lundi 22 octobre 2018

Retex Donbass

Source de l'article : Bruxelles2

La guerre d’Ukraine, des enseignements intéressants


Le conflit dans l’Est en Ukraine est « intéressant » en termes de retour d’expérience. Ce conflit légèrement oublié a été dévastateur en termes de pertes humaines. Et la ‘défaite’ des Ukrainiens, dans la première année de guerre 2014-2015, face à des troupes théoriquement plus faibles en nombre, recèle plus d’un enseignement selon les militaires français

Troupes ukrainiennes lors de l’exercice Saber Junction 2018 (crédit : Ministère de la défense de l’Ukraine)

« C’est un conflit intéressant pour nous, aux caractéristiques dimensionnantes, tant dans le domaine capacitaire que dans celui de la préparation opérationnelle » a ainsi indiqué le général Pascal Facon, chef du CDEC (centre de doctrine et d’enseignement du commandement) de l’armée française devant les députés français fin septembre (1). « Nous devons être prêts à nous engager dans un conflit approchant la haute intensité et les caractéristiques observées dans l’est de l’Ukraine. »

Une bataille de blindés

« Ces combats ont opposé 30.000 Ukrainiens, déployant environ 2000 véhicules blindés d’infanterie et 600 chars, faisant face à 2000 combattants séparatistes équipés de véhicules blindés, souvent récupérés sur leurs adversaires. »

Enseignement : « c’est une bataille de blindés qui justifie la réflexion d’aujourd’hui sur l’après-char Leclerc, le programme Main Ground Combat System (MGCS) ».

Un grand nombre de blessés

En février 2015 « au moment où le front s’est stabilisé, on comptabilisait 5300 morts et 12.000 blessés. » En moins d’une année de combat. « Ce qui dépasse les taux de pertes de nos opérations actuelles. »

Enseignement : « nous devons, à l’aune de ce retour d’expérience, nous préparer à gérer un nombre important de blessés ».

Un faible entraînement + peu de volonté de combattre

Les forces ukrainiennes avaient un « entraînement limité ». « Des durées de formation trop courtes et des équipements individuels inadaptés – sac à dos, chaussures, protections individuelles, trousses de première urgence inexistantes, transmissions non sécurisées – ont affecté initialement leur volonté de combattre. »

Enseignement : « au premier stade de l’endurance, il y a donc l’équipement du soldat et l’entraînement dont il a bénéficié. Mais il y a aussi la force morale. »

Une image dégradée des forces armées

En Ukraine, « les forces ukrainiennes semblent avoir été surprises par les événements dans le champ de la mobilisation. 50 % des effectifs attendus ne se sont pas présentés […] L’image parfois dégradée des forces armées au sein de la population a eu une influence évidente sur son efficacité. Cet état de fait a poussé les jeunes à rejoindre des bataillons de volontaires dont le volume total a atteint 7000 hommes, plutôt que d’entrer un processus de mobilisation. ».

Enseignement : « l’importance qu’il convient d’accorder aux facteurs de résilience d’une société, à sa capacité à cultiver l’esprit de défense, son « esprit guerrier »

Des forces peu agiles

Les Ukrainiens « ont probablement éprouvé des difficultés à mesurer qu’une action qualifiée de lutte antiterroriste pouvait dériver vers un conflit localement de haute intensité. »

Enseignement : « au regard des conflits récents, l’agilité, envisagée sous l’angle de l’adaptation au changement et sous l’angle de la capacité à se reconfigurer, s’impose comme un facteur essentiel. »

Inutile d’avoir de gros moyens si on n’a pas de maintien en condition opérationnelle

Fait intéressant : « ‘sur le papier’, les Ukrainiens disposaient d’une supériorité matérielle indiscutable avec 2300 chars, 3800 blindés et 3100 pièces d’artillerie, mais, du fait des conditions de stockage de leurs matériels et de procédures de maintien en condition inappropriées, la disponibilité technique opérationnelle (DTO) n’excédait pas 60 % au début des combats. »

Conclusion : « la masse, sans le maintien en condition opérationnelle (MCO), ne sert à rien ».

