Affichage des articles dont le libellé est INVASION RUSSE.. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est INVASION RUSSE.. Afficher tous les articles

dimanche 16 janvier 2022

Delirium tremens ukro-atlantiste

"Les russes arrivent !"
 

Le problème avec les propagandistes de tout pays (y compris la Russie et particulièrement les français convertis), c'est qu'ils finissent par croire à leurs mensonges et leurs diffamations. Et ceci est particulièrement éclatant avec les médias ukro-atlantistes dont les prétendus journalistes ne sont que des journalopes sachant lire sur leurs prompteurs ou recracher mot pour mot les fantasmes d'une idéologie dogmatique dont ils ne comprennent même pas les véritables objectifs mais qui leur a confié la mission sacrée de manipuler les foules au côté des programmes scolaires et des affiches culturelles faisant la promotion d'une pensée unique manichéiste progressiste portée par un consumérisme de la marchandise aliénant.

Dans ce domaine de la manipulation des foules, la russophobie hystérique que l'on peut observer dans tous les domaines de la communication occidentale peut selon moi être apparentée à un délirium tremens d'une pensée unique mondialiste qui, dans une dépendance vitale des délires hallucinatoires produit par sa propagande de guerre, est devenue aujourd'hui complétement irrationnelle.

Depuis la restauration de la puissance internationale du Kremlin, qui a évité que la Russie ne disparaisse dans l'effondrement du système soviétique, la ploutocratie internationale, enragée de voir la voir échapper aux rets de son Nouvel Ordre Mondial" mène depuis l'arrivée à sa barre de Vladimir Poutine une véritable croisade de diabolisation et d'actions de plus en plus agressives contre la Fédération de Russie au sacro-saint nom des "droits de l'homme" via une l'OTAN qui, selon son Secrétaire Général Stoltenberg ne serait qu' "une organisation défensive répandant la démocratie". Et depuis le coup d'Etat du Maïdan fomenté par les officines atlantistes, ce délirium tremens occidental semble être arrivé à un paroxysme tel qu'il menace aujourd'hui de plonger le Monde dans un nouveau conflit mondial.

A l'issue des récentes réunions diplomatiques entre Moscou et Washington au sujet de l' Ukraine et de l'OTAN, les ukro-atlantistes non seulement n'ont pas décidé de "marquer le pas" face à une détermination russe claire, mais semblent même vouloir accélérer leur fuite en avant vers un chaos général.

Ainsi parmi les délires hallucinatoires politico-médiatiques observés cette semaine on peut relever: 


1 / Le fantasme de l'invasion russe de l'Ukraine

Ce fantasme grandissant existe depuis 8 ans: 

  • Depuis le retour référendaire de la Crimée en Russie (2014), alors que le contingent russe de la base de Sébastopol y est présent depuis le XVVIIIe siècle et que sa présence (jusqu'à 25000 hommes) était même autorisée dans la constitution de l'Ukraine indépendante (1991) à laquelle elle n'avait été intégrée arbitrairement par Kroutchev que depuis 1954.
  • Depuis le séparatisme des populations du Donbass (2014) ayant donné naissance aux Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk lesquelles résistent depuis aux bombardements de Kiev, alors que pas une seule fois les 600 observateurs de l'OSCE ont constaté la présence d'unités militaires russes régulières ou privées sur les 500 kilomètres du front.
  • Depuis le printemps 2021, lorsque pour créer un écran de fumée sur les renforts et préparatifs offensifs ukrainiens sur le front du Donbass, les ukro-atlantistes hurlent à l'imminence d'une "invasion de l'Ukraine" lorsque les forces armées russes effectuent des exercices militaires, il est vrai démonstratifs et dissuasifs, mais sur leur propre territoire fédéral.
  • Et depuis cet hiver 2021-2022, le même scénario se répète dans une hystérie ukro-occidentale exponentielle qui accuse encore et toujours Moscou de vouloir envahir l'Ukraine, alors qu'en réalité et confirmée par les rapports de l'OSCE, ce sont bien les forces ukrainiennes au milieu desquelles sont visibles de plus en plus de "conseillers" de l'OTAN, qui initie sur le front une escalade militaire active.
Parmi les derniers des délires en date de cette propagande de guerre 
occidentale, l'infographie du Financial Times sur les forces russes.

Ou cette autre infographie du média néerlandais NRC, qui détaille par où 
et comment la Russie "va envahir et vaincre l'Ukraine" en 30 à 40 minutes" !


2 / Le fantasme des hackers russes 

Alors que les ingérences électroniques étasuniennes tous azimuts ne sont plus à prouver y compris auprès de leurs "alliés" (comme par exemple les écoutes par la NSA des gouvernements et hommes politiques occidentaux), il est de bon ton d'accuser la Russie d'être derrière tout dysfonctionnement systémique, toute défaite électorale (élection de Trump), toute manifestation anti-gouvernementale (comme celle des "Gilets Jaunes") et bien sûr tout piratage informatique. Ainsi par exemple de cette attaque informatique ayant visé 70 sites gouvernementaux ukrainiens et qui immédiatement, dans le contexte actuel, a été immédiatement et viscéralement incriminée aux hackers gouvernementaux russes: 

Voilà ce qui apparaissait sur les réseaux ukrainiens piratés ce 14 janvier 2022 :
"Ukrainiens, toutes vos données personnelles ont été téléchargées dans le réseau public
Toutes les données sur l'ordinateur sont détruites, et impossible à restaurer (...) 
Ayez peur et attendez vous au pire (...) à cause de vous, de votre passé, présent et avenir
pour la Vohlynie, pour Oun UPA, pour la Galicie, pour les terres historiques"
 

Alors que les références du message concerne plutôt les contestés polono-ukrainiens, les médias ukro-atlantistes, pour mieux se focaliser obsessionnellement sur le Kremlin, ont balayé d'un revers de communiqué les hypothèses qu'il s'agit peut-être d'une riposte de hackers suite à des contremesures gouvernementales ukrainiennes contre des sites pirates en Pologne, ou d'une attaque informatique organisée par des partisans de Porochenko qui est actuellement en grave conflit avec Zelensky, ou d'une attaque informatique du Kazakhstan pour punir l'implication des réseaux ukrainiens dans la tentative de coup d'Etat récente menée contre lui, ou d'un false flag des services occidentaux cherchant à accuser la Russie...

