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mardi 8 février 2022

A Moscou, Macron vient défendre.... Macron !

 

Le 7 janvier 2022, Emmanuel Macron, sous ses casquettes de président français, de signataire des accords de Minsk, de membre de l'OTAN, de président de l'Union Européenne... et surtout de candidat aux prochaines présidentielles est venu s'entretenir avec Vladimir Poutine, le président de la Fédération de Russie au sujet de la crise ukrainienne, de la guerre du Donbass et plus généralement de la confrontation sécuritaire entre l'OTAN et la Russie.

D'un côté, un président russe courtois et accueillant qui a profité de l'événement pour renouveler la volonté de Moscou de trouver un processus de Paix mais sans y abandonner un seul pouce de terrain concernant la sécurité de la Russie face à Washington, l'OTAN et Kiev qui l'ont clairement défini comme un adversaire politique, économique et militaire, de l'autre côté, un président français hypocrite tentant de cacher sa servilité atlantiste qui est totalement incompatible avec la mission de médiateur qu'il prétend incarner ici.

Au final cette rencontre cordiale n'aura abouti à rien de concret, comme toutes les réunions précédentes organisées avec Washington, l'OTAN ou l'OSCE, et s'il fallait résumer les 6 heures d'entretien ente les présidents russe et français je choisirai ce sourire ironique de Macron réagissant au rappel de Poutine lorsque ce dernier rappelait à la conférence de presse les principes de sécurité collective et indivisible du traité Russie-OTAN de 1997 et depuis bafoués par l'Alliance militaire atlantique qui n'a cessé de progresser vers l'Est sur fond de discours de plus en plus russophobes.

Je ne reviendrai pas ici sur le contenu des demandes russes souvent évoquées et détaillées dans des précédents articles, et dont la clef de compréhension se trouve dans les différents engagements occidentaux mais jamais respectés la rencontre Gorbatchev / Baker en 1991 et que rappelle la déclaration d'Istambul et d'Astana du sommet de l'OSCE de 2010, lorsqu'elle stipule clairement que "tout pays a l'obligation de ne pas renforcer leur propre sécurité aux dépens de la sécurité des autres États sur la base de l’attachement au principe de sécurité indivisible" . 

Par contre il est visible comme un nez au milieu d'un visage que Macron a réalisé à Moscou une opération marketing d'un candidat à l'élection présidentielle qui cherche à attirer au dessus de sa candidature une colombe de la paix pour séduire un électorat méfiant pour ne pas dire en colère. Et dans son discours, les flagorneries circonstancielles du français n'ont pas réussi à cacher ses sourires ironiques, ses références au principe défendu par Washington d'une OTAN toujours ouverte aux pays de l'Est, son alignement sur la fantasme propagandiste d'une "invasion russe", sa soumission à Washington, son soutien inconditionnel à la politique de Kiev...

De toute évidence Macron est d'abord venu à Moscou pour se donner bonne conscience et chercher, dans un consensus indiscutable autour d'un objectif de paix, à piéger ses opposants politiques nationaux en lice présidentielle contre lui et même gratter quelques suffrages.

Macron veut dans l'immédiat une "désescalade militaire" qu'il sait inévitable puisque les manoeuvres russo-bélarusses "Union Resolve 2022" programmées depuis des mois et dont la fin qui interviendra le 20 février prochain, sera, j'en fais le pari, présentée comme la conséquence de son action actuelle sauvant l'Europe d'une guerre apocalyptique etc etc...

Aujourd'hui "Jupiter" se rend à Kiev pour une réunion "entre potes" mondialistes et je ne serai pas étonné que BHL par exemple resurgisse dans l'actualité ukrainienne pour nous resservir son habituel plat russophobe obsessionnel, à l'instar de cette Nathalie Loiseau, eurodéputée LREM et présidente de la sous-commission Sécurité et Défense du Parlement européen, qui est venue préparer le terrain à Kiev avant la visite de Macron en demandant à l'UE de ne pas être "une grosse suisse molle (bonjour la délicatesse) face à la menace russe" Et cette servante de la ploutocratie mondialiste au visage bouffi par la malhonnêteté de plagier l'ébouriffé en chemise blanche en pérorant : "Ce à quoi aspire l’Ukraine et ce que menace la Russie, c’est notre façon de vivre, nos choix, nos libertés et cela se passe à moins de trois heures de Paris."

