samedi 15 décembre 2018

Les pions avancent sur l'échiquier


Cette fois nous sommes loin des habituelles gesticulations organisées à travers des manœuvres militaires ou rotations d'unités médiatisées destinées à nourrir les propagandes de guerres et provoquer l'ennemi, car l'escalade militaire entre Moscou et Kiev déclenchée par la provocation ukrainienne à Kertch, semble bien prendre la direction d'une confrontation armée ouverte entre les 2 pays via, dans un premier temps, les forces de défense de la République Populaire de Donetsk qui sont aux avant-postes de la Russie.

Dans des rapports des précédents jours (voir articles "Mariupol / 1 - 2 et 3) les services de renseignements russes et républicains font état d'un déploiement offensif ukrainien très important dans le secteur de Mariupol articulé autour de groupes d'assaut blindés et d'appuis d'artillerie et aériens importants.

Cette montée en puissance des forces ukrainiennes est générale sur tout le front du Donbass, comme par exemple dans le secteur de la 72ème Brigade mécanisée ukrainienne qui publie sur ses réseaux sociaux des photos de ses véhicules blindés positionnées en première ligne dans une zone grise déjà réduite à quelques centaines de mètres.


Quant à la Russie, qui est très attentive au sort des populations russes du Donbass et sait que ses propres frontières seront l'objectif de cette probable offensive de Kiev, a mené elle aussi des déploiements importants de moyens militaires le long des zones menacées et en Crimée qui est revenue sur l'avant scène de la crise géopolitique régionale depuis l'incident de Kertch.

Sur les frontières continentales : 

Depuis la guerre déclarée dans le Donbass où elle est officiellement désignée comme l'ennemi de Kiev, la Russie a renforcé ses unités de combat dans les régions limitrophes de l'Ukraine ainsi que ses ressources de renseignement. Plusieurs divisions blindées et mécanisées, mais aussi des brigades aéroportées et aéromobiles sont en mesure d'être projetées en quelques heures sur un secteur frontalier menacé et même au delà. A ces forces il faut rajouter les sites de missiles capables de frapper des objectifs en Ukraine en cas d'offensive de Kiev tout en restant sur le territoire russe. 

Dans le cadre de l'escalade actuelle en cours dans le secteur de Mariupol, plusieurs sources rapportent que Moscou a déployé préventivement plusieurs unités blindées le long de ses frontières.

En Crimée :

  • Systèmes d'armes antiaériens S400 venus renforcer les S300 déjà positionnés dans la péninsule et qui offrent désormais à Moscou, avec leur couverture radar de 600 km et leur portée de tir de 400km la possibilité de verrouiller tout l'espace aérien ukrainien qui serait utilisé pour appuyer l'offensive de Kiev.
  • Les services de renseignements ukrainiens rapportent aussi l'arrivée de renfort aériens estimés à 100 avions de combat de dernière génération (Sukhoï 27 et 30) en Crimée donnant à la flotte aérienne de la péninsule une capacité de contre-offensive pouvant frapper sur la quasi totalité du territoire ukrainien et dans une grande profondeur en Mer Noire.
  • 6 nouveaux sous marins russes sont venus également renforcer la flotte déjà très importante de la Mer Noire basée à Sébastopol. Ces unités sont des sous marins de dernière génération lanceurs de torpilles anti-navires ultra rapide mais aussi de missiles mer sol Kalibr "3M-54 Club" polyvalents capables d'emporter des ogives mer-mer ou mer-sol allant à plus de 2500 km et très faiblement détectables.
  • 16 systèmes de défense anti-navires K300P "Bastion" et "Ball ", sont venus également renforcer le défenses de la péninsule et protéger son littoral dans toute la région de la mer Noire. Ces systèmes d'armes ultra-modernes qui peuvent être dissimulés à 10 km à l'intérieur des terres peuvent détruire des cibles de surface jusqu'à 300 km.
Ces nouveaux renforts avec le groupe de défense interarmées exceptionnel déjà déployé en Crimée depuis la crise ukrainienne font de la péninsule une forteresse imprenable qui en cas d'offensive ukrainienne dans le Donbass pourra devenir immédiatement un porte avion continental capable de frapper au cœur de l'Ukraine ses centres opérationnels, logistiques, bases etc. sans compter la totalité de ses forces navales et aériennes.


"Ira ? ira pas ?" la question concernant cette probable offensive ukrainienne reste vive tandis que la période de la loi martiale ukrainiennes arrive à terme et sera vraisemblablement prolongée vu que l'escalade en cours ne semble pas se calmer et nourrit des tensions plus vives que le jour de son application.

Les forces ukrainiennes vont elles se lancer dans une aventure militaire suicidaire dont la seule porte de sortie est son internationalisation par l'illusoire engagement des forces de l'OTAN qui viendraient les soutenir après les quelques jours de combat où leurs réserves logistiques seront brûlées. Je doute que dans le contexte actuel d'une Europe malade de ses crises multiples, à part des possédés comme les baltes par exemples, des gouvernements occidentaux acceptent d'envoyer leurs soldats mourir sur les bords de la Mer Noire pour protéger le pouvoir d'un oligarque alcoolique et corrompu; même s'il sert la même ploutocratie mondialiste qu'eux. La récente convocation du chef d'Etat Major de la marine ukrainienne à Washington pour rendre compte de l'incident de Kertch et savoir au delà des communiqués officiels qui a provoqué qui, montre bien que les occidentaux, s'ils veulent récupérer l'Ukraine, ne sont pas encore prêt à la payer par une guerre avec la Russie et surtout ne font plus confiance en leur valet de Kiev.

