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jeudi 9 juillet 2020

Persiste et signe !


Des milliers de volontaires sont venus dans le Donbass depuis 2014 rejoindre sa résistance Antimaïdan et sa rébellion armée contre une pseudo "Opération Spéciale Antiterroriste", ukrainienne, cette vomissure russophobe sortie du Maïdan et soutenue par les services étasuniens et les gouvernements occidentaux qui a fait depuis 6 années de guerre environ 20 000 morts au coeur de l'Europe.

Parmi ces volontaires internationaux, nous sommes un certain nombre de citoyens français, qui avons pris les armes sur le front du Donbass dans les rangs des forces de défense des républiques populaires de Donetsk et de Lugansk et dont je tairai ici l'effectif exact, les identités et les actions pour ceux qui en ont mené. Les volontaires français, venus dans le Donbass pour des durées généralement très courtes et des motivations très diverses, malgré leur faible effectif global, ont semble t-il marqué les esprits ukrainiens au point qu'ils déclenchent aujourd'hui une nouvelle procédure judiciaire à leur encontre

Personnellement je sers sous les armes la République Populaire de Donetsk, dont je suis devenu citoyen, depuis février 2015 (avec une seule interruption de 8 mois en 2016-2017), et j'assume mes états de service et mes actes sur le front, pour lesquels j'ai été récompensé, avec autant de force que je réfute les accusations du bureau du procureur de l'Ukraine qui qualifie les volontaires étrangers d'être des mercenaires et des criminels.

Ces accusations ne sont pas nouvelles, et elles resurgissent tel un serpent de mer ukrainien, tantôt sur des sites propagandistes tel Mirotvorets, un site qui prétend recenser tous les soutiens aux républiques populaires du Donbass, tantôt dans des médias propagandistes ou des communiqués officiels.
Et j'ai déjà eu l'occasion de m'exprimer sur ces accusations que les ukropithèques veulent agiter comme une épée de Damoclès au dessus des volontaires français venus dans le Donbass et qui ne sont plus qu'une poignée aujourd'hui à assumer jusqu'au bout leur engagement (Et je ne parle pas des civils de la bande à Moreau - Brayard - Néant ces arrivistes venus faire leur shows médiatiques à Donetsk mais tout en se tenant très éloignés du volontariat militaire dont ils ont même cherché à dénigrer les engagements et les personnes pour ne pas fâcher les services francais et nuire ainsi à leurs intérêts personnels hexagonaux).

Dans le communiqué du bureau du procureur de l'Ukraine traduit ci après, les accusations portées contre les volontaires étrangers dans le Donbass font logiquement référence au code pénal ukrainien, mais surtout aux conventions de Genève pour tenter de donner une dimension internationale aux procédures judiciaires que Kiev veut et a déjà engager contre nous (mandat d'arrêt européen, Interpol, extradition etc...).


Comme je l'avais déjà expliqué dans un précédent article voici ma position concernant cet article 47 du Protocole additionnel I de 1977 aux Conventions de Genève sur lequel s'appuie la procédure internationale que veut engager Kiev:

"Un mercenaire est un combattant étranger aux parties en conflit, "spécialement recruté dans le pays ou à l'étranger" et qui "prend une part directe aux hostilités". Ce combattant doit également avoir un "avantage personnel" à participer à ce conflit, qui doit prendre la forme d'une rémunération "nettement supérieure à celle de ses homologues de l'armée régulière"

Sommes nous des mercenaires ?


Article 47 [ le lien ici ] - Mercenaires


1. "Un mercenaire n'a pas droit au statut de combattant ou de prisonnier de guerre."

  • Ce point est peut-être le plus intéressant car il explique pourquoi les volontaires étrangers dans le Donbass sont souvent qualifiés par la partie ukrainienne (qui n'a pas obtenu pour les républiques la qualification de "terroristes" par l'ONU ) de "mercenaires". En effet les conséquences juridiques liées au statut de "mercenaires" restreignent considérablement les droits des intéressés, Kiev cherche ainsi à les placer hors du cadre des accords de Minsk qui prévoit une amnistie et pas seulement pour la poignée d'occidentaux venus dans le Donbass mais aussi les locaux, les russes, les serbes, les ossètes, les abkhazes etc et qui sont pléthore depuis 2014.

2. "Le terme «mercenaire» s'entend de toute personne :"

a) "qui est spécialement recrutée dans le pays ou à l'étranger pour combattre dans un conflit armé ;"
  • Dans le Donbass, il n'y a aucun "réseau de recrutement" organisé recrutant et accompagnant les volontaires venant combattre dans les milices. Au contraire il s'avère que pour les occidentaux, c'est plutôt "la croix et la bannière" pour arriver jusqu'à Donetsk et ensuite trouver un bataillon, et seules des cooptations individuelles et des infos directes et personnelles permettent aux intéressés de faire le trajet jusqu'à Donetsk et Lugansk, et à leurs frais. Ceci expliquant entre autres les faibles effectifs observés des occidentaux ainsi que les très nombreux cas de refoulement à la frontière russe pour ceux qui n'ont ni visa double entrée, ni contact sur place.

