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vendredi 18 mai 2018

Kiev veut faire craquer le front !


Kiev l'avait annoncé début mai au moment de la mise en oeuvre de la loi de réintégration du Donbass que ses forces interarmes engageraient une stratégie de conquête progressive des territoires des Républiques de Donetsk et Lugansk. 

Après avoir pendant plus de 2 ans grignoté la "zone grise" tactique désignée par leur propre état major de "sauts de crapaud", les forces ukrainiennes qui étaient arrivées aux contactes des avants postes républicains ont décidé d'augmenter depuis quelques jours leurs reconnaissances offensives pour emporter quelques succès tactiques localisés même au prix de pertes très importantes.

Ainsi les ukrops après plusieurs tentatives d'assauts réalisées sur la couronne Nord de Gorlovka (Nord de la République de Donetsk) ont-ils réussi à s'emparer temporairement du petit village de Yuzhnaya qui devait être repris dans la journée par les forces républicaines.

Cette action sur Gorlovka s'inscrit dans le cadre d'une pression générale effectuée dans ce secteur Nord de la République par Kiev, à coup de bombardements répétés et de reconnaissance offensive diverses. Au cours de ces attaques plusieurs civiles ont été tués et blessés (1 tué et 8 blessés) dans les zones résidentielles proches de la ligne de front, des soldats républicains également sont tombés en défendant leurs positions ou en contre attaquant. Mais c'est du côté des assaillants ukrainiens que sont observés les plus de pertes au combat évaluées à plus d'une vingtaine de soldats ukrainiens :
  • Le 12 mai la tentative de prendre une hauteur sur le front de Gorlovka (Mine Lujnaya) s'est soldé par un échec initial causant la perte de minimum 14 soldats ukrainiens (9 tués et 5 blessés) suivi d'un encerclement de 2 jours au cours duquel les unités de Kiev ont eu encore 5 morts et 3 blessés supplémentaires.
Les forces républicaines ont du également procéder depuis plusieurs jours à des tirs de riposte sur certaines positions ukrainiennes responsables des dernières attaques et repérées. 
Pendant cette période d'escalade des tensions, la Brigade Piatnashka a perdu son Chef de bataillon "Mamaï" tué sur Promka dans la soirée du 17 mai par un bombardement ukrainien au lance grenades automatiques, et ce matin une équipe d'appui de l'unité a réalisé un tir sur les positions d'où les tirs meurtriers ont été donné.
  • Ailleurs, à Gorlovka ou dans le Sud de la Répubique d'autres tirs de riposte ont été réalisés occasionnant des pertes ukrainiennes importantes estimées à 10 tués et plusieurs blessés minimum.
Et les bombardements de Kiev continuent en ce moment sur ce secteur de Gorlovka, mais aussi dans le sud de la république où dans le secteur de Sahanka et Shirokino se multiplient également des bombardements et attaques éphémères ukrainiennes.


Front Nord de la république de Donetsk, secteur du village de Leninskoe 

Devant cette brutale augmentation des combats et des pertes sur le front du Donbass Alexander Hug l'adjoint de la mission de l'OSCE en Ukraine est venu en urgence faire une évaluation de la situation et rencontrer les parties belligérantes pour tenter d'apaiser les tensions.

Malgré l'aggravation brutale de la situation et les pertes sensibles enregistrées de chaque côté du front, force est de constater que Kiev n'a pas engagé une offensive majeure en lui sacrifiant du temps et des moyens importants. Par ailleurs la discontinuité des secteurs visés par Kiev, aux antipodes l'un de l'autre, en plus du manque de moyens et de profondeur de ce attaques accréditeraient l'hypothèse stratégique développée depuis 2015 et nommée "Axe Sud" et sur laquelle s'est greffé depuis le fantasme de Kiev de voir déployés des casques bleus sur le front qui lui remettraient tranquillement les clefs du Donbass.



Schématiquement nous aurions donc autour de l'hypothèse d'une percée ukrainienne du front au plus des frontières russes :
  1. FIXER les forces républicaines par des attaques éloignées menaçant des centres névralgiques (carrefours logistiques comme Debalsevo ou villes comme Gorlovka Novoazovsk)
  2. FAIRE FUIR LA POPULATION des villes par des bombardements sur des zones résidentielles dont l'exode sur les quelques routes provoquerait un ralentissement logistique
  3. DÉBORDER le dispositif de défense en projetant rapidement des moyens d'assauts importants dans un secteur resté calme (comme le secteur de Volnovakha) 
  4. ATTAQUER par une stratégie de "guerre éclair" dans une zone ouverte et peu urbanisée permettant l'emploi aisé de l'artillerie et même de l’aviation de combat  et en évitant au maximum les combats en zone urbaine coûteux en hommes, pertes civiles collatérales, temps et logistique.

