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samedi 17 février 2018

Petite vérité contre gros mensonge !


Tiens tiens ! voilà France 24, une fois n'est pas coutume qui vient diffuser un reportage somme toute assez honnête (ne faisons pas les difficiles) sur la situation de la population du Donbass déchirée par une ligne de front et l'indifférence méprisante du gouvernement de Kiev concernant le sort de ces dizaines de milliers de civils pris entre le bélier atlantiste et la muraille russe.

Mais cela doit bien cacher quelque chose de la part de ce média serve tant affidé à la propagande de guerre occidentale....

Et hop ! en effet à la fin du reportage la rédaction de France 24 ne peut s'empêcher de nous jouer la sérénade propagandiste de l'invasion de l'armée russe dans le Donbass.

Non seulement dans sans cette conclusion russophobe, le reportage globalement à charge contre Kiev, aurait été refusé, mais il est probable que toute la vérité avouée en première partie ne serve qu'à mieux faire avaler la couleuvre finale.

Pour appuyer l'accusation de cette présence de soldat russes dans le Donbass, le témoignage d'une infirmière qui travaillait à l'hôpital de Dokuchaïevsk et que j'ai même eu l'occasion de croiser fin 2015 dans cet établissement hospitalier.

Yelena Delville à retrouvé une interview plus complète de cette femme qui a été arrêté pour "intelligence avec l'ennemi" et expulsée vers l'Ukraine lors du dernier échange de prisonniers.

Voici le lien de son interview : http://gordonua.com/…/eks-zalozhnik-boevikov-medsestra-gaev…

Sur quoi repose les allégations de cette femme ?

En fait sur le vent du mensonge !

Pour preuve comme "soldat russe" en mission dans le Donbass cette pro ukrops cite Alexandre Nabiev, un volontaire russe qui servait en 2015 dans le même groupe que d'autres volontaires russes, locaux, espagnols, belges, irlandais et français dont moi-même.

Or "Sacha" s'il a été effectivement servi 3 années dans l'armée russe lorsqu'il avait 20 ans, il a surtout été ensuite 10 ans dans la Légion étrangère en France avant de retourner en Russie comme civil, puis de rejoindre en 2015 notre unité dans la 5ème brigade des forces de la République Populaire de Donetsk...

Voir concernant cet homne exceptionnel dont je profite de ce post pour le saluer un article que j'avais écrit ici en novembre 2015 : 
http://alawata-rebellion.blogspot.com/…/alexandre-la-pierre…

Grièvement blessé le 25 décembre 2015 (http://alawata-rebellion.blogspot.fr/…/un-bien-triste-noel.…) Aleksandr a été hospitalisé à l'hôpital de Dokuchaïevsk où il a été amputé d'une partie de sa jambe gauche. Aleksandr à continuer à servir dans les forces républicaines plusieurs avant de retourner chez lui à Tchelabiensk.

Nous avons donc ici affaire à une technique de manipulation mentale classique combinant vicieusememt la Vérité pour mieux paraître honnête, avec dans une conclusion (partie restant prioritairement dans les mémoires du public) un fantasme propagandiste fondée sur un témoignage fallacieux d'une russophobe fanatique...

Erwan Castel

Source de l'article : France 24

Ukraine : que reste-t-il de l'accord de cessez-le-feu avec la Russie ?
Dernière modification : 12/02/2018

Par Gulliver CRAGG , Aude SOUFI


Il y a trois ans, Moscou et Kiev scellaient les accords de Minsk, censés mettre fin au conflit à l’est de l’Ukraine entre séparatistes pro-russes et forces pro-gouvernementales. Mais la guerre continue. L'année dernière, environ 190 soldats et 85 civils ont été tués côté ukrainien, selon l'armée ukrainienne. Coupés du reste du pays par une frontière dure, les habitants de la zone de guerre se sentent délaissés par Kiev. Notre correspondant a voyagé avec le CICR sur la ligne de front.

Une émission préparée par Patrick Lovett et Laura Burloux

jeudi 7 janvier 2016

Vers de nouveaux horizons

Au front dans les nuits glacées,
les volontaires internationaux du Donbass

A bord d'un camion "Oural" qui nous ramène d'un mission sur le front, l'horizon ukrainien s'éloigne à travers les ornières figées par le froid (Photo Laurent Brayard)
Nous nous apprêtons a quitter le front Sud de Donetsk, après plus de quatre mois de missions de reconnaissance sur une ligne de front d'environ 25 km de long...

Au cours de ces 4 mois, la section s'est étoffée, aguerrie, et les derniers volontaires connu le baptême du feu au cours d'accrochages et de bombardements ukrainiens. Nos missions de reconnaissance nous ont plongé dans un univers silencieux où le temps et l'espace semblent figés par le froid et le danger... 

Le terrain d'opération des razvedkas est difficile à décrire à celui qui n'a jamais engagé sa vie dans l'inconnu de cette zone grise, qui semble être le royaume de la Mort et du Hasard, dansant devant les pas prudents des hommes avançant au milieu des champs de mines et des guetteurs ennemis... Dans cet univers secret, pas de combats hollywoodiens, qui étonnent et détonnent les chroniques de guerre, pas même de comptes rendus ou récits popularisant le quotidien des défenseurs du Donbass, rien qui attire les amateurs de sensationnel, car ici l'expérience est d'abord intérieure et forge les âmes plus que les corps...

