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mardi 31 mars 2020

A bon entendeur salut !

Lances Roquettes Multiples russes "Grad" 
en déplacement dans les rues de Rostov/Don 

Alors que les forces ukrainiennes, dans leur terrorisme quotidien a l'encontre des républiques de Donetsk et Lugansk, tuent et blessent des civils et détruisent systématiquement les lieux de vie proches du front, la Fédération de Russie continue de "veiller au grain" qui menace le Donbass depuis 6 ans. 

C'est ainsi que ces derniers jours, en réponse certainement aux provocations ukrainiennes sur le front du Donbass et/ou à l'intensification des vols de reconnaissance des forces aériennes de l'OTAN dans la région, les forces armées de la Fédération de Russie ont réalisé des exercices et déploiements on ne peut plus visibles dans leurs régions frontalières du Donbass.

30 mars 2020, convoi militaire ferroviaire russe 
entre Rostov/Don et Taganrok près de la frontière de la RPD.

D'habitude, les forces russes excellent dans leur discrétion, réalisant des déplacements opetationnels dispersés, sur des axes secondaires et souvent de nuit. 
Ici, nous observons au contraire de longues colonnes d'unités blindées se déplaçant en pleine journée jusque dans les zones urbaines.


30 mars, bataillon d'infanterie  motorisée russe
traversant la conurbation de Rostov/Don. 

Ces déplacements ostentatoires des forces russes sont de toute évidence un message clair adressé à un pouvoir ukrainien engagée dans une nouvelle escalade meurtrière contre les populations du Donbass, mais aussi certainement à l'OTAN pour lui rappeler que Moscou qui ne laissera pas une agression ukrainienne sans reréponse ne baisse pas la garde et que ses frontières ne sont qu'à quelques minutes du front du Donbass.


En cas d'offensive ukrainienne, les forces russes, dont l'artillerie n'a même pas besoin de se déployer dans les républiques du Donbass pour détruire ses objectifs, pourraient être déployées en deuxième ligne du front pour une contre offensive et ce, avant même que ce dernier soit éventuellement percé.

Et ces déploiements d'unités de combat russes près des frontières du Donbass démontrent par leur extrême visibilité leur objectif démonstratif et dissuasif.

Une réponse forte du Kremlin à cette nouvelle poussée de fièvre ukrainienne mais aussi une leçon stratégique donnée à des manoeuvres "Europa defender" poussées vers une débâcle par l'épidémie de Covid19....

L'Ours quant à lui, même avec un masque sanitaire sur le museau, sait rester vigilant et opérationnel...

A bon entendeur salut !


Erwan Castel 

jeudi 27 février 2020

Gens polis et soldats d'élite


Ce 27 février est la journée des "Forces des Opérations Spéciales" russes. Ces forces spéciales appelées "SSO" (Силы Cпециальных Oпераций), ont été conçues et sont entraînées pour faire face aux situations extrêmes mais aussi être déployées dans les conflits de nouvelle génération, notamment les guerres asymétriques, coups d'Etat, ou révolutions colorées organisés à travers le Monde par les services occidentaux, les forces de l'OTAN ou leurs auxiliaires terroristes.

Les SSO sont nées en plusieurs étapes : tout d'abord, dans le programme de la grande réforme militaire entamée en 2008, des commandos d'intervention sélectionnés  de la Direction générale du renseignement (GRU) plus connus sous le nom de "spetsnaz" ont été regroupés dès l'année suivante, et en 2012 Le commandement des forces d'opérations spéciales a été mis sur pied et annoncé officiellement en mars 2013 par le chef d'état-major général Valery Gerasimov . 



Les SSO sont des unités spécialisées d'échelon stratégique, et spécialisées dans les opérations extérieures au territoire de la Fédération de Russie. Leurs missions principales sont le renseignement, e sabotage et les opérations anti-terroristes. Polyvalentes dans leurs missions équipements et entraînements, les SSO n'appartiennent à aucune branche des forces armées russes et sont également distinctes des Forces spéciales de la Direction générale de l'état-major général des forces armées russes. Les SSO russes sont des professionnels ayant grades d'officiers.
Le premier déploiement opérationnel de SSO a eu lieu en Crimée en février-mars 2014, lorsque la population veut organiser son référendum d'indépendance sous la menace des forces ukrainiennes et des paramilitaires ukrainiens. Cette opération a été un franc succès où pratiquement aucun coup de feu a été tiré par ces unités dispersées dans tous les centres névralgiques de la péninsule pour en assurer la protection. Le slogan «gens polis» s'est instantanément répandu à travers le pays et le monde précisément grâce au professionnalisme de ces spécialistes.

