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dimanche 2 janvier 2022

Marches fécales ukrainiennes

Marche aux flambeaux bandériste dans les rues de Kiev le 1er janvier 2022 (estimée à 3500 personnes)

A l'occasion du premier jour de l'année, les nationalistes radicaux, bandéristes et autres néo-nazis ont manifesté leur nostalgie d'un Reich qui, à l'instar du Maïdan les autorisa pour la première fois à répandre leur haine ethnocentrée à travers l'Europe de l'Est. 
Et dans les rues ukrainiennes, depuis celles du centre de la capitale jusqu'à celles des villes occupées du Donbass ou des nouveaux collabos étaient venus provoquer les populations russes, des marches aux flambeaux rythmées par des vociférations russophobes sont venues brandir comme une icone sacrée les portraits de Stepan Bandera. Né un 1er janvier 1909, l'ultra nationaliste ukrainien, qui fut dirigeant de l'Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA), de l'Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN), fondateur de la Légion ukrainienne sous commandement allemand se révéla dans les années 40 être un collaborateur nazi aussi ingérable que criminel.

Quelques collabos bandéristes sont venus narguer sous protection
policière les russes de Slaviansk (à 100 km au Nord de Donetsk),
un ville républicaine qui fut le berceau de la rébellion du Donbass,
aujourd'hui occupé par les forces de Kiev, et attendant sa libération.  

Listons ici pour mémoire quelques uns des étrons collabos de Stepan Bandera dont chacun suffit à justifier sa "liquidation" par un commando du NKVD le 15 octobre 1959 et surtout devrait rendre inadmissible et condamnable sa réhabilitation observable depuis le coup d'Etat du Maïdan :

La deuxième guerre mondiale est à ce sujet révélatrice de la dichotomie identitaire ukrainienne, l'Est du pays ayant fourni à l'armée rouge nombre de divisions dont beaucoup comme la "division des mineurs" de Donetsk ont réalisé de hauts faits d'armes lors de la libération de l'Europe, tandis que l'Ouest du pays vomissait surtout des collaborateurs criminels au nazisme. 

Ces "soldats" de Stepan Bandera furent très nombreux (environ 250 000 répartis dans des unités de sabotage, de police, de Wehrmacht, Waffen SS et SS) et se rendirent coupables de nombreux massacres, pogroms, exécutions sommaires, rafles etc. essentiellement contre des populations civiles russes, ukrainiennes et polonaises. 
  • la 14e division SS Galicia, 
  • la 13e division SS Handschar, 
  • les 5e, 6e, 7e, et 8e régiments SS, le 204e bataillon. 
  • les groupes de saboteurs OUN B et OUN M, 
  • les unités de police de sureté antipartisans 109, 114, 115, 116, 117, et 118. 
  • le bataillon Nachtigall spécialisé dans la répression, 
  • l'armée nationale ukrainienne (UPA) "alliée des allemands", 
  • la milice ukrainienne "qui aidera à supprimer les juifs " (lettre de Stetsko à Bandera du 25/06/41),
  • les 201e, 50e et 15e bataillons de police, surveillant les déportations, ghettos et camps,
  • etc. (voir une synthèse ici)
Les victimes directes et attestées de ces collabos ukrainiens bénis par l'église catholique uniate dépassent largement le million de personnes (massacres de Babi Yar, Lwów, Huta Pieniacka Volhynie, Ternopil, Sataniv, Vinnytsia, Kortelisse, Doubno etc.).

Après la guerre, ces criminels bandéristes se sont réfugiés dans les montagnes forestières de leur berceau galicien (région de Lvov à l'Ouest de l'Ukraine) où ils continuèrent pendant des années, sous le sobriquet de "frères de la forêt", a commettre des forfaits et crimes à l'encontre des autorités soviétiques et des civils natifs des régions russophones de l'Est du Donbass (j'ai personnellement recueilli plusieurs témoignages d'amis de Donetsk, dont des parents furent persécutés par ces "frères de la forêt" dans la région de Lvov).

Aujourd'hui ces néo-nazis ressortent des égouts de l'Histoire dans l'indifférence complice et même la collaboration active des autorités ukrainiennes mais aussi de leurs parrains occidentaux !

...des manifestations nationalistes bandéristes dans les rues de Kiev

...aux unités de volontaires sur le front du Donbass, comme ici un
groupe du régiment nationaliste "Azov" exhibe avec fierté le revers
bien plus explicite de son drapeau bandériste à la symbolique nazifiée.

Aujourd'hui le nazi Stepan Bandera est officiellement réhabilité
et glorifié dans cette Ukraine post Maïdan tant chérie par les
démocraties droitdelhommistes occidentales dont les anciens
se sont battus et sont morts pour libérer l'Europe du nazisme !

Cherchez l'erreur !:

Certains ukro-atlantistes diront certainement que mes lignes ne sont que de la propagande s'appuyant sur des faits divers anecdotiques marginaux mais alors comment justifient-ils alors de vote hallucinant répété chaque année à l'ONU concernant une proposition de résolution condamnant la glorification du nazisme et que bien entendu les chiens de garde médiatiques du IVème Reich n'ont pas juger bon de relever dans leurs communiqués propagandistes.

Ce 17 décembre 2021, la Russie a présenté une nouvelle fois au vote des nations unies sa résolution annuelle appelant les nations à combattre la glorification du nazisme, et le résultat est on ne peut plus révélateur du naufrage moral de l'Occident :

75 années après la seconde guerre mondiale,

Les USA et l'Ukraine refusent de combattre le nazisme ! 
et les pays occidentaux, regardant ailleurs s'abstiennent !

Les résultats de ce nouveau vote mémoriel se passent de tout commentaire et au vu de la dérive totalitaire des démocraties occidentales (dans la gestion de la crise sanitaire par exemple), ils ont au moins l'avantage de présenter une triste cohérence avec l'effondrement éthique de ces parangons des Droits de l'Homme qui ressemblent de plus en plus à ces criminels qui agitaient autrefois les bannières du Christ dans les carnages des croisades, conquêtes territoriales qui n'avaient de religieuses que le nom.