Cette fin d'année fut éprouvante mais aussi initiatrice pour notre groupe de combat : la tension de cette trêve violée quotidiennement par Kiev mais qui nous force à subir avant de pouvoir réagir, la difficulté des missions menées avec peu de moyens et beaucoup d'inconnues, les assauts violents du Général Hiver qui en quelques jours nous plonge dans une atmosphère sibérienne (avec des nuits à - 25°) à laquelle nous ne sommes pas habitués...
Mais surtout ce sont les lourdes pertes subies par le groupe en moins de 3 semaines par le feu des mines, ces pièges implacables et lâches, fauchant les 1er et  24 décembre 2 chefs de groupe, tuant Dietrich et mutilant Aleksandr (voir le lien ici : Un bien triste Noel). Ces pertes ont marqué les esprits en personnifiant d'une manière intime la dure réalité de la guerre moderne où les meilleurs d'entre nous peuvent tomber devant l'inhumanité de ces petites boites plastiques cachées sous la neige.

Pour Sacha, les épreuves donnent à la Vie qui continue,
encore plus de sens sacré 
(Photo Laurent Brayard)
Demain, notre groupe restera uni au delà des chemins différents qu'inévitablement un jour certains emprunteront, répondant à l'appel de leur destinée, ou simplement à la fatigue de longs mois passés sur le front du Donbass, car l'aventure humaine vécue ici ensemble est une forge d'où nos âmes sortiront soudées pour toujours. 
En attendant, la vie et surtout notre devoir, tous deux librement choisis, continuent à nous offrir cette expérience unique et intérieure et la possibilité de donner un sens à nos actes. Bientôt quelques jours de repos bien mérités sur Donetsk avant de repartir vers un nouveau secteur du front et de nouvelles missions...

Au cours de ces dernières semaines, nous avons accueilli des reporters et des photographes désireux de témoigner de notre petite présence sur le long front du Donbass. Guillaume Chauvin, photographe passionné par la vie militaire qui est revenu pour la deuxième fois en un an à notre rencontre et partager quelques jours de notre aventure humaine, et bien sûr, Laurent Brayard notre fidèle ami, volontaire lui aussi et engagé à Donetdk sur le front de l'information au sein de l'agence Internationale DONi dirigée par Janus Putkonen...

Laurent qui s'est proposé de nous suivre dans nos actions militaires ou humanitaires est venu nous rendre visite sur une position d'observation, au contact des lignes ukrainiennes. 

Une courte visite quelque part sur le front sud de Donetsk, mais que le froid a rendu intense...

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya




"Ils sont une poignée, quelques dizaines peut-être, ils viennent de tous les horizons, de Russie bien sûr, mais aussi surtout de Serbie, d’Espagne, de France… oui de France, ils sont une douzaine, deux sont en attente d’incorporation, deux autres sont en approches du Donbass. Autour d’eux et avec eux se trouvent aussi quelques Finlandais, Brésiliens et autres Sud-Américains, Italiens, Catalans, Grecs, un Indien perdu au milieu de la communauté du Donbass, j’ai même entendu parler d’Asiatiques que je n’ai encore jamais rencontrés, cela viendra peut-être. Le froid est polaire, dans une position arrière où je viens de passer la nuit, j’accompagne un groupe de volontaires qui viennent au petit matin relever leurs camarades.

Je n’ai pas la chance de rester la nuit suivante sur la ligne du front, l’atmosphère est pesante, le froid prend à la gorge, le paysage est saturé par la neige, le véhicule qu’il a fallu réchauffer démarre en pétaradant expulsant une fumée noire et âcre. Les soldats jettent leurs sacs dans le camion, ils emportent aussi la ration d’eau potable pour la relève, environ 30 litres. Nous ferons à peine deux kilomètres brinqueballés en tous sens. La route est défoncée mais plus praticable, tout le terrain a gelé, il serait propice à une offensive. En cheminant, je pense que dans le paysage, le camion qui se détache doit faire une très belle cible, il n’est pas camouflé hiver. Nous atteignons bientôt la position, tout est pris dans les glaces, le repos des hommes est une sorte d’ancienne usine, les lieux sont criblés d’éclats d’obus, de balles, de graffitis des soldats. Nous les trouvons couchés et emmitouflés dans des duvets, les têtes sont hirsutes et hagardes.

La nuit a été dure assurément, le thermomètre affiche ce jour-là – 15 °C, les toilettes improvisées n’émettent plus à cette température d’odeurs désagréables, des boîtes de conserve sont éparpillées ici et là, la boîte de singe du Poilu, elle n’inspire ici moins que confiance… il y en a deux sortes, le fameux « Pachtet », sorte d’improbable pâté de foie, sans pâté et sans foie, ainsi que le « Touchon ou Touchonka ». Il y a eu des bivouacs et des bases où j’ai vu quand même un ordinaire bien meilleur que celui que je découvre ici. L’ambiance est lourde, ceux qui viennent de passer une nuit dans les tranchées voudraient dormir, les autres qui sortent de la base ne sont pas pressés au vu des conditions climatiques de prendre la relève. Les tranchées sont à deux pas, il est interdit de photographier. Des débris sont épars ici et là, la neige recouvre le tout donnant une bizarre impression d’un relief tourmenté. La région pourtant est presque un billard, quelques terrils sont autant de points d’appuis et d’observations, le terrain comporte parfois des chemins creux, quelques étangs ou mares avec les inévitables marécages annoncés par des roseaux.