La puissance de l’artillerie sol-sol et sol-air

« Durant les affrontements, deux régiments ont été détruits à 70 % en l’espace de six minutes par des lance-roquettes multiples. »

Enseignement : « nous avons redécouvert la puissance de l’artillerie sol-sol et sol-air, l’effet de masse que cette arme procure dans des affrontements de haute intensité et la permanence des feux qu’elle assure. »

Disposer de contre-feux

Dans l’Est de l’Ukraine, « l’artillerie sol-air séparatiste a littéralement interdit, en détruisant les aéronefs ukrainiens, la libre disposition de l’espace aérien, pourtant indispensable pour assurer l’appui des troupes au sol. »

Enseignement : « La guerre de haute intensité met en lumière l’importance du déni d’accès et la nécessité de disposer de moyens permettant de le contourner pour accéder à un espace de manœuvre. La puissance des feux indirects repose aussi sur des capacités dans le domaine des radars de contre-batterie et dans la lutte anti-drones, qui constitue le premier stade de la lutte permettant de se soustraire à la contre-batterie adverse. »

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) Voir le compte-rendu de séance de la commission Défense de l’Assemblée nationale du 25 septembre

Nicolas Gros-Verheyde

jeudi 18 octobre 2018

Photo du 18 octobre

255


Ce matin , fin de mission et retour vers le bataillon.

Pour cette 26ème rotation sur le front de Promka, les forces ukrainiennes de la 79ème Brigade mécanisée et de la 25ème Brigade aéromobile se sont montrées très virulentes, nous mitraillant et bombardant chaque jour, généralement en fin d'après midi, avec des tirs nerveux et précis.

Alors que le Centre ville de Donetsk se pare d'affiches électorales parlant d'une République en paix, la réalité sur le front du Donbass dans les zones où les forces ukrainiennes sont arrivées au contact des lignes de défense républicaines démontre plutôt le contraire !

Entre les gardes, les missions d'observation, et les ripostes aux provocations ennemies quotidiennes, nous continuons à renforcer notre "Forteruine", sous les yeux amusés de "Blin" qui ne quitte plus mes genoux ou mes épaules, surtout depuis l'arrivée du froid et d'un jeune chien affectueux mais impétueux.

Erwan Castel

Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du front

mercredi 17 octobre 2018

Réveillez-vous !


Une photo que je publie ici est choquante et fera probablement l'objet d'une censure prochaine par l'inquisition facebookienne and Co.

C'est la photo de Larissa, la maman d'Anastasia Kovtoum, une jeune fille du Donbass de 17 ans tuée également dans le bombardement de leur village par l'armée ukrainienne le 13 octobre dernier. Et elles ne sont malheureusement que les énièmes victimes (et probablement pas les dernières) des criminels de guerre qui martyrisent depuis plus de 4 ans les femmes et les hommes du Donbass.

Cette guerre commanditée par les occidentaux et exécutée par Kiev vise Moscou a travers les populations civiles du Donbass, parce que ce sont des russes ethniques et qui ne veulent pas sacrifier leur identité sur l'autel de la marchandise.

La marionnette Porochenko que les USA ont installé à Kiev après le coup d'Etat du Maïdan, a donné l'autorisation à ses soudards, déjà coupables de violations quotidiennes des accords de Minsk, de tirer sur le territoire des Républiques populaires du Donbass quand bon leur semble et avec les moyens qu'ils jugent appropriés.

Depuis cet appel au meurtre prononcé par le satrape de Kiev il y a une semaine devant des chasseurs bombardiers de l'OTAN déployés en Ukraine pour l'exercice "Clear sky 2018", 3 nouveaux civils ont été tuées par les forces ukrainiennes dont l'artillerie lourde est à nouveau réactivée sur la ligne de front.

Mais le pire à mes yeux reste la veulerie stupide des populations occidentales dont les gouvernements soutiennent et financent, en partie via leurs impôts, ces crimes de guerre perpétrés au coeur de l'Europe, à quelques heures de leurs canapés douillets.

Ces populations de l'Europe de l'Ouest, aveuglées par un individualisme consumériste et une dictature de la "bien pensance" affichent de fait un fatalisme suicidaire. Et pire que cela, la majorité des rares résistances à l'effondrement civilisationnel organisé ne font qu'alimenter un peu plus le chaos qu'elles prétendent combattre. 
En effet, les dissidents, nationalistes, patriotes, où insoumis de tous poils, au lieu de s'unir dans un combat contre les fauteurs de crises s'attaquent à leurs conséquences en réactionnaires mono-maniaques agitant des communautaro-centrismes politiques, ethniques ou religieux fondés sur la haine des autres.