b) "qui en fait prend une part directe aux hostilités ;"
  • Sur ce point de la participation aux hostilités, d'accord, en notant toutefois que la dimension médiatique des volontaires occidentaux a souvent incité dans les premiers temps de la guerre les autorités locales à ne pas exposer trop dangereusement ces étrangers particuliers pour éviter l'exploitation diplomatico-juridique qu'aurait immanquablement provoqué leur mort au combat (voir l'exemple des djihadistes étrangers tués ou capturés en Syrie par exemple)

c) "qui prend part aux hostilités essentiellement en vue d'obtenir un avantage personnel et à laquelle est effectivement promise, par une Partie au conflit ou en son nom, une rémunération matérielle nettement supérieure à celle qui est promise ou payée à des combattants ayant un rang et une fonction analogues dans les forces armées de cette Partie ;"
  • Après être arrivé à Donetsk au début de l'année 2015, je me suis engagé dans la milice républicaine, sans intégration administrative et sans salaire, en tant que volontaire. Ce bénévolat caractérise la grande majorité des volontariats réalisés durant la première année de guerre. Ce n'est qu'à partir de avril  2015 au sein du 4ème bataillon de la "Garde Républicaine" où après avoir servi bénévolement plusieurs mois nous avons perçu notre première solde de.... 2000 hryvnias (soit un peu plus de 50 euros). Au fil des mois et des mutations mon salaire mensuel a augmenté jusqu'à la barre actuelle des 17000 roubles (250 euros environ), ce qui correspond sans aucune prime spéciale au même salaire en vigueur dans l'armée républicaine. Personnellement je n'appelle cela (pour l'avoir vécu dans le passé) une rémunération de "mercenaire".

d) "qui n'est ni ressortissant d'une Partie au conflit, ni résident du territoire contrôlé par une Partie au conflit ;"
  • Sur ce point particulier, je dirai oui et non, car si les volontaires occidentaux arrivent effectivement dans le Donbass en tant que ressortissants étrangers, en revanche (pour ceux qui ne sont pas venus y faire que des safaris-selfies de courtes durées) une normalisation administrative est engagée pour ceux qui s’intègrent et s'inscrivent dans la durée: livret militaire, numéro d'identification citoyenne, certificat de résidence et passeport national. Le volontaire devient alors un citoyen à part entière de la République où il vit, travaille et pour laquelle il se bat.

e) "qui n'est pas membre des forces armées d'une Partie au conflit ;"
  • Les volontaires étrangers dans le Donbass sont intégrés et dispersés individuellement dans les unités régulières du Ministère de la milice ou du Ministère de l'Intérieur des républiques de Donetsk et Lugansk. Il n'y a pas dans les républiques du Donbass des Sociétés Militaires Privées étrangères, style "Blackwater", comme il en existe du côté de Kiev, où d'unités autonomes et spécialisées dans l'accueil de volontaires étrangers comme les bataillons spéciaux autonomes ukrainiens, par exemple le régiment "Azov" qui ont accueilli au total depuis 2014 environ 17 000 volontaires étrangers (chiffre officiel) issus pour la plupart des "fachosphères" occidentales.

f) "qui n'a pas été envoyée par un Etat autre qu'une Partie au conflit en mission officielle en tant que membre des forces armées dudit Etat."
  • Non le volontariat dans le Donbass est une décision individuelle personnelle qui ne correspond aucunement à une politique étatique et, pour parler de la Russie qui est accusée d'organiser ce "mercenariat" dans le Donbass, il suffit de regarder pour s'en convaincre le nombre de faits de justice où la bureaucratie parfois procédurière jusqu'à la connerie, renvoie en Ukraine ou dans leurs pays d'anciens miliciens en situation irrégulière. Et pour ne parler que des volontaires français étant venus dans le Donbass, parmi ceux qui sont repartis en France via la Russie après expiration de leur visa d'entrée initial, ils ont écopé après leurs interpellations d'une amende, d'une expulsion juridique, d'une interdiction de territoire de 5 ans et même pour certains d'une peine d'emprisonnement à Rostov de plusieurs mois. On ne peut donc pas vraiment pas parler ici de "réseau du Kremlin' en soutien aux défenseurs du Donbass! (heureusement, une procédure a été organisée depuis auprès des ministères des affaires étrangères de Donetsk et Lugansk pour demander sur place un visa de transit auprès des services consulaires de Rostov)


Pour conclure, ce clabaudage du procureur général de l'Ukraine est selon moi un nouveau coup d'épée dans l'eau semblable à celui répété depuis 2014 lorsque Kiev cherche à faire qualifier les républiques populaires de Donetsk et Lugansk d' "états terroristes", ce que l'ONU a toujours refuser de faire.

Peu me chaut d'être accusé de "terrorisme" (Kiev), de "nazisme" (street press), de "stalinisme" (prayvi sector), d' "espionnage", de "désertion", de "vol" (Brayard, Néant...) par des individus qui ne prouvent ici que leur débilité mentale et/ou leur servitude à de groupes subversifs et d'intérêts extérieurs. Je sais exactement pourquoi je suis dans le Donbass, quelles idées j'ai décidé de mettre au bout d'un fusil et quelles utilisations j'ai fait de ce dernier sur le front depuis plus de 5 années. Et j'emmerde ceux que cela dérange !

Quant aux accusations de terrorisme ou de crimes lancés régulièrement par les ukropithèques à l'encontre des volontaires venus se battre dans le Donbass, elles relèvent aussi comme les précédentes d'une débilité, calomnie, et inversion accusatoire mises au service de la propagande de guerre russophobe occidentale.

