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lundi 11 mai 2020

Le choix du peuple !


Il y a 6 ans se déroulait le référendum d'auto-détermination du Donbass, au lendemain de journées tragiques où des manifestations dénonçant le coup d'Etat du Maïdan et revendiquant une fédéralisation de l'Ukraine vont être écrasées dans le sang notamment à Odessa (2 mai) où Mariupol (9 mai). Mais malgré ces répressions meurtrières opérées par les radicaux nationalistes ukrainiens aux ordre du régime pro-occidental de Kiev, malgré les combats qui s'intensifient à Slaviansk et Kramatorsk à 100 km au Nord de Donetsk et les forces ukrainiennes qui menacent à leur tour Donetsk et Lugansk, les populations du Donbass vont participer massivement au référendum d'autodétermination dans les territoires où les forces ukrainiennes n'ont pas encore imposé leur terreur.

D'une part le taux de participation dans les territoires libres du Donbass est au maximum mais de nombreux observateurs et analystes etrangers admettent même que les intimidations et répressions sanglantes engagées par Kiev contre les manifestants prorusses vont engager une grande partie des indécis de leur côté et achever de muter le mouvement fédéraliste en dynamique séparatiste. Et les résultats sont sans appel, à l'instar du précédent référendum réalisé en Crimée:

11 mai 2014, dans tous les districts de Donetsk; les villes et les villages les gens vont toute la journée affluer vers les bureaux de vote, malgré les menaces proférées par des bandes de nationalistes ukrainiens qui sillonnent la région ou  m^me parfois, les menaces de bombardement de l'aviation ukrainienne

Dans l'oblast de Donetsk, 75 % des inscrits vont pouvoir participer au vote, parfois sous les tirs meurtriers de paramilitaires ukrainiens venus intimider la population comme par exemple à Krasnoarmeisk où plusieurs votants vont être tués et blessés. Dans cet oblast où la guerre a déjà commencé, 2 252 867 ont voté en faveur de l'indépendance, et 256 040 contre soit une victoire du oui de 89.07 %. Dans l'oblast de Lugansk, le taux de participation a atteint 81% , dont 96,2% ont voté pour la séparation.

Donetsk: 89.07 % Lugansk: 96.2 %



Les autorités ukrainiennes ainsi que leurs parrains occidentaux vont bien sûr qualifier ce scrutin de farce électorale, restant sourds au message politique fort envoyé par les populations du Donbass dont certains représentants  leur rappellent encore comme à Lugansk, au lendemain de ce référendum que la seule issue pour éviter une désintégration totale de l'Ukraine est d'organiser sa fédéralisation.

Pire que cela, le pouvoir de Kiev non seulement persiste dans son refus d'engager un dialogue avec les populations du Donbass qui animent cette 1ère région économique du pays, mais Turtchinov, qui est alors le président ukrainien par intérim va donner l'ordre de radicaliser les actions de l'Opération Spéciale Antiterroriste déclenchée en avril. Ce faisant le nouveau régime de Kiev qui est pourtant en pleine campagne pour des élections présidentielles (25 mai) montre bien qu'il a décidé d'éradiquer par le mépris et la violence les populations russes du Donbass, préférant exécuter ainsi les directives d'une OTAN qui veut atteindre les frontières russes et ouvrir sur son flanc un conflit asymétrique légitimant une nouvelle guerre froide au coeur de l'Europe.


Mais aujourd'hui, 6 ans après cette naissance des Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk, il n'y a guère que les crétins et les fanatiques, les laquais politiques et leurs chiens de garde médiatiques qui peuvent encore croire à cette propagande de guerre occidentale qui présente les populations du Donbass prises en otage par des terroristes pro-russes à la solde du Kremlin dont des forces armées occupent les territoires et mènent une guerre d'agression contre l'Ukraine.

Non seulement cette doxa ukraino-occidentale n'est que fadaise (car si l'armée russe était réellement dans le Donbass, Kiev tomberait en 1 semaine !) mais depuis 6 ans, les populations du Donbass n'ont jamais manqué une occasion de réitérer leur choix du 11 mai 2014 et même de le radicaliser par une volonté de fermer définitivement leur parenthèse ukrainienne et d'intégrer la Fédération de Russie. Mouvements populaires, élections, commémorations patriotiques, célébrations religieuses ou manifestations culturelles etc. chaque mois les populations du Donbass ne manquent pas une seule occasion pour exprimer leur attachement indéfectible à leurs traditions russes et leur volonté de voir leur terre rejoindre la patrie de leurs origines.

Et Kiev, malgré la récurrence de ses discours nationalistes sur "l'intégrité territoriale" etc., ne fait que rompre de facto par son discours russophobe et son allégeance à l'OTAN ses liens avec le Donbass et le pousse même par sa violence meurtrière exercée contre sa population depuis 6 ans, à ce qu'il retourne vers la Russie à laquelle il appartenait avant la Révolution bolchevique et la création de l'Ukraine soviétique. Chaque obus ukrainien tiré sur les territoires des républiques, chaque civil ou militaire tombant sur le front de Donetsk et Lugansk est la démonstration que Kiev est devenu l'ennemi du Donbass et qu'il considère sa population comme russe et non ukrainienne.

Et aujourd'hui, plus que jamais, cette histoire des Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk ne doit pas rester dans le Donbass, mais au contraire éclairer celles des autres peuples d'Europe confrontés à leur tour aux paroxysmes politiques, économiques, médiatiques de cette dictature mondialiste dont la gestion esclavagiste d'une crise sanitaire instrumentalisée jusqu'à l'absurde devrait être le détonateur d'une rébellion antimondialiste généralisé....

