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dimanche 10 novembre 2019

Un rideau de fumée


Hier, samedi 9 novembre, après plusieurs échecs dus essentiellement à des refus ukrainiens, le retrait de 1 kilomètre des forces armées belligérantes du secteur de Petrovsky (périphérie Ouest de Donetsk) a été réalisé.

Aussitôt le focus médiatique sur cette application réalisée des accords de paix s'est engagé vers un optimisme hystérique que je suis loin de partager et pour plusieurs raisons :
  • Si la restauration d'une zone neutre entre les belligérants est effectivement la condition sine qua non pour l'application d'un vrai cessez le feu sur le front entre les unités d'infanterie, cela cependant ne sert pas à grand chose si le retrait des armes lourdes aux portées de tir dépassant sa largeur n'est pas lui aussi appliqué.
  • Petrovsky et Zolotoy où un retrait est également prévu ne représentent que 1% d'une ligne de front où ailleurs les bombardements ukrainiens, et les combats consécutifs continuent. Il serait donc mensonger de généraliser l'exception des zones pilotes pour décrire la situation véritable du front du Donbass (voir article précédent).
  • Techniquement, Kiev a maintenu des forces de police sur la zone évacuée, et certains veulent même y positionner la garde nationale. Or, les forces de sécurité intérieure ukrainiennes selon leur modèle soviétique disposent d'armements similaires aux forces armées conventionnelles. Il y a donc "retrait" mais non "démilitarisation".
  • Enfin l'expérience de ces 6 dernières années, notamment avec les multiples cessez le feu calendaires (trêves du pain, de l'école, de Noël etc.) montre bien qu'aucune confiance ne peut être accordée aux ukrainiens et que les bonnes résolutions ont toujours été violées par Kiev après des vies éphémères.
Il faut donc aller chercher plus loin que le Donbass et même la Paix pour comprendre ce qui se trame vraiment derrière ce retrait localisé des troupes et que beaucoup veulent ériger en buzz médiatique annonçant le début de la fin d'un conflit meurtrier qui ensanglante l'Europe depuis 6 ans.


Lorsqu'on lit les comptes rendus presse concernant ce retrait des forces sur les zones pilotes de Petrovsky et Zolotoy on y apprend entre les lignes que de sa réussite dépend la nouvelle convocation du "Format Normandie" (Russie/Ukraine/Allemagne/France) promis lors du dernier sommet du G7 à Biarritz.

Là se situe probablement le véritable enjeu de cette opération de retrait microcosmique des forces au milieu d'un front où continuent dans une indifférence générale bombardements et combats meurtriers. Et si d'aucuns disent que ce "format Normandie" est justement au chevet du Donbass, je pense pour ma part que les objectifs occidentaux d'un tel sommet sont plus d'augmenter la pression sur la Russie en transformant les accords de Minsk à l'avantage de l'Ukraine que d'instaurer réellement la paix dans le Donbass.

Et pour ce faire le président Zelensky redevient un comédien qui fait semblant juste ce qu'il faut pour que le dialogue diplomatique international soit maintenu et lui ouvre les portes de Minsk, consacrant au passage sa légitimité présidentielle de plus en plus contestée en Ukraine. Voilà pourquoi Kiev a signé la "formule Stenmeier" (statut spécial, élections locales...) qui tente de réanimer les accords de paix, bien qu'elle soit largement contestée en Ukraine. Voilà pourquoi le retrait des troupes sur quelques centaines de mètres d'un front de 460 kilomètres été finalement consenti par Kiev. Kiev tente ici la tactique du "reculer pour mieux sauter" !

Car ce prochain sommet du "Format Normandie" s'annonce déjà dans un contexte international qui dépasse largement les enjeux et les menaces pesant dans un Donbass qui n'apparaît qu'un prétexte pour redéfinir une stratégie occidentale vis à vis de Moscou. 
Dans cette stratégie le français Macron et l'allemande Merkel qui soutiennent inconditionnellement l'ukrainien Zelensky vont probablement tenter de renouer un dialogue politico-économique avec Moscou, en échange d'un "Minsk 3" dans lequel l'Ukraine n'est pas obligée de modifier sa constitution en vue du statut spécial ou d'appliquer la loi d'amnistie généralisée par exemple qui sont des points très contestés et menaçant la cohésion que le comédien Zelensky  a bâti autour de lui lors des élections il y a 6 mois. Car le plus important pour les occidentaux est "calmer le jeu" entre Moscou et Kiev pour mieux poursuivre l'asservissement de l'Ukraine via son intégration future dans l'Union Européenne et surtout l'OTAN qui fera d'elle un bélier appuyé contre les murailles de la Russie.

Très probablement cette réunion tournera en procès d'intention contre Moscou et les "séparatistes" de Donetsk et Lugansk et sera un nouvel échec sur le terrain diplomatique et sur celui du Donbass et qui engagera un gel meurtrier du conflit pour encore longtemps, car pour l'instant ni les occidentaux ni la Russie ne veulent s'affronter directement sur cette nouvelle fracture européenne Est-Ouest. Et les signatures et promesses de Zelensky, tout comme celles de Porochenko prendront le chemin de la poubelle tandis que ses troupes réinvestiront à nouveau les zones récemment démilitarisées...

Seule une guerre d'usure par procuration est acceptable, pour le plus grand malheur des enfants, des femmes et des hommes du Donbass.

Erwan Castel

jeudi 6 juin 2019

La honte de l'Occident !



Le 6 juin, est célébré le débarquement allié en Normandie, à partir de laquelle la libération de l'Europe de l'Ouest fut entamée il y a 75 ans, et il serait noble autant que légitime si les peuples d'Europe et leurs représentants s'unissaient et s'inclinaient devant cette page d'Histoire qui témoigne de cette union sacrée, et bien au delà de leurs divergences, réalisée par les anciens pour défendre notre Liberté. 

Sauf que...

Les alliés d'hier, dans une volonté d'humiliation n'ont pas jugé bon opportun d'inviter la Russie pour cette commémoration du "D day", ce qui constitue au regard de l'Histoire et de la dignité humaine une insulte inqualifiable pour les peuples russes et une honte abyssale pour ces prétendus représentants occidentaux qui trahissent leurs devoir et la dignité humaine.

En effet, sans les efforts et les sacrifices surhumains consentis à l'époque par l'Union soviétiques (27 millions de morts militaires et civils !!!) jamais l'Europe n'aurait pu être libérée du nazisme. L'armée rouge a en effet fixé sur le front de l'Est et au prix d'immenses sacrifices les 2/3 des forces allemandes et ses meilleures unités combattantes. Sans l'Union soviétique il y aurait eu probablement 500 000 soldats allemands au lieu de 40 000 (dont une majorité de réservistes) devant le débarquement allié en Normandie... Et quand bien même: ignorer par le mépris, un allié, même le plus petit, serait déjà inadmissible sur le plan de la moral et du respect pour ses soldats engagés dans une libération commune.