La relève se fait dans la grogne mais tout ce petit monde doit repartir, ils se reposeront plus tard. Le camion est plein au retour, sacs, matériels, armes et les hommes. Monter dans l’engin est déjà une acrobatie, mais un tel camion est capable d’affronter toutes les températures et tous les terrains. Depuis l’âge du moteur les Russes ont toujours su créer de robustes véhicules, à n’en pas douter la totalité du parc automobile de l’Armée française serait paralysé dans de telles conditions et elles iront en s’aggravant, les jours suivants, les températures chutent à – 21 °C. Je connais déjà ce cap de longue date, mais la plupart des hommes qui sont ici connaissent pour la première fois de telles températures et je n’aurais pas à affronter des nuits entières la froideur excessive qu’ils doivent endurer. Le froid use les âmes et les corps, malgré les apparences, les locaux sont aussi touchés, beaucoup de Russes sauf les volontaires Sibériens ou des parties les plus septentrionales de la Fédération de Russie sont aussi en souffrance.

Les Français sont là, ils m’impressionnent tout de même, Tonio trouve la force de plaisanter, lui l’homme du Midi. Un autre ; le plus jeune de la troupe, pas même 19 ans ; montre peut-être le plus de courage et d’entrain. C’est lui pourtant qui doit porter l’arme la plus lourde du groupe, un fusil-mitrailleur avec ses boîtes de cartouches. Nous rentrons à la base par le même chemin, les volontaires devront aller se procurer de l’eau chez une grand-mère, leur voisine. Comme partout les animaux de compagnie entourent les soldats. La section d’Erwan possède trois chiens et un chat, ils suivent le groupe partout. Le plus jeune des chiens est encore un chiot, il pleure, il a compris que l’intérieur du campement est autrement plus confortable que sa niche ! L’arrivée de la troupe est toutefois une joie pour eux, promesse de quelque nourriture ou d’une friandise.

Je laisse les camarades avec la sensation que leurs conditions sont sans doute parmi les plus terribles du front. J’ai vu de nombreux camps, des positions, ailleurs, sur la ligne de Donetsk, au Sud, au Nord, je repars en étant fier du courage qu’ils ont à affronter le général hiver, mais aussi bien sûr l’ennemi, l’unité a subi des pertes, de lourdes pertes ces trois dernières semaines. Je rentre dans mon logis au chauffage indigent, toutefois une quinzaine de degrés c’est déjà un luxe inouï, car au front les volontaires étrangers, les volontaires français vont devoir compter encore pendant de nombreuses semaines avec l’hiver. Cette année, il s’annonce hélas exceptionnel dans le Donbass. La nature fait bien les choses… les Ukrainiens n’y échapperont pas. Il est étrange alors de penser, que tant en 1812, qu’en 1941 et que probablement cette année, les hivers avaient été terribles et annonciateurs des déroutes… pour l’imprudent occidental venu troubler l’Ours slave."

Laurent Brayard, volontaire français, journaliste  pour DONi.Press

Source de l'article

Site DONi Press, le lien : ICI

vendredi 1 janvier 2016

Meilleurs voeux 2016

Garder la Foi et l'Espérance


Je vous adresse à toutes et à tous mes plus chaleureux remerciements pour votre soutien fidèle et actif aux volontaires du groupe, et vous adresse pour vous et vos proches mes meilleurs voeux pour la nouvelle année 2016.


Photo Guillaume Chauvin
Pour notre groupe de volontaires déployé sur le front, l'année 2015 s'achève dans la tristesse et l'attente. 

La tristesse tout d'abord d'avoir perdu Dietrich, un camarade tué par une mine au cours d'une mission le 1er décembre, suivi le jour de Noël d'Aleksandr, grièvement blessé dans les mêmes circonstances. Nos pensées vont à la famille de notre camarade disparu et nos encouragements à notre ami pour qui 2016 va être l'année d'un nouveau combat pour retrouver sa liberté avec une prothèse réparatrice.
L'attente ensuite sur un front suspendu entre la guerre et la paix mais qui, tel un minotaure continue de réclamer sa dose quotidienne de larmes et de sang. Cette attente est pire que le froid de l'hiver qui paralyse les corps ou le feu des canons qui anime le sol autour de nous, c'est un poison qui lentement peut éteindre l'attention de la sentinelle.

Si 2014 fut l'année de la rébellion, 2015 aura été celle de la résistance, et les jeunes Républiques ont confirmé leur qualité de "laboratoire du futur" dans lequel un Peuple tout en étant fidèle à ses traditions défend les armes à la main sa liberté de pouvoir choisir son destin dans une vision sociétale créatrice nouvelle, épurée des errements et dérives du passé. Désormais les jeunes Républiques sont écloses et grandissent chaque jour en force et en beauté, malgré cette armée de soudards grouillant au pied de leurs remparts

2016 doit être l'année de la Liberté et de la Paix, pour les Républiques du Donbass, mais aussi pour leurs territoires occupés écrasés sous la botte des bataillons ukrainiens, mercenaires étrangers, fanatiques néo-nazis ou conscrits forcés, tous à la solde d'un l'impérialisme étasunien esclavagiste...