Pour cela il faut accepter l'idée que la Liberté est plus importante que le confort et que sa défense exige des sacrifices individuels et collectifs douloureux....

Mais les populations occidentales sont-elles prêtes, comme celles du Donbass à prendre les armes en abandonnant leurs écrans lumineux où foisonnent les bonnes consciences individualistes d'élans collectivistes et patriotiques dont la seule conséquence est de voir leur page facebook supprimée ? 

Rien n'est moins sûr... malheureusement !

Erwan Castel


jeudi 19 mars 2020

Printemps russe !

En Crimée, au lendemain du référendum et rattachement de la péninsule à la Russie

Il y a 6 ans, en réaction à un putsch pro-atlantiste du Maïdan provoquant une rupture constitutionnelle ukrainienne et libérant une russophobie hystérique, 
la population de Crimée a organisé sous l'égide de son parlement autonome et la protection des forces russes de la base navale de Sébastopol un référendum d'autodétermination demandant le retour de la péninsule au sein de la Fédération de Russie.

Cet acte d'autodétermination réalisé par le peuple de Crimée va aussitôt déclenché un tollé général dans le camp des "démocraties occidentales droitdelhommistes" qui oublient quand çà les arrange l'article 1 (point 2) et 55 de la charte des Nations Unis du 26 juin 1945 qui reconnait et protège "Le droit des peuples à disposer d'eux mêmes", mais aussi l'Histoire de la Crimée et le cadre législatif dans lequel s'est déroulé son retour au sein de la Fédération de Russie :
  • Primo, il n'y a eu aucune "invasion russe" en Crimée en 2014, car les forces russes y étaient légalement dans le cadre d'un accord entre Moscou et Kiev pour le maintien de la base navale russe de Sébastopol, en échange d'avantages économiques pour l'Ukraine. Cet accord (28 mai 1997), inscrit dans la constitution d'Ukraine, autorisait en Crimée jusqu'à 20 000 soldats russes, effectif jamais atteint au printemps 2014. 
  • Secundo, la Crimée après une antiquité cimmérienne, scythe et grecque est devenue une terre convoitée par les puissances commerciales qui y fondent des comptoirs comme par exemple, les Pétchénègues (1016), les Kiptchaks (1050), les Coumans (1171) et les russes Russes (Xe – XIe siècles),dont l'empire naît et se développe depuis la région la "Rus de Kiev". Puis ce fut l'invasion des Tatars et des Mongols (à partir de 1237) puis des ottomans (1475). 
  • Tertio, après de nombreuses guerres se succédant dans cette région convoités par les empires, l'impératrice russe Catherine libère progressivement au XVIIème siècle les territoires bordant ces rives septentrionales de la Mer Noire. A l'issue de guerre russo-turque de 1787-1792, la Crimée redevient russe en vertu du traité d'Iaşi. La ville russe de Sébastopol est fondée (1783) et la péninsule connait alors un développement socio-économique des plus modernes.
  • Quarto, La Crimée qui devient une porte maritime stratégique majeure donnant vers la Méditerranée et fait de la Russie un concurrent qui menace le monopole occidental  des routes commerciales maritimes vers l'Orient. C'est le début de la "Stratégie du Containment" (blocus de la Russie) imaginée parla Grande Bretagne, thalassocratie du moment, ett qui va même entraîner la France de Napoléon III dans la guerre de Crimée (1853-1856). 
  • Cinquo, En 1954, la Crimée est rattachée arbitrairement à la République Socialiste Soviétique d'Ukraine par le président de l'URSS, Nikita Kroutchev. La population à qui on n'a pas demandé son avis, face à ce changement d'identité imposé brutalement "fait contre mauvaise fortune bon coeur" dans la mesure où elle reste dans le giron de la Russie via l'URSS. Ce stoïcisme populaire va disparaître après l'indépendance de l'Ukraine (1991).
A l'issue de l'effondrement du bloc soviétique et du sauvetage de la souveraineté russe entrepris par le président Poutine, l'OTAN, qui s'est maintenu malgré la disparition du Pacte de Varsovie, a progressivement réactivé la "stratégie du contaiment" qui avait été gelée pendant la guerre froide, en engageant la préemption politico-militaire des anciennes Républiques socialistes soviétiques, via guerres (Yougoslavie, Géorgie...)  des révolutions colorées (Serbie, Géorgie, Ukraine, Kirghizstan...) ou des coups d'Etat comme celui organisé sue le Maïdan pendant l'hiver 2013-2014.

Or parmi les objectifs prioritaires visés en Ukraine par le complexe militaro-industriel occidental en 2014, la Crimée occupe certainement la 1ère place, tant sur le plan démographique, économique mais surtout militaire avec cette base navale russe dont le contrat doit être renouvelé l'année suivante. On a confirmé d'ailleurs depuis que l'OTAN dans sa feuille de route ukrainienne a déjà prévu d'occuper la base navale russe de Sébastopol après le départ de la "Flotte russe de la Mer Noire".
Dans ce contexte, il est donc logique qu'une fois le coup d'Etat du Maïdan réussi, la première réaction de Moscou pour protéger ses intérêts dans la région mais aussi ses ressortissants (la grande majorité des criméens ont la nationalité russe) a été d'accompagner et de valider la demande de rattachement à la Russie exprimée par la population de la péninsule. 

