Affichage des articles dont le libellé est Armée ukrainienne. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Armée ukrainienne. Afficher tous les articles

lundi 15 février 2021

Si tu veux la guerre.... prépare la guerre !

 

S'il n'y avait que les discours des excités ukropithèques, réveillés par l'élection de Biden leur parrain étasunien du Maïdan, leurs vociférations russophobes ne mériteraient qu'un silence méprisant, mais de nombreuses activités de l'armée ukrainienne laissent à penser que Kiev a décidé en ce début de 2021 d'engager une nouvelle tension, provocation voire escalade  militaire sur le front du Donbass.

Depuis plus de 6 ans, les forces ukrainiennes au rythme de leur modernisation (aux normes OTAN) n'ont eu de cesse que de renforcer leur dispositif militaire ceinturant les républiques populaires de Donetsk et Lugansk sur une ligne de front de plus de 460 kilomètres de longueur mais aussi sur leurs territoires qu'elles occupent entre Mariupol au Sud de Donetsk et Markivka, au Nord de Lugansk. Ce déploiement militaire ukrainien, qui était inférieur à 20 000 combattants en 2014 dépasse aujourd'hui les 100 000 hommes (soit un rapport de 5 contre 1 en faveur de Kiev) et continue à se renforcer.

Les activités des convois militaires ukrainiens, aériens, ferroviaires ou terrestres sont donc dans le Donbass très importants mais pour relativiser les discours alarmistes ou enthousiastes des propagandistes qui, de chaque coté du front en font les compte rendus, il convient, avant de crier "au loup"  de distinguer parmi ces gesticulations d' "ukrops" et dont beaucoup restent à confirmer:

  • Les rotations d'unités qui provoquent des allers retours de personnels et matériels fréquents sans que cela corresponde à un renforcement du dispositif,
  • Les ravitaillement logistiques de nouveaux matériels, équipements, munitions etc. dont certains procèdent au remplacement de matériels vétustes ou à moderniser,
  • Les exercices et manœuvres des unités ukrainiennes qui se rendent sur les "polygones" d'entrainement situés dans le Donbass,
  • Enfin, les renforts et déploiements de nouvelles unités sur le front qui régulièrement accompagnent les préparatifs d'une nouvelle escalade militaire.
Cela précisé, force est de constater qu'une tension militaire initiée par Kiev est bien intervenue sur le front depuis environ 3 semaines (voir les articles précédents) avec notamment une reprise significative des bombardements ukrainiens, une augmentation sensible des vols de reconnaissance des drones d'observation, un renforcement des tranchées et positions de la première ligne etc...

Des renseignements stratégiques confirment par ailleurs un renforcement ukrainien du front dont les mouvement de troupes et de matériels correspondent soit 
  1. Soit à un déploiement vers l'avant d'effectifs déjà présents mais qui occupaient la deuxième ligne du front pour un "dispositif offensif" d'une première ligne où, si les mouvements se poursuivent, se compteraient bientôt près de 60% des effectifs combattants ukrainiens (au lieu des 40% habituels).
  2. Soit à un déploiement sur le front de nouvelles unités ukrainiennes parmi lesquelles ont déjà été identifiées les 93e et 95e brigades mécanisées, le 10e bataillon d'assaut de montagne et le 8e régiment des forces spéciales qui achèvent leurs préparatifs et entrainements à l'arrière 

Ainsi, plusieurs convois militaires ont été observés arrivant dans le Donbass, transportant des matériels blindés et d'artillerie dont certains sont trop nombreux pour n'être que des mouvements de rotations ou logistiques d'un simple entretien du front.

Depuis février, plusieurs trains militaires ukrainiens 
ont été observés se dirigeant vers le front du Donbass, 
comme ici ces obusiers 2A65 Msta-B de 152mm, filmés 
en gare de Zaporodje à 100 km à l'Ouest de Donetsk.

Il est nécessaire également de mettre ces gesticulations militaires ukrainiennes en perspective des gesticulations politiques et diplomatiques engagées par Kiev au niveau international pour tenter de radicaliser l'engagement occidental contre Moscou et obtenir son soutien pour une option militaire dans le Donbass, cette dernière devant bien entendu être présentée à la "communauté (autoproclamée) internationale" comme une nécessité défensive incontournable des pauvres ukrainiens innocents face aux monstrueux agresseurs russes. 

Aussi pour la énième fois depuis 6 ans, les forces ukrainiennes ont réalisé de nouvelles provocations avec leur artillerie lourde sur les secteurs de Yasinovataya (RPD) et Shastie (RPL).... juste la veille de la visite sur le front du président Zelensky accompagnant 6 représentants européens du G7 et  dans le village de Bonheur (LPR) et en n. Avdeevka (DPR). Il est hautement probable que ces bombardements lourds ukrainiens (qui n'avaient plus été observés depuis juillet 2020) ont recherché (en vain) une riposte républicaine proportionnelle pour être présentée comme une violation des accords de Minsk.

Ces provocations ukrainiennes n'ayant pas abouti, Kiev se rabat sur ces "pertes hors combat" (une dizaine par semaine) pour tenter de faire passer les accidents, suicides, overdoses et rixes mortelles en pertes militaires consécutives à des agressions républicaines et même russes tant qu'à mentir complétement. 