Evidemment les réactions des faucons occidentaux ne se sont pas faites attendre accusant puis rebondissant tellement vite et haut sur l'événement qu'on peut vraiment se demander si ce ne sont pas effectivement leurs services spéciaux qui sont à l'origine de cette attaque informatique, par exemple :
  • Alexander Schallenberg, le ministre autrichien des Affaires étrangères, s'est dit préoccupé par le fait que les échecs diplomatiques ne se termineraient probablement pas par des cyberattaques. "Certains disent que la cyberattaque pourrait être le prélude à d'autres activités, des activités militaires",
  • Josep Borrell, le chef de la diplomatie de l'Union Européenne en condamnant ces attaques a déclaré "Nous allons mobiliser toutes nos ressources pour aider l'Ukraine à faire face à cela. Malheureusement, nous savions que cela pouvait arriver », a-t-il déclaré. Il a ajouté : « C'est difficile de dire [qui est derrière ça]. Je ne peux blâmer personne car je n'ai aucune preuve. Mais on peut imaginer.",
  • Et dans la foulée, le Secrétaire Général de l'Otan, Jens Stoltenberg, déclaré que l'OTAN et l'Ukraine signeraient dans les prochains jours un accord sur une coopération renforcée en matière de cyber. "Kiev aurait accès à la plate-forme de partage d'informations de l'OTAN sur les logiciels malveillants".
Et hop !, un autre pas supplémentaire de l'OTAN en Ukraine.

Aux dernières nouvelles, c'est maintenant vers le Belarus, allié de la Russie, que se portaient les accusations de Kiev concernant ce piratage informatique.


3 / Et maintenant, le fantasme d'un false flag russe


Ici on entre dans les méandres les plus tordus des cervelles ukro-atlantistes qui s'enivrent d'inversions accusatoires délirantes et sans limite. Jugez plutôt:

Selon les services de renseignement ukrainiens, pour justifier son invasion de l'Ukraine, la Russie a prévu d'organiser un "opération sous faux drapeau" sur le front du Donbass pour accuser les forces ukrainiennes d'un massacre. et même de préciser que des conteneurs contenant des produits chimiques (ammoniac) ont été livrés sur la base de l'entreprise Stirol à Gorlovka (au Nord de la République Populaire de Donetsk), et repérés car "ils fuient déjà dans l'atmosphère, en raison d'un problème d'étanchéité". 

Et bien sûr, cette théorie fumeuse est relayée aussitôt et avec zèle par les chiens de garde médiatiques occidentaux et même l'administration Biden dont les services sont probablement à l'origine de cette "intox":  "Nos renseignements indiquent également que les acteurs d'influence russes commencent déjà à fabriquer des provocations ukrainiennes dans les médias d'État et sociaux pour justifier une intervention russe et semer la division en Ukraine" a ainsi déclaré ce vendredi 14 Jen Psaki, la porte parole de la Maison Blanche.

Que peut-on dire concernant cette accusation qui a été aussitôt réfutée par Sergeï Lavrov, le ministre russe des Affaires Etrangères ?
  • Primo, que la production d'urée et de nitrate d'ammonium de l'usine chimique Stirol de Gorlovka, interrompue à cause de la guerre, a repris comme l'avait annocé en août 2021 Artyom Kramarenkodu, le chef du ministère de l'Industrie agricole de la RPD. Il est donc logique que des conteneurs d'ammoniac soient stockés sur le site et quoique hautement improbable possible qu'un problème d'étanchéité survienne (si cela avait été le cas, une alerte et une intervention des services spécialisés auraient été diffusées).
  • Secundo que ce type d'information concernant un false flag chimique possible a déjà été diffusée en décembre par les renseignement républicains et russes qui démontraient l'arrivée sur le front ukrainien d'agents chimiques militaires ainsi que de mercenaires d'une société militaire privée étasunienne dans le secteur d'Avdeevka et Krasny Liman (au Nord de Donetsk).Qui plus est la possibilité d'une telle attaque de la part des forces ukrainiennes assistées a également été confirmée par Vasily Prozorov, un ancien lieutenant-colonel du SBU, les services spéciaux ukrainiens.
Dans un entretien à la Deutsche Welle, Andras Racz, chercheur principal du programme de sécurité et de défense du Conseil allemand des relations étrangères, a déclaré: "L'utilisation d'opérations sous fausse bannière comme outil et comme prétexte de guerre ne serait en effet pas étrangère aux pratiques russes de guerre" (?!)...

Ah bon ?  Ce serait donc les russes qui sont entre autres falses flags derrière: 
  • les incidents du golfe du Tonkin en 1964, imputés au Nord Vietnam, 
  • le massacre de Račak en Yougoslavie en 1999 imputé aux serbes, 
  • la fausse info sur présence de Ben Laden en Afghanistan en 2001, 
  • la fausse info sur les armes de destruction massive de Saddam Hussein en 2002,
  • la menace de répression libyenne sur Benghazi en 2011,
  • les attaques chimiques de La Goutha en Syrie en 2013 imputées au gouvernement,
  • les assassinats du Maïdan en février 2014, imputés au gouvernement...
De toute évidence nous assistons ici à une flagrante inversion accusatoire de la propagande de guerre occidentale mais qui révèle cependant une réalité à savoir faire porter le chapeau coûte que coûte à la Russie pour l'accuser d'être à l'origine de toute nouvelle escalade militaire sur le front du Donbass. 


En conclusion,


Et dans le théâtre de la psychose de cette propagande ukro-occidentale, le Centre international de renseignement stratégique (ICSI) a introduit pour l'Ukraine un niveau de danger "rouge" (qui est l'avant dernier sur son échelle d'alertes) signalant ainsi qu' "une crise ou un conflit grave est extrêmement probable" et par conséquent qu' "un voyage dans ce pays n'est pas recommandé".  
Le niveau d'alerte du danger a été relevé à la suite de l'échec des pourparlers diplomatiques entre l'OTAN et la Russie, ainsi que ceux des renseignements sur les plans d'espionnage et un renforcement des troupes en cours. 

Selon l'ICSI, des affrontements militaires majeurs sur le territoire de l'Ukraine sont possibles d'ici deux semaines. 

On voit ici que toute la machinerie de communication de la propagande de guerre occidentale organise une véritable psychose russophobe autour de la crise réelle qui oppose Washington à Moscou par delà les tranchées du Donbass où s'affrontent les ukrainiens pro-atlantistes et les séparatistes pro-russes. 

Que par idéologie, engagement ou intérêt certains décident de rallier une cause ou l'autre c'est un droit que je ne peux renier à personne, mais que ces choix soient influencés, instrumentalisés par des mensonges propagandistes éhontés et des manipulations mentales criminelles, c'est quelque chose qui me fait vomir, tout comme cette indifférence égocentrique de millions de consuméristes qui refusent de voir ce Nouvel Ordre Mondial criminel et dont le chaos final, balayant leurs petits plaisirs ou soucis minables et narcissiques, va les réveiller... mais trop tard !

Erwan Castel

jeudi 30 décembre 2021

Droit international et devoir moral

Lorsqu'on observe les positionnements des diplomaties internationales, force est de constater le fossé grandissant entre la Russie et les pays occidentaux dont les représentants ne sont plus aujourd'hui que des "ministres des affaires à l'Etranger", dont les priorités - pour ne pas dire les obsessions totalitaires - ne sont que de défendre la rapacité capitaliste occidentale et l'hégémonie cynique d'une pensée unique droitdel'hommiste hypocrite. Et dans cette vision totalitariste du Monde les peuples se sont aux yeux des ploutocrates mondialistes que des troupeaux à qui l'on donne des outils, des caddies ou des fusils pour mieux engraisser le capitalisme rayonnant.

