mardi 30 novembre 2021

La guerre fait trembler les portes de Lugansk

Il y a 4 ans, jour pour jour, je prenais cette photo sur le front de Promka, au Nord de Donetsk,
et la situation actuelle n'est pas sans rappeler cette Une de l'été 2014 trouvée au milieu des
ruines de cette zone industrielle entre Avdeevka et Yasinovataya : "La guerre à nos portes" 

Dans le Donbass les bombardements ukrainiens sur les territoires des républiques de Donetsk et Lugansk continuent, apportant peut-être une certaine lassitude aux gens qui suivent de loin les événements dramatiques qui frappent les populations du Donbass depuis 7 années.

Cependant, croyez moi cette nouvelle escalade militaire initiée par Kiev à la mi octobre 2021 ne ressemble pas aux précédentes, d'une part par les moyens utilisés par Kiev, l'intensité de ses attaques d'artillerie, et leurs étendues dans la profondeur du front, situation qui n'avait pas été vécue depuis l'hiver 2014-2015.

Ainsi dans la journée d'hier, l'artillerie ukrainienne a réveillé les mauvais souvenirs des habitants de Lugansk (meurtrie à l'été 2014) en appliquant pendant des heures de puissants bombardements aux portes de la cité. 

Un matin "ordinaire" à Donetsk

Peut-être est-ce à cause du brouillard épais qui règne sur la région que les artilleurs ukrainiens n'ont fait aboyer leurs canons qu'au milieu de la matinée. Mais aujourd'hui encore, ils n'ont pas manqué l'occasion de cracher leur haine sur les républiques libres du Donbass :
  • 10H05: Début de bombardements ukrainiens sur le secteur d`Aleksandrovka, dans la périphérie Sud-Sud Ouest de Donetsk.
  • 10h30: Les bombardements continuent et s'intensifient. Les détonations sont audibles jusqu'au coeur de Donetsk.
  • 11h00: Un premier rapport du Comité de Coordination et Contrôle du Cessez le Feu confirmé des tirs ukrainiens au mortier de 82mm (12 obus) et à l' AGS 17 (8 grenades) sur Aleksandrovka.
Désormais ce sont les habitants qui remplacent les reporters de guerre paralysés par la lourdeur imbécile d'une bureaucratie qui de papier en appel téléphonique, d'accréditation en autorisation particulière ne leur permet pas de se déplacer rapidement sur le front.

29 nov 21, Vidéo d'une habitante du district de Petrovsky (Sud Ouest Donetsk)
 pendant le bombardement ukrainien sur le village voisin d'Aleksandrovka. 

Sur cette vidéo on entend distinctement les arrivées mais aussi les départs des tirs et le vol descendant des obus comme par exemple sur les 19 tirs enregistrés ici :

- à 0'19" et 24": 2 départs
- à 0'33" et 38": 2 arrivées

- à 1`32" et 36": 2 départs 
- à 1`40": vol descendant d'obus

- à 1`46 et 50": 2 arrivées

etc...

On distingue également le travail de 2 mortiers qui tirent en moyenne à 4" d'intervalle sauf à la fin de la vidéo où ils tirent quasi en même temps.


Une guerre qui frappe aux portes de Lugansk



Au milieu de la journée la pression offensive ukrainienne s'est déplacée sur le front de la république sœur de Lugansk avec des bombardements à l'artillerie lourde de plus en plus puissants et proches de la capitale.

  • 13h00: Bombardement ukrainien à l'artillerie lourde du secteur Ouest de l'autoroute Bakhmutka sur le front Nord de Stakhanov (Rép. Pop. de Lugansk).

Au milieu de l'après midi, poursuivant leurs bombardements exponentiels les forces ukrainiennes ont déclenché de puissants bombardements sur le front Nord de la ville de Lugansk.

29 nov 21, bombardement ukrainien dans le secteur de
Stanitsa Lugaskaia, au Nord Est de Lugansk

29 nov 21, bombardements ukrainiens au Nord de Lugansk

  • 16h10 L'artillerie ukrainienne effectue aec ses mortiers lourdsdepuis plusieurs minutes des tirs croisés sur les secteurs de Krasny Yar et Nikolaevka qui se sont précipités dans leurs caves.

La violence inhabituelle des bombardements ukrainiens font craindre par certains une tentative de percée des forces de Kiev. Pour les habitants de Lugansk, la guerre s'impose à nouveau dans les esprits réveillant les douloureux souvenirs de la première offensive ukrainienne, et surtout lorsqu'un chasseur bombardier se fait entendre au dessus du front, le bombardement aérien du 2 juin 2014 du coeur de la cité.

29 nov 21, un avion à réaction repéré au dessus
du front (en bas à la verticale du poteau).

Observation: Le retour sur le front des moyens aériens ukrainiens, qui avaient disparu depuis l'automne 2014, est une des caractéristiques majeures de cette escalade nouvelle (21 octobre attaque d'un drone Bayraktar, 28 novembre  reconnaissance aérienne et test du front de Telmanovo, et maintenant survol du front de Lugansk).

