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vendredi 1 mars 2019

"C'est un cauchemar !"


Ce mois de février aura été l'un des plus sanglants du Donbass depuis la signature des accords de Minsk, il y a 4 ans. Dès le début de ce deuxième mois de 2019 et quelques jours après le retour du régiment ultra nationaliste "Azov", les pertes des défenseurs du Donbass ont connu une augmentation dramatique, et qui devait se poursuivre dans les semaines qui ont suivi. 

Principalement ce sont des bombardements ukrainiens qui sont à l'origine de l'hécatombe de février, dont il faut leur reconnaitre une surprenante précision et qui me fait penser à l'arrivée sur le front de nouveaux matériels de pointage (voire de mortiers), de nouvelles techniques de correction de tir (depuis des drones d'observation) auxquels il faut rajouter aussi les conséquences de l'expérience du front et de la formation dispensée par les instructeurs étasuniens et canadiens.

C'est principalement le front Sud de la République Populaire de Donetsk (front entre Mariupol et Novoazovsk) qui a été le plus meurtrier avec par exemple le bombardement de Leninskoe du 7 février, où 4 miliciens ont été tués, celui de Sahanka du 9 février, 4 autres tués, puis celui du 22 février, 3 autres tués, etc...

Le voile des propagandistes que je peux comprendre, mais sans l'approuver, ne peut plus désormais cacher les pertes subies surtout depuis que les ukrainiens systématisent la publication des vidéos aériennes de leurs tirs, prises depuis leurs drones d'observation. 

Résultat du bombardement ukrainien du 22 février 2019
(on peut observer ici les impacts ukrainiens et même des corps de miliciens
qui n'ont pu être relevés immédiatement du fait des tirs persistants)

Sur d'autres secteurs de la République Populaire de Donetsk, des pertes importantes ont été enregistrées du côté républicain, comme par exemple sur le front de Donetsk ou celui de Gorlovka. A cette liste macabre il faut rajouter également les 2 civils tués sur le front le 23 février à Elenovka.

Les premiers résultats connus rapportés par les proches des tués, militaires et familles, font état de plus de trente "200" (tués) sans compter les dizaines de blessés. Même le célèbre officier-écrivain Zakhar Prilepine, a dénoncé sur son réseau social Facebook, le 22 février, les pertes très importantes subies par les milices au cours de derniers jours, particulièrement dans le bataillon dont il fut le commandant en second ces 3 dernières années.


"Dans notre unité du Donbass, en raison des combats et bombardements constants, nous subissons de grandes pertes. Dieu sait que j'ai toujours essayé de ne pas jouer sur la corde de la pitié et que je n'ai jamais signalé nos pertes. 
Mais... ce qui se passe aujourd'hui est un cauchemar !. 
Quatre morts il y a une semaine et demie. Quatre morts au combat ce matin. Et il y a des blessés. L'intensité des tirs et le nombre de pertes qui ont  frappé mes frères d'armes sur le secteur marque ce mois ci comme l'un des plus difficiles de cette guerre de puis quatre ans"


Sur les réseaux sociaux militaires des unités et des miliciens, la consternation et parfois même la colère sont également visibles, ainsi par exemple ce message du milicien "Vympel" sur le réseau russe V Kontakte, ce 23 février 2019 :

"Dans la RPD, sont tués chaque jour entre 1 et 4 miliciens. Au moins 7 personnes sont décédées au cours des trois derniers jours. Comment sont les choses dans la LC (République de Lugansk), je ne sais pas, mais je pense que c'est à peu près la même chose. Ce n'est plus le débit lent de "Minsk" avec la capture de la zone grise et un ou deux soldats morts par semaine. C'est une vraie extermination. Si l'offensive ne commence pas et que l'APU n'est pas vaincu, il ne restera plus rien de la milice. A ce rythme là cela représente une perte moins de 1500 combattants au moins en une année. C’est triste que les combattants ne meurent pas pour la victoire, mais pour la masturbation à Minsk, des oligarques, bureaucrates et politiciens des deux côtés."

