vendredi 15 février 2019

Dans les naufrages du Monde

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Plus j'avance dans l'expérience de cette guerre du Donbass, plus je suis convaincu qu'elle exprime une authentique rébellion populaire qui s'inscrit en dehors des sentiers battus par la politique et qui correspond au réveil des peuples asservis par les pouvoirs étatiques en général et celui du libéralisme en particulier qui est l'expression paroxysmique de l'asservissement des populations au profit d'une élite qui un jour les considère comme de la chair à supermarché et le lendemain de la chair à canon, mais toujours pour engraisser ses banquiers.

Parfois les paysages de Promka m'évoquent ce naufrage de la civilisation occidentale aliénée à ce fétichisme de la marchandise pour lequel elle est disposé à commettre tous les crimes possibles y compris son propre suicide !


Vendredi 15 février 2019

Ce vendredi soir, un calme très relatif et dont on perçoit la précarité au travers d'éparses et nerveuses rafales d'armes automatiques, est revenu sur le front de Promka au Nord de Donetsk.

Hissé sur les déchirures du dernier étage éventré de "Forteruine", comme gabier dans les huniers de l'Histoire, je me laisse hypnotiser une nouvelle fois avec une admiration jamais lassée et même chargée d'émotions sans cesse renouvelées, par le naufrage de notre étoile à l'horizon du Couchant.

Et la silhouette squelettique d'un bâtiment industriel dentelé par les "orages d'acier" qui se découpe dans l’incandescence solaire tel un bateau ivre dans un océan de ruines, m'évoque dans le silence du soir cet autre naufrage de notre monde post-moderne échoué sur le récif de sa démesure, et les nacres pourpres et dorées du crépuscule de faire appareiller mes pensées pirates.

Ce monde post-moderne, semble ici dans le chaos lumineux de la guerre, dévoiler pleinement la phase terminale de ce libéralisme économique amoral et dément qui a donné tous les pouvoirs à une bourgeoisie criminelle hors sol, ignare, et obsédée par un profit illimité vidé de toute forme d'éthique et d'esthétique (si ce n'est celles du chaos organisée par elle).

Et dans ce naufrage de son apogée, la folie des échanges autarciques et autistes de l'argent a aliéné autant le rêve que le génie humain mais aussi asservit la mère Nature au totalitarisme sécularisé d'une pensée unique anthropocentriste.

Désormais c'est le pouvoir amoral d'une économie politique urbaine sans foi ni loi qui soumet tout le vivant à sa nouvelle religion du progrès. Et la pensée unique qui en est le garde chiourme s'attache à détruire tous les socles communautaires et corps sociaux intermédiaires pour mieux imposer la dictature de la marchandise universaliste et liquide.

Et dans ce chaos, organisé à seule fin d'asservir au dieu Mammon un Homme individualisé et crétinisé par la propagande du spectaculaire marchand, la nouvelle guerre sainte que mène la ploutocratie occidentale contre les peuples est devenue l'eucharistie sanglante de sa messe mondiale.

Aujourd'hui, les hommes hypnotisés par l'imposture du mirage de la marchandise ont du mal à retrouver ce "sens commun" naturel qui fondait, avant que ne soit séparées, par la parole des sédentaires, la pensée de l'action. La réalité communautarienne est devenue le paradis perdu des identités humaines qui vivaient avant les dominations libérées de l'argent dans une Nature avec laquelle ils n'étaient les esclaves que de leurs libertés.

Mais la révolution de l'agriculture a libéré cette tentation de la démesure que l'Homme, enivré par sa conscience, a mis au service du plus vil des sentiments: la cupidité qui en s'alliant à cette "volonté de puissance" nous conduit jusque dans les ruines microcosmiques de ce Promka brûlant dans la fin d'un cycle solaire....

Le soleil a maintenant disparu à l'horizon laissant comme un écho nacré des écharpes mordorées dans un ciel froid et vide.

Plus j'avance dans cette vie et ce chaos ambiant et plus je fais confiance à ma sensibilité anarchiste, restée fidèle au milieu de mes désillusions politiques où j'observe que les idéologies modernes religieuses politiques etc. ne servent finalement, sous des verbiages humanistes, qu'à mieux servir les intérêts égocentriques des princes et des clercs en asservissant les consciences communes et les corps individuels de peuples usés et abusés.

Car ce mondialisme fanatique et protéiforme (politique, économique, culturel, sociétal, ethnique...) qui est la phase terminale d'une schizophrénie bourgeoise suicidaire a su inventer l'imposture la plus subtile qui consiste à nous faire croire qu'existent réellement en face de sa "théologie politique" des oppositions, comme par exemple celle d'une gauche déclarée ou d'un antimondialisme revendiqué qui se dressent contre sa dictature débridée la marchandise. "Comediante ! Tragediante !"... tout ceci n'est que le jeu théâtral d'une société du spectacle qui afin de diviser pour mieux régner, utilise comme des arcs boutant idéologiques des oppositions arificielles et contrôlées que pour mieux élever le temple de la marchandisation du Monde.

Et pour revenir à ce Donbass, par lequel j'ai choisi de m'immerger dans le chaos global, il est, selon moi, à la fois symptomatique du naufrage des illusions modernes et de la renaissance des espérances humaines.

En effet, la révolution qui s'est produite ici en 2014 est bien aux antipodes du simulacre du Maïdan car elle est à la fois, populaire, spontanée et apolitique (au sens idéologique et non pré-socratique du terme) et représente la résurgence naturelle d'un "sens commun" non moins naturel porté par une conscience communautaire (et non communautariste) préservée par une Histoire, une Tradition et une Liberté souveraine.