A cours de cette opération de Crimée, les SSO, ces "petits hommes verts", cagoulés, sans insigne et veillant avec discrétion et professionnalisme sur la sécurité des habitants de Crimée, n'ont pas seulement réussi avec brio leur mission de maintien de l'ordre mais sont entrés aussi dans l'histoire de la grande Russie sous le surnom de "gens polis" (вежливые люди).  

Et le 27 février est devenu par décret du président de la Fédération de Russie no 103 en date du 26 février 2015.,"la journée des Forces d'Opérations Spéciales" qui répond à de nombreux appels de citoyens à leurs députés pour célébrer les hommes des SSO..


Aujourd'hui ces forces d'élite russes aux formations universitaires et linguistiques aussi poussées que leur spécialisations techniques ou leurs entraînements au combat sont engagées notamment sur le théâtre d'opérations syrien à la pointe des offensives menées conjointement avec les forces syriennes pour la libération de leur territoire.

Et je ne pense pas qu'à Idlib par exemple, où ont été capturées ces images, que les djihadistes terroristes les appellent ici "gens polis" . Ces images dévoilant le travail des SSO sont publiées exceptionnellement par le commandement russe à l'occasion justement de cette journée qui leur est dédiée.
Un avant de ce qui attend les ukropithèques s'il demain leur prenait l'envie de vouloir capturer le Donbass....

Erwan Castel



jeudi 20 décembre 2018

Un fauve prêt à bondir

Char de combat russe T90, aux performances inégalées à ce jour (sauf par l'Armata... russe !)

Commentant la préparation ukrainienne d'une nouvelle offensive majeure dans le Donbass, Sergueï Lavrov, le Ministre russe des Affaires Etrangères a déclaré que les forces armées russes ne laisseraient pas se réaliser de nouvelles provocations à leurs frontières et que Porochenko "recevra une réponse, cela ne semblera pas un peu, je vous assure".

Selon le Président ukrainien Porochenko, Vladimir Poutine (encore lui !) aurait amassé 80 000 soldats le long des frontières avec l'Ukraine (tiens il n'y a donc pas de soldats russes dans le Donbass !) avec quelques 900 chars d'assaut dont 300 situés à 18 km de la frontière ukrainienne, environ 1 400 systèmes d'artillerie dont des lance-roquettes multiples, 900 chars, 2 300 véhicules de combat blindés, plus de 500 avions et 300 hélicoptères etc. etc.

Et le satrape de Kiev de menacer de montrer des photos satellites des concentrations de chars russes à ses frontières (chiche !) ce qui ferait certainement grincer des dents ses parrains occidentaux car l'Ukraine n'ayant pas de satellite il ne peut s'agir que des observations de satellites militaires de l'OTAN espionnant le territoire russe, si cette allégation n'est pas encore un bluff d'alcoolique dont Porochenko est coutumier.

Au delà des rodomontades des propagandistes la réalité d'une force d'intervention russe à portée des frontières ukrainiennes et particulièrement du Donbass n'est pas une chimère sauf qu'elle est déployée dans une hypothèse purement dissuasive en cas d'offensive ukrainienne massive dans le Donbass, auquel elles prêterait immédiatement main forte pour éviter un carnage dans la population civile de Donetsk et Lugansk déjà fortement meurtrie par 5 années d'agression ukrainienne disproportionnée.