Bombardements ukrainiens sur des positions républicaines

Un autre exemple d'attaque meurtrière ukrainienne (et violation des accords de Minsk) : Ce 23 février en soirée les forces ukrainiennes détruisent un dépôt de munitions républicain près de Gorlovka, tuant 3 miliciens

Le contexte électoral ukrainien (scrutin présidentiel le 31 mars prochain) doit jouer beaucoup dans se regain d'activité ukrainienne sur le front du Donbass autant qu'expliquer peut-être l'absence de réaction de l'artillerie républicaine qui auparavant se permettait des tirs de contre-batteries ponctuels contre les postions ukrainiennes responsables des bombardements. 
D'un côté, le candidat à sa propre succession Porochenko, est loin d'être le challenger de cette course présidentielle et doit être tenté de vouloir créditer des victoires militaires contre "l'agresseur russe" pour redorer sa popularité et revenir en pole position.
De l'autre côté, les Républiques du Donbass refusent de rentrer dans une escalade qui alimenterait cette stratégie politicienne de Kiev, et préfèrent faire le gros dos en attendant le nouveau jeu diplomatique (ou militaire) qui apparaîtra à coup sûr au lendemain des élections.

Mais parfois.... "trop c'est trop !"

Ainsi, le 25 février 2019, devant la poursuite des violations meurtrières quotidiennes des accords de Minsk, le Commandement militaire de la République Populaire de Donetsk a décidé d'autoriser des tirs de contre batteries sur des positions d'artillerie ukrainiennes à l'origine des bombardements. Selon les premières estimations, plusieurs pièces d'artillerie ont été détruites ainsi que 6 soldats tués et 8 autres blessés parmi les forces ukrainiennes. Il s'agit ici d'une riposte mesurée et ponctuelle ciblant dans un esprit de "légitime défense" les unités ennemies ayant ouvert le feu en premier.

Autrement, les miliciens républicains défendant la ligne de front paient le prix fort dans ce jeu de dupes joué entre Moscou, via Donetsk et Washington, via Kiev. Une situation entre enjeux politiques et menaces militaires qui, si elle peut être comprise par la conscience du soldat n'est en revanche jamais acceptée par son coeur, même si son devoir, son honneur et le souvenir des disparus le maintiennent à son poste !

Malgré des lots quotidiens de sang et de larmes, la milice garde le front et le moral hauts et forts, espérant même qu'à défaut de paix réelle une contre-offensive soit enfin décidée pour "bouter les ukrainiens" loin des villes du Donbass qu'ils occupent ou bombardent.


Mais il nous faut encore "prendre notre mal en patience" même quand la patience fait mal

Erwan Castel


Voici quelques uns des héros (plus de 30) tombés quotidiennement ce mois ci pour la Liberté du Donbass mais également sacrifiés sur le vil échiquier des intérêts des uns et des calculs des autres. Et dans le silence des propagandes tentant de cacher leurs morts j'entends comme un écho cette phrase du chanteur breton "Glenmor" (Milig ar Skanv) : 



Paix à leurs âmes et que leurs sacrifices gardent éternellement vive la flamme de la révolution dans les coeurs luttant pour la liberté des peuples qui un jour triomphera de la haine et de la cupidité.



1er fev, Skazka.


4 fév, Andrei Varchak, 37 ans







7 fév, Alexander Prokopchuk , 29 ans


7 fév, Dimitry Kutkin







8 fév, Dimitri Valentinovich Sidorov, 21 ans


9 fév, Alexander Sych, 31 ans




11 fev, Boris Zvernichenko , 32 ans.


11 fév, Roman Kuzin , 36 ans






15 fév, Vitaly Shumsky, 27 ans.


17 fév, Alexander Lykov, 29 ans







18 fév, Alexander  Lukʹânenko, 26 ans









22 fév, Anton Pyura, 29 ans


22 fév, Mazur Aleksandr, 41 ans






23 fév, Andrey Tkachenko, 43 ans


24 fév, Adreï Ostapov , 36 ans





En partant sur le front j'espérais qu'à mon retour, la litanie des sacrifiés ait enfin cessé. Malheureusement l'hécatombe de Minsk continue drainant chaque jour sang et larmes sur la terre du Donbass, tandis que de nouveaux visages et noms apparaissent à le surface des jours passés.



Mises à jour :







5 fév, Zoellick Paul, 32 ans


18 fév, Fedorov Alexander, 58 ans





18 fév, Korchuganov Yevgeny, 41 ans




27 fév, Sinyukov Sergey, 42 ans





28 fév, Alexander Krokhalev, 41 ans.