29 nov 21, des bombardements entendus jusqu'au coeur des cités

Comme d'habitude, au cours de leurs bombardements, les forces ukrainiennes effectuent des tirs terroristes sur des villages civils, et qui ne sont ni proches des positions défensives bombardées, ni dans l'axe des tirs pour être qualifiés de "dommages collatéraux.". Ainsi lors de ces bombardements du 29 novembre plusieurs habitats ont été endommagés, notamment dans le village de Mykolaevka.

Autre point important a relever sur cette carte du secteur bombardé de Mykolaievka, c'est sa proximité avec la frontière russe (ici moins de 10 km). ce qui étend la provocation ukrainienne à la Russie laquelle est pourtant qualifiée d'agresseur pat les ukro-atlantistes à longueur de journée !



La preuve des intentions offensives ukrainiennes

Dans leur rapport opérationnel du SMM de l'OSCE n° 32/2021, les observateurs internationaux déployés du côté ukrainien notent: 

"Dans la région de Lugansk, les formations armées n'ont pas permis au SMM d'entrer dans Stanytsia Luganska, Zolotoe et Molodezhny » 

Dans le rapport du 29 novembre 2021: 

"Dans la matinée du 29 novembre, dans la région de Lugansk, des formations armées ont bloqué 3 patrouilles du SMM (observateurs) en direction des zones contrôlées par le gouvernement (ukrainien). Toutes les patrouilles provenaient de zones non contrôlées par le gouvernement (côté républicain). Le premier refus d'accès s'est produit à 09h06 au poste de contrôle des formations armées près du bord sud de la zone de désengagement dans la zone n. Zolote (contrôlée par le gouvernement, à 60 km à l'ouest de Lugansk). Le deuxième refus a été enregistré à 10h15 au poste de contrôle des formations armées au sud du pont près de Stanytsia Luhanska (15 km au nord-est de Luhansk). Le troisième cas d'irrecevabilité s'est produit au poste de contrôle des formations armées sur la route T0504, à environ 1,5 km au sud-ouest de N. Molodezhnoe (non contrôlé par le gouvernement, 63 km au nord-ouest de Luhansk). Dans le premier cas, les membres des formations armées ont évoqué des « considérations de sécurité pour le SMM », dans le second, le « manque d'autorisation » de la part de ceux qui contrôlaient de facto les zones non contrôlées par le gouvernement de la région de Louhansk, et dans le troisièmement, aux « ordres de leurs commandants". 

Les blocages des observateurs internationaux par les forces ukrainiennes sont de plus en plus fréquents (voir par exemple les derniers rapports 27/2021, 28/2021, 29/2021, 30/2021 et 31/2021), et constituent une violation de la décision n° 1117 du Conseil permanent de l'OSCE qui prévoit "un accès sûr et fiable pour la Mission dans toute l'Ukraine". 

Cette entrave ukrainienne à l'accès illimité et inconditionnel de l'OSCE, en dehors d'invalider son mandat révèle que dans les zones concernées les forces ukrainiennes préparent vraisemblablement des actions ou y déplacent des armes interdites par les accords de Minsk. A noter ici que du côté républicain les observateurs internationaux peuvent circuler où bon leur semble et sans restriction.

Quelques heures après avoir bloqué les patrouilles de l'OSCE, les bombardements ukrainiens commençaient dont au moins 1 à partir d'une des zones à l'accès refusé le matin même.

Il faut cependant rappeler ici toute l'ambiguïté de l'OSCE, qui certes, se plaint du comportement illégal des forces ukrainiennes entravant ses patrouilles sur le front mais qui affiche toujours dans ses rapports une partialité en faveur du régime de Kiev, comme par exemple le fait de ne pas notifier certaines attaques réalisées par Kiev ou de notifier les républiques populaires de Donetsk et Lugansk comme "territoire ukrainien non contrôlé". 

De plus l'enlèvement par les ukrainiens de Andreï Kosiak, un observateur du SMM il y a 48 jours à Zolotoe 4 n'a fait l'objet d'aucun rapport particulier et encore moins de plainte de la part de l'OSCE, confirmant une indulgence, pour ne pas dire complicité, vis à vis des crimes commis par Kiev dans le Donbass.




La population quitte les rues, et se terre attentive 
à l'abri des murs de leurs habitats ou dans les caves
A Lugansk, une mère ramène ses enfants à 
la maison au milieu d'une rue quasi déserte

Du secteur Sud de la République Populaire de Donetsk, au secteur Nord de celle de Lugansk, c'est donc l'ensemble des 480 km de la ligne de front du Donbass qui est quotidiennement sous le feu des forces ukrainiennes. Par chance et par réflexes acquis par 7 années de bombardements, les civils échappent généralement aux tirs meurtriers, se réfugiant au fond de leurs caves au premier tir ennemi.

Mais cela peut-il encore s'appeler vivre ?

Erwan Castel

Dans une rue de Lugansk, ce 29 novembre 2021

l


lundi 29 novembre 2021

De l'Ukraine psychiatrique

"Si des systèmes de frappe apparaissent en Ukraine 
avec une approche de Moscou de quelques minutes, 
la Russie sera obligée de créer les mêmes menaces en réponse." 
Président russe Vladimir Poutine.