Ils sont pour la plupart les "idiots utiles" du système qu'ils veulent combattre, car les peurs, les haines engendrent justement les divisions chaotiques recherchées par un mondialisme qui veut justifier une radicalisation dictatoriale de ses pouvoirs politiques affidés à la ploutocratie mondialiste.

Une fois cette dictature de la pensée unique verrouillée, la ploutocratie pourra faire des européens asservis la chair à canon de sa prochaine guerre mondiale qui est déjà engagée, contre la Russie et ses alliés...

Car le mondialisme a besoin de réinitialiser son système financier économie exangue, et de relancer le business par la guerre, la diminution de la population et la reconstruction des pays détruits.

Comme la Seconde guerre mondiale, qui a commencé bien avant 1939 par exemple avec la guerre sino japonaise, la 3ème guerre mondiale contre la Russie, elle aussi a commencé avant d'être déclarée. La Syrie comme l'Ukraine en sont ses premières guerres séparées (sans compter les guerres russophobes médiatiques, économiques, politiques, informatiques, religieuses qui déjà font rage).

Si les européens n'ont pas compris cela, ils risquent de voir plus rapidement qu'on ne le pense des cadavres comme celui d'Anastasia joncher les rues de leurs cités détruites.

Pour stopper la machine infernale qui les entraîne vers une nouvelle guerre mondiale dont, soyons réalistes, personne ne sortira vainqueur, les européens doivent se libérer des esclavagismes de la pensée unique, de ses organisations politico-militaro-industrielles (OTAN, UE, FMI etc) mais aussi du fatalisme judéo-chrétien hérité et de celui de l'individualisme consumériste moderne pour s'engager dans une vraie Révolution conservatrice.

Et au lieu de s'attaquer aux conséquences des problèmes, il faut par des rébellions armées coordonnées détruire ces pouvoirs qui, dans la phase finale d'une aliénation de la marchandise, s'apprêtent à sacrifier les peuples d'Europe dans une nouvelle guerre fratricide.

Car Anastasia, sa mère Larissa et les milliers de femmes d'enfants et d'hommes massacrés dans le Donbass ne sont pas les victimes d'une guerre lointaine, mais NOS morts européens et NOTRE avenir à tous si les européens ne se réveillent pas !

Erwan Castel


mardi 16 octobre 2018

Comme un relent de croisade


Le monde orthodoxe est en proie à un schisme gravissime entre le patriarcat de Moscou et celui de Constantinople suite à la décision du patriarche Bartolomée de reconnaître l'église orthodoxe ukrainienne du renégat Filaret, un Torquemada des temps modernes qui soutient l'ultra nationalisme russophobe des bandéristes participant aujourd'hui au pouvoir de Kiev.

En commettant cet acte belliciste et hérétique au regard des principes fondateurs du christianisme orthodoxe , le patriarche Bartholomée, à démontré qu'il n'était qu'un laquais du mondialisme tout comme son homologue catholique romain.

Cette crise religieuse qui fermentait depuis des années vient d'exploser et largement au-delà des frontières ukrainiennes ou du monde religieux orthodoxe. 
En effet cette fracture de l'église orthodoxe est exacerbée et même instrumentalisée par le conflit ukraino-russe qui depuis 2014 secoue progressivement l'Europe et l'entraîne vers une confrontation ouverte avec la Russie.

Depuis que les néo-conservateurs étasuniens et leurs laquais de l'Union Européenne ont planté leurs griffes avec le coup d'Etat du Maïdan dans ce "pivot stratégique de l'Europe" qu'est l'Ukraine, ils ont déclenché différentes offensives contre la Russie, en transformant l'Ukraine en bélier lancé contre ses murailles :

- Offensive politique (ONU...)
- Offensive économique ("sanctions")
- Offensive médiatique (russophobie) 
- Offensive militaire (Donbass)
etc...

Et donc aujourd'hui c'est une offensive religieuse qui vient d'être lancée via le patriarcat de Constantinople et le différent ecclésiastique existant en Ukraine depuis son indépendance. (Voir la synthèse ici : Russie politics)

En faisant cela, le patriarcat de Constantinople a réuni toutes les conditions pour que, au delà du schisme inévitable qui vient de se produire, une guerre de religion puisse être organisée en Ukraine.