28 fév, Evgeny Igorevich Mashkov, 32 ans






28 fév, Kovalchuk Denis, 34 ans


28 fév, Mashkov Evgeniy, 32 ans







8 fév, Shaymardanov Marat, 43 ans


4 fév, Mogilny Andrei Nikolaïevitch, 22 ans





6 fév. Gennadiy Zubenko, 49 ans


15 fév,  Vyacheslav Vitalyevich Khripakov, 35 ans



2 fév, Evgeny Korchuganov, 41 ans


4 fév, Kutsakov Andrei Vitalyevich, 31ans





22 fév, Dani Nagorny, 21 ans

7 fév, Igor Nikiforov, 46 ans



"Que le souvenir des morts soit la force des vivants"
"

lundi 8 janvier 2018

Pour la Liberté, de la Bretagne au Donbass !


Mon combat ne défend pas le passé mais il s'abreuve à son Histoire. Je ne sers aucun Etat mais soutiens la Liberté des peuples. Je ne suis pas internationaliste et encore moins nationaliste dans le sens que veulent entendre tous ces "patriotes" qui tous ne font que défendre des colonialismes obsolètes et criminels.


Je suis pour la libération des peuples natifs et le respect des diversités naturelles et humaines du Monde.

Certains dans leurs commentaires (que je respecte par ailleurs en deçà de l'insulte) cherchent pathologiquement à me coller des étiquettes, haïes ou adorées, et toujours dans une vision manichéenne et simpliste de l'existence. Un jour je suis nationaliste, un jour communiste, un jour anarchiste etc... Je les remercie de leurs efforts mais je ne suis pas un pot de confiture.

Je hais les pouvoirs artificiels, ceux fondés sur l'argent des princes et les dogmes des clercs, et suis farouchement attaché aux identités natives européennes, spirituelles ou culturelles, et sans prosélytisme ni xénophobie.

Car j'aime aller à la rencontre des "autres" et découvrir, sans les juger, leurs différences qui seules enrichissent les échanges et les évolutions de chacun.

Mais je hais par dessus tout l'arrogance des gens gonflés de certitudes et amnésiques de l'Histoire. Ils ne sont souvent que des serviteurs fanatiques de pensées uniques, religieuses économiques, culturelles ou politiques qui dans une hégémonie psychotique veulent asservir et marchandiser le Monde.

Bref, j'essaye d'être un penseur libre, breton, européen, païen, étant je le conçois un peu (beaucoup ?) rebelle et emmerdeur aussi !

Erwan Castel


dimanche 17 janvier 2016

Le printemps de l'Europe

Le Donbass sonne le réveil des peuples d'Europe !


Un nouveau reportage (voir en fin d'article) sur un site au nom évocateur, "Le Printemps russe", dans la visite réalisée à Lugansk avec l'agence de presse internationale DONi, a mis l'accent sur un point que je pense être le plus important à savoir la mise en perspective dans un futur européen de la Résistance victorieuse du peuple du Donbass.

Cette rébellion en effet ne marque pas seulement un coup d'arrêt à (lien) l'expansionnisme étasunien en Europe via son bras armé l'OTAN, il sonne selon moi le réveil des peuples natifs du vieux continent soumis depuis des siècles aux dictatures successives des tyrans et des banques. En septembre 2015 un général ukrainien reconnaissait lui-même la réalité de la rébellion du Donbass et que (lien) "ceux qui étaient sur le Maïdan comprennent que ce qu'ils revendiquaient est en train de se réaliser dans le Donbass et sans oligarques" 

Les Républiques de Donetsk et Lugansk ont forgé dans le feu de la guerre un projet qui par son exemple et son esprit dépasse les frontières du Donbass. Ici aux confins de l'Eurasie et de l'Occident sur cette terre qui en a été naturellement un trait d'union millénaire, des femmes et des hommes proposent une nouvelle vision sociétale, celle de vraies Républiques émancipées de la ploutocratie internationale, où le peuple décidant lui-même de son avenir imagine une nouvelle pensée politique, à la fois révolutionnaire et conservatrice au service de sa Liberté, son sanctuaire et ses traditions.