Avec Macron la France, qui était déjà le laquais de la stratégie de l'OTAN et du capitalisme libéral depuis longtemps, n'a de cesse que de s'investir de plus en plus aux côtés du nouveau régime de Kiev. Cette collaboration francais aux bombardements quotidiens des covils du Donbass (amors que Paris est signataires des accords de paix de Minsk !) s'exerce politiquement, économiquement, militairement et judiciairement comme le prouvent les communiqués officiels, les sanctions économiques anti russes, les fournitures, contrats militaires et les interpellations politiques calomnieuses répétées de Hubert Fayard le représentant honoraire de la République Populaire de Donetsk en France par exemple.
Nul doute que la "vingtaine de volontaires français" repérés dans le Donbass (avec la complicité avouée de Laurent Brayard) sont dans le collimateur de Kiev mais aussi dans celui de Paris qui vont tout faire pour transformer judiciairement lors de leurs collaborations politico- militaro-industrielles les fiches "S" déjà collées sur leurs dos, en condamnations politiques. 
Et je parie que la signature de prochains contrats industriels entre Paris et Kiev dépendra de cette chasse aux volontaires réclamée par le procureur de Kiev ! 

«Beaucoup d'ennemis, beaucoup d'honneur» disait Georg Von Freundsberg, à la bataille de Vicence en 1513, et sans vouloir me comparer au lansquenet bavarois, je me fous royalement de toutes ces accusations, étant citoyen de la République Populaire de Donetsk et côté français fiché "S" depuis bien plus longtemps pour activisme séparatiste breton dans cet Etat jacobin où je n'ai jamais considéré que mon rapport identitaire avec lui dépasse le cadre administratif imposé par son hégémonie historique.

Je suis un volontaire breton venu dans le Donbass défendre une population européenne (au sens civilisationnel du terme) agressé militairement par un Etat pro-occidental et ethnocentré au service de l'hégémonie russophobe des USA, de l'OTAN et de l'UE.

En revanche, il serait plus pertinent d'observer ce qui se passe sur le front ukrainien du Donbass à l'aune de ces nouvelles accusations de "crimes" et de "mercenariat" lancées par le bureau du Procureur de l'Ukraine, car en terme d'inversion accusatoire on atteint ici des sommets inégalés ! 
  • 6 années de bombardements et de blocus de populations civiles du Donbass, de tortures de prisonniers, de répression dans leurs territoires occupés...
  • Des milliers de combattants étrangers déployés sur le front ukrainien dans des bataillons spéciaux nationalistes, des sociétés militaires privées étrangères...
Aujourd'hui c'est sans conteste l'Etat ukrainien et l'Etat français, pour ne citer que les 2 concernés par le sujet de cet article, qui devraient être traînés devant un nouveau tribunal de Nuremberg pour n’être plus que des criminels et des mercenaires au service de la ploutocratie internationale américano-sioniste !

Et de citer en conclusion feu Alexey Mozgovoy, le commandeur du bataillon "Prizrak" de la République Populaire de Lugansk:

"N'ayez pas peur pour la peau, 

craignez pour l'honneur!" 

Alexey Mozgovoy

A suivre...


Erwan Castel



"Le Bureau du Procureur général a enregistré une procédure pénale contre la participation de mercenaires étrangers au FNP de la Fédération de Russie dans le conflit armé du Donbass

07.07.2020

Les procureurs du Département de la surveillance des crimes commis dans les conflits armés, le Bureau du Procureur général, ont saisi l'ERD* des informations sur la participation de mercenaires à des conflits armés, des actions intentionnelles visant à modifier le territoire ou la frontière de l'Ukraine en violation de la Constitution de l'Ukraine. à la mort de personnes ou à d'autres conséquences graves, ainsi qu'à la participation à des groupes armés non statutaires dans une attaque contre des entreprises, des institutions, des organisations ou des citoyens, qui a entraîné la mort de personnes ou d'autres conséquences graves (partie 4 de l'article 447, partie 3 Article 110, cinquième partie de l'article 260 du code pénal ukrainien).

Les procureurs ont constaté que, de 2014 à aujourd'hui, 20 citoyens de la République française ont participé au conflit armé contre l'Ukraine dans le cadre de formations armées irrégulières imprévues dans les territoires temporairement occupés des régions de Donetsk et Lugansk, entraînant la mort et d'autres conséquences graves.

Selon l'article 47 du Protocole additionnel I de 1977 aux Conventions de Genève pour la protection des victimes de la guerre, ce sont des mercenaires et leurs actions violent la Convention internationale pour la répression du recrutement, de l'utilisation, du financement et de la formation des mercenaires, adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies le 4 décembre 1989.

L'enquête préliminaire a été confiée aux enquêteurs du Département principal des enquêtes du Service de sécurité d'Ukraine.

La sanction maximale prévue par ces articles est passible d'une peine d'emprisonnement à perpétuité avec ou sans confiscation de biens."

Note :
* ERDR : Registre unifié des enquêtes préliminaires (ERDR) est une base de données électronique créée à l'aide d'un système automatisé, selon laquelle les données sur les infractions pénales et le déroulement des enquêtes préliminaires dans les procédures pénales sont collectées, stockées, protégées, enregistrées, recherchées"

dimanche 5 juillet 2020

L'âme de la rébellion


Il y a 6 ans, le 5 juillet 2014, la garnison républicaine de Slaviansk et Kramatorsk, sous les ordres d'Igor Girkin indicatif "Strelkov", se repliait en ordre de combat vers Donetsk pour échapper à l'encerclement fatal des forces ukrainiennes qui l'assiégeaient et la bombardaient depuis 3 mois.