La preuve que cette rébellion (au sens jüngerien du terme) du Donbass est bien une "révolution conservatrice" authentique est que ses initiateurs et animateurs sont des volontaires issus de milieux politiques très divers et souvent opposés (bolchéviques, nationalistes, socialistes, monarchistes, anarchistes, "poutinistes", etc.), et qui ont engagé ici, de Donetsk à Lugansk et par delà l'horizon artificiel des idéologies surfaites l'authentique combat de la "dignité" des peuples contre l'inhumanité d'un monde marchandisé.

Et plus loin encore qu'une réaction anti-Maidan contre l'hégémonie occidentale et sa russophobie atlantiste, le Donbass exprime en 2014, dans sa dynamique populaire une authentique rébellion libertaire contre le principe de absolutisme du politique dans la libération du Politis et cette émancipation populaire va même faire frémir le Kremlin qui pourtant partage avec elle la même résistance antimondialiste.
Moscou en effet, depuis les accords de Minsk de septembre 2014 à la désignation de Pushilin (qui en été avant le représentant local) comme nouveau président de la RPD, n'a eu de cesse que de brider la création dans le Donbass d'une vraie République, populaire, libre et souveraine. Et dans un numéro d'équilibriste dont seul il a le culot, Poutine va s'empresser, tout en protégeant les populations pro-russes de Donetsk et Lugansk, de leur rogner les ailes en posant un collier sur ce séparatisme démocratique régional légitime mais qui risquait aussi de démythifier le nouveau jeu des princes sur le grand échiquier de leur hypocrisie partagée auquel il participe bon gré mal gré.

Avant que la convergence idéologique des pouvoirs ne naufragent dans l'imposture esclavagiste de la marchandise et la droite (via le libéralisme économique), et la gauche (via le libéralisme sociétal), les théoriciens pré-dreyfusard du socialisme originel prônaient l'autonomie apolitique de la classe ouvrière, et à travers elle de l'humanité. 
Rousseau, Egel, Marx, Leroux, Proudhon et bien d'autres jusqu'à Orwell, Pasolini, Michea ou de Benoist par exemple (et que les larbins de la pensée unique cherchent psychotiquement à étiqueter) nous rappellent la souveraineté légitime de cette "décence commune" consubstantielle aux communautés naturelles

Ce "sens commun" dont la Commune de Paris sera l'un des réveils les plus marquants depuis les révoltes paysannes, en s'articulant autour de la liberté de "donner, recevoir et rendre" (Mauss), est la seule morale authentique sincèrement populaire. Édifiée par les traditions d'avant l'apparition des pouvoirs sédentaires artificiels et mensongers cette morale communautarienne qui est un art de vivre naturel est le seul cadre où peuvent être protégées les libertés humaines contre les idéologies de pouvoir qui cherchent à contrôler les consciences et soumettre les corps via des totalitarismes politiques, militaires, économiques ou simplement médiatiques.

Voilà ce que représente pour moi le soleil de cette rébellion du Donbass : un combat pour la vraie Liberté qui, à l'image de ce couchant flamboyant va peut-être disparaître aussi des horizons humains éphémères de l'Histoire mais qui inéluctablement réapparaîtra invaincu sur les matins de leurs espérances, éternellement vivantes dans les coeurs restés libres.

Erwan Castel


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jeudi 14 février 2019

Promka sous la mitraille

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Explosion d'un obus de 73mm ukrainien en tir fusant (en altitude pour optimiser la surface de dispersion des éclats ou des schrapnels) au dessus d'une position républicaine défendant la route Donetsk-Gorlovka
Cette journée du 14 février a vu une nouvelle fois le front de Promka se réveiller, sous des tirs nourris en provenance des positions ukrainiennes situées à l'Est de notre position. A priori une rotation venait d'amener sur zone une nouvelle unité ukrainienne "fraîche et dispo" qui s'est empressée de tester un nouveau plan de feux et griller sans modération des stocks de munitions... 


Jeudi 14 février 2019

Ce jeudi matin, sous un radieux soleil précurseur du printemps prochain, un violent échange de tir a dominé le secteur de Promka pendant 1 heure environ.

Au bal des armes d'infanterie se sont invités les mitrailleuses lourdes "Utios" de 12,7mm, les "Sapog" de 73mm, ainsi que des lance roquettes antichars et des mortiers. Depuis nos positions nous avons engagé des ripostes pour au mieux neutraliser les tirs ou au pire "aveugler" leurs fenêtres de tir. 

 "Sidor", un tireur RPG 7 (lance roquette) de grande qualité
 et qui excelle aussi avec le PKM (mitrailleuse légère de 7.62mm)

Plusieurs positions ukrainiennes ont été neutralisées par des tirs républicains de contre batteries ainsi que par un sniper de la compagnie de Piatnashka défendant le secteur. Ainsi vers 08h30, après un appel radio émanant de l'unité voisine signalant l'arrivée d'une mitrailleuse lourde ennemie en première ligne, les positions républicaines situées à l'Ouest de "Forteruine" se sont retrouvées effectivement sous le feu nourri et rapproché de d'une mitrailleuse lourde "Utios" de 12,7mm installée au deuxième étage d'un bâtiment fortifié. 
A partir d'une position légèrement décalée et reculée, un sniper de l'unité a pu enfin neutraliser cette position, tireur et mitrailleuse.

Sous les lambeaux rouge et noir d'un drapeau néo-nazi de "Prayvi Sector" ukrainien, une mitrailleuse lourde ukrainienne a vécu ses dernières rafales jusqu'au tir doublé d'un sniper de Piatnashka qui très chanceux ce jour là, a vu ses doublette de balles blindées faire mouche, l'une dans le tireur et l'autre dans la mitrailleuse (distance de tir 325 mètres)
Après une brève accalmie, le silence a été  progressivement dérangé à nouveau par le retour des armes légères et des lances grenades et lorsque le soleil est arrivé au zénith, les mortiers ukrainiens sont revenus dans la danse, à coups de tirs percutants ou fusants sur nos positions...