L'armée ukrainienne continue à subir des "pertes hors combat" importantes
(8 à 10 morts par semaine) et qui sont symptomatiques 
d'un niveau opérationnel
d'un exercice du commandement et d'une motivation mentale misérables. 


Ainsi par exemple de ces 3 soldats de la 56ème brigade ukrainienne d'infanterie motorisée qui, sur le front de Lugansk, se sont fourvoyés dans un de leurs propres champs de mines et y sont morts (capitaine Alexander Voitenko, 37 ans, les soldats de 1ère classe Vyacheslav Alekseenko, 34 ans et Dmitry Mironenko, 27 ans). Et bien que ces pertes soit banales (rien que sur ce front de Lugansk, 45 soldats ukrainiens de l'Opération des Forces Combinées sont morts sur leurs propres mines depuis le 27 juillet 2020) le président Zelensky a dépêché en urgence sur le front et le chef d'état-major Ruslan Khomchak et le ministre de la Défense Andrei Taran.... pour réaliser une enquête dont sans nul doute la conclusion à charge des forces républicaines est déjà écrite, puisqu'il est déjà question d'un engin explosif "inconnu" (et non indéterminé).

Donc, concrètement, "rien de nouveau à l'Est" mais la nouvelle distribution des cartes provoquée par l'effondrement économique catastrophique que tente de masquer maladroitement une dictature sanitaire occidentale et le retour officiels aux affaires étasuniennes des faucons de guerre démocrates, oblige à redoubler la vigilance et réévaluer là la hausse les risque d'une offensive ukrainienne. 

L'heure est donc revenue à toutes sortes d'hypothèses et de spéculations plus ou moins fantaisistes et alarmistes mais dont toutes s'accordent à considérer le processus de paix signé à Minsk comme définitivement impraticable et la confrontation militaire entre l'Ukraine et la Russie au sujet du Donbass, à moyen ou long terme comme quasiment inévitable dans un contexte international de plus en plus dominé par une russophobie occidentale délirante.

D'ailleurs, tant par la voix de Sergei Lavrov, son ministre des affaires étrangères que directement, le président russe Vladimir Poutine a martelé une nouvelle fois que jamais la Russie n'abandonnera le Donbass et qu'elle lui fournira une assistance nécessaire aux habitants des républiques en cas de menace:

«Sous mes yeux, il y a des gens qui ont été blessés et mutilés, 

en particulier des enfants, dans le Donbass  

Et même s'il faut, avant de prendre une décision, penser aux conséquences de nos démarches, 

nous n'abandonnerons jamais le Donbass, quoi qu'il arrive »


Donc, "à bon entendeur salut !

Et, une petite réflexion de Candide passant: il serait peut être temps que le pouvoir russe  reprenne le contrôle de toutes les tours du Kremlin et cesse de continuer de fournir du carburant et des pièces détachées  aux soudards ukrainiens qui bombardent quotidiennement, et depuis 7 ans un peuple russe 

Erwan Castel


dimanche 12 juillet 2020

Menaces sur le front, 1: le "Javelin"


Malgré que ce soit sous son mandat qu'ont été organisés avec l'aide des services US le coup d'Etat du Maïdan et la guerre du Donbass, Obama avait toujours opposé son veto à la livraison d'armes létales au nouveau pouvoir de Kiev en guerre contre les russes de Donetsk et Lugansk...

En revanche, des conseillers militaires, des programmes de formation et de modernisation aux normes occidentales des forces de Kiev avaient été déployés en Ukraine sur fond d'aides financières, d'assistances militaires et d'intégration aux exercices interalliés de l'OTAN, sur fond du processus d'intégration de l'Ukraine dans l'organisation atlantiste. Les seules fournitures accordées à l'Ukraine concernaient alors des équipements non létaux (logistique, transport, transmission, protection individuelle, optique, médical).

Mais, c'est finalement Trump qui, derrière ses beaux discours anti-mondialistes, va autoriser l'envoi d'armes américaines à l'armée ukrainienne, suivi par d'autres pays de l'OTAN tel que le Canada, la Turquie ou la France par exemple. 

"Business is business !" mais pas seulement...

L'engagement militaro-industriel des pays de l'OTAN en Ukraine est de plus en plus important dans les actions, les effectifs, les calendriers, et dans un déploiement géographique. Désormais cette implication de l'OTAN dans la stratégie russophobe de Kiev est visible jusque dans les territoires du Donbass occupés par Kiev jusqu'au front lui-même, régulièrement "inspecté" par des conseillers militaires étasuniens, canadiens français ou britanniques, et couvert par les ressources du renseignement étasunien (satellites, drones, radars...) en soutien aux attaques des forces armées ukrainiennes contre les territoires des républiques de Donetsk et Lugansk.

Situation sur le front



Depuis environ 1 an, en complément de l'artillerie, l'emploi par les ukrainiens de missiles antichars et de drones largueur d'obus s'est intensifié et même généralisé pour détruire les positions défensives républicaines mais aussi terroriser les populations civiles quotidiennement ciblées par Kiev.