Cette Victoire qui ne sera assurée qu'après l'effondrement inévitable du régime totalitaire installé à Kiev par la ploutocratie mondialiste, sonnera la reconquête de l'Europe par ses peuples natifs et la disparition d'un Nouvel Ordre Mondial hégémonique et amoral.
En attendant, il nous faut protéger avec ténacité mais aussi avec patience cette promesse d'avenir née ici grâce au courage et à l'abnégation de ce peuple héroïque du Donbass car, en défendant les marches du monde russe ces femmes et ces hommes défendent aussi les libertés fondamentales des autres peuples d'Europe et leur offre par l'exemple un message d'espoir.

Voilà pourquoi, au nom de toutes celles et ceux qui sont tombés depuis 2 ans sur cette terre noire du Donbass pour défendre la Liberté, il nous faut garder la Foi et l'Espérance, et continuer le combat jusqu'à la Victoire !

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya



Dietrich, tué au combat le 1er décembre 2015, un homme et un chef de groupe de grande valeur dont le grand coeur n'avait d'égal que son courage et son humilité.  

"Que le souvenir des morts soit la force des vivants !"

Photo Guillaume Chauvin
Nous souhaitons à notre camarade Aleksandr, qui continue par delà sa blessure a nous offrir un exemple de dignité et de courage, un rétablissement physique pour qu'il continue son chemin d'Homme libre... 

2016 l'année de toutes les victoires !

__________


Ce qui n'a pas encore été fait dans le Donbass 
et ce qui doit être fait en 2016



"Depuis l'hiver 2014, les événements en Ukraine se sont déroulés à une vitesse kaléidoscopique: un coup d'état à Kiev, des manifestations anti-nazies pacifiques dans les villes de la Nouvelle Russie, les premiers affrontements, l'escalade de la violence et les "unités d'auto-défense du Maïdan" faisant le tour du pays. Les "hommes polis" en Crimée et le "Printemps russe" dans tout le Sud-Est, l'émergence des punisseurs ukrainiens, la tragédie d'Odessa et la chute de Kharkov, et puis le début de l'opération anti-terroriste, la proclamation de l'indépendance du Donbass et la guerre…

Suite à l'évolution des événements, les idées sociales dominantes ont elles aussi évolué: le soutien aux autorités légitimes, la fédéralisation de l'Ukraine, l’indépendance du Sud-Est, rejoindre la Russie…

Ces événements nous ont guidé tout le long, et il n'était pas possible de s'arrêter et de réfléchir, de faire des plans sur le long terme pour le futur. Et parfois la questions se posait de savoir si nous avions même un futur.

La première année et demie d'existence de la RPD a été une période de survie à la fois pour le jeune état et pour les gens ordinaires. Maintenant il est déjà clair que l'état a prévalu, même si l'agression ukrainienne et le blocus ont infligé un coup terrible à la région de mineurs. Maintenant nous pouvons voir ce que nous avons laissé et ce à quoi nous devrions aspirer.

Commençons par les choses tristes. Si en 2013 Donetsk était juste derrière Kiev en terme de niveau de vie, maintenant, le revenu de ses résidents a considérablement diminué. Ainsi, les autorités de la République vont devoir travailler dur pour restaurer l'économie. Cependant, il y a de nombreux obstacles ici, comme l'instabilité de la situation, la situation politico-militaire complexe et, le plus important, le fait que l'enthousiasme au travail des résidents du Donbass a fortement diminué et leur motivation est proche du zéro. Beaucoup d'entre eux sont fatigués et ont perdu la foi. Même ceux qui travaillent, sans même parler des retraités, ont à peine assez d'argent pour le strict nécessaire.

L'aide humanitaire améliore un peu la situation, mais elle ne peut pas couvrir tous les besoins de la région, et il est impossible de vivre de subventions à vie.

Ainsi, les autorités et les entreprises ont beaucoup à faire pour neutraliser les effets du blocus, créer de nouvelles chaînes de production, trouver des clients à l'étranger, construire le système bancaire… En fait, ce travail est déjà en cours, mais il faudra beaucoup de temps et d'efforts pour normaliser la situation.

Un autre problème du peuple du Donbass c'est l'effondrement des espérances. Au début du "Printemps russe” tout le monde espérait un scénario comme celui de la Crimée, et il y avait toutes les raisons pour de tels espoirs. Les gens espéraient des salaires du même niveau d'en Russie mais, en fait, ont perdu même ce qu'ils avaient du temps de Ianoukovitch. Les prix montant en flèche et les bas salaires ont provoqué une dépression sociale et de la déception. Les gens sont épuisés mentalement et physiquement. Il n'y a pas de famine, mais il n'y a pas de prospérité. Il n'y a pas de guerre, mais il n'y a pas de paix. En conséquence, l’enthousiasme de 2014 s'est évaporé. Ainsi, nous devons commencer la renaissance de la région par le peuple, sans qui nous ne pourrons pas construire une nouvelle société, peu importe ce qui est écrit sur le papier. Il est nécessaire de maintenir et de renforcer leur foi en la victoire.

Bien que nous devions admettre qu'il s'est avéré y avoir bien plus de combattants loyaux envers le Donbass que ce que nous pouvions imaginer avant la guerre. Aujourd'hui, des milliers de gens du Donbass risquent leur vie dans l'armée et sont prêts à combattre pour la victoire mais, de même, à cause des difficultés à l'arrière, beaucoup sont épuisés et déprimés.