Et dans une inversion accusatoire délirante les occidentaux ont alors accusé Moscou d'avoir annexé militairement la Crimée contre l'avis de sa population et des principes démocratiques.... sauf que ce retour de la Crimée en Russie a été réalisé par un référendum populaire puis acté par un vote à la Douma d'Etat, le parlement russe, mais son résultat sans appel (97% pour le rattachement à la Russie) n'a fait que confirmé 2 précédents référendums réalisés dans la péninsule et sous l'égide de l'Ukraine : 
  • Le 20 janvier 1991, un premier référendum pour l'établissement d'une "République socialiste autonome de Crimée" recueille 94,30 % de votes favorables.. 
  • Le 27 mars 1994, un second référendum réclament un élargissement de l'autonomie de la péninsule. est soutenu par 78.40 %.
  • Enfin le 16 mars 2014, lors d'un troisième référendum, 96.77 % des votants (83.1% de participation) se prononce en faveur de "la réunification de la Crimée avec la Russie dans les droits de la Fédération de Russie" contre 2.51 % pour "un statut de la Crimée dans le cadre de l'Ukraine".
Il est donc inadmissible autant que ridicule d'entendre les laquas de la ploutocratie mondialistes jouer les indignés et engager depuis 6 ans des sanctions économiques contre la Russie pour punir le droit souverain et légitime d'un peuple à exprimer et choisir démocratiquement sa destinée historique. 
Et vu son interprétation à géométrie variable de ce principe idiot de "l'intangibilité des frontières" la moraline occidentale ne fait que se couvrir encore plus de ridicule lorsqu'elle invoque ce "Uti possidetis juris" qu'elle a piétiné elle même au Kosovo par exemple...

Dans le Donbass, la population maintient également et majoritairement, contre les obus et le blocus ukrainiens, son cap vers une réintégration de la région au sein de la Fédération de Russie : " Notre choix : Russie !"

Dans un Donbass en guerre depuis 6 ans, les populations des républiques populaires de Donetsk et Lugansk ont également tenu a célébrer le rattachement de leur sœur criméenne au sein de la Fédération de Russie, profitant de l'événement pour renouveler une fois encore et avec force leur volonté d'aboutir à leur tour à cet objectif commun.

6 années de guerre abjecte au cours de laquelle des défenseurs des républiques du Donbass mais aussi les civils qu'ils protègent tombent quotidiennement sous les tirs criminels de l'artillerie ou des unités spéciales ukrainiennes.

Un pays, le Donbass, coupé en deux
Des dizaines de mois de guerre,
Des centaines de combats,
Des milliers de tués,
Des dizaines de milliers de blessés,
Des centaines de milliers,de déplacés, 
Des millions de destructions matérielles, 
Des milliards de dégâts économiques, 
Un océan de larmes...

Mais aussi une liberté inestimable gagnée et défendue depuis 2000 jours et 2000 nuits de résistance et solidarité acharnées !

Car ces populations russes ont également fait sécession de cette Ukraine devenue une colonie militaire occidentale dirigée vers la Russie. Si leur rattachement arbitraire à Kiev (1921) datant de l'époque de la création de l'Union soviétique, est plus ancien que celui de la Crimée (1954), si les oblasts de Donetsk et Lugansk ne bénéficiaient pas en 2014 d'un statut d'autonomie comme la Crimée, ces populations du bassin du Don peuvent en revanche revendiquer une plus longue histoire russe car leur territoire appartenant traditionnellement aux cosaques du Don était russe avant même son intégration officielle dans l'empire. Et même si le contexte international est plus difficile pour une intégration du Donbass contrairement à la Crimée qui avait joué l'effet de surprise pour le réaliser, les revendications des populations de Donetsk et Lugansk sont tout aussi légitimes que celle de Simferopol, et même plus encore car les femmes, les enfants, les personnes âgées et les hommes du Donbass, dans leur résistance et résilience inébranlables depuis 6 ans malgré les bombardements subis quotidiennement, méritent plus que quiconque leur intégration au sein de leur Mère Patrie russe !

Le Printemps russe n'est pas terminé et je pense même qu'il commence à peine car il ne va pas seulement libérer les peuples russes du joug libéral occidental mais il va également inspirer les peuples du Vieux Continent à réaliser à leur tour la reconquête de leurs sanctuaires respectifs afin de fonder sur les ruines des Etats-nations artificiels et du mondialisme auquel ils se sont volontairement soumis, une authentique "Europe des peuples" partageant avec l'Eurasie russe des valeurs civilisationnelles et une destinée communes. 

Et c'est dans le Donbass que se réalisera la deuxième étape de cette émancipation des peuples qui a commencé en Crimée il y a 6 ans, le retour au sein de la Fédération de Russie étant la conclusion d'une normalisation sur le point de s'achever.

Erwan Castel




jeudi 28 mars 2019

Une terre russe toujours revendiquée

Il y a 25 ans, la population du Donbass exprimait déjà par référendum son attachement à son identité russe

Depuis 2014, les bandéristes ukrainiens et leurs parrains occidentaux qui les ont aidé à s'emparer du pouvoir par le putsch du Maïdan poussent des cris d'orfraie en accusant la Russie de s'être emparée par la force et contre la volonté de leurs populations de la Péninsule de la Crimée (rattachée arbitrairement de Russie à l'Ukraine par Kroutchev en 1954),et du Donbass (rattachée arbitrairement de Russie à l'Ukraine par Lénine en 1918).

Et la propagande de guerre étasunienne de considérer la présence de l'armée russe en Crimée et la résistance du Donbass de 2014 comme une invasion militaire russe. Ce qui est archi faux car, pour la Crimée la constitution ukrainienne autorisait une présence militaire russe de 25 000 hommes au titre du maintien de la flotte de la mer Noire après l'indépendance de l'Ukraine (en échange de fourniture de gaz et autres accords économiques avantageux), et pour depuis 5 années de rébellion armée à Donetsk et Lugansk aucune trace d'une unité russe n'a été repérée sur le front malgré la présence de milliers d'observateurs internationaux occidentaux (OSCE) et de centaines de journalistes.