En revanche, la Russie qui est le dos à ses murailles n'hésitera pas à frapper et brûler l'armée ukrainienne, cheval de Troie de l'OTAN qui menace son intégrité territoriale et massacre un peuple russe.

Erwan Castel


vendredi 14 décembre 2018

Mise en alerte des forces armées

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Devant la menace grandissante d'une offensive ukrainienne imminente l'Etat major des forces armées de la République Populaire de Donetsk a mis en alerte l'ensemble de ses unités de combat. Dans les casernes les munitions sont distribuées et les hommes et véhicules parés pour partir vers le front.

Une nouvelle attente commence au milieu des sacs à dos gonflés et des armes huilées. 


Vendredi 14 décembre 2018

Voilà 5 années que ce conflit a frappé le cœur de l'Europe disloquant une Ukraine artificielle, et faisant naître un volcan dans le Donbass qu'accords de Minsk et missions de l'OSCE n'ont pas réussi à éteindre. 

Cette alerte de combat n'est pas la première, et peut-être pas la dernière, mais nombreux sommes nous parmi les soldats déployés en première à être persuadé que cette guerre qui a fait minimum 20 000 morts (et non 10 000 comme le rapportent les chiffres officiels) des dizaines de milliers de blessés, des centaines de milliers de déplacés et réfugiés, des millions de destructions, ne pourra se terminer que par la libération des territoires occupés par l'armée ukrainienne et la chute du pouvoir fantoche mis en place à Kiev par la ploutocratie occidentale.

Je me souviens d'un soir où des bombardements ukrainiens frappaient le quartier d'Oktyabrsky où je réside depuis bientôt 3 ans, les voisins étaient sortis pour observer les directions des tirs et des arrivées et certains, après 4 années de survie sous les obus de Kiev en arrivaient à espérer que la guerre totale reprenne... pour en finir une bonne fois pour toutes avec ce régime génocidaire vomi par le Maïdan.

Contrairement aux idées simplistes des pacifistes de salon ou des rebelles 2.0, le soldat n'est pas quelqu'un qui aime la guerre (peut-on dire d'un chirurgien qu'il aime amputer ?) mais qui en assume la réalité tragique et parfois jusqu'au sacrifice que pour mieux défendre la Liberté et la Paix.

Aujourd'hui nous attendons l'arme au pied, espérant que s'il doit se réaliser, le combat de demain ira cette fois jusqu'à la Victoire finale pour honorer notre engagement et le sacrifice des camarades tombés autour de nous.

Erwan Castel



Source de l'article : Topwar

Opération Mariupol / 3

Porochenko en compagnie de Stepan Poltarak son Ministre de la défense
Nouveau point de situation de l'escalade militaire en cours dans le secteur de Mariupol, et déclenchée par Kiev à la suite de l'incident de Kertch provoqué par leur marine le 25 novembre dernier (points de situation précédents ici : Mariupol / 1 et Mariupol / 2)

Chaque jour de nouvelles informations viennent confirmer la menace d'explosion du front de Mariupol et sur l'ensemble du front le niveau d'alerte des unités républicaines a été relevé. 

Les sources de renseignements républicaines et russes estiment désormais les forces ukrainiennes rassemblées en ordre de combat dans le secteur de Mariupol à 12 000 hommes environ, commandés par le général Moisyuk. cette force d'assaut est articulées en plusieurs groupes d'assaut blindés disposant d'appuis importants d'artillerie et d'aviation.

Le scénario le plus probable est celui d'une "guerre éclair" très rapide, précédée d'une campagne de bombardements intensifs menés par l'artillerie et aussi probablement l'aviation, qui viserait à atteindre les frontières russes, à provoquer une contre offensive républicaine pour ensuite organiser un "chaudron offensif" à Mariupol, zone urbaine difficile où les positions ukrainiennes sont imbriquées dans des zones résidentielles civiles importantes. 

Il reste à savoir quel détonateur va être présenté par Kiev pour déclencher l'offensive. Plusieurs informations corroborent ici l'hypothèse d'un false flag attribué aux forces républicaines,organisé sur un dépôt de produits chimiques et qui provoquerait de nombreuses victimes civiles.

Pierre tombale sur les accords de Minsk, mais aussi les élections présidentielles ukrainiennes, et surtout internationalisation du conflit...

Car si cette offensive est lancée elle sera pour le régime de Kiev un quitte ou double dangereux qui repose sur le joker occidental car les forces ukrainiennes n'ont absolument pas assez de logistique pour mener seules une réactivation de la guerre dans la durée.


Le 10 décembre, Kiev annonce avoir préparer une force de réserve de 200 000 hommes en cas de guerre totale avec la Russie. 3 divisions de lance roquettes multiples ont été créées et acheminées sur le front (mlrs "Grad" "Hurricane" et "Smerch")

Le 11 décembre, une nouvelle unité d'assaut ukrainienne de 150 marines avec véhicules blindés est arrivée à Mariupol. Par ailleurs des renseignements font état de minages de routes réalisés par Kiev entre Donetsk et Mariupol pour isoler cette dernière et freiner les voies logistiques républicaines en cas de chaudron. 

Le 12 décembre, les forces ukrainiennes ont réalisé un exercice de défense antiaérienne dans le secteur de Mariupol à l'aide des systèmes d'armes S300 ZRS récemment déployés dans le secteur. En dehors de son objectif propagandiste et provocateur, cet exercice confirme à la fois la montée en puissance des forces ukrainiennes sur le front Sud mais aussi l'hypothèse d'organiser à Mariupol un nouveau chaudron défensif meurtrier pour y attirer la Russie et internationaliser le conflit du Donbass.