Chaque jour depuis le Maïdan, les médias ukrainiens offrent leurs tribunes à des psychopathes qui, dans le domaine de l'outrance et de la connerie feraient pâlir de jalousie le Zigomar de l'élection présidentielle française

Ainsi de ce Volodymyr Ohryzko, qui n'est autre que l'ancien ministre ukrainien des Affaires étrangères, qui vient de déclarer tout de go que Kiev était prête à frapper les villes russes et les centrales nucléaires qui sont à portée de ses missiles. [...] 

« ​​En temps de guerre, si nous sommes menacés d'attaques contre nos infrastructures, nous pouvons faire de même. Si aujourd'hui nous n'avons pas la possibilité d'atteindre Moscou avec des systèmes d'armes, nous avons cependant la capacité et la volonté d'atteindre d'autres villes qui sont à la portée des forces de missiles ukrainiennes, et qui peuvent couvrir des infrastructures très importantes de la Fédération de Russie, y compris les centrales nucléaires."

  • D'abord, Moscou n'a jamais menacé Kiev d'une invasion militaire et encore moins de frapper ses infrastructures (il suffirait pour les voir détruites que la Russie par exemple arrête sa maintenance des centrales nucléaires ukrainiennes qui sont en fin de vie dangereuse).
  • Ensuite nous observons une nouvelle fois ici à une rodomontade ukropithèque qui n'est qu'une autre inversion accusatoire de la part d'une colonie étasunienne qui ressemble de plus en plus à un hôpital psychiatrique, car rappelons ici les déclarations d'une certaine Timochenko qui rêvait au printemps 2014 de lancer des bombes nucléaires sur Donetsk et Lugansk...

Quand on sait que ce psychopathe est un des thuriféraires de l'OTAN en Ukraine, son discours n'a rien de surprenant finalement.

Comme on dit en Russe : "Dour Dom" (maison de fous) et j'y admets tous les pays qui en 2004 puis en 2014 soutiennent ces tarés pro-occidentaux de Kiev, juste parce qu'ils sont des russophobes hystériques.

Erwan Castel

La Russie face à une guerre froide 2.0

Le bras de fer entre l'OTAN et la Russie continue de plus belle à l'entrée de l'hiver. De part et d'autre du nouveau rideau de fer européen des interminables convois routiers et ferroviaires acheminent des matériels et des troupes vers les frontières, tandis que le Donbass reste plus que jamais l'épicentre de cette nouvelle tectonique infernale mis en éruption par des bombardements ukrainiens quotidiens et de plus en plus violents. 


"Plutôt prévenir que guérir "

A l'heure où gronde une offensive ukrainienne dans le Donbass ette petite vidéo montrant une enfant russe regardant passer un convoi ferroviaire acheminant des unités blindées sur les frontières occidentales de la Fédération est symbolique du drame de cette histoire européenne qui n'a jamais cessé de voir ses peuples s'entredéchirer 

Région de Bryansk
Géolocalisation de ce convoi russe dans la région de Bryansk

Les forces de la Fédération de Russie dans une réponse symétrique aux mouvements opérés par les forces ukro-atlantistes réalisent d'importants mouvements d'unités vers leur flanc occidental et particulièrement vers les frontières avec l'Ukraine et le Donbass.

Du 16 au 27 novembre un rail logistique entre les villes 
de Kantemirovka, Valuyki et Klintsy a acheminer vers les
frontières de Secteur Sud de la défense de la Fédération de
Russie plusieurs dizaines d'unités militaires russes.


Depuis novembre, en réponse à l'escalade nouvelle initiée par Kiev en octobre dans le Donbass, nous observons donc que la Moscou, tout en tapant du poing sur la table diplomatique pour revenir à des négociations, a décidé d'un nouveau déploiement dissuasif sur les frontières de l'Ukraine, dont j'ai déjà évoqué dans ce blog quelques convois. (les 20 nov et 28 nov par exemple).

Voici quelques uns des autres convois militaires russes observés faisant mouvement vers les frontières ukrainiennes:






Militarisation de zones russes frontalières avec l'Ukraine  

Dans le cadre de leurs déploiement militaire dissuasif, les forces russes ont même organisé une militarisation de bande frontalière avec l'Ukraine comme ici dans la région de Voronej:

Un poste frontière supplémentaire a été installé près de Kantemirovsky
 dans la région de Voronej, à 20 km en arrière de la frontière ukrainienne. 
Sur ce même reportage on voit des véhicules de combat d'infanterie russes  
traversant les champs des villages voisins. bordant la frontière ukrainienne.



Une guerre électronique qui a déjà commencé

Plus les guerres se modernisent plus les arsenaux de "Guerrelec" prennent de l'importance sur les champs de bataille, et le Donbass n'échappera pas à cette règle si le conflit sort de ses tranchées. On le voit déjà avec la guerre électronique lancée contre les drones tactiques survolant le front, ou le très récent test aérien menée par l'aviation ukrainienne sur le front sous couvert d'un brouillage des radars de la défense républicaine.


Au niveau de la confrontation entre les russes et les ukro-atlantistes, les ressources électroniques sont également présentes au premier plan et dans des dimensions stratégiques. 

Outre le complexe des radars ultramodernes déployés par Moscou en Crimée et qui sont capable de détecter le moindre zodiac ou cerf volant jusqu'à Gibraltar, les frontière continentales russes sont également bornées par des radars de recherche et d'acquisition de dernière génération .... et même de génération inconnue comme l'a constaté à ses dépend le Pentagone qui a vu ses satellites "Sentinel 1" et "Sentinel 2" dédiés à la surveillance de la région de Rostov, aveuglés à plusieurs reprises par des flashs électroniques inconnus venant de la Défense russe..