Quand j'entends la macronie parler de choix, de libertés, de sécurité tandis que ses soldats protège le pillage de l'Afrique, participent aux destructions des pays "non alignés" ou à l'hégémonie de l'OTAN en Europe...  j'hésite entre rire où prendre mon arme...

Erwan Castel

"Voulez-vous faire la guerre à la Russie? 
Demandez à vos lecteurs, téléspectateurs et internautes 
s'ils veulent que la France fasse la guerre à la Russie, 

car c'est ce qui va se passer.»


 



mardi 27 avril 2021

Des Pâques irlandaises aux Pâques donbassiennes

24 avril 1916, l'insurrection de l'Irlande contre l'occupation britannique commençait à Dublin sonnant le lent réveil des peuples d'Europe vers la reconquête de leurs patries charnelles, et le glas de ces Etats-nations moribonds qui, après avoir servi les intérêts des bourgeois et écrasé les libertés des pays réels, se déchiraient le monopole de la marchandise dans le première grande boucherie mondiale.

Pâques 2014, le Donbass entre en rébellion contre l'occupant ukrainien

24 avril 2014, la rébellion du Donbass contre l'agression ukrainienne cherchant à interdire leur identité culturelle russe éclate à Slaviansk après que Kiev ait déclenché le 16 avril cette hallucinante
"Opération Spéciale Antiterroriste" contre des populations civiles à force chars d'assaut et avions de combat. Près d'un siècle après la révolte irlandaise, à l'autre bout de l'Europe, un autre peuple se levait pour sa Liberté.

Du 19 au 28 avril 2014, le Donbass bascule dans la guerre
lors du siège de Slaviansk par les forces ukrainiennes. 

24 avril 2021, la guerre du Donbass déclenchée par Kiev dure depuis 7 années et plus de 20 000 morts (officiellement 13 000) et sur les plus de 480 kilomètres d'une ligne de front enterrée, les forces ukrainiennes continuent de tirer sur les "séparatistes" du Donbass organisés depuis en Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk ramant contre vents et marées vers la Russie, leur patrie matricielle. 

Avril 2021, au delà des palabres kiéviens hypocrites qui nous
promettent encore une "trêve de Pâques", il y a la réalité des 
bombardements et des tirs de leurs soudards "ukropithèques",
comme ce soldat en première ligne qui souhaite la Pâques 
aux défenseurs républicains avec des rafales de fusil d'assaut.

Et, avant d'entrer dans le concret de la situation politico-militaire du moment, je laisse à votre réflexion cette fin magnifique du poème de William Butler Yeats "Pâques 1916" et qui pour mon coeur résonne intacte dans ce Donbass rebelle qui, un siècle plus tard, vit sa 7ème Pâques sous les obus:

"...Un sacrifice trop long
Peut changer le coeur en pierre.
Quand cela sera-t-il assez ?
En finir est le rôle du Ciel, et notre rôle
Est de murmurer les noms l’un après l’autre
Comme une mère le nom de son enfant
Lorsqu’enfin le sommeil s’est appesanti
Sur ses membres fatigués par la course.
Qu’est-ce d’autre que la nuit qui tombe ?
Non, non, – non pas la nuit : la mort ;
Mais était-ce, après tout, une mort inutile ?
L’Angleterre, en effet, pourrait tenir parole
Malgré tout ce qui a été dit et fait.
Nous le connaisons leur rêve ; assez
Pour savoir qu’ils ont rêvé et qu’ils sont morts ;
Mais si le mirage d’un excessif amour
Les ayant égarés, était la cause de leur mort ?
en vérité je le résume à un poème-
MacDonagh et MacBride,
Et Connolly et Pearse,
Maintenant et à tout jamais,
Partout où l’on porte le vert,
Sont changés, changés du tout au tout :
Une beauté terrible est née."

William Butler Yeats "Pâques 1916"

Sommaire :

  1. Sur le front diplomatique 
  2. Sur le front du Donbass
  3. Du côté de l'Ukraine 
  4. Du côté de l'OTAN 
  5. Du côté de la Russie  
 

1/ Sur le front diplomatique...