Du côté de la Russie il serait malhonnête de de prétendre dans un manichéisme stupide que Moscou ne défend pas ses intérêts économiques, mais, lorsqu'on observe les événements internationaux la concernant on ne peut que relever 3 principes souverains gouvernant sa politique étrangère : 

  • La Russie ne cherche pas à déstabiliser des pays dans une dynamique de conquête militaro-industrielle, stratégique ou idéologique.
  • La Russie respecte la droit des peuples concernant leurs destinées lorsque leur choix est majoritaire et libre.
  • La Russie ne fait pas d'ingérence dans les pays étrangers, et n'y intervient qu'après avoir été sollicité par leurs gouvernements.
Ainsi peut-on observer comme quelques exemples récents des positions internationales russes: 

  • La non ingérence de Moscou dans la pourtant lamentable gestion du Maïdan par Ianoukovitch en 2014 qui pourtant menaçait la stabilité de sa zone d'influence. 
  • La validation du référendum populaire de Crimée, libérée par la coup d'Etat constitutionnel, qui demandait à 97 % le retour de la péninsule russe en Russie,
  • L'intervention militaire en Syrie réalisée seulement après que le président Bachar el Assad en ait fait la demande (contrairement à l'OTAN qui s'y est invité par la force),
Et par dessus toutes les motivations qui animent les relations internationales du Kremlin celle qui consiste à respecter la volonté des peuples et protéger les citoyens russes est prioritaire et même sacrée, même s'il doit en coûter à la diplomatie, l'économie ou à l'armée de la Fédération.

Et c'est ici que l'exemple du Donbass, qui ne représente aucun intérêt stratégique majeur pour Moscou (ni base ni profondeur stratégique) pas plus qu'économique (pas de ressources uniques et vitales) est significatif de la dimension humanitaire prioritaire de la diplomatie russe qui soutien les populations russes de Donetsk et Lugansk, mais sans provoquer le droit international (intervention militaire et reconnaissance politique des républiques séparatistes) et en défendant opiniâtrement un règlement diplomatique du conflit malgré 7 années de violations ukrainiennes du processus de paix.

Constantin Kosachev
C'est dans cet esprit que Constantin Kosachev, Président de la Commission des Affaires étrangères de la Douma, l'assemblée de la Fédération de Russie a rappeler, sur fond d'envenimation des relations Est -Ouest et de menace d'offensive ukrainienne dans le Donbass, le droit constitutionnel pour la Russie d'intervenir militairement dans un pays étranger pour protéger ses citoyens.

Si aucun plan d'invasion de l'Ukraine est élaboré, en revanche, "La Russie a le droit d'utiliser l'armée pour protéger ses citoyens dans le Donbass" a déclaré Kosachev lors d'un entretien au média Interfax. Et le Président de la Commission des Affaires étrangères de la Douma de préciser que cette possibilté ne concerne pas les questions de sécurité nationale, mais le droit du pays d'utiliser ses forces armées pour protéger ses citoyens dans le Donbass si leurs vies étaient menacées par une offensive de Kiev. 

Voilà pourquoi, précise Constantin Kosachev, "la Russie surveille l'évolution de la situation autour du Donbass notant au passage que l'Ukraine n'est pas le seul initiateur mais que ses mécènes occidentaux la poussent à prendre des mesures radicales". 

"De plus, rappelle Kosachev, les provocateurs tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'Ukraine savent exactement ce qui se passera dans cette affaire. Sans préjuger de l'évolution des événements, je rappellerai simplement à ces provocateurs qu'après la tragédie de Tskhinvali (attaque géorgienne de l'Ossétie et riposte russe en août 2008), de sérieux amendements ont été apportés en Russie en novembre 2009 à la loi fédérale actuelle "sur la défense".

A cette fin, le 10ème article de la loi fédérale sur la Défense permet la projection rapide des troupes russes pour protéger leurs citoyens à l'étranger en cas d'attaque contre eux. Rappelons ici que près d'un million de citoyens des républiques de Donetsk et Lugansk sont désormais des citoyens officiels de la Fédération de Russie.

Et si, en cas de riposte russe à une offensive ukrainienne dans le Donbass, les petites hyènes occidentales hurlent à "l'invasion russe" je leur rappellerai primo que le qualificatif "invasion" ne peut être appliqué à une contre offensive et secundo, que les occidentaux sont les premiers à user et même abuser de ce droit d'intervention militaire extérieur pour exercer des ingérences illégales par contre en fantasmant sur des menaces qui souvent ne concernent même pas leurs ressortissants mais juste les intérêts de leur complexe militaro-industriel.

La Russie quant à elle respecte la morale de ce droit international, comme a été obligée de le reconnaître la commission d’enquête indépendante et internationale, missionnée par l’Union européenne, chargée de définir les causes et responsables du conflit géorgien d’août 2008 qui est évoqué ici par Constantin Kovachev. Dans son rapport final du 30 septembre 2009 la commission internationale, si elle note une "réponse excessive" de Moscou, a été obligée d'admettre que c'est bien Tbilissi qui avait déclenché le conflit, justifiant l'intervention militaire des forces russes.

Même si 10 000 hommes environ sont rentrés vers leurs garnisons à l'issue des exercices de défense russes organisés dans la région pontique, l'Etat Major russe garde suffisamment de troupes près des frontières ukrainiennes, non pas pour "envahir l'Ukraine", comme le répètent à tur tête tous les larbins propagandistes mondialistes, mais pour pouvoir porter une assistance victorieuse et sans délai aux populations du Donbass en cas d'offensive majeure ukrainienne rompant le front actuel.

Erwan Castel

mercredi 15 décembre 2021

Le temps de la diplomatie s'achève

Depuis 7 ans les accords de paix signés à Minsk entre Ukraine, Russie, France et Allemagne n'ont pas réussi à éteindre le conflit dans le Donbass, tout au plus à l'enliser dans un réseau 480 kilomètres de tranchées et bunkers d'une ligne de front de plus en plus mince et fragile.

Près de 20 000 morts plus tard (officiellement 13 000) la situation s'est brutalement empirée, les espoirs de trouver une issue pacifique au conflit ayant vu toutes les cartes diplomatiques brulées par l'Ukraine dans des provocations militaires quotidiennes et des sabotages politiques systématiques des réunions chargées de mettre en œuvre le processus de paix. Tout au plus, des accords a t-il été possible (et non sans difficulté) de réaliser quelques échanges de prisonniers et de maintenir un semblant de dialogue mais de plus en plus chaotique. 

Cette année 2021 s'est caractérisée par une stratégie ukrainienne encore plus agressive et globale car accompagnée à distance de plus en plus rapprochée par l'OTAN, à la fois à l'encontre des républiques populaires de Donetsk et Lugansk mais aussi vis à vis de la Russie, contraignant celle ci à radicaliser aussi sa stratégie politique, économique et militaire de protection des populations russes du Donbass, sans toutefois rentrer dans le jeu des provocations de Kiev et engager ses forces sur le front ou renverser la table des négociations.