La Russie, on peut le voir ne se cache pas dans ses mouvements militaires, au contraire elle réalise avec eux une démonstration de forces et de volonté qu'elle espère suffisamment dissuasive pour faire revenir les ukro-atlantistes à la raison et à la table des négociations.
A ses activités régionales il convient de rajouter les activités concomitantes réalisées par l'Etat Major russe, comme la destruction par missile d'un satellite russe inopérant ou plus récemment le tir réussi à 400 km de distance du missile mer/terre "Zircon" par une frégate. Tous ces exercices "grabdeur nature" sont bien évidemment autant de messages clairs tirés à l'intention de ceux qui menacent l'espace identitaire russe.

Erwan Castel

Note : Pour suivre en infographie les mouvements militaires de l'Ukraine, OTAN et Russie dans la région, vous pouvez aller sur ce canal Telegram qui est quotidiennement renseigné.

dimanche 28 novembre 2021

Un retraité de 82 ans assassiné par les ukrainiens

La Russie ne fermera pas les yeux 
sur les provocations grossières de l'OTAN et de l'UE, 
y compris en jouant avec les militaristes en Ukraine.

Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères
 

Un meurtre crapuleux fait par des lâches

Cette montée en puissance des forces armées ukrainiennes sur fond de propagande victimaire a pour conséquence de rendre les ukropithèques de l' "Opération des forces conjointes" encore plus nerveux que d'habitude comme en témoigne l'assassinat d'un pêcheur sur un étang de Pavlopol (Territoire occupé par les "ukrops" sur le Front Sud de la République Populaire de Donetsk) et notifié dans les rapports quotidiens de l'OSCE:

 Selon l'OSCE, le 29 octobre, un retraité de 82 ans pêchait depuis un bateau dans le lac 
lorsque des soldats ukrainiens du 1er bataillon d'assaut de montagne de la 128e brigade 
ukrainienne ont ouvert le feu à 5 reprises sur lui et l'ont mortellement blessé à la tête.

Nul doute que la version ukrainienne affirmera que les assassins ont cru "en toute bonne foi" qu'il s'agissait d'une équipe de reconnaissance républicaine s'infiltrant dans leurs lignes, et peut-être même leur commandement félicitera ces soudards pour leur vigilance exemplaire ! 

Ce retraité qui avait connu la dernière guerre ayant brulé son pays n'aura pas survécu à celle ci, animée par ce même désir de conquête d'un Occident russophobe avide et criminel. Paix à son âme.


Situation sur le front du Donbass


Il existe encore des fanatiques, crétins et larbins occidentaux (cumul fréquent) à dire que les informations faisant état de l'utilisation par l'armée ukrainienne d'obusiers lourds interdits par les accords de Minsk ne sont que des calomnies mensongères de l'affreuse propagande russe. Ne leur en déplaise, voici une vidéo du narcissique journaliste ukrainien Yuri Butusov, qui, lors d'un récent reportage sur la ligne de front, déclenche le tir d'un obusier D-20 de 152 mm (bonjour la déontologie journalistique et les procédures militaires!) sur des positions républicaines, fait qu'il déclare lui-même avec cette fierté imbécile qui sied à tout propagandiste. 

L'ukrainien Yuri Butusov tirant avec un D-20 de 152 mm


1/ Des bombardements

Chaque matin l'artillerie ukrainienne bombarde les territoires des républiques de Donetsk et Lugansk. le 26 matin, c'était les quartiers Nord de la capitale de la république de Donetsk, le 27, c'est dans les quartiers Sud qu'à commencé une journée "ordinaire" pour le Donbass...
  • 08h30: Bombardement ukrainien sur le village de Trudovsky en périphérie Sud-Sud Ouest de Donetsk avec des mortiers ukrainiens positionnés à Marinka, 14 obus de 82mm tirés, notifiés par les observateurs du Centre de Coordination et de Contrôle du Cessez le feu.
27 nov 21, bombardement ukrainien au Sud Ouest de Donetsk
  • 11h00: Tandis qu'une pluie fine remplace le brouillard matinal, les tirs ukrainiens sur la périphérie de Donetsk ont repris, cette fois dans la périphérie Nord Ouest de la cité. 
27 nov 21 bombardement ukrainien au Nord Ouest de Donetsk
  • 11h30: Les tirs ukrainiens s'intensifient, au Nord Ouest de Donetsk dans le quartier "Textil" avec utilisation de mortiers et d'obusiers. 
  • 12h00: Bombardement de l'artillerie lourde ukrainienne sur le front Nord de Stakhanov (République de Lugansk).
  • 12h15: Accalmie sur le front de Donetsk 
  • 16h00:Tirs ukrainiens sur Dokuchaievsk avec des mitrailleuses lourdes puis des mortiers lourds. 
27 nov 21, bombardement ukrainien à l'Ouest de Dokuchaievsk
  • 17h05: ombardement ukrainien de Staromikhaïlovka (Ouest Donetsk) avec des RPG (minimum 7 roquettes) et un bitube de 23mm.