De même, concernant les référendums populaires réalisés dans ces 2 régions qui se sont aujourd'hui séparées de l'Ukraine, les gouvernements occidentaux au milieu de leurs meutes de chiens de garde médiatiques ne cessent de hurler que ce sont des scrutins trafiqués par les pro-russes et qu'ils ne reflètent absolument pas la volonté réelle de populations "prises en otage par l'armée russe".

Là encore, pas de chance pour les Tartuffe occidentaux qui prétendent représenter l'opinion internationale en général et celle des populations de Crimée et du Donbass en particulier, car non seulement ces référendums de 2014 remportés massivement par les pro-russes ont été réalisés en présence d'observateurs internationaux qui n'ont pas remarqué de fraude électorale, mais qu'en plus ils confirment dans les mêmes proportions de résultats des référendums précédemment réalisés depuis plus de 20 ans sous l'autorité d'une Ukraine indépendante !

Référendum de Crimée du 16 mars 2014

Ainsi par exemple pour la Crimée qui en 2014, à 
96,77% de votants (sur 86% de participation) se prononce pour son retour en Russie:
  • Le 20 janvier 1991, lors d'un premier référendum, 94,30 % de votants se prononçaient pour le rétablissement d'une "République socialiste autonome de Crimée". 
  • Le 27 mars 1994, lors d'un second référendum, ce sont 78.40 % qui réclament un élargissement de l'autonomie de la péninsule.
Et pour les habitants du Donbass, ils avaient également eu l'occasion, avant les événements de 2014, d'exprimer massivement, dans le cadre d'une Ukraine post-soviétique, leur attachement à leur identité russe. 


Voici à titre d'exemple les résultats de l'oblast de Donetsk à l'occasion du référendum réalisé il y a exactement 25 ans, le 27 mars 1994 (mais dont l'Ukraine, ne va déjà pas tenir compte) et qui concernait::

1 /  la fédéralisation (résultats non trouvés pour Lugansk)
  • Participation: 72,28%
  • Pour: 79,69%. 
  • Contre:15,02%. 
  • Bulletins de vote non valides - 5,29%. 
Pour (% du nombre total de bulletins valides): 84,14% 
Contre (% du nombre total de bulletins valides): 15,86%. 


2/ le russe, langue d'état en Ukraine 
  • Participation: 72.11%. 
  • Pour: 87,16%. (Lugansk: 90.38%)
  • Contre: 8,54% (Lugansk: 5.04%)
  • bulletins de vote non valides - 4,3%. (Lugansk: 4.58%)
Pour (% du nombre total de votes valides): 91,08%. (Lugansk 94.72%)
Contre (% du nombre total de votes valides): 8,92%. 


3/ le russe, langue officielle de la région de Donetsk (ou Lugansk)
  • Participation: 72.24%. 
  • Pour: 88,98%. (Lugansk: 90,91%)
  • Contre: 6,87%. (Lugansk: 4.51%)
  • bulletins de vote non valides: - 4,15%. (Lugansk 4.45%)
Pour (% du nombre total de votes valides): 92,84%(Lugansk 95.27%).  
Contre (% du nombre total de votes valides): 7,16%. 


4/ Pour la signature de la Charte de la CEI*, la pleine participation de l'Ukraine à l'Union économique et à l'Assemblée interparlementaire des États de la CEI. 
  • Participation: 72.33%
  • Pour: 88,72%. (Lugansk: 90.74%)
  • Contre: 6,83%. (Lugansk: 4.54%)
  • bulletins de vote non valides - 4,45%. (Lugansk: 4.72%)
Pour (% du nombre total de votes valides): 92,86%. (Lugansk 95.24%)
Contre (% du nombre total de votes valides): 7,14%.

* la CEI (Communauté des Etats Indépendants) est une entité intergouvernementale composée de 9 des 15 anciennes républiques soviétiques. 

Le 11 mai 2014, alors que les combats font rage entre les séparatistes et l'armée ukrainienne qui veut empêcher a tenue d'un nouveau référendum, la population de Donetsk et Lugansk retourne massivement aux urnes pour demander son indépendance face au nouveau régime ukrainien ouvertement et violemment russophobe  
Le 11 mai 2014, le peuple russe de Donetsk et Lugansk va une nouvelle fois confirmer massivement son attachement farouche à son identité historique russe, poussé à réclamer son indépendance par l'offensive meurtrière engagée par l'armée ukrainienne contre le Donbass. Le résultat du scrutin est sans appel et dans les régions où l'armée ukrainienne ne peut pas empêcher le vote, 89.07% des suffrages exprimés se prononcent en faveur de l'indépendance (contre 10, 19% contre), confirmant ainsi l'opinion identitaire exprimée 25 ans plus tôt.

Il serait temps que les parangons de la démocratie et leurs propagandistes occidentaux commencent par respecter ce qu'ils prétendent défendre à coups de mensonges et de bombes à travers le monde, à savoir la volonté des peuples à disposer d'eux mêmes et leur droit à exercer eux même le pouvoir sur leur territoire naturel et historique. 

Et pour les peuples d'Europe, le Donbass doit être observé comme un exemple de révolution populaire réel et légitime où le peuple, en conformité avec son identité native inscrit son avenir dans l'héritage son passé et la défense de ses libertés individuelles et collectives.

Erwan Castel


Donetsk, mars 1994

dimanche 13 avril 2014

L'Ukraine retient son souffle...

La stratégie du "quitte ou double" 

Manifestants pro-fédéralisation à Donetsk
Hier, le 11 avril, les forces spéciales ukrainiennes du "Groupe Alpha" ont refusé de donner l'assaut aux bâtiments de Donetsk, Lugansk et Karkhov occupés par les manifestants anti gouvernementaux qui réclament un référendum populaire pro-fédéralisation. 