Et pour finir sur une pensée bien plus symbolique et chargée d'une espérance éternelle, je retiendrai pour l'Histoire que le 1er janvier, c'est surtout celui de l'année 1959, lorsque les volontaires du commandant Fidel Castro ont la rébellion du peuple cubain à la victoire et, tandis que le dictateur Batista s'enfuyait vers les USA, qu'ils ouvraient le chemin de la dignité des peuples dans leur combat contre l'impérialisme et pour leur Liberté.


"Hasta la victoria siempre !"

Erwan Castel

mardi 27 novembre 2018

Bilan de la provocation de Kertch


Rappel des faits : le 25 novembre 2018 matin 3 unités militaires navales ukrainiennes, en violation de du code maritime international qui exige une déclaration et autorisation préalable entre les services frontaliers des pays concernés, ont voulu forcer  le passage du pont de Kertch, situé dans les eaux territoriales russes. Les gardes-frontières maritimes russes, après de nombreux avertissements ignorés par la marine ukrainienne ont alors fait légitimement usage de la force pour bloquer le passage à ces navires. (^pour les détails, voir l'article précédent "Alerte en Mer Noire" et ses mises à jour

Aujourd'hui les preuves que cet incident est le fruit d'une provocation ukrainienne apparaissent comme le nez au lieu d'un visage comme par exemple les témoignages des marins ukrainiens (toujours détenus par les autorités russes) et qui révèlent que les agents du SBU embarqués avec eux dirigeaient l'opération navale.

Vidéo de l'éperonnage du remorquer d'assaut ukrainien qui 
voulait forcer illégalement le passage dans les eaux territoriales russes

Dans la foulée un raz de marée prévisible de réactions ukrainiennes et occidentales a été déclenché pour accuser la Russie d'avoir provoquer un "Casus Belli" en Mer Noire. Parmi les réactions ukrainiennes principales, en dehors des vociférations russophobes habituelles d'ukropithèques s'agitant devant l'ambassade de Russie à Kiev, c'est la demande immédiate du Président Porochenko d'instaurer la loi martiale en Ukraine qui attire l'attention et soulève le voile sur les motivations réelles de cette provocation grossière... 

Car il est à noter qu'au plus fort des combats en 2014 et 2015 (combats de Slaviansk, chaudrons d'Iliovaisk et de Debalsevo par exemple) provoquant des centaines de pertes dans les rangs ukrainiens "officiellement" causés par des unités russes selon la propagande ukrainienne, le Président Porochenko n'a jamais instauré de loi martiale ni même évoqué cette possibilité. 

Qu'est ce qui a changé depuis 2014 ?

Il ne faut certainement pas regarder du côte de Donetsk et Lugansk où la guerre reste enlisée par les accords de Minsk dans les tranchées du Donbass mais plutôt du côté de Kiev où se déroule la course électorale pour les élections présidentielles ukrainiennes de mars 2019.


Échec de la provocation ukrainienne à Kertch


Lorsque les 3 unités navales ukrainiennes veulent forcer le passage après avoir refusé d'obtempérer aux injonctions des gardes frontières russes, la nature de leur mission suicide est plus qu'évidente : provoquer les forces russes et les obliger a engager le feu contre elles.

L'idéal pour Kiev aurait été que les barcasses ukropithèques soient coulées brutalement dans des eaux rougies par le sang de ses marins sacrifiés sur l'autel de la russophobie.

Or il n'en a été rien, car les marins des services frontaliers russes et les soldats du FSB ont fait preuve d'un sang froid et d'une retenue professionnelles dans l'usage de la force provoqué par la violation de leurs frontières. Alors qu'ils pouvaient, et légitimement, envoyer par le fond bateaux et équipages ukrainiens en quelques minutes, les russes ont procédé à un blocage non létal et même risqué pour le "Don" leur propre patrouilleur. Plus tard devant l’entêtement des marins ukrainiens la saisie de leurs unités s'est déroulé avec seulement 6 blessés dans leurs rangs qui ont été immédiatement pris en charge par les services médicaux russes.

Et pour clore la gestion de crise exemplaire des autorités russes, ces dernières qui étaient en droit de saisir définitivement des navires ukrainiens et même de les détruire les ont saisi et maintenu à quai en attendant une négociation pour leur éventuelle restitution peut-etre en échange des bateausx de commerce russes saisis par Kiev (comme le "Sever" par exemple)

Si l'incident provoqué par Kiev a inévitablement eu lieu, en revanche Moscou en a pris immédiatement le contrôle pour que ses objectifs suicidaires ne puissent atteindre les sommets de la crise internationale espérée par Porochenko. 


Échec de Porochenko au parlement ukrainien


Immédiatement, Porochenko faignant la victimisation dans une inversion accusatoire russophobe a évoqué l'instauration de le loi martiale dans le pays. Cette précipitation et dramatisation d'un incident frontalier et des réactions envisagées pour un incident qui n'est pas une nouveauté dans l'histoire des contestés frontaliers à travers le Monde révèle d'une part qu'il s'agit bien d'une provocation ukrainienne programmée et que ses objectifs sont plus du côté de Kiev que de Moscou ou même la Crimée.

Concernant cette idée d'appliquer la loi martiale à l'Ukraine, l'opposition au Président Porochenko, et malgré une russophobie hystérique partagée, a immédiatement compris son objectif politique qui est de vouloir neutraliser voire même d'annuler les élections présidentielles ukrainiennes pour lesquelles le Président sortant est loin d'être le challenger.
Et la réaction de Yuri Kasyanov, qui a annoncé récemment être candidats aux élections présidentielles, résume à elle seule le dessous de cet incident de Kertch : "Il me semble que les événements survenus près du pont de Kertch ne sont pas une provocation de la Russie contre l'Ukraine, mais une provocation du pouvoir de Kiev contre le peuple ukrainien. A première vue, tout ce qui s'est passé ne semble être qu'une opération bêtement planifiée et une autre manifestation de la lâcheté". 