Car l'objectif évident de cette stratégie ukro-atlantiste est de chercher un "casus belli" imputable à la Russie et qui sera le prétexte de nouvelles sanctions économiques voire d'embargos contre Moscou et d'une accélération de la militarisation de l'Ukraine, même si pour cela cette dernière doit, dans sa soumission totale à Washington, y sacrifier quelques centaines de soldats.

Carte du Donbass, avec la ligne de front et ses principaux secteurs bombardés. A l'Ouest et au Nord
du front les territoires des républiques de Donetsk et Lugansk occupés par les forces ukrainiennes.

Voyons quelques exemples concrets et récents de ce crescendo de provocations ukrainiennes:

Printemps 2021: 1ère escalade militaire majeure 

  • Au lendemain de l'investiture de Joe Biden à la présidence des Etats Unis, les forces ukrainiennes, à partir de la mi janvier, initient de nouvelles campagnes de bombardements lourds (avec des calibres supérieur à 100mm) et surtout, accumulent sur le front de nombreux renforts blindés et d'artillerie dans un dispositif d'assaut sur les républiques du Donbass.
  • En février, la Fédération de Russie répond symétriquement avec des mouvements importants de troupes vers les frontières avec l'Ukraine, depuis les régions continentales (Voronej Rostov notamment), la péninsules de Crimée, mais aussi le Belarus et la Transnistrie, mais, sans toutefois se déployer dans le Donbass.
La conséquence concrète de cette escalade majeure est l'augmentation importante à la fois des effectifs ukrainiens dans le Donbass qui pour beaucoup vont rester sur le front même lorsque l'accalmie intervient en avril 2021, et des aides de l'OTAN et engagements de l'OTAN en Ukraine : livraisons logistiques, formation, normalisation des forces armées mais aussi missions quasi quotidiennes des ressources de renseignement stratégique de l'alliance  le long de la ligne de front, de la Crimée et des frontières russes occidentales.


Automne 2021: 2ème escalade militaire majeure, en cours... 

Comme pour les escalades précédentes qu'elles ont initié, les forces ukrainiennes depuis mi octobre ont engagé de nouvelles campagnes de bombardements sur les territoires de Donetsk et Lugansk, mais où réapparaissent sensiblement l'emploi de l'artillerie lourde (152mm) et des bombardements dans la profondeur. 

Ce qui cependant caractérise cette escalade d'automne c'est notamment :

1 / Une capture de territoire habité

  • Mi-octobre 2021, les forces ukrainiennes engagent de nouvelles campagnes de bombardements lourds sur les territoires du Donbass, mais surtout, le 26 octobre capturent Staromarievka, un petit village agricole situé dans le zone grise du front, 60 kilomètres au Sud de Donetsk, bombardent le secteur de Telmanovo pourtant à 10 km en arrière du front et utilisent dans une mission de bombardement un drone d'attaque Bayraktar TB2 de fabrication turque.
Alimentant l'intention provocatrice, un drapeau du mouvement néo nazi "Secteur Droit" est
planté par les forces ukrainiennes sur les berges de la Kalmius en face de Staromarievka
A noter que le pont ici est celui qui avait été détruit par les forces ukrainiennes lors de leur
retraite en 2014 à l'issue du chaudron d'Iliovaïsk. Les tentatives de franchissement du génie
de combat ukrainien ont été réalisées sur la rivière au nord de cette route coupée depuis 7 ans.
 
Revenons ici sur la situation du village de Staromarievka pour mesurer le type de provocation nouvelle que constitue sa capture par les ukrops, et qui rappellent les méthodes pratiquées par Kiev lors de sa première offensive dans le Donbass en 2014 dans de nombreux villages, comme par exemple Travnevoe qui se sont retrouvés sur les lignes de contact entre ukrainiens et séparatistes:

1/ Sur le plan militaire, cette opération ukrainienne sur Staromrienka si elle s'inscrit dans la continuité des bonds successifs observés depuis 2016 pour grignoter progressivement la "zone grise" (neutre) théoriquement de 2 km de large, cette capture est nettement plus grave car elle franchit la rivière Kalmius qui dans ce secteur du front constitue la ligne de front, faisant de Staromarievka une tête de pont potentielle pour une offensive de Kiev ultérieure. D'ailleurs les ukrainiens mènent depuis des opératins de génie pour permettre un franchissement de la Kalmius par leurs véhicules de combat (aujourd'hui barge en béton après la destruction d'un pont flottant détruit par l'artillerie républicaine)

2/ Sur le plan psychologique, les forces ukrainiennes, en arrivant dans Staromarievka ont terrorisé sa population de 180 personnes, avec des unités de radicaux nationalistes qui ont bousculé, fouillé les habitations, interrogé et molesté les habitants dont beaucoup ont la citoyenneté de la République Populaire de Donetsk et, pour 36 d'entre eux, celle de la Fédération de Russie. Plusieurs civils ont été contraint de quitter leur village, d'autres qui n'ont pas d'autre choix que d'y rester vivent dans la peur des forces ukrainiennes et des combats qui peuvent éclater à tout moment dans leur secteur.

3/ Du côté des forces républicaines, elles sont dans l'impossibilité de réduire les positions ukrainiennes aménagées dans le village du fait de la présence de civils dans les maisons voisines, ce que le président Pushilin a rappelé. Seuls les activités des forces ukrainiennes sur les abords de Staromarievka ont pu être ciblées par les forces de défense du secteur de Telmanovo, notamment les travaux du génie de combat tentant d'installer des moyens de franchissement de la rivière Kalmius pour renforcer leur tête de pont sur sa rive gauche. Ainsi un pont flottant a pu être détruit par l'artillerie républicaine avant que d'être remplacé par une barge en béton.

Parmi les répercussions militaires et psychologiques de cette opération menée sur Staromarievka, on observe d'autres reconnaissances offensives ukrainiennes comme par exemple dans le secteur de Dokuchaievsk (fortement bombardé depuis 2 mois), situé à 30 km plus au Nord entre Telmanovo et Donetsk au Nord et dont les habitants de Yasnoe craignent que leur village ne subisse le même sort, car les "ukrops" sont désormais arrivés à une centaine de mètres de ses premières habitations. 

Réaction de la Russie : 

Moscou engage des protestations diplomatiques sur cette nouvelle violation ukrainienne flagrante des accords de Minsk et une procédure pénale internationale par rapport aux maltraitances subies par les résidentsde Staromarievka de citoyenneté russe  pris en otage par les forces de Kiev.