Le gouvernement de Kiev est coincé, pris à sa propre violence... 

Le soutien politique de l'UE sont sans effet et les aides économiques qui se font attendre réussiront à peine à payer la dette d'un pays au bord d'une catastrophe économique.

La Russie semble garder les cartes en main : 

- Politiques d'abord, en affichant un sens des responsabilités et une volonté de privilégier une diplomatie à l'écoute des peuples plutôt que la politique occidentale n'écoutant que ses intérêts économiques.

- Economiques ensuite, le redressement de l'Ukraine ne peut se faire sans l'aide de son créancier la Russie, qui tient également l'Europe sous la dépendance de son gaz.

- Sociale, le Dombass est une région russophone et russophile, liée historiquement culturellement, économiquement et cultuellement à la Russie. Si l'Ukraine se soumet au giron étasunien de l'OTAN et de l'UE, il est fort probable que de nombreux oblasts slaves préféreront encore leur rattachement à la fédération de Russie.

Une stratégie colonialiste étasunienne en échec

La stratégie de colonisation mondiale engagée par les USA amorce aujourd'hui une nouvelle phase, plus offensive depuis que la diplomatie russe s'impose à nouveau sur le "grand échiquier" décrit en 1997 par Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller à la sécurité nationale des USA, et théoricien du nouvel Ordre Mondial dont il jette les bases en 1973 en créant, avec David Rockefeller, le puissant think tank libéral, "la Trilatérale".

En effet, les étasuniens et leurs laquais, qui tentent de soumettre les derniers pays indépendants résistant à leur expansionnisme militaro-industriel (Irak, Afghanistan, Lybie, Egypte, Venezuela etc...) viennent de rencontrer un premier revers important dans leur tentative d'étranglement de l'Iran. L'opération de renversement du régime syrien, programmée depuis plusieurs années n'aboutit pas, et ce malgré la radicalisation des groupes extrémistes soutenues par les occidentaux...Pire, le régime de Bachar el Assad (certes contestable) résiste contre toute attente et reprend le contrôle de son pays, grâce au bouclier diplomatique mis en place par la Russie. 

La crise ukrainienne fait immédiatement suite à ce revers des étasuniens en Syrie qui cherche sur le front eurasiatique a déstabiliser la Russie pour lui faire lâcher prise au Moyen Orient et la priver de son ouverture stratégique en Europe. Sous couvert d'une pseudo révolution démocratique les occidentaux visaient à avancer des pions de l'OTAN sur le glacis russe, vraisemblablement pour pouvoir ensuite échanger leur retrait contre celui de la Russie en Syrie, tout en soumettant l'Ukraine à leur économie libérale par un endettement prolongé.


Mais là aussi, les américains sont tenus en échec par la volonté des peuples à ne pas se soumettre à leur hégémonie et la diplomatie russe qui les protège, car si les insurgés du Maidan ont profité de l'impopularité du Président Ianoukovitch pour s'emparer par un coup de force faiblement d'un pouvoir faiblement défendu, la politique étasunienne qui télécommande le mouvement n'a pas atteint ses objectifs principaux, bien au contraire, car l'Ukraine qui a commencé à se désintégrer, risque même de se rapprocher encore plus de la Russie.    
                             
Les oblasts ukrainiens russophones veulent une fédéralisation de leur pays. Les USA-UE, qui ont déjà perdu la Crimée, objectif géostratégique prioritaire, leur refusent, via leurs pantins putschistes de Kiev, car cela signifierait une perte de contrôle politique et économique sur les ressources principales situées dans le Dombass, et une explosion de l'unité du pays déjà amputé de sa péninsule de la Mer Noire... 

Demain doivent se dérouler de nouvelles manifestations anti-gouvernementales... et Kiev est dans une impasse ou le jeu prend la forme d'un "quitte ou double" :

- Soit le gouvernement putschiste accepte la fédéralisation et risque de perdre une partie du soutien occidental, en plus du contrôle sur ses ressources principales. 

- Soit il tente un coup de force espérant une intervention russe puis une réaction occidentale armée. 

Mais a-t-il vraiment le choix ? Tout risque de se jouer ces prochains jours.

La tentation d'un coup de force pour étouffer la revendication de fédéralisation du Dombass s'appuie sur le sentiment russophobe développé par la propagande étasunienne, seule vraie victoire obtenue sur le terrain médiatique par les occidentaux depuis le début de la crise.

Le pire scénario serait que le gouvernement de Kiev laisse faire (voire aide) les extrémistes du Prayvi Sector déjà repérés pour leurs méthodes ultra violentes lors de l'insurrection du Maïdan, a intervenir militairement dans l'Est de l'Ukraine. Cela mettrait le feu aux poudres et provoquerait une situation de guerre civile et un risque d'interposition de la part des forces armées russes et d'escalade internationale.

Dmitri Iaroch, chef des ultra nationalistes "Prayvi Sector"
La sortie diplomatique de cette crise est peut-être a rechercher là où elle a commencé, c'est à dire en Syrie...

Erwan Castel le 12 avril 2014

Pour suivre les événements au jour le jour de la plus grave crise que traverse l'Europe depuis 40 ans,  le lien  : ICI


jeudi 10 avril 2014

Regain de tension en Ukraine...bluff ou inconscience ?

Pour suivre l'actualité en Ukraine LE LIEN ICI : Ukraine, Chronologie d'un conflit

Soyons clair : les informations diffusées par le mainstream médiatique occidental, les déclarations des diplomates de l'UE et étasuniens, sont totalement incohérentes avec les activités provocatrices observées et les résolutions pyromanes votées ces dernières heures. 

