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mercredi 28 mars 2018

Si même le collabo Libé l'admet


Sébastien Gobert est un jeune journaliste engagé ayant pris fait et cause pour l'euro-Maïdan et soutenant la politique russophobe de l'Ukraine dans plusieurs officines propagandistes occidentales comme le quotidien "Libération".

C'est son choix, un engagement qui est aux antipodes du mien, et que j'espère voir un jour se libérer de la tutelle de l'utopie et de la dépendance de la gamelle. Mais par principe, je me refuse pour autant à censurer l'homme comme le font certains francais échoués à Donetsk et qui, journalistes autoproclamés, bâillonnent toute analyse critique (y compris celles des autres médias pro Donbass), sauf la leur bien entendu.

Car force est de constater qu'il subsiste dans la servilité idéologique de Sébastien Gobert quelques réflexes antifascistes sains et qui parfois méritent d'être relevés ne serait-ce que pour démontrer que ce que nous, "les agents de Poutine" dénonçons depuis 4 ans.

Bien sûr le vocabulaire choisi et le plan de présentation est calculé pour que ça passe au niveau de la ligne éditoriale d'une rédaction ouvertement collabo et pour qui les "fachos" rouge bruns sont obligatoirement de l'autre côté de la ligne de front du Donbass. 
Ainsi Gobert écrit-il "ultra nationalistes" "très radical" pour décrite cette horde de soudards néo nazis cautionnée par le régime démocratique et "droitdelhommiste" de Kiev. 
Et du moment que des connexions avec la Russie sont mentionnées comme dans l'introduction de l'article les méthodes brutales de ces paramilitaires à la "symbolique fascisante" doivent être pardonnées. Imaginons une seconde la description qui serait donnée par "Libé" si une milice agissait en marge des forces de l'ordre à Donetsk...

Enfin ne soyons pas trop sévère, car cet article, dont la signature ne peut être accusée de servir la propagande du Kremlin, à le mérite de lever un coin du voile sur cette dictature de Kiev soutenue par la France.

Sebastien continuez donc à ouvrir les yeux sur le régime de Kiev pour lequel vous avez naïvement prêté allégeance en 2014 et peut-être je vous offrirai un jour un verre à Donetsk où sur un Maïdan libéré !

Erwan Castel

Source de l'article : Libération

Ukraine : l’irruption des forces de maintien de «l’ordre moral»

Des hommes des «Droujyny» tentent de fermer un «casino illégal» à Kiev, le 6 février. Photo Niels Ackermann. 

Par Sébastien Gobert, correspondant à Kiev  
27 mars 2018 à 20:21 (mis à jour à 20:31)


Depuis la guerre du Donbass de 2014, de nombreuses milices ultranationalistes se sont formées dans le pays et tendent à se substituer à la police. Créés fin janvier, les «Natsionalniy Droujyny» rassemblent plus de 600 hommes issus du régiment d’extrême droite Azov.
  
Les joues rougies, Maksym compose le 102 sur son téléphone, le numéro de la police nationale. Le jeune homme ne doit pas avoir plus de 19 ans, mais il dénonce déjà avec assurance : «Nous avons trouvé un casino illégal. Ils n’ont plus de licence depuis 2014. En plus, ils dépendent d’une société russe, et donc sponsorisent la guerre dans l’est de l’Ukraine.» De l’autre côté de la ligne, une standardiste prend note, hésitante. Maksym insiste : «Vous venez le fermer ? Nous montons la garde en attendant.» Autour de lui, une vingtaine de jeunes hommes occupent ce casino de Boryspil, dans la banlieue de Kiev. Visages fermés, l’air intimidant, en survêtement ou en uniforme militaire orné des lettres jaunes «Natsionalniy Droujyny», ils retiennent trois employés, hébétés, visiblement prêts à voir leur casino saccagé.