Le 13 décembre, sur la chaîne ukrainienne "Canal 112", Stepan Poltarak, le Ministre ukrainien de la Défense, justifiant à son tour l'instauration de la loi martiale demandée par Porochenko, a confirmé l'intérêt politicien d'une telle mesure. En effet selon Poltarak la loi martiale décrétée sur 10 régions frontalières avec la Russie et justifiée par les versions propagandistes de l'agression dans le détroit de Kertch et d'une menace d'offensive imminente sur Mariupol par l'armée russe, doit être prolongée non seulement prolongée mais éventuellement étendue à l'ensemble du pays. 
Lorsque Poltarak estime que cette loi martiale "ne vaut pas la peine d'être abrogée", il faut comprendre aussi que "les élections présidentielles ne valent pas la peine d'être organisées" et ainsi protéger surtout ce Président qui l'a nommé Ministre et sur qui pèse une réelle menace de défaite électorale cinglante en mars 2019.

Le 13 décembre, confirmant le sérieux des renseignements militaires concernant le secteur de Mariupol, la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a fait connaitre la probabilité d'une offensive ukrainienne «dans les prochains jours» et une «provocation armée» dans l'Est du pays. Selon Moscou cette offensive éclair depuis Marioupol aurait pour but de conquérir des territoires situés sur la côte russe de la mer d'Azov.


Le 14 décembre, les tirs des forces ukrainiennes s'intensifient depuis le matin, dans le secteur Sud du front mais aussi sur d'autres zones de contact autour de Donetsk, Gorlovka et Yasinovataya par exemple. Les renseignements font état du déploiement sur plus de 50 km d'une première ligne offensive ukrainienne articulée autour de groupes de chars d'assaut dispersés pouvant aller jusqu'à 2 pelotons chacun (128ème Brigade et 79ème Brigade).

A compter du 15 décembre, la totalité des forces armées de la République Populaire de Donetsk sont désormais en état d'alerte maximale.

Tirs ukrainiens sur le front de Trudovsky, 
au Sud Est de Donetsk, le 12 décembre 


De son côté, la Fédération de Russie a également déployé des forces de défense adéquates pour parer à cette probable offensive ukrainienne le long de ses frontières et en Crimée également où par exemple des systèmes d'armes S 400 déployés au Nord de la péninsule de Crimée près de Dzhankoy. Ces armes de défense antiaérienne changent radicalement la portée du bouclier russe de la péninsule des S300 déjà en place et d'une portée de 200 kilomètres. En effet le S400 avec une portée de 400 kilomètres et une couverture radar de 600 kilomètres permet à la Russie de verrouiller depuis son territoire tout l'espace méridional de l'Ukraine en cas d'attaque des forces de Kiev. A bon entendeur salut !

Erwan Castel


Une des hypothèses d'offensive ukrainienne dans le Sud de la DNR

jeudi 13 décembre 2018

28éme rotation sur Promka

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Décembre 2018, alors que le monde continue de vivre sa lente mais sûre ébullition, je suis reparti sur ce front de Promka, entre Yasinovataya et Avdeevka pour une 28ème rotaion du 6 au 13 décembre, qu'il nous faut ne pas aborder sous le regard tentant de la routine, car cette zone de contact, où les belligérants ne sont qu'à 100 mètres les uns des autres, ressemble toujours à un volcan sur le point d'exploser à tout moment.


Jeudi 13 décembre 2018

Ce matin 13 décembre avant l'aube, le groupe de volontaires de Piatnashka qui occupons t "Forteruine" avec nos camarades du MVD rejoignons le point de récupération près de la route Donetsk-Gorlovka où nous croisons le groupe montant sous les premiers tirs ukrainiens de la journée.

Cette nouvelle semaine passée entre Yasinovataya et Avdeevka aura été très irrégulière tant au niveau du climat que de l'activité militaire auxquelles nous avons été soumis :

Si les premiers jours furent dominés par un brouillard épais et givrant qui ne se levait q'une heure environ avant midi avant d'envelopper à nouveau "Forteruine" d'une couverture opaque et silencieuse, les températures du week end, en jouant avec la barre du zéro degré, ont transformé les tranchées en sillons de boue balayés par un vent de Sud Est.

A l'intérieur de "Forteruine" que les gars du MVD veulent transformer en palace, le  ronronnement joyeux du petit "Blin" m'accompagne dans tous mes faits et gestes, égayant mon humeur diurne et réchauffant mes gardes nocturnes.


Du côté des "ukrops", les casemates et tranchées qui nous font face sont restées silencieuses jusqu'à la rotation mardi, des unités les occupant. Dès lors, les heures furent à nouveau scandées par des tirs réguliers et nerveux entrecoupés de séquences de bombardement aux canons de 73mm (SPG 9 "Sapog") et aux lances roquettes antichars RPG 7, auxquelles nous avons répondu gaillardement.


Avec cette nouvelle activité ennemie, la danse des heures s'est accélérée, surtout en fin d'après midi, "entre chien et loup" où les provocations commencent habituellement. Ainsi pour la journée du 12 décembre où une paire de SPG 9 "Sapog" ont pris sous le feu de leurs roquettes de 73mm plusieurs postions amies défendant la route Donatsk-Gorlovka à 600 mètres de notre position.


Entre ces moments plus guerriers, nous déambulons dans les corridors menant aux postes de combat ou les tranchées manant au point de ravitaillement en eau ou en bois. Rt lorsque la fatigue n'est pas au rendez-vous et que la météo est encourageante, je pars avec "Meron", un camarade sniper de la compagnie tenir des affûts face à des positions ennemies ou s’entraîner au tir avec corrections du vent sur un petit polygone organisé cotre le parapet sécurisant de la route Donetsk-Gorlovka.