En effet, il est hautement probable que le pouvoir de Kiev, trop content de pouvoir une nouvelle fois persécuter le monde russe à travers son église, organise avec le psychopathe Filaret un transfert de force des biens et lieux de cultes du patriarcat de Moscou vers celui de Kiev.

Pour rappel voici la carte d'identité du chef de l'église dissidente ukrainienne qui vient d'être reconnue par Constantinople : Alawata-rebellion

Je vous laisse deviner la suite dans un pays où les églises orthodoxes russes dont déjà régulièrement les cibles des ultra nationalistes et autres néo nazis vomis par le Maïdan.

Pire qu'une ingérence de la politique dans le religieux nous risquons d'avoir ici une guerre de religion venue d'un autre âge venant en renfort dans cette 3ème guerre mondiale que personne ne veut nommer mais qui a déjà commencé en Syrie et en Ukraine.

Erwan Castel

Source de l'article ; RT

L'Eglise orthodoxe russe rompt ses liens 
avec le patriarcat de Constantinople

Réunion extraordinaire du Saint-Synode de l'Eglise orthodoxe russe à Moscou le 14 septembre 2018 (image d'illustration).

L'église orthodoxe russe a décidé de mettre un terme à ses relations avec le patriarcat de Constantinople, après que celui-ci a décidé de reconnaître en Ukraine une Eglise indépendante du patriarcat de Moscou.

Devant des journalistes réunis à Minsk (Biélorussie), le métropolite Hilarion, en charge de la diplomatie du patriarcat de Moscou, a déclaré ce 15 octobre que le Saint-Synode de l'Eglise orthodoxe russe n'avait pas d'autre choix que de rompre ses liens avec le patriarcat de Constantinople (Istanbul).  «Nous ne pourrons plus célébrer d'offices en commun, nos prêtres ne participeront plus aux liturgies avec les hiérarques du Patriarcat de Constantinople», a déclaré le responsable religieux, à l'issue d'un synode de l'Eglise orthodoxe russe.

Le métropolite Hilarion a précisé que cette rupture complète des «liens eucharistiques» signifiait également que les fidèles du Patriarcat de Moscou ne pouvaient plus, désormais, communier dans des églises relevant de la juridiction du Patriarcat de Constantinople.

Le 11 octobre, à l'issue d'un Saint-Synode de deux jours à Istanbul, le patriarche Bartholomée, qui dirige le patriarcat de Constantinople, avait annoncé reconnaître en Ukraine une Eglise indépendante (autocéphale), mettant ainsi fin à 332 années de tutelle religieuse du patriarcat de Moscou dans le pays. Jusqu'à présent, le patriarcat de Kiev, autoproclamé après l'indépendance du pays en 1992, n'était reconnu par aucune Eglise orthodoxe dans le monde.

Ce «schisme» avait été dénoncé par le patriarcat de Moscou, qui avait qualifié la décision de Constantinople de «catastrophe». Selon Vladimir Legoïda, un haut responsable de l'Eglise russe, cette décision s'assimilait à une tentative «de saper les fondements du système canonique de toute l'orthodoxie».

Car cette décision plongeait dans l'incertitude des millions de croyants en Ukraine, où l'Eglise orthodoxe russe jouit d'une influence conséquente. Si le patriarcat de Kiev compte le plus grand nombre de fidèles, le patriarcat de Moscou dispose du plus grand nombre de paroisses – plus de 12 000 – dans le pays. Et la question est désormais de savoir à quelle Eglise elles seront rattachées. L'Eglise orthodoxe russe craint que ne soient menées des actions, de force ou en justice, visant à lui retirer le contrôle des églises et monastères qui lui sont affiliés. 

Schisme religieux sur fond de tensions russo-ukrainiennes

Le conflit entre les deux Eglises orthodoxes, latent depuis des années, a été attisé par les tensions politiques entre Kiev et Moscou. Le président ukrainien, Petro Porochenko, s'est en effet félicité de la décision du patriarche Bartholomée, saluant la fin de l'«illusion impériale et des fantaisies chauvinistes» de la Russie, jugeant qu'il s'agissait d'un «nouvel acte d'indépendance» de l'Ukraine.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a quant à lui vu une «provocation» dans la décision du patriarcat de Constantinople – et a laissé entendre que les Etats-Unis n'y étaient pas étrangers. «Quand l’envoyé spécial américain pour les relations entre les Eglises salue ouvertement la décision de Bartholomée [...] on voit le bout de la queue du diable», avait noté le ministre des Affaires étrangères russes, dans un entretien accordé à RT France, Le Figaro et Paris Match. 

lundi 15 octobre 2018

La République en danger / 4

Depuis l'assassinat du Président Zakharchenko et les remaniements brutaux organisés par le Président par intérim Denis Pushilin (qui en profite pour verrouiller sa pole position pour les élections du 11 novembre prochain), nombre d'interrogations et même d'inquiétudes circulent entre le front quotidiennement bombardé et la bulle spatio-temporelle du centre ville de Donetsk.