2 / Des renforts militaires ukrainiens

Les forces armées ukrainiennes renforcent leurs pions sur le front du Donbass qui, au vu des observations des unités de renseignement, de l'OSCE et de la population civile, relèvent plus d'un dispositif d'assaut que de défense, n'en déplaise aux thuriféraires kiéviens de la propagande occidentale qui prétendent à tout bout de champ qu'une invasion russe est imminente.

Obusier tracté de 152mm 2A36 "Hyacinthe B"

Un exemple des observations de l'OSCE, faisant état d'une autre arrivée sur le front d'obusiers lourds et de chars de combat ukrainiens, sachant que ses observateurs ne détectent qu'une partie seulement des effectifs réels. 

8 obusiers de 152mm "Hyacinthes" ont été observés par l'OSCE se déplaçant vers le front

 

3 / Des provocations testant les défenses républicaines

Lorsqu'une offensive est en préparation, les attaquants cherchent toujours à tester préalablement les défenses de l'ennemi pour mieux définir les moyens et les tactiques à mettre en œuvre, et cela concerne particulièrement les forces antiaériennes.

On peut donc raisonnablement penser qu'un test des défenses républicaines en vue d'une offensive a été mené sur le front Sud de la République Populaire de Donetsk ce 25 novembre et également notifiée dans les rapports de l'OSCE :

Un groupe d'avions de chasse non identifiés venant de l'Ouest (territoire ukrainien) a réussi à s'approcher en formation d'attaque de la ligne de front Sud de la République Populaire de Donetsk sous une couverture électronique brouillant ses radars de défense, et par conséquent, son temps de réaction. 

Avion vu par les habitants de Telmanovo
(Trace au dessus de l'arbre)



Cette reconnaissance offensive de l'aviation de combat ukrainienne, même si elle n'a pas produit d'attaque est très grave car elle confirme:   
      • La singularité de cette escalade avec le retour des chasseurs bombardiers qui avaient été retirés fin 2014,
  •  L'intérêt porté par les forces ukrainiennes à ce secteur très étroit de Telmanovo déjà éprouvé ces derniers jours,
  • La vulnérabilité des moyens radar de la défense antiaérienne républicaine dans une guerre électronique.
Cette opération aérienne a été confirmée par l'OSCE avec l'observation d'un des avions de chasse y participant.



Du côté de l'OTAN :

Après avoir soutenu l'Ukraine jusqu'à en faire un pays allié non intégré, engagé sa normalisation par des programmes de formations et d'équipements, transformé son territoire en terrain de manœuvres pour des exercices militaires interalliés multiples et annuels... l'OTAN, qui déploie depuis longtemps des ressources de renseignement stratégique en Mer Noir et dans le Donbass, veut maintenant envoyer en Ukraine des unités militaires plus importantes (et toujours sous couvert de "missions de formation"):

Récemment nous avons ainsi eu les déclarations 
  • du Ministre britannique de la Défense annonçant l'envoi de 600 soldats parachutistes britanniques en Ukraine,
  • du Ministre suédois de la Défense qui veut aussi y envoyer des troupes sous mandat de l'UE,
  • du président français Macron dont les troupes seront envoyées aux côtés des forces de Kiev "pour protéger l'intégrité territoriale du pays".
Un avion cargo de l'armée britannique A400 en provenance de la base 
aérienne de Breeze Norton est arrivé à Kiev ce 27 novembre 2021.

Un navire marchand étasunien est arrivé cette semaine à Odessa livrant 2 patrouilleurs 
militaires pour la marine ukrainienne vraisemblablement pour son projet de flotte dans
la Mer Azov, le long des côtes du Donbass et qui est de très faible profondeur.

Et maintenant, c'est au tour du Canada, un autre larbin de Washington, que de vouloir augmenter son aide militaire à l'Ukraine pour "répondre à l'accumule des troupes russes à sa frontière". Dans le journal The Globe and Mail la ministre canadienne de la Défense, Anita Anand, qui a déjà une mission importante(mission "Unifier") de coopération militaire avec l'Ukraine (livraison de matériels et d'armes missions d'entrainement et de formation aux normes de l'OTAN...) veut déployer des centaines de soldats supplémentaires pour soutenir les soldats canadiens déjà déployés en Ukraine pour un exercice de l'OTAN mais aussi, transférer d'un navire de guerre vers la mer Noire et y redéployer des chasseurs CF-18 basés en Roumanie. 



Du côté de la Russie :

Tandis que les responsables russes multiplient les interventions diplomatiques pour inciter la communauté internationale à ouvrir les yeux et faire pression sur Kiev pour que ses forces renoncent à attaquer le Donbass, les forces russes continuent des déploiements dissuasifs aux frontières de l'Ukraine, en réaction à l'escalade en cours.


