Enfin si des plans identifiant des cibles américaines potentielles ont effectivement été élaborés par l'Etat major de la force "Al Qods" (comme tout état major se doit de le faire concernant un ennemi futur, identifié ou probable), il est impossible pour le Pentagone de prouver l'existence d' "attaques imminentes".

Autre détail, et non des moindres, cet assassinat étasunien a pour la première visé une personnalité étatique iranienne et non des moindres au lieu d'un responsable d''une milice locale pro-iranienne comme c'est la règle habituelle lors d'attaques de drones US. En effet, les assassinats ciblés qui avaient été interdits aux USA dans les années 70 ont été réactivés sous l'administration Reagan pour lutter contre le terrorisme et développés par Bush junior après les attentats du 11 septembre, MAIS toujours sur des cibles non gouvernementales. Le général Soleimani était un haut dignitaire de l'Etat iranien et Téhéran est donc en droit de considérer son assassinat comme un "casus belli".

Et ce ne sera pas la première fois qu'une guerre est déclenchée par un assassinat terroriste


Et maintenant....



Aujourd'hui le monde observe avec inquiétude le déroulement des événements qui s’enchaînent dans une accélération brutale qui fait craindre le pire car dans cette région l'effet domino est plus que probable entre l'Irak, la Syrie, le Liban, l'Iran etc.
  • Téhéran promet de se venger de l'assassinat du général Soleimani et des millions de personnes manifestent leur colère et indignation dans les rues iraniennes mais aussi en Irak, au Pakistan, Liban ,Syrie, Yemen etc... Le front de la résistance anti américaine est sur pied de guerre.
  • Coté occidental, les forces étasuniennes déployées en Irak et dans le Golfe sont en alerte maximale et de leurs ressortissants ont commencé à évacuer le pays, les alliés arabes des USA sont en état d'alerte et Israël a renforcé ses forces sur sa frontière avec le Liban qui est contrôlée par le Hezbollah.
  • De nombreuses diplomaties, y compris occidentales, appellent à la retenue et une désescalade immédiate des tensions et menaces, craignant surtout un blocage du détroit d'Ormuz où transitent quotidiennement 22.5 millions de barils d'un pétrole dont les cours boursiers s'affolent déjà.
Bref, Trump en ordonnant l'assassinat du charismatique et influent général Soleiman semble avoir réellement "jeté un bâton de dynamite dans une poudrière" et enclencher une escalade qu'il sera très difficile à contrôler et juguler...

Pourquoi et pour qui une telle décision insensée ?

Le déclenchement prochain de la procédure d'impeachment du locataire de la Maison Banche par les néo-conservateurs américains ne doit pas être étrangère à ce coup de poker criminel d'un Trump qui cherche soit à la retarder, soit à la noyer médiatiquement par une crise internationale majeure où sa décision belliciste ne peut que satisfaire les faucons de guerre étasuniens qui en plus n'auront pas à porter la responsabilités des morts américains à venir....

Car je pense que la réaction iranienne "sanglante" promise est inévitable, il en va de la mémoire de la victime autant que de la crédibilité de l'Iran. Mais je ne crois pas que Téhéran qui fait toujours preuve d'une grande retenue dans les crises affrontées aille directement bloquer le détroit d'Ormuz par exemple ou bombarder Israël comme le craignent les propagandistes occidentaux. Je pense plutôt à une attaque ciblée et ponctuelle sur des objectifs étasuniens en Irak, Syrie ou dans le Golfe, laissant ainsi le choix de la guerre total au fou américain...

Mais le pire reste toutefois possible, l'Iran ayant qualifié l'assassinat de Soleiman de "franchissement américain de toutes les lignes rouges" et mis en alerte toutes ses sites de missiles...

Quoiqu'il en soit, avec cet assassinat de Soleimani, Trump a mis le feu aux poudres quitte à se retrouver encore plus isolé sur le plan politique...  Un coup de folie criminel et certainement sa plus grande erreur stratégique et la preuve que les USA continuent à suivre les directives stratégiques et le terrorisme d'un complexe militaro industriel criminel et amoral !

Erwan Castel


Paddy Petrovic, un ami internaute, a suggéré en hommage à Qassem Soleiman dans un commentaire la chanson de Viktor Tsoï .... j'approuve et partage ici :


звезда по имени солнце

Белый снег, серый лед
На растрескавшейся земле
Одеялом лоскутным на ней
Город в дорожной петле
А над городом плывут облака
Закрывая небесный свет
А над городом желтый дым
Городу две тысячи лет
Прожитых под светом звезды по имени Солнце
И две тысячи лет война -
Война без особых причин
Война - дело молодых
Лекарство против морщин
Красная-красная кровь
Через час уже просто земля
Через два на ней цветы и трава
Через три она снова жива
И согрета лучами звезды по имени Солнце
И мы знаем, что так было всегда
Что судьбою был…

Traduction française 

Neige blanche, glace grise
Sur sol fissuré,
courtepointe en patchwork,
ville en boucle.
Et les nuages ​​flottent au-dessus de la ville
Fermeture de la lumière céleste.
Et au-dessus de la ville il y a de la fumée jaune.
La ville a deux mille ans.
Vivant sous la lumière d'une étoile nommée le Soleil
Et deux mille ans, la guerre -
Guerre sans raisons particulières
Guerre - la cause du jeune
Cure pour les rides
Du sang rouge-rouge
Après une heure, c'est juste de la terre
Après deux fleurs et de l'herbe dessus
Après trois, elle est à nouveau vivante
Et réchauffée par les rayons d'une étoile appelée le Soleil
Et nous savons que ça a toujours été comme ça.
Ce destin était ...