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vendredi 11 février 2022

SITREP du 11 février 2022

"Le règlement du conflit en Ukraine est désormais 
revenu à zéro, au même niveau que 2015".
Dmitry Kozak, vice président russe en charge du District Sud


Entre le refus officiel et renouvelé de respecter les accords de Minsk, sa préparation à une offensive dans le Donbass et l'approvisionnement logistique militaire quotidien envoyé par l'OTAN, l'Ukraine, poussée par l'OTAN et encouragée par le laisser faire des diplomaties occidentales, affiche clairement une tentation de plus en plus forte de se lancer dans une aventure militaire dans le Donbass dont elle sait pourtant l'inévitable issue suicidaire.

1 / Sur le front diplomatique

Dans la nuit du 10 au 11 février 2022, s'est achevée une réunion de 8 heures et demi des conseillers politiques du "format Normandie" (Russie, Ukraine, Allemagne et France) venus au chevet d'accords de Paix restés à l'état fœtal depuis février 2015 ("Minsk 2"). Une telle réunion n'avait pas eu lieu depuis plus d'un an, mais cette fois encore elle s'est soldée par un échec du fait du refus catégorique des représentants ukrainiens de se conformer au calendrier et au processus des accords, à commencer par organiser des consultations et des discussions directes avec les représentants des républiques de Donetsk et Lugansk.

Et c'est ici que s'effondre les rodomontades d'un président/candidat français se créditant d'un sauvetage de la Paix en Europe au retour de rencontres avec ses homologues russe et ukrainien: En réalité, les représentants ukrainiens, et seulement 20 heures après les promesses de Zelensky à Macron, ont réitéré leur refus d'appliquer les accords de Paix, mais les représentants allemands et français, qui pourtant en tant que "garants des accords" doivent faire pression pour leur exécution, n'ont rien dit de contraignant aux représentants ukrainiens sabotant la réunion.... "Qui ne dit mot consent !"

Dmitry Kozak, vice président de la Fédération, plénipotentiaire présidentiel dans le district fédéral du Sud et chef de la délégation russe pour le règlement de la crise ukrainienne a déclaré :

  • "Je n'ai pas vu la volonté (de la France et de l'Allemagne) de faire pression sur Kiev (sur la mise en œuvre des accords de Minsk). J'ai vu des tentatives pour trouver une position commode pour que l'Ukraine poursuive la politique qu'elle poursuit depuis 8 ans."
  • "Le projet de déclaration a même refusé de citer les questions du futur statut post-conflit de ces territoires (Donbass) dans les accords de Minsk, Il s'agit d'un désaccord clé sur lequel l'Ukraine a refusé de s'entendre. Nous avons essayé jusqu'au bout de trouver diverses formulations de compromis, nous avons proposé des citations, voire entre guillemets nous avons proposé d'écrire l'énoncé final. L'Ukraine a catégoriquement refusé de le faire"

Selon Dmitry Kozak, la seule réalisation positive de la réunion est une promesse verbale de Kiev d'entamer des négociations sur les questions politiques au sein du groupe de contact tripartite, en charge de l'application des accords de Minsk. L'expérience acquise au cours des 7 dernières années de réunions du groupe de contact, quasiment toutes stériles hormis quelques rares échanges de prisonniers obtenus, ne permet pas de miser le moindre espoir sur cette nouvelle fanfaronnade ukrainienne.  

Du côté de Moscou en revanche les engagements politiques en faveur des république Populaire de Donetsk et Lugansk se radicalisent comme par exemple ce débat qui doit se dérouler ce 14 février concernant l'opportunité de reconnaitre les républiques du Donbass par le Kremlin suite à un dans ce sens du parti communiste et soutenu par de nombreux autres députés afin de mieux pouvoir protéger les populations bombardées de Donetsk et Lugansk.
Alors qu'initialement ce projet communiste avait été jugé prématuré par des politiciens russes du parti majoritaire "Russie Unie", les récentes déclarations bellicistes des ukro-atlantistes l'escalade militaire ukrainienne ainsi que le soutien massif de l'OTAN à l'effort de guerre de Kiev ont radicalisé la position de certains responsables politiques russes tel que Viatcheslav Volodine, le président de la Douma d'État qui a commenté l'annonce du débat en déclarant sur sa chaîne Telegram: 
  • "La question est très grave et responsable. Nous parlons de protéger la vie de nos citoyens et compatriotes vivant sur le territoire de la RPD et de la RPL. Demain, c'est l'anniversaire de la signature des accords de Minsk. Kiev n'a pas rempli ses obligations pour 7 ans. Les bombardements continuent, des gens meurent. Dans cette situation, cherchez Une décision s'impose"
Selon moi, cela ne signifie pas (malheureusement) que la reconnaissance des RPD & RPL interviendra immédiatement (sauf si une situation humanitaire critique apparait) mais qu'un processus de reconnaissance peut-être officiellement engagé (consultation du Ministère russe des Affaires Etrangères, des gouvernements des Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk... avant un vote au parlement russe).

Après la normalisation administrative, l'accès au passeports russes (près d'1 million de personnes l'ont déjà obtenu entre Lugansk et Donetsk), ce processus de reconnaissance officielle constituera une étape extrêmement importante dans le long et douloureux chemin vers le retour du Donbass en Russie et permettra de positionner un bouclier militaire russe face aux forces ukrainiennes.


2 / Sur le front du Donbass

La tension continue de monter sur la ligne de front, pas tant à cause des tirs engagés qui restent pour le moment faibles mais surtout à cause des préparatifs offensifs exponentiels menés par les forces ukrainiennes et que confirment les diverses sources de renseignement civiles et militaires : 
  • Ainsi par exemple de nombreuses unités blindées ukrainiennes ont commencé cette semaine des exercices de préparation au combat (provoquant la même chose du côté des républiques de Donetsk et Lugansk).
Exercice d'alerte et de tirs de la 14ème brigade ukrainienne
Exercice d'alerte de combat d'une unité républicaine
  • Les unités de défense républicaines observent une augmentation des activités de reconnaissance ukrainiennes par drones d'observation.et aussi drones d'attaque.
 11 février, sur le front Nord de Donetsk, un drone ukrainien type Evo II 
équipé d'un mécanisme de largage et d'un engin explosif a été abattu.
  • La division antiaérienne de missiles S-300 vient de se déployer dans le Donbass, et cette action est à mettre en relation avec la demande urgente faite au Pentagone déployer des systèmes de missiles antiaériens THAAD dans la région de Kharkov. 
Le système de missiles THAAD (Terminal High Altitude Area Defense) est un système étasunien de la même génération que le S400 russe et son positionnement dans le secteur de Kharkov permettrait de couvrir à la fois une grande partie des frontières Ouest de l'Ukraine ainsi que du Nord de la ligne de front du Donbass.

