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dimanche 7 juillet 2019

Fin des manoeuvres

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"Finex !" aurait-on dit dans le jargon militaire français pour annoncer la fin de ces exercices réalisés par notre brigade Piatnashka pendant 3 semaines sur le polygone de Torez à l'Est de Donetsk.

Nous retrouvons pour quelques jours la ville fleurie de Donetsk, nos casernes et nos "home sweet home", avant de repartir enfin vers le front de Yasinovataya où nous attendent les positions que notre bataillon tient depuis 3 ans maintenant.


Vendredi 5 juillet 2019

Après les derniers tirs et exercices tactiques clôturant trois semaines d'entrainements, et de bronzage dans la poële à frire de Torez, nous bouclons nos sacs à dos et rechargeons nos camions de tout le matériel de combat et logistique amené sur le polygone Nord de la République Populaire de Donetsk.

Après une bonne heure de route notre convoi sécurisé arrive dans Donetsk où il se scinde vers les différentes casernes des compagnies due la brigade Piatnashka. Avec mes camarades, sans oublier Blin, notre féline mascotte dont la constante bonne humeur, le tempérament joueur et le stoicisme heureux ont séduit l'unanimité, nous retrouvons avec bonheur nos douches chaudes et chambrées climatisées et un décrassage et un repos bien mérités.


Lorsque nous arrivons à Donetsk, des affiches du président Zakharchenko, assassiné il y a à bientôt déjà un an rappellent à la population les sacrifices élevés bornant le chemin parcouru par la jeune république populaire de Donetsk vers son rêve de Liberté. Ce leader exceptionnel aurait eu 43 ans ce 26 juin dernier si un lâche attentat n'avait voulu saboter le projet républicain et la résistance du Donbass qu'il incarnait. 

Espérer vaincre un adversaire en éliminant son chef politique ne peut réussir que s'il est un dictateur imposant arbitrairement et par la forces à son peuple une gouvernance autoritaire et une destinée personnelle. Or, après l'assassinat du président Zakharchenko rien n'a rien changé, bien au contraire, car après une émotion suscitée par sa disparition et témoignant de la sympathie qu'il suscitait, le cap vers la Russie a été maintenu et affirmé avec plus de force encore par ses successeurs pour la simple et bonne raison qu'il est le choix majoritaire de l'ensemble de la population.

Chaque jour, sous les balles et les obus ukrainiens, des hommes continuent de tomber pour défendre cette ligne de front qui aujourd'hui est devenu une ligne de démarcation (provisoire car il ne faut pas oublier les territoires occupés par Kiev) morale, politique, civilisationnelle autant que militaire. Certes la dimension de guerre civile est une réalité immédiate pour quiconque jette un oeil rapide sur ce conflit qui ensanglante le Donbass depuis 5 ans, mais il ne faut pas oublier qu'il n'est que l'avatar d'un conflit ravivé et vieux plus de 2 siècles entre une thalassocratie anglo-américaine et une Russie continentale, qu'elle soit impériale, soviétique ou fédérale, dont les zones d'influence se chevauchent dans cette région de la mer Noire. 

C'est entre autres pour ces raisons que nous autres les volontaires du Donbass n'abandonnerons jamais ce combat qui est un combat métapolitique cristallisant la notion sacrée de Liberté et cet affrontement entre une Europe des peuples et une hégémonie mondialiste.


Erwan Castel

Les autres extraits de mon journal du front, le lien ici : Journal du front

"Nous aimons notre terre et sommes prêts à tout donner pour elle"


mardi 2 juillet 2019

La permanence de l'Histoire

347


En Russie, le 1er juillet est la journée dédiée aux vétérans des combats. A cette occasion et profitant de la proximité du site de Saur Moghila du polygone de Torez où nous réalisons nos entrainements actuellement, notre compagnie est allé visiter ce haut lieu du passé et du présent du fait des combats violents qui s'y déroulèrent à 75 ans d'intervalle.

En effet sur cette plus haute colline du Donbass devenue sacrée par le sacrifice de milliers de soldats de l'armée rouge contre les forces allemandes, se déroulèrent ici en juillet 2014 de nouveaux combats héroïques contre les forces ukrainiennes et faisant à nouveau de Saur Moghila le symbole élevé de la lutte permanente du Donbass pour sa Liberté.



Lundi 1er juillet 2019

Au retour de nos exercices tactiques du jour, nous partons à quelques kilomètres au Sud de notre polygone d'entrainement pour visiter le site historique de Saur Moghila, cette hauteur stratégique dominant d'environ 300 mètres la steppe, et qui fut le théâtre de violents combats et sacrifices en 1943 et 2014.