C'est à ce moment là que Kiev espère pouvoir forcer le déploiement sur le terrain d'une force d'interposition de casques bleus qui protégerait leurs éventuelles avancées territoriales et engagerait un processus de restitution par force interposée des territoires de Donetsk et Lugansk (Porochenko a le droit de réver !)

Les prochains jours, particulièrement tendus à cause de l'opportunité offerte par la coupe du Monde de football en Russie vont nous confirmer ou nous infirmer cette hypothèse stratégique.

Erwan Castel

lundi 7 mai 2018

Ça plane pour Avakov !

Avakov en compagnie de "conseillers" militaires étasuniens... mais ce sont les russes qui sont accusés d'être dans le Donbass ! 
Le Ministre ukrainien de l'intérieur Avakov continue a "garder la main" sur les opérations menées par Kiev dans le Donbass (l'ATO avait été confiée au Ministère de l'intérieur peu après son lancement en 2014). Ainsi, peu de temps après la mise en oeuvre de la "loi de réintégration du Donbass" il est venu faire la "tournée des popotes" pour pérorer et clabauder à qui voulait l'entendre qu'il a un "plan" et qu'il est désormais prêt à lancer la récupération des territoires du Donbass "dans un avenir proche".

"Sur la ligne de démarcation dans la zone de Lugansk s'est tenue une réunion de travail avec les commandants de secteurs au sujet de la stratégie des «petits pas» du programme de la réintégration du Donbass où il y a la pleine volonté de procéder à sa mise en œuvre dans un proche avenir."
Mais selon Avakov, la capture de la totalité du territoire des Républiques populaires de Donetsk et Lugnask étant "impossible" il est nécessaire de continuer la stratégie des "petits pas" et de confier ensuite le contrôle du terrain conquis à des casques bleus déployés en attente au plus près de la ligne de front.

Ce plan d'Avakov relève plus du fantasme de vouloir rejouer le scénario yougoslave ou l'ONU avait servi de cheval de Troie contre les serbes, que d'un réalisme tenant compte de la situation militaire et diplomatique du Donbass. 
Ici, une mission de casques bleus, telle que clairement désignée comme bouclier humain au profit d'une stratégie offensive kiévienne, a peu de chance de recevoir un aval de la part de la communauté internationale qui même si elle est disposée à financer une mission de l'ONU en Ukraine, a besoin avant toute chose de soldats pour la réaliser, de garanties politiques et surtout de l'accord du conseil de Sécurité sur des règles d'engagement précises de cette mission.

Or, la Russie qui sur le principe n'est pas opposée à l'envoi d'une forces d'interposition veille au grain et a déjà posé ses conditions restrictives non négociables à savoir une mission de l'ONU destinée à renforcer en la sécurisant celle de l'OSCE déjà déployée sur le terrain.

Lors de sa prochaine tournée des popotes du front le ministre de l'intérieur Avakov devrait éviter de confondre l'eau avec la vodka ou le sucre avec la cocaïne, cela lui éviterait de postuler pour le Ministère ukrainien du rire !

Erwan Castel

Source de l'article : Nations news

dimanche 18 février 2018

Lavrov, la force tranquille russe


Dans la famille des diplomates internationaux sans tomber dans une russophilie angélique, force est de constater que Serge Lavrov sort du lot !

Calme et courtois cet homme de 68 ans accumule 46 années d'expérience diplomatique au service de la Russie.

Son intelligence de combat dans un respect du droit international ont souvent raison de la fourberie et du cynisme de ses adversaires occidentaux.

Lavrov est ce qu'on appelle un "vieux briscard" toujours en première ligne et ses discours autant que sa personnalité forcent le respect...

Erwan Castel

Source de l'article : Euronews

Entretien exclusif avec Sergueï Lavrov

Galina Polonskaya, Euronews : Ma première question concerne les relations entre la Russie et les Etats-Unis. Un an après l‘élection de Donald Trump, ces relations sont plus tendues que jamais. Est-ce que la Russie attendait davantage de la présidence Trump ?

Sergei Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères : Je ne dirais pas que nous étions prisonniers de quelconque attentes. Il y a beaucoup de spéculations aujourd’hui. On dit que la Russie a parié sur Trump et perdu. Il y a eu en effet des déclarations en faveur de l‘élection du président des Etats-Unis Donald Trump, mais elles ont été faites par certains politiques, par quelques figures publiques, quelques parlementaires. Mais tous les officiels russes, du Président au ministre des Affaires étrangères, en comptant des responsables de la politique extérieure, aucun n’a parié sur qui que ce soit. Tout le monde a dit très clairement que la Fédération Russe était prête à travailler avec le Président, le Gouvernement, choisi par les citoyens de ce pays en particulier.

C’est ainsi, on ne pouvait pas “prédire l’avenir” on ne pouvait et on n’a pas interféré. On parle toujours d’une certaine intervention de l’Etat dans le processus pré-électoral, mais je n’ai rien vu de concret.

