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vendredi 28 janvier 2022

La guerre des nerfs bat son plein


Dernière minute :

Au moment où je publie cet article sur les réseaux sociaux, la ville de Donetsk est paralysée par une série d'alertes à la bombe touchant des bâtiments administratifs, privés, culturels et mobilisant un dispositif important des services de sécurité et de déminage républicains. 
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Dans sa crise sécuritaire qui l'oppose à Moscou, Washington semble décidé à se lancer dans une fuite en avant irrationnelle, belliciste et suicidaire..... pour l'Ukraine où le fantasme propagandiste d'une "invasion russe de Kiev", qui aujourd'hui a supplanté largement la psychose organisée autour du Covid 19, cherche a entrainer les occidentaux dans une guerre des nerfs contre les russes.

1 / Sur le front international

Dans son speech du 27 janvier, John Kirby, le porte parole du Pentagone a déclaré: "les États-Unis observent depuis 24 heures plus d'accumulation de forces de combat crédibles par la Russie dans les régions entourant l'Ukraine, y compris en Biélorussie" sans mentionner bien-sûr la tenue des exercices militaires russo-belarusses dans le Belarus et la mise en alerte de 6000 soldats russes dans le district militaire Sud de la Fédération (en réponse à la mise en alerte de 8500 soldats étasuniens).

Mais la palme d'or des délires politico-médiatiques occidentaux de la journée revient sans conteste à Joe Biden qui, dans  une conversation téléphonique avec son laquais ukrainien Zelensky a tout simplement complétement perdu la raison :

Selon un haut responsable ukrainien du correspondant international principal de CNN, Matthew Chance, Biden a déclaré à Zelensky "une invasion russe de l'Ukraine est désormais pratiquement certaine et que Kiev pourrait être  mise à sac par les soldats russes"  "préparez vous à l'impact" estomaquant un Zelensky qui lui a même demandé de modérer sa rhétorique, en particulier l'utilisation du mot "imminent", car il risque de provoquer la panique et des conséquences économiques négatives pour l'Ukraine.

Il semble que les responsables occidentaux à force de s'enivrer de leurs mensonges soient vraiment atteint d'un délirium tremens collectif où ils prennent leurs fantasmes propagandistes pour la réalité comme cette Sherman, sous-secrétaire d'État US qui également a déclaré que "Washington voyait des signes (dans une boule de cristal ?) indiquant annonçant une offensive russe contre l'Ukraine à la mi-février".

Et les déclarations occidentales de se lancer, tant qu'à dire des conneries, vers les sommets de l'outrecuidance. Restez assis car là c'est du lourd !: 

Alors que l'OTAN est prêt à provoquer une guerre européenne entre Kiev et Moscou pour le droit à se positionner le long des frontières de la Fédération de Russie, Washington, toute honte bue déclare le 27 janvier que "les USA réagiront fermement à une éventuelle présence militaire russe à Cuba" (sur le territoire duquel rappelons le en passant ils ont eux mêmes une base à Guantanamo) !

Bien sûr, tous ces délires occidentaux ne sont que des rabatteurs destinés à pousser l'opinion internationale a accepter l'abattoir de sanctions économiques qui même si elles sont dirigées vers Moscou impacteront gravement l'ensemble de l'économie européenne, et l'occupation militaire renforcée de l'Europe avec notamment un déploiement maximum de troupes sur les frontières de la Russie :

Concernant le volet économique :