 

2 / Une intensification des attaques aériennes

  • Dans le cadre de cette nouvelle escalade militaire et escalade nouvelle, les forces ukrainiennes ont radicalement rouvert au conflit sa dimension aérienne laquelle avait disparu depuis 7 ans suite d'une part aux pertes importantes subies par l'aviation de Kiev en 2014 et d'autre part l'interdiction de survol signifié par les accords de Minsk. Drones tactiques et drones de fabrication turc Bayraktar TB2 sont désormais quotidiennement engagés sur le front dans des missions d'observations et de frappes, mais il a été observé à 3 reprises également des violations de l'aviation ukrainienne de la zone d'exclusion aérienne.
Les attaques ukrainiennes par des drones tactiques sont de plus 
en plus fréquentes et meurtrières comme par exemple ici avec le
largage d'une RKG 1600 sur le front de Lugansk ce 8 décembre.

Réaction de la Russie : 

Moscou, sans toutefois déployer des moyens militaires directement sur les territoires des Républiques de Donetsk et Lugansk a déployé le long de ses frontières avec elles des moyens radars et de guerre électronique capables de prévenir efficacement de nouvelles attaques aériennes de Kiev

 

3 / Une accumulation sans précédent de forces ukrainiennes sur le front

  • Alors que tous les propagandistes occidentaux fantasment sur les mouvements des troupes russes sur leur territoire national, pas un mot de leur part concernant les renforts ukrainiens qui arrivent quotidiennement sur le front vers un dispositif offensif et qui ont incité Moscou à faire préventivement de même. Différentes données des services de renseignement estiment à plus de 120 000 hommes les effectifs ukrainiens accumulés sur le front du Donbass, soit 50 % des effectifs combattants des forces armées de Kiev.

1 / Parmi les renforts ukrainiens en matériels arrivant sur le front, en plus des avions de combat qui sont redéployés sur les aérodromes du Donbass occupé par Kiev, on peut noter d'importants effectifs de chars de combat, d'obusiers lourds, de lance roquettes multiples et même de missiles tactiques "Tochka U". Sur certains secteurs comme le front de Avdeevka/Yasinovataya, les forces ukrainiennes ont doublé de 1 à 2 brigades.

2 /  Parmi les renforts ukrainiens en personnels, à côté des effectifs arrivant en renforts, d'autres, mieux entrainés ou équipés relèvent des unités sur le front, et on observe aussi le retour d'unités autonomes de DUK (organisation des volontaires nationalistes ukrainiens de Dmitry Iarosh) et bataillons spéciaux composés de militants nationalistes et néo-nazis, qui sont déployées sur des secteurs critiques comme ceux de Telmanovo et Dokuchaievsk sur le front Sud de la RPD.

3 / Pour la première fois depuis 2014, l'Etat Major des forces ukrainiennes dans le Donbass (ATO puis OOS) qui est basé sur l'aérodrome de Kramatorsk, à 100 km au Nord de Donetsk, a déployé vers l'avant un groupe de commandement opérationnel mobile dans le secteur de Artemvosk (à 15 km du milieu de la ligne de Front, au Nord de Gorlovka).

 Réaction de la Russie : 

Moscou, comme précédemment au printemps 2021, a décidé de répliquer symétriquement en augmentant sensiblement ses forces armées dans les régions russes frontalières de l'Ukraine et des républiques du Donbass (principalement les régions de Sébastopol, Rostov et Voronej).
 
 

4 / Une OSCE de plus en plus inutile et paralysée

  • Certes les observations de l'OSCE participent à prouver souvent les violations ukrainiennes du processus de paix et argumentent d'ailleurs les discussions engagées par le président Russe auprès de ses homologues étasuniens, allemands ou français par exemple pour décrire le comportement agressif de Kiev. Mais, force est de constater que la présence de l'OSCE est factuellement inutile par l'absence complice de moyens coercitifs pour contraindre l'Ukraine à respecter le cessez le feu que son gouvernement a signé à Minsk.

Un certain nombre d'actions ukrainiennes touchant l'OSCE ont été menées pendant cette escalade en cours, rendant encore plus inutile son déploiement sur le front du Donbass (environ 600 observateurs de chaque côté de la ligne de front, depuis 2014):

1 /  Les forces ukrainiennes interdisent aux observateurs internationaux l'accès à certains secteurs sensibles du front où s'opère le déploiement de leurs renforts, et quand elles ne tirent pas directement dessus, brouillent aussi leurs drones d'observation avec des stations de guerre électronique "Bukovel-AD" qui ont été repérées près des villages d'Orekhovo, Gorskoe, Zolotoe-4 et Rodina par exemple (front de Lugansk).

 2 / Le cas d'Andreï Kosiak, un observateur de l'OSCE, citoyen russe de Lugansk qui a été arrêté par les forces ukrainiennes le 13 octobre dans le secteur de Zolotoe 4 où il était en mission est révélateur de l'incapacité de l'OSCE a faire respecter les accords de Minsk, même pour ses propres personnels. Après avoir été enlevé et torturé par le SBU ukrainien, Andreï Kosiak a été condamné à 10 ans de prison pour activités séparatistes en 2014.

65 jours de détention illégale pour Andreï Kosiak

 "En plus de l'aggravation militaire avec nos militaires, l'Ukraine crée des provocations qui sont de dangereux précédents. Les pays garants et la mission de l'OSCE auraient dû y répondre plus activement", a déclaré Denis Pushilin, le président de la République Populaire de Donetsk.


5 / Une militarisation débridée de l'Ukraine par l'OTAN 

  • A l'exception de l'Allemagne qui, dans un positionnement défini par Angela Merkel refuse toujours d'aider militairement Kiev, tous les autres pays de l'OTAN sollicités par Kiev ou Washington participent avec les USA à l'effort de guerre ukrainien sur les frontières russes: 
- via des exercices interalliés de plus en plus importants,
- des livraisons de matériels, équipements et armes létales, de munitions,
- des conseillers techniques et formateurs,
- l'engagement opérationnel sur le front de leurs ressources de renseignement.
 
La conséquence factuelle de cet engagement militaire occidental aux côtés de Kiev, à défaut de voir l'Ukraine intégrer l'OTAN à court terme, c'est que cette dernière s'installe en Ukraine, via des bases de formation, des instructeurs, des aérodromes et quais logistiques, des postes de commandement et stations radars etc... Environ 8000 soldats de l'alliance sont ainsi déjà déployés en Ukraine.


Chaque jour désormais nous parviennent des informations concernant l'engagement physique des matériels et forces de l'OTAN en Ukraine, dans un crescendo de provocations évidentes vis à vis d'une Russie dont le président depuis des années répète avec une fermeté pourtant croissante que l'installation de bases de l'alliance atlantique constituerait le franchissement inacceptable d'une ligne rouge.

1 / Autorisée par le président Trump, le livraison d'armes létales étasuniennes s'accélère et leur déploiement sur le front du Donbass vient d'être autorisé par son successeur Biden, comme par exemple les missiles antichars "Javelin".

2 / Dans le cadre de la normalisation de l'armée ukrainienne, l'OTAN participe à la création de nouvelles bases militaires compatibles, de plus en plus près des frontières russes, et jusque dans les territoires du Donbass occupés par Kiev. 

3 / Les missions de reconnaissance des drones, avions et navires de l'OTAN sont quotidiennes et se rapprochent de plus en plus du Donbass comme par exemple avec cette première mission d'un Boeing "Rivet Joint" sur la ligne de front.