Résultat, le parlement ukrainien, la Verkhovna Rada, soucieux de ne pas voir son hémicycle se transformer encore en ring de boxe, a adopté le 26 novembre, mais de façon partielle, cette loi martiale en Ukraine appuyée par le Président Porochenko par 276 voix pour (sur 424 députés), avec des aménagements dans les contraintes et les territoires d'application qui montrent bien qu'il s'agit plus d'une nouvelle gesticulation russophobe de principe, destinée à ne pas faire perdre la face au pouvoir en place tout en discréditant sa provocation grossière qui ridiculise plus l'Ukraine qu'elle ne la victimise. 

Extrait du discours de Porochenko après révision à la baisse de son projet d'instaurer la loi martiale : "Sur la base des résultats de la discussion, il est supposé que la loi martiale sera introduite exclusivement dans les régions situées le long de la frontière russe, le long du segment transnistrien de la frontière ukraino-moldave et le long de la mer Noire et de la mer d'Azov - exactement là où une grève peut être frappée. Je tiens à lire une liste de ces régions, sur lesquelles les conditions de qualification sont clairement soulignées: il s'agit des régions suivantes: Vinnitsa, Louhansk, Nikolaev, Odessa, Soumy, Kharkov, ainsi que Chernigov, Kherson et les eaux intérieures de la zone d'eaux Azov-Kertch".


Mais il reste le joker occidental


Si le Président Porochenko a lancé une provocation dans l'espace maritime intercontinental de la Mer d'Azov plutôt que sur le front militaire du Donbass par exemple, c'est certainement parce que ce domaine est régit par des lois internationales maritimes et qu'il espérait, dans l'environnement d'une Crimée toujours non reconnue comme territoire russe par la communauté internationale, que cette dernière se précipiterait à sa suite dans une charge contre Moscou.

Et le Conseil de sécurité des Nations unies convoqué logiquement en urgence, va confirmer que l'incident sert effectivement la stratégie occidentale anti-russe qui s'exprime dans tous les domaines possibles aux quatre coins du globe et qui peut-être même a été l'inspiratrice de cette provocation pour protéger sa marionnette kiévienne et s'offrir encore un prétexte pour de nouvelles représailles économiques et militaires contre la Russie.

En effet ce Conseil des Nations Unies sous contrôle des occidentaux, alors que les faits accusent l'Ukraine dans l'incidents de Kertch, a bloqué la question de la Russie concernant la situation dans le détroit de Kertch, 7 membres ayant voté contre 4 pour et 4 autres se sont abstenus. 

Le représentant adjoint russe, Dmitry Polyansky, commentant la décision partiale du Conseil a déclaré qu'il regrettait les résultats du vote. Il a noté que le Conseil de sécurité mettait en péril sa réputation en appuyant la position de l'Ukraine dont les intentions réelles, qui sont mêmes reconnues au sein des milieux politiques d'opposition ukrainiens anti-russes, sont de saboter un processus électoral pour lequel Porochenko est en mauvaise position et exacerber le conflit qui sévit dans le Donbass depuis 5 ans bientôt.


Et du côté de l'OTAN...

Jen Stoltenberg, secrétaire Général de l'OTAN

Le soutien de l'OTAN au régime de Kiev est quant à lui encore plus virulent comme en témoigne la réunion d'urgence réalisée d'ailleurs dans la capitale ukrainienne pour symboliser par son lieu de quel côté sr positionne le bras armé du Mondialisme dans cette crise majeure.

Et là aussi les occidentaux vont montrer rapidement leur jeu dans cette affaire de Kertch. En effet après les discours diplomatiques de façade qui prétendent vouloir "maintenir le dialogue" en appelant  à une désescalade des tensions et un retour en Ukraine des marins et agents du SBU toujours prisonniers des services russes,  l’Alliance atlantique par la voix de son secrétaire général Jen Stoltenberg demande à Moscou de garantir aux navires ukrainiens la liberté de navigation dans le détroit de Kertch et la mer d’Azov. 

Or cette liberté de circulation des navires ukrainiens en Mer d'Azov a toujours été garantit par la Russie (y compris pour les unités militaires) a condition qu'ils se conforment aux procédures de navigation dans les mers intracontinentales telles que définies par les lois maritimes internationales, ce qui n'a pas été le cas le 25 novembre 2018.

Après cette accès de mauvaise foi, Stoltenberg, ce porte-flingue russophobe de la ploutocratie mondialiste, finit par se lâcher :

« La situation en Ukraine et autour, y compris la mer d’Azov, la mer Noire et la militarisation de la Crimée, a été évoquée maintes fois lors des réunions avec la Russie, déclare Jens Stoltenberg, le secrétaire-général de l’Otan. Nous avons même remis le sujet sur le tapis il y a quelques semaines lors du dernier conseil Otan-Russie. L’Otan a entrepris les plus importants des renforcements de sa défense collective depuis une génération. La Russie doit comprendre que c’est une conséquence de ses actions ».



Nous y voilà !!!

Et vient d'être à nouveau avoué le véritable but de la stratégie occidentale en Ukraine, ce "pivot stratégique de l'Europe" comme le rappelait le géopoliticien et conseiller spécial US Zbigniew Brzeziński, à savoir la militarisation atlantiste de cette région à cheval entre l'Eurasie et l'Occident.

Les buts inavoués mais évidents de la provocation de Kertch organisé par Kiev et certainement ses parrains occidentaux sont désormais confirmés :
  • Tenter de redorer le blason de Porochenko voire même de reporter les élections présidentielles 
  • Engager de nouvelles sanctions internationales anti-russes par les occidentaux et parallèlement de nouvelles aides financières aux mendiants de Kiev
  • Accélérer et renforcer la militarisation de l'Ukraine par l'OTAN malgré le fait qu'elle ne soit pas membre de l'alliance
et accessoirement :
  • exacerber les manifestations russophobes en Ukraine et chercher une union nationale favorable au régime actuel
  • et certainement radicaliser et relancer également les provocations de l'armée ukrainienne dans le Donbass.
Manifestation russophobe devant l'ambassde de Russie à Kiev à l'issue de l'incident de Kertch

En conclusion, si l'incident de Kertch a été littéralement un "coup d'épée dans l'eau" pour le "piètre" Porochenko, en revanche il reste un formidable prétexte pour la stratégie belliciste occidentale d’accélérer son mouvement vers une confrontation ouverte avec la Russie comme vont certainement le confirmer de très probables nouveaux trains de sanctions anti-russes et opérations de l'OTAN en Ukraine ...