C'est évidemment triste que pendant un an de présidence Trump nos relations ne se soient pas améliorées, comparé à ce qu'elles étaient sous Barack Obama 

J’espère vraiment que ces dires, entendus principalement à Washington, vont s’arrêter. Le président, qui doit faire des compromis et prendre en compte la tendance du Congrès, poursuit sa propre ligne. Et il a confirmé son intention sincère d’accomplir ce qu’il a promis pendant sa campagne éléctorale, à savoir, développer des relations normales, mutuellement respectueuses et bénéfiques avec la Russie.

euronews : Personne ne l’a forcé à promulguer des sanctions et à fournir des armes à l’Ukraine…

Sergueï Lavrov : Il doit faire des compromis, prendre en compte la tendance au Congrès. Quand la loi est adoptée par un nombre de voix plus que suffisant pour contourner le véto présidentiel, alors les règles de politique intérieure entrent en vigueur. Le président doit déjà jauger ses relations avec le Congrès sur un plus large éventail de questions.

C’est la vie, même si c’est évidemment triste que pendant un an de présidence Trump nos relations ne se soient pas améliorées, comparé à ce qu’elles étaient sous Barack Obama. Et elles sont même dégradées, dans une certaine mesure. J’entends par là la saisie de notre propriété diplomatique, qui est contradictoire non seulement avec les accords de Vienne mais aussi avec tous les principes sur lesquels sont fondés la Constitution américaine et la société américaine, dans lesquelles la propriété privée est sacrée. Cela a été bafoué et, comme nous l’avons déjà dit, nous lançons maintenant des actions en justice aux Etats-Unis.

euronews : Vous aviez parié sur des relations pragmatiques. Le pragmatisme est-il toujours possible ?

Sergueï Lavrov : Le pragmatisme paye. Notre coopération dans le domaine de l’espace ne s’est pas arrêtée. Notre coopération sur la Syrie continue, même si elle est très difficile. Nous avons trop d’intérêts qui se heurtent les uns aux autres. La zone de désescalade au sud, a été créée avec la participation de la Russie, des Etats-Unis et de la Jordanie, et ça fonctionne très bien. Mais nous devons encore mettre en oeuvre les accords sur le retrait de toutes les forces qui ne sont pas syriennes dans cette région.

euronews : En Syrie, les intérêts des alliés de l’OTAN, je veux dire les Etats-Unis, la Turquie et l’opération Afrin, divergent largement. Les Turcs ne cachent pas le fait qu’il ne vont pas s’arrêter à Afrin… la Russie aurait pu prendre ça en compte.

Sergueï Lavrov : Depuis le tout début de leur engagement en Syrie, les Américains sont du côté des Kurdes, et ignorent la position de la Turquie. Et cette position est une réalité, ce n’est un secret pour personne et ce n‘était pas un secret. La Turquie a considéré certaines factions en Syrie comme une émanation du Parti des travailleurs du Kurdistan. Les Turcs et un certain nombre d’autres pays les ont mis sur les listes des organisations terroristes et tout cela était connu.

Les Turcs ont répété qu’il empêcheraient par tous les moyens les Kurdes de prendre le contrôle de la frontière entre la Syrie et la Turquie. Mais pendant cette période, les Américains ont constamment armé, et assez massivement, les forces kurdes et ignoré la position turque.

En jouant avec la question Kurde dans une partie seulement de la région, les Etats-Unis montrent que c’est un jeu très dangereux. Un jeu qui peut conduire à de grands troubles dans de nombreux pays où vivent les Kurdes. Nous devons réfléchir à la façon dont nous assurons l‘égalité des droits des kurdes dans les frontières actuelles des pays dans lesquels ils se trouvent, plutôt que d’essayer d’agiter toute la région comme cela a été fait au siècle dernier par nos collègues occidentaux.

euronews : Avec le président Trump, la présence des Etats-Unis sur la scène mondiale a diminué. Etes-vous d’accord avec ce jugement très répandu ou voyez-vous la même implication des Etats-Unis dans les affaires mondiales ?

Sergueï Lavrov : Je ne suis pas d’accord pour dire que les Américains sont moins présents dans les affaires internationales. Oui, le Président Trump a dit que nous devions “redonner à l’Amérique sa grandeur” et c’est l’Amérique d’abord et avant tout… mais ceux qui comprennent ce slogan comme une invitation à l’isolationnisme et au renoncement de projets externes ont tout faux.

La présence des Etats-Unis à l’international n’est pas seulement en train de diminuer ou de ne pas s‘étendre, elle se développe de plus en plus dans le domaine militaire.

En Syrie, où personne ne les a invités, en Afghanistan, où ils étaient invités, mais pendant 15-16 ans sur place leur présence n’a rien apporté, la menace terroriste est toujours là, la production de drogue a été multipliée par 10.

