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mercredi 6 mai 2020

Explosion au coeur de Donetsk


Ce matin 6 mai 2020 une forte explosion a résonné dans Donetsk, suivi d'autres détonations secondaires. Il s'agit d'une voiture de type Hyundai qui était stationnée près du commissariat de police du quartier Vorochilovsky, rue Lyubavin au Sud du centre ville.

La détonation qui s'est produite à 10 h00 du matin a été percue dans tout le centre ville et suivie d'une épaisse fumée noire.


Même si l'événement est rare, ce n'est pas la première fois que Donetsk connait des explosions, dont certaines s'avèrent en conclusion de leurs enquêtes être des attentats contre des bâtiments ou des personnes.

Pour cette explosion survenue ce 6 mai, l'enquête est en cours pour déterminer son origine (accidentelle ou criminelle) et ses responsables.

Erwan Castel



jeudi 12 mars 2020

La rançon de la haine et de la connerie


Au cours des 2 derniers jours, le front du Donbass a connu une aggravation sensible des bombardements de Kiev, mais aussi des ripostes républicaines qui ont provoqué des pertes importantes au sein des forces ukrainiennes.

Je ne me réjouis jamais des pertes mortelles occasionnées dans les rangs adverses, mais seulement des victoires tactiques qui les accompagnent comme par exemple briser une opération offensive, détruire des pièces d'artillerie bombardant la population, des dépôts de munitions, libérer un territoire occupé par l'ennemi... 

Le prix du sang versé sur les champs de bataille, qu'il soit ami ou ennemi, devrait rester la conséquence ultime, éventuelle et souvent inévitable, du combat car l'objectif majeur reste la défense ou la libération d'une population ou d'un territoire et en aucun cas l'inverse, comme c'est trop souvent le cas, depuis l'invasion du pays de Canaan, de nombre de guerres idéologiques et qui deviennent génocidaires (guerres religieuses, coloniales, ehniques...)

Et pour savoir, des belligérants s'affrontant dans le sang, la peur, la boue, les cris et la sueur des combats, lesquels respectent un "droit à la guerre" légitime et ses règles d'engagement et lesquels éventuellement ne les respectent pas, il suffit d'observer par exemple la nature des objectifs visés, le comportement vis à vis des prisonniers et blessés ennemis, et le conditionnement politique des combattants réalisé par leurs propagandes respectives.


Au cours des premiers jours de ce mois de mars, les bombardements ukrainiens s'intensifient lentement et sûrement, au fur et à mesure que le gouvernement de Kiev abandonne définitivement ses responsabilités et engagements signés à Minsk. Et ces soudards qu'ici nous appelons les "ukrops", en bombardant autant les les zones résidentielles civiles que les positions défensives des Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk, démontrent qu'une haine criminelle envahi trop souvent leur comportement au front. Car lorsque quotidiennement des habitats civils sont méthodiquement visés et détruits comme dans le village de Zaitsevo par exemple, que des civils identifiés sont visés intentionnellement par des snipers ou des missiles antichars guidés, comme récemment à Dokuchaievsk, on ne peut invoquer le caractère collatéral des pertes et dommages mais bien celui criminel et même génocidaire car les victimes ne sont pas définies pour ce qu'elles font mais pour ce qu'elles sont !

Rien que pour les deux dernières journées les forces ukrainiennes ont multiplié de façon exponentielle leurs attaques contre les territoires des républiques du Donbass (17 bombardements le 10 et 25 bombardements le 11 mars en DNR), forçant leurs milices à riposter à leur tour et engager un engrenage inévitables des violences.

Hier soir 11 mars, les lisières Nord de Donetsk ont été pilonnées par l'artillerie lourde ukrainienne (calibres supérieur à 100mm, et proscrits par les accords de Minsk) et les explosions se faisaient entendre jusqu'au coeur de la cité.

11 mars en soirée, bombardements ukrainiens au
Nord de Donetsk dans le secteur d'Oktyabrsky.

Cette recrudescence des bombardements ukrainiens n'est pas le fait d'un fou dans un secteur particulier des 460 kilomètres du front, mais répond bien à une stratégie globale du commandement ukrainien des "Forces des Opérations Combinés" déployées dans le Donbass sur les fronts de Lugansk et Donetsk.

Ainsi, au cours des dernières journées le front du Donbass connaît une escalade sensible sur l'ensemble de ses secteurs, comme l'illustrent les rapports quotidiens des observateurs de l'OSCE, lesquels se contentent d'inventorier les tirs et leurs conséquences, sans malheureusement  en déterminer leurs provenances.