Après avoir remanié nombre de ministères (en écorchant au passage l'administration précédente) le tandem Surkhov / Pushilin, sur fond de course électorale présidentielle tient un discours populiste et démagogue où la réalité d'une République en guerre est expurgée pour laisser la place à une vision économico-centrée que beaucoup craignent plus pacifiste et calculatrice que pacifique mais intransigeante.

Je ne cherche pas ici depuis le fond de ma tranchée de Yasinovataya à juger un homme qui vient à peine d'endosser l'habit du pouvoir, mais je préférerai tant que tonnent les canons ukrainiens à l'horizon que ce dernier soit plutôt un treillis de combat qu'un costard cravate à col blanc !

Karien Bechet Golovko, à l'occasion du bombardement ukrainien meurtrier du 13 octobre sous lequel une mère et sa fille ont été tuées souligne ce "décalage" entre les discours politiques et la réalité militaire du Donbass, et je partage malheureusement son amertume et inquiétude 

Erwan Castel

Source de l'article : Russie Politics

Billet d'humeur:
combien de sang le Donbass doit-il verser
pour que les Etats retrouvent leur dignité ?

Nastia, tuée samedi par un obus ukrainien
Karine Bechet Golovko

Si les Hommes doivent préserver leur droit à l'indignation, ils ont le devoir de l'utiliser. Non pas le laisser en réserve pour des jours moins périlleux, prendre la poussière derrière une pile d'invitations, car tout d'abord il faut faire carrière, de faire réélire, soulever un sourcil en choeur et dans les règles, bref donner des garanties sociales. S'indigner est le premier et dernier cri de l'âme. Lorsque les hommes vont trop loin. Lorsqu'ils cessent d'être des Hommes. Lorsque les Etats les oublient, détournent le regard, s'occupent d'affaires plus pressantes - et plus rentables, protègent leurs inféodations diverses et variées. Combien de sang le Donbass doit-il verser pour que les hommes et les Etats retrouvent leur dignité?

Egor, 18 ans (13 octobre): "Les tirs ont duré toute la journée. Mais les explosions étaient lointaines. L'armée ukrainienne est positionnée dans les champs à côté de la ville de Zolotoe. Ca provenait de là-bas. Avec Nastia, nous étions chez moi, à la maison et ensuite elle a décidé de rentrer chez sa mère. Justement ça avait arrêté de tirer. Je l'ai accompagnée. Tout le long de la route, on n'a pas entendu un seul tir. Nous sommes arrivés dans sa cour. Je suis sorti fumer: j'étais à peu près à 15 mètres. Et là j'ai entendu une explosion, de la fumée. Ca m'a jeté à terre. Je me suis dégagé et j'ai couru dans la cour. Ils ont pris un obus. De 80 mm certainement. Nastia était à côté de sa mère. Sa mère était morte, mais Nastia respirait encore. Le sang coulait. Elle avait les jambes déchiquetées et les doigts des mains. J'ai essayé d'arrêter le sang. On a appelé les urgences, mais ils ne venaient pas dans les zones de tir. Je la tenais à la tête, sur la blessure à la nuque. Elle est restée en vie encore 20 minutes."

Le Président Poroshenko, en violation totale des moribonds accords de Minsk, reprenant la rhétorique de l'OTAN expliquant avoir bombardé Belgrade pour sauver la population, a ordonné lui aussi de tirer à vue dans le Donbass "pour sauver des vies". Il faut dire que l'Ukraine s'est déjà bien préparée, car selon les données de la représentation du Centre de surveillance et de coordination du cessez-le-feu, l'armée ukrainienne a déplacé la semaine dernière au-delà de la ligne autorisée, 9 tanks, 36 systèmes de lance-missiles, 1 pièce d'artillerie. Tout cela a également été fixé par l'OSCE, qui comme un gendarme d'opérette peut bien confirmer qu'un crime a été commis, devant ses yeux, mais il regarde le criminel s'éloigner.