Cela nous inquiète, nous et nos partenaires d’Asie centrale et cela doit aussi inquiéter l’Europe parce que les drogues partent vers l’Europe et la menace terroriste se propage partout dans le monde. C’est la même chose en Irak. Sous Obama ils se sont totalement retirés et maintenant ils ne font qu’accroître leur présence.

Et je ne parlerais pas des entraînements militaires qui ont augmenté en Asie du Sud-Est, au prétexte du problème nucléaire avec la Corée. Mais ces entraînements ont augmenté bien au-delà de ce qui est nécessaire pour contenir la menace que les Américains voient en la Corée du Nord.

Et biensûr, si l’on parle des questions internationales et des lieux où la présence des Etats-Unis soulève de nombreuses questions, nous pouvons évoquer le système mondial de défense antimissile, qui est déjà créé en Europe, en Roumanie, en Pologne et en Corée du Sud… et maintenant le Japon s’y intéresse aussi. Donc cette question ne pose pas seulement problème à la Russie mais aussi à la Chine. Donc, vous le voyez, la présence américaine se développe et pas de façon inoffensive.

euronews : Ces dernières années, les pays européens et l’Union européenne, en suivant les Etats-Unis, ont accusé la Russie de propagande et de soutien aux populistes et aux partis d’extrême droite. Est-ce qu’une Europe affaiblie et déstabilisée servirait les intérêts stratégiques de la Russie ?

Sergueï Lavrov : Non, évidemment. Nous le pensons et le président la dit. Nous voulons que les troubles actuels en Europe disparaîssent. Nous voulons voir une Europe forte et stable. C’est notre plus grand partenaire économique et commercial et malgré les conséquences négatives de ces trois dernières années, l’Europe reste notre plus grand partenaire d’investissement. Et bien sûr nous voulons que l’Union européenne, se développe constamment.

Le besoin en ressource enérgétique augmente en Europe. Ces besoins peuvent être pourvus grâce aux projets que nous avons avec nos homologues européens, avec le Nord Stream2 (NDLR : gazoduc) et le Turkish Stream (NDLR : projet de gazoduc allant de la Russie à Turquie à travers la mer Noire). Mais l’année dernière, Gazprom a augmenté de manière spectaculaire ses provisions en Europe, avec un volume sans précédent… et donc les discussions sur la nécessité d‘éviter de dépendre du gaz russe, est un jeu politique dont le but est de détruire artificiellement nos partenariats économiques naturels.

euronews : Quels sont les intérêts russes dans les Balkans et comment voyez-vous cette partie de l’Europe dans les prochaines années ?

Sergueï Lavrov : Les pays des Balkans sont des partenaires historiques. Nous avons beaucoup oeuvré pour assure la sécurité et l’indépendance de nombreux pays des Balkans pendant la guerre Russo-turque, pendant la première Guerre Mondiale et la deuxième Guerre Mondiale. Nos racines historiques, spirituelles, religieuses (comme la majorité des habitants des Balkans sont orthodoxes), ont modelé de très bonnes relations entre les gens de la Fédération de Russie et les pays situés sur la péninsule des Balkans.

Ces dernières années, nous avons eu de très bonnes relations avec la Serbie, la Slovénie. Je dirais que le dialogue avec la Macédoine est bon. Récemment ce qui ressemblait à une pause dans nos relations avec la Croatie s’est arrêté. Le président croate est venu en Russie, j’ai rencontré mon homologue croate. Bien sûr la situation du Monténégro est préoccupante, il y a des tentatives de se servir des Monténégrins dans la lutte anti-russe. L’adhésion à l’OTAN leur a été imposée.

Mais malgré tout, nous avons de très bonnes relations avec le Monténégro, je ne comprends juste pas pourquoi ils ont dû s’impliquer dans cette campagne anti-russe mais bon, c’est leur conscience.

Regardons les faits. Il n’y a presque pas un seul pays des Balkans où un ambassadeur américain ou avec l’aide d’ambassadeurs européens, n’a pas demandé d’arrêter d‘être ami avec la Russie. Ils l’ont fait presque publiquement avec la Serbie. Si l’on compare à ce que fait la Russie avec les Balkans, on propose simplement des projets bénéfiques aux deux partis. Nous ne demandons jamais à nos partenaires, dans les Balkans, ou ailleurs, d’arrêter de développer leur relations avec tel ou tel pays. C’est la différence fondamentale entre notre politique étrangère et la politique étrangère de l’Ouest.