Or ici ce n'est pas le cas, car l'Union Soviétique est l'artisan majeur de la victoire de 1945, et l'ignorer dans une volonté d'humilier la Russie, est une honte infinie pour l'Europe dont les gouvernenements occidentaux ne m'inspirent qu'un dégout profond et une colère croissnte, car ils sont aujourd'hui les premiers coupables de l'effondrement des valeurs civilisationnelles fondatrices de nos libertés partagées avec nos frères de Russie.

Jamais et même si nous disposions de 1000 ans d'Histoire à lui consacrer, nous ne pourrons rembourser cette dette de sang et d'Honneur envers les peuples de Russie. Ignorer ainsi leur sacrifice pour notre Liberté n'a pas de nom !

Mais que peut-on attendre de noble, ou de décent tout simplement, de la part des faquins gouvernant aujourd'hui le suicide européen ? 

En effet ces gouvernements de paille occidentaux, devenus les Tartuffe de la ploutocratie mondialiste, soutiennent aujourd'hui les assassins djihadistes en Syrie, les criminels bandéristes en Ukraine, mais aussi les globalistes dit "de gauche" et les nationalistes dit "de droite" dont les fantasmes communautaristes et pitoyables querelles, font d'eux les idiots utiles d'une stratégie du chaos à laquelle s'opposent la Russie et ses alliés. 

Il ne faut pas perdre de vue ces raisons profondes de l'attitude méprisante des chefs d'Etat occidentaux dont l'humiliation aujourd'hui des peuples de Russie est d'ailleurs un aveu préfigurant, si les peuples occidentaux ne se réveillent pas pour une véritable "révolution conservatrice" européenne, cette nouvelle guerre mondiale qui pointe dans le Donbass et qui fera passer les champs de bataille sanglants du front de l'Est pour des broutilles de l'Histoire...

Les occidentaux ont tout simplement perdu la raison !
Erwan Castel

Dernière minute : pour tenter peut-être de cacher son infamie, la France a déclaré avoir envoyé une "invitation" aux commémorations du 6 juin à l'ambassade de Russie à Paris... la veille ! Mais en fait il ne s'agit que d'une note circulaire et envoyée automatiquement aux représentations étrangères en France par le Ministère des Affaires Etrangères.

Voici 2 tableaux concernant les pertes militaires et qui se passent de commentaire...



Voir aussi sur le sujet ces articles par exemple : 
RT
Le media pour tous 



vendredi 25 mai 2018

Bruits de bottes en Europe


Sous couvert d'exercices de l'OTAN, les USA continuent la militarisation de l'Europe et les provocations contre la Russie désignée officiellement comme "la première menace"

Ainsi Washington vient-il d'envoyer en Belgique le premier des 3 navires (800 véhicules) transportant la 1ère Brigade blindée de la 1ère division de cavalerie US basée au Texas.

Au total c'est plus de 3500 véhicules blindés supplémentaires (font des chars lourds M1 Abrams) qui débarquent en Europe sur fond de réactivation de la guerre dans le Donbass, préssentie avant l'ouverture du Mondial de football le 14 juin en Russie.

Officiellement disent les communiqués officiels il ne s'agit que d'une relève d'unité dans le cadre de l'opération "Atlantic resolve" destinée à renforcer l'OTAN en Europe au lendemain de la crise de la Crimée.
Et cette brigade doit faire mouvement vers la Pologne à quelques jours de nouvelles manoeuvres de l'OTAN sur les frontières russes.

Et ici quelques observations de Hug Jacman méritent d'être relevées :

Primo : les 2 unités blindées, la montante (1ère brigade du Texas) et la descendante (2ème brigade du Kansas) vont donc être en même temps en Europe pendant cette période particulièrement tendue.

Secundo : alors qu'habituellemt c'est le port allemand de Brème qui sert à ce type de rotation (et prévu pour le départ de la Brigade du Kansas), cette fois c'est le port d 'Anvers dont les infrastructures militaires ont été réactivées à l'occasion qui est utilisé.

Sans faire de paranoïa cette "coïncidence" entre ce plus grand déploiement US en Europe connu depuis la guerre froide et les mences de guerre de Kiev ne semble pas le fruit du hasard.

Nouveaux renfort et rail logistique.

L'Europe continue donc sous la houlette de Trump sa mise sous occupation militaire américaine

Erwan Castel

Article référence : Egalité et Réconciliation

mardi 27 mars 2018

2 penseurs et 2 piliers européens


Alain de Benoîst et Alexandre Douguine ou l'expression d'une révolution conservatrice européenne convergente dans le respect de la diversité des peuples fondateurs et des traditions primordiales communes.

Attention, et pour prévenir certaines réactions inévitables de la part des catholiques communautaro-centrés vu ailleurs sous ce post, à ne pas confondre "Europe" et "Occident". 
L'Europe dont personne aujourd'hui ne conteste le socle civilisationnel plurimillénaire est une entité de peuples continentaux ayant forgé une unité civilisationnelle commune sous des expressions culturelles différenciées par la diversité des régions, de leurs histoires et influences limitrophes etc. Alors que l'Occident n'en est qu'un avatar historique et cyclique récent qui effectivement est lié à l'expression d'un christianisme politique et culturel importé.

Mais aucun un cas on ne peut évoquer ou suggérer que les racines de l'Europe ne sont pas païennes mais chrétiennes (d'ailleurs sa sémantique à elle seule le démontre). Les mythes des premiers peuples d'Europe ainsi que leurs premières manifestations religieuses ou culturelles montrent une unité civilisationnelle vieille de 30 000 années au moins. Les scandinaves, germains, celtes, romains grecs etc... avaient forgé l'identité européenne bien avant que ne débarque une pensée monothéiste exogène au continent.

Ce qui n'empêche pas aujourd'hui sa coexistence sur le continent aux côtés des autres cultes religieux qui relèvent avant tout d'un choix individuel et intime de croyance.

A condition que ce respect soit partagé !

Erwan Castel

"J'ai constaté que nous avons plus en commun avec la Nouvelle Droite qu'avec les catholiques. Je partage nombre des opinions d'Alain de Benoist. Ce n'est pas le cas vis-à-vis des catholiques modernes. Ils souhaitent en effet convertir la Russie et ce n'est pas compatible avec nos projets. Je considère Alain de Benoist comme étant l'intellectuel le plus important en Europe aujourd'hui. La Nouvelle Droite par exemple ne veut pas imposer le paganisme européen aux autres. Concernant Evola, je le considère comme étant un maître et une figure symbolique de la Révolte Finale et de la Grande Renaissance, comme l'est aussi Guénon. Pour moi, dans cet âge sombre que nous traversons, ces deux penseurs représentent l'essence de la Tradition Occidentale."