Erwan Castel 

mercredi 31 octobre 2018

Démocratie occidentale contre le peuple


Je dois avoir mal suivi mes cours d'instruction civique, d'histoire et de philosophie quand j'étais jeune, car jusqu'à ce que j'observe derrière les rideaux et les écrans de nos gouvernements occidentaux, je pensais que "démocratie" venait de dêmos (« peuple »), et kratos (« pouvoir »). 

Car de facto les régimes occidentaux, qui pourtant se réclament héritiers des émancipations révolutionnaires des peuples d'Europe et des "Droits de l'Homme" que leurs euphories ont ont écrit, méritent plus aujourd'hui le néologisme de "démocratures" que l’appellation de "démocraties". 

Preuve en est la guerre menée par les gouvernements européens aux velléités d'expression des peuples dans le débat politique. Des manifestations ignorées aux référendums invalidés les peuples n'ont que le droit de se soumettre à la pensée et aux intérêts de l'élite ploutocratique qui s'est emparée du système via la bourgeoisie vénale et amorale. Et le verrouillage de cette dictature douce où les parlements nationaux ou européens ne sont plus que des conseils d'administrations au service d'un complexe militaro-industriel apatride, se fait via les organisations internationales, UE, OTAN, et ONU auxquelles se sont soumis volontairement des gouvernements paralysés par la dette et les alliances politiques.

Même le Président de la Commission Européenne, Jean Claude Juncker, dont l'alcoolisme aussi chez lui aussi sa nature réelle, affirme en janvier 2015 au Figaro : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens. » 

Sur le terrain de l'Ukraine, le mépris des peuples est la caractéristique majeure qui guide les positions des occidentaux dans la gestion de cette crise majeure européenne qu'ils ont provoqué sur le Maïdan en 2014 et qui depuis a dérapé en conflit armé meurtrier dans le Donbass :
  • Février 2014 : les occidentaux soutiennent un coup d'Etat organisé par Washington et mené par la minorité néo-nazie ukrainienne pour renverse le gouvernement Ianoukovitch, démocratiquement élu.
  • Mars 2014 : les occidentaux refusent de valider le référendum (pourtant constitutionnel) de Crimée au cours duquel l'immense majorité de la population demande à revenir dans le giron russe après 60 années d'aventure ukrainienne.
  • Avril 2014 : devant le désir et l'organisation par les fédéralistes d'un référendum populaire dans les oblasts de Donetsk et Lugansk, Kiev envoie son armée bombarder la population qui se rebelle prend les armes et fait sécession.
  • 31 aout 2018 : Le Président élu de la République Populaire de Donetsk, Alexandre Zakharchenko est assassiné dans un attentat terroriste mené par les services ukrainiens 
Suite à cet assassinat, la jeune République de Donetsk mais aussi celle de Lugansk ont lancé un processus électoral pour stabiliser le pouvoir politique à Donetsk et poursuivre la construction républicaine engagé par Alexandre Zakharchenko.

Et c'est là qu'intervient sans honte le cynisme coutumier occidental qui veut aujourd'hui saboter le processus électoral en cours, en agitant comme prétexte qu'il serait incompatible avec le processus de paix signé à Minsk et que l'armée ukrainienne sabote tous les jours par des violations meurtrières mais qui elles ne semblent pas poser de problème à la même communauté internationale qui s'indigne et se pâme à l'idée que les femmes et les hommes du Donbass puissent choisir leur destinée ! 

Ainsi des USA et de leurs plus zélés laquais qui ont demandé une réunion du "Conseil de Sécurité de l'ONU" pour traiter en urgence de ces élections dans le Donbass, rien que ça !

C'est dire combien s'affolent les droitdel'hommistes, donneurs de leçons politiques et autres parangons des démocraties occidentales  lorsque la parole est donné au peuple !

Erwan Castel


Source de l'article : Russie Politics


Karine Bechet-Golovko


Elections dans le Donbass: 
l'ONU revient à l'incantation du fantôme des accords de Minsk


Hier 30 octobre, le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni non pas pour examiner, mais pour s'insurger contre l'organisation des élections dans le Donbass, que ses membres estiment, à l'exception de la Russie, violant les accords de Minsk. Que des populations vivant en situation de blocus soient obligées de s'organiser intéresse très peu ces chers garants de l'ordre mondial, qui veulent par là même faire porter la responsabilité de ces élections à la Russie. D'une certaine manière, ils reconnaissent ainsi que l'Ukraine a été choisie pour combattre la Russie, ce qui a été perdu en Crimée, ils tentent de le récupérer dans le Donbass. Le reste n'est qu'un conte pour enfants.

A la demande de la Suède, de la France, des Pays-Bas, des Etats-Unis, de la Pologne et du Royaume-Uni, le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni pour traiter de la question des élections dans le Donbass. Mais comme l'a rappelé la Russie, c'est elle qui a obtenu que cette discussion soit publique et non en huis-clos comme initialement prévu.

Les positions sont simples. Pour ces pays, en organisant des élections, le Donbass est coupable de violer les accords de Minsk et la Russie de le soutenir. Pour la Russie, il n'y a pas de violation des accords de Minsk, ce sont des élections locales et les populations sur place, vivant en situation de blocus de la part de Kiev, doivent bien s'organiser pour survivre. Indirectement, ces pays veulent déplacer le curseur des accords de Minsk, concernant les deux parties au conflit que sont l'Ukraine et le Donbass, vers un conflit extérieur entre l'Ukraine et la Russie, oubliant que la Russie n'est pas partie à ces accords, mais comme eux garant.