Lorsque nos pas nous ont hissé au milieu des décombres du monument commémoratif, les discussions joyeuses s'éteignent et les regards des jeunes volontaires (et moins jeunes !) deviennent graves et pensifs. Autour de nous un lieu de la mémoire blessé invitait dans nos esprits cette permanence de l'Histoire que nous vivons dans le Donbass depuis 5 années passées.



Personnellemnt j'ai eu plusieurs l'occasion de venir sur cette colline, seul ou avec des amis, en reportage ou lors de cérémonies, mais à chaque fois l'émotion est intacte au milieu de cet amas de béton et de ferailles gardé par les héros qui y sont tombés en défendant notre liberté. Car depuis les milliers de noms accueillant la montée vers le champ de bataille de 1943 aux sépultues où reposent ses défenseurs de 2014 le couronnant aujourd'hui , le vent de la steppe qui balaie cette colline ensanglantée semble porter jusque dans nos coeurs à l'écoute de l'Histoire les échos de leurs cris et les fracas de leurs combats réunis dans la mémoire... 

Ici pendant l'été 2014, des milices populaires d'autodéfense, unités improvisées aux faibles effectifs et mal équipées vont résister héroïquement pendant 3 mois aux assauts d'un corps blindé ukrainien piégé dans différents chaudrons le long de la frontière russe et qui tente de s'en échapper. 


Bombardements ukrainiens au lance roquette multiple 'Grad" (122mm) 
sur la colline historique de Saur Moghila où le monument commémoratif 
qui est encore debout s'effondrera quelques jours plus tard 

La hauteur de Saur Moghila et sa position centrale dans ce couloir bordant la frontière russe en font le verrou de la victoire. Et dans le dédale des monuments commémoratifs et des boyaux de la grande guerre patriotique, une section de volontaires va tenir jusqu'à la dernière cartouche face aux bombardements et aux assauts blindés ukrainiens qui vont assaillir la colline en juillet 2014. 

Les hommes ici sont tombés les uns après les autres, avec leur chef "Medved", sous les orages de l'artillerie et les assauts blindés ukrainiens et seuls 5 survivants, à court de munitions et blessés, parviendront à s'échapper de la submersion inévitable de leur position par les anciennes tranchées de la seconde guerre mondiale. 
Mais le sacrifice de cette poignée de volontaires n'a pas été vain, bien au contraire car le verrou de Saur Moghila qu'ils ont tenu suffisamment longtemps fermé a permis la défaite du corps blindé ukrainien, le coupant de son ravitaillement logistique et de ses renforts. Les unités républicaines vont récupérer le long de la frontière avec la Russie un nombre important de véhicules de combat, d'armement et de matériel ukrainiens et pouvoir ainsi lancer une contre offensive qui achévera la défaite de Kiev dans un nouveau chaudron à Iliovaisk en septembre 2014.


Une stèle, à quelques mètres de sa sépulture marque l'endroit ou "Medved" le chef de la section défendant la colline est tombé au combat en juillet 2014

Aujourd'hui Medved et ses frères d'armes veillent toujours sur cette colline au nom prédestinée de Saur Moghila (Mont tombe) et au delà de son horizon géographique et symbolique, ils nous offrent l'exemple toujours vivant dans nos coeurs de cette permanence de l'Histoire, des traditions et des valeurs pour lesquelles nous nous battons aujourd'hui, encore et toujours, et qui sont l'armature de la liberté des peuples.

Puissions nous seulement nous montrer dignes de leurs exemple et héritage de combat.


Erwan Castel


Les autres extraits de mon journal du front, le lien ici : Journal du front

Pour les autres articles publiés ici sur ce site historique, le lien ici: Saur Moghila


















lundi 1 juillet 2019

Photos 1er Juillet

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Après un repos flash sur Donetsk partagé entre lessive, grillades et information, nous voici de retour sur le polygone de Torez pour terminer les entraînements et exercices du bataillon.

Hier après midi et en soirée des bombardements ukrainiens autour de Donetsk se faisaient entendre à nouveau jusqu'au coeur de la cité et dans les conversations des fumeurs regroupés devant les cafés et les restaurants...

Alors que le soleil et les vacances invitent les esprits à s'évader un moment, les explosions et détonations précédées de lueurs marquant l'horizon proche des bombardements ukrainiens, rappellent à nouveau chaque jour la fragilité des destinées humaines et la force invincible du destin de la vie...