Evidemment ce type de déploiement de l'OTAN dont les missiles seraient à moins de 5 minutes de Moscou constituerait un casus belli pour le Kremlin, ce qu'à clairement fait entendre le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Ryabkov qualifiant par par avance ceux qui soutiendraient cette "idée folle" de "têtes brulées".

Sergueï Narychkine, le chef du service russe de renseignement extérieur (SVR), , estime que l'Ukraine bat son plein pour se préparer à une guerre dans le Donbass - certaines forces poussent le président Vladimir Zelensky au conflit. Aujourd'hui le renseignement russe confirme que le gros des forces combattantes ukrainiennes est massé le long de la ligne de front du Donbass. Et concernant les causes de l'échec des accords de Minsk Narychkine l'a imputé à la servilité de l'Ukraine: 
  • « C'est l'incapacité à négocier le régime de Kiev et les forces politiques qui sont arrivées au pouvoir lors du coup d'État de 2014. Le président et la Rada semblent ne plus être en mesure de prendre des décisions indépendantes. On a le sentiment qu'ils suivent consciencieusement l'exemple des nationalistes et des mentors occidentaux »

Tourisme propagandiste dans le Donbass 

Après avoir vécu pendant ces dernières années une quasi indifférence médiatique occidentales malgré des bombardements beaucoup plus intenses que ceux du moment, le Donbass vit aujourd'hui un embouteillage de journalistes en tous genres alertés par le bras de fer diplomatique Est-Ouest et poussés par le fantasme propagandiste occidental d'une "invasion russe imminente".

Alors que les occidentaux, jouant le fantasme d'une invasion russe imminente recommandent à leurs ressortissants d'évacuer urgemment l'Ukraine, leurs diplomates, en toute quiétude viennent visiter le front... côté ukrainien bien sûr !: 

  • Le 7 février, les ministres des Affaires étrangères de la République tchèque, de l'Autriche et de la Slovaquie ont survolé la ligne de contact et visité des Block-posts,
  • Le 8 février, la ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Burbock est arrivée en Ukraine, 
  • Le 9 février, Zbigniew Rau, le ministre des Affaires étrangères de la présidence polonaise de l'OSCE, effectue une visite sur le front . 
  • Le10 février, le Premier ministre lituanien Ingrid Simonyte effectue une visite. 
  • Etc.
Lorsqu'on écoute ses larbins de Washington, tous prétendent venir pour se faire une idée objective de la situation. Mais dans ce cas pourquoi ne viennent-ils pas aussi visiter les républiques populaires du Donbass pour écrire réellement leurs conclusions seuls et après leurs voyages ?

Et de chaque côté du front, des équipes de reporters tentent de retrouver au milieu des quartiers bombardés les échos des communiqués officiels, mais seul un silence inquiétant les accueille dans le dégel de l'hiver. Difficile de montrer la tension régnant sur le front, surtout du côtés des Républiques où les autorités - même si leur politique de communication est "nulle à chier" - ont au moins la décence de ne pas donner à leurs caméras des simulacres d'échanges de tirs ou pire d'organiser des safaris photos organisés:

Sur la 2ème ligne du front d'Avdeeka (au Nord de Donetsk) des reporters occidentaux 
en troupeau suivent leurs guides ukrainiens pour une propagande théâtrale du front 


4 / Du côté de l'OTAN

Les jours se suivent et se ressemblent entre la poursuite des livraisons d'armes et munitions occidentales à l'armée ukrainienne et le renforcement des troupes de l'OTAN aux frontières orientales de l'Alliance:

Le gavage des idiots utiles continue


Le 11 février 2 nouveaux avions cargos sont venus déverser des aides militaires en Ukraine: Un Boeing 747 de la compagnie Kalitta Air, vol  N782SK est arrivé à Kiev
depuis la base aérienne de Douvres aux USA. Un autre Boeing 747, vol 4B5F a 
suivi avec d'autres lots de systèmes  antichars Javelin, des grenades et autres 
munitions diverses. Depuis 1 mois, les Américains ont envoyé par avions cargos
pas moins de 15 cargaisons d'armes et munitions à Kiev soit plus de 1 200 tonnes.

Le fret militaire est aussitôt chargé dans des camions militaires
pour être livré sur le front du Donbass (ici des missiles "Javelin"

Et les États-Unis ont annoncé ce 11 février vouloir fournir à l'Ukraine 90 tonnes supplémentaires de munitions et de systèmes "Javelin" dans les prochaines heures.

La Lettonie a aussi commencé commence à fournir des armes à l'Ukraine avec un
C17 de l'armée de l'air canadienne  sur des vols logistiques entre Riga à Lvov.

Le renforcement de l'OTAN continue 

Les unités de la 82ème airborne étasunienne continuent d'arriver en Pologne sur la frontière avec l'Ukraine 2 nouveaux transports aériens ce 11 février.

Paras de la 82ème Division aéroportée étasunienne débarquant en Pologne 

De plus, la Maison Blanche a approuvé un plan présenté par le Pentagone pour les quelque 2 000 soldats américains en Pologne afin d'aider les Américains qui pourraient tenter d'évacuer l'Ukraine en cas d'invasion russe. Les troupes n'iront pas en Ukraine même.

Les États-Unis ont également envoyé en renfort de leur 6e flotte opérationnelle de Méditerranée les destroyers "Donald Cook", "Mitscher", "The Sullivans" et "Gonzalez" . Chaque navire  est armé de 56 missiles de croisière Tomahawk d'une portée de 1 600 km et sont équipés du système de défense antimissile Aegis. Ils viendront compléter le groupement de destroyers similaires déjà déployé composé du "Roosevelt", "Porter", "Ross" et "Arleigh Burke" stationnés à la base espagnole de Rota.