Entre autres déclarations récentes russes commentant la situation dans le Donbass :

Sergueï Narychkine, le directeur du Renseignement russe : "Derrière les informations selon lesquelles la Russie se préparerait à une invasion de l'Ukraine, il y a le désir de Washington de pousser Kiev à attaquer le Donbass. L'objectif est d'essayer de pousser les autorités incontrôlées de Kiev avec une vigueur renouvelée à raviver le conflit qui se déroule dans l'est de l'Ukraine. De plus, pour les États-Unis, l'Ukraine est un consommable dans toute cette histoire, mais le désir de relancer le conflit avec une vigueur renouvelée - nous devons, bien sûr, maintenir la retenue et renforcer la capacité de défense de notre pays. Tout cela autour de ce sujet est une action de propagande malveillante du département d'État américain. Le Département d'État pompe ces faux, ce mensonge, et ses alliés, et les chefs des médias et des centres de science politique aux États-Unis pour qu'ils multiplient ce mensonge, se multiplient et se multiplient. Et ils ont gonflé une assez grosse bulle autour."

Maria Zakharova, la porte parole du Ministère russe des Affaires étrangères "La situation dans le Donbass reste très préoccupante. Les « têtes brûlées » à Kiev, se sentant en toute impunité, prônent une solution militaire à la crise interne ukrainienne. La situation s'aggrave dans la zone de conflit. Les informations continuent sur l'utilisation d'armes interdites par le paquet de mesures de Minsk et fournies à l'Ukraine par les pays de l'OTAN.
La situation est aggravée par des déclarations non fondées aux États-Unis et dans d'autres pays de l'OTAN ces derniers temps sur les prétendus préparatifs de la Russie pour une attaque contre l'Ukraine.
Il est évident que le but de cette campagne d'information et politique massive est d'attiser l'hystérie anti-russe, qui vise à détourner l'attention de la situation socio-économique et politique dégradante du pays."

Sur son territoire national de la zone Sud Ouest, l'Etat Major russe effectue de nombreux mouvements d'unités vers les frontières avec l'Ukraine.

Quelques exemples observés cette semaine :

Secteur de Voronej.

Secteur de Krasnodar

Secteur de Belgorod

En conclusion il est important d'observer cette escalade nouvelle sévissant dans le Donbass à l'aune de la crispation générale qui souligne le nouveau rideau de fer fracturant l'Europe : déploiement de l'OTAN et missions de reconnaissance accrues en Mer Baltique, Estonie Lituanie, Pologne, Mer Noire...

Nous sommes bien revenus au temps de la "guerre froide" ou plutôt d'une "paix chaude" au vu du conflit du Donbass qui meurtri un pays et sa population au coeur d'une Europe qui s'éloigne chaque jour un peu plus de ses rêves de paix.

Erwan Castel

samedi 27 novembre 2021

Merci président Zelensky !

La marionnette ukropithèque de Washington a encore perdu une occasion de fermer son "claque merde" car lors d'une récente interview catastrophe accordée à Zelensky, ce clown devenu gouverneur de la nouvelle colonie étasunienne d'Europe a déclaré :

" Je ne suis pas Ianoukovitch, je ne fuirai pas un coup d'État "

Le "Zé" a prononcé cette phrase lors de sa conférence de presse présidentielle à mi parcours de son mandat. S'exprimant sur les rumeurs d'un coup d'Etat imminent qui le menacerait, le président Zelensky, voulant assurer qu'il maitrisait la situation a péroré en affirmant: 

«Nous avons des informations de renseignement, nous avons même des informations solides pour les représentants de l'Ukraine, disons, avec les représentants de la Russie, ils discutent de la participation de Rinat Akhmetov au coup d'État en Ukraine, qui va attirer un milliard de dollars. Je ne pense pas qu'il s'agit d'une idée de l'homme d'affaires Rinat Akhmetov. Je crois qu'il s'agit d'une opération où on veut l'entrainer dans une guerre contre l'État ukrainien. Ce sera sa grosse erreur. Je ne suis pas Ianoukovitch, je ne fuirai nulle part »,


En clamant haut et fort :"Je ne suis pas Ianoukovitch, je ne fuirai pas un coup d'État ", détruisant en 3 secondes toute la rhétorique ukro-occidentale qui prétend depuis 8 ans que sur le Maïdan a eu lieu un élan certes révolutionnaire mais populaire et démocratique ayant poussé le gouvernement d'alors à laisser son pouvoir au peuple. Ce qui par définition est exactement à l'opposé d'un coup d'Etat et donne donc raison au président Ianoukovitch et au mouvements anti-maïdan qui dénonçaient un coup de d'Etat organisé par une opposition ultra nationaliste et ultra minoritaire mais soutenue par une machinerie propagandiste populiste créée et financée par les occidentaux et notamment les services étasuniens et ONG mondialistes. 

Et ce n'est pas une nouveauté ! déjà Ashton, Nuland et même Hillary Clinton ont reconnu la réalité de l'ingérence; du soutien politique, de l'assistance technique et du financement occidental (5 millions de dollars) dans ce "change power" opéré à Kiev pendant l'hiver 2013-2014.

Or, un coup d'Etat c'est aussi factuellement une rupture constitutionnelle qui accorde une légitimité aux mouvements refusant le changement de pouvoir, d'autant plus s'ils sont menés par des consensus populaires quasi unanimes comme ceux qui ont organisés les séparatismes de la Crimée puis du Donbass.

En attendant maintenant celui ou celle qui révélera qui se cache derrière les snipers et cette tuerie du Maïdan qui a été le déclencheur de l'exécution du coup d'Etat, nous ne pouvons que remercier Zelensky d'avoir laissé échapper cette vérité qu'on ne peut définitivement plus qualifier de "propagande mensongère moscovite" !