Les vétérans de Slaviansk se souviendront à jamais de cette journée du 5 juillet achevant cette première bataille de la guerre du Donbass qui, malgré qu'elle se termine par un abandon républicain du terrain, ravit cependant les fruits de la victoire à Kiev et permet surtout aux jeunes républiques de Donetsk et Lugansk de naître politiquement et d'organiser leurs défenses militaires. 

Danil Bezsonov fait partie de ces premiers volontaires qui ont suivi leur devoir vers l'inconnu et au devant des blindés ukrainiens avec des moyens aussi dérisoires qu'était immense leur courage, et cet homme devenu aujourd'hui vice ministre de l'information de la République Populaire de Donetsk se souvient :

"Il y a exactement 6 ans, le 5 juillet 2014, nous avons quitté Slaviansk. Beaucoup a été dit et raconté, mais je sais une chose - nous n'avions pas d'autre choix, ni la possibilité de continuer la résistance dans l'environnement, sans approvisionnement en munitions et provisions. En plus, vous devez comprendre que Donetsk n'était pas prêt pour la défense, et notre tâche était de protéger notre capitale. 

Grâce aux glorieux 85 jours de défense de Slaviansk, nous pensions que nous pouvions combattre avec succès les forces régulières ennemies et transmettre au reste des milices du Donbass cette foi, qui s'est manifestée dans des batailles ultérieures. Nous avons supporté une mort imminente, mais nous avons eu une chance de survivre et de continuer notre bataille dans d'autres endroits. Quitter Slaviansk est le jour où les morts ont eu droit à la vie."
Danil Bezsonov, 5 juillet 2020


Rappel des faits du siège de Slaviansk:

Suite au coup d'état du Maïdan, les populations russophones d'Ukraine, inquiètes du caractère russophobe affiché par le nouveau pouvoir de Kiev, ont transformé leur opposition politique en mouvement de protestation revendiquant une fédéralisation garantissant leurs spécificités culturelles. La Crimée, profitant à la fois de ses liens privilégiés avec Moscou à laquelle elle était encore territoire seulement 60 ans auparavant et de son statut de République autonome en découlant, a fait sécession de l'Ukraine en mars 2014, à l'issue d'un référendum provoquant son retour au sein de la Russie.  

Cette sécession qui encourage dans une certaine mesure (les manifestants ne sont pas encore séparatistes) le mouvement fédéraliste dans toute la région historique de la Novorossiya, va affoler le gouvernement fantoche de Kiev pris en otage par les radicaux néo-nazis du Maïdan et qui, plutôt que d'ouvrir un dialogue avec les oblasts russophones inquiets va opter rapidement pour une répression de plus en plus radicale de leur revendications.


Devant le refus par les autorités d'accepter l'organisation d'un référendum dans les régions du Sud Est de l'Ukraine, des manifestants fédéralistes décident alors de prendre eux mêmes l'initiative et avec le soutien de la population commencent à occuper des bâtiments de l'administration régionale, comme à Slaviansk le 12 avril 2014.



Pendant ce temps, à Kiev, les mentors étasuniens organisent l'allégeance du nouveau pouvoir qu'ils ont mis en place. c'est ainsi que John Brennan, le Directeur de la CIA rencontre l'équipe du Président par interim Turtchinov qui dès le lendemain 13 avril 2014, lance contre les manifestants du Donbass une "opération spéciale", offensive aéroterrestre complètement disproportionnée et irresponsable.

La stupeur saisit à la fois les manifestants et les soldats de la 25ème brigade aéromobile engagés contre eux et dont beaucoup lors du 1er assaut lancé contre Kramatorsk vont refuser de combattre et même pactisent avec les fédéralistes jusqu'à déserter et rejoindre les barrages improvisés autour de Slaviansk et Kramatorsk, à 100 km au Nord-Ouest de Donetsk.

Tandis qu'une revendication politique éphémère est exprimée par la voix d'un nouveau maire autoproclamé Viatcheslav Ponomarev, rapidement désavoué (il sera arrêté le 10 juin) la défense militaire de Slaviansk et de sa voisine Kramatorsk (au sud) s'organise très rapidement malgré les faibles moyens dont elle dispose encore grâce à l'impulsion de Igor Girkin, dit "Strelkov" ex colonel russe du GRU venu de Crimée avec un noyau de 58 vétérans des guerres de Tchétchénie, Géorgie, Transnisstrie, ainsi que des volontaires locaux et ukrainiens etc... 

Strelkov impulse très rapidement la résistance fixant avec réalisme les objectifs prioritaires imposés par l'agression militaire de Kiev. Rapidement il incarne même la résistance du Donbass, et ce, même après son retour en Russie après l'été 2014.


Dès le premier jour de l'insurrection, Strelkov et ses volontaires s'emparent d'un dépôt des services de sécurité (SBU) de Slaviansk où un stock important d'armes et de munitions est saisi. Par la suite, tandis que plusieurs sections de la 25ème brigade aéromobile ukrainienne, peu motivées pour des combats fratricides sont désarmées, un second dépôt, celui de l'administration des douanes est saisi.