Chaque heure tombent sur les réseaux d'information de nouveaux communiqués militaires ou politiques qui malheureusement, tous confirment une accélération des tensions entre les ukro-atlantistes et la Fédération de Russie; le Belarus ou les républiques du Donbass, ainsi par exemple de cet ultimatum du Ministre ukrainien des Affaires étrangères, Kubela, qui a donné 48 h à Moscou pour donner les détails et le programme des exercices interalliés "Union resolve 2022" commencés le 10 février au Belarus....

A suivre...

Erwan Castel



jeudi 10 février 2022

"Cochon qui s'en dédit"

Lorsque le président français Macron, dans une tournée internationale certes nécessaire au regard de ses responsabilités européennes, rencontre les présidents Poutine et Zelensky autour de la crise aggravée ukrainienne, il apparait que ce candidat à sa propre réélection présidentielle n'écoute pas ses interlocuteurs, ne maîtrise pas la réalité du terrain, et affiche un parti pris pro-ukrainien incompatible avec le rôle de médiateur qu'il cherche à jouer.

Après que le Kremlin ait sèchement taclé le vantard français qui annonçait avoir convaincu le président russe de retirer ses troupes déployées sur le flanc occidental de la Fédération de Russie (fallait oser demander à une armée de quitter son propre territoire !), le mendiant Zelensky, qui continue d'agiter sa sébile devant les armuriers occidentaux, a quant à lui raconté ce que voulait entendre Macron, cet autre laquais de Washington : "nous allons respecter les accords de Minsk !".

Le problème c'est que derrière ces acquiescements diplomatiques ukrainiens déjà entendus des dizaines de fois au cours des 7 dernières années, il y a les réalités politiques et militaires d'un régime fantoche programmé pour mener une guerre, directe ou indirecte, contre la Russie et qui n'a pas d'autre issue que de disparaître soit dans un conflit militaire avec Moscou qui serait la conséquence de son retrait radical des accords de paix, soit dans une désintégration étatique qui serait la conséquence de leur stricte application.

1 / Un effondrement militaire

Si les forces ukrainiennes, que ce soit avec ou sans false flag préalable, engagent un coup de force majeur dans le Donbass qui dans une réaction en chaîne d'opérations militaires entraine une intervention des forces russes, l'inévitable défaite militaire qui suivra, même si le conflit ne déborde pas de l'Est du pays, entrainera la chute du régime actuel sous le tsunami de cercueils déferlant sur Kiev. 

Et Zelensky sait très bien, dans ce scénario prévisible, que l'Ukraine ne verra pas les occidentaux venir à son secours plus que les aides logistiques, celles du renseignement militaire et les sanctions économiques anti-russes déjà amorcées.

2 / Un effondrement étatique 

Si Kiev décide de respecter scrupuleusement les accords de Minsk, cela va provoquer un séisme en Ukraine, d'une part parce que d'autres régions aux identités non ukrainiennes vont à leur tour demander à bénéficier du "statut spécial" accordé au Donbass, et que l'opposition nationaliste, farouchement accrochée à un système centraliste ethno-centré et policier, considérant que le pouvoir a trahi le pays, déclenchera immédiatement un coup d'Etat fasciste qui fera passer celui du Maïdan pour une promenade de santé.

D'ailleurs, si on écoute les responsables politiques ukrainiens gravitant autour du président ukrainien, et qui sont moins contraints (ou disposés) à s'aligner sur la langue de bois occidentale, on ne peut que constater que dans leur ensemble audible, ils refusent catégoriquement d'appliquer le processus de paix signé à Minsk et que les défenseurs d'une "solution militaire" dans le Donbass et même en Crimée sont de plus en plus nombreux, excités par les aides militaires massives de l'OTAN en cours :

Deux exemples récents concernant le refus d'appliquer les accords de Minsk et qui rejoignent les déclarations de Zelensky en 2021 lorsqu'il disait que "l'Ukraine ne peut accepter les accords de Minsk dans leur écriture actuelle":

  • Alexeï Danilov, le secrétaire du Conseil de Sécurité Nationale et de Défense de l’Ukraine a déclaré dans une interview au média  Associated Press que "le respect des accords de Minsk signifie la destruction de l’Ukraine", et de rajouter avec un certain réalisme que "Si les occidentaux insistent sur le respect des accords de Minsk tels qu’ils sont, ce sera très dangereux pour notre pays" et de rajouter, confondant l'élite politique avec le peuple que "si la société n’accepte pas ces accords, cela pourrait conduire à une situation interne très difficile et la Russie compte là-dessus".
  • Quant à Dmitry Kuleba, le Ministre ukrainien des Affaires Etrangères, son refus des accords de Paix est encore plus clair: "Les accords de Minsk ne peuvent pas être mis en œuvre aux conditions russes, qui sont basées sur un dialogue direct entre l'Ukraine et l'ORDLO (les représentants des républiques de Donetsk et Lugansk), qui nous est imposé et qui est rejeté lors de réunions à tous les niveaux". Ici Kuleba oublie que les accords de Minsk n'ont pas été écrits que par la Russie mais aussi par la France et l'Allemagne... et l'Ukraine pays dont l'Ukraine...

Le régime de Kiev est donc l'otage à la fois de sa servilité volontaire à la stratégie de Washington et de sa propre rhétorique russophobe qui fonde son existence et le déresponsabilise de ses échecs socio-économiques. Zelensky se sait condamné à court ou moyen terme, d'autant plus que s'éloignent définitivement les fantasmes de voir être réécrits dans une partialité pro-ukrainienne les accords de paix ou que les menaces économiques occidentales paralysent les forces russes pendant un coup de force ukrainien dans le Donbass. Donc en attendant, Kiev joue la montre, avec la carte hypocrite sur le front diplomatique et la carte cynique sur le front militaire espérant que Washington et ses laquais trouvent la solution miracle pour faire plier Moscou, ce qui aujourd'hui est devenu impossible pour la simple et bonne raison que la Fédération est acculée sur ses frontières et ne veut, ni peut ni plus rien concéder à des "partenaires" devenus progressivement depuis 30 ans des adversaires hégémoniques.

La seule solution pour sauver la Paix dans la région serait que Zelensky décide de restaurer une réelle indépendance de l'Ukraine pour que soit restaurée un glacis neutre devant un flanc occidental russe dénué de profondeur stratégique.