Volodymir Zelensky, "toute vérité n'est pas bonne à dire"...  mais voilà c'est fait !

Erwan Castel

 



jeudi 25 novembre 2021

Kiev abandonne factuellement le processus de Paix

Sur le front du Donbass, la proximité des belligérants est telle que les alertes nocturnes sont lancées
au moindre bruit, alors dans la steppe des éclairantes donnent vie aux ombres et figent les vivants.

Lors de la dernière réunion du "groupe de contact" chargé d'essayer de mettre en œuvre et accompagner le processus de paix signé à Minsk en février 2015, Kostin, le représentant de la délégation ukrainienne a tout simplement (et clairement) a décidé d'abandonner la feuille de route concernant la loi sur le statut spécial du Donbass lequel bien qu'irréalisable et donc jeté à la poubelle les113 réunions qui lui avaient été consacré.

Pour les gens du Donbass qui ont du temps à perdre à lire les communiqués officiels du théâtre de Minsk 2, ceci constitue bien, au milieu de leurs quartiers bombardés depuis 7 ans par les forces ukrainiennes, un "non événement", car sur le front depuis trop longtemps la réalité des actes écrase l'hypocrisie des paroles.

Aujourd'hui encore, les "ukrops" ont tiré sur plusieurs secteurs du front, maintenant sans jamais se lasser une pression offensive sur les milices et terroriste sur les populations. Et le secteur Sud de la République Populaire de Donetsk, sous tension depuis le coup de force ukrainien sur le secteur de Telmanovo (capture de Staromarievka, bombardement de Telmanovo, utilisation du drone Bayraktar), a été la cible de tirs ukrainiens soutenus, notamment sur le front de Dokuchaïevsk (40 km Sud Donetsk).

24 nov 21, bombardement ukrainien sur le front
de Dokuchaïevsk, à 40 km au Sud Donetsk

Comme d'habitude les forces ukrainiennes, parallèlement aux tirs sur les positions défensives républicaines, effectuent aussi systématiquement des tirs sur des zones résidentielles, visant particulièrement les infrastructures de vie commune (écoles, station électriques, d'eau potable etc.). Ces actions qui ne relèvent d'aucune logique militaire ne sont que du terrorisme d'Etat à l'encontre des populations civiles.

22 nov 21, En pleine période scolaire, l'école de Krasnei Partizan (au Nord de Donetsk sur 
la route de Gorlovka) a été plusieurs fois touchée par des tirs d'artillerie ukrainiens.

Géolocalisation des tirs ukrainiens sur l'école de Krasneï Partizan du 22 nov 21.



Alors que les propagandes restent logiquement focalisées sur la première utilisation du drone d'attaque turc Bayraktar TB2 sur ce front Sud et sur celle, avérée fausse, du missile antichar américain Javelin, d'autres drones ukrainiens larguent quotidiennement des munitions explosives sur le front avec des moyens offensifs qui ont évolué du bricolage artisanal de drones d'observation à la production industrielle de drones tactiques spécialisés dans ce type de bombardement et de munitions adaptés, des RKG 1600 produites par la firme Mayak à Kiev.

Deux autres exemples de bombardements ukrainiens 
par drone tactique - vidéos propagande ukrainienne.


Les forces ukrainiennes utilisent également cette arme aérienne contre les zones résidentielles civiles tuant, blessant ou détruisant pour terroriser la population et l'inciter à quitter les localités près du front.

Ainsi, pas plus tard que le 25 novembre 2021 un drone tactique ukrainien a réalisé une nouvelle attaque à 05h40 du matin, larguant plusieurs munitions explosives de RPG 7 au-dessus de la rue Ordjonikidze, dans une secteur d'immeubles résidentiels près de la gare routière, occasionnant heureusement que des dégâts matériels. A noter qu'une des munitions larguées n'a pas explosé.

25 nov 21, bombardement aérien ukrainien par drone tactique du
secteur de la gare routière de Yasinovataya (20 km Nord Donetsk).

Munition du drone non explosée (RPG 7)

Face à cette menace aérienne ukrainienne devenue quotidienne et de plus en plus efficace, les forces de défense républicaines ont déployé prioritairement sur les secteurs sensibles des stations de contre mesures électro magnétiques qui sont complétées par des armes identiques et portatives qui sont en cours de dotation systématique au sein des unités d'infanterie sur la première ligne.

Ainsi les interceptions des drones ukrainiens sont elles aussi de plus en plus fréquentes comme par exemple ce drone neutralisé par une station de guerre électronique républicaine au matin du 24 novembre sur le front Ouest de Donetsk près de la mine Abakumova. les contre mesures électroniques ont fait chuter ce drone qui emportait accrochés sous sa structure 3 munitions explosives à larguer et en touchant le sol l'une d'entre elles a explosé. Sur les lieux, Viktor Gorbanovsky, un civil a réussi a briser des pales des rotors (avec une béquille) alors que l'engin tentait de redécoller. Dès leur arrivée sur le site du crash les sapeurs de la RPD  ont désamorcé les 2 munitions restantes. 