  • Sous-secrétaire d'État US Nuland: "Si la Russie envahit l'Ukraine, le projet Nord Stream 2 sera arrêté",
  • 1er ministre britannique Johson: "La Grande-Bretagne se prépare à renforcer les sanctions anti-russes, n'excluant pas les mesures personnelles contre Poutine et la déconnexion de la Fédération de Russie de SWIFT... avec l'aide des États-Unis."
  • Ministre britannique des Affaires étrangères Truss: "nous préparons un projet législatif de nouvelles sanctions plus sévères contre un certain nombre d'entreprises et d'individus en Russie pourrait être présenté dans les prochains jours.",
  • Département d'État US et CIA "il a été présenté en Europe une liste de sanctions contre la Russie en cas d'invasion de l'Ukraine".
  • Union Européenne: "En cas d'invasion de l'Ukraine mais aussi de cyberattaque, de campagne de désinformation (?) et de restriction de l'approvisionnement en gaz, un "paquet de mesures" contre la Russie est en préparation, qui pourrait inclure une restriction sur la conversion des devises, la possibilité d'introduire des mesures de contrôle des exportations, la restriction d'accès au système de paiement SWIFT, ainsi que d'imposer des interdictions d'importation et d'exportation".
Ici il faut relever une divergence entre les menaces des Anglo-étasuniens et celles des européens, par rapport au gaz russe , les premiers enclins à annuler le lancement du gazoduc "North Strream 2" et les seconds demandant au contraire que les sanctions anti-russes ne touchent pas le secteur russe de l'énergie dont ils dépendent (40% de la consommation de gaz de l'UE vient de Russie); rejoignant sur ce point la volonté du Kremlin de ne pas instrumentaliser le marché énergétique qui est vital aux populations.

Concernant le volet militaire :

  • Pentagone: "Les États-Unis commencent à fournir un nouveau programme d'assistance militaire à l'Ukraine, qui comprend à la fois des moyens létaux et non létaux",
  • Pentagone: "De nouvelles unités ont été placées en alerte pour un éventuel déploiement en Europe de l'Est parmi lesquelles la 82ème division aéroportée de Fort Bragg, la 101ème division aéroportée de Fort Campbell, le 18ème Corps aéroporté (Forts Bragg & Campbell), la 4ème division d'infanterie de Fort Carson...",
  • Pentagone: "Les troupes américaines basées en Europe ont également été placées en état d'alerte en vue d'un éventuel déploiement pour renforcer les défenses de l'OTAN", précisant que le général Tod Wolters, Commandant d'EUCOM (Forces des États-Unis en Europe) "peut de sa propre initiative déplacer des forces autour d'intérêts".

2 / Sur le front du Donbass

Les forces ukrainiennes poursuivent sans relâche leur préparatifs offensifs accumulant désormais sur les 480 km de front du Donbass environ 150 000 hommes selon les derniers rapports de l'OSCE synthétisés par son représentant russe, Alexandre Loukachevitch qui relève au passage l'incohérence totale des autorités ukrainiennes qui agitent le fantasme d'une invasion multidirectionnelle mais constituent un groupe militaire uniquement le long de la ligne de contact dans le Donbass. Et le ministère ukrainien de la Défense a annoncé envoyer 11 000 hommes supplémentaires vers son "Opération des Forces Conjointes" déployée dans le Donbass. 


Plusieurs indices importants rapportés par le renseignement militaire confirment les préparatifs ukrainiens à une offensive contre les républiques populaires de Donetsk et Lugansk:

  • Arrivée de convois logistiques importants apportant d'importants stocks de carburant, lubrifiant et munitions près de la première ligne du front, notamment dans les secteurs de Krasnoarmeysk, Druzhovka, Zachatovka, pour les secteurs des 25e, 56e, 54e, 53e et 36e brigades ukrainiennes vers lesquels les approvisionnements sont effectués de nuit vers des dépôts disséminés en campagne à 15-20 km du front.
  • Dans les hôpitaux militaires de campagne, des secteurs de Konstantinovka, Kurakhovo, Volnovakha et Mariupol, les patients sous traitement sont renvoyés d'urgence vers leurs zones de déploiement pour y finir leurs soins. Des stockages des dons de sang de pansements et matériels médicaux ainsi que des lits supplémentaires sont organisés.  Des points d'accueil de tri et ventilation des blessés sont aménagés en amont des hôpitaux. 
  • Les dirigeants des administrations militaro-civiles des régions du Donbass occupées par les forces ukrainiennes ont ​​reçu l'ordre de vérifier les plans d'évacuation des résidents vivant dans les zones résidentielles proches de la première ligne, ainsi que de vérifier les véhicules et les installations destinés à leur transport et hébergement. 
  • Dans les centres de recrutement de Kharkov, Tserkov, Kherson, Dnipropetrovsk, les organisations nationalistes ukrainiennes ont activé un rappel accéléré des volontaires ayant une expérience militaire, pour les diriger vers des camps d'entraînement militaires tandis que des collectes de fonds sont réalisées pour compléter leur équipement. 
A noter que, dans le contexte de la menace de sabotages ukrainiens contre des centres vitaux, les forces républicaines de sécurité et du contre espionnage redoublent d'attention, invitant également la population à relever des activités suspectes. C'est ainsi qu'une cache contenant du TNT et des grenades a été découverte non loin de Dokuchaeîvsk (30 km Sud de Donetsk).