Il faut noter ici, caractéristique technique des guerres civiles, que de chaque côté de la ligne de front, républicains et ukrainiens utilisent les mêmes armes, d'origine et fabrication soviétique et toujours en dotation dans l'Ukraine indépendante (l'arrivée des armes occidentales côté ukrainien se fait au goutte à goutte car freinée par l'adaptation logistique et la formation nécessaire pour leur emploi technique mais aussi tactique)

Tir de "sapog" ukrainien (canon sans recul de 73mm) 
au dessus d'une position républicaine 

Une belle journée ensoleillée... et plutôt chaude !

Erwan Castel

"Peu me chaut les pétarades humaines" semblent dire dans son sommeil le jeune Blin qui tente , même ici sur le front en colère, de battre chaque jour le record de profondeur du sommeil félin 
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mardi 12 février 2019

Un 12 février à Promka

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Lorsque nous arrivons sur Promka, notre secteur porte les défigurations des récents bombardements ukrainiens réalisés avec des mortiers de 120mm, et dans l'air résonne encore les détonations et déflagrations qui prolongent comme des répliques sismiques l'énervement vécu sur le front de Yasinovataya au cours des dernières 48h00.



Mardi 12 février 2019

Aujourd'hui, dans le labyrinthe des tranchées de Promka, au fil de notre progression vers les positions tenues par le bataillon sur le front de Yasinovataya (Nord de Donetsk) la neige devient de moins en moins immaculée. Piqueté de noir le manteau de l'hiver tourne rapidement au noir autour de nos positions défensives cernées par de nouveaux et nombreux cratères brûlés.



Quelques unes de nos tranchées et casemates portent les griffures des mortiers de 120mm ukrainiens, mais aussi des roquettes antichars et de canons de 73mm (SPG9 "Sapog") qui pilonnent régulièrement le secteur depuis quelques jours. Heureusement nous n'avons pas de pertes à déplorer du côté républicain.


Une roquette RPG7 avec comme tête un obus de 82mm adapté, ici non explosée
Peu de temps après avoir relever nos camarades, les ukrops nous saluent avec des tirs de grenades à fusil, armes légères et lance grenades automatiques (AGS) tandis que plus au Sud retentissent des rafales saccadées d'un véhicule blindé type BMP arrosant une position amie voisine tenue par un autre bataillon de Donetsk.

Et entre les détonations se fait entendre le bourdonnement irritant d'un drone non identifié tournant au dessus du secteur.

Bref, une 31ème rotation sur Promka où l'ennui ne semble pas être le bienvenu !

Erwan Castel


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La lèpre de l'acier défigure chaque jour un peu plus les murs de "Forteruine" 

lundi 11 février 2019

Le feu sur la neige

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Bombardement ukrainien au phosphore blanc (image d'archives) 

Les ordres sont tombés ce matin, pour une nouvelle mission sur le front de Yasinovataya, et tandis que nous préparons par des gestes mille fois répétés nos bardas, équipements et armements, les nouvelles du front émanant des réseaux confidentiels et de ceux du bataillon se croisent dans les chambrées et armureries, confirmant bien que les derniers bombardements meurtriers subis par la milice sont bien symptomatiques d'un réchauffement du front.


Lundi 11 février 2019
  • 07h20, pilonnage du front de Novoazovsk (Sud RPD)
  • 08h25, nouveau bombardement fort du même secteur
  • 10h30, bombardement d'intensité moyenne sur l'aéroport (Nord Donetsk)
  • 10h40, nouveau bombardement du front de Novoazovsk
  • 16h00, bombardement au Nord de Gorlovka (Nord RPD) par des véhicules blindés
  • 17h25, échanges de tirs sur le front Ouest et Nord de Gorlovka (Nord RPD)
  • 18h00, bombardement de l'aéroport (Nord Donetsk) au mortier de 120mm
  • 18h20, bombardement du secteur de Homolsky (Est Gorlovka) au mortier de 120mm
  • 19h10, pilonnage au Nord de Gorlovka (Nord RPD) 
  • etc...
Voici quelques une des nouvelles "habituelles" qui se déversent quotidiennement depuis les réseaux d'informations militaires en usage jusque dans dans les couloirs et les chambrées de la compagnie. 

Parfois une nouvelle est plus singulière ou concerne notre secteur attribué sur le front voire nos camarades qui y tiennent nos positions, alors les hommes s'interpellent et se regroupent pour commenter et glaner plus de détails. 

C'est ainsi que nous apprenons peu après la tombée de la nuit un bombardement au phosphore blanc réalisé par des mortiers de 120mm ukrainiens sur notre secteur de Promka entre Yasinovataya et Avdeevka. Ce type de bombardement ukrainien au phosphore blanc même s'il reste rare n'est pas une nouveauté sur le front du Donbass où ce type de munitions prévues au départ pour offrir des fumigènes aux observateurs/correcteurs d'artillerie est devenue en augmentant le pourcentage du phosphore dans les charges, des munitions incendiaires redoutables qui en plus terrorisent les populations qui en sont les cibles ou même simplement les témoins.

Un des précédents bombardements au phosphore blanc
de le secteur de front de Promka le 8 décembre 2017

Je me souviens de ce bombardement au phosphore blanc réalisé le 8 décembre en fin d'après midi,: après les explosions en altitude une pluie de matières incandescentes tombant vers le sol dans des chuintements caractéristiques pour allumer des feux incandescent consumant pendant longtemps la terre impactée. 