Et quand un média dit que la Russie interfère dans les processus internes sans aucune preuve et bien je pense que ce média indépendant, objectif et je mets “euronews” dans cette catégorie, devrait montrer les actions qui sont entreprises par les pays occidentaux dans les Balkans d’arrêter d‘être amis avec la Russie. Sur le principe, exiger de tel ou tel d‘être l’allié de la Russie ou de l’Occident, est une pratique du Moyen Age.

euronews : Le Parlement ukrainien a adopté une loi sur la réintégration du Donbass , le territoire occupé à l’Est de l’Ukraine en déclarant que la Russie est un Etat agresseur. Votre ministre a appelé cela un pas vers une nouvelle guerre. 
Les accords de Minsk sont-ils toujours en vigueur du point de vue russe ? Et comment voyez-vous la solution à ce conflit ?

Sergueï Lavrov : Les accords de Minsk restent valides du point de vue de la loi internationale, parce qu’ils sont approuvés par une résolution de l’ONU qui est obligatoire pour être mise en oeuvre. Aucune loi Ukrainien ne peut être supérieure au conseil de Sécurité de l’ONU. Tous nos partenaires d’Europe de l’Ouest et d’Europe de l’Est, ainsi que les Etats-Unis confirment la nécessité de mettre en oeuvre les accords de Minsk.

La loi ukrainienne sur l’intégration, (elle est appelée offciellement différemment), ne mentionne d’aucune manière les accords de Minsk. Je dirais que c’est une loi de désintégration parce qu’elle est dirigée contre la logique de ces accords qui requièrent un espace politique privé et public unique à travers un dialogue entre les autorités de Kiev et cette partie de l‘état ukrainien.

Et donc c’est une loi très inquiétante, et nous en parlerons avec tous nos collègues du Format Normandie (NDLR : configuration diplomatique adoptée pendant la guerre du Donbass et qui rassemble l’Allemagne, la Russie, l’Ukraine et la France). Je suis convaincu que nous ne devrions pas montrer de faiblesse face aux plus radicaux (NDLR : il parles des Ukrainiens) qui ont décidé d’enterrer les accords de Minsk.

euronews : Y-a-t-il des chances que les casques bleus de l’ONU puissent être stationnés à l’est de l’Ukraine avant Mars ?

Segueï Lavrov: Cela dépend de ceux qui ne nous ont pas encore apporté d’amendements concrets au projet de résolution que la Russie a présenté. Notre logique ici est très simple : les accords de Minsk ont été mis en oeuvre sous surveillance et avec la participation de l’OSCE.

L’OSCE a créé une mission spéciale de surveillance, elle était préoccupée par la sécurité de ces observateurs et depuis longtemps le président russe leur a proposé de leur donner des armes légères et d‘être davantage protégés.

L’OSCE juge cela impossible parce qu’elle n’a pas d’expérience de mission armée. Puis, en septembre de l’année dernière, on a introduit un projet de résolution au Conseil de sécurité de l’ONU qui est très simple et directement lié aux accords de Minsk : quelque soit le lieu où travaillent les observateurs de l’OSCE, ils sont protégés par des soldats de la paix de l’ONU.

Nos partenaires ont jugé que c‘était une étape très acceptable. Ils nous ont suggéré de ne pas suivre la mise en oeuvre des accords de Minsk. Ils nous ont proposé de subsituer tout ce qui est écrit dans ces accords à une mission plus puissante sous couvert d’une opération de l’ONU.

Certains citent le chiffre de près de 40.000 soldats de la paix, armés avec des armes légères et lourdes, avec des équipements dernier-cri pour prendre le contrôle de tout ce territoire des Républiques de Donetsk et Lugansk et de créer une sorte d’administration temporaire de l’ONU à hauteur de 5.000 personnes. L’objectif serait de résoudre tous les problèmes (la tenue des élections, obtenir des statuts spéciaux), non pas dans un dialogue direct entre Kiev, Donetsk et Lugansk, comme le requière la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU approuvée par les accords de Minsk, MAIS de donner à cette administration internationale le pouvoir de décider.

euronews : La Russie est contre cette idée ?

Segueï Lavrov : La Russie ne peut soutenir ces idées contraires à la décision de l’organe le plus important des Nations-unies responsable de la paix et de la sécurité. La résolution qui a approuvé les accords de Minsk est obligatoire pour sa mise en oeuvre.

euronews : La Russie a surpris le monde entier en concluant un accord avec la Turquie et l’Iran sur la Syrie. Quelles sont les prochaines étapes de ces trois pays en Syrie ? La Russie voit-elle la Turquie et l’Iran comme des alliés dans l‘élaboration d’une politique d’influence commune au Moyen-Orient ?

Segueï Lavrov : Nous ne regardons pas si loin. Nous croyons que nous devons finir maintenant ce qui a été commencé en Syrie, quand l’administration Obama est devenue totalement incompétente, dans les accords conclus entre nous et Washington en vue d’un cessez-le-feu. Donc nous n’avions pas d’autre choix que de travailler avec ceux qui tiennent leurs promesses, qui, en dépit des divergences de vues, cherchent des positions communes, cherchent un accord qui préserve la Syrie comme un état unique territorialement intégré. Et ceux dont je parle sont nos partenaires iraniens, qui comme la Russie ont été invités en Syrie par un gouvernement légitime, à aider dans la lutte contre le terrorisme, et la Turquie a montré la même volonté.