Depuis le début du mois de mars, les violations ukrainiennes ont fortement augmenté. Au total, du 26 février au 11 mars, 215 bombardements avec des calibres supérieurs à 12.7mm ont été enregistrés, y compris ceux interdits par les accords de Minsk (sup.à 100mm).


Et cela va crescendo:

Rien que pour la journée du 10 mars les ukrainiens ont bombardé 21 fois le territoire de la seule RPD, tirant 213 obus sur des objectifs militaires et civils

Plusieurs pertes militaires mais aussi des victimes civiles ont été enregistrées au cours des deniers jours, comme par exemple à Zaitsevo, au Nord de Gorlovka où un résident a été grièvement blessé par un bombardement ukrainien du village le 9 mars  dernier.

Et ces bombardements ukrainiens ont pour première conséquence d'engager des ripostes républicaines ciblant les unités responsables des violations du cessez le feu, afin de tenter de les juguler.

C'est ainsi que sur le front de Donetsk les forces de défenses républicaines ont engagé des unités ukrainiennes montant vers des positions d'assaut dans le secteur de Peski (à l'Ouest de l'aéroport) qui subit depuis plusieurs jours des bombardements réguliers de la part de l'artillerie lourde de Kiev.

Au cours de ces ripostes un camion transportant des combattants ukrainiens vers la première ligne a été détruit le 10 mars, provoquant au minimum 3 tués et 9 blessés dont plusieurs très grièvement (des infos corrigées parlent aujourd'hui de 5 tués).


Dans le même temps, d'autres pertes ukrainiennes été signalées ailleurs sur le front, dont certaines accidentelles comme dans le secteur de Petrovsky (Sud Ouest Donetsk) où pour masquer aux observateurs la réoccupation de leurs positions dans la zone qui avait été démilitarisée (accords de Minsk), les soldats de la 128ème brigade ukrainienne d'infanterie de montagne ont déclenché un incendie dans des champs, lequel a aussi touché une de leurs casemates remplie de munitions (minimum 1 mort et 6 blessés). Et ce genre de "pertes hors combat" est plutôt monnaie courante au sein des forces armées ukrainiennes, gangrenées par nombre d'accidents, intoxications, rixes, suicides etc.

Au minimum, depuis le début du mois de mars 9 soldats ukrainiens ont été tués et 42 autres blessés.

Toutes ces pertes ukrainiennes, directement liées aux opérations offensives de Kiev ou à la connerie humaine tout simplement sont la conséquences directe d'une guerre menée contre sa propre population, par l'idéologie haineuse d'un régime totalitaire.

Pour finir ce SITREP, il est à noter que les activités offensives ukrainiennes ne se limitent pas à une extension de leurs bombardements mais également à des mouvements importants de nouvelles unités d'assaut vers le front, dont les effectifs et la nature des véhicules de combat dépassent largement ceux des rotations habituelles des unités déployées en première ligne.

Ainsi par exemple, ce convoi militaire très important arrivé le 11 mars 2020 en gare de Konstantinovka, une ville située au Nord du front de Gorlovka et occupée par l'armée ukrainienne où Kiev projette d'ailleurs d'y construire une base militaire "aux normes de l'OTAN"

Important convoi militaire ukrainien arrivant à Konstantinovka le 11 mars (ici des véhicules de combat d’infanterie type BMP)

Ces renforts blindés importants à proximité du front Nord accréditent l'hypothèse selon laquelle Kiev pourrait organiser une rupture du front et s'emparer d'une localité républicaine pour ensuite s'asseoir en position de force à la table des négociations où Zelensky ne parvient toujours pas à imposer ses bidouillages d'accords de Minsk qu'il voudrait unilatéraux et en faveur de l'Ukraine.

Et sur le front même on peut observer des chars de combat ukrainiens, non seulement à l'intérieur de la zone d'exclusion des armes lourdes définie par Minsk, mais au coeur des zones résidentielles civiles dont les populations sont prises en otage comme "bouclier humain" et au passage pillées par les soudards de Kiev, comme ici dans la petite ville de Toretsk rebaptisée Dzerzhinsk par le pouvoir russophobe de Kiev et qui se situe dans ce même secteur au Nord de la RPD, entre Gorlovka et Konstantinovka.

T72 uktainien au coeur de Toretsk dont l'équipage charge  sur la tourelle le butin d'un pillage opéré dans le bâtiment du fond qui n'est autre que l'entrepôt du service de fret de la "Novaya Poshta"
Localisation du "pillage blindé" ukrainien

Occupants ukrainiens du Donbass : terreur crimes et maraudages en tous genres 

Telle est la réalité du front du Donbass, loin des salamalecs hypocrites du théâtre de Minsk, et malheureusement elle n'est pas près de s'améliorer surtout avec la crise sanitaire du Covid19 qui, en touchant et paralysant l'attention prioritaire des démocraties occidentales pourrait offrir à Kiev un écran de fumée pour radicaliser encore plus sa stratégie agressive dans le Donbass.