Cette matière qui brûle au contact de l'oxygène est une vraie saloperie d'ailleurs interdite d'utilisation en zone habitée par la Convention de Genève, mais ce qui n'a pas empêché Kiev de l'utiliser sur des quartiers résidentiels comme ici à Oktyabrsky sur le monastère d'Iversky au Nord de Donetsk en octobre 2014 (et la nuit ce type de bombardement est encore plus impressionnant) :


Aujourd'hui ce sont principalement des positions défensives organisées sur le route de Donetsk à Gorlovka qui ont été la cible de ce bombardement incendiaire ukrop, sans qu'il provoque cependant de dégâts importants. 

20h00, après une dernière vérification, les équipements et armements sont entassés au pied du lit, pour le plus grand amusement du jeune chat Blin qui les escalade en jouant avec les bouts des sangles rebelles oubliant que dans quelques heures un sac va l'avaler le temps de rejoindre la première ligne du front !

A l'extérieur du bâtiments sous des flocons de neige accrochant dans leur chute molle la clarté des lumières et lampadaires, des détonations sourdes sont à nouveau perceptibles au Nord-Ouest de la caserne, rappelant que le front est à moins de 10 kilomètres de nos chambrées douillettes. 

Demain est un autre jour et une autre mission dans la continuité d'une guerre que personne en Europe n'ose vraiment nommer, à part celles et ceux, civils et militaires qui quotidiennement tentent d'y survivre dans la neige en feu...

Erwan Castel

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Porochenko n'a pas compris la leçon de Kertch


Le 25 novembre 2018, Kiev pousse au sacrifice 3 unités navales vers les eaux territoriales russes du détroit de Kertch entre Mer Noire et Mer d'Azov, espérant un incident dramatique entre Kiev et Moscou exploitable par le camp occidental assoiffé de prétexte pour déclencher de nouvelles salves russophobes, politiques, économiques et bien sûr médiatiques alimentant la diabolisation de la fédération de Russie.

Or, rien ne s'est passé comme prévu, et le drame espéré par la propagande guerre n'a pas eu lieu dans le sang des marins et la destruction des bateaux ukrainiens, Les premiers, une vingtaine ont été arrêtés et les seconds arraisonnés et saisis légitimement et dans une violence retenue comme le prévoit le code maritime en cas de violation des eaux territoriales par des navires armés. Ce fut finalement un pathétique coup d'épée dans l'eau qui ne donna aucune suite sérieuse contre la Russie, en dehors des vociférations habituelles marionnettes de Kiev.


Tout faux pour Kiev !

Car comme l'a très bien démontré l'enquête indépendante menée le journaliste suédois Stephen Lindgren dans une analyse demandée par le média Nyhetsbanken, non seulement toutes les actions de la Russie étaient légitimes, mais de par la nature provocatrice et préméditée incontestable de cet incident maritime la culpabilité de Kiev ne fait aucun doute, notamment car : 
  • Les navires ukrainiens se sont approché du détroit de Kertch sans avertissement, n’attendant ni les pilotes russes responsables de son passage ni suivant les instructions des gardes-frontières responsables de la sécurité de la frontière maritime russe. Et ces fautes qui sont délits ont continué toute la journée avant que les russes se résignent finalement à employer la force pour faire respecter la loi maritime. 
  • Ce passage tenté par Kiev du détroit de Kertch ne peut être rattaché à la convention de 1982 sur le droit de la mer, car les unités ukrainiennes incriminées étaient des bateaux militaires armés transportant aussi des armes et munitions. 
  • De même la Convention de 1958 sur les eaux territoriales communes adoptée par la Russie et l'Ukraine, ne peut venir au secours de Kiev car là aussi elle n'a pas éta respectée par ces marins. en effet cette convention stipule clairement que: "les États côtiers ont le droit d'établir une procédure permettant d'obtenir le droit de passage des navires étrangers dans leurs eaux territoriales", ce qui a été défini entre Kiev et Moscou qui ont convenu que tout passage devait être prévenu par l'usager et soumis à l'autorisation de l'autre Etat côtier.
  • Kiev ne pourra pas non plus porter ses revendications devant des tribunaux internationaux car il s’agit d’une question de passage maritime dans des eaux intérieures, et l’Ukraine a rompu le traité d’amitié et de coopération de 1997 avec la Russie. En outre, l'incident ne peut pas être qualifié de violation du droit international par la Russie, chaque État ayant le droit de se défendre.
  • Et concernant le  traité d’amitié et de coopération signé entre la Russie et l'Ukraine, en 1997, là aussi il est inefficace aujourd'hui, car Kiev l'a rompu, empêchant de qualifier l'incident de Kertch de violation d'un traité international.
Bateaux ukrainiens arraisonnés et saisis et leurs équipages arrêtes le 25 novembre par Moscou 
alors qu'ils tentaient de forcer les eaux territoriales de la  Fédération de Russie

Au contraire, c'est bien la Russie qui est entièrement dans son droit, en référence au paragraphe 51 de la Charte des Nations Unies sur le droit de légitime défense, et qui précise qu'il s'applique à tout État qui voit son territoire envahi par des unités armées non autorisées.


Porochenko persiste et signe !

Le Président ukrainien pérorant de plus belle dans la course présidentielle à sa propre succession a promis dans une interview à ICTV, de rejouer la provocation de Kertch très prochainement mais avec une flottille plus importante à bord de laquelle seraient invités des observateurs internationaux comme ceux de l'OSCE et certainement des journalistes serves. 