Les Droujyny («brigades» ou «milices» en ukrainien) sont apparus le 28 janvier. Dans une marche à travers le centre de la capitale, aux accents des années 30, avec drapeaux, flambeaux et poings levés, plus de 600 hommes ont prêté serment à cette nouvelle formation du régiment paramilitaire ultranationaliste Azov.La guerre du Donbass (est de l’Ukraine) a causé la mort de plus de 10 000 personnes depuis 2014. Elle a aussi favorisé l’émergence de plusieurs groupes paramilitaires, plus ou moins radicaux, qui se sont imposés dans le paysage politique ukrainien. Le très radical Azov s’est distingué parmi ces «bataillons de volontaires».Il a développé son parti politique et deux associations, qui brassent vétérans et jeunes ultras de football, entre autres. Comme les nouveaux membres des Droujyny, tous sont des militants actifs d’un nouvel «ordre ukrainien».

Contre-pouvoir à la police

Si beaucoup des Droujyny sont actifs depuis plus d’un an, leur prestation de serment officielle a suscité de sérieuses inquiétudes. Le groupe se fixe pour objectif «d’assurer l’ordre public et la sécurité dans les rues», selon Serhiy Semenov, un de ses porte-parole, à Kiev. Dans un contexte d’augmentation de la criminalité et de paupérisation d’une partie de la société, lui s’insurge contre les «drogués et alcooliques qui pullulent dans nos villes». Comme un slogan des Droujyny l’affirme, ils «n’ont pas peur d’utiliser la force». De là à ce qu’ils s’imposent comme un concurrent, voire comme un contre-pouvoir à la police, il n’y a qu’un pas.

«Nous sommes juste là pour aider la police», se défend le militant Samson, un rouquin athlétique, dans ce casino de Boryspil. Formellement, les Droujyny sont dans leur droit. En vertu d’une loi sur «la participation des citoyens dans le respect de l’ordre public», des associations peuvent porter assistance aux forces de l’ordre. Les miliciens s’inscrivent même dans une critique amère de la police nationale, impuissante à enrayer la hausse constante de la criminalité depuis 2014. Les espoirs liés à l’apparition tape-à-l’œil de la police de la route, en 2015, sont aujourd’hui déçus. Les jeunes recrues, inexpérimentées et isolées dans un système policier non réformé et corrompu, «ne se sont pas encore affirmées comme forces de maintien de l’ordre»,analyse Samson. Reste la question de la méthode employée par les Droujyny. Pourquoi investir ce casino de manière aussi intimidante ? S’agit-il d’une défense de l’Etat de droit, ou d’une pression contre une entreprise privée ? Le but est-il de forcer la police à «faire son travail» ?

Ces questions resteront sans réponse. Subitement, Samson annonce le départ de sa troupe, sans attendre l’arrivée de la police, pour s’atteler à une «tâche plus importante». Une inconsistance qui rend la scène presque absurde. Ihor, employé du casino, en plaisanterait presque. Mais il a mal vécu cette intimidation. «Ils ne savent pas ce qu’ils veulent, ces jeunes. Cela veut dire qu’ils sont capables de tout…»   

Après de longues minutes, une patrouille de police arrive sur les lieux. Loin de s’affoler, l’officier Vitaliy Droujenko se contente de constater : «La licence du casino est en règle, il n’y a eu aucun dommage, aucune violation. Donc je ne vois pas ce que je peux faire de plus.» Ce policier de banlieue n’a visiblement pas reçu de lignes directrices de sa hiérarchie et préfère clore l’affaire. De fait, le ministère de l’Intérieur «n’a informé ni sur les compétences ni sur les limites de l’autorité des Droujyny», regrette Tanya Cooper, directrice du bureau ukrainien de Human Rights Watch. Au contraire, les officiels de l’Etat se sont distingués par une foule de «messages contradictoires».

Si certains fonctionnaires ont ainsi accueilli «l’aide» des Droujyny avec prudence, d’autres ont dénoncé une simple opération de communication. La réaction du ministre de l’Intérieur, Arsen Avakov, a été scrutée avec intérêt. Depuis 2014, l’homme politique est considéré par nombre d’observateurs comme le principal protecteur et sponsor d’Azov, qu’il utiliserait, en certaines occasions, comme une armée privée. Arsen Avakov nie en bloc. Mais c’est seulement après un long silence, confronté à une vague de critiques très négatives, tant en Ukraine qu’à l’étranger, qu’il s’est distancié des Droujyny en condamnant les «groupes militaires alternatifs qui tentent de s’imposer dans la rue».