Alors que l'Ukraine dans un sabotage continuel d'un éventuel règlement pacifique du conflit refuse toujours de dialoguer avec les représentants des Républiques de Donetsk et Lugansk, Zelensky poursuit sa tournée de mendiant auprès des laquais de l'OTAN, quémandant soutiens politiques et aides militaires dans son effort de guerre contre les populations du Donbass.

Et le délire russophobe continue du côté de Kiev qui continue à se considérer en guerre contre la Russie (mais sans rompre ses relations diplomatiques ou combattre son armée qui est en Crimée). Ainsi par exemple de Reznikov, le vice ministre ukrainien chargé de la "réintégration du Donbass" et représentant ukrainien au groupe de contact censé piloter le processus de paixde Minsk 2, qui réagit à l'invitation du président Poutine de rencontrer son homologue ukrainien à Moscou: 

"Pendant la guerre, le président ukrainien ne peut pas se rendre dans la capitale et rencontrer une personne qui est un représentant du pays agresseur. Il me semble que c'est une proposition un peu étrange"

Heureusement pour ces ukropithèques hallucinés que Moscou ne considère pas la Russie être en guerre contre l'Ukraine, car le Maïdan par où leurs délires a commencé deviendrait le bûcher de leur folie criminelle.

Du côté de l'Allemagne :

Même si Berlin, sans conteste est un acteur majeur de la stratégie mondialiste, l'Allemagne n'en reste pas moins accroché à une souveraineté certaine, au moins dans le domaine économique qui fait d'elle le dominant dans la meute des laquais de l'Union Européenne. Défendant ses intérêts nationaux autant que ceux de l'OTAN, Berlin a ainsi, dans le dossier ukrainien, nage de plus en plus à contre courant du torrent russophobe hystérique occidental: 

  • En défendant bec et ongle le projet North Stream 2 d'importation du gaz russe dans l'Union Européenne via l'Allemagne,
  • En refusant d'accorder des aides militaires à l'Ukraine, comme récemment lorsque Kiev lui demandait des vieux patrouilleurs côtiers,
  • Récemment Michael Kretschmer, 1er ministre de Saxe a déclaré: "Mettons fin au dossier de l'Ukraine et il y aura alors encore plus de coopération avec la Russie".

Du côté de la colonie France :

Lorsque le 16 avril, le gouverneur Macron de la colonie France, en compagnie de la chancelière allemande Merkel, ont reçu le mendiant Zelensky de la colonie Ukraine a certes reçu un soutien formel de ses partenaires occidentaux dans l'exacerbation des tensions entre Kiev et Moscou, mais il est reparti les mains vides car ni Paris ni Berlin n'ont signé la déclaration de soutien à l'adhésion de l'Ukraine dans l'Union Européenne que le clown était venu à genoux leur agiter sous le nez.

Voilà donc bien une preuve supplémentaire que cette "intégration dans l'UE", qui a été le moteur des émeutes du Maïdan il y a 7 ans, n'est que le "miroir aux alouettes" destiné à faire tomber l'Ukraine, ce pivot géostratégique européen dans les rets de l'OTAN (et sans toutefois l'intégrer).

Puis, le collabo Macron a appelé le 26 avril 21 le président Poutine pour tenter, à travers différents sujets (Haut Karabagh, Syrie, Libye, Navalny, Donbass, Coronavirus) de faire pression sur la Russie.

Sur le Donbass et concernant le processus de paix, Macron a insisté pour que les accords soient respectés, mais Poutine lui a rappelé que:

  • Ce sont les forces ukrainiennes qui initient quotidiennement les violations du cessez le feu.
  • La Russie n'est pas partie prenante au conflit,
  • La situation est bloquée à cause du refus de Kiev de dialoguer avec Donetsk & Lugansk.


2/ Sur le front du Donbass... 

SITREP du 26 avril 21, avec: les principaux bombardements ukrainiens sur le front,
les vols de reconnaissance des drones RQ 4 "Global Hawk" de l'US Air Force et, fait
intéressant, une réaction électronique répulsive des moyens de guerre électronique
déployés par la Russie sur ses frontières (voir ci après le§ ("Du côté de la Russie").