Sur la première ligne du front les forces de Kiev continuent leurs provocations dont certaines meurtrières: 

Défenseur de Donetsk tué à Staromikhaïlovka

  • Près de Staromikhaïlovka (Ouest de Donetsk), le 27 janvier, un groupe de reconnaissance ukrainien venant de Krasnogorovka, au cours d'une infiltration a poignardé un soldat républicain avant de l'abandonner dans une zone boisée.
  • Sur le front de la République Populaire de Lugansk, à 15h50 le 27 janvier, un bombardement de Veselogorovka (partie Ouest de l'autoroute de Bahmutka) par une unité de la 30ème brigade ukrainienne (cdt Zinevich) avec des canons sans recul SPG 9 et des mitrailleuses lourdes ont tué un autre défenseur républicain.

Sur le front, on observe de plus en plus de combattants occidentaux, 

  • mercenaires de sociétés militaires privées comme par exemple "Academi" signalée cette semaine sur le front de Lugansk (qui n'est autre que l'ex "Blackwater" dissout pour crime de guerre en Irak) et "Forward Observations Group",
  • instructeurs étasuniens, britanniques ou canadiens qui, loin de leur zone de travail (dans des bases à l'Ouest du Dniepr), viennent de plus en plus souvent sur la ligne de front du Donbass,
  • nationalistes radicaux, volontaires dans les bataillons spéciaux ukrainiens dont la plupart revendiquent une filiation idéologique nazie et bandériste, comme par exemple ces 2 britanniques rencontrés sur le front Sud, à Shirokino (au bord de la mer d'Azov).

3 / Du côté de l'Ukraine

Les rats continuent à quitter le navire comme le plus gros milliardaire ukrainien, l'oligarque Rinat Akhmetov qui est parti se réfugier à bord de son jet privé (avec de lourdes valises à roulettes" à Dubaï où il a organisé une infrastructure de secours pour continuer ses "affaires".

Kiev multiplie les actes de mendicité auprès des anciennes RSS d'Europe de l'Est pour que soient transférés en urgence aux forces armées ukrainiennes leurs vieux stocks de pièces et munitions d'artillerie soviétiques, à l'exemple de la Tchéquie qui envoie à l'Ukraine 4000 obus de 122mm.

Le gouvernement de Kiev quant à lui continue de refuser d'emprunter le chemin de la Paix à l'exemple de son Ministre des affaires étrangères Kuleba qui réaffirme que "l'Ukraine ne négociera jamais avec les organisations de Lugansk et Donetsk", ce qui, selon lui est "une question de principe". De tels propos reviennent tout simplement à déclarer une sortie des accords de Minsk qui prévoient au contraire de négocier avec les représentants de Donetsk et Lugansk la tenue d'élections, la définition d'un statut spécial, l'échange des prisonniers, l'application de l'amnistie etc.

4 / Du côté de l'OTAN

Les forces ukrainiennes continuent à être formées en urgence par des instructeurs britanniques à l'utilisation du système polyvalent (antichar et anti fortification) NLAW livré ces derniers jours à Kiev par Londres.

Une réunion de sécurité doit se tenir ce 28 janvier en Pologne pour faire un point de situation sur la crise internationale entre OTAN et Russie les aides militaires à l'Ukraine et le déploiement sur ses frontières orientales des unités de combat de l'Alliance.

En plus des transferts d'armes aux forces ukrainiennes par les pays baltes, un 4ème avion d'aide militaire en provenance de la base de Douvres aux États-Unis est arrivé à Kiev tandis qu'un 9ème Boeing C-17A Globemaster III de l'armée de l'air britannique atterrissait à Lvov (Ouest de l'Ukraine), soit pour renforcer l'assistance britannique et canadienne sur la base de Yavoriv, soit pour livrer une nouvelle cargaison d'armes.



