dimanche 17 juin 2018

Rassemblement avant assaut


Dans cette guerre du Donbass, enterrée depuis plus de 3 ans dans des tranchées et des casemates, les 2 camps s'observent et se piquent mutuellement, pour mieux connaître le dispositif de l'ennemi, ses procédures réactives, ses intentions et aussi sa motivation.

Depuis le vote de la "Loi de réintégration du Donbass" et le lancement de l' "Opération des Forces Combinées", les ukrainiens se sont lancés dans les préparatifs d'une nouvelle offensive contre les Républiques de Donetsk et Lugansk avec une coupe du monde de football qui en se déroulant cette année en Russie leur offre une fenêtre de tir idéale.

Au dessus de cette ligne de front, accompagnant les bombardements reprennent crescendo depuis début mai, les forces en présence ont engagé toutes leurs ressources ressources de renseignement, les uns pour déterminer et connaitre leurs objectifs, les autres pour définir  quelle type d'attaque il vont subir. 

Satellites, drones stratégiques, drones tactiques, stations de recherche électronique, unité de recherche humaine, réseaux sociaux, partisans et sympathisants etc... aucun indice ou renseignement recueilli ici et là est insignifiant car ils sont tous les pièces du puzzle évolutif que chacun essaye de reconstituer en temps réel pour mieux se préparer, mettre l'effet de surprise et les chances de son côté.

Au dessus des insectes qui, dans le printemps accompli, dansent autour des fleurs épanouies, d'autres bourdonnements mécaniques et réguliers envahissent souvent l'atmosphère déclenchant des tirs montant vers le ciel de la part de ceux que ces drones d'observation viennent espionner.

Parfois les rafales nourries des armes automatiques convergeant vers ces points tournant dans le ciel réussissent à en abattre au dessus du territoire qu'elles contrôlent. Et les enregistrements récupérés dans les entrailles de ces oiseaux téléguidés trahissent leur maîtres en révélant à leur chasseur les détails des territoires au dessus desquels ils ont effectué leurs vols d'approche.

Ainsi depuis le début du mois de juin, en plus de leurs  propres missions de renseignement, les forces armées républicaines ont pu découvrir dans les enregistrements de drones ukrainiens abattus de nombreuses concentrations de véhicules ennemis réalisés en vue d'une offensive dans le Donbass.

Voici 3 des secteurs repérés grâce aux drones ukrainiens capturés :

Secteur de Volnovakha, village de Donskoye
(Au Sud entre Donetsk et Mariupol)

Secteur de Artemovsk 
(Au Nord de Gorlovka)

Secteur de Konstantinovka
(Au Nord de Gorlovka)

Sur ces vidéos des concentrations d'unités ukrainiennes ont peut observer 
  • des chars de combat, véhicules blindés et pièces d'artillerie diverses ainsi que de gros convois logistiques,
  • Le dispositif est celui d'un stationnement d'étape bref et non d'un déploiement local prolongé,
  • Systématiquement, ces véhicules se positionnent au milieu de localités civiles les utilisant comme bouclier humain.


La distance de la ligne de contact est de 18 à 22 km maximum ce qui correspond à la deuxième ligne où se concentrent en général les unités blindées avant un engagement offensif. Plus proche l'axe d'assaut risque d'être dévoilé prématurément, plus éloigné c'est l'effet de surprise qui diminue.


Ces observations des dispositifs et des ressources ukrainiennes confirment donc la haute probabilité d'un prochain coup de force ukrainien sur la ligne de front, en tous cas c'est ce que Kiev veut nous montrer, cherchant aussi peut-être à inciter les forces républicaines à anticiper son offensive par des attaques préventives sur ces bases d'assaut repérées.

Car dans cette guerre de position, le bluff, la provocation portés par des surenchères propagandistes sont souvent aussi importants que les actions militaires concrètes observées sur la ligne de front.

Erwan Castel

Article référence : Rusdialog

Si tu ne vas pas à l'OTAN...

...l'OTAN ira à toi !


Telle pourrait être la devise de la stratégie occidentale depuis des décennies, ou de révolution colorée en coup d'Etat l'hydre néo-conservatrice mondialiste qui en agitanr le miroir aux euros de l'Union Européenne fait tomber les pays non alignés dans les rets de l'alliance militaire occidentale sous commandement étasunien.

Et l'Ukraine n'échappe pas à cette stratégie malgré la guerre qui sévit dans le Donbass et la mise en garde fixé par Poutine si ce pays saillant vers la Russie entre dans l'OTAN !

Or pour les dirigeants du Nouvel Ordre Mondial, pour qui la Russie est le principal empêcheur de penser en rond à abattre, l'Ukraine doit non seulement être militarisée mais constitue même la pièce majeure de leur domination en Europe, telle que décrite dans le "Grand échiquier" (1977) par Brzezinki, le mentor de la géostratégie étasunienne du XXème siècle.

Et la guerre dans le Donbass qui est entretenue à feu doux depuis 3 ans intervient même ici comme le cheval de Troie permettant à l'OTAN de mettre les bottes en Ukraine avant même que cette dernière en soit hypothétiquement um membre à part entière.