Volontaires de Slaviansk, parmi lesquels on reconnait Motorola (porte drapeau), aujourd'hui Commandant du bataillon Sparta et Igor Strelkov (second rang) le Commandeur du bastion de Salviansk entre avril et juillet 2014

Après les premiers flottements vécus dans les rangs de l'armée régulière ukrainienne, l'opération qualifiée "antiterroriste" par Kiev, qui va être rapidement être transférée sous le commandement du Ministère de l'intérieur, va engager les premiers volontaires de Prayvi Sector contre les barrages le 20 avril 2014. Ce jour là, dans le village de Bylbassovka à l'Ouest de Slaviansk, 3 premiers morts ouvrent le martyrologe du Donbass.


Le 2 mai, le massacre des manifestants fédéralistes à Odessa est considéré comme une ligne rouge franchie au delà de laquelle le mouvement fédéraliste laisse définitivement la place à une revendication séparatiste et une rébellion armée.

Les combats deviennent alors de plus en plus intenses avec notamment un deuxième assaut ukrainien lancé le 24 mai, puis à partir de juin, tandis que Lugansk est écrasée par ses chasseurs bombardiers, l'artillerie de Kiev commence à pilonner systématiquement Slaviansk et Kramatorsk en détruisant complètement certains quartiers et villages comme Semenovka.


Si les insurgés remportent des victoires significatives en détruisant plusieurs hélicoptères et même des blindés ukrainiens, le siège des 2 cités rebelles devient de plus en plus difficile à supporter tant sur le plan militaire que civil surtout après que Kiev ait lancé une nouvelle offensive de grande ampleur sur les positions républicaines épuisées.

Au cours du mois de juin les rebelles résistent désespérément aux assauts, espérant des renforts et des approvisionnements logistiques qui n'arrivent pas. Après la chute du village de Krasny Liman contrôlant un carrefour stratégique au Nord de Salviansk, Strelkov organise le repli de ses forces qui réussiront à tromper l'encerclement ukrainien dans la nuit du 5 juillet et à rejoindre le bastion de Donetsk avec armes et bagages.



Cette exfiltration est certainement un des plus beaux coups du "maître Strelkov" qui a réussi dans la seule nuit du 4 au 5 juillet a dégager de l'encerclement de l'armée ukrainienne environ 2 200 combattants, avec armes et bagages et même véhicules dont 20 chars, 3 canons automoteurs Nona, des véhicules de combat d' infanterie, BTR, BRDM  et plusieurs canons antiaériens montés sur camions et camionnettes. 

La défense de Slaviansk a fait entrer le Donbass dans l'Histoire et ouvert le légendaire de sa rébellion, car si cette première bataille, qui va durer 3 mois, se termine par une victoire ukrainienne, elle va permettre aux bastions de Donetsk et Lugansk, pendant toute sa durée d'organiser suffisamment leurs défenses pour pouvoir encaisser et repousser le choc des forces d'assaut ukrainiennes qui arriveront dès le 12 juillet 2014, aux portes de Donetsk.

Alors non, pour répondre aux récentes paroles maladroites d'Edouard Basurin qui affirmait que "la République ne doit rien aux premiers volontaires de 2014", le Donbass libre doit au contraire tout à cette résistance héroïque initiale qui fixa pendant 3 mois à Slaviansk le principal des forces ukrainiennes et qui fut ensuite le fer de lance des combats défensifs victorieux ultérieurs. 

Sans ces volontaires, le chemin vers le rêve ne serait pas devenu réalité !


Erwan Castel


6 juillet 2020, les volontaires républicains arrivent de Slaviansk et Kramatorsk 
à Donetsk pour défendre la capitale du Donbass 


mercredi 24 juin 2020

VictoireS !

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Finalement, la crise sanitaire du Covid 19, en reportant du 9 mai au 24 juin les commémorations du 75ème anniversaire de la victoire de 1945, n'aura pas bousculé le calendrier mémoriel et l'opportunité de réaliser une grande parade à Donetsk qui a réuni cette année plus de 2000 participants et une centaine de véhicules.

En effet, c'est le 24 juin 1945 qu'a eu lieu la première grande parade de la Victoire en URSS et cette date a offert aux républiques du Donbass l'opportunité de faire une démonstration de force au moment où Kiev, tenté par l'option militaire, rassemble à nouveau des unités d'assaut à proximité d'un front tenu sous le feu permanent de leurs obusiers et mortiers.

75 années plus tard, se faisant l'écho de la grande parade organisée à Moscou, les Républiques du Donbass rendaient également hommage à leurs défenseurs du passé et du présent.


Mercredi 24 juin 2020

Comme à chaque fois depuis 2014, la parade commémorant la victoire de 1945 se déroule dans le Donbass dans la permanence de la guerre qui gronde encore aux portes des cités républicaines et donne à leurs populations l'impression que le passé s'invite dans le présent. 
    "La défaite honteuse et écrasante de l'armée du Troisième Reich, qui a mis la moitié de l'Europe à genoux, n'a été rendue possible que grâce à l'unité, la solidarité et le courage d'un grand pays. 
    Aujourd'hui, nous rendons hommage à l'héroïsme du peuple victorieux, cet exploit est sacré pour nous, nous sommes redevables à ceux qui se sont sacrifiés au nom de la paix", 

    "Nous n'arrêtons pas de forger notre propre victoire pendant une minute, aujourd'hui nos défenseurs participent également au défilé, qui rapproche le jour chéri de la victoire. 
    C'est inévitable, car aujourd'hui, comme il y a 75 ans, la justice est de notre côté". 

    Denis Pushilin, Président de la République Populaire de Donetsk.