En effet, L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) vient d'adopter une résolution condamnant le rattachement de la Crimée et exigeant le retrait immédiat des troupes russes de la péninsule. De leurs côtés, Washington maintient et renforce sa flotte dans la Mer Noire et Kiev envoie des unités de combat dans les provinces de l'Est de l'Ukraine. Cela ne s'appelle plus jouer mais jeter de l'huile sur le feu !

Destroyer  lance-missiles de la Navy en route vers la Mer Noire

Alors que les gesticulations et les propagandes s'acheminent vers une confrontation de plus en plus belliciste, force est de constater que dans cette aventure dangereuse, c'est la population ukrainienne au nom de laquelle s'époumonent les leaders du Maidan depuis 5 mois qui est méprisée ! En effet, à part lors du référendum de Crimée, protégé par les comités de défense locaux et la présence (légale) des unités russes de la Mer Noire, jamais les régions ukrainiennes n'ont été consultées. 

En fait, le mouvement qui a fait basculer l'Ukraine dans le chaos est le résultat d'une insurrection de 50 000 personnes grand maximum, dont les meneurs ont profité de l'impopularité du président Ianoukovitch et du courage des nationalistes manipulés, pour prendre violemment le pouvoir avec le  soutien, voire l'aide directe des pays européens intéressés par des contrats géostratégiques !

Dans l'Est du pays, la tension connaît depuis quelques jours un grave regain de tension. Les populations majoritairement russophones (70%) et importantes (5 millions pour la seule région de Donestk) inquiètes, demandent la tenue d'un référendum pour exprimer officiellement leur position vis à vis du gouvernement putschiste de Kiev. 

Manifestations antigouvernementale et pro-russe à Donestk

Mais les imbéciles cupides qui nous gouvernent au nom d'intérêts extérieurs, nous invitant à danser sur un volcan... par leurs portes paroles médiatiques veulent nous faire croire qu'en Ukraine, ce sont les services russes qui déstabilisent les régions de Karkhov, Donetsk et Lugansk... 

Voyons par exemple, dans cette dernière ville à quoi ressemble ces "commandos subversifs isolés" 

Manifestations à Lugansk - 9 avril 2014


Erwan Castel, Cayenne le 9 avril 2014


mercredi 26 mars 2014

Les cons ça osent tout !

Poutine : "Échec au roi !" 


L'aventure dans laquelle les financiers ont poussé les pays de l'UE est en train de patauger et d'éclabousser l'arrogance étasunienne...

Certes la "révolution" ukrainienne a réussi a renversé un gouvernement dont le médiocre président n'est regretté par personne...
Certes l'UE a engagé un reptation économique vers les ressources ukrainiennes et sa main d'oeuvre bon marché...
Certes l'OTAN a avancé sa zone d'influence vers la citadelle eurasienne qui lui refuse  son allégeance...

Mais tout cela commence à ressembler de plus en plus  pour les occidentaux, à une victoire à la Pyrrhus !


CHANGEMENT DE PLOUTOCRATIE

En effet, la destitution de Ianoukovitch s'avère être juste un remplacement violent d'oligarques par d'autres oligarques qui offrent aujourd'hui leur pays dans les griffes de l'oncle Sam et de ses laquais de l'UE qui les ont politiquement soutenus voire techniquement aidés. 

Les preuves ? : 

- La constitution du nouveau gouvernement dont les principaux responsables sont des affairistes appartenant au clan de l'oligarque corrompue Tymochenko.
- Les accords économiques réalisés avec le FMI, qui soumettent le pays par endettement sans pour autant l'intégrer à l'Union Européenne
- L'exploitation des ressources énergétiques à destination des créanciers occidentaux
- L'ouverture du territoire aux unités militaires de l'OTAN qui ainsi 
- L'épuration des groupes patriotes qui, malgré leur collaboration violente mais utile au moment du Maidan, constituent aujourd'hui un obstacle à la normalisation, car beaucoup refusent toute forme de vassalité, politique, économique ou militaire envers la Russie mais aussi l'OTAN...


LA PERTE DE LA CRIMÉE

La perte de la péninsule de Crimée, historiquement logique, montre le mépris accordé aux peuples par le pouvoir économico-libéral occidental, plus occupé a surveiller ses intérêts que la quiétude des populations. 

Ici, l'hégémonie économico-centrée de Washington et son nouveau vassal ethno-centré de Kiev ont méprisé l'histoire du territoire et, aveuglés par leur victoire du Maidan, viennent de perdre  la Crimée cette pièce maîtresse de l'échiquier, qui était même certainement, l'objectif stratégique principal visé par l'OTAN.
Poutine ici a réparé l'histoire régionale, protégé ses intérêts et sa base stratégique en Mer Noire, renforcé son autorité nationale et internationale et surtout, il  mis un coup d'arrêt à l'hégémonie militaire de l'OTAN. 
Les rôles semblent inversés et la Russie, comme en Syrie en 2013, a placé une nouvelle fois les occidentaux, persuadés de mener la danse, dans une position de réaction paniquée.

Car la réaction des démocraties libérales depuis la perte de la Crimée ressemble à une fuite en avant irresponsable et malhonnête, où la vitesse est confondue avec la précipitation (comme par exemple la menace par la France d'annuler la commande des navires Mistral).

La condamnation du référendum de Crimée, de la part ceux qui n'ont cessé d'intervenir à travers le monde depuis plus de 40 ans à coups de bombardements, de coups d'Etat, et de référendums truqués, est tout simplement ridicule et constitue de plus une insulte grave au peuple qui, sous contrôle international a exprimé en Crimée un choix qui est sans appel.