Lundi 1er juillet 2019

Aujourd'hui, nous entamons la denière semaine de nos manoeuvres sur le polygone de Torez, impatients de retourner sur la pratique de première ligne du front. Au moment de quitter Donetsk, de nouveaux bombardements ukrainiens se faisaient entendre vers le secteur de Spartak, au Nord de Donetsk. Il me semble retrouver l'ambiance sonore du premier trimestre 2015, après que je sois arrivé à Donetsk 

Après avoir retrouvé nos camarades restés au polygone nous rejoignons le terrain désormais familier de nos entrainements, bordé de terrils et parsemé de lisières et de champs...


Les exercices tactiques continuent de transformer en réflexes individuels et collectifs, les actes élémentaires du fantassin qui souvent ne doit sa survie qu'à la rapidité de gestes et de comportements tactiques simples et logiques mais qui ne sont efficaces que conditionnés par des exercices répétés à l'infini.

De mon côte je pars avec mon SVD pour affiner observation et estimation sur des distances diverses et qui changent de celles très courtes auxquelles nous sommes habituées sur le front du Donbass où la plupart de nos postions sont à moins de 500 mètres des avants postes ukrainiens.

Erwan Castel

Les autres extraits de mon journal du front, le lien ici : Journal du front


samedi 29 juin 2019

Le concert des gros calibres

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La mitrailleuse soviétique NVS, "Utyos" créée en 1969 en remplacement de la mitrailleuse DShK, tirant toujours le calibre 12,7 × 108 mm. Sa portée est de 2000 mètre et son poids de 25 kg, elle est équipée d'une lunette de tir grossissement 8 qui lui offre avec son trépied une précision de tir remaquable. Depuis 1998, en Russie, cette mitrailleuse est remplacée par la mitrailleuse "Kord" du même calibre et encore plus performante.

Sur le polygone de tir où la brigade Piatnashka poursuit ses entrainements, les gros calibres du bataillon nous ont offert un concert sur le pas de tir, ce vendredi 28 juin 2019. 


Avec des mitrailleuses lourdes "Utios", ou "DShK", mais aussi des PTRD, ces aïeux de la seconde guerre mondiale toujours alertes et opérationnels, nos tireurs d'appuis ont réalisé des tirs de précision aux calibres 12.7mm et 14.5mm.



Samedi 29 juin 2019

N'en déplaise aux propagandistes occidentaux qui prétendent que l'armée russe moderne est ici présente, toutes ces armes d'appuis qui sont servies par des volontaires sont en fait des grands pères soviétiques récupérés sur les vieux stocks ukrainiens lors des premiers mois de la guerre, tout comme les véhicules blindés entretenus et même réparés pour certains par des vétérans de l'URSS les ayant servi durant les campagnes de Géorgie, de Tchétchénie et même d'Afghanistan.

Le PTRD soviétique de calibre 14,5 mm x 114 est un fusil antichar de la seconde guerre mondiale d'une portée de 3000 mètres, dont la production a été arrétée au lendemain de la guerre mais qui s'avère toujours efficace aujourd'hui contre les véhicules blindés d'infanterie et les postiions fortifiées. Pour son utilisation sur le front de Yasinovataya voir l'article ici : Un dinosaure au combat

C'est avec ces armes et matériels d'une autre époque, que les défenseurs du Donbass tiennent tête depuis 5 ans à cette armée ukrainienne supérieure en nombre, encadrée par des instructeurs de pays occidentaux comme le Canada ou les USA qui lui fournissent des missiles antichars et fusils de tireurs d'élite "up to date" !

Ces armes, dont les dates gravées dans l'acier appartiennent à l'Histoire, restent plus que performantes et continuent avec succès à servir ici la défense des peuples de Russie, prouvant s'il en était besoin que la première qualité d'une arme est la motivation de son tireur.

Erwan Castel

Les autres extraits de mon journal du front, le lien ici : Journal du front

La mitrailleuse lourde DShK dite "Douchka" (chérie) est une arme d'appui et antiarienne concue en 1938. D'un poids de 36 kg (157 avec son affut à roue) cette mitraillause tire des munitions de calibres 12.7 x 108mm jusqu'à 5-6000 mètres (portée pratique 2000).
En Russie elle a été remplacé en 1969 par la mitrailleuse "Utios" (puis "Kord"en 1998)

jeudi 27 juin 2019

Photos du 27 juin

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A l'Est de Donetsk sur le polygone de Torez, la brigade internationale Piatnashka, formant aujourd'hui le 2ème bataillon du régiment de Donetsk, continue ses entraînements sous le soleil de juin.

Aujourd'hui, tandis que le mercure se lançait à nouveau dans l'ascension des 35°, nous avons eu le plaisir de nous entraîner dans l'ombre d'une "zilonka", une de ces innombrables forêts linéaires qui marquent l'anthropisation du Donbass, entre terrils miniers et fermes agricoles...