«Mythologie scandinave»

Depuis début février, l’assurance du ministre ne change pourtant rien à la situation sur le terrain, où cette milice patrouille et mène différentes actions librement. Une implantation «alarmante» pour Tanya Cooper, compte tenu de «l’affiliation des Droujyny avec l’idéologie d’extrême droite» . De fait, Azov et ses différentes organisations sont décriées pour leur ultranationalisme, leur agenda conservateur et leur symbolisme fascisant. Certains des membres sont ouvertement néonazis. Autrefois indifférent aux critiques, le mouvement tente aujourd’hui de relativiser son radicalisme. «Nous nous revendiquons d’un ordre moral et militariste qui donne un cadre de vie à nos membres et entretient une discipline , explique Serhiy Semenov. Nous ne nous considérons pas pour autant comme fascistes… Beaucoup de nos militants se réfèrent à des temps bien plus anciens, comme le royaume de la Rous’ de Kiev, au IXe siècle, ou la mythologie scandinave.»

Pour l’experte des droits de l’homme Halyna Coynash, la digression rhétorique n’enlève rien au fait qu’Azov a démontré, depuis sa création en 2014, «une certaine intolérance» vis-à-vis de minorités ethniques, d’étrangers ou encore de la communauté LGBT. «Les Droujyny sont-ils à même d’aider la police à défendre la loi qui garantit une égalité de droits pour tous, et protège les minorités de discriminations ?» s’interroge Tanya Cooper.

Entraînement au tir pour les enfants

D’autant que leur «assistance»à la police nationale ne va pas de soi. Plusieurs vidéos, largement diffusées sur les réseaux sociaux, font état de violents affrontements entre milices et forces de l’ordre. Toutefois, dans de nombreux cas, ces dernières restent passives et laissent libre champ aux nationalistes. Une scène a créé un certain émoi, à Tcherkassy, à 200 kilomètres au sud-est de Kiev. Le 30 janvier, une vingtaine de miliciens ont bloqué les sorties de la salle du conseil municipal, en forçant les élus à y adopter le budget 2018. «Nous étions venus défendre notre position citoyenne, explique le chef de la section locale des Droujyny, Iouriy Tetrychnyk. Vous savez, si certains conseillers se sont sentis mal à l’aise, ils n’avaient qu’à s’en prendre à eux-mêmes.»

Avec une quarantaine de militants bénévoles, Tetrychnyk est à la tête d’une des principales sections régionales des Droujyny. En plus des patrouilles de rue, il se réjouit d’avoir obtenu une subvention municipale de 2 millions de hryvnias (environ 61 000 euros) pour le développement d’un stand d’entraînement au tir pour les enfants. «Il faut qu’ils comprennent, dès leur plus jeune âge, que les armes ne sont pas une agression, mais une défense», explique-t-il avec naturel. A le croire, de nombreux parents sont intéressés par l’initiative. «Nous sommes très bien acceptés à Tcherkassy. Les réactions négatives à l’apparition des Droujyny, cela veut juste dire que les gens ne nous connaissent pas assez… Il nous faut expliquer nos objectifs, et multiplier nos actions.» 

Sébastien Gobert correspondant à Kiev

mercredi 13 décembre 2017

Un nouveau torchon signé Libé !


La merdiacratie occidentale dans l'obstination fanatique qui l'a poussé à saluer les paramilitaires néo-nazis sur la place du Maïdan , continue 4 ans plus tard à se faire le porte parole obligé de la propagande de guerre d'une ploutocratie qui remplit sa gamelle et dirige ses salles de rédactions.

Ainsi, dans cet article dont le seul intérêt pour moi est qu'il donne la parole à notre ennemi direct et le us proche de notre secteur, j'apprends que :

- d'une part que nous sommes une force d'invasion soutenue par l'armée russe 
- que nous nous sommes engagés dans l'armée républicaine "pour l'argent et le sang" !

1 : Coup de gueule....

Or, depuis 3 ans, le seul sang que j'ai vu couler est celui de mes camarades abattus par les ukrops ou celui de civils du quartier d'Oktyabrsky ou je vis et qui est toujours bombardé régulièrement et intensément comme hier soir.