  • en se libérant de l'ingérence politique étasunienne infectant tous les rouages du pouvoir,
  • en se libérant de la dépendance économique au système militaro-industriel occidental,
  • en abandonnant l'idée folle d'intégrer l'OTAN ou d'être son partenaire, 
  • en créant d'un Etat fédéral aux larges autonomies régionales (comme prévu) en 1991), 
  • en autorisant l'irrédentisme des territoires arbitrairement rattachés à Kiev,
  • en reconnaissant la dimension russe de l'identité ukrainienne,
  • en nettoyant son pays des extrémistes bandéristes et néo-nazis...

Oui je sais, le père Noël n'existe pas, mais bon: on a le droit de rêver de temps en temps  surtout quand la Paix est au bout du chemin !

Erwan Castel

mardi 8 février 2022

A Moscou, Macron vient défendre.... Macron !

 

Le 7 janvier 2022, Emmanuel Macron, sous ses casquettes de président français, de signataire des accords de Minsk, de membre de l'OTAN, de président de l'Union Européenne... et surtout de candidat aux prochaines présidentielles est venu s'entretenir avec Vladimir Poutine, le président de la Fédération de Russie au sujet de la crise ukrainienne, de la guerre du Donbass et plus généralement de la confrontation sécuritaire entre l'OTAN et la Russie.

D'un côté, un président russe courtois et accueillant qui a profité de l'événement pour renouveler la volonté de Moscou de trouver un processus de Paix mais sans y abandonner un seul pouce de terrain concernant la sécurité de la Russie face à Washington, l'OTAN et Kiev qui l'ont clairement défini comme un adversaire politique, économique et militaire, de l'autre côté, un président français hypocrite tentant de cacher sa servilité atlantiste qui est totalement incompatible avec la mission de médiateur qu'il prétend incarner ici.

Au final cette rencontre cordiale n'aura abouti à rien de concret, comme toutes les réunions précédentes organisées avec Washington, l'OTAN ou l'OSCE, et s'il fallait résumer les 6 heures d'entretien ente les présidents russe et français je choisirai ce sourire ironique de Macron réagissant au rappel de Poutine lorsque ce dernier rappelait à la conférence de presse les principes de sécurité collective et indivisible du traité Russie-OTAN de 1997 et depuis bafoués par l'Alliance militaire atlantique qui n'a cessé de progresser vers l'Est sur fond de discours de plus en plus russophobes.

Je ne reviendrai pas ici sur le contenu des demandes russes souvent évoquées et détaillées dans des précédents articles, et dont la clef de compréhension se trouve dans les différents engagements occidentaux mais jamais respectés la rencontre Gorbatchev / Baker en 1991 et que rappelle la déclaration d'Istambul et d'Astana du sommet de l'OSCE de 2010, lorsqu'elle stipule clairement que "tout pays a l'obligation de ne pas renforcer leur propre sécurité aux dépens de la sécurité des autres États sur la base de l’attachement au principe de sécurité indivisible" . 

Par contre il est visible comme un nez au milieu d'un visage que Macron a réalisé à Moscou une opération marketing d'un candidat à l'élection présidentielle qui cherche à attirer au dessus de sa candidature une colombe de la paix pour séduire un électorat méfiant pour ne pas dire en colère. Et dans son discours, les flagorneries circonstancielles du français n'ont pas réussi à cacher ses sourires ironiques, ses références au principe défendu par Washington d'une OTAN toujours ouverte aux pays de l'Est, son alignement sur la fantasme propagandiste d'une "invasion russe", sa soumission à Washington, son soutien inconditionnel à la politique de Kiev...

De toute évidence Macron est d'abord venu à Moscou pour se donner bonne conscience et chercher, dans un consensus indiscutable autour d'un objectif de paix, à piéger ses opposants politiques nationaux en lice présidentielle contre lui et même gratter quelques suffrages.

Macron veut dans l'immédiat une "désescalade militaire" qu'il sait inévitable puisque les manoeuvres russo-bélarusses "Union Resolve 2022" programmées depuis des mois et dont la fin qui interviendra le 20 février prochain, sera, j'en fais le pari, présentée comme la conséquence de son action actuelle sauvant l'Europe d'une guerre apocalyptique etc etc...

Aujourd'hui "Jupiter" se rend à Kiev pour une réunion "entre potes" mondialistes et je ne serai pas étonné que BHL par exemple resurgisse dans l'actualité ukrainienne pour nous resservir son habituel plat russophobe obsessionnel, à l'instar de cette Nathalie Loiseau, eurodéputée LREM et présidente de la sous-commission Sécurité et Défense du Parlement européen, qui est venue préparer le terrain à Kiev avant la visite de Macron en demandant à l'UE de ne pas être "une grosse suisse molle (bonjour la délicatesse) face à la menace russe" Et cette servante de la ploutocratie mondialiste au visage bouffi par la malhonnêteté de plagier l'ébouriffé en chemise blanche en pérorant : "Ce à quoi aspire l’Ukraine et ce que menace la Russie, c’est notre façon de vivre, nos choix, nos libertés et cela se passe à moins de trois heures de Paris."

Quand j'entends la macronie parler de choix, de libertés, de sécurité tandis que ses soldats protège le pillage de l'Afrique, participent aux destructions des pays "non alignés" ou à l'hégémonie de l'OTAN en Europe...  j'hésite entre rire où prendre mon arme...

Erwan Castel

"Voulez-vous faire la guerre à la Russie? 
Demandez à vos lecteurs, téléspectateurs et internautes 
s'ils veulent que la France fasse la guerre à la Russie, 

car c'est ce qui va se passer.»


 



jeudi 25 novembre 2021

Kiev abandonne factuellement le processus de Paix

Sur le front du Donbass, la proximité des belligérants est telle que les alertes nocturnes sont lancées
au moindre bruit, alors dans la steppe des éclairantes donnent vie aux ombres et figent les vivants.

Lors de la dernière réunion du "groupe de contact" chargé d'essayer de mettre en œuvre et accompagner le processus de paix signé à Minsk en février 2015, Kostin, le représentant de la délégation ukrainienne a tout simplement (et clairement) a décidé d'abandonner la feuille de route concernant la loi sur le statut spécial du Donbass lequel bien qu'irréalisable et donc jeté à la poubelle les113 réunions qui lui avaient été consacré.