    Sous la chaleur des applaudissements d'une immense foule et d'un soleil radieux, les premiers carrés s'avançant de leurs pas cadencés scandés par des cris de victoire avaient revêtu les uniformes de leurs anciens dont ils portaient fièrement les bannières soviétiques.


    Photo Svetalana Kissileva




    Puis ce fut au tour des forces de défense de défiler sur la grande avenue Artema où plusieurs dizaines de milliers de familles étaient venues saluer leurs défenseurs. Lorsqu'on songe aux premières milices de 2014, groupes hétéroclites aux tenues bigarrées et à l'armement disparate, qui s'agglutinaient sur des camionnettes civiles bricolées ou les rares véhicules cabossées et poussifs récupérés aux ukrainiens lors des premiers combats, on mesure avec respect l'immense modernisation du potentiel de défense réalisée depuis 6 ans par les républiques du Donbass.

    Aujourd'hui c'est une armée moderne, équipé, entraînée et aguerrie  qui défile sous les hourras de sa population. les uniformes sont soignés et rutilants, les armes, menaçantes et alignées, les véhicules entretenus et équipés... Plus grand chose à voir avec la première "Opolcheny" de la rébellion anti-maïdan... si ce n'est cette lueur invincible qui danse toujours dans les regards de ce gardiens du Donbass luttant avec courage et abnégation pour ses libertés et ses traditions menacés. 





    Malgré la défense du front et les services aux casernes, les différents ministères dédiés  à la défense du territoire et des populations de la République Populaire de Donetsk ont pu rassembler plus de 2000 hommes pour l'événement et ainsi faire la démonstration de leur capacité opérationnelle. 


    Photo Kristina Melnikova

    Photo Kristina Melnikova


    Dans cette immense artère traversant en son sommet la ville de Donetsk, il n'y avait pas ce 24 juin des participants et des spectateurs mais bien un seul peuple témoin et acteur d'une Histoire toujours en mouvement, et qui reste plus que jamais engagé dans le combat pour sa Liberté. 

    Et les pensées de tous d'aller avec la même force vers ceux de leurs fratries qui se sont battus il y a 80 ans et leurs héritiers qui aujourd'hui ont repris le flambeau, le fusil et la pelle pour honorer par leur sacrifices actuels ceux du passé.... 





    Quelques articles sur le sujet :

    etc...

    Revenant ravi du centre ville de Donetsk où j'étais allé admirer cette parade de la victoire de 1945, je me suis fait shooter (avec la caméra d'un smartphone) par un camarade resté en alerte à la base. 

    Plus que quelques jours avant la Russie où, après 9 mois d'immobilisation sanitaire,  je vais être enfin libéré de cette blessure par une reconstitution finale de mon bras, et enfin pouvoir reprendre du service pour le peuple du Donbass.

    Erwan Castel


    vendredi 22 mai 2020

    La milice sort ses griffes !


    Voilà 6 ans que la guerre a commencé dans le Donbass et 5 ans passés que le couvercle des accords de paix signés à Minsk n'a pas réussi à imposer le cessez le feu sur les 460 kilomètres d'une ligne de front toujours soumise quotidiennement aux tirs des forces armées ukrainiennes et donc, immanquablement, aux ripostes des unités de défense républicaines. Depuis que Zelensky est arrivé au pouvoir à Kiev porté par ses promesses de cessez le feu et de paix dans le Donbass, les républiques ont attendu patiemment que le comédien-président engage concrètement leur mise en oeuvre, à commencer par respecter les accords signés par l'Ukraine en février 2015. 

    Et pendant cette longue année où les bombardements et les tirs meurtriers ukrainiens vont continuer, les gouvernements des républiques de Donetsk et Lugansk et leurs forces vont faire le dos rond, attendant mais en vain un arrêt des violations ukrainiennes du cessez le feu. Or ces dernières, loin de diminuer ont continuer à augmenter de semaine en semaine et plus grave, les "ukrops" visent désormais quotidiennement des zones résidentielles où le nombre de victimes civiles a augmenté brutalement depuis le début de ce mois de mai 2020.

    Voilà pourquoi cette semaine les 2 républiques du Donbass ont décidé de lancer un avertissement politique à Kiev en élevant l'état d'alerte de leurs milices à son niveau maximum. 

    Une manière de frapper du poing sur la table.... et pas que sur la table ! :


    Depuis les 19 et 20 mai dates des avertissements à l'Ukraine lancés par les présidents de Lugansk et Donetsk, l'Ukraine n'a absolument pas cessé ses provocations sur la ligne de front du Donbass et son président, toute honte bue, a même excusé ses forces armées en prétendant qu'elles ne faisait que riposter à des tirs initiaux républicains. 

    21 mai 2020, nouveaux bombardements ukrainiens
    sur des positions défensives républicaines.
    Du coup les milices, qui ont hérissé leurs poils, ont-elles décidé maintenant face à l'obstination criminelle des "ukrops" de sortir les griffes et détruire avec tous les moyens dont elles disposent les unités ukrainiennes responsables des violations du cessez le feu. 

    Il faut relever, dans les réactions des forces républicaines, que les tirs cherchent au maximum è être précis et ciblés et sur des objectifs militaires ukrainiens identifiés, comme par exemple sur le front de Lugansk, où le chef du bataillon spécial ukrainien "Lugansk 1", coupable de nombreux crimes de guerre a été éliminé hier lors d'une de ses missions sur la ligne de contact.