De toute évidence, cette éventuelle nouvelle provocation qui pourrait être réalisée avec plusieurs unités de cette flottille de petits bateaux de classe "Gurza" comme les 2 bateaux saisis avec le remorqueur d'assaut en novembre dernier). La Russie de son côté répondra très probablement à cette provocation de la même manière que précédemment et en déployant certainement plus d'unités navales, peut-être issue de la flotte de la Mer Noire de Sébastopol. 

En filigrane de cette déclaration prétentieuse et déjà provocatrice du satrape de Kiev on devine les prétentions de l'OTAN de renforcer sa présence en Mer Noire et d'obtenir en représailles un accès à la Mer d'Azov pour ses unités navales qui était limité à l'Ukraine et la Russie par le traité de coopération de 1997, aujourd'hui rompu par Kiev.

Mais plus qu'une gesticulation militaire revendiquant une souveraineté maritime sur la mer d'Azov, une telle provocation viserait également des objectifs politiques et électoralistes. En effet l'impopulaire Porochenko, qui est en mauvaise posture dans les sondages électoraux le plaçant derrière les candidats Zelany et Timochenko, pourrait espérer dans une opération médiatisée où il prend la défense de ses marins, redorer son blason de candidat médiocre et revenir dans la course présidentielle.

Reste à savoir maintenant s'il s'agit d'une nouvelle rodomontade de Kiev sans suite comme on en a l'habitude ou d'une opération programmée, réelle et donc soutenue par les occidentaux.

Wait and see et pour les marins ukrainiens... "wet and sea" !

Erwan Castel


Guerre française..."pour tout l'or du Tchad"

Vu du Donbass (4)

Idriss Deby le dictateur tchadien et Manuel Macron son parrain français du moment 

La crise ukrainienne, en dehors de son contexte géopolitique particulier révèle l'incohérence d'un Etat surdimensionné créé de toutes pièces par des impérialismes continentaux et des traités internationaux méprisant la réalité identitaire, qu'elle soit ethnique, culturelle, cultuelle ou historique des peuples le composant (par exemple Ouest ukrainien polonais et Est ukrainien russe). 
Cet impérialisme amoral, dans ses conséquences déstabilisantes et bellogènes est à mettre en parallèle avec le colonialisme mené par les mêmes impérialismes occidentaux en Afrique notamment, où un héritage frontalier débile, accompagné d'un post colonialisme cupide favorisent un chaos politique et sociétal secoué par des dictatures et des ingérences étrangères sans fin.

Depuis le 3 février, la France est intervenue militairement dans des combats se déroulant au Tchad entre des groupes rebelles d'une opposition  qui conteste le pouvoir autoritaire du Président Idriss Déby, la marionnette françafricaine qui a renversé avec le soutien militaire de Paris Hisène Habré (qui lui même avait renversé Goukouni Oeiddei en 1982). 

En dehors d'une problématique frontalière post coloniale bellogène dont la résolution logique demanderait une partition respectant les groupes identitaires.(en simplifiant on a au Nord des populations arabes, musulmanes, nomades anciennement esclavagistes, au Sud des africains, chrétiens, sédentaires et anciens esclave), nous assistons ici à l'expression violente d'un post colonialisme occidental typique dont le seul souci est de protéger son pré carré économique qu'll maintient via des dictateurs corrompus malgré la prétendue "décolonisation" (le franc CFA en est la sombre illustration)

Car le Tchad, ce n'est pour la France que des ressources appétissantes : l'or noir (170 000 barils de pétrole quotidiens) et plus récemment (depuis l'effondrement des cours du pétrole) l'or jaune, pour lequel Macron a envoyé  fin  2018 son conseiller spécial occulte Philippe Hababou Solomon (ainsi que... Benalla) pour rassurer Idriss Deby du bon maintien du bouclier français au dessus de son trône (en échange de nouveaux liens et contrats avec Israël) .  

Bien sûr les communiqués officiels de l'Elysée vont nous parler de rebelles "en provenance de Libye" pour noyer la compréhension de cette intervention militaire française dans le sacro-saint "antiterrorisme" dogmatique et qui autorise a mener de nouvelles croisades à travers le monde "pour sauver démocratie et droits de l'Homme des populations" à condition bien sûr qu'elles vivent au dessus de réserves énergétiques majeures et vitales pour la haute finance internationale.

Car la réalité que la propagande de guerre occidentale veut nous cacher est bien là : Irak, Libye, Syrie, Tchad (et j'en passe), et demain certainement Venezuela, Iran etc ne sont que les proies d'un complexe militaro-industriel mondialiste hégémonique et amorale qui, derrière des discours humanistes fallacieux de ses gouvernements, en a rien à foutre des peuples qu'il massacre ou prétend protéger.

Ainsi le fric conduit les occidentaux, un jour supportent des terroristes en  Syrie par exemple, en les soutenant politiquement économiquement  et militairement afin de renverser des gouvernements légitimes diabolisés et le lendemain protègent,  avec les mêmes soutiens, d'autres pouvoirs aux antipodes de la démocratie , comme celui du Tchad dirigé par un pouvoir tribal où la population est l'une des plus pauvres d'Afrique, placée au 186e rang sur 189 à l’indice de développement humain des Nations Unies.

Ce n'est pas la première fois que la France largue des bombes ou des subventions du côté de Tibesti pour sauver l'or noir ou l'or jaune et sauver régulièrement le pouvoir clanique ( clan zaghawa soudanais)) de son dictateur local  qui les garde pour elle et ses banquiers de Wall Street des faillites lamentables et insurrections légitimes de sa population.
De son côté, l'Union des Forces de la Résistance  tchadienne (UFR), qui regroupe pas moins de huit mouvements d'opposition au régime de Deby, dénonce cette nouvelle ingérence française dans les affaires internes de la nation tchadienne. 