Alexandre Douguine

vendredi 23 février 2018

La fabrication de l'ennemi



Avant que ne se déclenche un inévitable conflit, les propagandes de guerres qui agitent les opinions pour ensuite mieux manipuler les foules et produire de la chair à canon volontaire, fabriquent l'image de l'ennemi diabolisé et agresseur.

Aujourd'hui, les productions télévisuelles qui captent une attention soumise sont devenues le terreau idéal pour inoculer indirectement ou inconsciemment dans les consciences amputées de leur sens critique par la société du spectacle, la peur et la haine de l'ennemi.

Erwan Castel

Source de l'article : Le Point


« Occupied », la série-choc qui bouleverse l'Europe


VIDÉOS. L'ancien ministre des Affaires étrangères et grand spécialiste de l'Europe Hubert Védrine a vu pour nous la saison 2 d'« Occupied », diffusée sur Arte.

PAR JULIE MALAURE

Rien ne va plus en Norvège. Les Russes pompent le pétrole et contrôlent le pouvoir. Le Premier ministre en fuite tente de rallier les leaders européens, la résistance prend les armes. La situation se tend dans la saison 2 de la série Occupied, qu'Arte diffuse à partir du 15 février. Hubert Védrine, grand spécialiste de l'Europe, ancien ministre des Affaires étrangères, l'a vue en avant-première et met pour nous ce thriller politique nerveux à l'épreuve du réel. Verdict ?


Le Point : L'attaque de la Norvège par les Russes pour ses ressources pétrolières. Que vaudrait un tel scénario dans la réalité ?

Hubert Védrine : L'hypothèse n'est pas crédible, mais, ce qui est frappant, c'est que cela ne gêne pas lorsqu'on regarde la série, qui est très bien faite, écrite, réalisée, jouée. Il y a un rythme et une efficacité cinématographiques remarquables, chaque personnage est plausible, on ressent la complexité des situations et les dilemmes norvégiens. Mais pourquoi la Russie, qui regorge d'hydrocarbures, se lancerait-elle dans une opération aussi risquée, au risque de provoquer l'Otan, pour mettre la main sur une ressource qui ne lui est pas nécessaire ? Quand Hitler était obsédé par le pétrole du Caucase, c'est parce qu'il n'en avait pas. Ici, on ne saisit pas les motivations russes.


Mais une intrusion économique qui se transforme en véritable occupation du sol, comme dans la Norvège d'Occupied, pourrait-elle survenir ?

Peut-être, mais alors dans l'hypothèse d'une guerre générale en Europe, scénario presque impensable. L'originalité dans ce scénario pétri de références historiques dramatiques et pénétré d'une poutinophobie profonde, comme chez une grande partie des pays européens actuels, tient dans l'idée d'une prise de contrôle insidieuse. L'angoisse d'un envahissement est sous-jacente, mais il ne s'agit pas d'une invasion à l'ancienne. Ce n'est pas le coup de Prague de 1948, ni de Budapest en 1956, ni l'invasion soviétique de l'Afghanistan. C'est différent. C'est une prise de contrôle du jeu politique norvégien. Et ça, c'est très intéressant. Parce qu'il se peut que l'on assiste à ce genre de choses dans le monde de demain. Il faudrait imaginer un pays menaçant – ici c'est la Russie mais ça pourrait être la Chine, ou même les États-Unis –, qui tirerait les ficelles et contre lequel on pourrait s'opposer un peu, mais pas trop. Que faire ? C'est d'ailleurs comme cela que les Russes voient les révolutions « de couleur ».


La série nous happe aussi par les personnages : une femme d'affaires, une avocate, un militaire, tous confrontés à un choix, ou plutôt écartelés entre leurs attaches avec la nation et les opportunités qu'offre l'occupant. Ces combats intimes, entre collaboration et résistance, vous ont-ils convaincu ?

Oui, c'est bien vu. Alors que, en général, la complexité et les contradictions sont gommées par les reconstitutions. Voyez le simplisme de la mémoire binaire française : pendant trente ans, tout le monde avait été résistant et, depuis, tout le monde a été collabo. Absurde. Une exception : la très bonne série Un village français. Dans cette fiction norvégienne, nous sommes précisément dans un jeu complexe. Ce qui en fait tout l'attrait.


À propos des personnages, Hippolyte Girardot incarne un commissaire européen, représentant de l'UE et adepte du double jeu. Plausible ?

Girardot joue très bien son rôle, mais ce n'est pas celui d'un commissaire européen. Rien dans les traités européens ne permettrait à un commissaire de devenir l'arbitre final des positions politiques à prendre, de plus dans un pays non membre de l'Union. Dans le monde réel, si l'Europe devait se ressaisir, en cas de défaillance des États-Unis en matière de sécurité (plus qu'improbable, même avec Trump), cela relèverait du Conseil européen, où siègent Macron et Merkel, qui désignerait l'un d'entre eux pour gérer la crise norvégienne sous le contrôle du Conseil, et en liaison avec les États-Unis.


La saison s'achève sur la menace d'une implosion de l'Union. L'idée d'une dislocation interne est-elle pensable ?

Vous voulez savoir si les Européens opposeraient un front homogène face à une vraie agression russe ? Ils ne sont déjà pas capables de fermeté face à Trump ou Netanyahou, ni face à la Chine !


Dans Occupied, les États-Unis sont les grands absents. Un pays européen privé de la protection américaine, est-ce envisageable ?

Si jamais les Russes, Dieu seul sait pourquoi, lançaient une opération de ce genre, violente, militaire, à un très haut niveau, la réponse immédiate viendrait de l'Otan. C'est la base même de la sécurité en Europe. Avant de parler de l'Union européenne, dont la Norvège ne fait pas partie, les pays membres de l'Otan – qui est une alliance défensive, conçue en 1949 contre l'URSS – ont l'obligation de se défendre militairement les uns les autres. Y compris les États-Unis. Et il ne s'agit pas de générosité américaine mais du fait que, s'ils ne défendent pas un pays protégé par l'alliance la plus contraignante dans le monde, leur garantie ne vaut plus rien, où que ce soit. Ce serait une abdication mondiale. Impensable, même si l'on ne peut être totalement sûr de la protection américaine, surtout avec Trump.

L'ennemi prend les traits d'une beauté froide, Irina Sidorova, ambassadrice du pouvoir de Moscou. Pourquoi, vingt-cinq ans après la fin de la guerre froide, les Russes font-ils encore de si époustouflants « méchants » ?