A la fin de 2016, un premier sommet a eu lieu, il a lancé le processus d’Astana (Russie, Turquie, Iran), qui a eu pour conséquence une baisse de la violence. L‘évenement récent le plus important dans les affaires syriennes c’est le “Congrès du dialogue national syrien” à Sotchi qui a approuvé 12 principes pour la future structure de l‘état syrien. Oui, tous les groupes d’opposition n‘étaient pas représentés de manière adéquate à Sochi, mais c‘était un Forum qui a représenté une variété sans précédent de toutes les parties de la société syrienne.

vendredi 6 octobre 2017

Un point de vus intéressant


Dans ce conflit armé du Donbass, des guerres diplomatiques et politiques font rage faisant feu de tous bois de leurs propagandes de guerre respectives et rares sont les journalistes qui tentent de de frayer un chemin entre les murs et les gouffres organisés par les chiens de garde aboyant de chaque côté de la nouvelle ligne de fracture européenne provoquée par la crise ukrainienne.

Voici un article qui mérite l'attention car il tente de se placer au dessus des intérêts des uns et des autres.

Il y a cependant quelques erreurs de jugements et des observations obsolètes, principalement concernant la politique des Républiques populaires du Donbass ou la situation militaire.

Je commencerai ici par l'affirmation concernant les "3000 militaires russes" disséminés au sein des 40 000 hommes des armées de Donetsk et Lugansk.

Primo, il y a effectivement des militaires russes dans le Donbass mais ce sont des observateurs déclarés (STSKK) travaillant en coordination avec L'OSCE.

Secundo, lorsque les milices du Donbass évoluent en 2015 vers des corps d'armée professionnels, les Républiques choisissent logiquement le modèle de l'armée russe, le plus proche de leur expérience, héritage et organisation. La même chose est observée pour l'appareil politique et on peut avancer sans risque la présence de conseillers militaires et civils russes pour accompagner la modernisation des structures organisationnelles. D'ailleurs la même stratégie de tutelle est opérée du côté de Kiev par les services d'Etat étasuniens et les organes de L'OTAN.

Tertio, les "militaires russes" présents sur le front sont en fait des volontaires pour la plupart anciens militaires disposant d'une solide expérience du combat, acquise en Tchétchénie, Géorgie etc...

Quarto, je ne partage que très partiellement la vision de gouvernements a Donetsk et Lugansk soit disant profitant de l'état de guerre pour asseoir des pouvoirs arbitraires et autoritaires. Certes les descriptions descripteur corruptions, trafics d'armes frontaliers correspondent à une réalité observée anecdotiquement MAIS en 2014 ! Cette période de confusion consécutive au premier choc de la guerre (et observable dans tous les conflits de ce genre) a depuis été clôturée justement grâce à la normalisation des Républiques dont les autorités ont réinstallé très rapidement un État de droit malgré la guerre.

Cinquo, la guerre est certainement l'épreuve la plus difficile à mener pour un pouvoir politique, car il y est piégé ainsi que l'exercice total et libre de la démocratie. C'est une réalité universelle : l'effort de guerre contre l'ennemi et la sécurité des citoyens dominent toutes les décisions et l'Union sacrée est la seule priorité pour laquelle tous laquelle les moyens doivent être mis en oeuvre.
Les Républiques appliquent aujourd'hui non seulement cette règle universelle mais s'efforcent même de maintenir un exercice constitutionnel civil là où les circonstances autoriseraient loi martiale, mobilisations etc...

Ce quelques observations mises à part, l'analyse apporte avec une certaine indépendance (même si on y décèle toujours l'influence d'une doxa russophobe occidentale) un regard interessant qui a le mérite de participer au débat en cours sur cette tectonique géopolitique majeure qui bouleverse l'échiquier, piègent le jeu des puissances et menace menace à paix européenne.

Erwan Castel


Céline Marangé 

publié le octobre le 4 octobre 2017

Trois ans et demi après le déclenchement de la guerre dans le Donbass (est de l’Ukraine), les hostilités se poursuivent, des périodes de relative accalmie alternant toujours avec des affrontements de haute intensité. Le bilan humain témoigne de la violence des combats : d’après des chiffres de l’ONU, on dénombre depuis 2014 plus de 10 000 morts et près de 25 000 blessés du côté ukrainien. Le ministère ukrainien de la Défense faisait état, au printemps 2017, de 2 600 militaires morts au combat et de 600 personnes retenues en otage. Si les pertes humaines du côté russe et séparatiste ne font l’objet d’aucun décompte officiel, divers témoignages laissent à penser qu’elles se chiffrent aussi en milliers.