La France a, pour sa part, parfaitement exécuté son numéro de dévouement aveugle. Son représentant, M. François Delattre, dans sa déclaration, a fait montre de toute la partialité de notre pays. Lorsqu'il s'agit de l'organisation des élections locales, il accuse directement la Russie, mais lorsqu'il s'agit de la dégradation militaire du conflit, de la présence de tanks à la ligne de front, d'artillerie lourde, etc, étrangement il reste dans le flou. Refusant ainsi de devoir reconnaître les violations militaires ukrainiennes, oubliant les appels répétés à l'engagement du conflit de la part de différents responsables et politiques ukrainiens (voir plus en détail notre texte ici).

Les Etats-Unis et leurs pays satellites, dont malheureusement la France fait partie, ont utilisé l'Ukraine contre la Russie. En provoquant, finançant, soutenant le Maïdan, ils ont entraîné la chute de l'Etat ukrainien et les pertes territoriales en Crimée; en envoyant l'armée en 2014 contre les habitants du Donbass, ils ont provoqué cette guerre civile, qui sert des intérêts stratégiques étrangers.

Si je vois très bien où sont les intérêts américains dans la région, directement orientés contre la remontée de la Russie sur la scène internationale, je ne vois pas très bien en quoi consiste l'intérêt pour l'Europe d'avoir un conflit ouvert à ses portes et de l'entretenir servilement?

En conclusion - rien. Le site de l'ONU a publié un compte-rendu. Et c'est tout. Cet organe ne peut résoudre les conflits, il est un espace où il est possible d'en discuter. Pas d'accuser, mais de discuter. Quand les Etats ne sont plus capables de discuter, car leur position est idéologique, cet espace-même perd son sens. Ce que nous voyons de plus en plus souvent.


Karine Bechet-Golovko

samedi 16 décembre 2017

L'ONU au pied du mur de la Vérité


Un nouveau rapport de L'ONU concernant le conflit ukrainien vient de paraître, dénonçant une augmentation des crimes, viols, tortures et exactions diverses commis par les forces ukrainiennes sur le front du Donbass...

Ce rapport malgré ses tentatives d'édulcorer les responsabilités du régime criminel de Kiev ne peut cacher la réalité :

D'un côté des ukrainiens psychotiques institutionnalisant les crimes les plus abjects contre les populations russes du Donbass.

De l'autre côté des Républiques séparatistes accusées de pratiquer des détention administratives prolongées.

Mais je suis sûr que c'est ce dernier point qui va retenir l'attention des journalopes occidentaux à l'indignation sélective et commanditée.

En attendant, les occidentaux continuent de soutenir ce régime totalitaire, sa politique russophobe, son économie de guerre et surtout ses assassins psychotiques qu'ils vont désormais armer pour mieux servir leur cupidité vampirique.

Erwan Castel


Source de l'article : Russie Politics 

Rapport de l'ONU sur les exactions en Ukraine: âmes sensibles s'abstenir

Karine Bechet Golovko

La mission de surveillance des droits de l'homme en Ukraine vient de rendre public son dernier rapport. Le niveau de violence bestiale décrit et documenté côté des forces ukrainiennes fait peur. Il est absolument impossible de le comparer à ce qui est reproché aux  républiques de Donets et Lugansk. Viols, tortures, disparitions ... et pour autant, de la même manière les "deux parties au conflit" sont appelées également à faire des efforts. A ce niveau ce n'est plus de l'hypocrisie, ça relève de la psychiatrie.


Tout dans le dernier rapport de l'ONU sur le conflit en Ukraine montre le dérapage bestiale, primaire, des forces engagées par Kiev pour nettoyer et écraser le Donbass. Il est disponible ici en anglais et ici en russe.

D'une manière générale, l'ONU reconnaît non seulement une recrudescence des violences, mais une disproportion entre la quantité des exactions commises par l'armée ukrainienne et ses bataillons punitifs par rapport aux violations commises par les jeunes républiques.


Cela se confirme également par la carte de localisation des victimes, où l'on voit clairement une proportion de victimes plus importante côté DNR et LNR. Evidemment, l'ONU ne se permet aucunement de mettre en cause l'armée ukrainienne et les bataillons, puisqu'il est communément admis depuis la tragédie d'Odessa, pour laquelle les coupables n'ont pas été et ne seront pas inquiétés, que les "séparatistes/terroristes" ont cela d'étrange qu'ils se bombardent eux-mêmes et s'immolent volontiers.


D'une manière générale, alors que la situation se stabilisait un peu, depuis novembre, une escalade des violations des accords de Minsk a été remarquée. L'on peut douter que la décision du Canada de fournir des armes à l'Ukraine n'aide à pacifier la région. Du 16 août au 15 novembre, il y a eu 87 victimes civiles, 15 morts et 72 blessés. 60% d'entre elles ont été victimes de mines et 17% de tirs d'artillerie. En plus de ça, l'Ukraine a allègrement bombardé les sites civils situés dans les régions de DNR et LNR. Tel fut le cas de la station de filtration des eaux de Donetsk les 3 et 4 novembre, où le réservoir de chlore a été gravement touché, infectant les eaux potables. Evidemment, le rapport ne dit pas d'où venaient tirs, certainement les forces locales voulaient se punir et punir la population ... L'on appréciera, par exemple, la destruction systématique d'habitations civiles passée, ou "neutralisée", en note de bas de page. Voir la note de bas de page 13:
  • In addition, HRMMU documented damage to civilian houses in (armed-groupcontrolled) Pervomaisk caused by shelling on 23-24 August, and damages to civilian houses and infrastructure in (armedgroup-controlled) Kyivskyi district of Donetsk city during an escalation in hostilities on 5-6 November 2017. See also OSCE SMM documentation of civilian property damaged by shelling in (government-controlled) Marinka on 27 September and (armed-group-controlled) Yasynuvata on 29 September, available at http://www.osce.org/ukrainesmm/reports/. 