Bien sûr, l'expérience historique du peuple Russe montre que, même sans argent, vous pouvez faire renaître votre pays de ses cendres et construire un nouveau monde. Néanmoins, pour bâtir un pays sans argent vous avez besoin d'une idée unissant et mobilisant tout le peuple. Jusqu'à présent, l'idée principale du Donbass était de combattre l'abomination qu'est le nationalisme ukrainien. Maintenant, il est temps de passer du combat contre quelque chose au travail pour quelque chose. Nous avons besoin d'objectifs concrets qui pousseront la société à atteindre un but positif commun.

Que devons-nous faire? Les gens ont besoin de croire à l'inéluctabilité de la victoire, il est nécessaire de leur faire sentir, même un peu, les avantages de cette nouvelle vie. La lutte constante pour la survie, l'incapacité de se déplacer librement, le manque d'argent, etc conduit la majorité de la population à la méfiance et aux rumeurs internes. Souvenons-nous de ce que Staline a fait dans les difficiles années d'après-guerre – il diminuait les prix de la nourriture, même de cinq kopecks, même d'un kopeck. Et cela donnait au peuple la foi en une vie meilleure, un espoir pour le futur, et la volonté de supporter les difficultés.

En RPD nous devons agir de la même façon, par des améliorations petites mais régulières de la situation. En outre, nous devons informer les citoyens de la République des ouvertures d'entreprises, des restaurations d'infrastructure, etc, afin qu'ils sachent que la vie ne s'est pas arrêtée, que nous surmontons progressivement la dévastation d'après-guerre.

Nous avons déjà surmonté beaucoup de difficultés et nous allons faire face à tout le reste; le point principal est de ne pas abandonner à mi-chemin. Après tout, la libération du cauchemar ukrainien vaut le prix que nous payons pour elle. Je pense qu'il est opportun de rappeler les paroles de Ivan Prikhodko, l'actuel chef de l'arrondissement de Kouïbychev, "Avant d'abandonner, rappelez-vous pour quoi vous avez commencé!".

Nous avons commencé pour restaurer le monde russe déchiré par les frontières. Nous avons rejeté le régime nécrophile de Kiev et sommes partis sur le chemin de la lumière. Et nous allons suivre ce chemin jusqu'au bout.

Selon une théorie, la vie organique sur Terre serait née dans la «soupe primordiale» constituée d'eau, d'acides aminés, de polypeptides, de bases azotées, nucléotides et d'autres composés chimiques. Sous l'influence de décharges électriques, de la chaleur et du rayonnement cosmique, les composés chimiques les plus simples se sont combinés en molécules complexes qui sont ensuite devenues des composés organiques, donnant ainsi naissance à la vie qui existe sur la planète.

Aujourd'hui, le Donbass ressemble à une espèce de "soupe primordiale" sociale. Après le renversement de Ianoukovitch, toute la structure politique et sociale du Donbass s'est retrouvée paralysée puis complètement détruite. En conséquence, les processus économiques, sociaux et politiques sont devenus chaotiques et imprévisibles. Différentes forces, parfois concurrentes et parfois en interaction, ont essayé de construire une nouvelle réalité, et petit à petit s'est formée la structure sociale primaire de la nouvelle société, qui a abouti au "Printemps russe" et à la création de la RPD. Pour le peuple du Donbass, ces processus se sont avérés économiquement et mentalement difficiles mais pas fatals, comme les partisans de la junte l'espéraient.

Et maintenant nous entrons graduellement dans une nouvelle étape de notre histoire – la renaissance de la région. Personne ne dit que nous allons atteindre facilement et rapidement le niveau de vie d'avant-guerre, mais avec chaque mois qui passe notre vie sera meilleure.

À long terme, le Donbass surmontera toutes les difficultés et sortira du feu de la guerre trempé et purifié des souillures!"


Sergueï Bountovsky, écrivain, historien, Donetsk

Sources de l'article :

- Site DONi news, le lien : ICI

jeudi 24 décembre 2015

Un bien triste Noël

Aleksandr grièvement blessé 

Aleksandr, en compagnie de Dietrich, tué par une mine le 1er décembre dernier
Récemment un sapeur venu nous instruire, nous rappelait que le meilleur soldat du monde sera toujours vaincu par la plus petite mine sournoise tapie dans les plis de la nature...

Ce matin, Aleksandr qui sans conteste fait partie de l'élite, a sauté sur une mine antipersonnelle, 24 jours après que son camarade Dietrich ait été tué par une autre mine le 1er décembre dernier. Parti reconnaitre des futures positions d'observation avec un groupe du bataillon Sparta, "Apach",  pourtant en 4ème position dans la colonne a marché sur une mine de type "PMN" provoquant l'arrachement de son pied gauche.

Aussitôt évacué par ses camarades sur l'hôpital de la petite ville près de laquelle nous sommes déployés, notre camarade a subi une longue intervention chirurgicale de 5 heures au terme de laquelle l'amputation inévitable a pu être limitée au milieu du tibia gauche...