Quelques exemples des provocations ukrainiennes de ce 26 avril 21, pour illustrer la conception très ukrainienne d'une "trêve de Pâques" :

💥 26 avril 21, 08h10 : bombardement ukrainien au mortier du village de Leninskoe (front Sud de la RPD) depuis Lebedinskoe. 12 obus de 120 mm tirés.

💥 26 avril 21, à 11h30 et 12h45: bombardement ukrainien au mortier des villages d'Ukrainskoe et de Leninskoe depuis Pavlopol et de Vodyanoe. 2 obus de 120mm et 29 grenades autopropulsées AGS 17 tirées.

❗️  26 avril 21, à 12h10 : à Kalinovka, un soldat de la République Populaire de Lugansk est grièvement blessé par des tirs de mitrailleuse lourde ukrainienne.

💥 26 avril 21, 12h25 : bombardement ukrainien de la route Donetsk-Gorlovka sur le front de Yasinovataya (Nord de Donetsk). 3 obus de 73mm (SPG 9) tirés.

💥 26 avril 21, 16h00 : bombardement ukrainien au mortier du village de Lozovoe (Nord Est Debalsevo coté RPL) depuis Svetlodarsk. 3 obus de 82mm tirés.

💥 26 avril 21, 17h15: bombardement ukrainien du village minier de Zolotoe 5 (Front Lugansk) depuis Zolotoe 4. 10 grenades autopropulsées AGS tirées.

💥26 avril 21, 17h17 : bombardement ukrainien au mortier du village de Staromikhaïlovka (Ouest Donetsk) depuis Krasnogorovka. 2 obus de 82mm tirés. 

💥 26 avril 21, 18h45: bombardement ukrainien du village de Zaitsevo (Nord Gorlovka) depuis la partie ukrainienne du village.7 grenades autopropulsées AGS tirées.

💥 26 avril 21, 19h00: bombardement ukrainien du village de Molodezhnoe (Front Lugansk) depuis Katerinovka. 29 grenades autopropulsées AGS tirées. 


3/ Du côté de l'Ukraine... 

Sur le front, les forces ukrainiennes continuent d'avancer des unités d'assaut vers la première ligne ainsi que des blindés et pièces d'artillerie, ce qui est (en plus des tirs effectués) en totale violation avec les accords de Minsk que le gouverneur ukrainien Zelensky ose encore citer lors de ses rodomontades diplomatiques.

26 avril 21, à noter un nouveau vol d'un drone d'attaque "Bayraktar TB2" ukrainien, au
Nord des frontières avec la Crimée (pendant que les aéronefs de l'OTAN étaient au Sud)

Concernant le drone d'attaque Bayraktar TB2, celui ci s'est déplacé à une altitude d'environ 6000 mètres et à environ 230 km/h. il reste cependant des questions concernant son trajet car selon les normes de son constructeur turc, le rayon d'action du TB2 est de 150km à partir de sa station de contrôle. Donc, pour rallonger son rayon d'action soit des stations relais sont disposées le long de son itinéraire... soit il y a une station aéroportée qui l'accompagne à distance, comme par exemple embarquée dans un Boeing RC-135W Rivet Joint, comme celui de la RAF qui tournait au même moment dans le même secteur...

4/ Du côté de l'OTAN...

Le ciel au dessus de la Mer Noire et du Donbass occupé par Kiev bourdonnait des aéronefs de l'OTAN qui ont réalisé une observation continue et multiple des territoires frontaliers russes et de la ligne de front.

26 avril 21 matin, au dessus de la Mer Noire observant les régions russes de Crimée et
de Krasnodar, 1 Boeing RC-135W Rivet Joint de la RAF, et 2 drones Northrop Grumman 
RQ-4A Global Hawk (GINGR68 & FORTE10) qui ensuite vont se diriger vers le Donbass

26 avril 21, après la Crimée, les 2 drones de reconnaissance de l'US Air Force RQ-4 
"Global Hawk" ont reniflé et le front et les régions russes limitrophes du Donbass


5/ Du côté de la Russie...

Base militaire russe de Pogonovo dans la région de Voronej où des matériels de
la 41e armée sont restés sur place, tandis que Moscou annonce d'autres exercices
militaires à venir dans la région (photo d'archive datant du 10 avril).

