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jeudi 18 mars 2021

Tel marionettiste, tel pantin !

 


L'Ukraine cet artificiel Etat Nation né d'une indépendance bâclée par un Gorbatchev irresponsable, après avoir dérivé dans le marais putride d'oligarques cupides, est devenue aujourd'hui une colonie militaire étasunienne suicidaire. 

Depuis que les démocrates ont repris les commandes du porte avion étasunien (dont ils n'avaient jamais quitté la salle des machines) la doxa belliciste militaire prend le relais de sa sœur jumelle économique (moins bruyante mais tout aussi meurtrière) dans la guerre totale menée par le capitalisme mondialiste contre les pays non soumis à sa marchandise aliénatoire.

Aujourd'hui les conditions sont idéales pour l'oncle Sam avec un fou furieux et puissant à Washington et un clown triste et faible à Kiev, pour provoquer militairement la Russie. 

L'Ukraine, via le détonateur du Donbass et la charge de la Crimée risque fortement d'être le théâtre d'un conflit régional non nucléaire, mais qui offrira à la ploutocratie mondialiste l'occasion et sans y envoyer un seul GI, de finaliser le blocus de la Russie vers l'Europe et aussi l'asservissement total des pays occidentaux à sa marchandise.

Et le sacrifice (au sens physique et étymologique du terme) de l'Ukraine dans cette fuite en avant hystérique de la stratégie capitaliste mondialiste et amorale, n'est finalement pas très gênant  pour la ploutocratie internationale, surtout que ce sont encore et toujours les peuples européens et russes qui paieront une fois de plus, loin des banquets de Wall Street et de la City, le prix du sang et des larmes.

Et cette dramaturgie européenne et sanglante n'est pas,seulement le fruit d'un impérialisme anglo-étasunien mais aussi et surtout celui de la trahison très logique des États Nations occidentaux qui n'ont jamais été autre chose depuis des siècles que la première étape d'une hégémonie capitaliste criminelle.

Il serait plus que temps que les populations occidentales sortent efin de leur apathie suicidaire et que les résistants cessent de se fourvoyer dans des nationalismes haineux et des communautarismes stupides qui ont creusé le tombeau des peuples européens depuis plus de 1000 ans.

Nietzsche disait "l'Europe se construira au bord de son tombeau"

Nous y sommes ! 

Erwan Castel


jeudi 11 février 2021

Vers une nouvelle escalade militaire ?

Obusier tracté de 122mm D30, comme ceux qui ont bombardé le 8 février le front au Nord de Donetsk.


Dans le précédent article je signalais un réchauffement du front du Donbass au lendemain de la trêve de Noël et de la prise de fonction de Biden à la Maison Blanche. Depuis le début de février, des actions de l'armée ukrainienne mais aussi des déclarations de responsables politiques à Kiev confirment la probabilité d'une nouvelle escalade militaire dans le Donbass. 

J'ignorerai les cris d'orfraie des propagandistes pro-russes qui déclenchent l'alarme générale dès qu'un ukrops pète dans sa tranchée autant que les vociférations des excités kiéviens, journalopes ou députaillons en mal de buzz médiatique et qui se sont lancés, depuis le retour officiel à Washington de leurs parrains préférés du Maidan, dans une surenchère russophobe repoussant toujours plus loin les limites de la haine et de la connerie.  

En observant les faits dans leur réalité juste on peut relever effectivement un poursuite des violations du cessez le feu, avec notamment l'engagement de l'artillerie lourde ukrainienne contre un blok-post républicain bombardé ce 8 février sur le front de Yasinovataya. Cette aggravation sensible du front, au cours de laquelle 2 civils ont été blessés, qui concerne de nombreux secteurs des 460 kilomètres du front des 2 républiques de Donetsk et Lugansk est d'ailleurs confirmée par les observateurs internationaux de l'OSCE qui y sont déployés :

Du 5 au 7 février 2021, 349 violations du cessez le feu ont été observées 
sur le front de Donetsk, et 25 autres sur le front de Lugansk. 



Mais c'est le 8 février en soirée qu'a eu lieu l'attaque ukrainienne la plus significative, par le bombardement d'un blok post républicain du front de Yasinovataya, positionné sur la route Donetsk-Gorlovka et qui est régulièrement le théâtre de violents accrochages entre les positions républicains et ukrainiennes distantes de seulement quelques centaines de mètres.

Ce bombardement de l'artillerie lourde du 2ème échelon ukrainien s'est accompagné de tirs nourris des avants postes et qui ont déclenchés un échange de tirs élargi et logique entre les belligérants de ce secteur sensible. Plus tard, au milieu de la nuit le calme est revenu sur une ligne de front qui n'a pas bougé d'un centimètre.

Géolocalisation du bombardement ukrainien sur le front de Yasinovataya le 8 fevrier soir.

Cependant, ce bombardement de l'artillerie lourde ukrainienne a surpris la population qui pouvait entendre ses détonations et explosions depuis le centre ville de Donetsk, brisant ainsi plus de 6 mois d'accalmie relative où le front n'était secoué que par des crépitements d'armes automatiques et tirs de mortiers d'infanterie sporadiques circonscris à la ligne de front.

Bombardement ukrainien du 8 février 2021

D'aucuns interprètent ces explosions sur le front du Donbass comme la conséquence directe ou indirecte du retour aux affaires étasuniennes du parti de la guerre démocrate et de sa stratégie mondialiste plus brutale que celle des républicains, et je suis d'accord pour ne pas y voir qu'une simple coïncidence calendaire.  