Ce qui se passe au Tchad, depuis son indépendance est la conséquence d'un post colonialisme inhumain nourrissant un libéralisme mondialiste qui a succéder au colonialisme cupide mais dont il hérite de sa raison d'être qui est le pillage des peuples de la Terre et leur asservissement au capitalisme mondialiste.
Sarkozy et le pétrole de Libye, Hollande et l'uranium du Mali et maintenant Macron et l'Or du Tchad, pour la plus grande honte de "la patrie des Droits de l'Homme" !

Erwan Castel

Article référence : RT 

dimanche 10 février 2019

La série noire continue !


De toute évidence, les forces ukrainiennes ont engagé depuis ce mois de février une série de violations du cessez le feu particulièrement meurtrières contre les lignes de défense républicaines :
  • 8 février, 4 miliciens tués lors d'un bombardement de Leninskoe (Sud de la RPD)
  • 9 février, 3 miliciens tués par un tir de missile antichar dans le secteur de Donetsk
Et ce même 9 février 2019, ce sont encore 4 autres miliciens qui ont été tués par un bombardement de l'artillerie lourde ukrainienne sur les défenses de Sahanka, un autre village sur le front Sud de la République Populaire de Donetsk (juste au Sud de Leninskoe).

Paix à leurs âmes !

Ce bilan porte à 11 miliciens tués les pertes minimales subies par la milice sur le front du Donbass en 48 heures, auxquelles il faut rajouter les blessés ainsi des pertes isolées sur d'autres secteurs du front (soit au total 15 tués minimum, depuis le 1er février)

Ce bombardement meurtrier de Sahanka (1ère violation des accords de Minsk) a été réalisé par l'artillerie lourde ukrainienne et ses obusiers d'un calibre supérieur à 100mm (122mm) (2ème violation des accords de Minsk), dont le tir était corrigé à l'aide d'un drone d'observation survolant le secteur (3ème violation des accords de Minsk). Et les ukrops comme à leur habitude de publier le résultat de leur tir meurtrier :


Aujourd'hui, les services de renseignement de la République Populaire de Donetsk nous ont informé qu'un groupe d'artillerie lourde ukrainien de 9 obusiers automoteurs 2S7 "Pion" (Pivoine) de calibre 203mm viennent d'arriver dans le secteur de Krasnoarmeisk, à 40 km à l'Ouest de Donetsk, soit à portée de tir de ces canons qui ont réalisé des exercices à tir réel il y a quelques jours dans le Donbass occupé par Kiev.


Canon automoteur 2s7 "Pion" dont le calibre de 203mm permet de tirer des munitions conventionnelles explosives, des munitions spéciales (chimiques par exemple) et même des munitions nucléaires
.
N'en déplaise à monsieur le Président Pushilin, parangon d'accords de Minsk plutôt désaccordés depuis leur signature par ces violations quotidiennes ukrainiennes, je pense qu'il y a des moments où il faut savoir s'asseoir sur la paperasse diplomatique qui s'accumule loin du front sur les bureaux des ronds de cuirs, et appliquer légitimement la loi du Talion, car non seulement "l'enfer est pavé de bonnes intentions", mais aujourd'hui les miliciens du Donbass s'y sentent piégés par ces parlotes hypocrites et stériles.
Je me souviens de la réponse donnée le 22 mai 2018 par nos artilleurs sur les positions ukrainiennes d'où avait été tiré le bombardement qui fut fatal à "Mamaï" le commandant de la Brigade Piatnashka et qui avait restauré provisoirement le calme sur le front. 

Un autre vue d'un second drone ukrainien du bombardement de Sahanka

Aujourd'hui les artilleurs des milices ne ripostent pas, encourageant l'ennemi à poursuivre ses bombardements meurtriers. 

Il faudrait que cela change, et urgemment !

Erwan Castel
Source de l'article : VK





La guerre contre les peuples


Dans sa stratégie de préemption des pays non alignés représentant un intérêt géostratégique pour son hégémonie mondialiste mais qu'elle se garde de déclarer, la ploutocratie internationale a mis au point un processus grossier mais, malheureusement efficace qui consiste à agiter le miroir aux alouettes de l' "occidental way of life" pour renverser indirectement via une opposition armée ou directement via des agressions militaires extérieures les gouvernements indépendants, au nom intouchable de la nouvelle religion des Droits de de l'Homme et de sa sacro-sainte Démocratie. 

Une fois que le chaos est accompli, l'impérialisme occidental en feignant une empathie humaniste paternaliste vient poser au cou des marionnettes qu'il a installé au pouvoir le collier étrangleur de la dépendance politique, via des programmes d'aides économiques et militaires qui conduisent les pays à devenir ses colonies sous occupation étrangère.
Et pour arriver à ses fins les princes de Wall Street et la City sont prêts à tout, y compris à s'allier avec les pires crapules du lieu et du moment : islamistes takfiristes en Syrie, néo-nazis en Ukraine et probablement mafias au Venezuela. 

Et concernant ces "idiots utiles" de l'hégémonie de la marchandise, comme le rappelait sur les réseaux sociaux Eric L., un ami soutien du Donbass : "l’extrême droite ukrainienne démontre de manière paroxystique l'analyse de Engels sur la nécessité pour la bourgeoisie (on dira aujourd'hui : oligarchie atlantiste) de se défendre avec des « bandes d'hommes en armes ». curieux que personne ne s’interroge sur la docilité de ces "terribles "nazis' qui n'ont jamais l'idée de "faire feu sur le quartier général" (Mao) où se trouvent, d'après leurs théoriciens, leurs véritables ennemis ?"