Nastia et sa mère ne sont plus là pour apprécier ni l'ironie ni l'absurdité de la situation. Nastia est née en 2001, elle a vécu 4 années de guerre. En une semaine, il y a eu à DNR 10 blessés et 5 morts. Mais leur vie à eux ne doit pas compter. Il ne s'agit manifestement pas de ces vies à sauver, car elles furent volées, détruites. La terre du Donbass intéresse l'Ukraine, pas ses habitants. C'est d'ailleurs bien ce qu'a déclaré devant caméras l'ancienne vice-gouverneur d'Odessa lorsqu'elle a affirmé que ce qui a arrêté la révolte à Odessa c'est le massacre dans la Maison des Syndicats, qui fut un moyen efficace. D'ailleurs, elle regrette que cela n'ait pas été employé à Lugansk et Donetsk, ce qui aurait évité ce conflit.

Dans ce contexte quelque peu tendu, il devient difficile de comprendre la politique mise en place à l'intérieur de Donetsk, après l'attentat qui a coûté la vie à Zakhartchenko. Le candidat de Sourkov, Pouchiline, tient un discours pour le moins décalé de la réalité quotidienne et un conflit latent commence à émerger avec les forces militaires. D'un côté, une opération de comm visant à discréditer le mandat de Zakhartchenko, opération qui avant touchait son entourage et maintenant s'attaque à lui directement. Ainsi, il n'aurait pas eu la "gestion' d'un parfait petit "manager" et donc aurait trompé Moscou, qui ne savait rien. D'ailleurs, pour preuve, les pensions sont basses et les salaires aussi, et les gens finalement vivent mieux du côté Ukrainien que Donbassien. Et un cafouillage de comm, avec Pouchiline qui déclare d'un côté que Sourkov a promis d'aider à remonter les salaires, déclaration que Peskov, porte-parole du Kremlin, affirme entendre pour la première fois. 

Donc, pas d'achat de la paix sociale en vue? Le business, Deus ex Machina de cette triste fable, en période de guerre, doit permettre de compenser un blocus humanitaire, une situation de conflit chaud, développer des liens commerciaux, peut-être aussi régulièrement reconstruire les usines bombardées par l'Ukraine, les entreprises bombardées par l'Ukraine; le budget sans faire pression sur le business (souvenez-vous des accusations contre Timofeev qui avait le mauvais goût de récolter des impôts) doit financer les pensions qui ne sont pas versées par l'Ukraine, reconstruire les hôpitaux bombardés par l'Ukraine, les écoles bombardées par l'Ukraine, l'infrastructure civile bombardée par l'Ukraine.

Non, vraiment, sérieusement, on ne peut faire tranquillement du fric? A quoi sert cette guerre, vraiment on se le demande ...

Manifestement ces dérives aussi mercantiles que stupides, ne sont pas du goût de tous. Et pour la première fois l'Ombudsman de DNR, qui n'est pas un blogueur indépendant mais un organe officiel, publie les pertes militaires. Juste histoire de rappeler que chaque jour des hommes meurent ou sont blessés. Pour protéger la population du Donbass d'un massacre géant, d'une orgie odessite sanglante. Et pas pour qu'un Pouchiline en col blanc puisse, sous protection, organiser le business de certains. 

Combien de sang devra encore couler pour que l'Occident ouvre les yeux sur le massacre qui se déroule en toute impunité dans le Donbass? Combien de sang devra couler pour que la Russie comprenne qu'elle risque d'être emportée par la vague de violences qui déferle sur ces hommes et ces terres?

Combien de sang le Donbass doit-il encore verser pour que les hommes et les Etats retrouvent leur dignité?

Karine Bechet-Golovko

Kiev fête la bête immonde

Le 14 octobre 1942 l'armée insurrectionelle ukrainienne était créée pour offrir au 3ème Reich des auxiliaires collaborant aux crimes de guerre nazis.

Avec le nouveau régime bandériste vomi par le Maïdan cette journée est l'occasion d'un rassemblement ultra nationaliste de plus en plus important vers lequel convergent les caniveaux nationalistes européens.

Ainsi 15000 têtes inertes sont venus courageusement hurler sous protection policière leur haine du russe à 1000 km du front du Donbass et en évitant soigneusement les bureaux de recrutement de leurs Kameraden d'Azov qui leur proposent de passer des paroles aux actes.

