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dimanche 12 juillet 2020

Menaces sur le front, 1: le "Javelin"


Malgré que ce soit sous son mandat qu'ont été organisés avec l'aide des services US le coup d'Etat du Maïdan et la guerre du Donbass, Obama avait toujours opposé son veto à la livraison d'armes létales au nouveau pouvoir de Kiev en guerre contre les russes de Donetsk et Lugansk...

En revanche, des conseillers militaires, des programmes de formation et de modernisation aux normes occidentales des forces de Kiev avaient été déployés en Ukraine sur fond d'aides financières, d'assistances militaires et d'intégration aux exercices interalliés de l'OTAN, sur fond du processus d'intégration de l'Ukraine dans l'organisation atlantiste. Les seules fournitures accordées à l'Ukraine concernaient alors des équipements non létaux (logistique, transport, transmission, protection individuelle, optique, médical).

Mais, c'est finalement Trump qui, derrière ses beaux discours anti-mondialistes, va autoriser l'envoi d'armes américaines à l'armée ukrainienne, suivi par d'autres pays de l'OTAN tel que le Canada, la Turquie ou la France par exemple. 

"Business is business !" mais pas seulement...

L'engagement militaro-industriel des pays de l'OTAN en Ukraine est de plus en plus important dans les actions, les effectifs, les calendriers, et dans un déploiement géographique. Désormais cette implication de l'OTAN dans la stratégie russophobe de Kiev est visible jusque dans les territoires du Donbass occupés par Kiev jusqu'au front lui-même, régulièrement "inspecté" par des conseillers militaires étasuniens, canadiens français ou britanniques, et couvert par les ressources du renseignement étasunien (satellites, drones, radars...) en soutien aux attaques des forces armées ukrainiennes contre les territoires des républiques de Donetsk et Lugansk.

Situation sur le front



Depuis environ 1 an, en complément de l'artillerie, l'emploi par les ukrainiens de missiles antichars et de drones largueur d'obus s'est intensifié et même généralisé pour détruire les positions défensives républicaines mais aussi terroriser les populations civiles quotidiennement ciblées par Kiev.

Voici un nouvel exemple de cet emploi de missile antichar sur le front du Donbass

Juillet 2020, destruction ukrainienne d'une position 
défensive républicaine sur le front Sud de la RPD, 
secteur de Sakhanka avec 2 missiles antichars 
Localisation des tirs ukrainiens 
Les missiles antichars guidés se révèlent effectivement plus efficaces que l'artillerie pour détruire des positions enterrées et fortifiées :
  • Les équipes antichars légères, mobiles et discrètes peuvent s'approcher à proximité de leurs objectifs, puis s'exfilter très rapidement avant les ripostes.
  • Le guidage et la durée de vol très courte du missile permet de viser avec précision les parties faibles de l'objectif (embrasures, accès aux tranchées...).
  • Les charges des missiles sont à la fois performantes et diversifiées et permettent d'adapter les effets à la nature de l'objectif (charge creuse, thermobarrique...).
  • Tout comme l'artillerie, les équipes antichars bénéficient de l'appui des drones d'observations pour identifier les cibles, observer et corriger les tirs suivants. 
Sur fond de cette escalade des attaques ukrainiennes, les USA depuis 2018 livrent des système d'arme antichar FGM-148 "Javelin" aux forces ukrainiennes qui récemment ont annoncé qu'ils allaient être déployés prochainement sur le front, les programmes de formation des servants venant de s'achever par les derniers exercices de tirs opérationnels. 


Le missile antichar "Javelin"



Tandis que les USA viennent de livrer un nouveau lot de missiles "Javelin' à l'Ukraine, Kiev annonce que les unités qui en ont été les premières bénéficiaires depuis 2018 ont achevé leurs formations et entraînements et devraient être déployées prochainement sur le front du Donbass.

Selon le service de presse du commandement opérationnel "Ouest" les forces armées ukrainiennes viennent d'achever sur un terrain d'exercice dans la région de Rivne la phase finale de l'entraînement au combat des systèmes d'armes antichar FGM-148 "Javelin" (étasunien) jumelé à l'ATGM "Stugna-P" (ukrainien).
Commentant ces exercices antichars, Ruslan Khomchak, le commandant en chef des forces armées ukrainiennes a déclaré que chaque brigade qui entrerait dans les forces de l'Opération des Forces Combinées (OOS) déployées dans le Donbass serait renforcée par les "Javelins".