Côté Ukraine, le fantasme d'une offensive russe pour janvier répandu par la propagande ukro-occidentale fait son chemin, des cartes avec des flèches rouges toutes plus fantaisistes les que que les autres illustrent des débats abscons sur les réseaux et les médias ukrainiens. Mais le pire est que les ukropithèques finissent par croire à leurs propres délires tel ce nouveau ministre de la Défense, Alexei Reznikov, qui annonce la mobilisation de 200 000 réservistes au début du mois de janvier 2022.

En attendant, sur la première ligne du front, les forces ukrainiennes multiplient tirs d'infanterie et d'artillerie, drones de reconnaissance et bombardements, creusement de nouvelles tranchées d'approche tandis qu'à l'arrière les routes et les voies ferrées sont encombrées de convois montant vers le front :

22 nov 21, gare de Nikolaiev, convoi ferroviaire
ukrainien en chemin vers le front du Donbass.

Tandis que les forces russes répondent symétriquement aux mouvements des forces ukrainiennes en déployant dissuasivement à nouveau (comme en mars 2021) des unités vers les frontières de Kiev, la diplomatie russe tente une fois encore de désamorcer cette escalade majeure initiée par les "ukrops".

Ainsi le président russe Vladimir Poutine a alerté le Président du Conseil européen sur la situation dans l'est de l'Ukraine face à laquelle il s'est dit "préoccupé par les provocations continues de la partie ukrainienne visant à aggraver la situation sur la ligne de contact. Il a également été indiqué que la politique de Kiev de discrimination à l'encontre de la population russophone doit être arrêtée, ce qui viole les obligations internationales de l'Ukraine" (allusion aux habitants du village de Staromarievka (180 dont 37 citoyens russes), récemment capturé par la 93e brigade ukrainienne dans le secteur de Telmanovo (60 km Sud Donetsk).

Moscou réussir a-t-il cette fois encore à dissuader Kiev de franchir la ligne rouge dans le Donbass où s'achemine t-on vers un conflit régional qui s'il n'est pas extrêmement rapide risque de déborder largement de ce volcan du Donbass entré à nouveau en éruption ?

Telle est la question que tout le monde se pose et pour laquelle on connaitra certainement rapidement la réponse .

Erwan Castel


43 jours de détention pour Andrey Kosiak, enlevé et torturé par
les forces ukrainiennes sur le front de Lugansk, qui refusent de
 libérer et même de donner des nouvelles de cet homme pourtant
 observateur de l'OSCE en mission sur le front du Donbass.

mercredi 24 novembre 2021

Le Javelin entre info et intox !

Dans un précédent article, j'évoquais l'annonce faite côté ukrainien d'une première utilisation non confirmée du missile antichar étasunien "Javelin" sur le front du Donbass par les forces ukrainiennes. Or, sur les réseaux sociaux "ukrops", alors que d'autres sources affirment désormais cette information, une vidéo est apparue montrant la destruction de 2 blindés commentés républicains dans le secteur de Popasna, sur le front de Lugansk.

Si depuis dans conflit, après le retrait fin 2014 suite à d'importantes pertes de l'aviation ukrainienne, nous pouvions observer un affrontement "à armes égales" issues du même arsenal soviétique, cette équilibre technologique vient de connaître ces derniers jours un changement très important en faveur des forces ukrainiennes avec l'engagement d'une part du drone d'attaque de fabrication turque "Bayraktar TB2" sur le front de Donetsk le 26 octobre et maintenant celui du missile antichar de fabrication américaine "Javelin" qui aurait été à son tour utilisé.

Montage vidéo par la propagande ukrainienne d'une 
archive américaine montrant 2 tirs de missiles Javelin 
On peut observer ici les  deux types de tir réalisables : 
à 10", un tir en cloche où la cible est frappée par le 
dessus (ici échec) et à 29", un tir direct où la cible 
est frappée horizontalement (explosion anormale)

En réalité il s'agit de tirs ukrainiens effectivement destructeurs mais de réalisé en 2016 sur 2 camions Oural de la milice de la République Populaire de Lugansk avec des missiles Stugna P . D'ailleurs la vidéo origine datée d'avril 2016 existe encore sur YouTube sur laquelle on peu voir la séquence utilisée aujourd'hui pour la fake news ukrainienne (à partir de 0'56"):


Quand bien même on n'aurait pas cette vidéo origine pour dénoncer le mensonge, il suffit de regarder la vidéo pour comprendre qu'il ne eut s'agir de missile Javelin, car ces derniers sont du type "fire and forget" (le missile dispose d'un calculateur autonome lui permettant de s'autoguider sur la cible verrouillée au moment du tir)et leur vols, que ce soit pour des tirs tombant ou directs s'élèvent dès la sortie du tube et non à mi parcours comme on peut le voir sur le 2ème tir de la vidéo présentée cette semaine sur les réseaux. En revanche le Stugna P est un missile à guidage laser dont la cible doit être illuminée en permanence par le tireur, qui peut modifier également son vol. 

Sur ce schéma constructeur du missile Javelin, on voit bien que la trajectoire balistique 
ne correspond pas avec celle de la vidéo propagande attribué à ce système d'armes

Cela dit, la menace du Javelin est bien réelle et il ne serait pas surprenant qu'il soit employé prochainement contre des positions républicaines, ce missile antichar comme tous les autres étant aussi efficace contre les "blindages" des bunkers.

Erwan Castel