Ce sont trois divisions de premier échelon russes qui sont situées à proximité de la frontière ukrainienne, nouvelles divisions héritant de noms de divisions historiques de l'armée rouge et dotées de la technologie moderne militaire la plus récente. Ces divisions d'élite sont venues renforcer le réseau défensif sur ce flanc occidental de la Fédération et particulièrement sensible depuis le coup d'Etat du Maïdan.
  • Ainsi, le 1er décembre 2016, la 3ème division de carabiniers motorisés a été reconstituée et son siège se situe à Valuyki et Boguchar (régions de Voronej et de Belgorod). La garnison et le quartier général à Valuyki (unité militaire 54046) sont situés à environ 45–46 km de la frontière ukrainienne. 
  • Le 3 février de cette année, un nouvel organigramme standard de combat  a été présenté à la 1re Armée de blindés du district occidental ayant son quartier général à Bakovka (Odintsovo, région de Moscou). À l'heure actuelle, il est composé de deux divisions légendaires: le 2e carabinier motorisé des gardes Tamanskaya (le lieu de déploiement est le village de Kalininets, près de Naro-Fominsk, région de Moscou) et le 4e char de garde Kantemirovskaya avec un lieu de déploiement à Naro-Fominsk. Cette 1ère Armée blindée est considéré comme une réserve du district occidental, et si ses centres de commandement sont situés dans la région de Moscou, et qu'elle est rattachée au district militaire de Saint Pétersbourg, elle est en mesure de se déployer très rapidement dans tous les secteurs du front occidental
  • À l'été de cette année, la mise sur pied de la 144ème division de carabiniers motorisés Elninskaya des Gardes, dont le siège est à Smolensk et à Elna, a été achevé. Les parties avancées de la division sont également situées à proximité immédiate de la frontière ukrainienne, à Pochep et à Klintsy, dans la région de Bryansk. 
  • Le 2 décembre de cette année 2018, la formation de la 150ème division mécanisée d'Idritsko-Berlin, dont le siège est à Novotcherkassk, a été achevée, et qui est dotée d'une ville militaire ultra moderne. Cette unité est équipée entre autres des chars de combats T90A et des véhicules de Transport de Troupes BTR80 munis des derniers améliorations technologiques.
Du côté de la force aérienne russe :
  • Le 1er août 2015, la 4ème Armée de l'air et de la défense aérienne a été recréée dans le district militaire Sud et son quartier général se trouve à Rostov-sur-le-Don. Dans sa composition, les forces de l'armée de l'air et de la défense aérienne de la Crimée ont été modernisées en décembre 2018. La 4ème armée de l'air à l'heure actuelle peut être considérée comme la force aérienne de combat russe la plus moderne de Russie. Elle est chargée de la protection des portes Sud : Caucase, Crimée et particulièrement de la zone de Donbass. 
Ce sont donc ces unités de combat russes qui provoquent des cauchemars chez les responsables militaires et politiques ukrainiens et vraisemblablement,s'ils ne veulent pas se suicider tout de suite, vont  dissuader Kiev de lancer une offensive dans le Donbass où pire en Crimée.  

En effet, rien que le premier échelon de ces divisions russes suffit à couvrir efficacement les couloirs offensifs potentiels des 10 brigades ukrainiennes déployées autour du Donbass (6 dans le secteurs Nord et 4 dans le secteur de la Mer d'Azov). Et si cela ne suffisait pas il existe aussi la force de réserve du Caucase Nord capable d'être projetée en quelques heures sur ce front ukrainien.

Lorsque Porochenko évoque les plans d'attaque russes sur Mariupol et Berdiansk, oubliant au passage qu'il s'agirait d'une "contre attaque" pour repousser une offensive ukrainienne le long de la mer d'Azov il pense certainement à la 150ème division mécanisée d'Idritsko-Berlin située à proximité immédiate du Donbass et dont le contrôle de Mariupol, qui en est le port stratégique est effectivement un objectif majeur d'une potentielle contre-offensive russe.

Quant à la Crimée qui est devenue un bastion militaire hors normes, le 22e corps d'armée russe qui en assure la défense est constamment renforcé à chaque escalade militaire provoquée par Kiev et dispose désormais de forces dont le rayon d'action dépasse largement la frontière avec l'Ukraine

Moscou a donc réellement déployé une force militaire offensive réelle aux portes du Donbass où se battent les milices républicaines depuis 4 ans, mais ces unités d'élite de la Fédération de Russie sont d'abord une force défensive de dissuasion qui couvre avec sa portée les territoires de Crimée et du Donbass et peut instantanément appliquer à une éventuelle offensive ou provocation meurtrière ukrainienne un coup d'arrêt décisif et qui serait à n'en pas douter un coup fatal porté au régime de Kiev.


Erwan Castel


Articles références : divers articles du site "Top War" et Top Cor

mardi 27 février 2018

La journée des "gens polis"


Dans les célébrations militaires russes, la journée du 27 février doit être la plus récente. Créée par décret présidentiel le 26 février 2015 elle est consacrée aux forces spéciales russes dont l'évolution de la guerre moderne (conflits asymétriques, terrorisme...) les a amené à intervenir de façon de façon de plus en plus importante et fréquente depuis les guerres de Tchéchénie qui ont été le déclencheur d'une réforme et modernisation très importantes de leurs unités.