Puis, c'est le retour vers la base du bataillon, les rangers pleines de boue et les yeux pleins de fatigue, sans oublier"Blin" recroquevillé au fond d'une musette réservée pour ses ronronnements. Là sur ma petite table qui me sert de bureau mon téléphone enfin reconnecté à internet n'en finit pas de grésiller sous l'avalanche des messages de soutien et de ceux très nombreux qui me rapportent les dernières nouvelle du tsunami des gilets jaunes qui depuis un mois s'en est allé titiller le Macron le valet des Rothschild qui se prend pour un roi de France.

Je me pose et surtout me repose en attendant une nouvelle garde, cette fois dans les murs de notre caserne, car l'unité comme tant d'autres sur le front de la République Populaire de Donetsk est en alerte et les effectifs sont mobilisés pour de nouvelles missions au front ou permanences à Donetsk.

Erwan Castel

Tir au lance grenade GP25 qui se fixe sous le canon du fusil d'assaut Kalashnikov

mercredi 5 décembre 2018

La relativité occidentale de la brutalité


La provocation ukrainienne qui a déclenché l'incident de Kertch le 25 novembre dernier entre la marine ukrainienne et les gardes côtes russes, n'a pas visiblement atteint les objectifs victimaires escomptés par Kiev pour stigmatiser la Russie et l’entraîner dans une crise majeure de dimension internationale dont la dramatisation maintenue par les réactions occidentales est une nouvelle preuve de leur russophobie malhonnète et psychotique. 

En effet d'un côté nous avons des gardes côtes russes qui devant la violation de leurs eaux territoriales et le refus d'obtempérer d'unités navales ukrainiennes armées, décident de les bloquer en utilisant au maximum une force contrôlée pour faire le minimum de dégâts parmi les équipages et les bateaux d'artillerie de Kiev. 
Résultat: 3 blessés ukrainiens et une flottille non détruite par les gardes frontières de la Fédération de Russie, alors que la loi russe et le droit maritime international les autorisaient à utiliser la force pour détruire les unités armées ukrainiennes violant leurs frontières .

De l'autre côté nous entendons depuis 10 jours (côté occidental) qu'il s'agit d'un "usage abusif de la force", d'une "brutalité sans limite" et même d' "un acte de guerre" de la Russie contre des navires ukrainiens qui ont juste été arraisonnés réglementairement et dont la vingtaine de marins (que Porochenko appelle "prisonniers de guerre") sont incarcérés en Russie au titre de la partie 3 de l'article 322 du Code pénal de la Fédération de Russie concernant le "franchissement illégal de la frontière de l'État" commis par un groupe de personnes lors d'un complot préliminaire, par un groupe organisé, ou faisant l'objet de violences ou de la menace de les utiliser. 

Voyons maintenant comment les gardes frontières ukrainiens réagissent devant une violation de leurs frontières maritimes :

L'incident remonte à l'année 2000 et concerne une goélette turque civile et désarmée venue réaliser une pêche au limet illégale dans les eaux territoriales ukrainiennes. Les gardes frontières ukrainiens ayant repérés une flottille de 3 goélettes turques civiles et désarmées ont décidé de les éperonner, de les canonner et de les couler... en toute impunité !

Destruction de la goélette turque "Yaram Ahmet" 
en Mer Noire par les gardes frontières ukrainiens
Une illustration s'il en était encore besoin de la malhonnêteté intellectuelle occidentale animée par une russophobie psychotique, et de la vraie brutalité des forces ukrainiennes, surtout quand leurs cibles sont des civils désarmés.

Et aujourd'hui ces cuistres viennent de concert avec leurs parrains occidentaux nous expliquer et geignant que les gardes frontières russes ont eu des "réactions disproportionnées et brutales inadmissibles" ?

A défaut d'avoir eu ses marins nager dans les eaux de la Mer Noire autour des derniers débris flottants de leurs bateaux, le pouvoir de Kiev nage dans le délire d'une inversion accusatoire pour le coup tellement disproportionnée qu'elle en devient ridicule, tout comme cette loi martiale consécutive qui n'avait même pas été décrétée au plus fort des combats de 2014 lorsque les unités d'assaut ukrainiennes se faisaient étriller dans les chaudrons frontaliers, d'Illiovaisk ou de Débalsevo par exemple.

Mais le résultat est là servi par une propagande de guerre occidentale qui fait passer le docteur Goebbels pour un amateur modéré. 

Quand est ce que les occidentaux vont-ils ouvrir les yeux sur la manipulation mentale dont ils font l'objet ? Quand la première bombe nucléaire tactique pétera quelque part entre Russie et Occident ? 

Certainement, mais alors il sera trop tard pour sauver la Paix dont la colombe à déjà du plomb dans l'aile !

Erwan Castel

Opération Mariupol / 2


Les tensions continuent à s'intensifier dans le secteur de Mariupol sur le front Sud de la République Populaire de Donetsk qui borde une mer d'Azov en ébullition depuis l'incident de Kertch, provoqué par Kiev le 25 novembre dernier. 