Depuis 3 ans, les seuls membres de l'OTAN qui apparaissaient et brièvement du côté de Lvov, à l'ouest de Kiev sur un terrain de manœuvre accueillant les formations encadrées par des instructeurs de l'alliance. Ailleurs ce sont les exercices interalliés occidentaux terrestres ou maritimes qui s'enchaînant tout au long déroulent l'année en Ukraine génèrent une présence provisoire mais renouvelée en permanence d'unités de l'OTAN, mais aussi d'infrastructures tels que des postes se commandement, des stations radars, des hangars logistiques etc...

Sous couvert de la normalisation occidentale préalable à une demande d'intégration dans l'alliance ou du "service après vente" des matériels militaires occidentaux vendus à Kiev (formation, gestion, suivi), les "instructeurs" et autres "conseillers" militaires de l'OTAN multiplient leurs actions et présences en rapprochant de plus en plus d'une ligne de front du Donbass laquelle leur était jusqu'à présent connue que via le mercenariat privé des Sociétés Militaires Privées ou des bataillons spéciaux ukrainiens.

Parallèlement, les ressources du renseignement de l'OTAN sont, quant à elles, déjà engagées sur le terrain comme les satellites militaires, ces drones stratégiques "Global Hawk" qui multiplient leurs observations le long de cette ligne de front, et peut être ces stations radars occidentales repérée à Mariupol ou celle détruite dans l'Ouest de Gorlovka le mois dernier.

En mai, la mort de 3 "instructeurs" canadiens de l'opération "Unifier" du côté d'Avdeevka a également marqué l'engagement de ces occidentaux dans le secteur de la ligne de front du Donbass. 

Plus inquiétant mais pas surprenant est cette information qui est arrivée cette semaine et qui dénonce la présence active d'autres instructeurs canadiens sur une position d'artillerie ukrainienne bombardant Yasinovataya. il s'agit des conclusions de l'enquête concernant un bombardement ukrainien au mortier de 120mm de la ville de Yasinovataya survenu en avril et qui révèle la présence active sur les positions d'instructeurs canadiens de l'" Opération Unifier", coordonnant et réglant les tirs.

On connait le soutien zélé du Canada à l'Ukraine, exacerbé par la présence dans ce pays d'une très importante communauté ukrainienne ayant fui le pays après la défaite du nazisme et son intégration dans l'Union soviétique. Il est d'ailleurs probable que parmi les membres de cette "Opération Unifier" se trouvent de nombreux ukrainiens de cette diaspora bandèriste, qui rêve d'une revanche sur les russes.


Mais ceci ne justifie aucunement cela et cette implication de l'OTAN dans un bombardement de quartiers résidentiels civils dans une guerre où aucun pays membres est concerné constitue un crime de guerre flagrant autant qu'une violation grave du traité de l'Atlantique Nord qui stipule par exemple dès son article 1: 

  • "Les parties s'engagent, ainsi qu'il est stipulé dans la Charte des Nations Unies, à régler par des moyens pacifiques tous différends internationaux dans lesquels elles pourraient être impliquées, de telle manière que la paix et la sécurité internationales, ainsi que la justice, ne soient pas mises en danger, et à s'abstenir dans leurs relations internationales de recourir à la menace ou à l'emploi de la force de toute manière incompatible avec les buts des Nations Unies."

Lorsque le Président Poutine a déclaré ne pas pouvoir tolérer une intégration de l'Ukraine dans une OTAN qui ne cherche qu'à déployer ses bases militaires le long des frontière de la Fédération de Russie il aurait du étendre sa mise en garde à toute activité de ce bras armé de Washington dans une Ukraine qui depuis le Maïdan est devenue de facto un bélier lancé contre ses murailles.

Car les faits sont là par delà les discours des uns et des autres : si on attend toujours dans le Donbass de voir le bout d'un canon russe, en revanche les boys-scouts de l'Oncle Sam sont bien là visibles et nuisibles comme l'accoutumé.


Erwan Castel




Source de l'article : Russie Politics 


Karine Bechet-Golovko

L'implication des forces de l'OTAN
dans la guerre du Donbass
Opération "Unifier"


Il est courant d'entendre parler de l'aide apportée par les pays de l'OTAN à l'armée ukrainienne, bien que l'Ukraine ne fasse pas partie de l'OTAN, bien qu'elle ait un conflit ouvert sur son territoire. Une aide en fournitures, vêtements, formation. Mais l'armée de DNR vient d'accuser les formateurs de l'OTAN d'avoir participé au tir à l'artillerie sur la ville de Yacinovataya. Il semblerait que beaucoup de lignes rouges soient franchies ces derniers temps ...