La Macédoine tombe, trahie par son gouvernement


Ce mercredi 6 février 2019, un protocole d'adhésion a été signé entre l'OTAN et la Macédoine pour engager l'entrée de cet autre autre pays des Balkans dans l'organisation militaire occidentale sous commandement étasunien.et qui devrait être ratifiée lors du prochain sommet de l'organisation qui doit se tenir à Londres.

Outre le fait que nous continuons a observer la conquête militaire mais aussi idéologique des territoires européens par l'hégémonie étasunienne au service d'une stratégie visant clairement la Russie et ses alliés (dans cette région la Serbie), c'est un nouveau camouflet à un peuple d'Europe qui est réalisé ici par l'arrogant complexe militaro-industriel mondialiste, car les macédoniens s'étaient massivement prononcés il y a peu contre cette adhésion à l'OTAN.

Et maintenant, c'est au tour de l'Ukraine !



Depuis le coup d'Etat du Maïdan accompli, alors que l'adhésion à l'Union Européenne monopolisait (ainsi que le divorce d'avec la Russie) tous les slogans des putschistes, un discours pro atlantiste s'est progressivement imposé dans la doxa du nouveau pouvoir kiévien qui d'année en année a engagé une normalisation et modernisation de ses forces armées pour qu'elles soient compatibles avec l'OTAN tandis qu'une propagande d'Etat faisait de la russophobie son fond de commerce politique, culturel et militaire...

Sur le terrain, on observe depuis l'arrivée au pouvoir des marionnettes étasuniennes en Ukraine un déploiement progressif de l'OTAN via des conseillers militaires, des ventes accompagnées d'armes et fournitures militaires, des exercices et manœuvres interalliés  de l'alliance se déroulant en Ukraine et dans la Mer Noire ou même ailleurs, avec la participation des forces armées du pays. des sommets de l'OTAN où l'Ukraine, bien que n'en faisant pas officiellement partie, est invitée et au centre de débats russophobes de plus en plus délirants.

Et sur le front du Donbass, après avoir observé des mercenaires de sociétés militaires privées de pays de l'OTAN, ce sont des ressources stratégiques  de l'alliance qui sont régulièrement et visiblement déployées sur la ligne de front et dans le secteur de la Crimée également comme ces drones d'observation "global Hawk" ou les avions de reconnaissance "Poséidon 8" qui doivent être complétés également par des stations au sol mettant leurs renseignements à disposition de l' "Opération des Forces Combinées" ukrainienne...

Régulièrement Porochenko rappelle comme un leitmotiv que l'intégration de l'Ukraine est un des objectifs majeurs engagés par son gouvernement, comme par exemple ce 4 février lors d'une interview au média télévisé "Ukraina", ou le candidat à sa propre succession a déclaré que le pays pourrait intégrer OTAN "dans les cinq prochaines années"... si les ukrainiens votent pour lui bien entendu le 31 mars prochain !. Porochenko à cette occasion a pu étaler sa soumission totale au complexe militaire occidental à qui il confie à la fois ses frontières extérieures ... et ses rues intérieures, comme s'il n'y avait plus de forces de sécurité nationales :
  • "L'adhésion à l'OTAN, c'est la sécurité. C’est la sécurité aux frontières extérieures, c’est un moyen politico-diplomatique de rétablir la souveraineté et l’intégrité territoriale de notre État et, pour le citoyen ordinaire, cela inclut la sécurité dans les rues."


Quelques jours plus tard, le 7 février 2019, le parlement "Verkhona Rada" approuvait en deuxième lecture par 334 voix une série d'amendements à la Constitution ukrainienne qui définit la feuille de route pour l'intégration du pays dans l'alliance atlantique ainsi qu'à l'Union Européenne.

Ici on observe que le leurre (UE) est toujours accroché au piège (OTAN) pour empêcher leur dissociation et mieux faire tomber la proie...

Le processus d'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN et à l'Union européenne "confirmant l'identité européenne du peuple ukrainien et le caractère irréversible du parcours européen et euro-atlantique de l'Ukraine" sera donc acté (et constitutionnel) du côté ukrainien dès la signature du projet de loi par le Président Porochenko, ce qui ne fait aucun doute.

Et bien sûr, comme pour la Macédoine et avant elle d'autres pays (dont la France de Sarkozy) la population ukrainienne n'a pas été officiellement consultée pour savoir si elle désirait cette intégration dans une alliance militaire sous commandement étasunien et qui ampute son pays d'une part importante de sa souveraineté politique.

Pour mettre les pays européens en ordre de bataille contre la Russie, les gouvernements affidés au système mondialiste mènent donc une guerre politique contre leurs propres peuples pour les faire rentrer dans les rangs d'un asservissement total avant de les vendre comme chair à canon à l'Oncle Sam. 



Certes le mondialisme peine à imposer sa dictature en Irak, en Afghanistan, en Libye et rencontre chaque année de nouvelles résistances comme en Italie ou en Hongrie, mais il ne faut pas baisser la garde en "vendre les plumes de l'aigle avant de l'avoir tué". Force est de constater que l'impérialisme occidental marque encore des points à travers le monde, comme en Argentine ou au Brésil, et au pire pour lui, son hégémonie agressive détruit les dissidents comme la Libye, la Syrie, ou les étrangle économiquement à défaut de les soumettre comme le Venezuela,  l'Iran, la Russie. Car lorsque les vivants résistent à l'esclavage, ils sont alors écrasés par un chaos provoqué tous azimuts par les USA, du Moyen Orient à l'Amérique du Sud en passant par l'Europe.