C'est tout un débat. Je fais partie de ceux, même s'ils sont minoritaires, qui pensent que, depuis que l'URSS a disparu, tous les torts n'ont pas été le fait de la seule Russie. Aucun effort n'a été réalisé pour bâtir en Europe une relation nouvelle de sécurité dans laquelle les Russes se sentent respectés. Même Kissinger le reconnaît. Alors quand Poutine, lors de son troisième mandat, proclame que « la Russie n'est pas un paillasson », ça le rend très populaire. Il l'est toujours. L'invasion de la Crimée a été une réplique à la politique menée par George W. Bush, qui voulait à tout prix faire entrer l'Ukraine dans l'Otan.

On reproche aujourd'hui aux Russes d'être... restés russes. On aurait voulu qu'ils deviennent des gentils socio-démocrates scandinaves. Je dis ça parce que je suis français, et que j'ai une vision gaullo-mitterrandienne de la politique étrangère. Si j'étais balte, face aux Russes, je voudrais certainement des garanties... Je comprends, mais cela ne nous oblige pas à attribuer aux Russes tous les torts, même si cela peut faire une très bonne fiction.

lundi 19 février 2018

Le retour des vieux démons


Comme prévu la stratégie mondialiste définie par les faucons de Washington a été à l'ordre du jour de cette conférence de Munich dont les participants ont renouvelé leur allégeance à l'OTAN.

Comme prévu les débats ont été orchestrés par une Allemagne qui s'impose comme la clef de voûte militaire d'une défense européenne dont elle prend progressivement le commandement;

Comme prévu les interventions ont été chargées d'une russophobie délirante comme celle de la Ministre allemande de la Défense qui a parlé d'une "agression russe en Ukraine";

Comme prévu la délégation française à brillé par sa servilité atlantiste et la vacuité de ses interventions agitant des lieux communs désuets et inconséquent.

De la guerre froide à la paix chaude les vieux démons sont bien de retour dans cette Europe asservie par la thalassocratie anglo-américaine....

Erwan Castel

Source de l'article : Novorossiya Today


Olivier Renault

A LA CONFÉRENCE SUR LA SÉCURITÉ À MUNICH, 
L'OTAN, LES VENDEURS D'ARMES, L'ALLEMAGNE, 
ASSURENT LEUR PUISSANCE EN ACCUSANT LA RUSSIE !

A la conférence de Munich du 14  au 18 février 2018, l'Allemagne montre avec arrogance sa prise du commandement militaire sur les armées européennes et de l'OTAN. Von der Leyen, Ministre de la défense à Berlin, qui a clairement parlé d'agression russe en Ukraine -alors qu'en l'Allemagne, par exemple, les snipers de l'Euromäidan ont été formés, a ouvert la 54ème conférence sur la sécurité à Munich le 14 février 2018.

« Il y a 4 ans, j'étais présente dans cette conférence pour la première fois et j'avais dit que l'Allemagne devait obtenir plus de responsabilités dans la sécurité et dans la politique extérieure ». Von der Leyen parle du début de la guerre en Ukraine en février 2014 et avec fierté du nouveau rôle de l'Allemagne dans ce nouveau conflit pour « le contrôler » (l'inciter...). La ministre française de la défense, buvait, comme subjuguée devant la danse du Cobra, en silence les paroles de la ministre allemande... armée de son casque pour la traduction. Von der Leyen a, d'ailleurs, flatté la ministre française – les élites françaises adorent ça...- , « aujourd'hui, j'ai le très grand honneur d'ouvrir cette conférence en compagnie de ma collègue française, Florence Parly... » Au lieu de sourire Florence Parly aurait dû montrer son mécontentement car avec Von der Leyen, c'est l'Allemagne qui prend le commandement de l'armée française et de l'OTAN tout comme de la totalité de la stratégie militaire sur l'Europe de l'Est. Une voix dissonance de la France sur le conflit ukrainien et sur la volonté totale de puissance militaire allemande ne s'est, donc, pas fait entendre par Florence Parly. La conférence sur la sécurité de Munich chante la force militaire de la nouvelle grande Allemagne et la construction de son nouveau grand Reich en faisant passer la Russie pour l'agresseur et le danger en Europe. De nouveau, la France se tait comme durant les accords de Munich de 1938 au lieu de dénoncer la volonté de guerre contre la Russie et la volonté de puissance de la nouvelle Allemagne !

Une Europe militaire allemande imbue de puissance et de conquêtes.

« Nous voulons plus d'Europe, aussi dans l'OTAN. L'Europe doit avoir plus de poids militairement, aussi dans l'OTAN. Nous avons, enfin, lancé l'Union européenne de sécurité et de défense (ESVU) (Europäische Sicherheits- und Verteidigungsunion (ESVU)) en décembre 2017 pour l'armée des Européens. Nous devons actionner cette force militaire si nécessaire ». Von der Leyen, en énonçant des menaces concrètes de guerre -ne pas hésiter à employer cette force militaire-, a parlé de Macron et de son slogan « une Europe qui protège » dans un souci de diversion quand ce dernier a fait croire que c'était son initiative de fonder une armée européenne alors que le ESVU est bien une idée allemande uniquement avec Von der Leyen qui tient les ficelles. Von der Leyen a indiqué la volonté de l'Allemagne de consolider l'ONU (l'ONU soutient les actions de Berlin sur  l'import des migrants ou sur des guerres) et ses organisations partenaires comme l'UNICEF - qui ne dénonce pas la formation militaire d'enfants ukrainiens – ou l'UNHCR qui participe à la construction de camps qualifiés de "camps de concentration" par le pape et qui importe des milliers d'enfants en Allemagne pour les jeter dans les réseaux du Jugendamt afin d'en faire de petits Allemands.

La France toujours ridicule à la pointe de la collaboration.

Florence Parly, la ministre de la Défense, a encore ressorti les sempiternelles paroles à la gloire de l'amitié franco-allemande alors que Berlin se moque de ces paroles et que cette amitié franco-allemande n'existe absolument pas, « nous avons le Rhin entre nous, mais le Rhin est un fleuve, ce n’est plus une véritable frontière », s’est ainsi enflammée Mme Parly à l’adresse de sa « chère Ursula », avant d’assurer qu’il n’y a pas « deux nations plus intégrées » que la France et l’Allemagne et  rajouté « nous avons une brigade commune, des avions communs, des hélicoptères communs, et [lors du conseil des ministres franco-allemand du 13 juillet 2017] nous avons décidé que nous aurions demain aussi des drones communs, des canons communs, des avions de chasse communs » promettant « une intensification encore plus grande de ce partenariat dans les prochains mois » comme cela est cité dans le Monde. Mme Parly dit, en fait, que l'armée française passe sous le commandement allemand. Mme Parly aurait oubié la défaite de l'Allemagne et des accords passés concernant la construction d'une armée ? Oublié aussi l'absence de traité de paix avec l'Allemagne ?