Mais à part cela il n'y a pas de nazisme en Ukraine bien sûr !

Erwan Castel

Source de l'article : RT

 «Mort aux Moscovites !» : 
une manifestation réunit 15 000 ultra-nationalistes à Kiev


15 000 membres de groupes nationalistes ukrainiens ont manifesté dans les rues de Kiev à l'occasion de la fête nationale du défenseur de l'Ukraine, certains célébrant un collaborateur de la Seconde guerre mondiale.

15 000 personnes ont participé à une marche nationaliste autorisée dans la capitale ukrainienne le 14 octobre, à l'occasion de la fête nationale du Défenseur de l'Ukraine Stepan Bandera, marquée cette année par une effervescence particulière du fait de la récente reconnaissance par le patriarcat de Constantinople d'une Eglise ukrainienne indépendante du patriarcat de Moscou.

La procession, encadrée par une forte présence policière, comprenait différents groupes de ultra-nationalistes défilant sous leurs bannières mais aussi des partis représentés au parlement, des groupes paramilitaires et d'extrême droite, dont beaucoup de membres avaient le visage couvert. Les manifestants scandaient notamment «Gloire à l'Ukraine !» et des slogans à l'honneur de Stepan Bandera, personnage controversé de la Seconde Guerre mondiale qui dirigeait l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) et coopérait avec les troupes nazies. Etaient également scandés parmi les manifestants «Mort aux Moscovites !» et «Rendez l'Ukraine aux Ukrainiens !».


Une centaine de personnes ont été arrêtées durant cette mobilisation mais la police a assuré que l'ordre public n'avait pas été troublé, en dépit de ce que des manifestants avaient déclenché à maintes reprises des fusées éclairantes et des bombes fumigènes.

Plus tôt dans la journée, environ 100 militants ultra-nationalistes ont apporté une échelle à proximité de la statue de Nikolaï Vatoutine, un général soviétique de la Seconde Guerre mondiale, située dans le centre de Kiev, dans le but de vandaliser le monument. La police est intervenue pour confisquer l’échelle et boucler les environs de la statue qui a tout de même fait l'objet de jets d'œufs par la suite.

Oublier la guerre un instant

254


Ce qui est le plus effrayant dans la guerre c'est qu'elle dépasse les limites d'une activité humaine dominée pour devenir un monde à part où l'inconnu et le danger dominent tellement l'Homme qu'ils changent en lui ses références essentielles et l'éloignent de la vie sociétale pour laquelle pourtant il se bat et risque sa vie.


Lundi 15 octobre 2018

D'un autre côté, cette danse avec la Mort entre le royaume des dieux et celui des hommes, redonne au soldat qui sait encore regarder autour de lui, le goût pour les choses les plus simples.

Alors, au milieu de leurs cernes de fatigue les yeux de l'homme retrouvent, et paradoxalement à la désolation du champ de bataille, le chemin de l'enchantement de l'âme et du bonheur.

Ainsi, sur la ligne de front de Yasinovataya dans le Donbass, ses papillons dansant autour des fleurs d'automne un hymne silencieux à la beauté de la Vie ont accroché mon regard et réveillé mon âme...


Quelques secondes essentielles de contemplation dans le microcosme d'une tranchée mais qui font oublier pendant un instant vital, la guerre et la folie des Hommes.

Erwan Castel

Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du front

dimanche 14 octobre 2018

Photo du 14 octobre

253



Ce dimanche matin sur ce front de Promka au Nord de Donetsk, je suis parti vers la lisière du cimetière de datchas tenue par les camarades d'un autre bataillon de Donetsk pour essayer de repérer une nouvelle position occupée par un sniper ukrop.

Une heure de vaine observation, car cette ombre avait disparu dans le silence revenu et l'enchevêtrement indescriptible des bâtiments industriels en ruine.

En décrochant de ma position, les derniers rayons chauds perdus de l'été jouaient avec les ombres froides de l'automne et j'ai profité de ce moment calme pour flâner entre les ruines et les tranchées avant de rejoindre "Forteruine" et un bon café.

Aujourd'hui est une fête religieuse orthodoxe, le jour de la protection de Marie, mais c'est aussi la fête de la création de l' "armée insurrectionnelle ukrainienne" qui pendant la guerre allait collaborer aux crimes de guerre nazis. Aussi nous nous attendons ce soir à des provocations de la part des ukropithèques positionnés en face de nous.