Dans un précédent rapport nous évoquions plusieurs observations accréditant la préparation d'un coup de force ukrainien dans ce secteur particulièrement tendu du front du Donbass (mise en alerte des brigades ukrainiennes du secteur, arrivée de renforts, de médias, discours de Porochenko etc...) Depuis chaque jour des nouvelles informations nous parviennent confirment la potentialité de la menace :
  • Arrivée le 4 décembre en gare de Mariupol d'un convoi militaire acheminant de nouveaux renforts blindés ukrainiens dont 7 chars de combat de type T64 sans aucun marquage d'appartenance (photo ci dessus). Ces blindés non marquées pourraient être employées pour des opérations sous faux drapeau cherchant à incriminer les forces républicaines.
  • Aujourd'hui 5 décembre, Maria Zakharova, représentante du Ministère russe des Affaires Etrangères a alerté également l'opinion sur la situation militaire dans le secteur de Mariupol. Selon les renseignements dont elle dispose c'est une division blindée ukrainienne qui a été déployée à Mariupol. 
  • Les missions de surveillance des ressources aériennes de l'OTAN (avion de reconnaissance de la marine et drone stratégique Global Hawk) présents dans le ciel de la Mer Noire depuis la préparation de la provocation ukrainienne de Kertch se relaient désormais H24 au dessus de la mer d'Azov et de la ligne de front du Donbass.
Vol de reconnaissance  d'un drone stratégique US type Global Hawk observant à distance le 3 décembre les défenses républicaines et les territoires russes frontaliers


Par ailleurs dans le secteur Nord de la République Populaire de Donetsk la menace d'un autre coup de force ukrainien articulé autour d'une attaque dirigée contre l'usine de produit chimique Stirol de Gorlovka est également alimentée par des nouvelles observations :
  • Arrivée dans le secteur de l'Arc Svitlodarsk (Nord Est de Gorlovka) d'une unité de 28 personnels militaires de l'OTAN et armés, Par ailleurs les services de renseignement russes ont repéré l'orientation vers l'Ukraine de la 77ème brigade spéciale britannique qui est une unité spécialisée dans les cyber attaques.
Les forces occidentales déployées en Ukraine sont de plus en plus visibles, comme ici cette jeep Cherokee et ce hummer portant des marquages OTAN


  • Porochenko a annoncé le déploiement de l'armée ukrainienne sur les frontières russes. Bluff propagandiste, menace directe ou déploiement préventif dans l'éventualité de contre attaques russes.
  • Dans son point presse du Ministère des Affairres Etrangères, Maria Zakharova a souligné que «la loi martiale (décrétée par Kiev) est non seulement contraire à l'esprit et à la lettre de Minsk, mais qu'elle encourage également le déclenchement des hostilités. Le groupe militaire ukrainien est capable de déclencher des hostilités à grande échelle sur toute la ligne de contact ».

Mariupol semble donc être devenue la pièce maîtresse du jeu ukrainien sur l'échiquier du Donbass. car en dehors de son importance économique et démographique, ce port industriel de près de 500 000 habitants alimentée par un réseau maritime, aérien, routier et ferroviaire est surtout devenue depuis 4 ans une base militaire ukrainienne très importante et fortifiée située à seulement une quarantaine de kilomètres des frontières russes (et moins de 20 km des lignes de défense républicaines). 

De plus située au bord de la Mer d'Azov qui aujourd'hui fait l'objet d'une confrontation ouverte entre Kiev et Moscou, Mariupol peut rapidement devenir à la fois l'enjeu et la menace d'une réactivation de la guerre sur le front Sud de la République Populaire de Donetsk qui a cet endroit ne dispose d'aucune profondeur stratégique pour faire face à une attaque blindée brutale.

On peut donc envisager, après l'opération de communication réussie lors de l'incident de Kertch (même si l'effet dramatique n'a pas été atteint grâce à la réaction mesurée des gardes frontières russes), que Porochenko pousse le bouchon encore plus loin sur le front Sud du Donbass en tentant d’entraîner la Russie à y intervenir tout en essayant de lui faire porter la responsabilité de l'aggravation militaire. 

Seule contre la Russie l'Ukraine se fera balayer en quelques jours si elle provoque Moscou avec une offensive meurtrière dans le Donbass. Mais elle peut espérer, dans l'hypothèse d'une contre offensive résister dans le bastion de Mariupol, suffisamment longtemps pour déclencher une intervention occidentale. En effet, et vu l'imbrication des forces ukrainiennes avec la population civile de Mariupol, un siège offensif de le ville serait catastrophique pour cette dernière et alimenterait la propagande de guerre occidentale (il suffit de se souvenir du siège de Grosny par exemple dans un secteur géostratégique et contexte relationnel beaucoup moins moins sensible). Une bataille meurtrière avec des dommages collatéraux provoquerait à n'en pas douter une intervention occidentale qui pourrait conduire soit à une intervention des forces de l'OTAN ou de casques bleus et probablement sur l'ensemble du front. Et l'engagement progressif exponentiel d'unités occidentales semblent confirmer cette perspective.

2 hypothèses et 2 options sont possibles :


1 / Hypothèse d'une attaque limitée de Kiev dans le front Sud :
  • Les forces ukrainiennes tentent une percée de la ligne de front au Nord Est de Mariupol sur une axe Volnovakha-fronière russe (option 1) ou vers Novoazovsk (option 2) mais sans pousser trop loin pour déclencher directement la réaction russe. 
  • Puis, lors de la contre attaque inévitable les ukrops se replient vers Mariupol (comme en 2014) poursuivis par les forces républicaines qui en font le siège. 
  • Kiev jouera ensuite le rôle de l'agressé (par les russes évidemment) et misera sur une réaction en chaîne occidentale, qui faussement alarmée par les pertes civiles, imposera une force d'interposition.
Dans cette hypothèse, les occidentaux misent sur la retenue habituelle de Moscou qu'ils testent depuis 2 ans en Syrie et qui ne risquera pas d'intervenir dans le Donbass dans un scénario offensif des Républiques.