Parmi les infos autorisées, il faut relever que, face aux comportements toujours agressifs des forces ukrainiennes dans le Donbass ainsi des moyens de renseignement opérant sur ses frontières, la Russie:

  • retardent le retour vers leurs garnisons de certaines unités ayant participé en Crimée aux exercices militaires du District Sud, ainsi que de laisse dans les régions frontalières avec l'Ukraine une partie des matériels et armements, comme ceux de la 41e armée sur la base militaire de Pogonovo (région de Voronej), ce qui permettra de repositionner encore plus rapidement les effectifs des unités en ordre de combat en cas d'offensive ukrainienne dans le Donbass.
  • ce 26 avril, alors qu'il était au plus près des frontières russes un drone stratégique de reconnaissance "Global Hawk" de l'US Air Force a envoyé le signal d'alerte "7600" (perte de communication) après avoir subitement perdu tout contact avec son réseau de satellitaire assurant transmissions et guidage. Il est plus que vraisemblable qu'il s'agit d'une riposte russe au moyen de contre mesures électroniques, pour avertir Washington de calmer le jeu de ses drones espions.
un rappel des caractéristiques du "Global Hawk" ici (§3)

Cette confrontation non armée, digne de la guerre froide réactivée entre Washington et Moscou montre le niveau technologique très élevé et opérationnel de l'armée russe, y compris dans le domaine de la guerre électronique, resté pendant longtemps l'apanage des armées occidentales, au point que ses moyens de mesures et contre mesures électroniques sont capables de neutraliser le fleuron "up to date" de l'armée de l'air étasunienne.

 Complexe russe de guerre élec "Krasukha-4", qui est déployé
le long des frontières, autour des bases, centres stratégiques
mais aussi dans le Donbass depuis la menace d'une attaque
aérienne ukrainienne avec les drones "Bayraktar TB2" qui sont
synchronisés avec le réseau satellitaire pour guider leurs tirs.

Les unités mobiles de guerre électronique, terrestres, maritimes ou aéroportées ont déjà fait leurs preuves contre les moyens de l'OTAN, paralysant les systèmes de tir de destroyers lance missiles de l'US Navy, brouillant les communications radios des états majors, ou coupant le réseau GPS auquel sont synchronisés nombre de guidages missiles modernes. Le 11 avril dernier sur le front du Donbass, les unités ukrainiennes de tout un secteur se sont retrouvées sans liaison satellitaire, donc dans l'impossibilité d'employer des drones d'attaque de type "Bayraktar TB2". Un test réussi pour les complexes républicains de guerre élec "Terricon 2" et qui sortent des usines d'arment de Donetsk. 

Mais, dans ce cas particulier le système russe qui a mis en panique le RQ-4 étasunien est encore plus puissant que le "Krasukha-4" car il a pu atteindre également la communication du satellite relais contrôlant le drone. 

Un avertissement de la défense russe en forme d'humiliation technologique...

Erwan Castel 

Dans le Donbass, les habitants soignent les plaies de la guerre
avec la renaissance du printemps..... russe bien évidemment !

jeudi 18 février 2021

"Le crapaud qui veut se faire aussi gros que l'ours"


Ce 17 février 2021, un groupe aérien de l'armée française a été intercepté par des chasseurs russes alors qu'il s'approchait de l'espace aérien de la péninsule de Crimée, soit un nouvel épisode de cette nouvelle adaptation de Jean la Fontaine, en version du "crapaud qui veut se faire aussi gros que l'ours"...


Le contexte

Depuis que, à la faveur de la rupture constitutionnelle ukrainienne provoquée par le coup d'Etat du Maïdan, la Crimée a organisé en mars 2014 son retour référendaire au sein de la Russie conformément au droit souverain des peuples de disposer d'eux mêmes, son territoire mais également ses espaces maritimes et aériens font à nouveau partie intégrante de la Fédération de Russie, fermant ainsi une courte parenthèse ukrainienne de 60 années dont 37 au sein de l'URSS.