Pour les gens du Donbass qui ont du temps à perdre à lire les communiqués officiels du théâtre de Minsk 2, ceci constitue bien, au milieu de leurs quartiers bombardés depuis 7 ans par les forces ukrainiennes, un "non événement", car sur le front depuis trop longtemps la réalité des actes écrase l'hypocrisie des paroles.

Aujourd'hui encore, les "ukrops" ont tiré sur plusieurs secteurs du front, maintenant sans jamais se lasser une pression offensive sur les milices et terroriste sur les populations. Et le secteur Sud de la République Populaire de Donetsk, sous tension depuis le coup de force ukrainien sur le secteur de Telmanovo (capture de Staromarievka, bombardement de Telmanovo, utilisation du drone Bayraktar), a été la cible de tirs ukrainiens soutenus, notamment sur le front de Dokuchaïevsk (40 km Sud Donetsk).

24 nov 21, bombardement ukrainien sur le front
de Dokuchaïevsk, à 40 km au Sud Donetsk

Comme d'habitude les forces ukrainiennes, parallèlement aux tirs sur les positions défensives républicaines, effectuent aussi systématiquement des tirs sur des zones résidentielles, visant particulièrement les infrastructures de vie commune (écoles, station électriques, d'eau potable etc.). Ces actions qui ne relèvent d'aucune logique militaire ne sont que du terrorisme d'Etat à l'encontre des populations civiles.

22 nov 21, En pleine période scolaire, l'école de Krasnei Partizan (au Nord de Donetsk sur 
la route de Gorlovka) a été plusieurs fois touchée par des tirs d'artillerie ukrainiens.

Géolocalisation des tirs ukrainiens sur l'école de Krasneï Partizan du 22 nov 21.



Alors que les propagandes restent logiquement focalisées sur la première utilisation du drone d'attaque turc Bayraktar TB2 sur ce front Sud et sur celle, avérée fausse, du missile antichar américain Javelin, d'autres drones ukrainiens larguent quotidiennement des munitions explosives sur le front avec des moyens offensifs qui ont évolué du bricolage artisanal de drones d'observation à la production industrielle de drones tactiques spécialisés dans ce type de bombardement et de munitions adaptés, des RKG 1600 produites par la firme Mayak à Kiev.

Deux autres exemples de bombardements ukrainiens 
par drone tactique - vidéos propagande ukrainienne.


Les forces ukrainiennes utilisent également cette arme aérienne contre les zones résidentielles civiles tuant, blessant ou détruisant pour terroriser la population et l'inciter à quitter les localités près du front.

Ainsi, pas plus tard que le 25 novembre 2021 un drone tactique ukrainien a réalisé une nouvelle attaque à 05h40 du matin, larguant plusieurs munitions explosives de RPG 7 au-dessus de la rue Ordjonikidze, dans une secteur d'immeubles résidentiels près de la gare routière, occasionnant heureusement que des dégâts matériels. A noter qu'une des munitions larguées n'a pas explosé.

25 nov 21, bombardement aérien ukrainien par drone tactique du
secteur de la gare routière de Yasinovataya (20 km Nord Donetsk).

Munition du drone non explosée (RPG 7)

Face à cette menace aérienne ukrainienne devenue quotidienne et de plus en plus efficace, les forces de défense républicaines ont déployé prioritairement sur les secteurs sensibles des stations de contre mesures électro magnétiques qui sont complétées par des armes identiques et portatives qui sont en cours de dotation systématique au sein des unités d'infanterie sur la première ligne.

Ainsi les interceptions des drones ukrainiens sont elles aussi de plus en plus fréquentes comme par exemple ce drone neutralisé par une station de guerre électronique républicaine au matin du 24 novembre sur le front Ouest de Donetsk près de la mine Abakumova. les contre mesures électroniques ont fait chuter ce drone qui emportait accrochés sous sa structure 3 munitions explosives à larguer et en touchant le sol l'une d'entre elles a explosé. Sur les lieux, Viktor Gorbanovsky, un civil a réussi a briser des pales des rotors (avec une béquille) alors que l'engin tentait de redécoller. Dès leur arrivée sur le site du crash les sapeurs de la RPD  ont désamorcé les 2 munitions restantes. 



Côté Ukraine, le fantasme d'une offensive russe pour janvier répandu par la propagande ukro-occidentale fait son chemin, des cartes avec des flèches rouges toutes plus fantaisistes les que que les autres illustrent des débats abscons sur les réseaux et les médias ukrainiens. Mais le pire est que les ukropithèques finissent par croire à leurs propres délires tel ce nouveau ministre de la Défense, Alexei Reznikov, qui annonce la mobilisation de 200 000 réservistes au début du mois de janvier 2022.

En attendant, sur la première ligne du front, les forces ukrainiennes multiplient tirs d'infanterie et d'artillerie, drones de reconnaissance et bombardements, creusement de nouvelles tranchées d'approche tandis qu'à l'arrière les routes et les voies ferrées sont encombrées de convois montant vers le front :

22 nov 21, gare de Nikolaiev, convoi ferroviaire
ukrainien en chemin vers le front du Donbass.

Tandis que les forces russes répondent symétriquement aux mouvements des forces ukrainiennes en déployant dissuasivement à nouveau (comme en mars 2021) des unités vers les frontières de Kiev, la diplomatie russe tente une fois encore de désamorcer cette escalade majeure initiée par les "ukrops".

Ainsi le président russe Vladimir Poutine a alerté le Président du Conseil européen sur la situation dans l'est de l'Ukraine face à laquelle il s'est dit "préoccupé par les provocations continues de la partie ukrainienne visant à aggraver la situation sur la ligne de contact. Il a également été indiqué que la politique de Kiev de discrimination à l'encontre de la population russophone doit être arrêtée, ce qui viole les obligations internationales de l'Ukraine" (allusion aux habitants du village de Staromarievka (180 dont 37 citoyens russes), récemment capturé par la 93e brigade ukrainienne dans le secteur de Telmanovo (60 km Sud Donetsk).

Moscou réussir a-t-il cette fois encore à dissuader Kiev de franchir la ligne rouge dans le Donbass où s'achemine t-on vers un conflit régional qui s'il n'est pas extrêmement rapide risque de déborder largement de ce volcan du Donbass entré à nouveau en éruption ?

Telle est la question que tout le monde se pose et pour laquelle on connaitra certainement rapidement la réponse .