Voici un nouvel exemple de cet emploi de missile antichar sur le front du Donbass

Juillet 2020, destruction ukrainienne d'une position 
défensive républicaine sur le front Sud de la RPD, 
secteur de Sakhanka avec 2 missiles antichars 
Localisation des tirs ukrainiens 
Les missiles antichars guidés se révèlent effectivement plus efficaces que l'artillerie pour détruire des positions enterrées et fortifiées :
  • Les équipes antichars légères, mobiles et discrètes peuvent s'approcher à proximité de leurs objectifs, puis s'exfilter très rapidement avant les ripostes.
  • Le guidage et la durée de vol très courte du missile permet de viser avec précision les parties faibles de l'objectif (embrasures, accès aux tranchées...).
  • Les charges des missiles sont à la fois performantes et diversifiées et permettent d'adapter les effets à la nature de l'objectif (charge creuse, thermobarrique...).
  • Tout comme l'artillerie, les équipes antichars bénéficient de l'appui des drones d'observations pour identifier les cibles, observer et corriger les tirs suivants. 
Sur fond de cette escalade des attaques ukrainiennes, les USA depuis 2018 livrent des système d'arme antichar FGM-148 "Javelin" aux forces ukrainiennes qui récemment ont annoncé qu'ils allaient être déployés prochainement sur le front, les programmes de formation des servants venant de s'achever par les derniers exercices de tirs opérationnels. 


Le missile antichar "Javelin"



Tandis que les USA viennent de livrer un nouveau lot de missiles "Javelin' à l'Ukraine, Kiev annonce que les unités qui en ont été les premières bénéficiaires depuis 2018 ont achevé leurs formations et entraînements et devraient être déployées prochainement sur le front du Donbass.

Selon le service de presse du commandement opérationnel "Ouest" les forces armées ukrainiennes viennent d'achever sur un terrain d'exercice dans la région de Rivne la phase finale de l'entraînement au combat des systèmes d'armes antichar FGM-148 "Javelin" (étasunien) jumelé à l'ATGM "Stugna-P" (ukrainien).
Commentant ces exercices antichars, Ruslan Khomchak, le commandant en chef des forces armées ukrainiennes a déclaré que chaque brigade qui entrerait dans les forces de l'Opération des Forces Combinées (OOS) déployées dans le Donbass serait renforcée par les "Javelins".

Sur un front déjà tendu à l'extrême, l'emploi de dizaines de poste de tir FGM-148 "Javelin" risque de constituer une nouvelle menace qui risque de provoquer une escalade majeure entre ukrainiens et républicains. Et, à ces armes antichars modernes étasuniennes qui vont multiplier les effets destructeurs des frappes ukrainiennes doivent se rajouter la haute probabilité du déploiement prochain des drones d'attaques "Bayraktar TB2" que la Turquie a livré à l'Ukraine et qui viennent d'achever eux aussi leur phase de formation et d'entrainement au sein des forces armées de Kiev. 

Pour ce qui est du "Javelin", de nombreuses vidéos circulent depuis quelques jours sur les sites ukrainiens présentant l'achèvement de son niveau opérationnel au sein des forces armées ukrainiennes et de la perspective de son déploiement dans le Donbass.

Le missile FGM 148 "Javelin" est un système d'armes étasunien conçu par les entreprises Raytheon et Lockheed Martin, déployé dans à la fin des années 90 et qui a subi depuis plusieurs améliorations afin de s'adapter à l'évolution des blindages et des défenses anti missiles modernes. 

Caractéristiques du "Javelin" :
  • Prix du poste de tir (réutilisable): 125 000 dollars
  • Prix d'un missile: 78 000 dollars.
  • Poids: 6,4 kg (poste de tir) + 11,8 kg (missile)
  • Charge utile: 8.4 kg en tandem (1ère, blindages réactifs et 2ème, pénétration) 
  • Calibre: 127mm
  • Portée: 65  (attaque horizontale) ou 150 mètres (attaque verticale) jusqu'à 2000 m.
  • Vitesse: 143 mètres/seconde
  • Guidage: autoguidage infrarouge
  • Précision: inférieure à 1 mètre
Pour résumer, le "Javelin" c'est : 
  • un missile de type "fire and forget" c'est à dire qui se verrouille automatiquement sur la cible au moment du tir et qui est ensuite complètement autoguidé par un système infrarouge pendant son vol (contrairement aux missiles actuellement en service, qui suivent la trajectoire visée ou au mieux sont guidés par des fils à la traîne manipulés par le tireur devant maintenir sa visée en permanence).
Le "Javelin" dispose de 2 modes d'attaque possibles :
  • un mode d'attaque horizontal, épousant les lignes du terrain (jusqu'à des élévations de 60 mètres) particulièrement efficace contre les positions et bâtiments fortifiés;
  • un mode d'attaque vertical où, après une montée à 160 m d'altitude, le missile frappe sa cible par le dessus idéal contre les chars et VCI faiblement blindés sur le dessus.
Les avantages du "Javelin"pour le Donbass :
  • Son système mobile et léger (20 kg environ pour un poste de tir armé) et son missile "fire and forget" autorise le binôme des servants a procéder à une exfiltration immédiatement après le tir,
  • Au moment du tir, le moteur fusée est allumé seulement après éjection du missile du tube de lancement, ce qui permet de réduire le cône arrière de sécurité et ainsi de tirer depuis des espaces fermés de type bâtiment ou position enterrée.
Récemment Olesksandr Turchinov, qui avait initié la guerre du Donbass lorsqu'il était président ukrainien par intérim puis la conduite de la stratégie militaire a appliquer lorsqu'il était chef du Comité national de Sécurité et de Défense de l'Ukraine, rappelait dernièrement l'efficacité du grignotage de la zone neutre dite "grise" (70% environ) séparant les belligérants réalisé par les soldats ukrainiens à force d'attaques ponctuelles et répétés sur les défenses républicaines. Et le "pasteur sanguinaire" de conclure qu'il fallait continuer notamment avec les nouvelles armes mises à disposition des forces ukrainiennes.