Je peux témoigner avec force que dans le Donbass, et malgré l'état de guerre dont beaucoup de "démocraties occidentales" profiteraient pour étouffer les libertés individuelles et l'opposition politique, le système de gouvernance élaboré en moins d'un an est attentif aux aspirations réelles de sa population et fondé une une vraie démocratie participative.
Car la différence entre la théorie politique défendue par nos Républiques atlantistes à coup de mensonges médiatiques et celle défendue les armes à la main par les Républiques populaires de la Novorossiya est essentielle, c'est leur l'objet politique, la finance internationale pour les premières et le peuple pour les secondes.


Le Donbass montre aux peuples d'Europe que leurs rêves de Liberté sont possibles et en s'engageant dans le chemin de la rébellion, les femmes et les hommes de Novorossiya donne vie à la pensée de Milig ar Scanv dit Glenmor qui annonçait il y a 50 ans la révolte des esclaves... 

Je dédie ce texte du barde breton à toutes celles et ceux, volontaires du Donbass ou d'ailleurs qui incarnent héroïquement depuis 2 ans la pensée de Péricles qui aux racines de notre commune civilisation affirmait qu' "Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage."

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

"Princes, entendez bien"


"Princes, entendez bien, vous germez dans la fumure populace et vous êtes solitaires. Le grain qui se refait à la même terre est damné puis il dégénère.

Le peuple porte en toute fierté le triste emblème de l'engeance des valets. Et pourtant le blason de haut-vol est blasphème. Princes, entendez bien. Vous condamnez toute guerre sauf la vôtre que vous dîtes juste. Ceci est l'immonde chose du soldat : guerroyer pour les grands d'Eglise et les princes d'en-bas.

Nous retrouverons la souveraine indécence des peuples barbares. Vos puissances s'étioleront sous le piétinement des hordes antiques. Princes, entendez la chevauchée des armées populaires. La fureur des esclaves couve depuis longtemps. Ce jour, se fécondent lentement les nouvelles républiques et les nouveaux parterres.
Nous retracerons dans la plaine des surfaces corrigées où chaque toit sera nouvelle demeure.

Princes, vous n'êtes que le crépis des façades, que les vents nouveaux désagrègent.

Sur le parvis de l'empire, les pauvres ont signé un pacte éternel de gérance.
Les hauts lieux de l'Histoire sont inondés par le sang des justes et des pacifiques que vous avez immolés pour la sauvegarde de votre progéniture.
Princes de tout régime, courtisans à breloques, républicains de finances, la couronne est maudite.

Voici les bateleurs et votre dernière garde, les casqués à matraque, les archers imbéciles qui ne tireront aucune gloire d'avoir pelé leurs enfants quand il fallait aimer et les croire.
Voici les jeunes cohortes de qui portent à chaque toit le dernier chant des libertaires.
Voici la suite des faucheurs, des maîtres manœuvres, le gerbier des plaines, le soleil des fenaisons.
Princes, vous n'attendiez pas ces maraudeurs, et les voilà aux portes de vos cités et sur les marches des palais, la troupe est peut-être dans vos cuisines.
Vous serez seuls à table quand vos prétoriens viendront quérir les deniers de la trahison.

Il y aura des hommes et des hommes à foison aux agapes des places publiques. Chacun dira son aventure. Car de l'esclavage à la liberté la route fut longue. Ils furent longtemps trompés par leurs propres élus, par vous, princes des fausses républiques.
Vous avez détrôné les rois tout en gardant le trône.

Les fermes générales se nomment préfectures. De la place guillotine aux nouvelles baronnies, un cortège de fripons essaime les cendres de la roture. La tour défaite, la tour jacobine, l'insolence des valets se drape dans le pourpre des messes royales.
Vous dites liberté quand la vôtre, seule, se dore au soleil. Vous dites gouvernement quand votre régime, seul, bascule. Vous dites Patrie pour sauver vos écus. Vous dites nation pour justifier la querelle d'un petit nombre et la bombe d'un hystérique et vous dites France pour déodorer la pestilence d'une poubelle lutécienne.

Compagnons, nous avons rêvé sous le chaume d'honorer un nouveau langage, le nôtre, et le plus ancien. Nous avons attendu des heures de nuit une aurore où la vallée serait au midi de sa verdure, où les anciens diraient : nos enfants ont mérité de notre misère car ils ont les yeux de la guerre et le regard effrayé.