Sur un front déjà tendu à l'extrême, l'emploi de dizaines de poste de tir FGM-148 "Javelin" risque de constituer une nouvelle menace qui risque de provoquer une escalade majeure entre ukrainiens et républicains. Et, à ces armes antichars modernes étasuniennes qui vont multiplier les effets destructeurs des frappes ukrainiennes doivent se rajouter la haute probabilité du déploiement prochain des drones d'attaques "Bayraktar TB2" que la Turquie a livré à l'Ukraine et qui viennent d'achever eux aussi leur phase de formation et d'entrainement au sein des forces armées de Kiev. 

Pour ce qui est du "Javelin", de nombreuses vidéos circulent depuis quelques jours sur les sites ukrainiens présentant l'achèvement de son niveau opérationnel au sein des forces armées ukrainiennes et de la perspective de son déploiement dans le Donbass.

Le missile FGM 148 "Javelin" est un système d'armes étasunien conçu par les entreprises Raytheon et Lockheed Martin, déployé dans à la fin des années 90 et qui a subi depuis plusieurs améliorations afin de s'adapter à l'évolution des blindages et des défenses anti missiles modernes. 

Caractéristiques du "Javelin" :
  • Prix du poste de tir (réutilisable): 125 000 dollars
  • Prix d'un missile: 78 000 dollars.
  • Poids: 6,4 kg (poste de tir) + 11,8 kg (missile)
  • Charge utile: 8.4 kg en tandem (1ère, blindages réactifs et 2ème, pénétration) 
  • Calibre: 127mm
  • Portée: 65  (attaque horizontale) ou 150 mètres (attaque verticale) jusqu'à 2000 m.
  • Vitesse: 143 mètres/seconde
  • Guidage: autoguidage infrarouge
  • Précision: inférieure à 1 mètre
Pour résumer, le "Javelin" c'est : 
  • un missile de type "fire and forget" c'est à dire qui se verrouille automatiquement sur la cible au moment du tir et qui est ensuite complètement autoguidé par un système infrarouge pendant son vol (contrairement aux missiles actuellement en service, qui suivent la trajectoire visée ou au mieux sont guidés par des fils à la traîne manipulés par le tireur devant maintenir sa visée en permanence).
Le "Javelin" dispose de 2 modes d'attaque possibles :
  • un mode d'attaque horizontal, épousant les lignes du terrain (jusqu'à des élévations de 60 mètres) particulièrement efficace contre les positions et bâtiments fortifiés;
  • un mode d'attaque vertical où, après une montée à 160 m d'altitude, le missile frappe sa cible par le dessus idéal contre les chars et VCI faiblement blindés sur le dessus.
Les avantages du "Javelin"pour le Donbass :
  • Son système mobile et léger (20 kg environ pour un poste de tir armé) et son missile "fire and forget" autorise le binôme des servants a procéder à une exfiltration immédiatement après le tir,
  • Au moment du tir, le moteur fusée est allumé seulement après éjection du missile du tube de lancement, ce qui permet de réduire le cône arrière de sécurité et ainsi de tirer depuis des espaces fermés de type bâtiment ou position enterrée.
Récemment Olesksandr Turchinov, qui avait initié la guerre du Donbass lorsqu'il était président ukrainien par intérim puis la conduite de la stratégie militaire a appliquer lorsqu'il était chef du Comité national de Sécurité et de Défense de l'Ukraine, rappelait dernièrement l'efficacité du grignotage de la zone neutre dite "grise" (70% environ) séparant les belligérants réalisé par les soldats ukrainiens à force d'attaques ponctuelles et répétés sur les défenses républicaines. Et le "pasteur sanguinaire" de conclure qu'il fallait continuer notamment avec les nouvelles armes mises à disposition des forces ukrainiennes.

Nul doute que le "Javelin" risque alors de faire son entrée sur le front... sauf si Washington, ne voulant pas prendre voir une escalade incontrôlable s'engager dans le Donbass, donne l'ordre à ses valets ukrainiens de le garder en réserve. Car, en cas d'emploi important du "Javelin" par les "ukrops" il faut s'attendre à des destructions et des pertes importantes et donc à des ripostes républicaines proportionnelles, ce qui risque fortement de provoquer une escalade particulièrement meurtrière, qui donnera le coup de grâce définitif au jeu de dupe moribond des diplomaties enlisées...

A suivre..

Erwan Castel

Article référence : Topwar.ru


vendredi 26 juin 2020

Les armes ukrainiennes de l'attrition

Position républicaine sur le secteur de Promka (front de Yasinovataya au Nord de Donetsk) bombardée par l'artillerie lourde ukrainienne (ici obusier de 122 mm) fin mai 2020

Au sortir de la belle parade réalisée le 24 juin en hommage à la victoire de 1945, retour sur la dure réalité du front du Donbass où les forces ukrainiennes ne cessent pas, depuis plusieurs semaines, d'harceler les positions républicaines avec les obusiers et les mortiers lourds de leur artillerie.