La nouvelle Allemagne se réarme.

Où sont restés les accords d'après la Seconde Guerre mondiale qui fait que l'Allemagne ne doit pas posséder l'arme atomique et ne doit pas construire une armée solide ? Grâce à l'OTAN la Bundeswehr possède la bombe atomique et grâce aux menaces terroristes notamment avec l'EI l'Allemagne se donne le droit d'augmenter son armée en soldats et en nouvelles armes. Par ses interventions, sur la Serbie et le Kosovo, en Afghanistan ou au Mali, Berlin habitue son peuple et la communcauté internationale à la guerre et à avoir une armée. L'Allemagne, qui curieusement n'a toujours pas signé de traité de paix après la chute du Troisième Reich, n'était pas censée avoir une armée et un commandement militaire puissant en Europe après la Seconde Guerre mondiale, a pris le commandement militaire de l'OTAN en Europe et le commandement des armées des pays européens. Contrairement aux accords de l'UNICEF, Berlin recrute actuellement des adolescents dans la Bundeswehr. L'Allemagne doit prendre le commandement de la force d'intervention « Very High Readiness Joint Task Force » (VJTF) en 2019. Le 1 janvier 2017 l'article « préparation à une guerre » (§ 80 StGB) a été retiré du code pénal allemand. Cet article condamnait à de la prison celui qui préparait l'Allemagne à une guerre.  

Après l'incorporation de l'armée française dans l'armée allemande via la brigade franco-allemande, une brigade tchécoslovaque et roumaine ont été intégrés dans des divisions allemandes. Les deux tiers des armées hollandaises sont déjà sous le commandement allemand. 

Olivier Renault

dimanche 18 février 2018

Bal des vampires à Munich


Du 16 au 18 février se déroule à Munich la conférence annuelle sur la sécurité

À voir le troupeau pathétiques des octogénaires mondialistes qui y participent, entourant la momie de l'incendiaire Kissinger, nul doute que cette conférence sur la sécurité va se transformer en tribunal inquisitorial contre la Russie. (https://russia-insider.com/…/sad-old-men-will-attac…/ri22542)

En effet la Russie, dans le rapport introductif à ce sommet de Munich intitulé "To the Brink and back" (d'avant en arrière vers le gouffre) (https://www.express.co.uk/…/russia-war-europe-ukraine-vladi…), est déjà présentée comme la menace la plus importante pour l'Europe (avant le terrorisme islamique et la connerie occidentale).

Ce positionnement belliciste des pays de l'Union Européenne n'est qu'un alignement servile et suicidaire sur la stratégie russophobe de l'OTAN pilotée par les vautours néo-cons étasuniens (voir les déclarations des 2 derniers sommets de l'OTAN, les manoeuvres réalisées sur la frontière russe, les bases de missiles installées en Roumanie et Pologne etc...)

Lorsqu'on observe la nouvelle escalade syrienne qui se dirige vers une confrontation directe USA-Russie, et l'amorçage du détonateur Donbass par le régime de Kiev, il y aurait assez de raisons pour que les peuples occidentaux s'alarment et renversent les fous qui les dirigent vers le gouffre...

... mais c'est tellement plus facile de pousser son caddie vers le rayon des smartphones !

Les peuples russes quant à eux sont conscients et prêts à encaisser le choc puis à riposter. 
Ce jour là les européens vivront un réveil douloureux ligotés sur l'autel du sacrifice de la ploutocratie mondialiste dont les vampires font grand messe à Munich !

Erwan Castel

Article référence : express.co.uk

mercredi 24 janvier 2018

Un conseil de l'Europe dans l'impasse


Le conseil de l'Europe, en se mettant au service de la propagande de guerre étasunienne résolument russophobe, est devenu une institution inquisitoriale dogmatique qui s'est enfermée dans une impasse politique, diplomatique et morale.

Une analyse pertinente de Karine Bechet-golovko qui regarde l'effondrement déontologique de cette institution à travers le prisme de la crise ukrainienne.

Erwan Castel

Le Conseil de l'Europe aura-t-il la force de "digérer" 
son conflit avec la Russie?

Karine Bechet Golovko


La crise ukrainienne a montré les faiblesses du Conseil de l'Europe, organe international essentiellement orienté vers l'idéologisation des pays de l'espace post-soviétique, pudiquement appelée "démocratisation". Indépendamment de la CEDH, dont le cas est spécifique, l'Assemblée parlementaire s'est radicalisée avec le temps au point de devenir contre-productive avec la mise à l'écart de la Russie. Aujourd'hui, c'est non seulement la légitimité de cette institution qui se pose, mais aussi ses capacités de fonctionnement, si elle ne trouve pas la force de dépasser sa politisation pour revenir à une politique plus rationnelle.

L'Assemblée parlementaire (APCE) adopte un certain nombre de résolutions, dont la nature politico-juridique fait largement penser aux actes du PCUS, à mi-chemin entre la forme juridique et le fond idéologique. Le summum est atteint dans les résolutions touchant la crise ukrainienne. "L'annexion" de la Crimée, "l'agression" de la Russie, tout est mis en oeuvre pour satisfaire la crise existentielle de ce nouveau pouvoir fantoche issu du Maïdan et donner bonne conscience à ces pays européens qui doivent forcément être du côté du Bien, puisqu'ils sont a priori et pour toujours le Bien. Ce qui se passe bien évidemment de démonstration tout autant que d'argumentation. Aucun mot sur les exactions de l'armée ukrainienne et des bataillons punitifs dans le Donbass contre les populations civiles.

Défendant ainsi le Bien contre le Mal, autrement dit l'Europe, revue et corrigée des données saisonnières, contre la Russie, incarnation de l'ennemi s'il en faut. Hystérie contre bon sens politique, le Conseil de l'Europe, porté par le feu des croisades, a alors retiré à la Russie son droit de vote et de parole au sein de l'APCE et des organes de direction. En réponse à ces mesures discriminatoires, la Russie a refusé de payer sa contribution et ne le fera pas non plus pour 2018. Les pertes sèches pour le Conseil de l'Europe sont de 22,3 millions d'euros pour 2017 et 32,8 millions pour 2018.

L'inconséquence de cette structure laisse pantois. Il s'en dégage un sentiment d'éternité. Comme si les Etats ne pouvaient faire autrement que d'y adhérer. Comme si les Etats n'avaient jamais existé avant et ne pourront jamais exister en dehors. Une sorte d'enfant-roi qui ne comprend pas pourquoi il devrait expliquer ses caprices et au nom de quels principes ceux-ci pourraient ne pas être exécutés.