Récapitulatif des aides militaires britanniques envoyées par gros porteurs C17 à Kiev

Le jour même Washington remettait ses réponses écrites aux propositions russes de sécurité collective européenne pas moins de 5 aéronefs de reconnaissance reniflaient la ligne de front et les régions frontalières russes :

Avions de reconnaissance électronique RC-135W Rivet Joint, CL600 ARTEMIS, 
EP-3E ARIES II et drone RQ-4A Global Hawk, de l'US Air Force ont recopié ce
26 janvier 20222 dans le ciel pontique la réponse de Washington à Moscou

Ces missions de surveillance aérienne de l'OTAN qui peuvent être également des missions de  de guerre électronique en appui d'une offensive ukrainienne (brouillage des radars de défense, géolocalisation des cibles...) sont quotidiennes depuis plusieurs semaines  augmentant leurs durée et se rapprochant toujours plus de la ligne du front du Donbass.


Du côté de la Russie

Maintenant que la volonté belliciste étasunienne a été actée par sa réponse écrite transmise le 26 janvier, les réactions en Russie s'accélèrent et autour d'une solidarité totale envers les républiques populaires de Donetsk et Lugansk dont les principales initiatives sont :

  • La proposition présentée par le parti communiste de Gennady Zyuganov à la Douma de reconnaissance officielle des républiques de Donetsk et Lugansk et déjà soutenue par d'autres partis qui sera étudiée début février,
  • La proposition unanime présentée par Andrey Turchak du parti "Russie unie" de fournir aux forces de Défense de Donetsk et Lugansk des armes adaptées aux nouveaux effectifs et armements des forces ukrainiennes sera soutenue rapidement.

Et dans le district militaire Sud, les exercices d'alerte de combat terrestres ou maritimes et les manœuvres avec les forces bélarusses continuent à monter en puissance, posant clairement les capacités militaro techniques de la Fédération de Russie à défendre les populations du Donbass (dont plus de 90 000 citoyens russes) ainsi que sa zone d'influence  sécuritaire occidentale.

Mise en alerte de combat de la 150ème brigade 
mécanisée du District Sud, région de Rostov sur
le Don sur les frontières avec la République de
Donetsk et à 40 km seulement de la ligne de front

En déployant ses forces de défense sur son flanc occidental, la Fédération de Russie marque concrètement sa zone d'influence sécuritaire et les lignes rouges qu'elle tente de faire comprendre depuis plusieurs années aux faucons de Washington.

Couverture aérienne des systèmes de missiles modernes antiaériens russes S 400 
déployés sur le flanc occidental de la Fédération de Russie etre Baltique et Mer Noire

Et pour finir en riant... 

Pressée depuis plusieurs semaines par le mendiant ukrainien de bien vouloir lui jeter quelques armes et matériels de guerre pour sa guerre contre les russes, l'Allemagne a finalement cédé au harcèlement ukropithèque et Christine Lambrecht, la ministre allemande de la Défense a donné l'ordre d'envoyer aux forces ukrainiennes un lot de... 5000 casques, ce qui risque de provoquer des érections nostalgiques du côté des bataillons spéciaux ukrainiens héritiers des collabos bandéristes de tonton Adolf !


Quant aux invincibles armadas blindées de l'oncle Sam, il n'y a pas que leur camouflage levantin qui n'est pas adapté au "front de l'Est":

Char de combat Abrams des forces étasuniennes
se déployant sur les frontières orientales polonaises.

A suivre...

Erwan Castel

samedi 15 janvier 2022

SITREP du 15 janvier 2022

Le 14 janvier, un autre soldat républicain a été tué sous un bombardement ukrainien 

Au cours de la semaine écoulée (au cours de laquelle se déroulaient les pourparlers Est-Ouest), les forces ukrainiennes ont violé 20 fois le cessez le feu sur le front de la République Populaire de Lugansk et 18 fois sur celui de la République Populaire de Donetsk (bombardement notifiés par les observateurs de l'OSCE). Outre une augmentation du nombre des provocations ukrainiennes à l'encontre des positions défensives républicaines autant que des zones résidentielles proches du front, on constate une augmentation des calibres utilisés, notamment avec des mortiers de 82 et 120mm.