La guerre a, par ailleurs, jeté sur les routes des millions d’habitants du Donbass. Ils sont entre 1,7 et 1,9 million à résider dans d’autres régions d’Ukraine. Environ 900 000 d’entre eux auraient trouvé refuge à l’extérieur du pays, dont une majorité en Russie.

Pourquoi la résolution du conflit semble-t-elle si compromise ? En proposant de déployer dans le Donbass des Casques bleus, la Russie souhaite-t-elle geler le conflit ?


L’impasse des négociations

La recherche de la paix a d’abord échoué en raison de l’absence de consensus sur les Accords de Minsk II, signés en février 2015. En Ukraine, ces accords sont considérés par une large partie de la classe politique et de la population comme étant foncièrement défavorables aux intérêts du pays et préjudiciables à l’indépendance du pays.

Lors des négociations de Minsk II, le président russe Vladimir Poutine a réussi, au terme d’une longue nuit d’échanges, à obtenir que l’Ukraine, pays déjà amputé d’une partie de son territoire, se voie contrainte de reconnaître un statut spécial aux entités séparatistes du Donbass, d’inscrire le principe d’une décentralisation dans la Constitution et d’adopter une loi d’amnistie. Le président ukrainien Petro Porochenko a accepté ces accords dans le but d’obtenir un répit dans les combats et d’interrompre la percée adverse. Les forces ukrainiennes étaient alors en grande difficulté sur le terrain, en particulier à Debaltseve.

Les participants aux négociations de Minsk (février 2015).  Kremlin.ru/Wikimedia, CC BY-SA

Rapidement contestées en Ukraine, les clauses des accords qui concernent le statut du Donbass constituent toujours une pomme de discorde. Elles sont, pour la plupart, restées lettre morte. Se posent également des problèmes d’interprétation concernant l’ordre d’application des accords.

Les autorités russes considèrent que la loi sur le statut spécial du Donbass et la réforme constitutionnelle doivent précéder la démilitarisation de la région. Les autorités ukrainiennes défendent la position inverse, estimant qu’il est nécessaire d’assurer la sécurité sur le terrain avant d’organiser des élections dans les zones contestées. Elles insistent sur les garanties de sécurité prévues par les accords, comme l’observation d’un cessez-le-feu complet et durable, le retrait effectif des armes lourdes et la restitution du contrôle des 420 km de frontière avec la Russie.

Chacun campant sur ses positions et la méfiance dominant, les négociations menées par groupes de travail sous l’égide de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) sont au point mort.


Un enlisement militaire non sans avantage

L’enlisement du conflit tient aussi au fait que toutes les parties belligérantes ont un intérêt à la poursuite de la guerre. Le conflit permet ainsi au Kremlin de prendre en défaut les autorités ukrainiennes sur la scène internationale et dans l’espace postsoviétique. Il les empêche également de concentrer leurs efforts sur les réformes structurelles, gages d’un rapprochement durable avec l’Union européenne.

Dans le Donbass même, le conflit a généré des rentes de situation et créé une véritable économie de guerre. Les dirigeants autoproclamés du Donbass, Alexandre Zakhartchenko pour la « République populaire de Donetsk (DNR) » et Igor Plotnitski, pour la « République populaire de Lougansk (LNR) » sont désormais « premiers ministres » du gouvernement dans leur « république » respective. L’application des accords les obligerait à renoncer aux pouvoirs dont ils jouissent actuellement.

Le leader pro-russe Alexander Zakharchenko (deuxième à droite), le 7 septembre, dans le Donbass. Alexeï Filippov/AFP

Fortes d’environ 40 000 hommes, les forces séparatistes sont organisées en deux corps d’armée et compteraient dans leurs rangs environ 3 000 militaires russes, intégrés à tous les échelons de commandement. Différents chefs de guerre ont mis en place une économie de prédation. En plus de la contrebande le long de la ligne de contact ou de la frontière avec la Russie, ils peuvent tirer profit du trafic d’armes.

Enfin, la poursuite des hostilités fournit aussi des opportunités à l’Ukraine. Elle lui permet de reconstituer un appareil de défense performant et de transformer ses forces armées à marche forcée suivant les meilleurs standards occidentaux. Elle reçoit pour cela une aide financière conséquente et le soutien de nombreux conseillers occidentaux.


L’inflexibilité forcée de Kiev

L’absence d’avancée politique s’explique aussi par l’évolution des équilibres de pouvoir à l’intérieur de l’Ukraine. Le président Porochenko, qui est déjà candidat à sa réélection en 2019, subit de fortes pressions politiques. Pris de court sur sa droite, il doit tenir compte de l’hostilité d’une partie des anciens combattants et des groupes radicaux, décidés à s’opposer coûte que coûte à toute réforme qui ouvrirait la voie à une fédéralisation du pays ou donnerait un blanc-seing aux séparatistes.