Donc les éruptions continuent, mais passent de plus en plus mal. La dernière poussée est une nouvelle résolution sur l'Ukraine, adoptée sur la base du rapport du représentant lituanien, les pays de l'Est étant lancés en tête de pont dans la politique russophobe européenne, résolution adoptée par 56 voix pour, aucune voix contre, sur 318 membres ... L'on y retrouve évidemment tout l'arsenal habituel.

Le vice-président de la Douma, Tolstoï, a rappelé aux journalistes sur place que de toute manière, cette résolution sur l'Ukraine, comme ce qui concerne la Crimée, ne sera jamais appliquée. Les auteurs de la résolution le savent par ailleurs parfaitement, elle n'a pas été adoptée dans l'espoir d'être appliquée mais pour servir d'instrument et de justification primaire à la politique russophobe de l'institution. La Crimée est russe, c'est un fait qui ne se discute pas pour la Russie. Ne pouvant influer sur cet état de fait, le Conseil de l'Europe va bien devoir en tirer les conclusions. Enfin, s'il veut sortir de l'impasse. Car ce combat est perdu.

Et il en va de la légitimité de cette institution. La Russie est le plus grand pays du Conseil de l'Europe, mais surtout je dirais, le plus gros poisson. Quel intérêt de s'occuper de l'Ukraine si la Russie est absente? La plupart de ces pays européens de l'Est ne présentent ici un intérêt qu'indirect. L'on ne s'est occupé d'eux non pas pour eux-mêmes, mais dans la vision du rapport de forces avec la Russie et de la prise de contrôle politique du continent. L'on voit alors apparaître un conflit entre deux positions: celle de ceux qui se font manipuler depuis des années et celle de ceux qui manipulent. La première est évidemment plus rigide, quand la seconde est plus souple.

D'une part la position des radicaux, évidemment autour de l'Ukraine, qui tentent de jouer la carte de la légitimité autour des violations à leurs yeux inacceptables des droits faites par la Russie. Dans cette optique, même le paiement des cotisations n'y changerait rien: le but est l'exclusion de la Russie. Leur vision n'est pas stratégique, elle est affective. Le représentant ukrainien comprenant par ailleurs parfaitement que ce n'est qu'une question de temps pour qu'un dialogue complet ne soit restauré avec la Russie.

D'autre part, l'on trouve les partisans d'une vision plus lucide des choses, notamment T. Jagland déclarant qu'un départ de la Russie du Conseil de l'Europe serait une défaite énorme qui renverrait l'institution des années en arrière. Comme l'écrit la presse ukrainienne elle-même:
  • "I did not say that we will be able to solve problems between Ukraine and the Russian Federation, but I believe, and it is my position, that the way out is a peaceful settlement. Countries must adhere to the rule of law, principles of the protection of human rights and freedoms, and prevent war. That is why all actions of member states have such importance to us," Jagland said.

Si l'on traduit ces paroles en langage courant, le jeu a assez duré, on a perdu, il faut faire avec et sortir de la situation sans y laisser trop de plumes. Un Conseil de l'Europe sans Russie n'a aucun sens, alors que la Russie peut vivre sans difficultés en dehors de ce résidu idéologique du 20e. A trop longtemps jouer avec le feu, ça va devenir dangereux. Le plus difficile pour eux va être de calmer les hystériques qui ne voient un sens à leur vie que dans le combat russophobe. Il faut dire qu'ils ont été bien poussés en ce sens. Mais, à chacun ses problèmes.

Pour autant, il ne sera pas si facile de sortir de la crise en faisant semblant que tout va pour le mieux - en tout cas, pour le Conseil de l'Europe. Il demande le paiement des arriérés de cotisation, à savoir environ 50 millions d'euros. Pour des raisons très simples, sans cet argent il ne peut plus fonctionner normalement. C'est en tout cas ce que déclare le représentant danois: il manque 32 millions pour fonctionner. 

Pour sa part, la Russie ne voit pas sur quel fondement elle devrait payer pour une institution à laquelle elle est interdite de participer. Sa position est claire: tant que non seulement elle n'aura pas été restaurée dans ses droits, mais que le Règlement intérieur de l'APCE n'aura pas été modifié pour éviter à l'avenir toute possibilité de prendre des mesures discriminatoires, elle ne reviendra pas et donc n'aura rien à payer.

Le conflit ici est presque habituel. D'un côté le formalisme des positions sans fondement: il faut payer, car il faut payer. Ce sont vos obligations, quelle que soit la situation, quelle que soit la réalité des choses. De l'autre, le réalisme: privée de participation, la Russie n'est plus contrainte au paiement.

Il est plus qu'urgent pour le Conseil de l'Europe de sortir de cet infantilisme bon ton en Europe, enfin s'il estime vouloir avoir un avenir. Car il a plus besoin de la Russie, que celle-ci n'a besoin de lui. C'est la loi du marché ...

Karine Bechet Golovko

mardi 26 décembre 2017

Analyse diplomatique intéressante


Voici une analyse de l'ex ambassadeur français en Ukraine qui, libéré de son devoir de réserve, énoncé quelques vérités sonnantes sur la crise ukrainienne et son dérapage vers l'impasse dans laquelle elle est aujourd'hui.

Source de l'article : Le courrier de Russie


Il faudra bien finir par accepter le combat


En octobre 2015 lors des rencontres du clubs du Valdai a Sotchi, le Président Poutine avait déclaré :

« Si la bagarre s’avère inévitable, il faut frapper le premier »

Depuis la situation internationale n'a cessé de se dégrader dans une stratégie d'agression russophobe de plus en plus virulente organisée par les occidentaux.

La Russie est aujourd'hui acculée sur ses frontières autour desquelles se massent de plus en plus de bases stratégiques et d'unités d'assaut de l'OTAN.

Il faut un jour fixer des lignes rouges et les défendre avec une colonne vertébrale idéologique forte et intransigeante pour ne plus reculer...

Une nouvelle analyse indépendante, pertinente et lucide de Karine Bechet-Golovko

Erwan Castel

Source de l'article : Russie politics

Russie : Bilan géopolitique 2017


Karine Bechet Golovko

2017 est une année très contrastée pour la Russie à l'international, tout en excès. Brillante victoire militaire en Syrie, s'accompagnant d'une détérioration sans précédent de ses rapports avec les Etats- Unis et leurs pays satellites et d'une réactivation du conflit en Ukraine. Cette ambigüité s'explique par l'hésitation constante de la Russie à se positionner idéologiquement, sa ligne rouge étant le refus de reconnaissance de l'atlantisme, sans remise en cause du globalisme. Ces hésitations furent interprétées comme la faiblesse et ont entraîné toute une série de mesures internationales contre le pays. Autrement dit, si la Russie a pris sa place sur la scène internationale, elle a encore du mal à capitaliser ses victoires sur le champ politique.