2 / Hypothèse d'une attaque d'envergure et jusqu'aux frontières russes :
  • Les forces ukrainiennes tentent toujours une percée de la ligne de front au Nord Est de Mariupol sur une axe Volnovakha-frontière russe (Axe Sud) mais cette fois jusqu'à le frontière russe et accompagnée de pressions offensives sur l'ensemble du front pour fixer les forces de réserve républicaines et obliger les russes à intervenir pour éviter que la République de Donetsk soit coupé de son front Sud.
  • Lors de l'intervention des russes, Mariupol qui est la base d'assaut et logistique ukrainienne sera très probablement dans les objectifs prioritaires des forces russes, et dès les premiers jours de leur contre offensive Kiev provoquera facilement des pertes civiles qui entraînera une intervention plus rapide encore des occidentaux mais aussi plus risquée pour la sécurité de l'Europe entière. 

Conclusion :

Pour le moment le tronc commun préparatoire aux 2 hypothèses semble se confirmer de jour en jour, encouragé par un contexte international (crise de Kertch), la loi martiale décrétée en Ukraine et qui en était un des objectifs, la nouvelle crise russophobe des médias occidentaux hystériques, l'échéance d'un scrutin présidentiel perdant pour Porochenko (surtout depuis l'instauration de la loi martiale) et la passivité des USA qui semble trahir par là leur participation à cette stratégie du pire.

A suivre...
Erwan Castel

1 an déjà !

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"Rex" (à gauche) et "Zaets" pour l'hommage renouvelé d'un souvenir éternel

Il est des souvenirs dans la mémoire qui ne cicatrisent jamais et ceux des camarades tombés au combat font partie de ceux qui des traces profondes qui balisent pour le sentier de la guerre et de la camaraderie.

Le 5 décembre 2017, "Pauk", un jeune homme de 26 ans tombait à nos côtés sur le front de Promka, fauché par un sniper ukrainien quelques heures seulement après la disparition de "Sever" un autre camarade, dont on allait retrouver le corps quelques jours plus tard. 

Un an plus tard, avec les vétérans de l'époque nous sommes allés nous recueillir sur la tombe de notre camarade, accompagnant sa famille dont son père sous l'uniforme et qui a repris l'exact poste de son fils disparu au sein de la brigade Pitanashka.


Mercredi 5 décembre 2018

Ce matin, à peine achevé une mise à jour de l'article consacré aux tués du mois de novembre pour lequel de nouveaux visages apparaissent chaque jour à la surface des réseaux sociaux, nous sommes partis avec "Rex" vers un des cimetières de Makeevka, où reposent côte à côte ses deux fils fauchés par cette putain de guerre, que les gouvernements occidentaux refusent de regarder en face tant ses morts sont le miroir de leur criminelle complicité.

Nous avons étions une douzaine à accompagner silencieusement Rex et sa famille au milieu du labyrinthe gelé d'un cimetière parsemé de tombes fraîches aux portraits de jeunes portant l'uniforme de la République Populaire de Donetsk. Pendant cette lente progression dans la forêt des croix russes les souvenirs surgissaient sous nos pas, ceux des rires et des chants qui remplissaient la chambrée, ceux des longues gardes aux créneaux de Forteruine où chacun veillait sur l'autre, ceux des suées partagées sous la pioche et la pelle dans l'ombre des tranchées et enfin ceux du dernier jour lorsque nos mains crispées portaient le corps sans vie d'un ami vers son dernier voyage. 


Au terme de cette traversée du champ de la douleur, nous retrouvons notre camarade pour le saluer dans nos mémoires et déposer sur son lit de terre gelée un linceul de fleurs couleur sang avant de lever un verre à son souvenir et cette parcelle de courage et d'honneur qu'il nous a laissé en héritage.

Au milieu de nos rangs apparaissaient aussi les fantômes d'autres camarades tombés également au cours de ces années de tourmente qui ont labouré aussi la terre des cimetières du Donbass, de Russie et d'ailleurs, autres sacrifices semant dans nos cœurs autant de promesses de victoire et de paix.

La dignité de la famille n'avait d'égale que son immense pudeur mais la buée salée des regards déposés sur les tombes des deux fils couchés côte à côte trahissait l'immense douleur d'une famille martyrisée par l'Histoire . 

A cet instant c'est tout le Donbass réel qui était là à travers ces silhouettes immobiles et silencieuses dans le vent glacé, debout et serrées les unes contre les autres, sous un ciel chargé de souvenirs et d'espérances. Au loin les détonations sourdes s'échappaient d'un polygone de tirs où d'autres soldats s’entraînent pour poursuivre le combat et défendre la Liberté de leur terre.

A cours de ces cérémonies simples et fraternelles, la communauté retrouve toute la dimension sacrée qu'elle perpétue par des gestes symboliques certainement hérités d'une longue tradition traversant intacte les diverses expressions religieuses et culturelles successives. Ainsi de ce verre de vodka et de ce pain partagés par les vivants mais aussi offerts en offrande aux défunts (avec une cigarette allumée), où de ces trois cuillerées de riz mangées au début du repas qui suit l'hommage donné au cimetière. La vodka le pain et la cigarette ont probablement remplacé au fil des siècles une boisson sacrée, une galette gravée de symboles sacrées et de l'encens incandescent, mais les gestes sont restés et plus important la lumière qui inonde les cœurs des participants.


De retour à la caserne, je m'attelle au contrôle et à la préparation de mon barda, car demain je repars avec d'autres camarades snipers pour une nouvelle mission sur un front aux horizons chargés de nouveaux nuages d'acier menaçants.

Pour le soldat qui se respecte, la guerre n'autorise pas de poser ni le sac, ni le cœur, ni même la fatigue au pied d'une source calme et ensoleillée, mais au contraire, demande à ceux qui se sont engagés sur ses chemins de continuer jusqu'à la victoire car elle seule est en mesure d'honorer à leur juste valeur le souvenir des camarades disparus au combat.