Erwan Castel


43 jours de détention pour Andrey Kosiak, enlevé et torturé par
les forces ukrainiennes sur le front de Lugansk, qui refusent de
 libérer et même de donner des nouvelles de cet homme pourtant
 observateur de l'OSCE en mission sur le front du Donbass.

jeudi 29 avril 2021

Un pouvoir ukrainien toujours relaps

 

Du 26 au 28 avril se réunissaient par visio-conférence les représentants du groupe de travail trilatéral chargé de conduire le processus de paix depuis 7 ans. Parmi les sujets abordés celui, consensuel, d'un nouveau cessez le feu (en plus de l'originel signé à Minsk en février 2015) à l'occasion des fêtes de Pâques, mais qui selon l'habitude de Kiev est rompu par ses soudards à peine quelques heures après la fin de cette nouvelle réunion inutile.

Ainsi, ce 29 avril avant 8h00 du matin pas moins de 50 tirs ukrainiens avaient déjà été enregistrés sur le front, dont 19 obus d'obusier et de mortier.

Situation militaire au 29 avril 2021, pour le seul front de Donetsk


Sur le front du Donbass...

Pendant que se déroulait la réunion du groupe tripartite de Minsk, sur le front du Donbass a été observé une légère diminution des bombardements, puis dès les premières lueurs du jour, les bombardements ukrainiens ont repris, principalement autour de Donetsk.

Radicaux nationalistes biélorusses mercenaires dans 
l'armée  ukrainienne en train de tirer des missiles 
antichars sur la périphérie Nord de Donetsk

29 avril 2021

💥29 avril 21,0 5h23: bombardement ukrainien au mortier du village de Naberezhnoe (Front de la RPD) depuis Pavlopol. 6 obus de 82 mm et 30 grenades autopropulsées AGS tirés.

💥 29 avril 21, 06h35: bombardement ukrainien dans le Nord de Donetsk

💥 29 avril 21, 06h30: bombardement ukrainien au mortier du village de Yakovlevka (au Nord de Donetsk) depuis Avdeevka : 9 obus de 120 mm tirés.

29 avril 21, matin, bombardement ukrainien de Yakovlevka
Un des obus de mortier tirés sur Yakolevka sans explosé s'est fiché dans la route 
vers Donetsk empruntée par les civils travaillant dans l'une ou l'autre de ces localités.

💥29 avril 21, 06h50: les bombardements ukrainiens dans le Nord de Donetsk s'intensifient

💥 29 avril 21, 07h07: bombardement ukrainien à l'artillerie lourde du village de Yakovlevka (au Nord de Donetsk) depuis Opitnoe : 4 obus d'obusier de 122 mm tirés.

💥 29 avril 21, 12h30: bombardement ukrainien du village de Staromikhaïlovka (Ouest Donetsk).

💥29 avril 21, 13h05: bombardement ukrainien du village de Leninskoe (front Sud de la RPD) depuis Vodianoe. 22 grenades autopropulsées AGS tirés.

💥29 avril 21, 18h20: bombardement ukrainien au mortier du village minier 6/7 (Ouest Gorlovka) depuis Shumy. : 6 obus 82 mm tirés et des tirs de snipers.

💥 29 avril 21, 19h10: bombardement ukrainien au mortier du village de Trudovsky (Sud Ouest Donetsk) depuis Krasnogorovka. 8 obus de 120 mm..

29 avril 21 soir, bombardement ukrainien de Trudovsky. Sur la carte, les zones
résidentielles touchées par les tirs, à l'Ouest, les avants postes ukrainiens de
Marinka, à l'Est le district Petrovsky (Donetsk) auquel appartient ce village minier. 

💥 29 avril 21, 19h35: bombardement ukrainien à l'artillerie lourde du village de Veseloe (Nord Donetsk) depuis Peski. 6 obus de 122 mm.

 Tard dans la nuit, les services du ministère des situations d'urgence de
Donetsk, dont il faut saluer le courage d'intervenir sur le front, luttaient
toujours contre les incendies déclenchés par les bombardements, comme ici
à 23h au 31 de la rue Tyulenina sur un bâtiment heureusement non résidentiel

27 & 28 avril 2021

Concernant les 2 journées précédents voici quelques uns des bombardements réalisés:

💥28 avril 21, 16h00: bombardement ukrainien au mortier du village de Staromikhaïlovka (Ouest Donetsk) depuis Krasnogorovka. 6 obus de 120 mm tirés.

28 avril 21, bombardement ukrainien sur Staromikhaïlovka

❗️ 28 avril 21, vers 14h00 à Slavianoserbsk (front de Lugansk) des hélicoptères ukrainiens ont été repérés à environ 3-5 km , soit en violation de la zone d'exclusion aérienne définie par les accords ce Minsk.

 

💥27 avril 21, 06h07 : bombardement ukrainien au mortier du village de Kominternovo (front Sud RPD) Depuis Vodyanoe. 7 obus de 120mm tirés

💥 27 avril 21, 09h35 : tirs ukrainiens sur Spartak (Nord de Donetsk). 3 missiles antichars tirés

💥 27 avril 21, 11h35 : tirs ukrainiens sur Kruta Balka (Nord Ouest de Yasinovataya) depuis Kamenka. 2 roquettes RPG 7 tirées.


Du côté de l'Ukraine...

Président Zelensky, le "gouverneur de la colonie Ukraine" se promène à la fois sur le terrain militaire et dans ses discours politique confirmant à chaque instant que le ridicule ne tue pas.

  • Visite dans le secteur de Kherson de la "ligne de front de Crimée" où les forces ukrainiennes continuent leur renforcement.
  • Après avoir proposé au Président russe Poutine une rencontre dans le Donbass (partie occupée par l'Ukraine), puis décliné l'invitation de la faire à Moscou, Zelensky a lancé maintenant le sketch d'une rencontre avec son homologue russe et orthodoxe... dans la cité-Etat catholique du Vatican (?!) 

Plus sérieusement, les forces ukrainiennes continuent leur nouveau déploiement offensif sur le front, et en totale violation des accords de Minsk au chevet desquels s'est penché un groupe tripartite, otage impuissant de l'hypocrisie ukrainienne.