Autre manière absurde de présenter les faits, afin de maintenir à bout de bras un semblant d'objectivité protégeant autant que possible - et même au-delà - le pouvoir "pro-européen" de Kiev et son bras armé, est la manière tronquée de parler des problèmes sociaux. Ainsi, des difficultés sociales sont posées par le fait que les pensions de retraite ne soient plus payées. Certes, mais Kiev a mis en place ce blocus contre les habitants du Donbass, qui ne reçoivent plus rien une fois à la retraite alors qu'ils ont cotisé toute leur vie. Les éléments sont ainsi sortis de leur contexte par les rapporteurs de l'ONU, lorsque cela est nécessaire, afin que leurs effets néfastes quant à la position intenable de la communauté internationale ne soient neutralisés.

Le pire arrive ensuite lorsque le rapport énumère froidement les exactions commises par l'armée ukrainienne et les bataillons extrémistes contre les civils. Les rapporteurs ont interviewé des gens, de part et d'autre, pour comprendre ce qu'ils vivent. Le résultat est plus qu'inquiétant. L'on voit clairement une frontière morale se dresser de part et d'autre de la ligne du conflit. Côté DNR et LNR aussi il y a des problèmes, mais des problèmes qui malheureusement se retrouvent dans toutes les zones de conflits: détentions administratives prolongées, interrogatoires musclés, etc. Voici un aperçu des exactions commises côté ukrainien.

Voici ce qui se passe avec les populations civiles qui se retrouvent "libérées" par le bataillon Aïdar:  disparitions et assassinats:
  • For example, a civilian who participated in the May 2014 “referendum on the status of the Donetsk peoples’ republic” went missing after Ukrainian military, including the Aidar volunteer battalion, retook control of the area. His body was found in November 2014 with traces of gunshot wounds to the head. His family is not aware of any investigation conducted into his death.40 In another case, in July 2016, a man was found shot dead near his house in a village of Luhansk region controlled by armed groups. Neighbours had heard three shots in the preceding evening. There was an armed groups’ checkpoint nearby, manned by the ‘Brianka-USSR’ battalion. ‘Police’ of the ‘Luhansk people’s republic’ documented the death but reportedly failed to identify any perpetrators.

Enlèvements avec torture avant de déposer leurs victimes dans les locaux du SBU (KGB ukrainien):
  • For example, on 16 April 2015, a former member of an armed group was detained in his home by armed men in balaclavas. Without introducing themselves or presenting a search warrant, they beat him, threatened him, and searched his house. They took the victim to a basement, which he believes was on the outskirts of Pokrovsk (formerly Krasnoarmiisk), where he was detained incommunicado, handcuffed to a metal safe which forced his body into a difficult position. He was interrogated and tortured by having water poured over his face, electrocutions, and beatings on his back and kidneys. The perpetrators made him sign documents and filmed a video confession. He was taken to the Kramatorsk SBU on 21 April 2015, where he was given more documents to sign. In November 2015, he was convicted of terrorism.

Exactions commises par Secteur Droit:
  • On 10 January 2015, a resident of Pokrovsk was stopped in his car and detained by four armed men. They brought him to the Right Sector training camp near Velykomykhailivka (Dnipropetrovsk region), where he was detained in a basement and beaten with a truncheon for two days. The victim was held incommunicado until 14 May 2015, during which time he was illtreated and witnessed the death of another detainee

Quand pendant ce temps il est reproché à DNR LNR des détentions administratives musclées, la restriction de l'accès à l'avocat ou le manque de soins médicaux, l'on voit toute la disproportion. Pour "justifier" cela, l'ONU indique que, en réalité, les habitants de Donetsk ont peur de parler car ils seraient alors soumis à des représailles. C'est la seule appréciation subjective de la situation, sans aucune preuve, alors que les exactions ukrainiennes les laissent froids ... Il existe beaucoup d'autres exemples, que vous trouverez dans le rapport. Un dernier exemple, pour monter le degré de bestialité où est tombé le régime en place: menace de viol d'un homme, viol d'une femme enceinte devant ses enfants...
  • On 28 September 2017, a civilian man was taken off a bus at an internal checkpoint by armed men in camouflaged uniform and accused of affiliation with armed groups based on his social media pictures. He was transferred to a police station in Kreminna, where he was forced to strip to his underwear and stand in a cold room for two hours, with people walking in and out. He was beaten, threatened with rape and of being handed over to Azov battalion. Without access to a lawyer, he was forced to sign a statement, typed by an investigator, that he was a member of armed groups. The next day he was released.63 57. In December 2014, seven masked men armed with assault rifles, including several members of a volunteer battalion, broke into a private house in a town near the contact line. One perpetrator put a knife to the victim’s neck, who was eight months pregnant, and threatened to cut her throat if she screamed. He tied her hands and legs with rope and gagged her with a cloth wet with engine oil, causing her to suffocate. He also pointed a gun to her stomach threatening to shoot her baby. While one perpetrator demanded to know where the money and valuables were, another one sexually assaulted her by touching her breasts and genitals under her clothing, and a third man threatened her with gang rape. During this ordeal, the victim could hear her parents screaming in another room, causing additional suffering and reinforcing the threats. After seizing all the valuables and money, the men threatened to shoot the family if they reported the crime

Aucun de ces bourreaux n'a été condamné. Dans le meilleur des cas, un pseudo-procès est en cours, ce qui permet encore quelques lignes laconiques sur les défauts des systèmes d'enquête et judiciaire ukrainiens dans ces rapports, invitant courtoisement les autorités à rendre justice. Avec cette illustration des propos d'un nationaliste:
  • “We will kill you now, and we will avoid any punishment for that.”