Selon la Convention sur le Statut de l'OTAN, cette organisation bénéficie d'avantages impressionnants. Inviolabilité des locaux et des correspondances, ainsi que de tout document. Immunité des personnes, mais également des experts qui travaillent ponctuellement auprès de l'OTAN sur des missions concrètes. Interdiction de contrôle ou de réglementation concernant les fonds de l'organisation et leur circulation à l'intérieur des pays de l'OTAN. Exonération d'impôts, de taxes et de droits de douanes sur ces avoirs et revenus, également fonciers. Bref, l'OTAN est une entreprise qui marche, qui veut être un Etat dans l'Etat, avec ses règles qui ne peuvent relever de la juridiction nationale. Une super-structure qui suit ses règles et ses intérêts.

C'est alors que l'on apprend qu'avec d'autres pays de l'OTAN, comme les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne par exemple, le Canada est très actif en Ukraine. Dans le cadre d'un programme lancé après le Maïdan, qui s'appelle Opération UNIFIER:

  • L’opération UNIFIER constitue la mission des Forces armées canadiennes (FAC) visant à soutenir les forces armées ukrainiennes en Ukraine. Cette opération vise principalement à leur offrir de l’aide en matière d’instruction militaire. Cela les aidera à améliorer et à établir leur capacité militaire. Les FAC coordonnent leur instruction avec celle offerte par les États‑Unis et par d’autres pays qui aident de la même façon. L’instruction militaire s’inscrit dans le soutien global du Canada à l’Ukraine. (...) L’intention est d’aider l’Ukraine à demeurer souverain, sécuritaire et stable.
L'implication politique n'est pas cachée. Et sur Twitter, ces forces canadiennes sont très fières et très actives. L'on trouve ainsi le compte du Lieutenant-Colonel Fraser Auld. Cet individu a un parcours intéressant:

  • His extra-Regimental postings have included tank and recce Tactics Instructor at the Armour School, Task Force Kandahar Tactical Plans Officer in Afghanistan, Base Operations Officer in Petawawa, Executive Assistant to the Deputy Commanding General of the NATO Training Mission in Afghanistan, and Director of Army Staff 2 at Canadian Army Headquarters.
  • Lieutenant-Colonel Auld has deployed on four operational tours: in 2001 as a Reconnaissance Troop Leader in Bosnia-Herzegovina; in 2005 as the Second-in-Command of the Reconnaissance Squadron assigned to NATO’s Kabul Multi-National Brigade; in 2008-09 with Task Force Kandahar; and, in 2012-13 with the NATO Training Mission in Afghanistan.

Sur son compte twitter, l'on trouve beaucoup d'informations. Ainsi, ces officiers canadiens participent à la mise aux normes de l'OTAN des champs de tirs. Pour un pays, je le rappelle qui ne fait pas partie de l'OTAN et a un conflit ouvert sur son territoire:

Notre équipe #OpUNIFIER travaillait pour s'assurer que les champs de tirs étaient sûres, avaient du succès et étaient au standards de #NATO pour les forces armées d’Ukraine. En commençant avec les compétences de base, nous nous assurons que les manœuvres complexes se dérouleront bien.

Exemple parmi d'autres. Mais qui prend un relief particulier, lorsque l'on apprend que lors de manœuvres encadrées par des officiers de l'OTAN, des tirs d'artillerie ont touché la ville de  Ïassinovataïa. Edouard Bassourine, vice-commandant des forces militaires de DNR, a accusé les forces de l'OTAN d'avoir utilisé l'artillerie de calibre 120 et 82 mm contre le village lors de la formation au tirs des soldats ukrainiens sur du matériel de tir AN/TPQ fourni par les Etats-Unis. Par ailleurs, ces complexes d'artilleries sont déjà installés non loin de Donetsk, sur les toits de plusieurs immeubles (civils) dans la petite ville de Avdeevka.

Est-ce la manière dont le Canada envisage la protection de la souveraineté ukrainienne?

Nous sommes assez loin des normes éthiques, morales, de la défense des valeurs démocratiques qui sont censées être les valeurs fondatrices de l'OTAN, cette volonté soi-disant marquée - tout au moins affichée - de privilégier le règlement pacifique des conflit. 

La voie démocratique de l'Ukraine passe-t-elle par les tirs d'artillerie coordonnés par les soldats de l'OTAN contre les villages du Donbass ?

Karine Bechet Golovko

jeudi 14 juin 2018

Repos à Oktyabrsky

157

Pour un dernier thé de combat dans les entrailles de "Forteruine" avant un repos ensoleillé sur Donetsk.
Ce matin, sur Promka, à l'issue de la rotation habituelle des unités de Piatnashka, nous avons rejoint la caserne de la Brigade où Mourka notre fidèle mascotte nous attendait de ronronnement ferme.

Mourka la mascotte de la compagnie se fait cajoler et nous cajole à notre retour.
Une nouvelle semaine complète passée sur le front et pourtant seules les fulgurantes périodes de combats résisteront dans la mémoire à l'usure du temps, accrochées à l'intensité de leurs secondes d'éternité.

A l'issue du nettoyage de l'armement je suis parti en repos 2 jours emportant du travail pour l'information, ma machine à laver et mon matériel à réparer ou modifier.

"Shakespeare" portant la fatigue et la satisfaction d'une nouvelle mission accomplie sans encombre

Première étape, Donetsk où le souvenir de "Mamaï" notre Commandant de Brigade tué au combat le 17 mai dernier orne les rues de la capitale du Donbass.