Je salue ici le dévouement de l'équipe de médecins et d'infirmières qui malgré des conditions matérielles épouvantables ont su soigner notre camarade et ami avec professionnalisme et rapidité. Ces femmes et ces hommes en blouse blanche ont choisi de rester à leurs postes malgré la proximité du front (l'hôpital où a été évacué Aleksandr a été bombardé plusieurs fois), les menaces lancés contre eux par les autorités ukrainiennes, et les moyens d'opérer souvent obsolètes voire disparus du fait de la rupture des approvisionnements et de nombreux budgets ainsi que des services de maintenance.

Dans l'après midi, à son réveil, nous avons pu saluer "Apach", qui sur son lit de douleurs trouve encore la force de plaisanter et de sourire à la Vie, continuant à nous offrir ainsi un exemple de courage et de dignité "magnifiques", pour reprendre une de ses expressions favorites...

Désormais une chaîne de solidarité initiée par l'unité et ses amis est engagée pour que notre camarade reçoive les meilleurs soins et la meilleure prothèse afin de pouvoir continuer a servir sa destinée d'homme libre... 

De cette journée de Noël nous nous devons tous de retenir avant tout le sourire de notre camarade Aleksandr, cet amoureux de la Vie, qui nous offre par delà sa douleur un message de Foi et d'Espérance..


Erwan, volontaire en Novorossiya

La vie est un jeu d'échec où on ne perd jamais : soit on gagne soit on apprend ... à condition d'accepter les combats du Destin
Pour mieux connaître cet homme d'exception, le lien ici : Aleksandr, la pierre d'angle de l'unité

Les mines sont réellement un problème majeur dans les conflits modernes et en particulier sur la ligne de front du Donbass où, la guerre étant gelée depuis les accords de Minsk, les combattants bloqués dans des combats de positions, se protègent par des ceintures de mines entremêlées qui s'accumulent de façon anarchique depuis plus d'un an : mines antichars, antipersonnelles, pièges artisanaux,sans compter les innombrables munitions non explosées...

J'ai déjà évoqué ici à plusieurs reprises ce danger majeur qui menace aveuglément à la fois les militaires et les civils. Ainsi pour la seule journée du 24 décembre, ce sont pas moins de 3 civils qui ont également été les victimes de ces engins souvent mortels (Voir le lien : ICI)

La dépollution des zones de combat sera certainement la priorité des Républiques au sortir de la guerre, si elles ne veulent pas que ces zones minées continuent de faucher tel un minotaure moderne des vies innocentes.

Les articles concernant les mines et publiés sur ce blog, le lien ici : Mines

Erwan


samedi 28 novembre 2015

Aleksandr, la pierre d'angle de l'unité

De la Russie au Donbass en passant par la Légion



Depuis 3 mois un volontaire de grande valeur est présent au sein de notre groupe de volontaire, et ceux qui ont l'habitude de me lire savent que je suis avare des superlatifs, et si je fais une exception c'est bien parce que Aleksandr Nabiev est un homme exceptionnel.

Ce russe né dans sur les plateaux de l'Oural près de Tcheliabinsk il y a 37 ans.  Après avoir travaillé dans des mines de charbon Aleksandr s'est engagé dans l'armée pendant 3 ans,et passionné d'Histoire militaire il s'intéresse alors à l'aventure de la Légion Étrangère française au point de rejoindre ses rangs et servir sous le képi blanc pendant 10 années, pendant lesquelles il servira au 2ème Régiment Etranger Parachutiste à Calvi ,puis au 1er Régiment Etranger à Aubagne.

Durant ce passage à la Légion, Aleksandr s'est également intéressé avec passion à la France, sa culture, son Histoire, et sa maîtrise parfaite de notre langue au point de pouvoir réaliser des traductions instantanées montre à quel point il a su enrichir son identité d'un héritage français fondé sur les valeurs de nos traditions...

Dès son arrivée dans le groupe Aleksandr s'est lui même proposé pour non seulement traduire les conversations mais aussi pour nous donner des cours de langue russe. Attentif et modeste Aleksandr qui est devenu le chef du 3ème groupe a su imposer au groupe un style fondé sur l'exemple et avec Dietrich le chef du 1er groupe ils forment l'ossature opérationnelle et expérimentée de la section.

Homme de Fidélité autant que de culture, Aleksandr a fait rapidement preuve de compétences militaires essentielles servies par une connaissance technique approfondie, un sens du terrain et une audace calculée...


" BOULE DE FEU  ! "
Aleksandr au cours d'une mission d'infiltration vers des blindés d'infanterie ukrainiens 
Au cours des dernières semaines, "Apach" a réalisé des missions de reconnaissance risquées, infiltrant au milieu de zones minées et observées les lignes ennemies pour détecter la nature des unités ukrops s'y terrant sur leurs bases d'assaut. Le calme de la vielle légion reste la caractéristique de ce combattant aguerri menant avec calme et maîtrise son groupe au plus près de l'ennemi.

Une aventure militaire n'existe en vérité qu'à travers sa dimension humaine, le reste n'étant que longs moments d'attente entrecoupés par le fracas fulgurant de combats qu'on ne peut évaluer pleinement qu'après leur extinction... L'intensité de la vie militaire n'est que l'écho des valeurs humaines qui l'écrivent à force de sueur et de sang.