Quant à l'argent, laisser moi rire, car un soldat républicain risque sa vie sur le front pour moins de 300 euros par mois (et encore moins durant les 3 premiers mois) sans compter l’équipement qu'il doit compléter avec ses propres deniers.

Donc cet article collabo signé Sébastien Gobert n'est qu'un nouveau vomi de fantasmes réchauffés comme celui de la présence de troupes russes à nos côtés...Car depuis 4 ans pas une seule preuve de cette intervention russe à été trouvée par l'armée de satellites, de drones et d'observateurs de L'OSCE déployés sur la terre et dans les airs du Donbass.

2 : Analyse militaire...

Bien au contraire, si on observe les déploiements militaires des ukrainiens et des républicains on peut, sans l'ombre d'un doute, constater que ce sont ces derniers qui sont organisés dans un dispositif défensif.

En effet une défense s'organise toujours dans la profondeur du terrain, les avants postes alertant puis freinant l'ennemi le temps que s'organise la contre attaque. 
C'est le cas des unités républicaines qui ont organisé leurs unités importantes en forces de réaction rapide en 2ème et même 3ème ligne.
Les ukrops quant à eux ont disposé sur la première ligne le principal de leurs forces d'assaut n'ayant en deuxième ligne que des unités de réserve (2 brigades blindées, 2 d'artillerie et 3 mécanisés)

Il est vraiment dommage que ces chiens de garde ne puissent pas venir aussi faire un reportage de ce côté du front pour manger un peu de leur merde et approcher la réalité de cette guerre déclenchée par Turtchinov au lendemain du Maïdan (et de la visite déclenchée eu patron de la CIA), mais aussi de la déontologie qui devrait présider à leur travail.

3 : Mise au point....

Me faisant maintenant l'avocat du diable, je conclurai ce post en accordant cependant crédit à la censure subie par ces journalistes pro-Kiev et qui est dénoncée en conclusion de cet article. Je précise toutefois ici que les interdictions d'accès au territoires républicains dont ils font l'objet sont le fait des français échoués dans l'agence Doni qui, par abus de pouvoir et manque d'intelligence, ont "black listé" les journalistes "non alignés" sur leur politique éditoriale.

Ce faisant, Laurent B. imité par Christelle N. n'ont fait que s'ériger à leur tour en chiens de garde, reproduisant en microcosme la société du spectacle qu'il prétendent combattre.

Pour quel résultat ? : Néant !

Car ça n'empêche pas les pro Kiev de faire des torchons et bien au contraire cette censure ne fait que leur donner des bâtons pour nous battre...

Erwan Castel

Source de l'article : Libération


REPORTAGE
A l’est de l’Ukraine, 
plongée dans une nouvelle guerre de tranchées

Un soldat ukrainien marche le long de la ligne de front, près de la ville d'Avdiivka, le 5 avril. Photo Anatolii Stepanov. AFP    

Par Sébastien Gobert, Correspondant à Kiev — 12 décembre 2017 à 18:08


Dans le Donbass, en guerre depuis le printemps 2014, les soldats ukrainiens continuent d'affronter les combattants de la «République séparatiste de Donetsk» soutenus par les forces russes.

Au moment d’ouvrir la porte du blindé, Vassili laisse transparaître son appréhension, le temps d’une seconde. Ce trajet vers la ligne de front, il l’a fait des centaines de fois. Mais ici, la routine peut être traîtresse, et chaque coin de mur, fatal. La veille, un de ses camarades est mort d’une balle de sniper. En un instant, Vassili se reprend. «Il faut y aller, lance-t-il d’un ton presque jovial. Si nous ne tenons pas ces positions, qui le fera ?»

A partir d’un hangar en ruines, Vassili progresse à pied entre des façades éclatées et d’anciens jardins couverts de débris d’obus. Des rafales d’armes légères résonnent aux alentours. Au sud d’Avdiivka, des combats sporadiques continuent de déchirer le Donbass, cette région industrielle au sud-est de l’Ukraine, en guerre depuis le printemps 2014. Plus de 10 100 personnes y ont perdu la vie, d’après l’ONU. Après la signature des accords de paix de Minsk en février 2015, la ligne de front s’est fixée ici. Depuis sa base ukrainienne, Vassili rejoint sa position, «Ampère», à 50 mètres des lignes de l’ennemi : les combattants de la «République séparatiste de Donetsk», soutenue par les forces russes.