Le fait est qu'une tension est de nouveau palpable de chaque côté du front et jusque dans les villes de garnison où les alertes régulières et les entrainements dérangent à nouveau la monotonie des casernes.

Côté ukrainien cette tension des forces déployées est également visible mais dans toute son absurdité meurtrière comme par exemple, dans le secteur ukrainien de Volnovakha où un chauffeur de taxi a été tué par des soldats nerveux, alors qu'il ramenait un sergent ivre vers sa position, qu'il avait quitté la veille "pour se détendre en ville" !


Concrètement, on observe également une levée des restrictions renforcées qui avaient été imposées au cours des derniers mois, comme par exemple les missions des tireurs d'élite et des groupes de reconnaissance qui avaient cessé leurs activités offensives. 

A noter aussi un renforcement du front ukrainien avec de nouvelles unités d'assaut mécanisées, d'artillerie et de blindés, principalement sur ce secteur du front situé au Nord de Donetsk entre les villes de Yasinovataya (républicains) et Avdeevka (ukrainiens) :

- Des unités d'infanterie ukrainiennes supplémentaires ont été observées sur leurs positions à Avdeevka Opytnove, Butovka (Nord de Donetsk) et sur la zone industrielle située à l'Ouest de Yasinovataya.

- A Lastochkino, plusieurs obusiers automoteurs 2S1 ont été vus se dirigeant vers Avdeevka.

- Au Nord d'Avdeevka, ont été également signalées des arrivées côté ukrainien d'unités d'infanterie, d'artillerie (obusiers D-30, automoteurs 2S1) et des chars de combat.

- Au Sud d'Avdeevka (près de l'aéroport de Donetsk) dans le secteur de Pervomais'ke / Peski ont été observés 4 nouveaux pelotons ukrainiens mécanisés mixtes avec des chars de combat, des véhicules de combat d'infanterie et des automoteurs Ss1 de 122mm.

Ailleurs, à l'arrière du front ukrainien d'autres observations confirment le renforcement du déploiement militaire dans le Donbass comme par exemple en  gare de Krasnoarmeysk où 2 convois ferroviaires camouflés sont arrivés avec des chars et des véhicules de combat d'infanterie (BMP 1 & 2) identifiés.


Il est donc logique que les plus pessimistes voient dans ces activités ukrainiennes la préparation d'une action offensive majeure sur le front au Nord de Donetsk (sur Spartak par exemple qui jouxte Putilovkala la porte Nord de Donetsk et ses voies rapides vers le centre ville ou Yakolevka & Mineralnoe entre Yasinovataya et Donetsk pour augmenter l'étranglement des voies logistiques du front Nord républicain).

Mais il ne faut pas oublier non plus le contexte géopolitique où sur l'échiquier se joue toujours la partie des accords de Minsk dans lesquels les occidentaux veulent élargir le quartet Normandie (Russie-Ukraine-Allemagne- France) à la participation des USA, pour augmenter sans conteste la pression occidentale sur Moscou ou/et forcer le déploiement de casques bleus sur le front pour y amorcer un autre scénario de type croate. Or une aggravation du front serait pour les occidentaux un prétexte pour proposer ces réformes du processus de paix vers un Minsk 3, sans toutefois rompre le front ce qui signifierait la fin définitive des accords qui pour le moment permettent à tous de gagner du temps...

La dimension politique de ces actions de l'armée ukrainienne est confirmée, je pense, par une nouvelle visite du front par le président Zelensky, accompagné par les ambassadeurs du G7 au moment où le FMI demande à Kiev de diminuer ses dépenses.

Donc selon moi, si le pire scénario est possible compte tenu de l'imprévisibilité du pouvoir ukrainien et l'inconnu de la nouvelle feuille de route étasunienne, je pense qu'on assiste à une nouvelle gesticulation ukropithèque qui ne tente qu'à relancer une campagne de terreur dans les Républiques de Donetsk et Lugansk, redynamiser ses soldats de plus en plus démotivés, et nourrir la propagande occidentale qui espère une résolution militaire de ce conflit et un blocus total contre la Russie.

11 février, le président ukrainien Zelensky accompagne les ambassadeurs du G7 sur le front.

Et si je me trompe et qu'une offensive ukrainienne, même limitée, est engagée, alors ce sera tant pis pour Kiev qui essuiera une contre-offensive républicaine violente et probablement appuyée par la Fédération de Russie dont le Président a confirmé hier que jamais Moscou n'abandonnera le Donbass. 

Erwan Castel

vendredi 31 juillet 2020

6 années de haine et de sacrifice


Il y a 6 ans sous le "règne" du président Porochenko, l'aviation de combat des forces ukrainiennes poursuivait ses bombardements dans le Donbass, tandis que ses blindés, son artillerie et ses bataillons spéciaux semaient la terreur dans tous les territoires des jeunes républiques avant de fondre dans les chaudrons de leurs milices...

Il y a 6 ans l'oligarque du chocolat Roshen devenu la marionnette kiévienne de Washington promettait la terreur et la guerre aux enfants du Donbass :


6 années plus tard rien n'a changé à part un enlisement des belligérants dans 460 kilomètres de tranchées, car sur fond de combats et bombardements quotidiens, Zelensky le nouveau laquais ukrainien de l'OTAN, piétinant à son tour ses promesses électorales de paix et les accords de cessez le feu signés à Minsk, reprend le même narratif criminel hystérique comme ici par exemple lors de l'inauguration d'un nouveau bâtiment de l'hôpital Okhmatdet. 

"On va construire un nouvel avion 
pour montrer à tout le monde comme nous sommes forts. 
Les avions voleront et nous allons bombarder tout le monde.!"