La politique internationale de la Russie est à l'image de sa politique intérieure: une recherche du compromis, l'éviction du conflit, tout en essayant de tendre vers le but fixé avec une vision stratégique à long terme. Elle tente ainsi une conciliation complexe entre la flexibilité au service du pragmatisme et une ligne rouge, celle de la souveraineté.

Comme les époques, les années politiques ne commencent pas au 1er janvier. 2017 a commencé en décembre 2016 avec l'expulsion des diplomates russes par le président américain sortant, B. Obama. Hautement symbolique, ce geste particulièrement insolent, fut le signe de la prise de conscience de la communauté internationale de l'arrivée définitive de la Russie sur leur échiquier. Fin du monde unipolaire, mais contestation d'un monde multipolaire. Ceci a ouvert les portes à une guerre multiforme, et militaire, et économique, et idéologique, et médiatique, visant avant tout à faire plier, renoncer, sinon écraser la Russie dans sa forme de gouvernance actuelle. Et la Russie a mis du temps à prendre la mesure de la menace.

Militairement, les Etats-Unis et la Russie s'affrontent en Syrie et en Ukraine, sur terrains interposés, permettant de garder l'illusion de l'absence de conflit direct. Alors que l'Ukraine ne semblait pas être la priorité de la nouvelle administration Trump, la défaite militaire américaine en Syrie a obligé les USA à reconsidérer leur politique face à cette zone de conflit européen; toujours utile. La victoire d'Assad, aidé par la Russie, contre Daesh en Syrie a laissé la coalition américaine face à la question délicate de l'efficacité de son soutien à "l'opposition" armée à Assad. Alors que les rencontres de Genève pour établir la paix, sous l'égide de l'ONU et surtout orchestrées par les Etats-Unis, ne fonctionnent pas, alors que l'alternative lancée par la Russie avec ses alliés régionaux d'un Congrès du dialogue national syrien met les Etats-Unis mal à l'aise, l'on voit apparaître la même technologie qu'en Ukraine émerger: jeter le discrédit sur la Russie, la transformer en "pays-agresseur" afin de faire d'une défaite militaire une victoire politique. Une quarantaine de formations armées d'opposition a ainsi refusé de participer à ce Congrès qui se tiendra à Sotchi et, surtout, accuse la Russie d'avoir commis des crimes contre le peuple syrien. Les Etats-Uns font ainsi glisser le conflit sur le terrain politique, où ils se sentent beaucoup plus à l'aise.

Alors qu'en début de mandat Trump était modéré face à la crise ukrainienne, envisageant même une reconnaissance de la Crimée lors de sa campagne, son discours et ses décisions se sont radicalisées après l'échec de la campagne syrienne. Tout d'abord, par la voix de Tillerson, le Secrétaire d'Etat, les Etats-Unis condamnent le rattachement de la Crimée, qu'ils déclarent ne jamais reconnaître et la Russie est qualifiée de pays agresseur. Ensuite, le Congrès autorise la vente d'armes létales à l'Ukraine, alors que le processus de paix pour le Donbass bat déjà sérieusement de l'aile et qu'un rapport de l'ONU  démontre la bestialité du comportement de l'armée ukrainienne dans le Donbass. La phase militaire du conflit ukrainien a donc été réactivée, les pourparlers mis dans une impasse puisque chaque élément est transformé en instrument de conflit américano-russe, comme en ce qui concerne les discussions autour d'une mission de paix de l'ONU.

Cette impasse est idéologique. Les Etats-Unis ont besoin d'une allégeance pour que ce monde global reste atlantiste. La Russie veut continuer à participer à la globalisation, qu'elle ne remet pas fondamentalement en cause, mais conteste l'atlantisme. C'est cette position inconfortable qui rend sa politique internationale parfois contre-productive. Elle n'a répondu que très tardivement, en juillet 2017, à l'expulsion des diplomates russes, laissant la possibilité à une interprétation duale de son positionnement. Cet acte d'attente a été interprété comme de la faiblesse, comme la peur du conflit et a eu de nombreuses conséquences, qui auraient peut-être eu lieu indépendamment de cela car il y a une réelle volonté de conflit de  la part de la coalition atlantique, comme le développement de l'OTAN le démontre. Ne voulant pas du conflit, la position de la Russie est beaucoup plus difficile: elle doit à la fois être suffisamment ferme et réactive pour éviter d'être trop attaquée, mais ne peut aller trop loin pour ne pas risquer de justifier une objectivisation de ce conflit. Au regard de l'évolution des sanctions américaines, de l'atteinte portée à la propriété diplomatique russe aux Etats-Unis etc, il n'est pas certain que la Russie ait encore trouvé son rythme.

Là où la Russie a, en revanche, réussi c'est à discréditer les Etats-Unis dans la pseudo-sacralité de la légalité qu'ils prétendaient incarner, revendiquant être l'image même de l'état de droit. Or, le rapport de forces dans les relations russo-américaines conduit systématiquement à une violation des règles de droit par les Etats-Unis. Fermer des bâtiments consulaires et diplomatiques russes et en interdire l'accès alors qu'ils sont la propriété de la Russie. Cela sans décision de justice permettant ce qui est en fait une expropriation. Classer RT dans la catégorie des agents étrangers, alors que la loi FARA ne s'applique pas à la presse. Livrer des armes à un pays en guerre. Etc.

En revanche, cette politique de résistance au conflit conduit également au développement de certains conflits en sa défaveur, avec des implications intérieures non négligeables. L'attitude du CIO face à la Russie, l'excluant des JO d'hiver, est plus le résultat de cette volonté de faire partie intégrante de la communauté internationale globalisée, de cette peur résultant de la période soviétique d'être isolée, qui conduit le pouvoir russe à ne pas prendre de position, que d'un problème de dopage qui serait spécifique à la Russie. Sa faiblesse a été exploitée. Sans que le dopage d'Etat n'ait été démontré, la Russie, comme pays, est exclue des JO d'hiver 2018. Très rapidement, les sportifs déclarent accepter de participer sous drapeau neutre, sans hymne, car c'est "leur" histoire, ça n'a rien à voir avec le pays, qui a fourni et financé les entraîneurs, les équipements, les moyens etc. Si facilement, le patriotisme est rangé au placard, l'intérêt individuel prévaut. Joukov, à la tête du Comité russe olympique suspendu, a annoncé que le pays paiera docilement l'amende de 15 millions $ pour les inconvénients causés à ce petit monde "sportif", un nouveau costume neutre est largement discuté et les chaînes fédérales, finalement, vont montrer ces sportifs neutres d'un pays neutralisé. Le premier but est atteint: discréditer le patriotisme fondant le système politique russe, à la base de sa logique souveraine et des efforts demandés en son nom. Efforts qui ne sont donc pas obligatoires pour tous. Patriotisme qui n'est donc pas toujours obligatoire en dehors du grand défilé du 9 mai et de la mémoire de l'époque - patriotique. Cette ambigüité vient justement de l'hésitation idéologique interne, entre libéralisme et néolibéralisme, qui ne peut rester sans incidence l'international.