4 / les exercices interalliés de l'OTAN en Ukraine, qui sont des prétextes pour militariser le pays, eux aussi s'intensifient en nombre, durée et effectifs, le président Zelensky vient ainsi d'autoriser l'entrée de 11 000 soldats de l'alliance.

 

Réaction de la Russie : 

Moscou, qui avertit depuis des années l'inacceptabilité de voir l'OTAN s'installer plus encore près de ses frontières occidentales a restitué avec fermeté l'escalade militaire en cours en perspective de cette reptation des forces atlantistes vers ses frontières. Le président Poutine, tout en rappelant que la Russie n'avait pas l'intention d'envahir l'Ukraine, a rappelé sans concession à ses homologues étasunien britannique et français Biden, Johnson et Macron qu'il été hors de question de voir l'OTAN en Ukraine, ce qui constituerait un "casus belli" pour Moscou. Mais la demande russe a déjà reçu une fin de non recevoir de la part du "POTUS", qui politiquement commande l'Alliance.

 


En conclusion :

Ce à quoi nous assistons c'est une accélération des provocations occidentales qui souvent donnent procuration à leurs auxiliaires ukrainiens pour pousser la Russie à réagir et engager ensuite une séries d' "action-réaction" dont le but est de déclencher contre Moscou des sanctions économiques prévues "infernales" par Nuland (sous secrétaire d'Etat à la Maison Blanche), ainsi qu'une accélération de la militarisation de l'Ukraine par l'OTAN.

Dans ce jeu cynique occidental, le front du Donbass joue le rôle du détonateur de cette stratégie russophobe menée par Washington, et il est fortement probable que les provocations reprennent sur la ligne de front avec même comme il est coutumier chez les occidentaux des "false flags" meurtriers cherchant à en incriminer la responsabilité aux milices républicaines. 

Face à cette préparation militaire ukrainienne offensive le président de la DNR, Denis Pushilin, a confirmé que : "la situation sur la ligne de front est l'une des plus graves depuis 2014 en terme de nombre d'équipements et de personnels tirés par les Forces armées ukrainiennes vers le front".

Mais cette fois, les chances que cette escalade militaire retombe dans le le brouillard d'une situation figée d'une lente hémorragie "entre guerre et paix" sont nettement moins évidentes, car d'un côté l'administration étasunienne, qui a renoué avec ses objectifs du Maïdan, joue plus que jamais le mépris belliciste et que, de l'autre côté du nouveau rideau de fer, la diplomatie russe semble avoir tiré ses dernières cartouches pour la paix.

Aujourd'hui, tous les voyants sont au rouge !

Erwan Castel

jeudi 9 décembre 2021

Qui est l'agresseur ?


A la lecture des communiqués médiatiques occidentaux une conclusion s'impose : les journalistes occidentaux sont soit inaptes à leur métier soit serviles à leurs maîtres idéologiques... voire les deux ! 
Et ne croyez pas que je ne regarde que du côté de l'OTAN !, car pour ne parler que de la sphère francophone de l'information qui est pour la majorité de ces acteurs l'outrance caricaturale d'un manichéisme mental, je vomis avec le même dégoût les logorrhées des carriéristes de BFM du journal Le Monde etc. que celles des affairistes "pro-russes" Moreau ou Néant qui, comme les premiers, ne sont que les lèches culs des autorités de qui dépendent leurs petites ambitions égocentriques. 

Ma référence de vieux soldat, c'est le terrain qui lui, ne sait ni mentir ni cacher la réalité de l'Histoire et les intentions des hommes, tout le reste n'est que verbiage. Et entre les discours abscons des larbins des pouvoirs qui prétendent pour les uns qu'une invasion russe en Ukraine est imminente et pour les autres que la Russie ne prépare pas d'intervention ll existe ce qui s'appelle "le bon sens" et qui se situe entre les 2 délires propagandistes :

Tout d'abord, il suffit simplement de reprendre la chronologie des actions militaires dans le Donbass, et je ne parle pas de celle des médias russes pour être taxé de propagandiste du Kremlin, mais de celle par exemple des observateurs de l'OSCE pour constater, concernant les escalades militaires majeures russo-ukrainiennes de cette année que : 

  • Au printemps 2021, les premières concentrations de troupes russes sur les frontières ukrainiennes, en mars, commencent 17 jours après celles de Kiev sur le front du Donbass et l'augmentation drastique des bombardements ukrainiens sur les populations civiles du Donbass. Le caractère démonstratif du mode opératoire utilisé par l'Etat Major russe pour réaliser ses concentrations militaires ( déplacements diurnes, véhicules non bâchées, profusion d'images et vidéos prétendument "amateurs" autorisées sur les réseaux sociaux, prouve bien que l'objectif immédiat et prioritaire de l'opération est d'abord de dissuader Kiev d'attaquer les républiques du Donbass. 
  • A l'automne 2021, même scénario, ce sont les forces ukrainiennes qui ouvrent le bal des blindés lorsque, le 16 octobre , elles recommencent des frappes avec leurs artillerie lourde et des renforts sur le front puis, le 26 octobre, bombardent une localité civile 10km en arrière du front (Telmanovo) et capturent un village agricole dans la zone neutre (Staromarievka), utilisent le drone d'attaque Bayraktar de fabrication turque. Ce n'est que fin octobre, alors que les renforts et les bombardements ukrainiens se poursuivent, que le Kremlin décide d'un nouveau déploiement de forces, principalement sur les régions de Voronej, Rostov, et Sébastopol. 
Je le répète, le terrain n'est pas un supermarché où l'idéologue et le larbin viennent prendre ce qui nourrit leurs doxas incantatoires comme les mythes nationaux agités par Zemmour, il est une réalité entière et inaltérable qui écrase les menteurs et les imposteurs de l'information et comme de la réinformation, comme les mythomanes et les narcissiques qui s'inventent des faits militaires en sortant du théâtre.

La réalité du terrain est la suivante :

Depuis bientôt 2 mois les forces ukrainiennes augmentent leurs bombardements sur les positions défensives et les zones résidentielles civiles républicaines, et par des renforts vers le front du Donbass élèvent l'effectif de leurs combattants à 125 000 hommes et des centaines de véhicules blindés et pièces d'artillerie lourde.

Rien que pour ces premiers jours du mois de décembre, voici des exemples de renforts ukrainiens repérés par l'OSCE faisant mouvement vers le front, sachant que ce n'est que la partie visible de l'iceberg, car les observateurs ne couvrent pas H24 la totalité du front, ne travaillent pas la nuit et se voient régulièrement interdire l'accès à de nombreuses zones par l'Etat Major ukrainien. 

Extraits des rapports quotidiens de l'OSCE qui ont repérés, rien que pour ces derniers jours, 
parmi les nombreux renforts ukrainiens acheminés vers le front, entre autres matériels blindés : 
47 chars de combat T64, 8 obusiers automoteurs de 152mm, 39 obusiers automoteurs de 122mm,
 14 Lance Roquettes Multiples de 220mm BM27 et 8 Lance Roquettes Multiples de 300 mm BM30. 