Volodymir Zelensky, 29 juillet 2020

Je ne suis pas médecin mais au vu de ses traits grimaçant, ses poings menaçant et de sa voix éraillée de fatigue je conseillerais au clown ukrainien devenu président d’arrêter urgemment de sniffer et de prendre rendez vous pour une consultation psychiatrique... voire un peloton d'exécution !



C'était un 31 juillet 2014...

Les personnes qui me connaissent savent que ma farouche opposition à l'idéologie dogmatique des trois monothéismes abrahamiques n'a d'égal que mon respect immense pour la foi, ce dynamisme universel qui anime nombre de pensées et actions humaines altruistes. Ainsi dans ce Donbass en guerre où les communautés chrétiennes et musulmanes ont déployé sous les bombardements toute la force de leur foi et le courage de de leur communauté pour soigner la peur et la souffrance des familles bombardées allant parfois jusqu'au sacrifice ultime....



Le 31 juillet 2014, Vladimir Kreslyansky, l'archiprêtre de l'église Saint-Georges, homme, clerc et père de famille, a été tué par l'aviation ukrainienne dans des circonstances qui confinent au martyr dans sa définition la plus religieuse possible. 

Alors qu'il quitte son église à l'issue du service du soir, des chasseurs bombardiers ukrainiens larguent sur ce quartier de Lugansk des bombes à fragmentation. Lorsque les 2 premières bombes explosent, projetant vers le sol leurs cônes d'éclats, le père Vladimir a été grièvement blessé à la poitrine et au bras alors qu'il arrivait dans la rue Chapaev. serrant ses blessures, le père Vladimir a trouvé la force de marcher avant de s'effondrer épuisé par ses blessures. Et cet homme de foi a alors rassemblé ses dernières gouttes de vie pour s'agenouiller et prier pour le salut des âmes. 

Pendant son agonie, les chasseurs bombardiers ukrainiens multiplient leurs attaques, larguant 6 autres bombes à fragmentation qui toutes n'exploseront pas et finiront leurs chutes inertes encastrées dans l'asphalte des rues et la terre des jardins de ce quartier résidentiel très peuplé. 

On retrouvera quelques instants après le bombardement ukrainien le père Vladimir à genoux dans son sang, figé dans une ultime prière éternelle.

D'aucuns voient naturellement dans cette tragédie où 8 bombes à fragmentation de 500 kg n'ont fait qu'une victime un miracle initié par le martyr de Vladimir Kreslyansky qui laisse 5 orphelins et le souvenir d'un homme entièrement dévoué aux familles de son quartier pour qui sa porte restait toujours ouverte, et qui consacrait sa vie à son travail missionnaire entre Il a consacré beaucoup de temps au travail missionnaire entre ses deux églises de St. George et St. Ascension mais aussi une maison de retraite et un internat pour enfants malades où il prodiguait quotidiennement des services religieux, des conseils et des soins.

Il y a dans l'histoire de cette guerre inachevée des milliers de moments tragiques comme celui-ci, conséquences intolérables de cette haine ukrainienne, lâche et criminelle, qui s'abat sur les populations du Donbass mais comme le père Vladimir,  il se trouve toujours à chaque instant et à chaque endroit des hommes et des femmes, clercs, ou laïcs, civils ou militaires, pour offrir leur forces mentales et physiques et souvent leurs vie pour soigner les souffrances, protéger les libertés et porter toujours plus loin l'espérance de tous. 


Le Donbass est devenu une terre héroïque et une terre martyre, par la souffrance interminable de millions de personnes et le sacrifice de milliers d'autres, et qui resteront pour la plupart anonymes. 
Et le pire à vivre est probablement devant nous !

Heureusement qu'ici sur cette steppe du Don érodée par les vents de l'Histoire, les gens ont le Foi en leur destinée !


Erwan Castel


jeudi 21 mai 2020

"Branle bas de combat !"


"Aujourd'hui, selon le décret du commandant en chef suprême de la République populaire de Donetsk, les unités de la milice populaire de la République Populaire de Donetsk sont en état d'alerte."
Edouard Basurin, 

porte parole de l'Etat Major de la milice de la RPD, 20 mai 2020

Le 20 mai, la République Populaire de Donetsk comme sa sœur jumelle de Lugansk, dans des gouvernances politiques et des commandements militaires synchrones ont mis leurs forces de défense en état d'alerte. Ce "branle bas de combat" général est appuyé par un ultimatum en forme avertissement politique adressé à un régime de Kiev dont les forces armées continuent à bombarder les territoires républicains faisant quotidiennement des victimes au sein des forces de défense et des populations civiles.

Dans la République de Lugansk, l'état d'alerte maximum qui a été décrété la veille a immédiatement commencé à être mis en oeuvre comme par exemple:
  • La mobilisation des réservistes, 
  • La 4ème brigade d'artillerie s'est déployée vers l'avant dans la région de Stakhanov
  • Les 7ème et 4ème brigades, le 6e Régiment cosaque et toutes les unités de fusiliers motorisés ont également avancé dans leurs zones de responsabilité en déploiement de combat complet.
En RPL, l'objectif annoncé de cette mise en alerte de ses forces de défense est d'être en mesure de riposter immédiatement en cas de poursuite des bombardements ukrainiens, par des tirs de contre batterie et éventuellement des contre attaques destinées à repousser les forces ukrainiennes au delà de la zone grise qu'elles ont envahi progressivement depuis 4 ans.

 "Les artilleurs ont reçu l'ordre de ne pas épargner les obus 
en cas d'aggravation de la situation par l'ennemi."