Mais depuis 7 ans, le nouveau pouvoir de Kiev et ses parrains occidentaux ne réussissent pas à digérer cette volonté populaire quasi unanime (96.7%) du peuple de Crimée qui leur a coupé l'herbe sous le pied, l'un des objectifs majeurs du coup d'Etat télécommandé du Maïdan - pour ne pas dire le premier - était d'expulser la flotte russe de la Mer Noire de la base de Sébastopol.

D'où cette hargne indicible des pays de l'OTAN, sur fond de guerre ukrainienne ouverte dans le Donbass, de multiplier les sanctions économiques contre la Fédération de Russie ainsi que les gesticulations militaires provocatrices autour de la péninsule russe, et qui semblent même plus hystériques que celles de l'armée ukrainienne elle-même qui depuis 2014 (à par 2 ou 3 pitoyables initiatives personnelles de sabotages ratés), est restée sagement loin des frontières russes.

Parmi les gesticulations de l'alliance atlantique autour de la Crimée on peut observer, entre autres provocations et pressions militaires : 

  • la construction de quais militaires à Odessa (pour la Royal Navy) et d'une base de côtière de l'OTAN à Ochakov (à l'Ouest de la Crimée), 
  • une permanence de missions navales des pays de l'alliance se relayant en Mer Noire pour des missions d'observation et d'écoute électronique,
  • un enchainement d'exercices terrestre et navals interalliés de l'OTAN autour de la Crimée et  auxquels participent les forces ukrainiennes,
  • Des entrainements de tirs de missiles terre-mer réalisés régulièrement par l'armée ukrainienne à proximité des eaux territoriales de Crimée,
  • Etc.
  • Et enfin, ce qui nous intéresse ici:  des vols d'observation réalisés dans l'espace aérien international ou ukrainien par des drones stratégiques ou des avions de l'OTAN,
Régulièrement je signale ici des activités aériennes de l'OTAN, drones "Global Hawk" furetant le longs des frontières russes et de la ligne de front du Donbass ou avions de reconnaissance et de guerre électronique espionnant le dispositif de la flotte russe de la Mer Noire au large de la Crimée. Ces activités aériennes de l'OTAN, bien que de plus en plus fréquentes ont généralement des vols qui restent parallèles aux limites de l'espace aérien russe et par conséquent ne déclenchent pas des alertes de la part des forces de défense de la Fédération de Russie.


Les faits

Or ce 17 février des avions de combat Mirage 2000 de l'armée de l'air française accompagné d'un avion ravitailleur KC 135 ont été interceptés par des chasseurs russes Sukhoï 27 alors qu'ils s'approchaient de l'espace aérien russe de la péninsule de Crimée. 

Vidéo de l'interception du groupe aérien français 
par les chasseurs russes Su 27, le 17 février 2021 

Il est a noter que cette interception pacifique réalisée dans l'espace aérien international est autorisée par le droit international dans le cadre de la prévention des incidents armés, comme le précise d'ailleurs le communiqué du Ministère de la Défense russe au sujet de cette interception :

«Pour identifier les cibles aériennes et prévenir la violation de la frontière de Russie, deux chasseurs Su-27 ont décollé. [...] Les équipages de chasseurs russes ont identifié les cibles aériennes comme un groupe d’avions de l’Armée de l’air française composé d’un ravitailleur KC-135 et deux appareils d’aviation tactique Mirage 2000, et ils ont été escortés au-dessus de la mer Noire"

Dès après leur interception les aéronefs français ont changé leur cap, tandis que les chasseurs russes regagnaient leur base. 

Itinéraire final du KC 135 ravitailleur de la base d'Istres qui accompagnait
les 2 chasseurs Mirage 2000 D vers la péninsule de Crimée.

De fait ce n'est pas la première fois que des avions de l'armée de l'air française réalisent des missions de reconnaissance des défenses de la péninsule de Crimée, mais depuis ces derniers mois leurs vols se rapprochant de plus en plus de l'espace aérien de la Fédération ont provoqué plusieurs interceptions de la part des chasseurs russes :

  • En août 2020, 1 "Atlantique 2" [ATL2] de la Marine nationale française, enapproche de la frontière russe intercepté dans cette zone a été intercepté par un chasseur Sukhoï 27 
  • En octobre 2020, ce sont déjà 2 Mirage 2000D français qui sont interceptés par des Sukhoï 27 au-dessus de la mer Noire à proximité de la Crimée. 
  • En décembre 2020, c’est 1 Transall C-160G "Gabriel" de l’Escadron électronique aéroporté 1/54 Dunkerque qui s’est fait intercepté avec un KC-135 ravitailleur et un RC-135 (guerre électronique) de l’US Air Force par un Sukhoï 30.