Mais la ligne rouge que le pouvoir russe a fixée est fondamentale, elle conditionne l'existence du pays dans sa forme de gouvernance actuelle - et certainement dans ses frontières. La Russie ne peut reconnaître le principe de la domination américaine. Ainsi, elle refuse la condition posée par le CIO obligeant à faire acte de contrition en reconnaissant le bien-fondé du rapport MacLaren. En conséquence de ce refus, peu importe les réformes de la lutte contre le dopage en Russie, elle ne pourra être facilement et automatiquement réintégrée. Car le but premier de cette campagne hystérique n'a pas été atteint par le clan atlantiste, qui a échoué à faire plier le pays.

De la même manière, les sanctions prises à son encontre n'ont pas conduit la Russie à reconsidérer sa place ni dans les organismes internationaux, ni dans ses relations bi-partites. Pour l'instant, la tentative de remettre en cause le droit de véto à l'ONU a échoué, malgré l'instrumentalisation des crises ukrainienne et syrienne. La Russie a payé de plus de 20 millions de morts ce droit, obligeant la communauté internationale à la concertation. Or, domination et concertation ne vont pas ensemble, d'où les difficultés aujourd'hui à comprendre pour les américains le fonctionnement du Conseil de sécurité de l'ONU. Dans le même sens, elle n'acceptera de retourner à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, organisation marginale surtout tournée vers les pays de l'Est, que lorsque son droit de participation pleine et entière sera rétabli. Dans les deux cas, celui de l'ONU et de l'APCE, ces combats ne sont que l'une des différentes facettes du combat mené par les Etats Unis pour rétablir une domination incontestée.

Ainsi, l'année 2017 est une année particulièrement contrastée. Sous le coup de l'intervention en Syrie de la Russie en 2015, dans un premier temps la Communauté internationale n'avait pas saisi tous les enjeux de ce changement de paradigme. Une fois les leçons tirées, le combat lancé est sans pitié. La Russie le mène - à contre coeur. Autant militairement, les victoires sont incontestables, autant politiquement elle n'a pas encore réussi à se décider. Elle fonctionne ponctuellement, par signaux - forts et réels. Le pont de Crimée, la construction des gazoducs, le développement des contacts bilatéraux. Dans un monde désséché par l'hypercommunication, elle tente de faire de la diplomatie du 19e siècle, celle ces actes. C'est un pari intéressant, car effectivement, le réel à long terme domine le virtuel. Mais cette position est contrecarrée à l'intérieur par une poussée néolibérale inquiétante, tentant d'orienter le pays vers le virtuel (numérisation, nouvelles tehcnologies, etc) dans des domaines aussi importants que l'éducation ou la médecine, allant vers une prédominance incontestable de l'individualisme. Cette articulation incongrue fragilise la politique internationale du pays. 

Karine Bechet Golovko

vendredi 15 décembre 2017

L'UE servile et suicidaire

Le président du Conseil européen Donald Tusk avant le début d'un sommet de l'Union européenne à Bruxelles le 14 décembre 2017. LUDOVIC MARIN/AFP

Comme on pouvait s'en douter, les valets étasuniens de l'Union Européenne, malgré les dommages collatéraux importants subis par les économies européennes, renouvellent sur fond de campagne électorale russe, les représailles économiques contre Moscou.

Espérant crisper l'électorat russe contre Poutine, les USA,qui n'ont quasiment aucune relation économique importante avec la Russie sacrifient celles des pays de l'Union Européenne. 
Alors que le Maïdan est désormais reconnu comme une opération de la CIA, que L'OTAN augmente sa présence en Ukraine chaque année, que les aides militaires occidentales létales sont engagées, que les forces ukrainiennes sont formées par des instructeurs de l'OTAN, etc... les Etats de l'UE sanctionnent toujours et encore la Russie pour "son implication dans le conflit ukrainien" !

Fallait oser le faire mais, chez ces toutous européens tellement serviles qu'ils sont prêts à se sacrifier contre l'ours russe pour leur maître étasunien, la connerie et la trahison ne semblent vraiment plus avoir de limite...

Erwan Castel

Source de l'article : Figaro.fr

Ukraine: l'UE d'accord pour reconduire les sanctions économiques contre la Russie

Par   Journaliste Figaro Le figaro.fr  AFP agence  
Publié le 14/12/2017 à 21:49

Les dirigeants de l'UE ont donné jeudi leur feu vert à la prolongation, pour six mois, des lourdes sanctions économiques décrétées contre la Russie pour son implication dans le conflit ukrainien, a annoncé le président du Conseil européen Donald Tusk.

Les dirigeants de l'UE ont donné jeudi leur feu vert à la prolongation, pour six mois, des lourdes sanctions économiques décrétées contre la Russie. «L'UE est unie sur la reconduction des sanctions économiques contre la Russie», a écrit Donald Tusk sur Twitter. La décision, prise au cours d'un sommet européen à Bruxelles, devra encore être officiellement adoptée par les 28 pays de l'Union européenne, probablement dès la semaine prochaine, selon un porte-parole de l'Estonie, le pays qui assure la présidence tournante de l'UE jusqu'à fin décembre.

Des sanctions en vigueur depuis 2014, au plus fort de la crise ukrainienne

Ces sanctions touchent des banques, des entreprises de défense et des compagnies pétrolières russes, et interdisent aux Européens les investissements financiers en Russie. Elles avaient été décidées à l'été 2014, au plus fort de la crise ukrainienne, quelques mois après l'annexion de la Crimée par la Russie, suivie par l'offensive de rebelles prorusses dans l'est de l'Ukraine. Moscou avait répliqué en décrétant un embargo sur les produits agricoles européens.

Le conflit, qui a connu récemment un regain, a fait plus de 10.000 morts malgré l'accord trouvé à Minsk en 2015 censé instaurer une trêve. Kiev et les Occidentaux accusent la Russie de soutenir les rebelles séparatistes, notamment en leur fournissant des armes, ce que Moscou dément catégoriquement. Les sanctions ont jusqu'ici toujours été reconduites pour des périodes de six mois et c'est à nouveau le cas cette fois-ci, selon une source diplomatique. Elles arrivaient à échéance fin janvier 2018.