Dans la République de Donetsk, les forces de défense ont été mises en état d'alerte et les unités de combat déployées vers l'avant. L'Etat Major de la milice a contacté également les réservistes pour se tenir prêt à rejoindre leurs unités. Tout comme son homologue de Lugansk, le président de la RPD a lancé une déclaration ferme en direction des autorités ukrainiennes :


"Depuis le 1er mai, la situation sur la ligne de contact s'est fortement dégradée. Des groupes armés d'Ukraine utilisent activement des armes interdites par les accords de Minsk, notamment de l'artillerie de gros calibre, le cessez-le-feu a été violé plus de 250 fois.

L'augmentation des bombardements entraîne la destruction de bâtiments résidentiels et d'infrastructures civiles. Mais le plus regrettable est quand, les 1er, 4 et 7 mai, des habitants des colonies de Spartak, Sakhanka et Aleksandrovka ont été pris pour cible par l'AFU, ce qui a causé la mort d'une femme et la blessure de cinq enfants mineurs.

Pendant les 19 premiers jours de mai 1 femme est décédée et 11 personnes ont été blessées à de degrés de gravité variables. Les rapports de l'OSCE SMM confirment que toutes les victimes civiles résident dans les républiques.
Mais au lieu d'engager des poursuites et d'arréter les auteurs responsables, les représentants officiels de Kiev au sein du groupe de contact refusent de signer des mesures de contrôle du cessez-le-feu spécifiques, ainsi qu'une interaction directe afin de réduire les tensions sur la ligne de contact, encourageant ainsi en fait l'agression armée de la part de l'AFU (Forces Armées Ukrainiennes)
La République Populaire de Donetsk est prête pour un dialogue constructif direct avec les plénipotentiaires de Kiev, ainsi que pour la mise en œuvre consciencieuse des accords conjoints à condition d'une même mise en œuvre consciencieuse de ces accords par Kiev. Mais nous ne pouvons pas montrer sans cesse la paix unilatéralement lorsque nos concitoyens continuent de souffrir: une femme a de nouveau été blessée sur notre territoire - une résidente pacifique d'Elenovka.
À cet égard, en tant que chef de la République Populaire de Donetsk, j’ai décidé d’améliorer la préparation au combat des unités de la milice populaire en cas de nouveaux comportements agressifs à Kiev. Toutes les instructions nécessaires ont déjà été données.
Nous exhortons l'OSCE et les garants des accords de Minsk - la Fédération de Russie, la France et l'Allemagne - de convaincre les dirigeants ukrainiens d'empêcher l'escalade du conflit et de mettre fin aux provocations, tant sur la ligne de contact que sur la plateforme de négociation.
Denis Pushilin ,
Chef de la République populaire de Donetsk


Ce branle bas de combat des forces républicaines en réaction à une intensification inquiétante des bombardements ukrainiens a 3 explications potentielles cumulables: 
  • Dissuader militairement Kiev de poursuivre ses campagnes de bombardements meurtriers contre les territoires de Donetsk et Lugansk.
  • Préparer l'ensemble du front à appuyer une contre-attaque punitive républicaine sur des unités responsables des violations du cessez le feu,
  • Empêcher Kiev, par un déploiement préventif général, de mettre en oeuvre une offensive repérée par le Renseignement militaire.
Plusieurs indicateurs doivent cependant attirer notre attention car ils démontrent que la tension actuelle du front du Donbass est inquiétante sur fond d'un échec d'accords de Minsk qui franchi certainement avec elle son point de non retour:
  • Parallèlement aux bombardements qui s'intensifient, les vols de reconnaissance des drones ukrainiens a augmenté sur l'ensemble du front, jusqu'à devenir quasi permanent dans de nombreux secteurs devenus "zones de contact" entre les belligérants. Il ne serait pas surprenant que les USA, via l'OTAN envoie à nouveau un drone stratégique repérer les unités républicaines en train de se déployer.
  • Début mai, lorsque commence l'intensification des bombardements ukrainiens, le plan proposant le démembrement des Républiques de Donetsk et Lugansk a été approuvé par le gouvernement.
  • Les États-Unis s'apprêtent à envoyer comme leur nouvel ambassadeur en Ukraine le général à la retraite Keith Dayton, un démocrate soutenu par les faucons de guerre de Washington (mais Trump ne s'y est pas opposé) et spécialiste des opérations de politique étrangère, et militaires projetées. 

Zelensky: 1 an d'inaptitude, de mensonges et de mépris...

Quoiqu'il en soit, cette ébullition du front du Donbass coïncide avec le premier anniversaire de l'investiture du président Zelensky qui, ne l'oublions pas, n'a gagné en 2019 la présidence de l'Ukraine que sur la base de promesses de cessez le feu, de paix et de résolution diplomatique de la guerre dans le Donbass.

1 an plus tard le bilan de ses promesses est édifiant : des dizaines de victimes militaires et civils, dont de nombreux enfants, ont été tués ou blessés par les tirs ukrainiens, des centaines de bâtiments et infrastructures collectives ont été détruites par l'artillerie de Kiev.

De toute évidence, le comédien Zelensky, dans sa fonction présidentielle joue le rôle le plus important de sa carrière: celui d'un Pinocchio menteur, mais dont les ficelles restent toujours tenues fermement par les faucons de guerre de Washington qui contrôlent les perfusion financière occidentales accordées à leur colonie Ukraine. 