Erwan Castel 

Bombardement ukrainien du village de Zaitsevo, 10 mars 2020

dimanche 8 mars 2020

Vraiment marre de la "novlangue"...



Au lendemain de l'accord entre Poutine et Erdogan concernant la Syrie, les groupes armés de la mouvance djihadiste Al Qaïda, Isis, Daesh and Co poursuivent leirs attaques contre les forces gouvernementales syriennes, risquant chaque jour un peu plus une nouvelle confrontation majeure entre les forces turques et les forces irano-syriennes.

Pendant ce temps là, la merdiacratie occidentale persiste à nommer "rebelles modérés" ces groupes armés, que même l'ONU devant leurs crimes de guerre répétés et avérés, s'est résignée et contre ses propres intérêts stratégiques, à reconnaître terroristes.

Malgré cela, les chiens de garde de la bien-pensance occidentale persistent dans leur servilité débile à les nommer "modérés" (peut-être égorgent t-ils avec modération leurs victimes ?), et surtout "rebelles", ce qui est une ineptie sémantique totale car ces terroristes sont d'abord et surtout les idiots utiles et volontaires d'un impérialisme étasunien mais en aucun cas des rebelles qui sont quant à eux les acteurs d'une résistance radicale au système esclavagiste occidental.

Car, dans la vision globale d'un monde attaqué par l'idéologie mondialiste et dans toutes ses composantes néocoloniales (militaire, idéologique, économique, médiatique, culturelle...), ce sont ceux qui résistent à ses larbins en treillis ou costards, qui sont les vrais "rebelles", au sens noble du terme tel que l'ont rappelé Aristote, La Boétie, Rousseau, Jünger, Weil, Orwell, Cau, Venner, Douguine, de Benoist et tant d'autres esprits libres qui alertent depuis toujours les Hommes des dangers d'une pensée unique protéiforme et cosmopolite.

Et ce qu'incarnent le plus aujourd'hui ces terroristes djihadistes soutenus par les "démocraties libérales et droitdelhommistes" occidentales, ce n'est pas tant le danger d'un Islam politique (lequel est fantasmé par eux et les peureux), que l' "ultima ratio" manipulé d'une stratégie mondialiste fondée sur un libéralisme progressiste qui peine à soumettre les pays qui lui résistent.

« L’inexorable encerclement de l’homme a été préparé de longue date par les théories qui visent à donner du monde une explication sans faille et logique, et qui progressent du même pas que les développements de la technique. On soumet d’abord l’adversaire à un investissement rationnel, puis à un investissement social, auquel succède, l’heure venue, son extermination. » - Ernst Jünger "Petit traité du rebelle")

Et ces idiots utiles de la ploutocratie mondialiste, qu'ils soient islamistes, néo-nazis, évangélistes, nationaux-racistes, ou autres crétins fanatiques et communautaro-centrés, sont justement le fer de lance paradoxal d'un Nouvel Ordre Mondial qui, en attendant qu'ils disparaissent définitivement dans les poubelles de l'Histoire, les instrumentalise contre les peuples libres qu'il veut ainsi diviser pour mieux les affaiblir et asservir.

Pour renverser les pays qui lui résistent la ploutocratie s'appuie sur les pires fanatiques remuant dans les caniveaux de la pensée dégénérée : néo-nazis en Ukraine, takfiristes en Syrie, Évangélistes en Bolivie etc... Et une fois que les pays lui sont acquis, la ploutocratie dispose alors des forces étatiques par définition serviles (armée, police, justice, médias) pour mater celles et ceux qui se rebellent contre la dictature de la pensée unique de sa marchandise.

Regardez cette vidéo prise à Idlib cette semaine, on y voit des terroristes Tchétchènes, Ouighours, qui se battent avec d'autres djihadistes internationaux (dont des français) venus mettre leur vision héréditaire de l'Islam au service d'un impérialisme occidental qu'idéologiquement ils prétendent pourtant combattre.


Sont-ils les "fils d'Idlib" comme le prétendent nos politiciens occidentaux et leurs journalopes carriéristes ?

Non, ils ne sont en aucun cas des "fils d'Idlib" et encore moins des "rebelles", mais juste une bande de soudards médiocres et criminels mais payés, armés et ravitaillés par les forces de l'OTAN (à Saraqib ont été encore saisi des dépôts djihadistes avec des armes et munitions occidentales)

Et tous ceux qui prétendent qu'ils sont des "rebelles modérés et fils d'Idlib" ne sont en fait, tout comme eux, que des "fils de pute" !