Au programme, progression silencieuse sur itinéraire piégé, commandements et communications aux gestes, observation, marquage des pièges, sécurisation etc...

Observant notre départ matinal devant une gamelle déjà vidée, le jeune Blinou prend un bain de soleil en attendant notre retour et de se faire à nouveau cajoler par tous.

Erwan Castel

Les autres extraits de mon journal du front, le lien ici : Journal du front


mercredi 26 juin 2019

Photos du 26 juin

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Aujourd'hui un soleil de plomb est revenu sur le plateau du polygone de Torez où la brigade Piatnashka poursuit ses entraînements et exercices avant de repartir sur ses positions sur le front du Donbass.

Ce matin par exemple, nous avons effectué des lancers de grenades offensives à partir d'une tranchée semblable à celles que nous creusons et défendons depuis 2 ans sur le front de Yasinovataya, au Nord de Donetsk.


Au dessus de nos têtes des 122mm d'un peloton d'obusiers automoteurs à l'entraînement passaient  régulièrement en sifflant, venant fleurir l'horizon des carcasses de leurs panaches de fumée, tandis que des chars d'assaut et véhicules de combat d'infanterie complétaient derrière nous l'ambiance d'une guerre en mouvement....

Nous attaquons gaillardement notre 3ème semaine près de Torez pour des manoeuvres qui ont avalé ce mois de juin comme un anaconda affamé....

Erwan Castel

Les autres extraits de mon journal du front, le lien ici : Journal du front


mardi 25 juin 2019

Photos du 25 juin

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De retour sur le polygone de Torez, nous continuons nos entraînements et exercices tactiques sur des standards d'infanterie très proches de ceux de l'OTAN, même si la progression pédagogique est ici "surprenante" (heureusement que beaucoup ont déjà l'expérience du front pour traduire les procédures)...

Après la canicule des derniers jours, une couverture nuageuse basse et humide est venue nous aider à mieux supporter une chaleur toujours élevée (30°env).

Du front nous parviennent des nouvelles  de bombardements et accrochages réguliers sir une ligne du front qui tient toujours le choc, comme sur nos positions que tiennent nos camarades nous ayant relevé temporairement sur le front de Yasinovataya.


Mais cette guerre, bien que présente quotidiennement dans les actes et les pensées de chacun, n'est que très rarement le coeur des conversations...

...comme si elle était devenue après 5 années de sang et de larmes, un élément naturel de l'environnement quotidien du Donbass....

Erwan Castel

Les autres extraits de mon journal du front, le lien ici : Journal du front


jeudi 20 juin 2019

"Le combat de demain"

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Ce matin, aux premières lueurs de la journée, nos chars de combat partant à l'exercice ont envahi de leurs grondements et d'une poussière réveillée le campement de notre Brigade Piatnashka toujours à l'entraînement dans l'Est de la République Populaire de Donetsk.


Jeudi 20 juin 2019

Devant ces tonnes d'acier remuant la terre desséchée des chemins du Donbass, me sont revenues en mémoire, au vu des gueules des canons triomphants émergeant de la colonne de poussière, les paroles d'un chant ayant rythmé dans une autre vie mes pas cadencés et mes rêves de jeunesse :

"(...)
Tous sont morts 
Et leurs casques rouillés dans le vent 
Veillent sur mille tombes fleuries
Dans la steppe au lointain, 
Nos chars rythment en grondant
Le refrain de la grande patrie.
(...)" (Le combat de demain)

Le commandant Hélie Denoix de Saint Marc disait que "de toutes les vertus, la plus importante est le courage, les courages (...) et surtout celui dont on ne parle pas et qui consiste à être fidèle à ses rêves de jeunesse !" (Lettre "Que dire à un jeune de 20 ans).

Aujourd'hui, je dois concéder que mes rêves de jeunesse, pétris d'histoires homériennes, de légendes bretonnes et de chants traditionnels divers ont trouvé ici leur premier écho réel dans le combat pour la Liberté mené par le peuple du Donbass...

Alors que l'Occident, putréfié par une aliénation totale à la marchandise totalitariste, a rejoint la meute des incendiaires mondialistes, le monde russe avec ses alliés résiste à cet esclavage du fric et, au delà de la défense de ses peuples, leurs traditions et intérêts, protège finalement aussi les valeurs fondatrices communes de notre civilisation européenne.

Mais si je reste confiant dans la victoire finale des peuples natifs européens, je ne pense pas malheureusement que leur libération des carcans princiers et banquiers puisse se réaliser sans souffrance ni sacrifice.