Et la dernier en date des mensonges de Zelensky, qui est une inversion accusatoire exemplaire est le commentaire qu'il fait de l'avertissements républicain que Pasechnik lui a adressé le 19 mai : "l'armée ukrainienne, en tirant sur l'infrastructure du LPR, ne fait que répondre aux bombardements subis" Mais bien sûr ! tout le monde sait que si les civils du Donbass sont bombardés c'est parce que leurs enfants jouent avec des obusiers automoteurs dans leurs jardins !



Rappelons ici les propos tenus par Zelensky lors de son investiture le 21 mai 2019 lorsqu'il jouait le Pinocchio ukrainien : 

"Notre première tâche est un cessez-le-feu dans le Donbass. Je n'ai certainement pas peur de prendre des décisions difficiles, je suis prêt à perdre ma popularité, mes notes et si nécessaire, je suis sans hésitation prêt à perdre ma position pour que la paix ne puisse que venir".

Mais parfois, pour être honnête, il arrive quand même que Zelensky ne mente pas mais ses propos n'en sont alors pas moins inquiétants comme par exemple, lorsqu'il déclare récemment : 

"Je suis prêt pour toute solution pouvant nous rapprocher de la fin de la guerre et du retour de nos territoires et de nos peuples. Ça m'est égal. Nous avons besoin d'un résultat."

Là, le comédien président ne joue plus le rôle de Pinocchio mais plutôt celui d'un Ponce Pilate prêt à se laver les mains dans le sang du Donbass !

Quoi qu'il en soit, la balle est dans le camp de Kiev désormais, qui je le crains ne changera pas d'un iota sa politique génocidaire dans le Donbass, à cause de son collier étrangleur occidental et du poignard appuyé dans son dos par les radicaux nationalistes ukrainiens. Au mieux verra t-on une nouvelle accalmie éphémère intervenir pour mieux reprendre ensuite la danse diplomatique du 1 pas en arrière et 2 pas en avant menée par les occidentaux contre les frontières russes, jusqu'à ce que la corde de la patience ne se casse... ce qui est peut-être en train de se produire. 


Erwan Castel



jeudi 16 avril 2020

6 années de haine, de sang et de honte


Le 14 avril 2020, le président ukrainien par intérim, Oleksandr Turtchinov autorisait le déclenchement dune "Opération Spéciale Antiterroristeé contre les populations russes du Donbass, animées par un fort mouvement séparatiste suite au coup d'Etat russophobe organisé sue le Maîdan en février de la même année. 

Aujourd'hui, il est acquis que cette "Opération Spéciale Antiterroriste" qui allait libérer une haine contre les populations civiles du Donbass appuyée par une déferlante insensée et disproportionnée de véhicules blindés, avions et hélicoptères de combat n'était que le prolongement d'une offensive par procuration menée par les services américains dans la zone d'influence européenne de la Russie. Et l'intervention politico-économique des occidentaux lors du Maïdan et jusqu'aux ordres donnés par leurs services secrets est visible comme le nez au milieu d'un visage à l'instar par exemple de cette visite de John Brennan,  Directeur de la CIA en personne, venu le 13 avril 2014 superviser les détails de la guerre contre le Donbass.
Car à cette époque les faucons de guerre de Washington l'ont plutôt mauvaise, malgré un renversement réussi du gouvernement Ianoukovitch, car leur objectif stratégique prioritaire, à savoir la péninsule de Crimée d'où ils veulent expulser la flotte russe de la Mer Noire, leur a échappé par un référendum écrasant signant son retour au sein de la Fédération de Russie. Et pire que cela, les populations russophones se soulèvent de Kharkov à Odessa, refusant le coup d'état du Maïdan et leur ostracisation violente engagée par le nouveau pouvoir de Kiev. Il faut donc écraser la rébellion avant que le projet de l'OTAN en Ukraine implose définitivement en vol. 

Dans toutes les régions russophones les populations protestent et refusent le nouveau pouvoir de Kiev issu du coup d'Etat du Maïdan (ici à Lugansk) 

Tandis que des hordes de radicaux nationalistes commencent à terroriser les populations russophones les premiers blindés ukrainiens arrivent aux portes de Slaviansk et Kramatorsk où Igor Girkin dit "Strelkov" anime à partir d'un noyau de 54 volontaires la première rébellion armée du Donbass qui comptera très rapidement des milliers de volontaires et résistera pendant 4 mois au siège des forces de Kiev.


Cette folie meurtrière ukrainienne vomie par le Maïdan allait ouvrir ce 14 avril 2020 au coeur de l'Europe une guerre fratricide qui dure depuis 6 ans et plus de 20 000 morts (officiellement 13000), des milliers de destructions dans une résurgence de guerre froide entre Moscou et Washington dont les conséquences économiques, diplomatiques et militaires se font sentir à travers le Monde entier. 

Et depuis 2014, Porochenko a succédé Turtchinov avant de donner le relais à Zelensky sur fond d'accords de paix signés à Minsk en septembre 2014, renouvelés en février 2015 mais jamais respectés...
  • 6 années de haine russophobe occidentale hystérisée par l'instrumentalisation de psychopathes bandéristes et néo-nazis,
  • 6 années de souffrance, de larmes et de sang pour des populations civiles subissant blocus et bombardements quotidiens,
  • 6 années de honte pour les gouvernements européens qui soutiennent, politiquement, financièrement et médiatiquement les crimes de guerre ukrainiens dans le Donbass.
Le Donbass est depuis 6 ans coincé entre un bélier ukrainien meurtrier lancé et les murailles d'une Russie prise à la gorge par les avancées de l'OTAN et les sanctions économiques occidentales. Kiev, mène quotidiennement contre les populations russes une guerre d'usure à caractère génocidaire, mais sans jamais briser par un massacre de masse cet équilibre fragile et hypocrite du processus de paix, ce qui justifierait une intervention russe à caractère humanitaire, un abandon du soutien occidental et l’arrêt de mort de sa colonie militaire Ukraine.