Nul doute que le "Javelin" risque alors de faire son entrée sur le front... sauf si Washington, ne voulant pas prendre voir une escalade incontrôlable s'engager dans le Donbass, donne l'ordre à ses valets ukrainiens de le garder en réserve. Car, en cas d'emploi important du "Javelin" par les "ukrops" il faut s'attendre à des destructions et des pertes importantes et donc à des ripostes républicaines proportionnelles, ce qui risque fortement de provoquer une escalade particulièrement meurtrière, qui donnera le coup de grâce définitif au jeu de dupe moribond des diplomaties enlisées...

A suivre..

Erwan Castel

Article référence : Topwar.ru


samedi 27 juin 2020

Aboiements ukrainiens dans l'aube


Ce matin 27 juin à 5h20 du matin, les habitants de Yasinovataya, à 10 kilomètres au Nord de Donetsk ont été réveillé à nouveau par un puissant bombardement ukrainien en provenance de Avdeevka. 

Mais cette fois le bombardement ukrainien qui a duré plus d'une demi heure, précipitant les familles au fond de leurs caves, était exceptionnel car réalisé par des chars de combat, alors qu'ils font partie des armes lourdes théoriquement retirées du front par les accords de Minsk. 

Vidéo d'un résident de Yasinovataya - 27/06/20

Ces chars de combat ukrainiens se sont rapprochés au plus près des lignes de défense républicaines comme en témoigne le très court instant entre de départ et l'arrivée de leurs tirs, leur cible était un blok-post républicain situé à l'entrée de Yasinovataya.

Les chars de combat ukrainiens T64 et T72, malgré les accords de Minsk, n'avaient jamais vraiment quitté le front du Donbass; dispersés dans les appuis des unités d'infanterie mécanisées ou motorisées, ils n'intervenaient que sporadiquement depuis les zones urbaines où ils sont généralement stationnées au milieu de la population civile pour dissuader les tirs des contre batteries républicaines.

Mais un bombardement intense et soutenu comme celui de ce matin ne s'était pas produit depuis 5 ans sur le front de Donetsk, et il confirme la radicalisation des pressions offensives ukrainiennes dont les unités blindées ne cessent de se renforcer sur le front.

Il reste maintenant a observer si ce retour des chars de combat ukrainiens sur le front se généralise au même titre que l'emploi quotidien des mortiers et des obusiers qui pilonnent quotidiennement les territoires républicains... Et si tel est le cas, ce nouveau type de bombardement ne pourra rester impuni à l'image de ces 2 points de tir de mortiers ukrainiens qui ont été détruits hier sur le front de Gorlovka par les milices républicaines de la RPD en réponse aux bombardements de Kiev.

Sur le front du Donbass, l'escalade militaire initiée par Kiev continue donc, encore et toujours...

Erwan Castel

mardi 23 juin 2020

Avis aux trumpolâtres de papier...


Cédant à la mentalité manichéenne qui caractérise depuis 2000 ans l'ère vulgaire de la pensée unique occidentale, nombreux sont les observateurs qui depuis les dernières élections présidentielles étasuniennes apportent leur soutien - quand ce n'est pas leur admiration - à Donald Trump dans ses conflits politiques et sociétaux avec les démocrates.
Si effectivement l'élection de Clinton aurait été une catastrophe monstrueuse et rapide pour la sécurité du Monde, on ne peut pas dire que la stratégie de Donald, certes plus soft et populiste soit meilleure à moyen terme, confirmant qu'en stratégie, l'ennemi de mon ennemi n'est pas forcément mon ami...
  • Trump promettait un désengagement au Levant, or il y a non seulement maintenu les troupes américaines, mais pire, il a jeté de l'huile sur le feu en reconnaissant Jérusalem capitale d’Israël, les territoires occupés comme israéliens et commandité l'assassinat du général Soleimani.
  • Trump promettait que les USA, n'interviendraient plus dans les pays étrangers, or en Bolivie, les services étasuniens ont soutenu le renversement du président équatorien Evo Morales par une faction fasciste et ont aidé l'opposant vénézuélien Gaïdo dans sa tentative de coup d'Etat contre le président Maduro.
  • Trump promettait de diminuer la part américaine dans l'OTAN, or il poursuit l'installation des bases US dans l'ex Europe de l'Est, soutient les processus d'adhésion de pays étant dans la zone d'influence russe (Géorgie, Ukraine par ex.) et cette année fait débarquer pour des exercices le plus gros effectif US depuis 30 ans.
On pourrait continuer à faire le tour des promesses non tenues du candidat Trump, des sanctions économiques que Washington lance encore et toujours à travers le Monde sur les pays "non alignés", sans oublier la nouvelle crise avec la Chine -certes prévisible - mais qu'il a déclenché sur fond de crise sanitaire...
Alors non, Trump n'est pas ce blanc chevalier qui terrassera le dragon mondialiste, mais juste l'acteur - le moins pire peu-être - d'une même ploutocratie dont seuls les méthodes, le calendrier et bien sûr le vernis des discours électoralistes diffèrent de celles de ses concurrents démocrates mais avec qui il partage les mêmes objectifs hégémoniques !