Compagnons, nous étions en si petit nombre que le discours avait l'ardeur ridicule des palabres d'enfants. Nous étions si tendrement révoltés qu'il fallait percer l'indolence de nos dires pour y découvrir la sombre fureur.
Compagnons insoumis des heures noires, nous avons tout de même semé et toute bonne graine honore le semeur. La moisson est proche.
Il y aura des hommes et des hommes à foison aux agapes des places publiques.
Il y aura des hommes debout pour une nouvelle république, la nôtre, la plus ancienne...

Princes, entendez bien, les racines de la puissance sont fragiles. Imaginez simplement le bruit de la terre en qui tout se nourrit, le grondement des forces souterraines, le bourdonnement des colères humaines. Ne dites plus, ceci est la civilisation, car nous sommes au pouvoir. Ne dites plus, ceci est la paix car nous sommes les garants du monde. Ne dites plus, ceci est science car nous avons ses produits à la face du peuple. N'ajoutez plus, nous sommes la science et l'avenir, quand il faut toute une armée de pithécanthropes pour établir et maintenir les vôtres."

Milig ar Scanv dit "Glenmor"







Traduction de l'article en français
(Merci à Yelena Delville)

La Résistance du Donbass est devenu le début d'un  monde nouveau pour le volontaire français

"Vétéran du forces spéciales françaises,  volontaire dans les rangs de la milice du Donbass Erwan Castel a vu dans son combat et sa résistance contre les forces armée de l’Ukraine le début  d'un monde nouveau. 

Il l’a déclaré à lougansk lors d'une conférence de presse d'un groupe de journalistes étrangers, venus dans la LNR pour raconter la vérité sur les événements qui ‘y dérouent.

«Je considère que ce n’est pas une guerre régionale, mais plutôt, une guerre européenne, car elle peut avoir un impact sur tout le monde en Europe.  La découvertes d'une nouvelle culture, la résistance du Donbass, c’est pour moi le commencement d'un nouveau monde", - a-t-il dit.

Il est convaincu que Donbass est très important pour l'Europe, parce que «une nouvelle vision sociétale est entrain de naître ici."

L'exemple du Donbass pourrait servir d'exemple pour d'autres pays pour se débarrasser de l'hégémonie américaine.
Selon Erwan Castel,  le "Maidan » de Kiev l'a poussé à exprimer ses vues sur les réseaux sociaux, les événements à Odessa l’ont choqué, et les événements de Lugansk survenus le 2 Juin l’ont définitivement décidé à rejoindre la milice.

« Je ne pouvais plus rester les bras croisés et je suis venu ici," dit le volontaire.


Auparavant Erwan Castel,  officier renseignement de l'armée française,  a déclaré qu’il avait honte de la politique actuelle de la France, qui a transformé le pays en "un perroquet qui répète tous les ordres des États-Unis. » Il raconte la vérité sur les événements dans le Donbass sur sa page qu’il anime sur Facebook."

Sur la journée de rencontres réalisée à Lugansk le lien : ICI:


Source de l'article :

- Site LE PRINTEMPS RUSSE, le lien : ICI
- Vidéo YouTube, le lien : ICI

lundi 6 juillet 2015

"Princes entendez bien !"

DU DONBASS A LA GRÈCE, "LA MOISSON EST PROCHE"


Dimanche le peuple grec a nettement exprimé son refus de continuer à se soumettre au dictât de cette machine faussement appelé "Union" "européenne". 

Il ne faut pas perdre de vue que la colère des ploutocrates de l'UE a été dictée, autant par le risque économique menaçant leur empire, que par le rapprochement de la Grèce et de la Russie sur fond de crise ukrainienne (Gaz, bases militaires, BRICS etc...). 

Après les référendums de la Crimée ou de la Catalogne de 2014, ce vote est historique car il marque le réveil d'un autre peuple d'Europe, refusant l'esclavage économique du Nouvel Ordre Mondial qui commence a craquer et vaciller sur sa haine des peuples..

Me reviennent les paroles du barde Glenmor rappelant la légitimité des peuples d'Europe et, du Donbass à la Grèce, "la moisson est proche" et une "Europe aux cents drapeaux" va apparaître à l'horizon des chemins de la rébellion, bousculant la dictature étrangère et libérer des chaînes de l'esclavage l'héritage de l'Histoire.

Erwan Castel



"Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage."