Ce 14 avril a été inhumée à Gorlovka, Miroslava Vorontsova, 
26 ans, tuée par un bombardement ukrainien ciblant une zone 
résidentielle civile à Shirokaya Balka, le 9 avril 2020.

Aujourd'hui la situation militaire, politique et surtout psychologique est complètement bloquée, et surtout irréversible, car tant du côté de Kiev qui rêve d'une épuration ethnique du Donbass que du côté de Donetsk et Lugansk qui rêvent de rejoindre la Fédération de Russie pour que cesse le martyr de leur population, un retour du Donbass en Ukraine est tout simplement impensable.

Chaque jour des femmes et des hommes tombent sur ce front du Donbass, militaires et civils dont le seul crime est de vouloir continuer à être ce qu'ils sont depuis des générations et des générations : un peuple russe du bassin du Don. La haine et la guerre portée dans leurs foyers par le nouveau régime de Kiev leur rappelle qu'ils étaient déjà russes il y a seulement un siècle et que ce sont les bricolages des apprentis soviétiques qui les ont enfermé en 1921 dans une Ukraine démesurée et artificielle. Depuis le Maïdan, le sentiment d'abandon vécu depuis l'indépendance de l'Ukraine est devenu une russophobie hystérique qui cherche à éradiquer de leur terre leur identité jusqu'à leur présence physique...

Et pour illustrer ce nouveau conflit fratricide organisé au coeur de l'Europe par l'hégémonie mondialiste, je choisis cette photo de Zelensky, la nouvelle marionnette étasunienne de Kiev, en visite cette semaine sur le front du Donbass et dont l'insigne porté sur son uniforme révèle la mentalité qui l'anime réellement derrière ses fallacieux discours pacifistes et surtout populistes qui l'ont porté au pouvoir. Cet insigne se passe de tout commentaire :

Zelensky, le président ukrainien en visite dans les tranchées du Donbass, touchées par le coronavirus, arborant une tête de mort avec la devise " L'Ukraine ou la Mort"  qui pour les habitants du Donbass peut se traduire depuis 6 ans par "L'Ukraine ET la Mort"  !


Si la paix est sur de nombreuses lèvres, les coeurs savent en revanche que seule la guerre permettra de l'instaurer durablement en mettant fin à ce cauchemar qui n'en finit pas, tant pour les familles russes du Donbass, en particulier celles qui vivent à proximité du front que pour celles qui sont sous la botte ukrainienne dans les territoires occupés par Kiev et dont la libération est la condition sine qua non au retour de la paix dans cette région russe du bassin du Don.


Erwan Castel

"Mon coeur regarde-moi, ma main s'est muée en poing"
Une des nombreuses chansons devenues symbole de 
cette rébellion du peuple du Donbass pour défendre sa
Liberté et ses traditions russes. Paroles, voir le lien ici .






mardi 31 mars 2020

1 pas en avant, 2 pas en arrière


Comme à son habitude depuis 5 ans de sabotage du processus de paix signé à Minsk, Kiev vient encore de trahir ses propres engagements pour une sortie diplomatique du conflit dans le Donbass.

Au coeur des incompréhensions, lenteurs et interprétations divergentes qui paralysent un quelconque processus de paix dans le Donbass se trouve l'absurdité absolue qu'aucune ligne directe, même de type "téléphone rouge" n'a été instaurée entre les gouvernements ukrainiens et républicains, en guerre depuis 6 ans.

Comment en effet peut-on résoudre un conflit entre 2 parties si l'une d'elles n'est pas autorisée à s'asseoir à la table des négociations, mais seulement à jouer en aval des négociations le rôle d'exécutant et de bouc émissaire d'un groupe exécutif  tripartite dont le travail mensuel est sans cesse saboté par Kiev.

Après 5 ans d'échec global du processus de paix, exceptions faites du déploiement d'observateurs internationaux et d'échanges de prisonniers, le président Poutine qui désire avec les républiques du Donbass et plus que quiconque voir s'arrêter les combats  et bombardements meurtriers (et les sanctions économiques consécutives), avait convaincu son homologue ukrainien Zelensky d'instaurer un veriitable diaogue direct entre les décideurs ukrainiens et républicains.

C'est ainsi que le 11 mars 2020, en plus des habituelles négociations sur des démilitarisations de zones et echanges de prisonniers, un nouveau protocole a été signé par Kiev, Donetsk, Lugansk, Moscou et l’OSCE organisait un dialogue direct entre les 2 belligérants. Ce dialogue devait se réaliser sous l'égide d'un "Conseil consultatif" composé de 10 représentants de chacune des parties (Ukraine / RPD,,RPL), d'un représentant de L'OSCE ainsi que de autres pays signataires et garants des accords de Minsk (Russie, France, Allemagne).

A l'annonce de cette initiative destinée  à remplaçer enfin le dialogue hypocrite d'un processus inégal par un vrai dialogue direct entre les acteurs du conflit je m'étais dit "trop beau pour être vrai"....

Et effectivement, selon une coutume kiévienne bien rodée, cette prometteuse  initiative qui devait être entérinée ce 26 mars vient d'être à son tour jetée aux orties par un président ukrainien Zelensky poursuivant avec zèle les sabotages diplomatiques et terrorismes militaires de son prédécesseur Porochenko.