Sur ce seul sujet d'une préparation à une offensive, qui à nouveau fait couler beaucoup d'encre, il serait donc intéressant que les journalistes occidentaux regardent aussi du côté de Kiev, observent sur le terrain ou lisent et écoutent ceux qui y sont réellement dans les tranchées du front et non dans les salons des centre villes rutilants.

Et pour rester dans la parole "neutre" de l'OSCE, mais qui souvent ment par omission au profit des ukro-occidentaux, voilà ce qui a été observé au cours des derniers jours sur le front du Donbass, là encore quelques exemples non exhaustifs :

  • Le 8 décembre 2021, le chef adjoint de la mission spéciale d'observation de l'OSCE en Ukraine, Mark Etherington, a visité la ligne de front de la République Populaire de Donetsk. Sur le front Sud, près du village de Bezymennoye, (district de Novoazovsk), il a personnellement été témoin du bombardement mené par les mortiers de la 128e brigade ukrainienne d'assaut de montagne positionnés dans le secteur de Shirokino (au bord de la mer d'Azov).

       
Mark Etherington de la mission spéciale d'observation de l'OSCE

L'OSCE continue également d'enregistrer des tirs ukrainiens touchant les civils du Donbass comme récemment sur le territoire de la République Populaire de Lugansk, où une femme de 40 ans du village de Dolgoe (20 km Ouest Lugansk) été blessée fin novembre à la jambe par des éclats d'obus ukrainien et admise à l'hôpital de Slavyanoserbsk qui a confirmé la blessure au tibia.
Il suffit de remonter la chronologie des observations réalisées depuis 2 mois sur le front du Donbass pour constater qui est l'agresseur, qui sont ses cibles et quel pays est le seul aujourd'hui en mesure d'éviter ou de contrer un massacre de populations civiles dans le Donbass.

Voilà le type de délire avec lequel les médias serves occidentaux abreuvent leur
public régulièrement depuis des jours : un scénario qui ne pourrait être imaginé
que si l'Ukraine engageait un guerre totale initiale et surtout suicidaire contre la 
Russie, en attaquant, au delà du Donbass, les territoires russes de Sébastopol, 
Voronej et Rostov. A noter que sur cette carte, soit disant pondue par les experts
militaires du Pentagone mais dont leurs références semblent s'être arrêtées à la
bataille de Koursk de 1943, ici les forces russes ne semblent pas disposer des 
forces aériennes ou de missiles stratégiques qui pourtant sont le fer de lance de
leurs opérations militaires modernes. Enfin pour saluer quand même en clin d'œil 
cette infographie délirante je constate que d'une part l'opération russe elle décrit 
la chute de Kiev, la libération du territoire historique de la Novorossiya, tout en 
laissant les sanctuaires bandéristes à l'Union Européenne. Finalement un rêve...


Alors en conclusion : 

  • Oui, les forces ukrainiennes se préparent à intervenir militairement contre les républiques du Donbass, vraisemblablement dans le scénario d'une attaque localisée et courte visant à créditer le pouvoir kiévien d'une capture territoriale et à faire réagir la Russie pour que puisse être déclenché contre elle un nouveau paquet de représailles économiques occidentales.
  • Non, les forces ukrainiennes ne sont pas en position défensive comme le prouve l'articulation de leurs unités d'assaut qui ne sont pas échelonnées dans la profondeur pour "encaisser" une offensive mais au contraire bien concentrées vers l'avant et dans un rapport de force favorable de 5 contre 1, pour déclencher une attaque contre les défenses républicaines.
  • Oui, les forces russes se préparent à intervenir en cas d'offensive ukrainienne pour protéger la population civile du Donbass dans un scénario lui aussi probablement limité dans le temps et dans l'espace (sauf si la Russie est également attaquée (frontières occidentales ou Crimée) et qui sera mise en œuvre une fois après que l'agression criminelle ukrainienne ne pourra plus être cachée par la propagande occidentale.
  • Non, la Russie ne s'apprête pas à envahir toute l'Ukraine comme veulent nous le faire croire les ridicules cartographies infantiles des médias occidentaux mais se prépare à réagir à une offensive ukrainienne contre la population du Donbass dont les milices n'auront alors besoin que du soutien de l'aviation et des missiles russes (étrangement absents de ces cartes occidentales) qui, à distance, réduiront en cendre toute l'artillerie et l'aviation d'attaque ukrainiennes.
Aussi, dans cette crise ukrainienne, les journalistes occidentaux et particulièrement les journalopes françaises, devraient commencer par "s'occuper de leurs fesses" à savoir le déploiement de plus en plus offensifs des forces de l'OTAN, en Mer Noire et sur les frontières de la Russie et qui constitue une vraie menace pour la sécurité de la Fédération et par conséquent pour la paix européenne. 
Et s'ils veulent quand même parler de guerre dans cette région pontique, qu'ils se contentent alors des faits et seulement des faits avérés, à savoir qu'une armée nationale ukrainienne intégrant des éléments néo-nazis bombarde un population civile en toute impunité depuis 7 ans passés au coeur de l'Europe !

Erwan Castel

A propos de l'OTAN...

Le 8 décembre, une fois encore, des chasseurs français Mirage-2000 et Rafale ainsi qu'un avion ravitailleur C-135 de l'armée de l'air française et un avion de reconnaissance P-8A Poséidon de l'US Navy qu'ils escortaient ont été interceptés à proximité des côtes russes par des chasseurs Su27 de la flotte de la Mer Noire suite au mépris total des règles internationales de communication radio avec les contrôleurs aériens de la Direction Centrale des Affaires Intérieures de la Russie...

"No comment"

mercredi 8 décembre 2021

Un non événement


La rencontre virtuelle entre les présidents Poutine et Biden autour de la carte de la Mer Noire, s'est déroulée "comme prévue" car pendant les 2 heures de cette rencontre au sommet du volcan, le faucon étasunien, pour assurer sa proie ukrainienne a tenté d'agiter la carotte et le bâton face à l'ours russe campé sur les remparts de son territoire et voulant leur conserver un glacis sécuritaire.

Les USA et leurs laquais de l'UE ont préparé un nouveau de paquet de sanctions anti-russes graves contre Moscou en cas de poursuite de l'escalade militaire dans le Donbass, qui pourtant est initiée par Kiev, et "infernaless", selon Victoria Nuland, si des forces russes interviennent dans le conflit pour protéger les populations civiles de Donetsk et Lugansk (ce qui sera immanquablement présenté par les ukro-atlantistes comme une "invasion russe").

Avant d'aborder la réunion qui a eu lieu le 7 décembre entre Biden et Poutine, rappelons ce que le président de la Fédération de Russie pense des sanctions occidentales qui pleuvent sur la Russie depuis 2014 :

« Il serait bon que ceux qui veulent imposer des sanctions à la Russie
introduisent TOUTES les sanctions qui peuvent être imposées, et dès
que possible. Cela nous libérerait les mains pour protéger nos intérêts 
nationaux par les moyens les plus efficaces. »   Vladimir V. Poutine.