Erwan Castel

Le 9 mai 2017, dans les rangs du "Régiment des immortels", "Rex" portait le souvenir de son fils parti 6 mois plus tôt borner avec les héros du passé et du présent l'immense chemin de l'honneur d'un peuple russe défendant depuis des siècles sa Liberté sacrée

"Celui qui est capable de mourir ne deviendra jamais un esclave. 
Et nous ne parlons pas d’esclavage ethnique ou politique, mais surtout d’esclavage spirituel. 

Si vous êtes prêt à mourir, vous ne pouvez pas devenir esclave de la peur, de la faiblesse, de la timidité. 

En vous réconciliant avec la pensée de la mort, 
vous obtiendrez la plus grande liberté que vous ne puissiez imaginer sur la terre." 

Mircéa Eliade

mardi 4 décembre 2018

L'excitation d'un serpent affamé


Les discours mièvres et hypocrites des occidentaux ont cessé depuis la crise ukrainienne où leurs proies principales, la Crimée militaire et le Donbass industriel ont su s'échapper des griffes du coup d'Etat organisé par leurs services sur la Maïdan. Désormais le masque est tombé !

Depuis l'énervement du bloc occidental face à une Russie post soviétique qui résiste de plus en plus à son hégémonie esclavagiste, ne cesse de grandir et les gesticulations de l'OTAN en Europe sont le symptôme le plus visible de la préparation occidentale à cette guerre ouverte contre la Russie qui parait aujourd'hui quasi inévitable et que je pense pour ma part déjà commencée à travers les conflits asymétriques syrien et ukrainien.

L'OTAN, ce bras armé occidental sous commandement étasunien qui n'avait plus aucune raison d'être après la disparition de l'URSS et la dissolution du Pacte de Varsovie, non seulement a survécu à la fin e la "guerre froide" mais s'est même renforcé et lancé dans une conquête territoriale dans la zone d'influence russe et jusqu'à ses frontières occidentales (mais aussi orientales).

L' "élargissement" de l'OTAN auquel il convient de rajouter le Monténegro, dans les Balkans, intégré à l'organisation militaire en juin 2017 mais aussi les pays factuellement alliés bien que non intégrés tel que la Géorgie, la Finlande ou l'Ukraine par exemple 
Et cette expansionnisme militaire occidental illustre bien la "stratégie du containment" de la Russie que la propagande de guerre du mondialisme continue de présenter comme exclusivement défensif et sous le doux euphémisme d "élargissement de l'alliance". 

Or, si on observe une carte de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord sous une projection polaire (moins occidentalocentrée) elle se passe de tout commentaire concernant la stratégie territoriale de l'Alliance vis à vis de la Russie, ce "heartland" que les thalassocraties britanniques et américaines ont toujours cherché à étrangler pour lui interdire des accès maritimes concurrentiels.

Projection polaire de l'OTAN avec au centre de la carte la Russie autour de laquelle il faudrait rajouter les centaines de bases militaires occidentales (principalement étasuniennes) positionnées dans le "himland", cette ceinture de pays situés sur la façade orientale de la Fédération (Afhganistan, Ouzbekhistan, Pakistan, Irak ,etc...) et où se situent ses portes économiques et routes énergétiques vers les mers chaudes.

Une mise sur pied de guerre permanente de l'OTAN 

Depuis ces dernières années les exercices militaires de l'OTAN se succèdent aux frontières de la Fédération de Russie dans un rythme devenu infernal par une fréquence et une importance exponentielles et sans limite.

Ainsi pour la seule année 2018, l'OTAN aura réalisé pas moins de 106 exercices conjoints dans plusieurs zones opérationnelles du théâtre d'opérations européen, auxquels il convient de rajouter quelques 180 exercices nationaux organisés par les pays membres de l'alliance.

Et désormais, depuis le sommet de l'OTAN de 2016 (Varsovie) où Moscou a été ouvertement déclaré ennemi principal de l'OTAN (donc de la ploutocratie mondialiste dont elle sert les intérêts), les scénarios des exercices désignent comme au temps de la guerre froide cherche à détruire des forces dont les caractéristiques jusque dans les moindres détails techniques et tactiques correspondent à l'armée russe.

Sauf que dans le contexte de la crise ukrainienne qui secoue l'Europe et celui de sa guerre dans le Donbass qui a déjà fait environ 20 000 morts et menace de s'étendre, il conviendrait de qualifier ce contexte géopolitique de "paix chaude" plutôt que de nouvelle "guerre froide". 


Dans les anneaux de l'Anakonda



Les exercices périodiques de l'OTAN sur les frontières occidentales russes sont pléthore: "Trident" Juncture", "Black Sea","Saber Strike", "United Trident", "Sky Clear", "Rapid Trident", "Noble Partner", "Sea Shield" etc auquel il faut rajouter les installations militaires de l'alliance dans les pays proches de la Russie appelées: centres de commandement, aérodromes militaires, station de communications et radars, quais militaires quand ce ne sont pas carrément des bases terrestres aériennes et navales.

En fait la fréquence de ces exercices de l'Alliance ainsi que leur volume permet surtout aux occidentaux de maintenir en quasi continu sur les frontières de la Russie des milliers de combattants et d'équipements opérationnels en ordre de bataille.

Et la plus symbolique des ces cyniques "projection de stabilité" de l'OTAN est sans conteste l' "Anakonda" (orthographe polonaise) exercices interalliés qui mobilisent chaque année des dizaines de milliers de soldats sur les frontières russes, principalement en Pologne et dans les pays baltes et dont le cru 2018 est actuellement en cours entre le 26 novembre et le 6 décembre.