Périclès

"Princes, entendez bien, vous germez dans la fumure populace et vous êtes solitaires. Le grain qui se refait à la même terre est damné puis il dégénère.
Le peuple porte en toute fierté le triste emblème de l'engeance des valets. Et pourtant le blason de haut-vol est blasphème. Princes, entendez bien. Vous condamnez toute guerre sauf la vôtre que vous dîtes juste. Ceci est l'immonde chose du soldat : guerroyer pour les grands d'Eglise et les princes d'en-bas.

Nous retrouverons la souveraine indécence des peuples barbares. Vos puissances s'étioleront sous le piétinement des hordes antiques. Princes, entendez la chevauchée des armées populaires. La fureur des esclaves couve depuis longtemps. Ce jour, se fécondent lentement les nouvelles républiques et les nouveaux parterres.
Nous retracerons dans la plaine des surfaces corrigées où chaque toit sera nouvelle demeure.

Princes, vous n'êtes que le crépis des façades, que les vents nouveaux désagrègent.
Sur le parvis de l'empire, les pauvres ont signé un pacte éternel de gérance.
Les hauts lieux de l'Histoire sont inondés par le sang des justes et des pacifiques que vous avez immolés pour la sauvegarde de votre progéniture.
Princes de tout régime, courtisans à breloques, républicains de finances, la couronne est maudite.

Voici les bateleurs et votre dernière garde, les casqués à matraque, les archers imbéciles qui ne tireront aucune gloire d'avoir pelé leurs enfants quand il fallait aimer et les croire.
Voici les jeunes cohortes de qui portent à chaque toit le dernier chant des libertaires.
Voici la suite des faucheurs, des maîtres manœuvres, le gerbier des plaines, le soleil des fenaisons.
Princes, vous n'attendiez pas ces maraudeurs, et les voilà aux portes de vos cités et sur les marches des palais, la troupe est peut-être dans vos cuisines.
Vous serez seuls à table quand vos prétoriens viendront quérir les deniers de la trahison.

Il y aura des hommes et des hommes à foison aux agapes des places publiques. Chacun dira son aventure. Car de l'esclavage à la liberté la route fut longue. Ils furent longtemps trompés par leurs propres élus, par vous, princes des fausses républiques.
Vous avez détrôné les rois tout en gardant le trône.

Les fermes générales se nomment préfectures. De la place guillotine aux nouvelles baronnies, un cortège de fripons essaime les cendres de la roture. La tour défaite, la tour jacobine, l'insolence des valets se drape dans le pourpre des messes royales.
Vous dites liberté quand la vôtre, seule, se dore au soleil. Vous dites gouvernement quand votre régime, seul, bascule. Vous dites Patrie pour sauver vos écus. Vous dites nation pour justifier la querelle d'un petit nombre et la bombe d'un hystérique et vous dites France pour déodorer la pestilence d'une poubelle lutécienne.

Compagnons, nous avons rêvé sous le chaume d'honorer un nouveau langage, le nôtre, et le plus ancien. Nous avons attendu des heures de nuit une aurore où la vallée serait au midi de sa verdure, où les anciens diraient : nos enfants ont mérité de notre misère car ils ont les yeux de la guerre et le regard effrayé.

Compagnons, nous étions en si petit nombre que le discours avait l'ardeur ridicule des palabres d'enfants. Nous étions si tendrement révoltés qu'il fallait percer l'indolence de nos dires pour y découvrir la sombre fureur.
Compagnons insoumis des heures noires, nous avons tout de même semé et toute bonne graine honore le semeur. La moisson est proche.
Il y aura des hommes et des hommes à foison aux agapes des places publiques.
Il y aura des hommes debout pour une nouvelle république, la nôtre, la plus ancienne...

Princes, entendez bien, les racines de la puissance sont fragiles. Imaginez simplement le bruit de la terre en qui tout se nourrit, le grondement des forces souterraines, le bourdonnement des colères humaines. Ne dites plus, ceci est la civilisation, car nous sommes au pouvoir. Ne dites plus, ceci est la paix car nous sommes les garants du monde. Ne dites plus, ceci est science car nous avons ses produits à la face du peuple. N'ajoutez plus, nous sommes la science et l'avenir, quand il faut toute une armée de pithécanthropes pour établir et maintenir les vôtres.

Même vos dieux ont bonne conscience. Les vieilles pousses des officines vaticanes ont dressé plus d'idoles sous les dômes de Saint-Pierre que dix siècles d'égarement. De la place romaine à la chapelle du village, l'étal des médailles et des miracles engraisse les religieux politiques."