Du côté nord-américain : "La carotte et le bâton"

La Maison Blanche en ignorant les provocations et menaces ukrainiennes exponentielles dans le Donbass a exprimé son inquiétude face aux mouvements des forces russes sur les frontières de l'Ukraine et menacé Moscou de sanctions graves si l'escalade militaire se poursuit. Concernant leur budget de la défense qui définit l'arsenal des sanctions anti-russes, les membres du Congrès étasunien ont retiré de la liste l'embargo sur les exportations de gaz russe et la fermeture du réseau financier SWIFT voulant ainsi donner à Moscou "un geste de bonne volonté", qui n'est en réalité que l'expression d'une mansuétude condescendante et surtout hypocrite car ces représailles peuvent être appliquées du jour au lendemain par une simple formalité administrative du Département d'Etat étasunien qui peut décider unilatéralement du "bon" ou "mauvais" comportement de Moscou. 


Et cette mentalité arrogante a été justement confirmée par la sous-secrétaire d'État américaine Victoria Nuland qui a déclaré dans le même temps que "le Nord Stream 2 pourrait être suspendu si la Russie envahissait l'Ukraine"  utilisant l'embargo éventuel sur le gazoduc russe comme un levier de pression sur la Russie : "La situation avec la disparition des sanctions du projet de budget américain de la défense commence à se préciser. Nous avons décidé d'en laisser une menace et un levier de pression sur la Russie."

Biden a confirmé également que si la Russie intervenait militairement en Ukraine, en plus des représailles économiques que Nuland prévoit "infernales" les USA soutiendraient - encore plus - politiquement Kiev et militairement ses forces armées, mais jamais il n'a été fait mention d'un engagement direct des forces de l'OTAN dans le conflit confirmant ainsi que l'objectif de Washington était les sanctions, la militarisation de l'Ukraine et limiter la casse militaire à leurs pantins ukrainiens. 


Du côté russe : le calme des vieilles troupes

Face à la doxa volontairement partiale et la vision partielle de son homologue étasunien, le président Poutine lui a rappelé que les mouvements des troupes russes n'étaient que des préparatifs défensifs face aux déploiements des forces ukrainiennes sur le front du Donbass et aux frontières de la Crimée. A force d'arguments et d'exemples indiscutables, le président russe à présenté à son homologue étasunien la réalité des violations ukrainiennes quotidiennes des accords de Paix et la menace d'une offensive et d'une épuration ethnique que Kiev fait peser sur les populations du Donbass.

Par ailleurs, répondant au récent refus du maître de la Maison Blanche de considérer légitimes les lignes rouges sécuritaires de la Russie sur son flanc occidental, le président Poutine a rappelé : "vous, les Américains, êtes inquiets pour nos bataillons sur le territoire russe à des milliers de kilomètres des États-Unis, et nous sommes vraiment inquiets pour notre sécurité et la sécurité de la Russie dans un sens global, à l'échelle mondiale" (service de presse du Kremlin).

C'est dans cette vision stratégique globale que le Président de la Fédération de Russie a positionné ses réflexions sur l'Ukraine :

"Vladimir Poutine a souligné que la responsabilité ne devrait pas être transférée sur les épaules de la Russie, car c'est l'OTAN qui fait de dangereuses tentatives pour conquérir le territoire ukrainien et construit son potentiel militaire à nos frontières. Par conséquent, la Russie est sérieusement intéressée à obtenir des garanties fiables et légalement fixées qui excluent l'expansion de l'OTAN vers l'est et le déploiement de systèmes de frappe offensifs dans les États adjacents à la Russie(service de presse du Kremlin). 

Sur ce point capital de l'expansion de l'OTAN vers les frontières russes, le président Biden a refusé d'accéder à la demande de son homologue russe de garantir officiellement et légalement que l'Ukraine n'intégrera jamais l'alliance atlantique maintenant ainsi le point de clivage principal entre américains et russes et qui a été la motivation majeure pour les uns de renverser en 2014 le gouvernement ukrainien, et pour les autres de valider le référendum de Crimée et soutenir les républiques du Donbass.

Certes, les observateurs les plus optimistes diront que le point positif de cette rencontre est la promesse mutuelle des présidents russe et étasunien de poursuivre, via leurs collaborateurs des négociations autour du dossier ukrainien, mais comme pour les groupes de travail des accords de Minsk je doute que ces négociations avec Washington soit autre chose qu'une discussion avec un sourd. 

Si on voulait résumer la position étasunienne concernant ce volcan ukrainien on peut se référer à la déclaration de Adam Smith, le Président du comité de la Chambre des représentants des États-Unis sur les forces armées  :

  • "Nous n'avons pas dit que nous voulions envoyer quelques milliers de soldats en Ukraine pour combattre avec la Russie. Ce n'est pas notre position. Notre position est qu'il y aura de sérieuses sanctions économiques et un soutien militaire pour l'Ukraine dans la formation des militaires et leur approvisionnement. Si nous disons que nous envoyons des militaires en Ukraine, cela ne fera que renforcer les craintes à Moscou, les faire réfléchir à ce qu'il faut faire ensuite. Donc nous ne le faisons pas."

La question aujourd'hui est de savoir si les USA n'ont pas décidé de déclencher de nouvelles sanctions économiques quitte à sacrifier au passage quelques milliers de soldats ukrainiens en donnant à Kiev en contrepartie une assistance militaire maximale...

Personnellement, au vu des psychopathes étasuniens et ukrainiens qui mènent la danse dans cette région pontique depuis 2014 et des enjeux stratégiques disputés autour de la Crimée, je pense que l'OTAN est réellement tentée par un coup de force ukrainien dans le Donbass... 

Photographie satellite d'une concentration d'unités russes sur près de la frontière ukrainienne.


Sur le front du Donbass

Si les occidentaux agitent au dessus de leur fantasme d'une "invasion russe imminente" les photos satellite des bases russes qui, près de Sébastopol, Rostov, Smolensk ou Voronej accueillent des centaines de véhicules blindés russes, en revanche ils regardent ailleurs quand la même quantité de matériels d'assaut ukrainiens se précipitent vers la ligne de front du Donbass.

Passant par Kharkov, des dizaines de convois ferroviaires
ukrainiens acheminent des unités blindés et d'artillerie vers
le front du Donbass. Ici 3 convois sur le même carrefour.



N'importe qui regardant honnêtement de chaque côté du front du Donbass et des frontières russo-ukrainiennes pourra aisément déterminer qui prépare réellement un offensive dans la région et qui bombarde des populations civiles quotidiennement entre Donetsk et Lugansk.

7 déc. 21 soir, bombardement ukrainien sur la 
banlieue Ouest de Dokuchaïevsk (30 km Sud Donetsk)

Erwan Castel