Entre autres mouvements d'unités ukrainiennes vers le front les observateurs de l'OSCE ont enregistré : 
  • un système d'armes antiaérien de missiles S300 arrivé à Nikolske sur le front de Mariupol, au Sud de la RPD,
  • 16 obusiers automoteurs de 152mm "Acacia" arrivés à Khlibodarivka sur le front de Volnovakha (entre Mariupol au Sud et Donetsk)

Sur la route vers l'OTAN

le lieutenant-général Sergei Korniychuk

A Kiev a débuté un séminaire stratégique conduit par l'Etat Major ukrainien sur le thème de la coopération interalliée et de l'intégration à l'OTAN dont les officiers de liaison de nombreux pays participent à cette rencontre. Dès les premiers mots de son discours d'inauguration de cette réunion atlantiste, le lieutenant-général Sergei korniychuk, chef d'état-major des forces armées ukrainiennes, a tenu à l'inscrire dans le contexte de la guerre avec la Russie revendiqué officiellement par le pouvoir ukrainien depuis cette année: .

"Compte tenu de la politique agressive de la Russie, qui vise à détruire notre état, notre choix est l'intégration dans les structures de l'OTAN et la formation des forces armées ukrainiennes, qui garantiront la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Le Kremlin est prêt à tout prix à empêcher la mise en œuvre de ces plans, considérant le fait de transformer l'Ukraine en un pays européen indépendant et prospère comme une menace directe à son existence".


Cette coopération de plus en plus importante entre l'OTAN et les forces armées ukrainiennes (aides logistiques, formation, armements, bases, renseignement etc...) a donné lieu également à une réunion opérationnelle du "Centre International pour le maintien de la paix et de la sécurité" afin de préparer les futurs exercices militaires interalliés de l'alliance atlantique intégrant et se déroulant en Ukraine et qui seront menés de concert :

  • L'exercice de l'OTAN "Rapid Trident 21" engagera cette année 6000 combattants ukrainiens et inaugurera dans l'histoire de cet exercice annuel des exercices tactiques de niveau bataillon avec tirs de combat réels ainsi que la formation d'un bataillon multinational où seront effectués des sauts conjoints de parachutistes ukrainiens, américains et britanniques depuis des C130 de l'US Air Force. il est également prévu des exercices de vols d'approche et d'attaque de drones tactiques, décollant du territoire polonais dans des missions d'appui aérien des troupes au sol.

  • Ces exercices "Rapid Trident 21" seront pilotés par l'exercice d'Etat Major de l'OTAN "Efforts conjoints 21" constituant des postes de commandement stratégiques et  tactiques également multinationaux.

A noter que ce type d'unités multinationale est d'habitude réservé à des forces armées membres de l'OTAN et non à des pays non intégrés "invités". Une autre preuve que l'OTAN met avec l'Ukraine "la charrue avant les bœufs" et factuellement l'intègre déjà progressivement dans son ordre de bataille et organigramme militaro-politique.


Du côté de l'OTAN...


Le pont aérien logistique étasunien à destination de l'armée ukrainienne continue. Selon l'ambassade des USA à Kiev elle même, une autre "cargaison d'assistance technico-militaire" à bord d'un avion cargo. 
Comme l'a précisé l'ambassade américaine, cette fois, les forces armées ukrainiennes ont transféré une aide d'une valeur de 7,85 millions de dollars, ce qui au total des aides cumulées depuis 20014 a déjà atteint 2 milliards de dollars.

Les vols de reconnaissance des aéronefs de l'OTAN continuent et ans faiblir une seule journée: 

29 avril 21, 2 drones de reconnaissance Northrop Grumman RQ-4A "Global Hawk" de l'US
Air Force (FORTE10 & GINGR68) en mission d'observation des régions frontalières russes 
et de la ligne de front du Donbass, qu'ils suivent en parallèle du côté ukrainien. 


A ces drones "Global Hawk il convient aussi de rajouter un P08 de la RAF qui a effectué une mission de reconnaissance au large des cotes russes de Crimée et de Krasnodar.


Du côté de la Russie...

Un bilan de la position militaire de la Russie dans la région dans le contexte géopolitique du Donbass.



samedi 24 avril 2021

Epicentre & otage d'une tectonique internationale

Après la proposition renouvelée par Moscou, Donetsk et Lugansk d'une rencontre directe entre les dirigeants ukrainiens et ceux des républiques du Donbass d'ici au 27 avril 2021, c'est au tour de Dmitry Kozak, le représentant spécial du Kremlin pour la région de relancer vers Kiev cette idée pour la paix et dont il rappelle l'évidence universelle :

"ceux qui s'opposent à l'interaction directe des parties en conflit ne peuvent ou ne veulent pas tirer les leçons de la pratique historique mondiale. Pas un seul conflit dans le monde n'a été résolu par des moyens politiques non militaires sans parvenir à des accords politiques directs entre les parties au conflit",  

et Kozak, en commentant cette obstination à ne pas vouloir négocier directement avec les Républiques du Donbass, d'évoquer aussi l'hypocrisie de Kiev:

"Tous les efforts ne visent pas à instaurer la paix, mais à éviter formellement le dialogue direct et tout contact avec les représentants de Donetsk et de Lougansk. En même temps, un tel dialogue existe réellement. Toutes les discussions au sein du groupe de contact, dans ses sous-groupes de travail sont 99% des discussions entre les représentants de l' Ukraine et du Donbass. Il s'agit uniquement de créer l'apparence de l'absence d'un tel dialogue pour les forces politiques radicales de l'Ukraine".

Peine perdue car Kiev reste campé sur son refus de dialogue et pire cherche aujourd'hui à inviter un 3ème larron du camp occidental dans le théâtre en feu des accords de Minsk en la personne de l'Etat d'Israël et dont la partialité en terme de relations internationales n'est plus a démontrer.

Autant de preuves nouvelles que ce conflit régional, qui écrase depuis 7 ans la population russe du Donbass, est bien au coeur d'un affrontement global entre Moscou et Washington, et que le "pivot stratégique ukrainien" est plus que jamais d'actualité au milieu d'une tectonique internationale que l'effondrement de l'URSS a remis en mouvement.

Aussi, on peut sans exagérer dire que le petit Donbass est l'otage d'une toile d'araignée d'intérêts gigantesques et dont la pierre angulaire pontique est la Péninsule de Crimée dont il partage depuis 2014 la destinée géostratégique. 