Ainsi, le 14 janvier 2022:

  • A 12h45. Bombardement ukrainien de Spartak (Est aéroport de Donetsk) depuis les positions de Peski. 1 obus de mortier de 82 mm, et des grenades AGS 17 tirés. 
  • A 13h05. Bombardement ukrainien de Donetskoye (Nord Ouest de du front de Lugansk) depuis les positions de Novotoshkivske. 4 obus de mortier de 82mm tirés, provoquant la mort d'un soldat de la RPL. Suite au bombardement ukrainien, des tirs de riposte républicains ont été engagés sur les points de tir ennemis: 1 tué et 2 blessés côté ukrainien. 
Les forces ukrainiennes ne s'en prennent pas qu'aux milices et habitants des républiques mis aussi entravent de façon de plus en plus importante les missions d'observations de l'OSCE, en interdisant à ses patrouilles et ses drones d'accéder à certaines zones où des renforts et des armes lourdes sont en cours de déploiement. 
Ainsi cette semaine et pour le seul front de Lugansk, des groupes mobiles du 20ème bataillon ukrainien de guerre électronique ont brouillé les réseaux de guidage des drones de l'OSCE dans les secteurs de Zolote 4, Vershina, Krinichnoye, Vozdvizhenka et Lugansk, afin d'empêcher le travail des observateurs internationaux.

L'Etat major ukrainien continue également à déployer des groupes de volontaires radicaux sur la première ligne du front comme par exemple ces trois binômes de tireurs d'élite formés par des instructeurs lituaniens et qui sont arrivés dans la zone de responsabilité de la 30e brigade mécanisée ukrainienne (limite entre les républiques de Donetsk et Lugansk), dans le secteur de "l'arc Svetlodarsk".

Alors que les combats directs n'ont pas encore repris, les "ukrops", comme d'habitude, continuent de subir des "pertes hors combat" en plus de celles occasionnées par les tirs de riposte républicaine. Ainsi par exemple pour le seul "groupe Nord de l'Opération des Forces combinées" qui correspond au front de la République Populaire de Lugansk, l'Etat Major ukrainien déplore entre les 8 et 15 janvier 2022 :

8 janvier au 15 janvier 2022 Au cours de la semaine écoulée, les pertes hors combat de l'OTG "Sever" se sont élevées à CINQ personnes, dont DEUX sont décédées, TROIS: ont subi diverses blessures et blessures, notamment: 
  • 30e brigade ukrainienne : 1 "300" (blessé) Lors d'une inspection des positions 12 janvier, le commandant du bataillon a battu le sergent Dekhtyar DEKHTYAR:  blessure cranio-cérébrale fermée et des côtes cassées. 
  • 24e brigade ukrainienne : 1-"200" (mort), 2-"300" (blessés) Le 9 janvier, lors d'une bagarre avec des résidents de Popasnaya, 2 militaires ont été blessés, et le11 janvier, un militaire s'est suicidé avec une mitrailleuse légère près du village de Novoaleksandrovka. 
  • 79e brigade ukrainienne : 1-"200" (tué) le 13 janvier, un soldat est mort d'une overdose de drogue.
Un petit aperçu du niveau moral et de discipline de nombreux ukropithèques déployés sur le front... Et c'est pareil sur les autres secteurs du front et les autres jours. Depuis l'été 2020, ce ne sont pas moins de 460 "pertes hors combat" qui ont été ainsi déclarées officiellement par l'Etat major ukrainien, sans compter celles qui sont maquillées en accidents civils, désertions ou pertes au combat. 

Tandis que dans les tranchées glaces du front une ambiance "désert des tartares" impose tensions et attentions accrues, à l'arrière, les forces armées perfectionnent par des entrainements au combat hivernal leurs capacités opérationnelles :

Côté ukrainien, des chars de combat aux couleurs des nationalistes radicaux
ont mené des exercices d'attaque dans le Donbass occupé par Kiev.