"Mamaï" toujours présent dans les cœurs et les rues de la cité rebelle..
Deuxième étape, Oktyabrsky où deux nouvelles félines surprises m'attendent également les yeux grands ouverts (décidément les chats et moi...) et un jardin certes bellement fleuri mais qui devient une petite jungle où les grillades vont devenir une expédition profonde....

"home suit home" à Oktyabrsky dans le grondement proche de l'artillerie ukrainienne qui depuis 4 ans ne cesse de frapper ce quartier de Donetsk
Et toujours et encore les chats m'accompagnent depuis les messagers de Freyja jusqu'aux hôtes de ma petite maison en passant par Mourka l'orpheline du front

Troisième étape, internet ou j'essaye de répondre à de nombreux messages, en particulier à ceux qui veulent nous rejoindre sur le front du Donbass.

MISE AU POINT : 

Une des traces indélébiles dans la mémoire de cette nouvelle semaine passée sur le front de Promka...

Comme dans tous ces conflits asymétriques des personnes sont attirées par les milices, pensant pouvoir y trouver autant l'occasion de servir que de fuir un échec sociétal et de recommencer à zéro.

Malheureusement le Donbass n'est pas une Légion étrangère organisée pour accueillir le volontaire étranger, le former et l'encadrer au combat. Aussi je conseille (de concert avec Philippe Khalfine qui refonde un groupe de volontaires francophones) à ceux qui confondent l'engagement dans le Donbass avec un safari un refuge ou une psychothérapie de s'abstenir.

Ici l'accueil est succinct, la formation se fait sur le tas et surtout sur le front sans pédagogie à proprement parlée, les conditions de vie sont rustiques et les équipements rudimentaires. Le tout pour un front enlisé dans des tranchées bombardées quotidiennement.
Les bouffeurs de psychotropes, mythos narcissiques, communautaristes fanatiques et autres paumés occidentaux n'ont rien à y faire, tant pour eux que pour le Donbass; d'ailleurs ceux là qui sont venus s'y échouer dans le passé le temps d'une saison sans labours, ni semailles ni moissons s'en sont retournés dans les limbes de leur médiocrité .

On ne demande pas aux volontaires d'être des "Rambo" mais d'avoir un minimum de motivations solides, de stabilité psychologique et d'autonomie sociale, et surtoutun maximum de patience et de capacité d'adaptation.

Car le Donbass, s'il est européen par son emplacement géographique et son socle civilisationnel, est un pays slave avec une langue mais aussi des coutumes, une histoire et une mentalité qui même si nous y retrouvons des repères communs sont différents des nôtres.

Donc le volontaire ici se doit d'éviter de juger et chercher a tirer un profit de sa présence mais plutôt comprendre et donner toute ses ressources physiques et mentales pour le Donbass à travers son unité militaire.

Tant que dure la guerre seules les missions de ses combats sont des priorités, tout le reste n'est que verbiage, superficialité éphémère et chimères...

Ici le volontaire doit donner et surtout ne pas chercher à recevoir. Ceux qui cherchent des honneurs, des sensations fortes ou des fantasmes se fourvoient gravement.

La guerre c'est servir et non se servir et vivre chaque jour sur le front comme s'il était le dernier de sa vie.

"Nos souffrances sont très grandes, mais c'est un sentiment sensationnel d'engager ses forces dans la lutte de notre peuple pour son existence"  Walter Flex

Erwan Castel

Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du Front

mercredi 13 juin 2018

Kiev semble avoir choisi le suicide


Ce 12 juin les ukrainiens ont bombardé de nombreux secteurs de la ligne de front du Donbass depuis au Sud, celui de Shirokino au Bord de la met d'Azov jusqu'à celui de Lugansk au Nord près de la frontière russe.

Cette journée de bombardements ukrainiens ne serait qu'une journée comme les autres si ces tirs n'avaient pas été ordonnés au sortir d'une nouvelle réunion du "Format Normandie" réalisée la veille à Berlin par les acteurs des accords de Minsk 2 pour tenter de relancer le processus de paix.

Or le calendrier de cette réunion n'est pas anodin, coïncidant avec la menace avérée d'une nouvelle offensive ukrainienne pendant la période sensible du mondial de football qui se déroule cette année en Russie.

La France, l'Allemagne et la Russie dont le Président Poutine a récemment averti Kiev des graves conséquences qu'une offensive générerait pour l'Ukraine, doivent avoir de solides éléments confirmant cette menace d'explosion nouvelle du conflit pour convoquer ce qu'il convient d'appeler la "réunion de la dernière chance".