Personnellement, je me fous des déclarations des politiciens quels qu'ils soient, où qu'ils soient, seuls leurs actes m'intéressent pour juger leur politique réelle. Et dans ce domaine force est de constater qu"un éléphant, ça trump énormément" !

Dans le Donbass, nous sommes aux premières loges pour constater que rien n'a changé entre Trump et Obama. Les conseillers militaires et politiques étasuniens qui tirent les ficelles des marionnettes de Kiev depuis le Maïdan n'ont pas raccourci la laisse de leur meute lancée contre les républiques de Donetsk et Lugansk. Et tandis que les sanctions économiques anti-russes sont prolongées et renforcées par Washington (et l'UE), les dollars continuent de pleuvoir en Ukraine pour soutenir son effort de guerre dans le Donbass mais aussi les armes létales étasuniennes qui y sont exportées depuis que Trump a levé le veto présidentiel à leurs livraison.


Dernier exemple en date de la continuité de la stratégie belliciste étasunienne en Ukraine jetée est ce nouveau lot de missiles antichar US "Javelin" livré le 17 juin dernier à une armée en guerre contre les populations russes du Donbass.

Dans le cadre de "l'assistance américaine dans le domaine de la sécurité et de la coopération avec l'Ukraine" Kiev avait déjà reçu en mars 2018 un premier lot de postes de tir et missiles Javelin - 37 lanceurs et 210 missiles - d'un montant de 47 millions de dollars.

Si la crise sanitaire du Covid 19 qui a tant bousculé le calendrier des vols aériens et des échanges économiques planétaires, en revanche ne semble pas concerner les largages par les faucons de guerre étasuniens de bidons d'essence sur les feux géopolitiques du Monde. Ainsi le 17 juin 2020, le bureau de la coopération militaire de l'ambassade des États-Unis à Kiev a reçu des équipements d'une valeur de plus de 60 millions de dollars à remettre à leurs "partenaires ukrainiens", Cette livraison concerne principalement des moyens de communication radio, des munitions et des missiles antichar "Javelin"


Ces armes ont été livrées par un avion de Atlas Air Worldwide, la compagnie aérienne du Transport Commandement américain chargé sur la base aérienne de Douvres à destination de Kiev.Ce deuxième lot de systèmes d"arme "Javelin" et leurs missiles est d'un montant de  près de 40 millions de dollars.

« Les États-Unis sont attachés à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de l'Ukraine », nous informe t-on dans le communiqué de l'ambassade étasunienne de Kiev. Et sur les photos publiées on peut compter au minimum 120 containers de missiles "Javelin", tandis que par la rampe arrière de l'avion cargo, d'autres palettes de missiles sont encore visibles.

La Fédération de Russie a maintes fois mis en garde la communauté internationale au sujet de ces fourniture d'armes à l'Ukraine, et qui ne conduiront qu'à une exacerbation du conflit dans le Donbass. qu'exacerber le conflit dans le Donbass, empêchant ainsi définitivement sa résolution diplomatique potentielle via les accords de Minsk.


La plupart des politiciens européens se sont également prononcés contre ces livraisons d'armes à l'Ukraine, comme par exemple l'ancien président de l'OSCE, le président allemand Frank-Walter Steinmeier, qui a déclaré que "la fourniture d'armes à l'Ukraine est un moyen très risqué et contre-productif de sortir de la crise."

D'aucuns pensent que ces livraisons d'armes sont à mettre en relation avec l'escalade militaire observée sur le front, et les récents rapports concernant l'arrivée dans le Donbass d'importantes concentrations de matériels d'assaut ukrainiens (chars de combat, obusiers lourds et missiles balistiques) ne leur donnent pas tort.

De son côté, Vladimir Yelchenko l'ambassadeur ukrainien aux USA, a déclaré que Kiev négocie avec Washington sur la livraison de trois autres grandes quantités d'armes pour cette année.

Il existe donc de nombreux indices concrets, en dehors des rodomontades menaçantes mais coutumières des politiciens ukrainiens vis à vis des républiques du Donbass, qui laissent à penser que l'option militaire s'impose de plus en plus dans la gestion ukrainienne de ce conflit du Donbass.

Si une offensive généralisée est peu probable vue les moyens disponibles et encore moins une offensive urbaine vu la faible motivation des troupes ukrainiennes, en revanche Kiev pourrait -être tenté par une offensive éclair dans la zone Sud de la République Populaire de Donetsk, secteur où le tissu urbain est très faible, les frontières russes très proches et les centres stratégiques républicains éloignés. Depuis 2015, j'ai évoqué ici plusieurs fois ce scénario que j'ai baptisé "axe Sud", ce qui rappelle au passage que la menace d'une offensive ukrainienne "imminente" n'est pas une nouveauté dans les épisodes de la guerre du Donbass...

Cependant il ne faut pas perdre de vue que plus les accords de Minsk -irréalisables sous tous leurs formats possibles- se réduisent comme peau de chagrin, plus la probabilité d'un coup de force militaire ukrainien sur le front grandit...