    Sur la ligne de front de Donetsk la stratégie mise en oeuvre est la même comme par exemple aujourd'hui 22 mai 2020 sur le front de Yasinobataya au Nord de Donetsk:
    • Entre 7h40 et 8h25, l'artillerie ukrainienne, avec des obusiers de 122mm a bombardé à nouveau le front de Yasinovataya au Nord de Donetsk, entre 7 h 40 à 8 h 25, les forces armées ukrainiennes ont ouvert le feu sur le village de Verkhnetoretskoye Nizhny près de Yasinovataya. 5 obus d'obusier de 122 mm de positions éloignées et 15 obus de mortier de 120 mm de positions rapprochées (secteur Avdeevka) ont été tirés sur un zone résidentielle civile où plusieurs bâtiments et dépendances ont été endommagés et, une maison entièrement détruite à la suite d'un coup direct (au 64 de la rue Stepnaya). Des infrastructures communes ont également été endommagées par le bombardement ukrainien tel que des lignes électriques et un gazoduc à basse pression dans la rue Fabrichnaya, où la ferme avicole de Verkhnetoretsky dont les bâtiments, d'une valeur de 5 millions de roubles, o,t été gravement endommagés.
    La ferme avicole de Verkhnetoretsky après les bombardeme,ts ukrainiens du 22 mai matin, et peut-être que Zelensky prétendra là aussi que ses soldats n'on fait que riposter... certainement à un bombardement d’œufs !
    Les renseignements militaires ont pu identifier immédiatement qu'avait participé à ce nouveau bombardement un peloton de mortiers appartenant au 46e bataillon qui n'est autre que le bataillon spécial néo nazi "Donbass" intégré à la 54ème Brigade ukrainienne. Et c'est le lieutenant A. Piskulov indicatif "Mole" qui a mené ce bombardement au mortier de 120mm. 
    Communiqué ukrainien sur les
    réseaux sociaux militaires sur les
    pertes subies ce matin à Avdeevka
    • Immédiatement l'artillerie républicaine a réalisé des tirs de contre-batterie sur les unités de mortiers repérées et localisées. Au cours de cette riposte au minimum 4 soldats ukrainiens ont été tués: le chef de section Piskulov «Mole» et trois soldats avec les indicatifs «Helmet», «Cedar» et «Natsik». Ont été également détruits deux mortiers de 120 mm de calibre 2B11 et un autre endommagéA l'issue de la riposte, un communiqué de l'Etat major de la RPD a de nouveau exhorté les forces ukrainiennes a cessé leurs attaques contre les territoires républicains.


    Riposte républicaine sur les positions des mortiers ukrainiens

    Cette tactique républicaine est appliquée dans les autres secteurs de Donetsk et Lugansk subissant des bombardements ukrainiens comme sur le front Sud de la RPD, où un poste de tir antichar ukrainien qui venait de lancer un missile sur le village de Leninskoye a été détruit également aujourd'hui par un tir de riposte républicain.


    Une autre conséquence, et non des moindres, de cette nouvelle escalade du front qui  menace de sortir de ses tranchées pour une nouvelle guerre ouverte et sans retenue est la réaction massive dans les territoires des Républiques mais aussi dans les autres pays et républiques du Monde russe de milliers de'hommes et de femmes, vétérans ou jeunes qui se déclarent volontaires pour venir prendre les armes aux côtés des milices républicaines.
    • D'une part, les réservistes des 2 républiques du Donbass ont répondu massivement à l'appel des autorités, se rendant sur les points de formation où participant déjà aux renforcements d'installations, de sécurisation de zones, de patrouilles etc... 
    • D'autre part les bureaux de recrutement reçoivent quotidiennement chacun des dizaines d'appels d'habitants dont beaucoup sont déjà aguerris et qui inquiets de la situation nouvelle du front se disent prêts à rejoindre immédiatement la milice.
    Et il reste encore aux autorités républicaines cet "ultima ratio" qu'est une mobilisation générale en cas d'aggravation dangereuse de la guerre... sans compter la Russie qui veille au grain depuis ses frontières proches !

    Depuis que le conflit s'est refroidi dans les tranchées creusées par les accords de Minsk, nombreux sont les volontaires qui sont partis du Donbass rejoindre leurs familles et leurs occupations civiles en disant "si demain ou après demain ça pète à nouveau, nous reviendrons".

    5 années plus tard, force est de constater que les sacs et les coeurs de cette première "opolcheny" (milice) sont toujours prêts à venir défendre dans le Donbass les libertés et les traditions des peuples de la Grande Russie et combattre l'impérialisme mondialiste de la marchandise occidentale.

    Toutes ses manifestations de soutien, de fidélité, et ses volontariats ne relèvent pas d'une hystérie collective et belliciste, bien au contraire : elles sont les expressions calmes et déterminées de populations diverses mais unies dans une histoire et une destinée russes communes et qui manifestent ici encore leur solidarité radicale avec les Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk. Cet élan a aussi pour objectif de dissuader Kiev de sombrer plus en avant dans sa folie meurtrière en lui signifiant que les républiques ne sont pas seules face à ses soudards. Car pour vivre depuis plus de 5 années au milieu de ces volontaires issus des peuples de l'empire (au sens civilisationnel et non politique), je peux témoigner que sous leurs grandes qualités guerrières, ce sont des êtres pacifiques, aimant la Vie et la Paix, mais dont leur courage les conduit sans hésitation aucune à se battre jusqu'au sacrifice ultime pour les défendre. 