Voilà pourquoi nous devons nous préparer tous à cet inévitable "combat de demain"...

Erwan Castel



Les autres extraits de mon journal du front, le lien ici : Journal du front

mercredi 19 juin 2019

Photos du 19 juin

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La Brigade Piatnashka continue ses exercices et entraînements sur le plateau brûlant de Torez, où les seuls nuages sont ces nuées de poussière que soulèvent les véhicules et chars de combat sillonnant sans cesse les pas de tir.


Mardi 19 juin 2019

Aujourd'hui, les servants des fusils d'assaut et des mitrailleuses légères ont travaillé par binômes, la précision du tir, la gestion des munitions et la permanence du feu.

Sur d'autres pas de tir, d'autres groupes affinaient les réglages de leurs armes ou lançaient des grenades offensives...

Malgré le soleil estival, les cris des faisans s'abritant derrière nous, l'éloignement des tranchées bombardées, j'observe autour de moi ces détails qui caractérisent les soldats formés sur le front et dont l'esprit reste toujours au combat: l'arme toujours à portée de la main, les rubans ici et là pour neutraliser les cliquetis métalliques, les gestes mesurés, rapides et sûrs et ces regards toujours attentifs au terrain, aux mouvements à l'entour et aux camarades...



Au zénith, l'air est tellement brûlant qu'il fait trembler les horizons autour de nous, tandis que nous tirons nos dernières munitions et gorgées d'eau tiède...

Lorsque nous rentrons vers le campement situé à 2 kilomètres, treillis empoussierés et collés à la peau, un orage de chaleur tourne au dessus de nos têtes confiant au vent naissant sur la steppe une fraîcheur bienvenue...

Puis c'est le repos du soldat que rythment dans l'ordre les nettoyages des armes, des corps et des équipements, avant un repas frugal. Puis cest une nouvelle et désormais traditionnelle plongée dans l'eau fraîche de la carrière voisine et le déploiement sur des tables improvisées et garnies de thés fumants, des jeux de cartes, des rires et des dominos....

Erwan Castel



Les autres extraits de mon journal du front, le lien ici : Journal du front

mardi 18 juin 2019

Check Point, Block post and Co

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Aujourd'hui sous un chaleur chaque jour croissante, nous avons abordé l'organisation et la tactique du "Block post" même si cette dernière n'apparaît pas immédiatement aux yeux du soldat qui est assigné à cette mission plutôt rébarbative, car située entre mission de police répétitive et mission militaire fixe.

A l'issue de cette formation un regard différent est porté sur ces missions ingrates mais qui apparaissent encore plus comme des points d'appuis d'un dispositif de défense vital et efficace...



Quiconque qui se déplace dans le Donbass voyant son temps de trajet multiplié soit par les détours s'éloignant de la ligne de front, mais aussi ces nombreux postes de contrôles doit comprebdre qu'ils fixent le maillage d'un contrôle de zone au milieu de laquelle sont déployées des unités défensives et des unités de réaction rapide capables de réagir à une infiltration ennemie repérée par eux.

La guerre dans le Donbass se déroule dans un environnement où continue de vivre et travailler une importante population civile, qu'il faut à la fois protéger et contrôler tant son activité peut être autant la cible directe que le vecteur involontaire d'opérations ukrainiennes offensives.


Près de 30 ans après la chute du "rideau de fer", les check-points, block-posts et autres points de contrôle sont toujours d'actualité dans notre monde en folie, et même en constante augmentation, sur les frontières des républiques séparatistes (Ossetie, Transnisstrie, Karabagh, Abkhazie, Donbass...) sur le mur de Gaza ou la frontière Sud-libanaise, dans les zones militarisées d'Irak, d'Afghanistan, de Libye..., autour des ambassades sensibles ou des bases d'occupation etc...

Jamais l'universalisme droitdel'hommiste de la ploutocratie internationale n'a montré autant son vrai visage qu'à travers cette toile d'araignée de barbelés, de mines et de mitrailleuses qui émergent dans le sillage de son hégémonie militaro-industrielle.

De Mariupol à Lugansk, les block-posts témoignent chaque jour par les longs flux et reflux de civils menacés par des échanges de tirs, de la réalité de cette guerre civile provoquée par un Maïdan qui en désintégrant définitivement l'unité fragile de L'Ukraine a déchiré le Donbass entre un territoire soumis à la botte militaire et des républiques, certes libres, mais soumises depuis 5 ans à un blocus et des bombardements insensés.

Erwan Castel


Les autres extraits de mon journal du front, le lien ici : Journal du front