Comme dans les autres armées, les forces spéciales russes vivent ce paradoxe d'être parmi les unités les plus médiatisées et populaires, tout en étant affectées à des missions discrètes voire secrètes.

Depuis les "rats du désert" du SAS de David Stirling pendant la 2ème guerre mondiale, jusqu'aux dernières unités antiterroristes high tech, ces "soldats de l'ombre" sont considérés comme l'élite du soldat.

Sous l'URSS, les forces spéciales étaient dispersées dans les différents commandement militaires, mais les conflits nouveaux exigèrent rapidement une réforme matérielle, tactique et structurelle de ces unités de choc.

Un long processus va commencer au cours duquel le commandant en chef des armées russes,;le général Makarov va ordonner un étude minutieuse des forces spéciales étasuniennes, françaises, allemandes et chinoises considérées comme les plus performantes.

C'est ainsi par exemple que la norme d'un commandement unique dédié exclusivement à ces unités d'interventions rapides et polyvalentes va aussi être créé en Russie.

En 2000 le Bureau des opérations spéciales russe a été créé, subordonné directement à l'état-major général des forces armées de la Fédération de Russie. Il est né du retex tchétchéne ou les forces spéciales russes ont payé un prix trop élevé, pendant la 1ère guerre notamment. En 2012, le bureau est transformé en Commandement des forces d'opérations spéciales). En 2013, la création des Forces d'Opérations Spéciales de Russie a été officiellement annoncée.

Sous l'impulsion du Général Choigou, le nouveau Commandant des forces armées russes, le colonel Oleg Martianov, officier aguerri du renseignement militaire et premier Chef des MTR va achever leur organisation.

Un organigramme articulé autour de la chaîne du renseignement dont les ressources sont à la portée des plus petits échelons. Des unités composées de spécialistes hyperentraînés et dotés des meilleurs équipements. Des compositions changeantes et protéiformes s'adaptant à chaque situarion et terrain donnés. Une chaîne de commandement simplifiée et directe privilégiant la rapidité de communication et réaction.

Succédant au colonel Martianov, le Major Général Alexey G. Dyumin qui est issu des forces de sécurité fédérales va engager les forces spéciales russes au grand jour, comme en Crimée ou elles sont déployées dans l'espace public d'une péninsule en ébullition suite au coup d'Etat du Maïdan.

Les nouvelles forces spéciales russes entrent dans l'Histoire visible au moment de la réunification référendaire de la Crimée à la RUSSIE réalisée en mars 2014. Pour sécuriser le processus électoral et l'espace public menacés par les paramilitaires nationalistes ukrainiens, des unités spécialisées vont renforcer la flotte de la mer noire de Sébastopol déjà mise en alerte.

C'est justement dans la nuit du 27 Février, que sont apparus autourcdu bâtiment du conseil régional des soldats singuliers cagoulés et sans insignes. Mais c'est sans nul doute leur comportement discret et courtois dénotant avec la tension anti-maidan qui a le plus marqué les esprits et rassuré les habitants de la péninsule russe. 
Un ouvrier réveillé cette nuit là dans le batiment des services par ces étranges soldats a déclaré aux journalistes qui lui demandaient des demandaient des détails qu'ils s'étaient montrés aimables et respectueux le plus sont comportés très poliment et respectueusement.

"Ce sont des "gens polis" a t'il conclu.

La légende des gens polis était née alimentée par de nombreuses anecdotes comme celle de cette petite fille en pleurs qui voit son chat perdu lui revenir dans les bras d'un de ces soldats inconnus (un monument relatif a d'ailleurs été érigé à Sébastopol en hommage aux gens polis)

Depuis, les soldats des unités spéciales russes, ces "hommes polis" cagoulés et sans insigne capables d'aider la veuve et l'orphelin aussi bien que "de traquer les terroristes jusque dans les chiottes" agissent sur le sort des crises et des batailles, apparaissant et disparaissant comme des fantômes dont les actions traumatisent les ennemis marquent les esprits, impriment des journaux et écrivent des légendes.

Erwan Castel

L'article référence : Topwar