Par les traités politiques, les sanctions économiques, les accords militaires, les révolutions importées, les conflits asymétriques ou les agressions militaires directes, le Nouvel Ordre Mondial continue sans relâche ni morale à mener une guerre esclavagiste aux peuples qui ne sont pas encore aliénés à la marchandisation du Monde...

Et l'ombre de la guerre de continue à s'étendre sur le grand échiquier au milieu des indifférents individualisés et des aveugles bernés par leur propre propagande !


Erwan Castel

samedi 9 février 2019

"Azov" de retour sur le front du Donbass


Instrumentalisés par les USA et leurs laquais du Maïdan, les paramilitaires nationalistes ukrainiens ont réclamé leur part du gâteau à l'issue du coup d'Etat occidental de 2014 tant sur le plan politique (ministres, députés etc...) que sur le plan militaire où ils ont formé des bataillons spéciaux financés par des oligarques comme par exemple Kolomoïsky le chef féodal de Dnipropetrovsk.

Les point commun qui unissent ces formations de soldats politiques est leur idéologie néo-nazie affichée et leurs brutalités vis à vis des populations russes du Sud Est de l'Ukraine pour lesquelles nombre d'entre eux ont été mis à l'index et même condamnés par des tribunaux ukrainiens. Mais ils continuent à sévir dans les territoires pro-russes occupés par Kiev et sur le front du Donbass où ils ont été intégrés au sein de l' "Opération des forces Combinées", tout en affichant toujours leur particularisme politique.

Parmi ces unités politiques radicales, le bataillon "Azov" devenu en 2017 régiment, est certainement le plus médiatisé, tant par ses orateurs politiques, ses volontaires internationaux relayant sa propagande au delà du front et de l'Ukraine, que de sa symbolique néo-nazie affichant une idéologie nazie revendiquée. 

En 2014, "Azov" se fait connaître en donnant l'assaut à force blindés contre la population désarmée de Mariupol qui manifeste le 9 mai son attachement à la Russie lors des commémorations du jour de la victoire contre le nazisme. Bilan de ce "haut fait d'armes " : près de 100 tués et disparus et une chape de terreur est toujours là dans ce port maritime majeur du Donbass qui abrite depuis la garnison de son bourreau.

En 2018, les bataillons spéciaux qui posaient des problèmes de discipline pour l' "Opération des Forces Combinées" à laquelle ils étaient intégrés, avaient été relégués à des missions de maintien de l'ordre et contrôle des populations à l'arrière du front, mais le 1er février de cette année on apprenait que "Azov" était redéployé sur le front du Donbass (certainement pour l'éloigner des bureaux de vote des présidentielles ukrainiennes du 30 mars) 


Il est significatif que remarquer que certains hérauts de la bien pensance occidentale si prompts à imaginer un salut nazi inversé dans la "quenelle" de l'humoriste africain Dieudonné affichent un silence complet quant aux manifestations nazies des bataillons spéciaux ukrainiens qui aujourd'hui sont financés en grande partie par des subventions européennes et du FMI. 

Ainsi du blason du régiment Azov qui affiche la rune de combat de la division SS "Das Reich" et la roue solaire de l'Ahnenerbe du Reichfurher Himmler. Certes ces symboles  sont issus de la tradition mythologique scandinave, mais je ne pense vraiment pas que les skin head d'Azov se soient déplacés aussi loin dans le temps et l'espace pour trouver leur inspiration, ni que le reflet de leur rune du loup donne dans son revers par le plus grand des "hasards" un autre symbole nazi ! 


Depuis 2014, si les paramilitaires nationalistes recrutés chez les hooligans, skins heads et autres asociaux; venant principalement d'un Ouest ukrainien pro-occidental et nostalgique du bandérisme; se sont disciplinés en "rentrant dans le rang", ils n'en affichent pas moins toujours leur fidélité à l'idéologie nazie, notamment à travers la symbolique, les méthodes et les manifestations publiques, à l'image de ces mythomanes "escadrons nationaux" du "Corps national" rassemblant plusieurs factions diverses et qui reprennent à leur compte la vocation de formation et d'endoctrinement attribuée dans le passé aux "Hitlerjugend" du IIIème Reich.

Propagande des "escadrons nationaux" ukrainiens

Il est probable que le régiment Azov cherche dans les prochaines semaines à capitaliser son redéploiement sur le front du Donbass tant sur le plan de sa mythification militaire que sur celui de sa communication politique et organisant de nouvelles provocations majeures sur le front. Et ceci a semble t-il déjà commencé comme le prouve cette remise de décorations médiatisée, quelques jours après son retour sur le front de Mariupol, pour récompenser une opération menée dans la "zone grise" censée restée une zone démilitarisée selon les accords de Minsk.


Plus attaché à servir d'image à la propagande nationaliste kiévienne que d'outil de combat à l'état major ukrainien, il est probable que Azov soit employé majoritairement plus dans des opérations de communication que dans des opérations militaires où des pertes et échecs pourraient être fatales à son image d' "unité d'élite". le terrain des provocations criminelles lui reste cependant ouvert comme ce bombardement du village de Lenisnskoe qui, le 7 février" a fait 4 morts parmi les miliciens qui voulaient sauver des flammes une habitation civile touchée par les ukrainiens.

Vidéo diffusée sur les réseaux sociaux de combattants d'Azov

S'il n'y a pas de fascisme ukrainien au sens idéologique du terme, il y a en revanche une idéologie bandériste ethno-centrée encensée par le nouveau pouvoir ukrainien et une idéologie néo-nazie revendiquée ouvertement au sein des unités, partis politiques et paramilitaires nationalistes ukrainiens, les 2 idéologies collaborant à nouveau, 75 ans après leur première union, dans une croisade contre le monde russe...

Erwan Castel