Certains vont arguer que Zelensky a subit des pressions menaçantes de la part des radicaux nationalistes ukrainiens qui ne veulent en aucun cas sue les combats cessent et encore moins qu'un dialogue direct reconnaisse de facto l'autorité et la légitimité des représentants des républiques de Donetsk et Lugansk. Mais leurs aboiements mpuissants qui n'ont même plus de voix au parlement ukrainien ne doivent pas cacher les intérêts d'un complexe militaro-industriel occidental qui ne veut pas que s'éteigne cep conflit, surtout sur des initiatives russes.

Voila pourquoi depuis 6 ans passés le système fait faire à ses marionnettes ukrainiennes successives la danse du "un pas en avant et deux pas en arrière".

Même si du côté ukrainien il y a des voix qui reconnaissent implicitement les sabotages organisés par Kiev, comme celle de Viktor Medvedtchouk qui, pour contourner le problème mais sans le dénoncer directement a proposé de créer un parlement des accords de Minsk avec des députés allemands, russes, francais et ukrainiens pour forcer par le vote les décisions du processus et contrôler leurs applications...bref une belle utopie qui si elle aboutissait ne ferait qu'accoucher d'une nouvelle "usine à gaz" à l'intérieur de la première...

La seule chose qui pourrait peut-être obliger Kiev à respecter ses engagements serait d'introduire des mesures coercitives qui sanctionneraient économiquement chaque violation du processus...

Sans cette "épée de Damoclès" suspendue au dessus de son économie déjà malade, Kiev continuera à trahir ses promesses de paix et à tuer des civils du Donbass.


Erwan Castel

mardi 10 décembre 2019

Quartet Normandie: bis repetita !


Lundi 9 décembre s'est tenue à Paris une nouvelle réunion du "format Normandie" entre les présidents Poutine, Merkel, Macron et Zelensky. En marge de la réunion des 4 en elle même qui devait tenter de réanimer le processus de paix dans le Donbass, s'est tenue une première rencontre bilatérale entre Poutine et Zelensky qui n'aura duré que 15 minutes, c'est dire le niveau de dialogue ouvert autour du Donbass !

De fait chacun est venu avec ses idées et surtout ses intérêts dont la paix dans le Donbass n'est pas un des objectifs prioritaires. 
  • Ainsi Zelensky est venu pour asseoir sa légitimité, confirmer la confiance - et les deniers - des occidentaux; tout en protégeant son trône des menaces des nationalistes qui considèrent que Minsk avec le retrait des troupes, le statut spécial, les élections etc est une capitulation devant la Russie. D'ailleurs une poignée de vétérans ukrops est venue jouer les trublions dans les rues parisiennes  en déchirant le drapeau russe:

  • Ainsi Poutine est venu pour s'assurer que les accords déjà difficiles de Minsk ne soient pas détournés vers un nouveau scénario à la croate de capture politico-militaire du Donbass ouvrant une épuration ethnique soutenue par l'Occident. Le Kremlin dans le cadre de la sécurisation de ses frontières occidentales veut que les républiques puissent faire entendre leur voix et faire valoir leur droit à choisir leur destinée russe librement.
  • Quant à Merkel et Macron ils sont venus tous deux, dans une concurrence pour le leadership européen, faire valoir leurs intérêts économiques dans lequel un réchauffement des relations avec Moscou est vital vu l'importance des importations russes vers l'Europe (gaz notamment) et les préjudices commerciaux subis dans les exportations vers la Russie suite aux sanctions économiques orchestrées par Washington.
C'est ainsi que les seuls résultats importants ont été fait dans le dossier du gaz européen  plus que dans la destinée des territoires du Donbass occupés par Kiev par exemple ou dans le retrait effectif des armes lourdes de la ligne de front sans lequel toute démilitarisation localisée est un échec.

Dès le soir même, les commentaires avaient du mal a cacher derrière un optimisme de façade - qui se faisait l'écho de la conférence de presse finale des 4 - une déception quant à l'évolution réelle de la situation sur le terrain. Certes il y a eu un consensus pour procéder à un nouvel échange de prisonniers en décembre. Certes il a été convenu de poursuivre le retrait des forces avec la démilitarisation de 3 nouvelles zones critiques de la ligne de front. 

Mais il faut reconnaitre aussi que les lignes rouges principales fixées par Kiev et Moscou n'ont pas bougé d'un iota et restent un nœud gordien pour la résolution du conflit. D'un côté on a un Zelensky obligé par les pressions menaçantes des nationalistes de refuser toute forme de fédéralisation de l'Ukraine et de l'autre un Poutine qui veut octroyer aux Républiques via un statut acté une reconnaissance internationale qui leur permettra de mieux faire entendre leur volonté populaire de rejoindre la Fédération de Russie. C'est ainsi que des points de divergences et d'opposition persistent comme par exemple le contrôle ukrainien des frontières du Donbass ou le désarmement des milices demandés par Kiev ou les élections locales et la modification de la constitution ukrainienne autorisant l'autonomie du Donbass demandées par Moscou (et stipulées par les accords de Minsk).

Pour le reste on peut dire que nous avons assisté à une nouvelle représentation du quartet Normandie qui nous a interprété la même symphonie désaccordée, tandis que sur le front continuent d'aboyer les canons et mortiers ukrainiens. Aussi je considère comme superflu de m'épancher dans de longues diatribes propagandistes car seuls les actes sur le terrain comptent à mes yeux. 

Si certains peuvent se demander comment une crise touchant si petite région ne peut être résolue depuis 6 ans, il suffit de se rappeler les enjeux et les menaces internationales qui l'environnent et dont elle est devenu malgré elle le détonateur armé d'un nouveau conflit mondial. Voilà pourquoi je vous laisse en guise de conclusion cette petite vidéo synthétisant la problématique géostratégique globale Est-Ouest dont l'Ukraine est le pivot.

