mardi 23 juin 2020

Avis aux trumpolâtres de papier...


Cédant à la mentalité manichéenne qui caractérise depuis 2000 ans l'ère vulgaire de la pensée unique occidentale, nombreux sont les observateurs qui depuis les dernières élections présidentielles étasuniennes apportent leur soutien - quand ce n'est pas leur admiration - à Donald Trump dans ses conflits politiques et sociétaux avec les démocrates.
Si effectivement l'élection de Clinton aurait été une catastrophe monstrueuse et rapide pour la sécurité du Monde, on ne peut pas dire que la stratégie de Donald, certes plus soft et populiste soit meilleure à moyen terme, confirmant qu'en stratégie, l'ennemi de mon ennemi n'est pas forcément mon ami...
  • Trump promettait un désengagement au Levant, or il y a non seulement maintenu les troupes américaines, mais pire, il a jeté de l'huile sur le feu en reconnaissant Jérusalem capitale d’Israël, les territoires occupés comme israéliens et commandité l'assassinat du général Soleimani.
  • Trump promettait que les USA, n'interviendraient plus dans les pays étrangers, or en Bolivie, les services étasuniens ont soutenu le renversement du président équatorien Evo Morales par une faction fasciste et ont aidé l'opposant vénézuélien Gaïdo dans sa tentative de coup d'Etat contre le président Maduro.
  • Trump promettait de diminuer la part américaine dans l'OTAN, or il poursuit l'installation des bases US dans l'ex Europe de l'Est, soutient les processus d'adhésion de pays étant dans la zone d'influence russe (Géorgie, Ukraine par ex.) et cette année fait débarquer pour des exercices le plus gros effectif US depuis 30 ans.
On pourrait continuer à faire le tour des promesses non tenues du candidat Trump, des sanctions économiques que Washington lance encore et toujours à travers le Monde sur les pays "non alignés", sans oublier la nouvelle crise avec la Chine -certes prévisible - mais qu'il a déclenché sur fond de crise sanitaire...
Alors non, Trump n'est pas ce blanc chevalier qui terrassera le dragon mondialiste, mais juste l'acteur - le moins pire peu-être - d'une même ploutocratie dont seuls les méthodes, le calendrier et bien sûr le vernis des discours électoralistes diffèrent de celles de ses concurrents démocrates mais avec qui il partage les mêmes objectifs hégémoniques !

Personnellement, je me fous des déclarations des politiciens quels qu'ils soient, où qu'ils soient, seuls leurs actes m'intéressent pour juger leur politique réelle. Et dans ce domaine force est de constater qu"un éléphant, ça trump énormément" !

Dans le Donbass, nous sommes aux premières loges pour constater que rien n'a changé entre Trump et Obama. Les conseillers militaires et politiques étasuniens qui tirent les ficelles des marionnettes de Kiev depuis le Maïdan n'ont pas raccourci la laisse de leur meute lancée contre les républiques de Donetsk et Lugansk. Et tandis que les sanctions économiques anti-russes sont prolongées et renforcées par Washington (et l'UE), les dollars continuent de pleuvoir en Ukraine pour soutenir son effort de guerre dans le Donbass mais aussi les armes létales étasuniennes qui y sont exportées depuis que Trump a levé le veto présidentiel à leurs livraison.


Dernier exemple en date de la continuité de la stratégie belliciste étasunienne en Ukraine jetée est ce nouveau lot de missiles antichar US "Javelin" livré le 17 juin dernier à une armée en guerre contre les populations russes du Donbass.

Dans le cadre de "l'assistance américaine dans le domaine de la sécurité et de la coopération avec l'Ukraine" Kiev avait déjà reçu en mars 2018 un premier lot de postes de tir et missiles Javelin - 37 lanceurs et 210 missiles - d'un montant de 47 millions de dollars.

Si la crise sanitaire du Covid 19 qui a tant bousculé le calendrier des vols aériens et des échanges économiques planétaires, en revanche ne semble pas concerner les largages par les faucons de guerre étasuniens de bidons d'essence sur les feux géopolitiques du Monde. Ainsi le 17 juin 2020, le bureau de la coopération militaire de l'ambassade des États-Unis à Kiev a reçu des équipements d'une valeur de plus de 60 millions de dollars à remettre à leurs "partenaires ukrainiens", Cette livraison concerne principalement des moyens de communication radio, des munitions et des missiles antichar "Javelin"


Ces armes ont été livrées par un avion de Atlas Air Worldwide, la compagnie aérienne du Transport Commandement américain chargé sur la base aérienne de Douvres à destination de Kiev.Ce deuxième lot de systèmes d"arme "Javelin" et leurs missiles est d'un montant de  près de 40 millions de dollars.

« Les États-Unis sont attachés à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de l'Ukraine », nous informe t-on dans le communiqué de l'ambassade étasunienne de Kiev. Et sur les photos publiées on peut compter au minimum 120 containers de missiles "Javelin", tandis que par la rampe arrière de l'avion cargo, d'autres palettes de missiles sont encore visibles.

La Fédération de Russie a maintes fois mis en garde la communauté internationale au sujet de ces fourniture d'armes à l'Ukraine, et qui ne conduiront qu'à une exacerbation du conflit dans le Donbass. qu'exacerber le conflit dans le Donbass, empêchant ainsi définitivement sa résolution diplomatique potentielle via les accords de Minsk.


La plupart des politiciens européens se sont également prononcés contre ces livraisons d'armes à l'Ukraine, comme par exemple l'ancien président de l'OSCE, le président allemand Frank-Walter Steinmeier, qui a déclaré que "la fourniture d'armes à l'Ukraine est un moyen très risqué et contre-productif de sortir de la crise."

D'aucuns pensent que ces livraisons d'armes sont à mettre en relation avec l'escalade militaire observée sur le front, et les récents rapports concernant l'arrivée dans le Donbass d'importantes concentrations de matériels d'assaut ukrainiens (chars de combat, obusiers lourds et missiles balistiques) ne leur donnent pas tort.

De son côté, Vladimir Yelchenko l'ambassadeur ukrainien aux USA, a déclaré que Kiev négocie avec Washington sur la livraison de trois autres grandes quantités d'armes pour cette année.

Il existe donc de nombreux indices concrets, en dehors des rodomontades menaçantes mais coutumières des politiciens ukrainiens vis à vis des républiques du Donbass, qui laissent à penser que l'option militaire s'impose de plus en plus dans la gestion ukrainienne de ce conflit du Donbass.

Si une offensive généralisée est peu probable vue les moyens disponibles et encore moins une offensive urbaine vu la faible motivation des troupes ukrainiennes, en revanche Kiev pourrait -être tenté par une offensive éclair dans la zone Sud de la République Populaire de Donetsk, secteur où le tissu urbain est très faible, les frontières russes très proches et les centres stratégiques républicains éloignés. Depuis 2015, j'ai évoqué ici plusieurs fois ce scénario que j'ai baptisé "axe Sud", ce qui rappelle au passage que la menace d'une offensive ukrainienne "imminente" n'est pas une nouveauté dans les épisodes de la guerre du Donbass...

Cependant il ne faut pas perdre de vue que plus les accords de Minsk -irréalisables sous tous leurs formats possibles- se réduisent comme peau de chagrin, plus la probabilité d'un coup de force militaire ukrainien sur le front grandit...

Et dans la guerre vaut-il toujours mieux prévoir le pire que de se faire surprendre !

Erwan Castel


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