Un iceberg nommé "Anakonda 18"

Ce nouvel exercice de l'OTAN, aux objectifs et dimensions déclarées plutôt classiques et mêmes modestes cache en réalité comme la partie immergé d'un iceberg la répétition d'une guerre d'envergure préparée contre la Russie sur le théâtre d'opérations de la Baltique.




1 / Concernant les effectifs 

Sur son site web l'OTAN déclare pour cet exercice "environ 12 500 soldats en Pologne" auxquels il faut rajouter environ 5 000 soldats déployés en Estonie, en Lettonie et en Lituanie."
Le problème est que cet effectif ce 12 500 pour la Pologne est insuffisant et même ridicule par rapport à celui qui doit normalement accompagné les quelques 5 000 unités véhicules militaires, 45 navires et 150 avions et hélicoptères déclarés participant à "Anakonda 18".

Alors pourquoi minimiser ici l'effectif réel engagé pour cet exercice dont les estimations des analystes approchent plutôt les 100 000 hommes ? L'explication la plus logique est que cette sous-estimation grossière est destinée à contourner l'invitation obligatoire d'observateurs des pays voisins dès lors que l'effectif de déployé par l'OTAN dans un pays dépasse 13 000 hommes. 


2 / Concernant la durée 

La durée déclarée de l'exercice "Anakonda 18" est également modeste : 12 jours du 26 novembre au 6 décembre. 

Mais en réalité cet exercice n'est que la dernière partie nommée "Anakonka" d'un ensemble de manœuvres liées et qui ont commencé dès octobre avec une simulation de coordination interalliée entre les commandements opérationnels de l'armée polonaise, de l'OTAN et de l'Etat Major interallié du front Nord Est et se sont poursuivies en novembre par des exercices "Livex" en Pologne, Estonie, Lettonie, Lituanie, ainsi qu'en mer Baltique, plus des nationaux, tous complémentaires et convergents vers la phase finale qui est jouée lors de cet "Anakonda 18"


3 / Concernant l'objectif

L'objectif officiel de ces exercices "Anakonda 18" commandée par le major-général Tomash Piotrovsky, chef du commandement opérationnel des forces armées polonaises, est de "vérifier la compatibilité des forces armées polonaises avec les troupes de 10 alliés de l'OTAN: Tchéquie, Estonie, Allemagne, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Roumanie, Slovaquie, Turquie et États-Unis".

Là aussi, même si l'intention déclarée fait effectivement partie des objectifs logiques de tous les exercices interalliés de l'OTAN, le déploiement des participants sur le terrain montre clairement qu'au centre des exercices des portes flingues de l'impérialisme étasunien se trouve l'exclave russe de Kaliningrad dont la capture (ainsi que la résistance à dres contre-attaques venant de Russie et de Biélorusssie) est clairement l'objectif final de ce scénario imaginé par les apprentis sorciers galonnés étasuniens et européens.

Au cours de cet ensemble d'exercices seront testés entre autres : 
  • le franchissement de coupures humides (fleuves, estuaires ou lacs), 
  • l'utilisation de segments d'autoroute par l'aviation de combat, 
  • la capture d'un navire dans une zone portuaire, 
  • l'utilisation de gaz de combat y compris dans le cadre d'attaques maritimes, 
  • l'évacuation de populations civiles, 
  • les procédures d'emploi d'armes chimiques radiologiques et même nucléaires, 
  • la mise ne oeuvre de chaîne médicale tactique, 
  • la coordination de bombardements polonais et étasuniens, etc.
Les quelques informations qui ont filtrées concernant ces exercices liés de l'OTAN montre bien qu'ils se déroulent dans les 5 domaines de la guerre moderne à savoir Terre, Air, Mer mais aussi Espace et Cyberespace.


4 / Diminuer la dépendance technologique 

Ce qui est intéressant c'est que cet exercice va également essayer maintenir un niveau opérationnel pour des groupes de combat de l'OTAN autonomes, isolés et démunis de leurs moyens électroniques. Ce nouveau scénario de combat de l'OTAN et qui prend en compte les surprises désagréables des rencontres rapprochées avec des unités russes sont aussi un aveu d'impuissance des unités occidentales devant les capacités de guerre électronique russes 


5  / Dans un environnement civil

L'implication de  la population civile civile dans le scénario de cet exercice est importante, et pas uniquement dans la définition d'un environnement passif des combats en zone urbaine imaginés mais également dans la coordination avec les autorités les administrations et forces de sécurité locales. Ces exercices visent a gérer les populations civiles dans le contexte d'une guerre moderne urbaine (évacuation, gestion des déplacement, logistique etc) mais également à les intégrer dans les dispositifs militaires et les actions menées. C'est dans cette hypothèse qu'a été organisée dans le déroulement de cet exercice la participation de quelques 450 milices armées non gouvernementales assistant les forces régulières de l'OTAN.




Kaliningrad est au Nord de la façade orientale de l'OTAN ce que la péninsule de Crimée est à son Sud: un bastion russe puissamment défendu et qui empêche aux occidentaux de stabiliser dans la profondeur un front contre les frontières de la Russie et qui est la condition sine qua non à une offensive militaire contre elle.

Neutraliser Kaliningrad (tout comme neutraliser la Crimée) sera une priorité et un prélude au déclenchement de la guerre contre la Russie car ses capacités militaires sont capables d'entraver l'agression occidentale suffisamment pour permettre à Moscou de mettre en oeuvre des contre offensives victorieuses. Voilà pourquoi tous les exercices de l'OTAN qui se déroulent dans ce pivot Nord de l'Intermarum (zone stratégique reliant la mer Baltique à la Mer Noire) sont basés sur la vitesse la brutalité et... l'option nucléaire tactique.


Erwan Castel