«Je me bats pour récupérer notre terre»
Dans une autre vie, Vassili était instructeur dans la marine ukrainienne, et basé à Sébastopol, en Crimée. En mars 2014, il a été l’un des rares marins à rester loyal à l’Ukraine, lors de l’annexion illégale de la péninsule par la Russie. «Et maintenant, c’est fini, le grand large, les embruns… Je me bats pour récupérer notre terre», explique-t-il. A Ampère, ils sont une dizaine à tenir leur position. Après quatre ans de conflit, les conditions de vie restent spartiates. Les militaires ont encore des uniformes dépareillés, de l’équipement rudimentaire, et des kalachnikovs vieilles de quarante ans.

«On n’a pas attendu des armes modernes pour résister à l’envahisseur», rétorque Vassili. «L’important, c’est l’entraînement physique et le moral», poursuit Vladimir, l’officier en charge. Ni lui, ni aucun soldat, ne souhaite ici révéler son nom de famille. «Ici, ce n’est que ruine et désolation. Ça nous suffit comme motivation pour nous battre…»

Une nouvelle fusillade se fait entendre à quelques centaines de mètres. «Ce n’est rien. Le feu d’artifice, c’est à la nuit tombée», ironise Vladimir. Presque chaque soir, les duels de mortiers et d’artillerie légère résonnent à des kilomètres. Sur la dernière semaine de novembre, au moins quatre soldats ukrainiens ont été tués, huit blessés. Les pertes côté séparatiste sont inconnues. Des cessez-le-feu sont négociés régulièrement, et systématiquement rompus. Le processus de paix semble au point mort, et le Conseil de Sécurité de l’ONU peine à décider de l’envoi d’une mission de Casques bleus.

«De l’autre côté, ils ne se battent que pour le sang et l’argent»
Il reste donc aux soldats à attendre, et à tenir leurs positions, dans des conditions précaires. A l’issue d’une tranchée boueuse, Vassili descend se réchauffer dans un abri creusé à même le sol, et protégé par des tôles de métal et de blindage. Somnolant auprès d’un poêle à bois, le jeune Vitalik utilise le wi-fi à partir d’un petit routeur portatif posé là. Il en est à sa troisième année de guerre, et ne voit pas de raison de se plaindre. «On est ici pour empêcher qu’ils n’attaquent nos villes, et nos maisons. De l’autre côté, ils ne se battent que pour le sang et l’argent.»

Mais «de l’autre côté», on retrouve le même discours sur les sites d’information séparatistes. Dans le cadre de la guerre d’information qui fait rage, ils assurent lutter contre une «agression de Kiev» contre les populations du Donbass. Donetsk et Louhansk, cependant, restreignent l’accès des journalistes à leurs territoires. Et le récent renversement du chef de Louhansk, Igor Plotnitski, dans le cadre d’une guerre de clans, rend l’accès à l’information encore plus difficile.

Dans cette nouvelle guerre de tranchées sur le continent européen, l’immobilisme n’est cependant pas irrémédiable. Des groupes tactiques se démarquent régulièrement par de petites offensives. Au nord du bastion séparatiste de Horlivka, les localités de Travneve et Hladosove se trouvaient depuis 2015 dans le no man’s land. Le 24 novembre, une petite troupe ukrainienne en a repris possession. L’opération a déclenché une lourde riposte ennemie. Elle conforte néanmoins Vassili à penser qu’il est possible de «pousser les occupants dehors», petit à petit. «Tous ceux qui vous disent que cette guerre n’a plus aucun sens sont des menteurs, ou des imbéciles, assène-t-il. Nous sommes ici pour notre futur.» D’ailleurs, il sait déjà ce qu’il veut faire après le conflit : «Je vais redevenir instructeur de marine, pour préparer les jeunes générations à affronter les épreuves de la vie, et à protéger notre pays.»

Sébastien Gobert Correspondant à Kiev