Parmi les 6 points essentiels abordés à Berlin par le "Format Normandie" (sécurité, militaire, politique, humanitaire, économique, constitutionnel) tous, à l'exception de l'échange des prisonniers, sont soumis à l'application stricte et sine qua non du 1er point des accords de Minsk, à savoir un cessez le feu total sur la ligne de front du Donbass.
  • Or ce cessez le feu n'a jamais été respecté par Kiev qui, pour saboter les accords a non seulement soumis les Républiques aux tirs quotidiens de son armée, mais également envahi progressivement la zone neutre appelée "grise" située entre les 2 lignes.
  • Le deuxième point bloquant les accords de Minsk sur leur base de départ est la question du "statut spécial" devant être accordé au Donbass et qui impose une modification de la constitution ukrainienne, refusée par la majorité des parlementaires dune Verkhona Rada contrôlée par les nationalistes, qui y voient le début d'une fédéralisation du pays.
Aussi, le soir même de la réunion, Avakov, le Ministre ukrainien de l'intérieur appelait à abandonner ce format Normandie jugé "obsolète" (média "Ukrainian Truth") et le lendemain à partir de 12h00 l'armée de Kiev engageait une campagne de bombardements sur l'ensemble de la ligne de front.


Même si la France et l'Allemagne considèrent, en bons laquais étasuniens, l'Ukraine comme un allié et la Russie comme un obstacle à l'hégémonie militaro-industrielle occidentale (le refus récent de réintégrer Moscou au G7 en est un est une exemple), ils ne sont toutefois pas disposés à risquer une guerre dans laquelle quelle qu'en soit l'issue, ils sortiraient grands perdants.
Cette prudence des occidentaux est certainement encouragée par leur lassitude des sanctions économiques anti-russes autant qu'une crispation avec le protectionnisne économique de Washington qui leur demande par ailleurs toujours plus de sacrifices pour l'OTAN.

Sachant que les précédents échecs du processus de paix signé à Minsk étaient principalement dûs aux violations des accords par l'armée ukrainienne, la balle était donc ce 11 juin soir, dans le camp de Kiev.

Mais Kiev, fidèle à son jusqueboutisme suicidaire a donc confié à son artillerie le soin de "prendre acte" des beaux discours prononcés à Berlin. En faisant cela l'Ukraine post Maïdan ne fait qu'exécuter la stratégie étasunienne en Europe et dans le Donbass en particulier.

En détruisant le processus de Minsk, Washington veut faire passer en force une mission de L'ONU "version croate" où les casques bleus valideraient facon passive l'épuration des territoires des Républiques du Donbass.Et l'organisation militaro-politico-juridique mise en place par Kiev à travers sa "Loi de réintégration du Donbass" prouve cette volonté de rejouer ce scénario.

En attendant, les occidentaux commanditaires du Maïdan mais empêtrés dans ses conséquences conflictuelles et leur asservissement à Washington jouent la montre en espérant qu'un remède miracle tombe du ciel et les sauve de ce Golem fou qu'ils ont créé sur le Maïdan et qui est devenu incontrôlable.

A part la maigre consolation que constitue un accord de principe sur un nouvel échange de prisonniers à venir, cette réunion du " Format Normandie" est vraisemblablement un nouvel échec qui laisse la résolution pacifique du conflit dans une impasse de plus en plus sombre de l'avis même d'Alexander Hug, le chef de la mission de l'OSCE dans le Donbass.

Donc rien à retenir de cette circonvolution byzantine de Berlin tandis que les soudards sont aux portes de Donetsk et Lugansk à part peut être cette petite phrase finale du ministre russe Sergei Lavrov qui a fait approuver par ses homologues le principe de "l'inviolabilité des accords de Minsk".

Si on met en perspective ce principe avec la promesse du président Poutine d'intervention russe en cas d'attaque ukrainienne dans le Donbass on voit que Kiev risque fort de se retrouver seule à assumer sa stratégie criminelle face à la puissante Russie.

Car à part quelques mercenaires et radicaux pas un occidental équilibré ne veut mourir pour Kiev et son régime corrompu à te dance néo-nazie

Sauf si Washington et Kiev, comme à leur accoutumée cherchent à organiser un false flag pour se victimiser et maquiller leur offensive en légitime défense et enclenchent le jeu des alliances sur plusieurs fronts contre la Russie.

En attendant, par les bombardements du 12 juin Kiev a envoyé une fin de non recevoir des propositions russe et occidentales et continue ses attaques diffamatoires contre la Russie accusée de financer le terrorisme, de vouloir tuer un journaliste à Kiev et je ne sais quelle autre plaie d'Égypte encore.

Kiev semble donc avoir choisi la voie du suicide...

Mais est-ce vraiment un choix ?

Erwan Castel


"Chaud patate !"

156

Impact d'une roquette tirée par un RPG 7 ukrainien contre le pilier d'un pont où sont embossées des mitrailleuses lourdes républicaines 

Pour cette journée du 12 juin, alors que les diplomaties occidentales et ukrainienne, continuent à endormir "l'opinion internationale" avec la poudre de perlimpinpin concoctée à Minsk, sur le terrain, civils et militaires continuent d’être la cible des ukrainiens et à l'évocation de ce processus de paix descendent dans les caves ou fourbissent leurs armes.

En effet dès ce jour d'après l'annonce de la résurrection de Minsk 2, le front du Donbass a connu plusieurs séries de bombardements ukrainiens notamment au Nord de Gorlovka dans l'arc Svitlodarsk, à Pervomaisk, Trudovsky, Yasinovataya, à Dokuchaïevsk ou une femme à été blessée.