Erwan Castel

vendredi 6 mars 2020

Quand le sultan va à Canossa



Bien sûr, "comparaison n'est pas raison" car contrairement au pape recevant à Canossa en 1077 un empereur germanique pénitent, le président russe Vladimir Poutine, fidèle à son intelligence diplomatique, n'a pas cédé à la tentation  humilié son homologue turc Erdogan venu faire amende honorable d'une aventure militaire en Syrie menaçant un équilibre géopolitique mondial déjà chancelant.

Devant une escalade politico-militaire entre Damas/Moscou et Ankara provoquée par une irresponsable offensive turque contre la Syrie, Poutine a proposé une rencontre urgente avec Erdogan pour que cette crise militaire majeure ne se transforme pas en conflit ouvert entre les deux pays et leurs alliés. Et le président russe, malgré sa position de force consécutive à l'isolement politique croissant de la Turquie chez ses partenaires de l'OTAN et les revers militaires subis par les forces turco-djihadistes en Syrie (et aussi en Libye), a préféré dans une vision politique à long terme, offrir à Erdogan la possibilité de réaliser une sortie de crise honorable et surtout sans trop perdre la face.

La veille de la réunion Poutine Erdogan, les forces syriennes poursuivaient leurs contre-offensives victorieuses libérant les villages occupés par les djihadistes au Sud d'Idlib. Ici un T72 syrien avec des fantassins de la force iranienne Al Qods de feu le général Soleimani.
Si cette rencontre cruciale de Moscou entre Poutine et Erdogan et qui a duré 5 heures a convenu d'actes très importants permettant d'engager une désescalade militaro-politique dans la région d'Idlib, elle est cependant très loin de sonner la fin de cette guerre civile qui ravage la Syrie depuis 9 ans. 

Voici quels sont les principaux points d'accord obtenus lors de cette rencontre de Moscou:

Sur le plan militaire : 
  • Un cessez-le-feu à partir du 6 mars à minuit sur les lignes de front actuelles.
  • La création d'un corridor de sécurité de 6 km de part et d'autre de l'autoroute M4
  • L'organisation de patrouilles russo-turques sur cette M4, à partir du 15 mars.
Sur le plan politique, Erdogan n'ayant rien contesté ou revendiqué concernant cette région: 
  • S'engage donc implicitement à reconnaitre l'intégrité territoriale de la Syrie.
  • et à lutter contre les terroristes (Al Qaïda, ISIS...) conformément aux résolutions de l'ONU,
  • ainsi qu'à à travailler avec les autres états pour un retour des réfugiés.
observation : Depuis le 19 décembre 2019.les forces russo-irano-syriennes ont libéré près de 2345 km2 au nord-ouest de la Syrie  (env. 763 km2 dans la région d'Alep et env. 1582 km2 dans la région d'Idlib).

Erdogan a montré d'ailleurs pendant cette réunion le comportement d'un homme dépité jusqu'à être déboussolé comme ici, lors de poignées de mains circonstancielles où il serre la main de son propre ministre des Affaires Etrangères qui l'accompagne.
Il est vrai que si l'on reporte ces points d'accord sur une carte on peut voir combien Moscou et par conséquent Damas sont "gagnant-gagnant" contrairement aux forces turco-islamites qui doivent abandonner du terrain.

Situation prévue par l'accord  Poutine - Erdogan du 5 mars.
Orange: la ligne de front actuelle.
Bleu le corridor devant sécuriser l'autoroute M4,
Vert, la zone occupée par les groupes armés djihadistes alliés de la Turquie.

Ce qui saute aux yeux sur cette carte c'est notamment que sur le plan militaire 
  1. Aucun secteur libéré par l'armée irano-syrienne sur les forces turco djihadiste n'est abandonné.
  2. Au Sud de la M4 des djihadistes isolés vont devoir quitter la zone, se rendre ou mourir.
  3. L'autoroute M4 qui est l'axe principal reliant les bases russes à Idlib est rouverte et sécurisée.
La grande inconnue maintenant n'est pas de savoir si ce cessez le feu va tenir mais dans combien de temps va -t-il être rompu car il est quasiment certain que les groupes djihadistes de Daesh, Al Qaïda and Co refusent ce statut quo entre Moscou et Ankara et encore moins acceptent d'abandonner définitivement à Damas les territoires libérés par ses forces ou de quitter la zone au Sud de la M4.