Coté républicain, les unités de chars et d'infanterie des républiques de Donetsk 
et Lugansk ont mené également des entrainements au combat.

Du côté de Rostov sur le Don, des unités de chars de combat russes ont
également mené des exercices opérationnels et médiatisés.

Du côté de l'Ukraine

Le député ukrainien Fyodor Venislavsky, membre du Comité de la Verkhona Rada sur la sécurité nationale, la défense et le renseignement a annoncé sur une chaîne de télévision ukrainienne que le 15 janvier les forces de défense territoriale dans les régions frontalières de l'Ukraine devraient recevoir des armes et des informations sur leur déploiement, et le ministère de la Défense prévoit de distribuer ainsi des armes dans toutes les autres régions d'ici la fin de l'hiver. 


Cette action insensée de Kiev est effectuée dans l'application de la loi votée à la Verkhona Rada, le parlement ukrainien, «Sur les fondements de la résistance nationale» et rentrée en vigueur le 1er janvier de cette année. Selon cette loi, pour libérer le maximum des effectifs opérationnels des forces armées, l'organisation et l'accomplissement des tâches de défense territoriale de l'Ukraine sont confiés aux "Forces de défense territoriales des Forces armées ukrainiennes". (STO) qui sont sous les ordres du général Yuri Galushkin. Cette mesure vise à impliquer et former le maximum de civils dans la "lutte contre l'agresseur russe" (formation interarmes, équipements), par zones territoriales de défense, lors de périodes rémunérées.

Le personnel concerné est en premier lieu le corps des réservistes mais aussi selon la loi votée, des citoyens âgés de 18 à 60 ans, hommes et femmes, avec ou sans expérience militaire, pouvant être recrutés dans les rangs de la STO, 

Les observateurs russes mais aussi ukrainiens, font remarquer que les volontaires ukrainiens pour les forces de réserve ou le recrutement spontané sont d'abord des personnes appartenant aux mouvements radicaux nationalistes ou des asociaux et têtes brulées souvent animés par une motivation politique radicale et une russophobie hystérique.

Armer encore plus d'ukropithèques est un risque de voir survenir encore plus de "dérapages" criminels contre les populations russophones du Sud et de l'Est de l'Ukraine mais cela représente aussi et surtout un pari risqué pour le pouvoir, dont l'impopularité présidentielle est de plus en plus vive parmi les nationalistes radicaux, lesquels veulent entre autres actions politiques, soutenir l'ex-président Porochenko dans le collimateur d'une justice instrumentalisée par une guerre de clans oligarques .

Du côté de l'OTAN

Tandis que circulent dans le camp occidental des fantasmes plus délirants les uns que les autres (invasion russe de l'Ukraine, false flag chimique russe sur le front de Gorlovka...), les forces de l'OTAN continuent concrètement d'intensifier leurs activités au plus près de la ligne de front du Donbass et des frontières russes régionales.

Le 14 janvier une nouvelle mission d'observation et d'appui électronique au profit des 
forces ukrainiennes, a été réalisé par un Boeing E-8C Joint STARS de l'US Air Force 
effectuant plusieurs aller-retour en parallèle de la ligne de front du Donbass.

Par ailleurs un ancien officier du renseignement américain a révélé aux médias étasuniens, l'existence d'un programme de formation pour les responsables de la sécurité et les agents du renseignement ukrainiens d'élite aux États-Unis mené par la CIA. Ce programme, créé sous la présidence Obama a ensuite été élargi par l'administration Trump et plus encore par l'administration Biden. 



Ce programme, qui initie les services spéciaux ukrainiens à des missions d'infiltration, de sabotage et d'assassinats, est réalisé à partir d'une base de la CIA aux USA, de camps d'entrainement en Ukraine ainsi que des missions d'assistance technique sur le front lui-même. Selon les médias, ces proxys ukrainiens de la CIA  devraient jouer un rôle clé en cas d'une escalade majeure du conflit avec une riposte russe qui sera sans nul doute décrite comme "l'invasion russe" tant fantasmée par les ukro-atlantistes.