Mardi 12 juin 2018 

Sur nos positions défensives de Promka, entre Yasinovataya et Avdeevka (Nord de Donetsk) nous avons  nous vécu ce 12 juin 2018 2 alertes sérieuses.

A 7h00 du matin une infiltration ukrainienne utilisant la vegetation dense de la saison a été déjouée juste devant nos lignes laissant une journée plutôt calme s'installer.

Mais vers 19h00 les tirs ukrainiens ont repris crescendo pour éclater aux environs de 22h00 en une série de tirs de roquettes individuelles (essentiellement du RPG 7) et grenades propulsées (AGS 17 et GP25) sans oublier les armes légères de tous calibres.

Traçantes de tirs ukrainiens passant par dessus notre avant poste 
et visant une position républicaine voisine tenus par nos camarades

Vers 22h30, les tirs ukrainiens ont été concentrés sur notre position jumelle située à moins de 100 mètres de "Forteruine", laissant redouter une attaque directe et déclenchant un branle bas de combat dans tout notre secteur.

"Multik" dès le saut du lit le doigt sur la détente.

Durant une partie de la nuit s'en sont suivis des échanges de tirs nourris depuis nos positions fortifiées et les ukrainiennes distantes de 100 à 300 mètres seulement.

04h00, retour au poste de combat après une courte réunion avec Morphée toujours sous les tirs réguliers et nerveux des ukrops.

Une nouvelle journée s'ouvre sur au milieu des étuis vides jonchant le sol devant les embrasures griffées de "Forteruine"...

Erwan Castel

La vidéo (15") du même tir de roquette présenté en bandeau, 
au milieu des échanges de tirs.

Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du Front

mardi 12 juin 2018

Au lendemain du bal des faux culs


Hier lors de la réunion "Minsk 2" à Berlin, devant le vœu pieu de voir les accords de Minsk 2 renaîtrent de leurs cendres, le Ministre ukrainien des Affaires Etrangères appuyé par les sourires narquois de ses homologues français et allemands opinait hypocritement devant les médias.

De son côté le Avakov, le Ministre ukrainien de l'Intérieur exhortant dans le média "Ukrainian truth" à abandonner ces accords de Minsk jugés "obsolètes" au profit d'une réoccupation militaire du Donbass morceau après morceau, confiés aux casques bleus avant d'être soumis à une épuration policière.

Cette opinion en faveur de la force est loin d'être isolée au sein de la partie ukrainienne et en particulier des militaires qui espèrent beaucoup sur le nouveau format de l' "Opération des Forces Combinées" pour reprendre le Donbass.

Ainsi aujourd'hui l'armée ukrainienne a effectivement confirmé à sa manière son avis quant au processus de paix :

A 12h00, bombardement ukrainien du centre de la ville de Dokuchaïevsk , 1 femme sérieusement blessé et des immeubles endommagés

Bombardement du centre de Dokuchaievsk où il n'y a pas d'objectifs militaires le 12 juin 2018

A 15 h00, bombardements ukrainiens dans le Nord de Gorlovka...

Et la journée n'est pas terminée !

Erwan Castel

Une inaptitude criminelle


Un grave accident entraînant la fuite de produits chimiques vient de se produire à Toresk, une petite ville occupée par l'armée ukrainienne dans la Région de Volnovakha entre Donetsk et Mariupol.

Dans ce dépôt dont le barrage s'est effondré 270 tonnes selon les medias ukrainiennes de produits toxiques qui sont les déchets d'une usine de phénol.

Après les incendies sur le site sinistré de Tchernobyl, les incidents graves répétés des centrales nucléaires comme celle de Zaporodje etc, l'Ukraine post soviétique continue de démontrer, s'il en était encore besoin, son inaptitude à gérer le pays.

En effet et concernant ce dépôt de Toresk une mise en garde sévère avait été émise en juin 2017 suite à des problèmes de méthane remontant des galeries de mines inondées. (https://www.ukrinform.fr/…/2254154-la-ville-de-toretsk-dans…)

Voilà ce que le rapport de l'époque notait : « Il est nécessaire de faire des travaux pour le renforcement du barrage de l'usine locale de phénol. Aujourd'hui, ce réservoir artificiel contient environ 33 000 tonnes de déchets liquides contenant du phénol, du naphtalène, du formaldéhyde, de l'acide sulfurique, de l'huile minérale et d'autres composés chimiques qui ont été produits pendant le fonctionnement de l'entreprise »

Or a priori, et au vu de l'accident d'aujourd'hui, rien à été fait pour consolider le barrage. Cela montre bien au passage le dédain des autorités de Kiev pour ces régions peuplées de russophones .

La proximité de la ligne de front menace tout le bassin fluvial qu'elle suot en aval jusqu'à'a Mariupol.
Et il ne manque plus maintenant que ces idiots d'ukrops accusent de sabotage les républicains ou les pro-russes.

Affaire à suivre...