C'est peut-être pour cela que le régime ukrainien actuel provoque un dégoût si profond, même au sein de sa propre population, qu'il n'a pas encore réussi à totalement zombifier. Selon le sondage effectué par la Compagnie Research and Banding Group, + de 55% des jeunes de moins de 30 ans veulent définitivement quitter le pays. Il faut passer la barrière des 60 ans pour que les gens aient réellement envie de rester dans leur pays - ou bien qu'ils soient suffisamment désespérés et fatigués pour s'y résigner. Le salaire moyen après ce qu'il est convenu d'appeler la "Révolution de la dignité" a chuté au niveau des pays les plus pauvres d'Europe avec 370 euros. C'est effectivement un grand résultat. Tout comme l'augmentation de l'immigration vers la Russie, qui repart à la hausse. Près de 3 millions de migrants économiques, la Russie facilite l'octroi de la nationalité aux Ukrainiens. Evidemment, Kiev nettoie les médias qui osent critiquer l'absurdité de la politique intérieure et le suicide du pays. Evidemment Kiev envisage de bloquer le trafic ferroviaire avec la Russie.

La position de ce régime fantôme et tristement fantoche est compréhensible: il doit vider sa population de toute substance pour pouvoir subsister. Ce qui est beaucoup moins évident,  c'est celle de cet Occident droit de l'Hommiste, si prompt à adopter des sanctions contre la Russie, comme un chien fidèle qui aboie sur commande de son maître. Comment peut-on regarder d'un oeil apaiser nos dirigeants cautionner de telles exactions? Cautionner la formation des cadres de l'armée ukrainiennes qui ensuite vont violer et torturer des civils? Nous devenons ainsi, nous aussi, des régimes fantômes et fantoches. Avant d'être des populations fantômes et fantoches. Vidée de sa moelle.

Karine Bechet Golovko

mercredi 6 septembre 2017

La réponse du berger à la bergère

Quand Poutine désamorce l'attaque ukrainienne 
sur son propre terrain


Une fois de plus, qu'on l'admire ou pas, force est de constater que Vladimir Poutine est passé maître dans l'art de désamorcer les crises en jouant des coups rapides et surprenants, là où ses adversaires s'y attendent le moins. 

Ainsi de cette rentrée 2017, une eruption ukrainienne menace à nouveau l'Europe avec le pouvoir kiévien qui menace d'enterrer définitivement les accords de Minsk et relancer la guerre avec une "loi pour la réintégration du Donbass" sur le point d'être présentée et votée au parlement, et le début de livraison d'armes létales étasuniennes sur le front du Donbass. Face à cette cette nouvelle menace d'escalade militaire à ses frontières, la Russie répond en utilisant une proposition qui avait été évoquée par Kiev elle-même il y a quelques temps, à savoir une mission armée internationale déployée dans le Donbass.

Kiev avait en effet proposé au cours des derniers mois le déploiement d'une mission de casques bleus sur l'ensemble du territoire du Donbass, puis d'un armement de la mission de l'OSCE elle aussi renforcée et déployée "jusqu'aux frontières avec la Russie ". De toute évidence l'intention de Kiev était de soustraire la souveraineté frontalière des Républiques de Donetsk et Lugansk pour procéder à leur encerclement total via des forces aux ordres des puissances occidentales alliées. 

Face à l'attaque frontale et belliciste que propose cette "loi pour la réintégration du Donbass", et les livraisons d'armes américaines sur le front, la Russie rebondit sur cette idée du déploiement d'une mission de l'ONU sur le front en y mettant toutefois des conditions garantissant sa neutralité et limitant son domaine de compétences à la ligne de front, cette seule zone posant problème du fait des violations quotidiennes du cessez le feu. 

De toute évidence, que cette proposition russe soit présentée juste avant que la loi du parti de la guerre à la Rada ne soit votée n'est pas une coincidence mais bien une anticipation à une nouvelle escalade militaire et qui veut protéger un processus de paix déjà chancelant. Ceci est d'ailleurs souligné dans la présentation même du projet de la mission qui est de "protéger la mission de l'OSCE sur le front"; par des casques bleus qui comprendront aussi des soldats russes, garantissant ainsi leur neutralité effective.

Là où la diplomatie russe montre toute la dimension de son talent, c'est qu'une telle proposition de nature internationale (et donc "neutre") est également une perche tendue aux pays européens qui sont épuisés économiquement de supporter les dommages collatéraux des "sanctions" économiques qui sont de facto des représailles frappant autant la Russie que ses partenaires économiques européens. 
C'est ainsi que l'Allemagne, poids lourd de l'Union Européenne (et pays garant des accords de Minsk) a immédiatement approuvé la proposition russe jugée de "pas en avant vers la levée des sanctions".

Le coup russe est osé mais pas forcément gagnant car il faut que Kiev et surtout les USA en acceptent la teneur, et accepte aussi de dialoguer avec les Républiques populaires de Donetsk et Lugansk, ce qui est loin d'être évident car une telle mission de l'ONU dans le Donbass neutraliserait certainement leur stratégie agressive et annihilerait définitivement leur propagande russophobe mensongère servant la militarisation de l'Ukraine et de l'Est européen par l'OTAN.

Au mieux, le coup de Poutine fonctionne et la loi ukrainienne qui veut donner les pleins pouvoirs à l'armée dans le Donbass est en "échec et pat", au pire il permet de gagner du temps tandis que l'effondrement de l'Ukraine se poursuit inexorablement. dans les 2 cas c'est la paix qui est gagnante ! 

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

Voici ci après une analyse de Karine Bechet Golovko qui approfondie ce coup de la diplomatie russe en faveur de la paix dans le Donbass :

Source de l'article : Russie Politics

Casques bleus en Ukraine: 
le coup surprise de V. Poutine


Par Karine Bechet Golovko

Lors de sa conférence de presse à l'occasion du sommet des BRICS en Chine, le Président russe, à la surprise générale, a demandé au ministère des affaires étrangères de présenter rapidement une résolution à l'ONU pour l'introduction d'une mission de Casques bleus en Ukraine. Il y a quelques temps de cela, le Président ukrainien en avait lui aussi appelé à une présence armée internationale, soit sous couvert de l'ONU (aucun texte n'avait été préparé), soit de l'UE (qui ne semble pas pressée), soit de l'OSCE (qui a décliné l'offre). Au-delà de l'apparente convergence de l'idée, les différences sont fondamentales: si la Russie veut bloquer les violations systématiques du cessez-le-feu, l'Ukraine veut occuper le Donbass jusqu'à la frontière russe, ce qu'elle n'arrive pas à faire par ses "propres" armes.