J'ai aujourd'hui la chance et surtout l'Honneur de côtoyer des Hommes exceptionnels, de tous les âges et origines, aux motivations diverses mais soudés autour d'un engagement commun au service du Donbass. Si cette unité, petit maillon de la grande chaîne militaire qui protège les jeunes Républiques de Donetsk et Lugansk, constitue aujourd'hui un édifice solide c'est grâce à des hommes tel que Dietrich ou Aleksandr qui en sont les pierres d'angles.


Erwan Castel, volontaire en Novorossiya


Aleksandr et Dietrich, au cours d'un entrainement tactique, des hommes au grand coeur rigoureux et chaleureux
La présence de russes dans les rangs de la Légion Étrangère n'est pas anecdotique, elle est même une composante fondatrice de ce corps d'élite qui compta jusqu'à 75 % de russes au moment du grand exode des russes blancs fuyant la révolution bolchevique.

"J’étais Général, mon Colonel"

Par Ilia-Lakstygal

Défilé de la Légion à Orange pour ses 40 ans de garnison
"J’ai un ami aventurier. En été 2013, après avoir économisé une grosse somme pour partir pour Paris, Il intégra la Légion étrangère, en espérant gagner de l’argent pour acheter un appartement à Moscou et obtenir le passeport français.

La guerre, dit-il, c’est une occupation naturelle de l’homme. Il rêvait des combats dans les déserts d’Afrique ou au Proche-Orient et s’imaginait lui-même dans le nouveau Lawrence d’Arabie. Mais il s’en évada trois semaines plus tard. En fait, il trouvait son futur service dangereux, trop dur et mal payé. Il revint en Russie avec pleins d’autres projets fous.

Aujourd’hui, la Légion étrangère se compose de français (par exemple, le célèbre Guy Marchand était légionnaire dans sa jeunesse), des originaires des pays post-soviétiques et russophones, ainsi que des gens d’Europe d’Est, d’ex-Yougoslavie, d’Afrique et d’Amérique du Sud. La Légion fut fondée dans les années 1830 pour aider l’expansion coloniale française et pour nettoyer la métropole des émigrés et des éléments criminels. Jusqu’à nos jours, elle attire des hommes qui n’ont que leur volonté de combattre. Des gens privés de leur patrie ou chassés par la justice peuvent obtenir asile au sein de la Légion. Et en échange du sacrifice de leur vie et de leur sang, et tout en mettant leur expérience militaire pour la gloire et les intérêts de la France dans le monde entier, il peuvent obtenir de l’argent et la citoyenneté française.

Au XX siècle, les officiers russes qui perdirent leur pays dans les combats sanglants de la guerre civile avaient obtenu une grande expérience militaire. Beaucoup d’entre eux étaient des vétérans de la Grande Guerre. Les premiers soldats russes apparurent dans la Légion au début de XXème siècle. C’étaient des natifs de la Pologne russe, des allemands des régions occidentales de L’Empire Russe.


C’étaient des aventuriers. Il y avait des exemples exotiques comme ce jeune et pauvre étudiant Nicolas Lossky : un philosophe religieux en devenir. En 1916, au cours de la Grande Guerre, la Russie envoya son Corps Expéditionnaire au secours de la France. Après le coup d’Etat d’octobre 1917 en Russie, la mutinerie et la décomposition du Corps, quelques centaines d’officiers et des soldats russes fidèles au pouvoir légitime formèrent un noyau russe à la Légion étrangère. Ils prirent part aux derniers combats de la Grande Guerre de 1918.

En 1918 la Légion aussi apparut au Nord de la Russie pour soutenir les militants locales, fidèles aux devoirs de L’Alliance contre les bolchéviques et pour restaurer le front de l’Est. La plupart des effectifs du nouveau bataillon fut formée des habitants de cette région. A vrai dire, le bataillon engagé dans les combats contre les bolchéviques en 1918-1919, fut comme les autres régiments français évacué vers la fin de 1919. La cause est à imputer à l’impuissance de l’Entente de mener une politique d’intervention militaire en Russie, après la fin de la Grande Guerre et l’inclination des troupes françaises en Russie à la mutinerie…

La véritable histoire des russes au sein de la Légion étrangère commença en novembre 1920 à Constantinople, occupé par des puissances de l’Entente, où plus de 150 milles réfugiés russes (les restes de L’Armée Blanche, les fonctionnaires, les intellectuels avec leur familles) arrivèrent de l’exil volontaire sans moyen, sans espérance, privés de fierté et de leur patrie. La guerre civile toucha à sa fin. Les Blancs perdirent leur parti. Ils s’enfuirent de la Crimée, prise par les Rouges. Les français et les anglais (les anciens alliés de la Russie et du mouvement Blanc) placèrent leurs alliés les plus successifs dans des camps de réfugiés qui ressemblaient plutôt à des camps de concentration (au Gallipoli et sur Lemnos). La plupart des réfugiés n’avaient pas de profession civile.

1er régiment étranger de cavalerie au Maroc
Dans ces camps, les recruteurs de la Légion étrangère apparurent. L’Empire colonial français s’agrandit après la Grande Guerre et elle avait besoin de soldats pour étouffer les soulèvements dans les nouveaux territoires – en Syrie, en Algérie, au Maroc et au Liban. Pour les anciens militaires russes – mais également pour les soldats, officiers et généraux – il fallait choisir entre la faim, la misère, l’humiliation et la profession d’un simple mercenaire. Les recruteurs français promettaient 100 francs par mois et 500 francs d’avance. En réalité c’étaient d’abord 7 francs par mois, mais cela n’empêcha pas que plus de 10000 réfugiés participèrent à la Légion Etrangère de 1920 à 1940.