Observation : il y a un problème de chiffres dans l'article de Sputink soit c'est 27 000 tonnes au vu des stockés précédents de 2017 qui mentonniaient 33 000 tonnes soit c'est 10% et non 90% sa capacité qui reste dans le bassin de décantation. En espérant cependant que c'est pas la première erreur.

Erwan Castel
Source de l'article : Sputnik

Un dépôt de déchets toxiques, situé dans une zone du Donbass contrôlée par l'armée ukrainienne, a subi un accident susceptible d'entraîner la contamination de la région.

Située sur la dénommée «ligne de séparation» entre troupes gouvernementales et milices populaires du Donbass, le dépôt contient actuellement 270 tonnes de déchets, soit 90% de son volume. La ville de Toretsk est contrôlée par les forces des autorités de Kiev.
Des spécialistes ont prélevé des échantillons de sols et d'air dans la zone du dépôt accidenté. Des cours d'eau avoisinants devront également être examinés pour établir s'ils sont contaminés par d'éventuelles fuites de substances toxiques.

Les indépendantistes de la «république populaire» de Donetsk ont qualifié les rapports du ministère ukrainien d'intox. Selon eux, la partie ukrainienne cherche un prétexte pour ne pas retirer ses forces de la «ligne de séparation».

On a le droit de rêver !


Une nouvelle réunion du marché de dupe appelé "format Normandie" s'est déroulée à Berlin entre les ministres des affaires étrangères russe, ukrainien, allemand et français.

Le réunion a été définie de "difficile" mais s'est conclue sur une volonté commune de réanimer le processus de paix signé à Minsk en février 2015...

Autant dire que rien n'a bougé et que la paix reste dans l'ornière creusée par Kiev qui n'a jamais été sanctionné pour :
  • Ses violations quotidiennes du cessez le feu, 
  • Ses invasions de la zones neutres,
  • Son blocus économique du Donbass,
  • Ses maltraitances et exécutions de prisonniers,
  • Sa répression dans les territoires occupés par Kiev,
  • Le déploiement de ses armes lourdes sur le front,
etc.

Le seul point des accords de Minsk sur lequel les parties réussissent à dialoguer d'abord parce qu'il intéresse les ukrainiens et n'interfère pas aux actions offensives de leur armée, c'est l'échange des prisonniers.

Pour le reste, derrière l'optimisme obligé des diplomates, tout est au point mort, y compris le déploiement des casques bleus soumis à un cessez le feu préalable (c'est un peu comme si on devait appeler les pompiers après l'incendie).

Ces accords de Minsk sont juste un couvercle mis sur la marmite en attendant que le feu s'épuise et avec lui la résistance du Donbass.

Le seul moyen d'engager un vrai processus de paix serait que L'OSCE organise également des élections dans les territoires occupés par Kiev (et pas seulement enRPD et RPL) qui, si le résultat ne lui est pas favorable, reculerait son armée sous le contrôle des Nations Unis.

Ainsi les territoires des anciens oblasts seraient libérés sans combattre et un vrai processus de paix pourrait être engagé directement entre les Républiques et Kiev...

Après tout, on a bien le droit de rêver tout en nettoyant son arme !

Erwan Castel

Source de l'article: le Point 

Ukraine: Paris et Berlin veulent croire en une reprise du processus de paix

Paris et Berlin se voulaient prudemment optimistes lundi soir pour le processus de paix en Ukraine qu'ils parrainent, à l'issue d'une réunion où Russes et Ukrainiens se sont réengagés en faveur d'un cessez-le-feu attendu de longue date.

"Toutes les parties se sont de nouveau exprimées en faveur d'un cessez-le-feu durable, et celui-ci inclut le retrait des armes lourdes, le désarmement de troupes, le déminage dans la région (du Donbass) et de l'accès comme de la protection de la mission d'observateurs de l'OSCE", a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas après cinq heures de réunion tardive à Berlin avec ses homologues français, russe et ukrainien.

Cette rencontre ne visait pas à réaliser une percée diplomatique mais à renouer le dialogue après 16 mois sans réunion et une escalade des tensions dans l'est de l'Ukraine où le cessez-le-feu prévu par les accords de Minsk de février 2015 est violé une multitude de fois chaque jour.

Le ministre français Jean-Yves Le Drian a donc salué lundi une "dynamique positive" et son homologue russe Sergueï Lavrov a évoqué "une rencontre très utile" même si "nous n'avons pas réussi à régler tous les problèmes liés à la mise en oeuvre des accords de Minsk".

Quant à l'idée d'une force de maintien de la paix de l'ONU, les quatre ministres l'ont évoquée à Berlin lundi soir, mais elle semble exclue tant que le cessez-le-feu ne sera pas respecté.

"Nous sommes prêts à travailler sur les paramètres d'une possible mission des Nations unies pour l'Ukraine orientale lorsque la mise en oeuvre des accords de Minsk le permettra", a dit M. Le Drian.

Regain d'activité

Le conflit entre Kiev et les séparatistes pro-russes du Donbass a fait quelques 10.000 morts en quatre ans et des centaines de milliers de déplacés, malgré le processus de paix engagé sous l'égide de Paris et Berlin.