Dans ce genre de crise gravissime aux conséquences incalculables, il est toutefois bon parfois de préférer sourire à certains comportements hallucinés plutôt que de hurler à l'abjection...

LES CONS ÇA OSENT TOUT !

Ainsi de cette décision récente du nouveau Service de Sécurité de l'Ukraine, mis en place par l'insurrection armée du Maidan et qui vient de délivrer un mandat d'arrêt contre Natalia Polonskaya, la procureure de Crimée nommée à l'issue d'un véritable plébiscite populaire ! Elle est accusée d' "actions commises en vue de changer ou de renverser par la force le régime constitutionnel ou de s'emparer du pouvoir d'Etat, ainsi que complot visant de telles actions" (l'article 109 du Code pénal d'Ukraine)... Il fallait oser !


Cherchez l'erreur !


L’HÉGÉMONIE ÉTASUNIENNE

A côté des gesticulations politiques ridicules et stériles du nouveau gouvernement mafieux de Kiev, les sanctions politiques et économiques des occidentaux, après un premier effet médiatique, risquent de s'avérer à moyen terme totalement inefficaces et à long terme suicidaires....

L'Hégémonie étasunienne n'avait pas, depuis la chute du mur, rencontré de résistance sérieuse, tout au plus les portes de l'empire russe s'étaient-elles refermées devant leurs prétentions financières. Vladimir Poutine dont l'impérialisme se limite à sa sphère d'influence traditionnelle et historique s'est d'abord occupé de restaurer le sanctuaire abandonné après l'effondrement de l'URSS.
Pendant ce temps là, les USA semblaient avoir le champ libre, et surfant sur la vague de l'Antiterrorisme, abattaient leurs cartes en Afghanistan, Irak, Pakistan, secondés par leurs laquais de l'UE qui quant à eux, surfant sur la vague des Droits de l'Homme ont allumé à leur tour des feux dans les pays arabes insoumis de la Méditerranée et en renforçant leur pré carré post colonial africain. 

Obéissant à une vitale "métaphysique de l'illimité" heidegerienne, les puissances occidentales à l'économie boulimique ont poussé à nouveau leur vague vers les berges eurasiatiques, menaçant directement les intérêts russes dans le Moyen Orient et  en Europe. 

Après un interventionnisme direct, les USA et l'UE, au fur et à mesure qu'ils se rapprochent du pré carré eurasien, se camouflent derrière des "révolutions nationales" de plus en plus violentes, d'où leurs nouvelles bases militaro-industrielles cherchent à émerger des ruines. 
Les "révolutions colorées", qui ont profité de l'anticommunisme historique et de la faiblesse de la jeune nouvelle Russie, qui ont montré leur incapacité a mené un projet national indépendant, n'ont plus prise aujourd'hui sur des populations informées et l'arrogance étasunienne, méprisant l'histoire et les identités des peuples a décidé d'opter pour la stratégie du chaos au risque de créer nouveaux Frankenstein plus dangereux que l'utile Ben Laden...

C'est ainsi que les révolutions arabes comme des dominos ont allumé un incendie que les pyromanes ne savent plus maîtriser et qui dégénèrent en pouvoir islamistes radicaux comme en Libye ou en dictatures militaires comme en Egypte...


LA FIN DE L'UNIPOLARITÉ  ÉTASUNIENNE

En Syrie, la politique occidentale de déstabilisation politique et d'encerclement militaire a échoué pour le moment, malgré les manipulations sur le terrain, dans les diplomaties et dans les médias. La Russie de Poutine, ici a joué un rôle essentiel, en imposant sur l'échiquier le retour d'une vraie diplomatie, face à l’interventionnisme terroriste soutenu par les démocraties libérales qui ont été obligé de reculer et reconnaitre la légitimité de Bachar El Assad dans les négociations.

En Ukraine, Poutine a eu d'abord la faiblesse de croire que le président Ianoukovitch, (dont il attendait patiemment le renversement légal aux prochaines élections), allait rétablir l'ordre dans son pays avec autorité et intelligence. 
Devant le renversement aidé par l'UE, du gouvernement de Kiev, mais en se gardant de toute ingérence directe dans les affaires de l'Ukraine, la Russie a profité du chaos imposé (qui ne l'aurait pas fait). 
Profitant d'une injustice historique, et jouant de l'autorisation de son déploiement en Crimée les groupes d'auto défense et les forces russes ont pu sécuriser le territoire. Le parlement autonome a lors réalisé un référendum, conforme au droit international et légitime depuis la rupture constitutionnelle provoquée par l'insurrection à Kiev, n'en déplaise à Kiev Washington et Bruxelles.

Ipon !

Les occidentaux ivres de colère de voir Poutine tirer légitimement les marrons du feu qu'ils avaient eux-mêmes allumé, se sont déchaînés en condamnations politiques diffamantes et sanctions économiques stupides s’empêtrant dans des incohérences géopolitiques sans fin... Mais, si les alliances imposent encore une relative cohésion ou le silence poli,  personne n'est dupe car le missile tiré depuis Maidan sur Moscou s'est révélé un boomerang qui a explosé à Washington !

Après une première condamnation circonstancielle groupée, le fer de lance étasunien semble s'émousser et seul le quarteron (Etats Unis, Royaume Uni, Allemagne, France) persiste et signe tenant en laisse ses valets (Pologne, Roumanie etc...) Ce comportement est normal car les dirigeants de l'UE manquent de culture et d'intelligence et d'humilité et poussés par les USA qui ont lancé les dés, il leur faut continuer la partie même au risque de perdre plus encore et surtout la face...