Et dans la guerre vaut-il toujours mieux prévoir le pire que de se faire surprendre !

Erwan Castel


dimanche 7 juin 2020

Comment Paris "garantit" la paix de Minsk...

Etienne de Poncins, l'ambassaqeur français à Kiev et Aivaras  Abromavicius le Directeur d’UkrOboronProm 

Dans la série de la collaboration française au totalitarisme ukrainien, voici une nouvelle aide accordée à la France tellement généreuse de 900 000 euros qu'elle vient d"accorder à Ukroboronprom, le premier conglomérat industriel d'armement ukrainien, certainement dans le cadre de ses obligations vis à vis d'accords de paix pour lesquels l'Elysée s'est porté garant en septembre 2014 puis février 2015 !

900 000 euros me direz vous c'est une goutte d'eau qui ne va pas influencer la marée militaire ukrainienne qui s'abat sur le Donbass depuis plus de 6 ans. Certes, mais les petits ruisseaux faisant les grands fleuves, il est bon de rappeler ici les précédentes collaborations à dimension militaire du régime français au régime ukrainien... ces deux laquais zélés de l'OTAN qui se serrent se serrent les coudes (même si Kiev n'est encore que candidat à l'intégration) pour nourrir une un encerclement de la Russie réactivé depuis la fin de l'URSS.
Et il ne s'agit, sans nul doute, que de la petite partie visible de la collaboration française à l'effort de guerre russophobe commandité par Washington dans le Donbass depuis 2014.

Comme tout collabo qui se respecte, le régime macronien, dans une lâcheté n'ayant d'égal que son mépris pour les peuples et ses propres engagements internationaux, maquille ses aides sous des formules ronflantes telle que ce "diagnostic du système de gouvernance d’entreprise" qui nous feraient presque oublié la vocation militaire du client tout comme ce dernier d'ailleurs qui ne manque pas de rappeler sur son site que les armes offensives développées par Ukroboronprom, ne sont finalement destinées qu'à "protéger l'État et de sauver la vie des militaires ukrainiens" (ben voyons !) !

Un des derniers nés de Ukroboronprom : le lance roquette RPV 16, capable de tirer une roquette thermobarique (munition qui projette un aérosol hautement inflammable capable de détruire des personnels, munitions et équipements même abrités) de 93mm destinée à détruire jusqu'à une distance de 1000 mètres" "des points de tir abrités de l'ennemi, équipements légèrement blindés et véhicules, des effectifs ennemis derrière les abris, les obstacles et dans la zone dégagée de son rayon d'efficacité". Soit des caractéristiques correspondant très précisément à la nature de la ligne de front du Donbass...
Donc, lentement mais surement, contrat après contrat, les collabos parisiens continuent de soutenir ce régime criminel ukrainien qui tue quotidiennement, grâce aux multiples perfusions occidentales (FMI, UE, OTAN, Pentagone etc...) les russes du Donbass en bombardant sans relâche les populations civiles. 

Et bien sûr ces aides françaises sont puisées directement dans les poches des contribuables français au milieu des priorités de dépenses publiques nationales qu'imposeraient normalement les crises économique et sanitaire en cours...

Erwan Castel

Merci à Guillaume Lopez pour l'info.

Source de l'article: ua ambafrance.gouv

"La France octroie un financement afin de soutenir la réforme de la gouvernance d’UkrOboronProm 
C’est en ces termes que s’est exprimé Aivaras Abromavicius, Directeur général du conglomérat, lors d’un point presse tenu en commun avec l’Ambassade de France. L’Ambassadeur de France en Ukraine Etienne de Poncins a pour sa part souligné « l’enjeu essentiel » que représente « la modernisation des entreprises d’Etat pour la réforme du secteur public en Ukraine ».

« La direction d’UkrOboronProm, mandatée en ce sens par les autorités ukrainiennes, souhaite procéder à une profonde transformation de ce conglomérat à l’importance stratégique. Nous croyons que le renforcement et l’optimisation des processus de gouvernance d’UkrOboronProm constitue un point de départ pour l’amélioration des performances de l’entreprise. Par conséquent, c’est sur cet aspect que la France a décidé de concentrer son aide, apportée sous forme d’assistance technique financée par un don du Trésor français », a précisé l’Ambassadeur.

Cette prestation financée par la France visera notamment à établir un diagnostic du système de gouvernance d’entreprise en vigueur au sein du conglomérat, et à élaborer les documents nécessaires à la mise en œuvre des standards internationaux de gouvernance dans l’ensemble des entreprises gérées par UkrOboronProm.

« En définitive, notre objectif est de créer au sein d’UkrOboronProm plusieurs holdings sectorielles solides et politiquement indépendantes, pouvant s’appuyer sur des entreprises de premier plan et disposant d’un système de gestion transparent et efficace. Pour ce faire, nous avons besoin d’un examen indépendant de l’état actuel de la gouvernance ; c’est pourquoi nous accordons une grande valeur à cette coopération avec la France. Cette aide, d’un montant de près de 900 000 euros, est très importante pour nous. Destinée à financer l’intervention d’un cabinet de conseil international de premier plan, elle permettra de renforcer la réflexion et l’expertise dans le cadre de cette réforme du conglomérat », a déclaré Aivaras Abromavicius.