Erwan Castel

Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du front

Le sang et l'espérance


Au milieu des tirs de roquettes qui prolongeaient ce matin les harcèlements nocturnes des ukrainiens, un soleil compassionnel a émergé d'un horizon couleur sang bordant le champ de bataille de Promka (Nord de Donetsk)

Hier soir, une maman et sa fille ont été fauchées par cette haine bandériste psychotique excitée par l'aiguillon cupide étasunien (voir avant dernier post).

Alors que l'Occident agonise dans sa lâcheté et sa collaboration les neo-conservateurs allument des crises les unes après les autres (économiques, religieuses, ethniques, migratoires etc) afin de réveiller en Europe des communautarismes suicidaires et provoquer le chaos. Ce chaos, prétexte à une radicalisation d'y pouvoir (on le voit déjà avec l'UE) affaiblira la souveraineté européenne avant que d'achever ses peuples dans une guerre contre la Russie d'où personne ne sortira vainqueur à part la ploutocratie internationale, apatride et amorale.

Et ce Nouvel Ordre Mindial a déjà transformé l'Ukraine en bélier fou lancé contre les murailles de la Russie.

Le Donbass est donc aujourd'hui aux avants postes de cette 3ème guerre mondiale qui, après une répétition en Yougoslavie a commencé en Syrie puis en Ukraine.

Mais les peuples, trahis par des pouvoirs nationaux et internationaux devenus les collabos du chaos organisé, se réveillent revendiquent leur héritage et leurs rêves, en se libérant du joug de la marchandise.

Ils sont la seule résistance possible.

Le Donbass incarne en Europe cette rébellion contre la dictature mondialiste qui impose le chaos esclavagiste et l'aliénation de la marchandise.

Plus de 4 années de larmes et de sang ont marqué a jamais les russes de Donetsk et Lugansk mais elles ont aussi permis qu'ils donner chair au rêve républicain multi-millénaire d'où sont nées les valeurs civilisationnelles européennes qui unissent les peuples de l'Atlantique à l'Oural.

Et l'espérance d'éclore de ce terreau de souffrances endurées, tel un soleil matutinal dans un matin de Liberté.

Erwan Castel

Mourir dans un regard

252


Sur les sentes de la guerre, dans le cœur des soldats flottent très souvent les rubans de l'espérance et surtout ceux de l'amour.

Et dans la grisaille du champ de bataille, les rêves éveillés de l'homme en arme prennent alors la couleur des yeux de la bien aimée, le protégeant de la folie de la guerre tout en l'y plongeant avec hardiesse.

Car la femme aimée peut-être autant la muse du poète que celle du soldat pour qui elle incarne même l'idéal du combat mené,


Dimanche 14 octobre 2018

Qu'elle soit Reine attendant le retour de son chevalier servant, où princesse chantée par le troubadour amoureux, la femme aimée sublime les pensées, la force, les actes et l'engagement de l'homme de guerre.

"La mort" et "l'amour", ces 2 états du corps et de l'âme pourtant opposés, fusionnent étrangement, à l'image de leurs quasi homonymie, dans l'âme solitaire du soldat guettant fans ses tranchées le sombre horizon gronder.

Peinant à trouver les mots justes, j'appelle, et sans prétention de ma part, les échos d'un samouraï pour tracer mieux que moi sur la page blanche de mon carnet, le sillon de mes pensées:

« Mourir solitaire sur le champ de bataille, mourir sous le beau regard de sa femme... n’allait-il pas mourir à la fois de ces deux morts, réaliser leur impossible unité, douceur pour laquelle il n’est pas de mots ? Tous les instants de sa mort seront observés par ces yeux admirables [...]. »
Yukio Mishima

Que la femme soit réelle ou rêvée, aimante ou aimée, la guerre sublime dans le coeur du soldat et jusqu'à les confondre l'amour d'un être et l'amour du peuple pour lequel un homme prend les armes, combat et se sacrifie.

Alors apparaît cette réalité humaine qu'à la guerre, il n'y a que l'Amour qui soit réellement héroïque et que l'homme armé n'en est que le protecteur volontaire.

Erwan Castel

"Pour mériter son cœur, pour plaire à ses beaux yeux, 
j'ai fait la guerre aux rois, 
je l'aurais faites aux dieux."

― François de la Rochefoucauld (1613 - 1680)