Erwan Castel


dimanche 10 novembre 2019

Un rideau de fumée


Hier, samedi 9 novembre, après plusieurs échecs dus essentiellement à des refus ukrainiens, le retrait de 1 kilomètre des forces armées belligérantes du secteur de Petrovsky (périphérie Ouest de Donetsk) a été réalisé.

Aussitôt le focus médiatique sur cette application réalisée des accords de paix s'est engagé vers un optimisme hystérique que je suis loin de partager et pour plusieurs raisons :
  • Si la restauration d'une zone neutre entre les belligérants est effectivement la condition sine qua non pour l'application d'un vrai cessez le feu sur le front entre les unités d'infanterie, cela cependant ne sert pas à grand chose si le retrait des armes lourdes aux portées de tir dépassant sa largeur n'est pas lui aussi appliqué.
  • Petrovsky et Zolotoy où un retrait est également prévu ne représentent que 1% d'une ligne de front où ailleurs les bombardements ukrainiens, et les combats consécutifs continuent. Il serait donc mensonger de généraliser l'exception des zones pilotes pour décrire la situation véritable du front du Donbass (voir article précédent).
  • Techniquement, Kiev a maintenu des forces de police sur la zone évacuée, et certains veulent même y positionner la garde nationale. Or, les forces de sécurité intérieure ukrainiennes selon leur modèle soviétique disposent d'armements similaires aux forces armées conventionnelles. Il y a donc "retrait" mais non "démilitarisation".
  • Enfin l'expérience de ces 6 dernières années, notamment avec les multiples cessez le feu calendaires (trêves du pain, de l'école, de Noël etc.) montre bien qu'aucune confiance ne peut être accordée aux ukrainiens et que les bonnes résolutions ont toujours été violées par Kiev après des vies éphémères.
Il faut donc aller chercher plus loin que le Donbass et même la Paix pour comprendre ce qui se trame vraiment derrière ce retrait localisé des troupes et que beaucoup veulent ériger en buzz médiatique annonçant le début de la fin d'un conflit meurtrier qui ensanglante l'Europe depuis 6 ans.


Lorsqu'on lit les comptes rendus presse concernant ce retrait des forces sur les zones pilotes de Petrovsky et Zolotoy on y apprend entre les lignes que de sa réussite dépend la nouvelle convocation du "Format Normandie" (Russie/Ukraine/Allemagne/France) promis lors du dernier sommet du G7 à Biarritz.

Là se situe probablement le véritable enjeu de cette opération de retrait microcosmique des forces au milieu d'un front où continuent dans une indifférence générale bombardements et combats meurtriers. Et si d'aucuns disent que ce "format Normandie" est justement au chevet du Donbass, je pense pour ma part que les objectifs occidentaux d'un tel sommet sont plus d'augmenter la pression sur la Russie en transformant les accords de Minsk à l'avantage de l'Ukraine que d'instaurer réellement la paix dans le Donbass.

Et pour ce faire le président Zelensky redevient un comédien qui fait semblant juste ce qu'il faut pour que le dialogue diplomatique international soit maintenu et lui ouvre les portes de Minsk, consacrant au passage sa légitimité présidentielle de plus en plus contestée en Ukraine. Voilà pourquoi Kiev a signé la "formule Stenmeier" (statut spécial, élections locales...) qui tente de réanimer les accords de paix, bien qu'elle soit largement contestée en Ukraine. Voilà pourquoi le retrait des troupes sur quelques centaines de mètres d'un front de 460 kilomètres été finalement consenti par Kiev. Kiev tente ici la tactique du "reculer pour mieux sauter" !

Car ce prochain sommet du "Format Normandie" s'annonce déjà dans un contexte international qui dépasse largement les enjeux et les menaces pesant dans un Donbass qui n'apparaît qu'un prétexte pour redéfinir une stratégie occidentale vis à vis de Moscou. 
Dans cette stratégie le français Macron et l'allemande Merkel qui soutiennent inconditionnellement l'ukrainien Zelensky vont probablement tenter de renouer un dialogue politico-économique avec Moscou, en échange d'un "Minsk 3" dans lequel l'Ukraine n'est pas obligée de modifier sa constitution en vue du statut spécial ou d'appliquer la loi d'amnistie généralisée par exemple qui sont des points très contestés et menaçant la cohésion que le comédien Zelensky  a bâti autour de lui lors des élections il y a 6 mois. Car le plus important pour les occidentaux est "calmer le jeu" entre Moscou et Kiev pour mieux poursuivre l'asservissement de l'Ukraine via son intégration future dans l'Union Européenne et surtout l'OTAN qui fera d'elle un bélier appuyé contre les murailles de la Russie.

Très probablement cette réunion tournera en procès d'intention contre Moscou et les "séparatistes" de Donetsk et Lugansk et sera un nouvel échec sur le terrain diplomatique et sur celui du Donbass et qui engagera un gel meurtrier du conflit pour encore longtemps, car pour l'instant ni les occidentaux ni la Russie ne veulent s'affronter directement sur cette nouvelle fracture européenne Est-Ouest. Et les signatures et promesses de Zelensky, tout comme celles de Porochenko prendront le chemin de la poubelle tandis que ses troupes réinvestiront à nouveau les zones récemment démilitarisées...

Seule une guerre d'usure par procuration est acceptable, pour le plus grand malheur des enfants, des femmes et des hommes du Donbass.

Erwan Castel