Le 1er Régiment Etranger de Cavalerie fut un des premiers régiments russes de la Légion. Fondé en 1921 en Sousse (Tunisie), il se composait de 128 soldats russophones (parmi eux, 30 officiers, en outre un ancien colonel et un ancien général) et 33 cosaques. Selon la légende, quand le colonel français révéla qu’il y avait un général russe sous son commandement (Quelle rang avais-tu ? – J’étais général, mon colonel), il le salua comme un supérieur. Ceci n’est pas un mythe d’ailleurs, mais il illustre bien la misère des anciens militaires russes et la chute des rangs sociaux.

23ème escadron de Légion marocain
Dès sa naissance, le 1er régiment fut engagé dans les combats en Syrie et au Maroc. Peu après, le flux des russes remplit d’autres régiments de la Légion. Par exemple il y avait 500 russes dans le 3e Régiment Etranger (au Maroc). Dans le 1er régiment, plus de 3500 soldats russes servaient. Dans les années 1920, les russes faisaient 75 % de l’effectif de la Légion entière. 5 % des soldats russes étaient les prisonniers de la Grande Guerre des prisons allemandes (1918), 10 % les anciens soldats du Corps Expéditionnaire Russe(1917), 25 % les restes de l’Armée du Sud de la Russie de Dénikine (1919) et 60 % les réfugiés de la Crimée, débris de L’Armée Russe du général Vrangel (1920).
L’attitude des chefs français envers les soldats russes étaient loin de la légende sur le colonel et le général. Mais d’un autre côté, les russes méritèrent le respect du commandement dans les sanglants combats, d’abord au Maroc pendant la Guerre du Riff (1921-1926) où le 1er régiment fut engagé en particulier. En effet, les légionnaires russes oppressèrent l’insurrection des Druses en Syrie (1925). Ils apparurent aussi en Algérie, en Tunisie, au Liban, en Indochine et combattaient dans les déserts africains et proche-orientales, dans les montagnes libanaises et jungles d’Asie, contre les rebelles qui se dressaient contre L’Empire Colonial Français.

L’implantation des anciens officiers et soldats russes a permis d’augmenter le niveau culturel des certains régiments légionnaires– parmi eux il n’y avait que 2 % d’analphabètes. Ce n’est pas étonnant, la plupart d’entre eux avaient des diplômes civils ou étaient des officiers professionnels. Les crimes des soldats russes étaient relativement rares. Les indigènes arabes qui craignaient autrefois les légionnaires français, n’avaient pas peur de soldats en permission après l’arrivée et l’intégration des russes. Les habitants de la Syrie et de l’Algérie oublieront une coutume bizarre qui, selon les mémoires d’un légionnaire russe (Nicolas Matline, légionnaire 1920 – 1927) existerait dans les endroits où les régiments de légionnaires s’installaient: quand on laissait les légionnaires pour la permission, un trompette faisait signe et tous les magasins, tous les cafés fermaient rapidement et les habitants se cachaient. Au contraire, les légionnaires russes établirent le contact avec les arabes et la mauvaise réputation de la Légion fut oubliée temporairement.

Légionnaires russes. 1925
Malgré les conditions difficiles, le besoin de biens nécessaires et les batailles fréquentes, les légionnaires russes tachèrent de maintenir leur niveau culturel. Par exemple, la bibliothèque russophone fut fondée à Sidi Bell Abbès (1ee régiment, Algerie) et elle devint la plus grande bibliothèque de la Légion. En 1925, elle ouvrit une filiale à Fes (3e régiment, Maroc) et deux autres filiales. A Beyrouth, les légionnaires russes avaient même organisé un orchestre. Parmi les hommes russes dans les régiments de la Légion dans les années 1920s-1930s, on peut trouver le poète et historien Turoverov, l’écrivain journaliste Pechkov (filleul de l’écrivain russe Maxim Gorky) et beaucoup d’autres encore.

Certains réfugiés russes ont servi sous la Légion jusqu’à la fin des années 1940s, en Algérie et en Indochine. Selon les données de la Légion, de 1920 à 1933, seuls plus de 100 légionnaires russes furent tués du Maroc en l’Indochine. C’est sans compter des nombreux russes inscrits comme étant allemands, tchèques, polonais, etc. La cause était simple. Dans les années 1920, les dirigeants de l’émigration russe rêvaient de la suite de leur lutte contre les Rouges. Ils comptaient former une  troupe en mobilisant les anciens militaires russe en vue d’une soudaine expédition de revanche. Le Général Vrangel – le chef de ROVS (organisation des militaires russes en exile – L’Union générale des combattants russes) était chargé du dénombrement des ex-militaires russes au sein de la Légion. Ceux qui se soustrayaient à ce dénombrement étaient accusés de traitrise de la Cause Blanche et de la Cause russe. C’est ainsi que certains d’entre eux se sont inscrits à la Légion comme originaires d’autres pays pour éviter ce déshonneur. On ignore toujours le nombre de pertes exactes des légionnaires d’origine russe dans les années 1930 et dans les combats au cours de la Deuxième Guerre Mondiale.


Ilia-Lakstygal

Sources de l'article :

- Site la Russie francophone, le lien : ICI

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