Selon son Directeur général, UkrobOronProm a déjà effectué un travail de revue des entreprises formant le conglomérat – suivant une méthode d’évaluation multifactorielle intégrant le rôle de chacune d’entre-elles dans le secteur de la défense, son potentiel à l’export, son capital intellectuel, ainsi que les principaux problèmes rencontrés dans leur gestion. En se fondant sur les résultats de cette évaluation, la direction d’UkrOboronProm est convaincue que le futur modèle de gouvernance devra distinguer, d’une part, les fonctions de développement des entreprises à fort potentiel et, d’autre part, la remise en ordre de marche des autres actifs du groupe."

mardi 31 mars 2020

A bon entendeur salut !

Lances Roquettes Multiples russes "Grad" 
en déplacement dans les rues de Rostov/Don 

Alors que les forces ukrainiennes, dans leur terrorisme quotidien a l'encontre des républiques de Donetsk et Lugansk, tuent et blessent des civils et détruisent systématiquement les lieux de vie proches du front, la Fédération de Russie continue de "veiller au grain" qui menace le Donbass depuis 6 ans. 

C'est ainsi que ces derniers jours, en réponse certainement aux provocations ukrainiennes sur le front du Donbass et/ou à l'intensification des vols de reconnaissance des forces aériennes de l'OTAN dans la région, les forces armées de la Fédération de Russie ont réalisé des exercices et déploiements on ne peut plus visibles dans leurs régions frontalières du Donbass.

30 mars 2020, convoi militaire ferroviaire russe 
entre Rostov/Don et Taganrok près de la frontière de la RPD.

D'habitude, les forces russes excellent dans leur discrétion, réalisant des déplacements opetationnels dispersés, sur des axes secondaires et souvent de nuit. 
Ici, nous observons au contraire de longues colonnes d'unités blindées se déplaçant en pleine journée jusque dans les zones urbaines.


30 mars, bataillon d'infanterie  motorisée russe
traversant la conurbation de Rostov/Don. 

Ces déplacements ostentatoires des forces russes sont de toute évidence un message clair adressé à un pouvoir ukrainien engagée dans une nouvelle escalade meurtrière contre les populations du Donbass, mais aussi certainement à l'OTAN pour lui rappeler que Moscou qui ne laissera pas une agression ukrainienne sans reréponse ne baisse pas la garde et que ses frontières ne sont qu'à quelques minutes du front du Donbass.


En cas d'offensive ukrainienne, les forces russes, dont l'artillerie n'a même pas besoin de se déployer dans les républiques du Donbass pour détruire ses objectifs, pourraient être déployées en deuxième ligne du front pour une contre offensive et ce, avant même que ce dernier soit éventuellement percé.

Et ces déploiements d'unités de combat russes près des frontières du Donbass démontrent par leur extrême visibilité leur objectif démonstratif et dissuasif.

Une réponse forte du Kremlin à cette nouvelle poussée de fièvre ukrainienne mais aussi une leçon stratégique donnée à des manoeuvres "Europa defender" poussées vers une débâcle par l'épidémie de Covid19....

L'Ours quant à lui, même avec un masque sanitaire sur le museau, sait rester vigilant et opérationnel...

A bon entendeur salut !


Erwan Castel 

vendredi 28 février 2020

"Qui s'y frotte s'y pique"


Dans le Donbass militaire, ce mois de février aura été marqué par la lamentable opération de communication menée par Kiev sue le front de Lugansk et pour laquelle Zelensky a sacrifié inutilement près d'une dizaine de soldats ukrainiens. Je ne reviendrai pas ici sur les détails de cette attaque ukrainienne et les motivations politiques hystériques et non moins pitoyables qui l'ont déclenché mais plus de la contre-attaque républicaine qui l'a immédiatement suivie et qui révèle les capacités opérationnelles actuelles des milices républicaines de Donetsk et Lugansk, autant que la situation psychologique du front.

Lorsque une unité ukrainienne de reconnaissance et sabotage tente de s'infiltrer dans les lignes républicaines ce 18 février 2020 à 6h00 du matin, elle est aussitôt repérée par les avants postes républicains qui ripostent, Suite à ce premier échec les ukrops qui battent en retraite précipitamment se fourvoient dans un secteur miné qui augmente drastiquement leurs pertes. 

Sur fond de duels d'artillerie consécutifs à cette première phase de cette bataille qui vadurer pendant 5 heures, les forces républicaines engagent alors une contre attaque limitée dont l'objectif est de s'emparer d'une position avancée ukrainienne organisée dans cette "zone grise" située entre les belligérants et censée rester démilitarisée.

Prise de la position ukrainienne "Bania" lors de la contre-attaque 
républicaine sur le front de Kirovsk le 18 février 2020.

C'est probablement à partir de cette position ukrainienne avancée, appelée "Bania", que s'était élancé le groupe de combat pour sa reconnaissance offensive vers les positions républicaines défendant le village de Golubovskoye. La neutraliser apparaissait donc comme une réaction minimum et prioritaire à cette attaque de Kiev.

Une unité républicaine a donc créé la surprise en sortant de ses positions pour donner l'assaut à cette position avancée ukrainienne et ce moins d'une heure après de début de l'attaque comme le montre cette image extrait d'un drone de surveillance où on peut distinguer au milieu de l'image des soldats progressant vers l'objectif.