J'évoque ici 4 types d'armes fréquemment utilisées par les ukrainiens lors de leurs violations quotidiennes du cessez le feu sur le front du Donbass : mortiers, drones, obusiers et missiles antichar. 

Outre ces tirs qui sont violations du cessez le feu les "ukrops" utilisent des armes lourdes (de calibres supérieurs à 100 mm) et des drones qui sont théoriquement prohibés sur le front, et ceci en toute impunité malgré les observations quotidiennes de leurs uyilisations par les observateurs internationaux de l'OSCE.

Depuis ces 2 dernières années la précision de l'artillerie ukrainienne est de plus en plus importante, conséquence entre autres:
  • de la formation poussée des servants réalisée dans les camps entrainement, de plus en plus souvent par des instructeurs de l'OTAN,
  • de la connaissance parfaite du terrain et de la localisation des positions républicaines qui n'ont pas bougé depuis plusieurs années,
  • de l'assistance quasi systématique de drones au moment des pilonnages ukrainiens, qui observent les résultats des tirs et permettent ainsi de les corriger


1er exemple: MORTIER DE 120mm



Le mortier est l'artillerie de prédilection de l'infanterie, on le trouve à tous les échelons du front, mortiers de 60mm, de 82mm et de 120mm, ces derniers rentrant dans la catégorie des armes lourdes, dont l'emploi relève du 2ème échelon régimentaire. D'un transport et d'une mise en oeuvre rapides leur distance de tir allant jusqu'à 5 - 8km selon les types de munitions les place hors de portée des armes collectives des premières lignes où sont tirés leurs obus aux charges diverses et très efficaces.

Bombardement ukrainien au mortier de 120 mm d'une position républicaine 
Vidéo du drone d'observation et de correction de tir, publiée le 24 juin 2020.
Localisation du bombardement, entre Donetsk et Gorlovka , au Nord du village de Betmanove, dans le secteur de Krasnei Partizan.

2ème exemple: LE DRONE 


L'entreprise ukrainienne "Matrix UAV", a développé un drone armé  d'un lance-roquette de type RPG-26 ou RPG-7, voire d’une bombe de 5 kg

Depuis les interventions étasuniennes en Afghanistan, l'emploi des drones n'a cessé d'augmenter sur tous les théâtres d'opérations militaires et même aujourd'hui jusque dans dans des missions policières. On distingue principalement 2 catégories de mission: drone d'observation et drone de combat, ainsi que 2 échelons d'emploi déclinant des caractéristiques très différentes ( autonomie, altitude, portée, dimensions etc.): drone tactique et drone stratégique. 

La rareté des points hauts, la guerre de tranchée organisée autour de zones minées impraticables, font des drones les moyens idéaux pour porter un regard vers l'ennemi, identifier ses moyens et localiser ses positions. Dans l'emploi de l'artillerie, ces drones d’observation servent également pour observer en temps réel les résultats des tirs et ainsi de donner des informations très précises pour les corriger si nécessaire.

Aujourd'hui, et malgré leur interdiction sur le front par les accords de Minsk (art 7 du mémorandum), les quadricoptères ukrainiens que l'on trouve jusqu'au niveau des compagnies sont en permanence au dessus des tranchées, tandis que des drones plus importants et même des monstres stratégiques de l'OTAN tel que le "Global Hawk", qui fournissent plusieurs fois par mois des renseignements aux forces de Kiev.

Si les drones d'attaque n'ont pas été employés sur le front du Donbass, s'alignant ainsi sur le retrait de l'aviation ukrainienne (un des rares points des accords de paix qui soit respecté), en revanche on observe de plus en plus fréquemment des bombardements effectués à partir de drones modifiés. Au début, il s'agissait d'une grenade accrochée anecdotiquement sous un drone, puis les bricolages des ukrops se sont généralisés et améliorés et aujourd'hui des drones de taille plus importante ou de type avion larguent régulièrement des obus de mortier sur des positions défensives mais aussi des cibles civiles républicaines

Bombardement aérien ukrainien à partir d'un drone modifié 
d'un véhicule de combat d'infanterie républicain de type BMP1.

3ème exemple: L'OBUSIER LOURD

Obusier automoteur de 122mm 2S1 "Godzilla" 
Lorsque l'Ukraine soviétique accède à son indépendance à l'issue de l'effondrement de l'URSS, son armée conserve son arsenal (à part l'armement nucléaire) parmi lequel cet immense parc d'artillerie qui caractérise les forces armées russes.