    La flamme allumée en 2014 est donc plus que jamais vive et la moindre étincelle ukrainienne sur le front du Donbass la transformera en un brasier gigantesque que cette fois, aucun accord de Minsk ou d"ailleurs ne pourra empêcher d'aller jusqu'à la Victoire finale !

    Erwan Castel  


    mardi 19 mai 2020

    Adieu "Karel"

    "Quel sentiment anime les russes ? 
    L'enthousiasme, et encore l'enthousiasme !"

    Gavrila Romanovitch Derjavine, officier poète russe (1743-1816)


    Karel en 2019, dans notre "forteruine" sur le front de Yasinovataya, avec un "Shok", ce fusil antichar "made in Donbass qui est une modernisation en calibre 12.7mm du légendaire PTRD soviétique et qui est d'ailleurs toujours en service sur le front.

    Aujourd'hui les drapeaux de la brigade Piatnashka et de ma compagnie sont à nouveau en berne car un de nos camarades nous a quitté des suites de ses blessures reçues sur le front de Yasinovataya le 25 avril dernier. "Karel", un jeune homme de 32 ans, grièvement blessé par un sniper ukrainien avait  rapidement sombré dans un coma qui malheureusement devait lui être fatal, malgré le combat mené jour et nuit autour de lui par le personnel médical de l'hôpital de Donetsk où il avait été évacué.


    Mardi 19 mai 2020

    "Karel est décédé !"...

    Ce matin la triste nouvelle a circulé de chambrées en bureaux, du poste de garde à la popote de la compagnie, laissant derrière elle une traînée de silence et perdants les regards dans les souvenirs partagés avec ce jeune homme d'à peine 30 printemps, volontaire venu défendre le Donbass de sa lointaine Carélie russe dont il avait choisi le nom pour indicatif comme on choisit de porter un drapeau avec fierté...

    Le 25 avril dernier les positions tenues par notre bataillon sur le front de Yasinovataya avaient subi un bombardement important d'une artillerie lourde ukrainienne dont les obusiers de 122 mm étaient appuyés par des tirs nourris menés par les unités nous faisant face, parfois à seulement 100 mètres de notre ligne de défense. Ce jour là, notre compagnie a eu 2 blessés, "Rex et Karel", salement touchés au bras et flanc gauche par des snipers ukrainiens positionnés dans les ruines de cette zone industrielle de Promka, secteur du front particulièrement disputé depuis 5 ans.

    Contrairement à "Rex" dont l'état a pu être stabilisé, "Karel" a rapidement présenté des complications et dégâts irréversibles qui l'ont plongé dans un coma très inquiétant nous préparant tous au pire. Mais le pessimisme médical le concernant n'a pas atténué le choc lorsque la nouvelle de son décès est tombée même si probablement il a libéré notre camarade d'une situation désespérée. 

    Même sous la rigueur de l'hiver donbassien , les yeux de Karel pétillaient de plaisir
     au dessus d'un sourire que rien ne pouvait cacher 

    Il est toujours difficile sur le moment d'évoquer une personne disparue, tant les souvenirs et anecdotes même les plus insignifiantes deviennent autant de bornes lumineuses éclairant ce tronçon de vie parcouru ensemble sur le front du Donbass. 

    Si je devait résumer en un mot "Karel", tel que je l'ai connu et côtoyé dans les rangs de Piatnashka, je choisirai le mot "enthousiasme" tant il avait su conserver intact dans son coeur ce désir permanent de "croquer la vie" passionnément, parfois jusqu'à l’excès et d'offrir en permanence à l'entour son sourire généreux et ses rêves de jeunesse portés par une humeur joviale constante, quelle que soient les circonstances extérieures. 

    L'engagement désintéressé de ce jeune russe symbolise cette force éternelle d'un patriotisme russe volontaire qui, du Kamchatka oriental à la Carélie occidentale et de la Sibérie septentrionale au Caucase méridional uni dans une destinée commune et une fraternité instinctive tous les peuples d'un monde russe dont l'identité supra communautaire traverse intacte ses déclinaisons impériale, soviétique ou fédérale historiques.

    "Karel" et "Rex" et mézigue, le 22 mai 2019, à l'occasion de l'inauguration de la statue de Mamaï  notre chef de bataillon qui, comme Karel et tant d'autres volontaires, avait été mortellement blessé sur ce même front de Yasinovataya il y a 2 ans.

    Par leurs sacrifices, "Karel" et tous ces volontaires qui depuis 6 ans passés viennent des quatre horizons donner leur sang pour la Liberté du Donbass témoignent de cette conscience commune qui unit les différents peuples slaves dans la défense de leur diversité contre l'esclavage d'une pensée unique cherchant à soumettre et uniformiser la Terre pour marchandiser toutes ses formes de vie.

    Ce soir une étoile de plus brille dans les rangs célestes du régiment immortel russe, tandis qu'ici bas, les mémoires humaines et la terre de Promka mille fois secouées par l'acier de la guerre garderont comme un feu éternel cet enthousiasme qu'un enfant de Karélie est venu offrir au Donbass reliant par son sang les mers Noire et Blanche de la Grande Russie.

    Que "Karel" repose en paix, et que la terre lui soit légère car il restera vivant dans nos coeurs !

    Erwan Castel


    Les autres extraits de mon journal du front : ici