Il doit aussi se montrer accommodant avec les partis qui plaident en faveur d’une séparation définitive du Donbass d’avec le reste de l’Ukraine, s’il veut conserver le soutien des formations politiques avec lesquelles il a formé une coalition à la Rada, même si de facto cette coalition n’est plus opérante depuis le début de l’année 2016.

Depuis l’éviction de l’ancien président géorgien, Mikheïl Saakachvili, son adversaire politique le plus sérieux est le maire de Lviv Andri Sadovy. Or ce dernier préconise l’abandon pur et simple des territoires de DNR et LNR, qui représentent seulement 4 % de l’ensemble du territoire, et la mise en place d’une frontière intérieure. Deux députés de son parti pro-européen Samopomich ont organisé un blocus des voies ferrées au début de l’année 2017 pour empêcher tout commerce avec les régions séparatistes, en particulier le passage du charbon. L’idée d’une rupture définitive avec les entités séparatistes fait son chemin, même si elle n’est pas majoritaire dans la population.


Les tergiversations de Moscou

Inflexible, le Kremlin s’en est longtemps tenu à une position de principe, exigeant l’application stricte des Accords de Minsk II, à laquelle est subordonnée la levée des sanctions européennes contre la Russie. Au printemps 2017, il a pris le prétexte du blocus des voies ferrées pour reconnaître l’utilisation du rouble russe dans les entités séparatistes de DNR et LNR et pour procéder à la nationalisation d’usines, notamment de celles qui fabriquent le charbon dont les centrales thermiques ukrainiennes ont besoin pour fonctionner. Il a pu ainsi donner l’impression d’envisager d’intégrer peu à peu le Donbass dans la Fédération de Russie. En réalité, cette absorption n’entre sans doute pas dans les plans de Moscou, l’annexion de la Crimée ayant déjà entraîné son lot de problèmes et de dépenses.

Le Président ukrainien Porochenko,
 le 20 septembre à l’ONU,
 exhibant des passeports russes
 comme preuves de l’implication
de Moscou à l’est de l’Ukraine.
 Spencer Platt/AFP
Une des solutions envisagées pour sortir de l’impasse consistait à convaincre le Kremlin qu’il serait dans son intérêt que des élections puissent se tenir dans le Donbass dans des conditions jugées acceptables par l’OSCE, dont la Russie est membre. Pour rendre ces élections crédibles, la partie ukrainienne souhaitait que des observateurs de l’OSCE aient accès aux territoires de DNR et LNR et puissent surveiller la frontière avec la Russie.

Elle demandait également qu’un cessez-le-feu complet et durable soit observé, que la frontière avec la Russie soit fermée, que les médias ukrainiens puissent opérer dans le Donbass et que des partis pro-ukrainiens puissent y faire campagne.








Des Casques bleus dans le Donbass ?

À la surprise générale, au début du mois de septembre 2017, la Russie a demandé au Conseil de sécurité de l’ONU d’autoriser le déploiement d’une mission de Casques bleus légèrement armés dans le Donbass afin de protéger les observateurs de l’OSCE le long de la ligne de contact. Jusqu’alors opposé à l’idée que des forces de paix internationales soient déployées sur place, le Kremlin a repris l’initiative en faisant une concession.

Intervenue quelques jours avant le début des exercices militaires russo-biélorusses Zapad en Biélorussie, cette annonce reste prudente, dans la mesure où les autorités russes et les chefs séparatistes de DNR et LNR refusent toujours le déploiement de Casques bleus sur l’ensemble des territoires contestés du Donbass, ainsi que le long de la frontière russo-ukrainienne (ce que Kiev demande de longue date).

Sans doute est-il trop tôt pour interpréter cette ouverture diplomatique que l’Ukraine et les États-Unis ont déjà rejetée. Le Kremlin a vu s’évanouir l’espoir, un temps caressé, d’un grand marchandage avec la nouvelle administration américaine. Prenant acte de la réélection d’Angela Merkel et du rapprochement franco-allemand, il adapte sa stratégie en conséquence. À l’approche des élections présidentielles russes qui se tiendront en mars 2018, il peut avoir un intérêt à geler le conflit pour trouver un terrain d’entente avec Paris et Berlin et obtenir un allègement des sanctions. Reste à savoir dans quelle mesure les chefs séparatistes, échaudés ou intimidés par des éliminations suspectes, accepteront de se plier à ce dessein.

En somme, le Donbass est devenu un territoire dont ni Kiev ni Moscou ne veut, mais que ni Kiev ni Moscou ne peuvent abandonner pour des raisons de politique intérieure et de crédibilité internationale. Ce désintérêt croissant de part et d’autre offre peut-être des fenêtres d’opportunité pour relancer les négociations et trouver à terme une issue au conflit.

Céline Marangé

Céline Marangé vient d’éditer un numéro sur les conséquences de la crise ukrainienne en Europe, paru dans Les Champs de Mars, revue d’études sur la guerre et la paix.