La Russie a déposé le 5 septembre à l'ONU un projet de recommandations pour l'introduction dans les territoires de DNR et LNR d'une mission de forces de la paix de l'ONU, mais à certaines conditions:
  • ils doivent se trouver exclusivement sur la ligne de démarcation et ne peuvent entrer sur le territoire des républiques;
  • ils ont pour fonction de protéger la mission de monitoring de l'OSCE - et non de la remplacer - afin de leur permettre de faire leur travail sans se retrouver pris pour cibles;
  • les négociations doivent être entreprises à ce sujet entre Kiev et les dirigeants des républiques de Donetsk et Lugansk;
  • les tirs doivent avoir totalement cessé avant l'introduction de cette mission.

Porochenko avait en son temps lancé une idée semblable, celle d'une introduction d'une force de paix dans le Donbass, même si des différences fondamentales existent:
  • ils doivent occuper tout le Donbass jusqu'à la frontière russe;
  • ils remplacent la mission de monitoring de l'OSCE;
  • la Russie doit antérieurement retirer les soldats (officiels et officieux) que l'Ukraine l'accuse d'avoir dans la zone de conflit;
  • aucun soldat russe ne peut faire partie de la mission de paix, puisque la Russie est considérée par l'Ukraine comme pays agresseur.

Malgré ces différences, le ministère des affaires étrangères ukrainien a déclaré être prêt à en discuter, tout comme le représentant de l'Ukraine à l'ONU. L'Allemagne soutient largement l'initiative russe et estime même qu'il s'agit là d'un pas vers la levée des sanctions (ils devraient peut être se renseigner auprès des Etats Unis à ce sujet avant de s'avancer, car il semblerait que l'UE n'obtienne pas le feu vert nécessaire à retirer ces sanctions - et sans ce feu vert, elle n'osera agir).

La presse ukrainienne, pour sa part, présente cela comme l'initiative de P. Poroshenko avec laquelle V. Poutine est tombé d'accord. Mais selon le représentant ukrainien à l'ONU, l'opération coûterait environ 1 milliard $ par an à l'Ukraine. Et la presse insiste lourdement sur le coût. Peut être cherchent-ils à la fois à ne pas rendre l'idée trop populaire au cas où et à préparer une demande supplémentaire aux contribuables européens et américains, puisque ce sont finalement nos impôts qui financent la guerre civile ukrainienne.

D'une manière générale, un accord est très loin d'être trouvé. L'Ukraine, dans le projet alternatif de résolution qu'elle prépare, estime impossible de discuter avec les représentants de DNR et LNR, qu'elle considère comme des terroristes. Quant à la participation de russes dans la mission de l'ONU, elle voit ça comme un acte hostile, une intervention de la Russie dans ses affaires internes pour déstabiliser le pays. Or, comme la Douma l'a déclaré, il doit absolument y avoir des membres russes dans la mission de l'ONU.

Ces divergences ne sont pas techniques, elles sont fondamentales. L'Ukraine veut utiliser la mission de paix pour faire ce qu'elle n'a pu réussir par les armes: reprendre le Donbass et récupérer les frontières, le tout en se débarrassant de la mission de monitoring de l'OSCE, pourtant très complaisante. La Russie veut arriver à un cessez-le-feu stable qui permette de passer au plan politique, tout en confirmant la frontière entre les républiques du Donbass et le reste de l'Ukraine. Militairement, de toute manière, les républiques ne pourront reprendre un territoire significatif par les armes; quant à l'armée ukrainienne, elle mène une guerre d'usure, qui continue à toucher la population civile sans lui apporter de victoire. 

Seule une solution politique peut geler le conflit, qui se réchauffe dangereusement. Le régler semble, à ce jour et vue la configuration internationale, objectivement impossible. Surtout quand les Etats Unis envisagent de livrer des armes létales à l'Ukraine. Le Président russe, lors de la conférence de presse, a alors répondu au journaliste que, dans ce cas, le Donbass possède aussi des armes plus puissantes et pourrait s'en servir.

Karine Bechet Golovko

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Ce blog est le premier des 3 blogs que j'ai ouvert autour du soutien aux Républiques Populaires du Donbass, un travail d'information passionnant mais long et bénévole qui réclame votre soutien financier pour être réalisé et me permettre de vivre dans ce Donbass où je suis arrivé en janvier 2015 pour concrétiser mon engagement auprès de la population civile victime d'une guerre à caractère génocidaire lancée contre elle par les succubes occidentaux du Maïdan depuis avril 2014.

La moindre petite somme est ici la bienvenue, sachant qu'avec 10 euros une personne peut vivre décemment entre 4 et 5 jours (pour exemple la location d'une maison individuelle coûte 50 euros par mois)

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L'aide humanitaire

Lorsque mon budget mensuel est atteint (10 000 roubles) je reverse l'excédent à des actions humanitaires réalisées dans mon quartier d'Oktyabrsky en relation avec les autorités du district de Kuybichevsky. 

Mais devant les attaques calomnieuses et haineuses d'insectes rampants pratiquant des inversions accusatoires délirantes j'ai décidé pour que se ferment leurs "claques merdes" de faire transiter les dons humanitaires pour mon quartier via l'association "Urgence Enfants du Donbass", qui dirigera, lors de ses missions dans le Donbass les actions réalisées grâce à la générosité des donateurs français que je remercie vivement. 

Pour celles et ceux qui veulent apporter leur soutien exclusivement aux familles bombardées d'Oktyabrsky, merci de verser vos dons sur l'adresse bancaire de l'association "Urgence Enfants du Donbass" en mentionnant " pour Oktyabrsky" (ou "pour Octobre") sur le virement.