Cependant, déjà des divergences apparaissent déjà en Europe quand à l'exclusion du G8 de la Russie : définitive, provisoire, inconcevable ? les intérêts de chacun (et l’honnêteté ?) semblent prendre le pas sur l'obéissance à l'Oncle Sam...

Dans le reste du monde, la fracture est encore plus visible, si la Chine par son abstention soutient à la fois la Russie et sa neutralité,  en revanche les pays émergents sans s'aligner directement sur la politique russe, reconnaissent la légitimité du référendum et condamnent les sanctions contre la Russie. Ainsi de la Norvège, de la Syrie, de l'Inde, de l'Argentine, du Brésil, du Japon...

Donc nous voyons depuis la Syrie, mais surtout depuis la crise ukrainienne se dessiner les contours d'un nouveau monde multipolaire ou des contre pouvoirs (pas forcément alignés systématiquement derrière la Russie) s'opposent à l'hégémonie unipolaire des USA. 
Ces pôles de résistance s'ils sont aujourd'hui encore faibles dans leurs moyens et leurs coalitions risquent d'être rapidement une opposition de plus en plus importante au  Nouvel Ordre Mondial. C'est le cas par exemple des BRICS (Brésil, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud) qui ont fait une déclaration commune condamnant les sanctions occidentales. en effet ces pays émergents représentent aujourd'hui 25% du PIB mondial, 42% de la population mondiale et plus de 25% du territoire terrestre mondial et devraient assurer selon le FMI ,61% de la croissance mondiale d'ici 2015. 

Un puissance alternative, en pleine croissance, que l'arrogance de ses anciens colonisateurs a eu tort de mépriser et qui risque de peser lourd dans le futur équilibre du monde....


VAINCRE OU MOURIR

Dans cette perspective, le mondialisme libéral dont le système n'est stable que dans une croissance économique et territoriale infinie, est dans l'incapacité de survivre, il le sait, aussi il n'a d'autre choix que de jeter toutes ses forces dans la bataille, pour tenter de soumettre le monde ou mourir. 
Cette logique infernale du chaos est justement pressée par  la résurgence d'une puissance eurasiatique fédérale et la montée en puissance des pays émergents. 

Le pire reste à vivre, mais aussi le meilleur est à gagner, 
car chaque victoire a un prix qui lui est proportionnel, 
et comme la "liberté n'a pas de prix..."

Erwan Castel, le 26 mars 2014


En attendant ...


Pour connaître les événements de la crise ukrainienne, le lien ici : Ukraine : chronologie

Pour lire les autres articles sur ce sujet publiés ici : Alawata, articles sur l'Ukraine



lundi 17 mars 2014

Désintégration de l'Ukraine !


Comme prévu, la Crimée, majoritairement peuplée de russes a refusé le gouvernement putschiste de Kiev, préférant, après la disparition de l'ordre constitutionnel, rejoindre la Fédération de Russie... 
Ce scrutin, sous la surveillance de 125 observateurs internationaux s'est déroulé sans incident. Le taux de participation est proche de 80 % et le résultat en faveur du rattachement à la Russie est de 95% !

Quelles conséquences risquent d''arriver dans les prochains jours ?

D'abord il est évident, que nos chères démocraties libérales vont mépriser la volonté du peuple de Crimée, et continuer de menacer une Russie diabolisée, avec, en l'absence de valeurs politiques supérieures, ce qui est le plus important à leurs coeurs : le pognon ! 

Il reste des inconnues cependant ... et notamment la réaction du nouveau pouvoir de Kiev qui risque d'envoyer les ultras-nationalistes (qui peuvent aussi agir de leur propre initiative) dans l'Est du pays pour dissuader toute nouvelle tentative d'autres référendums sécessionnistes qui commencent à être demandés, l'attitude de l'armée ukrainienne présente en Crimée etc... 

Le danger est qu'après la réussite des snipers du Maïdan, la tentation de renouveler une nouvelle provocation victimaire et meurtrière revienne dans le camp des pro occidentaux .

Mais la Russie n'a pas encore officiellement accepté la demande de retour de son ancienne province soviétique (réponse de la Douma prévue vers le 21 mars). C'est donc un moyen de pression énorme mis à la disposition de Vladimir Poutine, qui désormais à les cartes en mains (et un coup d'avance) et peut même exiger le départ des supplétifs américains installés à Kiev, en échange du maintien de l'unité de l'Ukraine, via l'avenir de la Crimée qui est dans ses mains.

Les occidentaux, vainqueurs à Kiev, qui refusent ce changement de situation en leur défaveur, continuent à mépriser la Russie. Pourtant, le choix semble se réduire et les placer devant leur irresponsabilité : soit ils acceptent un statut quo et abandonne la Crimée (difficile), soit ils poursuivent leur logique de guerre (dangereux), soit ils acceptent les conditions de Poutine.

Quoiqu'il en soit, sur le terrain les populations risquent de bouger dans les prochains jours et avec des risques de violence : d'un côté les nationalistes ukrainiens qui ne veulent pas d'un éclatement de leur pays (et surtout y perdre ses régions les plus riches) et de l'autre les populations russophones ostracisées par le nouveau pouvoir et qui sont tentées de suivre l'exemple de la Crimée...

L'avenir de l'Ukraine va se jouer probablement maintenant, du côté de Donetsk et Kharkiv notamment, menacés par un nouvel embrasement, mais où la Russie cette fois ne pourrait pas ne pas intervenir...

Bref une spirale infernale qui risque de devenir incontrôlable...

Sauf si les nationalistes ukrainiens se constituent en 3ème voie, et élargissant à l'Europe leur vision politique abandonnent leurs préjugés russophobes à l'Est et leurs alliances cupides à l'Ouest.

On a le droit de rêver...

Erwan Castel, le 16 mars 2014