Djihadistes du groupe Hayat Tahrir al-Cham se préparant pour de 
nouveaux assauts sur les positions syriennes défendant Saraqib. 
Qui plus est, connaissant la fourberie du néo-sultan, Erdogan pourrait derrière l'écran de fumée du cessez le feu revenir à une stratégie de guerre par procuration en armant et approvisionnant les djihadistes, qui certes ne bénéficieraient plus de l'appui direct des forces turques mais ne subiraient pas non plus les appuis de l'aviation russe donnés à l'armée syrienne. Par ailleurs il est probable que les forces turques continuent de barrer l'avancée des forces syriennes puis d'engager dès que possible le feu contre elles en invoquant la "légitime défense" 

Et dès le lendemain de cet accord entre Moscou et Ankara, des indices sur le terrain d'Idlib laissent à penser que l'alliance réalisée entre les forces turques et les groupes terroristes qu'elles doivent théoriquement combattre est bien une réalité persistante très éloignée de la résolution 2254 du Conseil de Sécurité des Nations Unies (mettre fin à la guerre civile en éradiquant les groupes terroristes de Syrie) pour qu'Erdogan s'est à nouveau engagé à respecter !

Convoi militaire turc entrant tranquillement dans le 
bastion djihadiste d'Idlib tenu par l' Etat Islamiste (Isis)
Personnellement, je ne vois pas Erdogan respecter ses engagements en Syrie dont les enjeux sont aussi intérieurs comme le montre ce vent de contestation néo-ottoman qui s'est levé en Turquie au lendemain de la réunion pour le juger trop faible et capitulant devant la Russie. 

Mais en attendant, le fait est que derrière les annonces diplomatiques qu'elles soient calculatrices ou polies, la réalité d'une opération de sauvetage russe et sous conditions de l'aventurier néo-ottoman tombé dans son propre piège, n'échappe à personne comme n'ont pas échappé les détails décoratifs de la salle où s'est tenue cette rencontre Poutine - Erdogan que finalement ils symbolisent:

Dominant de son regard les invités et acteurs de cette rencontre moscovite, la statue de Catherine II dite "la Grande", cette impératrice qui libéra les territoires russes bordant au Nord la Mer Noire de leur occupation ottomane, et fonda alors les grandes villes de Crimée et Ukraine.

Et pour souligner le symbole, une sculpture en bronze "Traversée des Balkans" avait été posée en clef de voûte de cette rencontre Poutine/Erdogan.. Or ce bronze est aussi dédié à la victoire des soldats russes sur les turcs lors de la campagne militaire de 1877-1878 en Bulgarie.

Et devant les victoires des forces de la résistance qui luttent en Syrie contre celles de l'OTAN, et ses auxiliaires djihadistes, je ne peux m’empêcher de penser au général Soleimani assassiné sur ordre de Trump ce 4 janvier mais dont la force Al Qods, créée et commandée par lui, continue à lui faire honneur à la pointe des combats les plus difficiles pour libérer le monde arabe des griffes de l'impérialisme occidental et de ses séides djihadistes.


A suivre...

Erwan Castel

Territoires syriens libérés de décembre 2019 à février 2020

vendredi 14 février 2020

Une guerre qui explose !


Illustrant la complexité explosive du conflit syrien, des véhicules russes américains et syriens au milieu de milices se retrouvent  mêles à un accrochage  entre ces dernières et une unité américaine le 11 février 2020.

Bien que d'intensité différentes, on peut considérer les conflits syrien et ukrainien comme des jumeaux dans le sens où ils sont la conséquence d'une même stratégie d'expansion territoriale de l'OTAN, via des auxiliaires qu'il soutient (ukrainiens et djihadistes) depuis des mouvements de contestation armés organisés par les occidentaux dans le but de faire tomber des gouvernements refusant leur allégeance au mondialisme.

Voilà pourquoi je pense intéressant de suivre attentivement ce conflit levantin, sachant que des enjeux nombreux y sont communs avec celui du Donbass.

Publié sur Facebook le 10 février 2020

Depuis quelques jours la situation militaire dans le Nord de la Syrie est de plus en plus meurtrière et inquiétante.

Dans une offensive éclair, l'armée syrienne avec l'appui des forces russes et des milices chiites est sur le point de libérer Idlib, le dernier bastion des djihadistes salafistes et le verrou stratégique de cette importante province au Nord de la Syrie.

Or, l'armée syrienne dans son avancée est arrivée au contact des forces turques que les ambitions post-ottomanes d'Erdogan ont projeté cette région clef.

Et c'est maintenant que les masques tombent :

Les derniers terroristes salafistes pro-ccidentaux essayent de s'accrocher à Idlib, soutenus par les turcs qui envoient des renforts blindés très importants.