La diversité et le parc de l'artillerie ukrainienne, même s'il commence à être très vieillissant, reste important: des missiles balistiques Toshka U aux mortiers lourds de 120mm, des obusiers de 100, 122, 152, 203 mm etc. tractés ou automoteurs aux lances roquettes multiples de 122, 220, 300 mm etc. Kiev a amassé dans le Donbass une artillerie de siège et d'assaut toujours opérationnelle grâce notamment à l'aide des anciennes républiques soviétiques devenues membres de l'OTAN et qui se débarrassent de leurs vieux stocks soviétiques.

Fortement présente dès les premiers combats de Slaviansk en 2014, l'artillerie ukrainienne n'a cessé d'être de plus en plus engagée sur le front du Donbass jusqu'à devenir l'arme principale de Kiev, depuis l'enfouissement, en guerre de position, des 460 kilomètres du front dans des tranchées et des casemates...

Aujourd'hui, les "ukrops" ont développé des petits groupes d'artillerie mobiles afin d'échapper au mieux à la fois aux tirs des contre batteries républicaines et aux observateurs de l'OSCE, car les canons lourds (plus de 100mm) doivent, delon les accords de paix, être retirés du front (au delà de 30 km).  Ces unités d'artillerie lourde, fortes des renseignements fournis par les drones d'observation ukrainiens mais aussi étasuniens procèdent depuis plusieurs mois à des bombardements systématique des positions défensives républicaines mais aussi régulièrement à des campagnes de terreur sur les zones résidentielles proches du front.

Bombardement ukrainien avec des obusiers de 122 mm d'une position républicaine 
située dans la zone industrielle de Promka sur le front de Yasinovataya.
Localisation du bombardement sur le front de Yasinovataya, un secteur difficile dont plusieurs positions sont tenues par les volontaires de la brigade Piatnashka.

4ème exemple: LE MISSILE ANTICHAR





Au départ, les postes de tir de missiles ont été conçus pour le combat antichar défensif, mais progressivement, avec notamment l'intensification des combats en zone urbaine, ces systèmes d'armes très mobiles et légers aux munitions diversifiées sont se révélés très efficaces contre des positions abritées et même enterrées. Et lorsque la guerre des tranchées refait son apparition dans le Donbass, les armes antichars (fusils, canon sans recul, lance-roquettes et missiles) sont naturellement dirigées contre les casemates et blockhaus qui arment les centaines de kilomètres de boyaux et tranchées. 

Le missile le plus courant utilisé de chaque côté de la ligne de front du Donbass est certainement le "Tour", ce missile filoguidé de 120mm tiré par le système d'arme 9k111 "Fagot" (AT4 Spigot dans son appellation OTAN) ou son successeur 9M113 Konkurs par exemple et qu'on peut trouver soit en poste de tir terrestre ou monté sur véhicule. Sa portée est de 2500 mètres.
Ces armes antichars disposent en outre d'une gamme de munitions spécialisées particulièrement efficaces contre des positions protégées comme par exemple les charges thermobariques ou perforantes.

Tir d'un missile antichar ukrainien sur une position républicaine
aménagée dans une mine abandonnée sur le front de Golmoisky.
La cible est ici une station radar républicaine "psnr-8 kredo-m1"
chargée de repérer et localiser les tirs de l'artillerie de Kiev.
Localisation  du tir sur le front au Nord Est de Gorlovka, dans le secteur de Golmovsky (24e brigade ukrainienne)

On pourrait multiplier les exemples de ces bombardements ukrainiens réalisés sur le front du Donbass, en totale violation des engagements signés par le régime de Kiev et en toute impunité malgré les rapports quotidiens des observateurs de l'OSCE en faisant état. Et chaque jour des défenseurs républicains tombent sur ce front interminable, tués ou blessés mais aussi des civils qui régulièrement sont sous les tirs ukrainiens intentionnels. 



Nous assistons donc bien dans le Donbass, depuis la signature à Minsk d'accords de paix morts nés, à une guerre d'attrition initiée par Kiev et qui logiquement provoque régulièrement des ripostes républicaines légitimes qui tentent de faire cesser les violations du cessez le feu.

Et depuis cette année tandis que les derniers lambeaux des accords de paix s'envolent dans les vents d'une hypocrisie occidentale russophobe, la pression monte de plus en plus sur le front du Donbass où les échanges de tir entre ukrainiens et républicains sont de plus en plus meurtriers... 

Moscou, par la voix de son Ministère des Affaires Etrangères, l'a même reconnu cette semaine: les espoirs d'une résolution diplomatique, en échec depuis 5 ans, du conflit sont bien dans une impasse... Le risque de voir l'escalade militaire se poursuivre et même sortir de ses tranchées est donc de plus en plus réel, car il semble malheureusement que la force soit bien le seul langage que comprennent ces "ukrops", complètement soumis à l'hystérie russophobe de l'OTAN et le fanatisme du narratif néo-nazi entretenu par KieV et ses parrains occidentaux.

Erwan Castel