Mais signe du regain d'intérêt et d'activité diplomatique, le Conseil de sécurité de l'Onu a adopté début juin sa première résolution sur le conflit depuis janvier 2017, afin de dénoncer les violations du cessez-le-feu.

Le président russe Vladimir Poutine et son homologue ukrainien Petro Porochenko ont eu quant à eux une rare conversation téléphonique samedi pour évoquer notamment un "échange de prisonniers". Cette question a aussi été évoquée lundi à Berlin.

Mais la méfiance entre Russes et Ukrainiens reste considérable, comme l'a illustré encore fin mai l'étrange faux assassinat du journaliste russe Arkadi Babtchenko en Ukraine, les services de renseignement ukrainiens justifiant leur mise en scène par la nécessité d'enrayer un vrai complot ourdi selon eux par Moscou.

Et le pouvoir russe continue d'affirmer qu'il ne soutient pas militairement les combattants de l'est ukrainien, un mensonge selon les Occidentaux et les Ukrainiens.

"Conséquences graves"

Vladimir Poutine a, lui, mis en garde Kiev contre toute "provocation" visant les séparatistes pro-russes du Donbass durant le Mondial de football qui s'ouvre le 14 juin en Russie.

Cela "aurait des conséquences très graves pour l'Ukraine en tant qu'Etat", a-t-il menacé.

La reprise à Berlin du dialogue à quatre intervient aussi alors que le Kremlin se prend à espérer une levée des sanctions imposées par l'UE en raison du conflit ukrainien.

M. Poutine peut notamment compter sur l'arrivée au pouvoir en Autriche et en Italie de gouvernements plus pro-russes, portés par des partis d'extrême droite ou populistes. Mais d'autres en Europe, Pologne en tête, réclament à l'inverse toujours plus de fermeté face à Moscou.

"C'est une partie non négligeable de notre processus de discussion avec les leaders de la France, de la République fédérale allemande", a affirmé ainsi Vladimir Poutine, selon qui en Europe beaucoup affirment "publiquement" qu'il "est temps de sortir des sanctions".

Paris et Berlin ont, eux, réaffirmé que la levée des sanctions dépendra de l'application des accords de Minsk. Mais sur fond de relations dégradées avec les Etats-Unis de Donald Trump, des responsables s'interrogent sur la nécessité d'une détente avec Moscou, bien que le Kremlin soit accusé de campagnes de cyberattaques et de désinformation contre les Occidentaux.

Un solstice en approche

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A Clarence, l'amie inconnue du Québec

Autant le mondialisme, cette prétention criminelle à vouloir peindre le Monde de la même couleur de croyance, de pensée, de mode, de culture, de fric et finalement de merde est exécrable, autant la mondialisation des techniques est une ouverture au Monde et à sa diversité.

Ainsi ce matin vers 04h00, au moment où la Nature diurne s'éveille imperturbable et souveraine au milieu de la folie de hommes, je conversais avec une amie du réseau de soutien habitant au Québec qui de l'autre côté de l'Atlantique baignait dans l'obscurité d'une nuit naissante. La magie d'internet !


Mardi 12 juin 2018 

En regardant la photo envoyée en une fraction de seconde aux antipodes du Donbass, et tout en admirant comme chaque jour notre étoile s'élançant sur son orbe céleste, je songe avec tristesse au gâchis opéré par l'Homme moderne.

A l'horizon, par delà les fleurs qui soignent avec leurs couleurs les griffures humaines subies par cette terre noire du Donbass toujours et encore inondée de sang et de larmes, les rumeurs et les humeurs humaines se font entendre :

A l'Est ce sont les ronflements des usines de Yasinovataya qui accompagnent cette résilience du peuple du Donbass qui s'accroche à quelques minutes du champ de bataille.

Au Nord, des cliquetis de chenilles de véhicules blindés ukrainiens aiguisent notre veille aux remparts de la République et rappellent à chaque instant la menace d'une nouvelle offensive.

A l'Ouest, les fumées des cheminées de la cokerie d'Avdeevka nous rappelle cette population pro-russe qui vit sous la botte de la haine ukrainienne et attend sa libération.

Au Sud, les rumeurs des camions militaires ou civils ravitaillant depuis Donetsk la ligne de front, sont comme le sang qu'un cœur diffuse vers ses membres.

Et nous sommes au milieu, sous ce soleil invaincu à la croisée des destinées humaines où la gloire et la tragédie s'entremêlent pour ne plus former qu'un réceptacle, tantôt athanor où l'âme est transmutée, tantôt broyeur où les corps sont déchiquetés.

A chacun d'assumer son destin et d'influencer sa destinée pour que le cycle de son soleil s'accomplisse dans la beauté de l'Honneur.

En attendant, sur les ferrailles rouillées de l'antenne effondrée de notre "Forteruine" les ricochets des balles ukrainiennes viennent sonner les heures sous le chant des oiseaux.

Et la steppe se réveille dans la magnificence de la lumière solaire qui annonce l'approche du grand solstice.

Erwan Castel

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