Sans vouloir verser dans un dythérambe propagandiste des forces de défense républicaines, force est de constater qu' à l'occasion de cette matinée du 18 février elles ont démontré une grande capacité opérationnelle et une discipline de combat exemplaire qui leur ont permis de réagir promptement à l'attaque ukrainienne et d'engager une riposte ciblée et limitée contre des positions identifiées sans toutefois engager une rupture du front et une escalade majeure incontrôlable :
  • Les unités de défense après avoir repoussé les forces ukrainiennes vont engager une contre attaque limitée dans l'espace et le temps pour détruire leu base d'assaut et les dissuader de poursuivre leurs actions offensives.
  • Puis lorsque les ukrainiens entament un bombardement généralisé de ce secteur du front (7 villages seront touchés par l'artillerie lourde de Kiev), l'artillerie républicaine de engage alors rapidement des tirs de contre-batteries efficaces sur les postions de tir repérées.

"Devant nous l'ennemi, derrière nous nos familles"


Mai surtout ce choc du 18 février révèle le niveau psychologique des forces en présence sur ce front du Donbass : 
  • Malgré leur nette supériorité numérique (x 3 à 4) et une modernisation de leurs équipements et entraînements, les soldats ukrainiens ne montrent pas de motivation pour aller mourir sur le front du Donbass. Les problèmes importants d’alcoolisme et de drogues dans leurs rangs, les désertions 'avant et après incorporation) et suicides nombreux sont symptomatiques de cette dépression générale qui règne parmi les forces de Kiev. Et lorsque ces soldats sont confrontés à la dure réalité du combat, le plus souvent, ils se terrent ou s'enfuient dans une panique individuelle incontrôlée.
  • Exception cependant pour les volontaires des bataillons et unités spéciales composées principalement de soldats politiques, repris de justice et autres têtes brûlées qui au contraire veulent en découdre violemment avec les forces pro-russes mais dans une telle excitation qu'ils en perdent souvent le sens des réalités et de la discipline pour foncer dans des actes téméraires suicidaires. 
En résumé, la majorité des soldats ukrainiens savent se battre mais n'en ont pas envie de risquer leurs vies pour Donetsk ou Lugansk, et la minorité des ukrops présents sur le front du Donbass veulent individuellement se battre contre les pro-russes mais ne connaissent pas la discipline qu'impose le combat moderne.
  • En revanche les milices républicaines restent, malgré 6 années de guerre, extrêmement motivées dans leurs missions de combat. De plus l'expérience de la guerre, l'entrainement subi et la modernisation de leurs équipements et procédures d'engagement ont renforcé considérablement leur discipline et leur capacité opérationnelle. 
  • Les miliciens républicains, bien qu'inférieurs en nombre se battent sur des positions défensives le dos à leurs villages ancestraux et cités familiales, ce qui leur donne un avantage tactique compensant justement cette balance numérique et surtout une motivation extrême qui est celle d'un guerrier défendant sa famille et son clan.
Si on rajoute à ce facteur psychologique la configuration physique du front qui est au désavantage de l'assaillant, on comprend mieux pourquoi les forces ukrainiennes se contentent surtout de bombarder les républiques et ne s'aventurent que très rarement à vouloir percer leurs lignes de défense. 
En effet, le front défensif républicain s'appuie soit de grands espaces ouverts de type steppe où peuvent être observés les moindres mouvements lointains, ou alors de tissus urbains et industriels très difficiles à investir et contrôler sans un coût matériel et humain très important (pour attaquer une agglomération défendue, le ratio minimum exigé par la guerre moderne est de 4 contre 1 et d'une logistique x8).

Donc  le seul choix qui s'offre à l'Etat major ukrainien est de provoquer, toujours et encore les forces de défenses républicaines en espérant qu'elles tombent dans le piège d'une riposte disproportionnée qui serait exploitable sur le plan diplomatique par Kiev pour imposer des exigences et des sanctions nouvelles et démesurées contre la Russie.

Mais depuis 6 ans les femmes et les hommes du Donbass qui méritent chaque jour de l'ancien nom de leur cité minière ("Stalino") ont appris à "faire le dos rond" quand éructent les canons ukrainiens mais aussi de monter à l'assaut avec courage lorsque des ukrops osent venir se frotter à leurs lignes de défense.


La force morale qui anime la grande majorité des milices républicaines qui, contrairement aux conscrits ukrainiens, ne sont composées exclusivement que de volontaires pourtant peu rémunérés est sans conteste l'expression de ce lien indescriptible qui lie un homme à sa patrie charnelle, et ceci au delà de toute considération idéologique ou communautariste restrictive, car c'est la terre et l'Histoire physique d'un pays qui définit son peuple d'appartenance par rapport à tous ceux qui adoptent sa culture native, travaillent et se battent pour lui à l'image des différentes communautés de la Grande Russie qu'on retrouve dans les galeries de mines de charbons ou dans les tranchées du Donbass.

Et si d'aventure Zelensky, poussé par l'OTAN et le contexte international (Syrie notamment) venait à lancer une grande offensive dans le Donbass, c'est toute l'Ukraine qui vivrait alors sous la réponse vive des forces républicaines mai aussi, à cette occasion, des forces russes, le même destin funeste que celui  de son unité de reconnaissance sacrifiée le 18 février dernier devant les défenses de la République Populaire de Lugansk.

Erwan Castel