C'est pour cela que ce conflit qui n'a de régional et civil que l'apparence dure depuis plus longtemps que la seconde guerre mondiale (tout comme le conflit syrien par exemple) et aujourd'hui, tandis que la situation militaire sur le front du Donbass continue de s'envenimer sous l'augmentation des tirs ukrainiens, sur le planches du théâtre diplomatique international où les puissance se déchirent autour de ses enjeux, on assiste à la fois: 

  • à un ballet d'invitations au dialogue mais qui toutes échouent à engager des pourparlers de paix réels et constructifs, soit parce qu'elles sont simulacre ridicule comme l'invitation de Zelensky à rencontrer Poutine "dans le Donbass en guerre", soit parce que les mêmes autorités ukrainiennes refusent obstinément de rencontrer les représentants des républiques populaires de Donetsk et Lugansk qui sont leurs seuls adversaires militaires sur le front 
  • à une guerre des ambassades déclarée par Biden avec l'expulsion de 10 diplomates russes des USA, et qu'ont immédiatement rejoints la Tchéquie (18 expulsions) l'Ukraine bien sûr et plus récemment la Lituanie avec 3 autres diplomates russes expulsés cette semaine. Ces rétorsions de pays occidentaux aux prétextes fallacieux ont obligé Moscou à des réactions symétriques envers leurs représentations consulaires.
Nous assistons donc à une véritable hystérie russophobe occidentale qui déploie tout son arsenal pour nuire à la Fédération de Russie: politique, économique, informationnel, diplomatique, dans des guerres à outrance qui se rapprochent chaque jour dangereusement des arsenaux militaires qui ont commencé depuis plusieurs années à être agités par dessus la ligne de front du Donbass, et de manière exponentielle.

Et au milieu de cette nouvelle guerre froide, le chien fou ukrainien tire sur sa laisse pour offrir à son maître un conflit symétrique grandeur nature qui l'aidera à mettre en œuvre la stratégie du "containment" telle que définie par George F. Kennan en 1946, mais dont les origines remontent à la volonté occidentale d'isoler la Russie des voies commerciales de la thalassocratie britannique (fin XIXe siècle) puis étasunienne (début XXe siècle). 

Sur cette projection cartographique on voit d'une part  le "Rimland" cette ceinture
entre la Russie (le "heartland") et les voies économiques européennes, maritimes
et asiatiques qui lui sont vitales, et d'autre part les préemptions territoriales visant
à les contrôler et réalisées ces dernière année par l'ordre mondialiste étasunien. 

Au lendemain de l'annonce par Moscou du retrait progressif de ses forces positionnées le long des frontières ukrainiennes, officiellement pour des "exercices" militaires, Kiev a non seulement rejeté toute idée de dialogue avec Donetsk et Lugansk mais ses forces armées ont même  intensifié plus encore leurs bombardements sur les républiques du Donbass.

Sur le front du Donbass

Après une journée du 23 avril 2021 marquée par une intensification des bombardements ukrainiens en soirée, ce samedi 24, a également débuté au son du "canon-réveil" ukrainien qui a engagé ses tirs sur les banlieues de Donetsk et Gorlovka dès les premières heures de la journée.

💥 24 avril 21, 05h20: bombardement ukrainien des banlieues Ouest et Sud Ouest de Gorlovka.

💥 24 avril 21, 06h00: bombardement ukrainien du village de Trudovsky (Sud Ouest Donetsk).

24 avril 21, des tirs de grenades ukrainiennes sur Trudovsky 
déclenchent des échanges de tirs dès 6h00 du matin.

En dehors de leurs bombardements sur les territoires républicains, les forces ukrainiennes mènent des activités sur le front qui confirment leurs intentions offensives, par exemple : 

  • En Avdeevka, sur le front des Yasinovataya, les renforts ukrainiens arrivés ces derniers jours (environ 500 combattants avec véhicules blindés) ainsi que les unités qui étaient stationnées près de la poste se sont déployés sur la première ligne du front en face des défenses républicaines de Yasinovataya, avec une avancée également de moyens d'appui d'artillerie.

  • Après avoir déployé des unités blindées et d'artillerie supplémentaires au plus près du front, les forces ukrainiennes ont procédé à une amélioration de leur 2ème ligne de front, notamment avec des champs de mines importants, constituant ainsi une ligne de repli renforcée qu'elles pourront rejoindre dès le déclenchement de la réponse russe éventuelle à leur offensive.
  • La poursuite des préparatifs offensifs avec notamment le déploiement sur le front de brigades d'assaut blindées et leurs appuis feu, comme par exemple ces 60 chars T64 repérés venant d'arriver par les observateurs internationaux de l'OSCE et signalés dans leur dernier compte rendu quotidien. 

Ces 3 informations tactiques concernant les dispositifs à la fois offensif et défensif des force ukrainiennes à l'exemple de ce secteur au Nord de Donetsk illustrent bien le scénario probable d'une attaque ukrainienne limitée dans le temps et l'espace et destinée juste à provoquer une réaction militaire russe et qu'une zone d'exclusion aérienne de l'OTAN dissuadera d'aller plus loin que le front actuel mais qui permettra aux occidentaux de faire tomber et verrouiller un nouveau rideau de fer politico économique sur l'Europe ce qui est l'objectif géostratégique prioritaire de Washington.



Du côté de l'OTAN...

Malgré le commencement du retrait des troupes russes, les activités d'observation du renseignement aéroporté de l'OTAN n'ont pas faibli, bien au contraire : aujourd'hui 24 avril pas moins de 4 aéronefs de surveillance électronique ont renifler les côtes russes et la ligne de front du Donbass.

2 drones stratégiques RQ-4 de l'Us Air Force


1 Boeing P-8A "Poseidon" de l'US Air Force

1 ATR C-72-600TMPA de l'armée de l'air turque 


En conclusion

Dans le Donbass les habitants, dont 538 000 sont déjà citoyens de la Fédération de Russie par l'obtention accordée du passeport russe, tout en restant confiants sur leur destinée russe sont convaincus qu'il leur faudra encore attendre encore et surtout payer le prix du sang et des larmes pour que cette situation internationale kafkaïenne et otage de l'hypocrisie occidentale puisse enfin se débloquer en faveur de leur identité naturelle et du droit aux peuples à disposer d'eux mêmes.

Erwan Castel