Les forces turques qui refusent de céder leurs positions à l'armée syrienne et engagent le combat contre elle en renforçant leur soutien aux groupes terroristes salafistes.

Les occidentaux qui, soutenant les terroristes islamistes, se rangent derrière la détermination turque à ne pas laisser les forces syriennes libérer leur territoire.

En ce moment, des combats et bombardements violents font rage au cours desquels sont signalées des pertes importantes suriennes, turques mais aussi russes Aujourd'hui, la menace d'une guerre ouverte entre Damas et Ankara est de plus en plus forte, sans compter une augmentation des bombardements de la coalition occidentale et d'Israël également qui pourrait même chercher à ouvrir un 2ème front au Sud.

Bre, un cocktail explosif comme seul le Levant en a le secret, mais qui ici prend de.scabreuses proportions telluriques internationales.

Voir le SITREP du 11 février et son analyse ici : Strategika 


Publié sur Facebook le 12 février 2020

Le sac de nœuds syrien 

Ce matin lors d'une attaque syrienne contre des djihadistes retranchés dans Idlib, 14 soldats turcs ont été tués et 45 autres blessés.

Plusieurs rapports, photos et vidéos confirment chaque heure le soutien actif de la Turquie aux terroristes salafistes positionnés dans cette province Nord de la Syrie. Les turcs qui viennent de dépêcher de nouveaux renforts blindés du 4ème corps d'Armée d'Anatolie (après ceux du 3ème CA) NON SEULEMENT APPUIENT LES GROUPES TERRORISTES MAIS LEUR FOURNISSENT AUSSI MATÉRIELS ET VÉHICULES DE COMBAT.

Tandis que son armée profite de l'embrasement militaire pour ecraser des groupes kurdes, Erdogan a promis d'attaquer l'armée syrienne "partout" et a accusé l'armée russe de commettre des massacres dans ses bombardements d'Idlib...

Le sultan d'Ankara a vraiment oublié dans ses délires post-ottoman qu'à Idlib son armée n'est pas chez elle et qi'il n'a même pas été invité à y intervenir par Bachar el Assad dont l'armée ne fait que reprendre légitimement le contrôle de son territoire national.

De leur côté et malgré de lourdes pertes, les forces gouvernementales syriennes appuyées par les milices et l'armée russe réussissent à libérer village après village, quartier après quartier les zones occupées par les groupes islamistes. Devant l'appui feu et logistique important des forces turques venues,à leur secours, les derniers groupes terroristes se regroupent et tentent de lancer des contre offensives contre les forces syriennes

Sur le terrain les différents protagonistes sont arrivés au contact les uns des autres et le feu de l'action débridant leurs sentiments on assiste à des scènes qui préfigurent un dérapage complet de la situation comme ici des milices pro Assad à côté du véhicule russe qui tirent sur des véhicules étasuniens situés à moins de 200 mètres et qui comme les turcs n'ont rien a foutre en Syrie.

Accrochage entre syriens et américains



Extension des attaques turques

Publié sur Facebook le 12 février 2020

Erdogan fidèle à ses délires ottomans et aussi aux ambitions occidentales dans la région est entré dans un.conflit ouvert contre les forces syriennes en train de libérer leur pays des griffes terroristes salafistes.

Le jeu d'équilibriste joué par Poutine où la Russie réussissait à contenir les ardeurs des uns contre les autres tout en soutenant l'éradication de la gangrène terroriste de la Syrie, semble aujourd'hui menacé par une extension du conflit asymétrique syrien en conflit symétrique régional entre Damas et Ankara.

Et ce conflit est particulièrement dangereux car il.entrainera probablement par intérêt ou alliance d'autres forces dans le séisme sachant qu'elles sont déjà engagées régulièrement sur le terrain comme Israel par exemple qui bombarde continuellement et.en toute impunité le Sud de la Syrie, et les occidentaux qui dispose toujours d'une coalition déployée sur le terrain.

Erdogan qui dispose de moyens de pressions sur les occidentaux a d'ailleurs demandé aujourd'hui à l'OTAN de lui apporter un soutien militaire contre Assad.

Autant dire qu'une nouvelle guerre majeure risque de naître au Moyen Orient dans les prochains jours si Moscou ne réussit pas à calmer le sultan fou et le faire rentrer dans sa niche.

Ici au milieu de djihadistes salafistes, un lance roquette multiples turc 
en train de tirer sur des positions syriennes à l'Ouest d'Alep 
(ville libérée située au Nord d'Idlib).