Milig ar Scanv dit "Glenmor"



Discours d'Alexis Tsipras le 4 juillet 2015

"LA LIBERTÉ DEMANDE DE LA VERTU ET DE L'AUDACE"

Alexis Tsipras, Premier Ministre grec.

"Citoyens d’Athènes, peuple grec,

Dimanche, nous adresserons tous ensemble un message de démocratie et de dignité à l’Europe et au monde.

Nous enverrons aux peuples un nouveau message d’espoir.

Car nous ne déciderons pas seulement, ce dimanche, de demeurer en Europe.
Nous déciderons de vivre avec dignité en Europe, de travailler et de prospérer en Europe.
D’être égaux en Europe, à égalité avec tous.

Et, croyez-moi, nul n’a le droit de menacer de couper la Grèce de son espace géographique naturel.
Nul n’a le droit de menacer de diviser l’Europe.

La Grèce, notre patrie, était, est et demeurera le berceau de la civilisation européenne.
C’est en ce lieu, dit la mythologie, que Zeus, en l’enlevant, a conduit la princesse Europe.
Et c’est de ce lieu que les technocrates de l’austérité souhaitent à présent l’enlever.
Mais cela ne sera pas. Car, dimanche, nous leur dirons « non ».
Nous ne laisserons pas l’Europe entre les mains de ceux qui souhaitent soustraire l’Europe à sa tradition démocratique, à ses conquêtes démocratiques, à ses principes fondateurs, aux principes de démocratie, de solidarité et de respect mutuel.

Citoyens d’Athènes, hommes et femmes de tous âges qui vous trouvez ici, aujourd’hui, qui submergez la Place de la Constitution, les rues d’Athènes et des autres grandes villes en bravant la montée de la peur orchestrée, la rhétorique de la terreur propagée tous ces derniers jours,

Citoyens d’Athènes,

Le peuple grec a maintes fois démontré au cours de son histoire qu’il savait retourner un ultimatum à son expéditeur. Car les ultimatums, parfois, reviennent à l’envoyeur.
Les pages les plus éclatantes de l’histoire de ce pays et de ce peuple ont été des pages d’audace et de vertu.

Je vous appelle à ce que nous écrivions ensemble, de nouveau, des pages historiques, celles de notre rétablissement et de notre liberté.

Je vous appelle, ce dimanche, à opposer un « non » haut et clair aux ultimatums. À tourner le dos à ceux qui sèment chaque jour la peur et l’intimidation.
Et, lundi, quel que soit le résultat du processus démocratique, de ce verdict populaire que certains redoutaient et voulaient entraver, nous opposerons également un « non » sans appel à la division.

Lundi, quelle que soit l’issue du scrutin, les Grecques et les Grecs n’auront rien qui les sépare. Ensemble, nous nous battrons pour reconstruire une Grèce meilleure que celle que nous ont laissée cinq années de désastre.

Je vous appelle enfin à ne pas prêter l’oreille à ces sirènes dont l’écho ne cesse de s’amplifier, ces sirènes qui hurlent à la peur.

À décider avec votre esprit et votre cœur.

À vous déterminer avec calme et résolution.

À vous prononcer en faveur d’une Grèce fière dans une Europe démocratique.
En faveur d’un peuple, d’un petit peuple qui se bat, comme le dit le poème, sans épées et sans balles.
Qui se bat cependant en ayant dans les mains la plus puissante des armes : la justice.
Parce que la justice est avec nous, parce que nous sommes dans notre droit, nous vaincrons.
Et nul ne peut effacer cela. Nul ne peut occulter ce fait : nous sommes dans notre droit.
Citoyens d’Athènes, peuple grec,

La liberté demande de la vertu et de l’audace. Nous, vous, nous tous, disposons d’audace comme de vertu. Et nous sommes libres. Nous respirons un vent de liberté. Quoi qu’il arrive, nous sommes victorieux. Nous serons victorieux. La Grèce a vaincu. La démocratie a vaincu. Le chantage et les menaces ont été défaits.

Salut à tous ! Soyez forts, soyez fiers et dignes. Notre « non » s’inscrira dans l’Histoire. Notre peuple ira de l’avant ― la Grèce, dans une Europe démocratique et solidaire."

Alexis Tsipras,
Traduit du grec par Dimitris Alexakis