Ce nouvel "incident" aérien du 17 février 2021 (qui en réalité n'en est pas un) intervient cependant dans un nouveau contexte marqué par un regain vif des tensions entre Washington et Moscou, une aggravation du front militaire du Donbass, un nouveau sommet de l'alliance atlantique (par visio conférence) et quelques jours seulement après que Kiev ait "autorisé les avions de l'OTAN à survoler l'espace aérien de la Crimée" (dans une outrecuidance provocatrice qui n'a d'égale que l'immense lâcheté de ce régime de marionnettes ukropithèques dont pas un seul avion ou drone n'a osé se rapprocher de l'espace russe depuis 7 ans !).

Dans la foulée de cette déclaration irresponsable du régime ukrainien, les forces de défense aérienne russe ont reçu l'autorisation d'abattre tout aéronef violant leur espace aérien au de la péninsule de Crimée.

Sur cette carte: la péninsule russe de Crimée, les limites de ses espaces aériens 
et maritimes et les portées de ses missiles antiaériens S300 et S400 auxquelles 
il faudrait rajouter les rayons d'action de ses chasseurs d'interception rapides.


Et ces cons de français de venir dans la foulée, et pour le compte de l'oncle Sam, renifler les défenses russes de la Crimée !


La mission

Sur cette capture d'écran on distingue de gauche à droite le KC135 ravitailleur, les 2 mirages
2000D français puis l'un Sukhoï 27 russes venus les intercepter avant l'espace aérien russe.

En dehors de l'évidente intention de provoquer le système de défense russe de la péninsule russe de Crimée (pour identifier et analyser la réaction de sa défense  aérienne), le groupe aérien français était de toute évidence en mission de reconnaissance aérienne et électronique comme l'attestent les nacelles ASTAC équipant les 2 mirages 2000D interceptés ce 17 février.

2000D avec ASTAC
La nacelle de reconnaissance tactique ASTAC (pour Analyseur de Signaux TACtiques) visible sous le fuselage des 2 mirages 2000D, est un 'pod" de guerre électronique conçu Thales et en dotation depuis les années 2010.
Ce type de matériel qui équipe aujourd'hui tous les chasseurs de dernière génération est capable de collecter du renseignement d’origine électromagnétique, de la détection des mesures et contre mesures militaires jusqu'à la récupération des données issues des technologies personnelles de type téléphones, ordinateurs ou GPS. 

Vraisemblablement les mirages 2000D français participaient à l'une des missions de l'OTAN chargées de définir ce qu'on appelle l' "ordre de bataille électronique" de la péninsule russe de Crimée… 
Dans la guerre moderne cet ordre de bataille électronique permet d'identifier de localiser les réseaux électroniques (détections, conduite de tirs, transmissions, observations, etc) pour pouvoir les attaquer avec des contre mesures adéquates.



Conclusion

Que Macron envoie ses forces armées jouer les chiens de chasse pour le grand veneur étasunien il confirme bien la servilité irresponsable dans laquelle la France est tombée alors qu'elle possédait encore il y a quelques décennies une puissance militaire et politique lui garantissant une indépendance constructive au service de la Paix européenne. 

Aujourd'hui l'arrogance de son maître yankee semble avoir infecté la raison de ce crapaud parisien qui en s'approchant de l'ours serein "s'étend, et s'enfle, et se travaille, pour égaler l'animal en grosseur", oubliant la leçon de monsieur de la Fontaine et de sa grenouille, cette "chétive pécore qui s'enfla si bien qu'elle creva".

Effectivement, aujourd'hui comme hier:

"Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages :
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,
Tout petit prince a des ambassadeurs, 
Tout marquis veut avoir des pages."

J'espère juste que les pilotes francais mettront des couches pour leurs prochaines missions au large de la Crimée russe car elles risquent de leur être très utiles !

Erwan Castel



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