Et toujours et encore Israël

Publié sur Facebook le 14 février 2020

En Syrie des chasseurs bombardiers israéliens ont encore frappé cette nuit la banlieue de Damas, tandis que dans le Nord au.milieu des combats qui se poursuivent, la Turquie (membre de l'OTAN) continue de déployer d'importantes unités d'assaut blindées.

A Bagdad, le gouvernement soumis à la laisse économique occidentale, a donné son autorisation à un renforcement de l'OTAN en Irak.

De son côté, Stoltenberg, le secrétaire général de l'OTAN, confirmant l'engagement de l'Alliance aux côtés des terroristes islamistes, a déclaré :"la situation dans Idlib est très grave. Nous lançons un appel au régime syrien soutenu par la Russie pour mettre fin aux attaques".

Nous assistons donc contrairement aux fumeuses déclarations de Trump à un renforcement de l'occupation occidentale au Moyen-Orient qui aujourd'hui, toute honte vue, affiche désormais ouvertement son soutien militaire aux terroristes islamistes.

Les germes occidentaux qui ont provoqué et entretenu le conflit asymétrique syrien sont en train d'éclore et de vouloir le faire évoluer vers une guerre symétrique ouverte entre Damas et l'OTAN via son porte avion turc ancré dans le Moyen-Orient.

De nombreuses inconnues vont cependant peser ces prochains jours dans l'évolution du conflit et principalement:

Action de la Russie, alliée de la Syrie, qui tente d'imposer un cessez le feu pour des négociations.

Action de l'Iran et du Hezbollah libanais qui ont menacé Israël si leurs bases en Syrie continuent d'être bombardées.

Entre l'Australie, l'Irak, le Covid19, la Syrie, la Bolivie, la Libye etc... l'année 2020 démarre décidément sur les chapeaux de roue... mais pas dans la bonne direction !

Riposte de la défense antiaérienne de Damas sur des 
missiles air-sol israéliens visant des dépôts de munitions 
de la 1ère Division syrienne, dans la soirée du 13 février.


Erwan Castel

vendredi 24 janvier 2020

Le Rebelle et la Mort

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A l'écart de la foule priant la mort de "Green", camarade et ami de Piatnashka, "Rex",  le regard perdu dans ses pensées médite certainement sur la Vie, la Mort et cette guerre du Donbass qui, n'épargnant personne, lui a enlevé se 2 fils. Photo Kristina Melnikova.
Ce matin du 23 janvier, le Soleil, la foule et le froid étaient venus saluer une dernière fois "Green", un officier et camarade abattu à Donetsk 3 jours auparavant, en partance pour son dernier voyage. Plusieurs centaine de personnes, famille, camarades, amis sont venus saluer cet enfant du Donbass dont le courage n'avait d'égal que l'humilité et la gentillesse.

Nous étions nombreux, malgré le froid à être venu communier avec le silence de la steppe et partager tristesses personnelles et pensées métaphysiques autour de la dépouille mortelle d'Alexeï Krivulya.


Vendredi 24 janvier 2020

Alexei s'était engagé pour défendre sa terre natale dès les premiers jours de la résistance du Donbass au coup d'état du Maidan au printemps 2014. Il est au coeur des pires combats de cette guerre, depuis la défense de Slaviansk où il naquit il y a 43 ans, jusqu'à Debalsevo où nous nous croisons très brièvement en février 2015.

Plus tard, evenu officier d'État Major "Green" confirme le sens élevé de l'humain qui guide sa bravoure au combat. Après la Brigade Piatnashka, qui forme son 2ème bataillon, il rejoint l'État Major du Régiment des Forces Spéciales du Ministère de l'Intérieur.

Mais, au soir du 21 janvier cet homme qui affronta le feu des batailles était abattu de 3 balles dans le dos par un individu de la pire espèce, au pied de son immeuble dans le centre paisible de Donetsk. Son lâche assassinat, qui n'est pas sans rappeler ceux des Commandants de bataillon Motorola, Givi et du président Zakharchenko, héros invaincus du Donbass également assassinés loin du front, au cœur de la paisible cité de Donetsk.
Ces ombres criminelles, plus proches de l'insecte rampant que de l'Homme debout, soulignent par leur infamie meurtrière la noblesse d'âme et la force de leurs victimes qu'ils étaient incapables d'affronter simplement du regard.

Autour de nous, des tombes et des tombes recouvertes d'un léger linceul hivernal  bornent nos pensées tandis que fusionnent les vivants et le morts dans le silence des prières et des larmes. Photo Kristina Melnikova

Après un adieu fraternel réalisé à la base Piatnashka, nous avons accompagné "Green" vers son dernier voyage à l'ombre des terrils du Donbass. Là, dans les lisières Sud de Donetsk au milieu d'un champ levé de croix militaires fraîches, la terre s'est refermée sur ce frère d'armes, au son des prières, des pleurs et des salves d'Honneur tirées vers de tristes nuages que déchirait un Soleil accueillant perçant les frimas de la steppe.
Puis, ce fut le traditionnel repas funèbre partagé avec sa famille et ses camarades dans un restaurant du district de Budonivky (Sud de Donetsk) sous le regard d'Alexei accueilli par ses frères d'armes immortels à un autre banquet dans ce royaume élyséen que les coeurs nomment Walhalla, Paradis, Nirvana au gré de leur foi commune et protéiforme.

Cette journée fut pour moi l'occasion du retour au sein de ma famille militaire, après 4 mois de parenthèse hospitalière, et ces adieux funéraires marquèrent ces retrouvailles d'une gravité portant le regard du coeur bien au delà de ce que les sens peuvent percevoir dans le silence gelé d'une lumière irradiant la tristesse des Hommes.

Photo Kristina Melnikova

Ce matin, les photos de Kristina Melnikova, cette jeune mais talentueuse reporter dont le  regard écrit merveilleusement avec la lumière ce que le cœur a souvent du mal à exprimer, m'ont aider à décrire les pensées qui accompagnaient "Green" pour son dernier voyage vers le régiment des immortels.

Car Alexeï Krivulya tout comme Oleg Mamaiev, notre commandeur tué au combat en 2018 et tant d'autres vivants et morts du Donbass, incarne cet Homme libre suivant seul au milieu des siens et de ses principes les chemins de l'Honneur et du Courage. 
"Green", ce vétéran sous un uniforme chamarré par l'or et l'argent de ses décorations, restait drapé de cette humilité qui caractérise la vraie noblesse d'âme d'un individu qui sacrifie tout pour les autres et sa terre.

Entre les tombes saupoudrées de neige immaculée, ce matin là de janvier, l'ombre des nuages me semblaient dessiner la silhouette du Chevalier solitaire chevauchant en compagnie de la Mort et du Diable qu'immortalisa au XVIème siècle le  graveur allemand Albrecht Dürer
Et lorsque la Camarde vient à faucher le soldat au coeur de son engagement, ce n'est pas un corps mort qui est enseveli dans l'obscurité de la tombe mais une graine féconde portée en terre et qui germe dans l'avenir et dans les coeurs des hommes et des femmes restés "debout au milieu des ruines".

Car aujourd'hui dans notre Monde Post-moderne à la dérive, le Rebelle a remplacé le chevalier du Moyen Age, portant à son tour l'héritage ancien de cette civilisation européenne fondée sur les mythes et le sens de la Liberté ouvrant aux hommes la voie de l'Honneur et de la dignité. Et lorsque les chenilles des nouveaux panzers de la Haine labourent les terres noires du Donbass, "Green" et tant d'autres se lèvent comme un seul homme et se portent au devant de leurs canons génocidaires.

En cela il est juste selon moi de qualifier la résistance héroïque du Donbass face à l'Hégémon mondialiste de "rébellion" et ses acteurs civils ou miliciens de "rebelles" dans la définition jüngerienne du terme (Ernst Jünger définit le Soldat, le Travailleur l'Anarque (penseur libre) et le Rebelle comme les piliers et gardiens de toute société voulant rester libre), qu'évoque justement Dominique Venner dans son livre " le coeur rebelle" :

« Comment peut-on être rebelle aujourd’hui ? 
Je me demande surtout comment on pourrait ne pas l’être ! 
Exister, c’est combattre ce qui me nie. 
Etre rebelle, ce n’est pas collectionner les livres impies, rêver de complots fantasmagoriques ou de maquis dans les Cévennes. 
C’est être à soi-même sa propre norme. 
S’en tenir à soi quoiqu’il en coûte. 
Veiller à ne jamais guérir de sa jeunesse. 
Préférer se mettre tout le monde à dos que se mettre à plat ventre. 
Pratiquer aussi en corsaire et sans vergogne le droit de prise. 
Piller dans l’époque tout ce que l’on peut convertir à sa norme, 
sans s’arrêter sur les apparences. 
Dans les revers, ne jamais se poser la question de l’inutilité d’un combat perdu. »

Dominique Venner

Toutes ces qualités, qui font qu'un homme se forge en Homme, "Green" les incarnait avec ses frères d'armes et son sacrifice nous les rappelle haut et fort dans nos coeurs de volontaires et de rebelles ! 

Merci à lui d'avoir ainsi guider par sa bravoure et son humanisme notre engagement commun pour la Liberté des peuples !

Erwan Castel