Du côté de la Russie

Sur ordre présidentiel, une alerte de combat inopinée a été lancé pour les forces armées russes stationnées dans la région occidentale pour tester et évaluer les capacités de déploiement lointain de forces opérationnelles. "Le message du ministère de la Défense note que les troupes des Forces de défense aérienne, lors du test à distance, effectueront des tirs réels et élaboreront également un large éventail de tâches pour organiser un soutien complet. Il est précisé que l'événement se déroule en préparation des exercices stratégiques de commandement et d'état-major Vostok-2022". Mais tout le monde aura compris le message dissuasif adressé à cette occasion au régime de Kiev dont l'armée piaffe d'impatience et de froid sur le front du Donbass...


En conclusion...

La météo depuis la soirée du 14 janvier, avec des tempêtes de neige calme un peu les ardeurs des ukropithèques mais sans aucun doute, dès que la visibilité terrestre et aérienne sera revenue les provocations de Kiev continueront de plus belle ou pire encore...

"Il suffira d'un signe..."

Alors que les bruits de bottes emplissent les horizons du Monde, un vent hivernal, venant du Nord 😉 a déployé les drapeaux russes et républicains du Donbass rebelle... et déchiré le drapeau ukrainien de Kharkov. 

Au sortir du nouvel traditionnel russe, le Dieu ancien Stribog a donné sa sentence ! L'heure de la victoire approche !

"Ура, ура, ура !"

Erwan Castel 

lundi 13 décembre 2021

Mamaï, toujours vivant dans les coeurs

Oleg Mamiev, dit "Mamaï" dans les tranchées de Promka - Photo Kristina Melnikova

A l'occasion de l'anniversaire de feu Mamaï, le commandeur de la brigade Piatnashka tué au combat le 17 mai 2018, j'ai rencontré 2 journalistes à Donetsk, Elena Tchinkarenko et Dimitri Steshin qui m'avaient invité à évoquer la mémoire de ce "commandeur" que j'ai eu l'honneur de servir au sein de la brigade internationale Piatsnashka.

Mamaï a rencontré son destin le 17 mai 2018 sur le front de Promka sur l'un des avant-postes que notre bataillon tient sur le front de Yasinovataya au Nord de Donetsk. 

En 6 ans, plus d'une quinzaine de proches camarades ont disparu à l'horizon des tranchées du Donbass, quand d'autres y laissaient un bras ou une jambe. 

Dans les halls des casernes leurs portraits accueillent les vivants, leur rappelant le sens du devoir et le prix de la Liberté. Au pied de leurs regards figés par l'Histoire, de pieuses offrandes viennent saluer leur sacrifice de leurs âmes et alimenter la force de ceux qui ont ramassé leurs armes.

Mais, aux cœurs de ceux qui les ont côtoyé dans la poussière, la boue ou la neige du front, ils sont toujours présents comme les membres de sa famille, comme sont présents à jamais également, mais dans la mémoire, ces autres soldats dont les silhouettes fugaces se sont écroulées un jour dans le réticule de son fusil. 

Les uns et les autres nous rappellent la tragédie de nos destinées humaines qui nous emportent comme des fétus de paille dans la tempête de nos passions.

Erwan Castel

Source de l'article : Novorosinform

"Il n'était pas seulement un commandant de bataillon 
mais aussi un père"

Un volontaire français de "Piatnashka" a parlé de Mamaï

Mamaï se tient au milieu d'une foule lors du 1er défilé de la victoire, le 9 mai 2015
 - Photo Svetlana Kisileva

12 décembre Héros de la République Populaire de Donetsk, Oleg Mamiev (indicatif d'appel Mamai), le légendaire commandant de bataillon de la brigade internationale "Pyatnashka", aurait eu 44 ans.
Si le 17 mai 2018, sa vie ne s'était pas tragiquement terminée sous les tirs de mortiers ennemis aux premières lignes de la "promka"...

Nous avons parlé de Mamaï avec un volontaire de France, Erwan Castel, qui a combattu sous ses ordres. Erwan est un tireur d'élite de la brigade Piatnashka et un ancien officier de carrière dans l'armée française, originaire de la province de Bretagne. En janvier 2015, Ervan est arrivé à Donetsk et s'est porté volontaire pour la milice. En septembre 2019, Erwan a été grièvement blessé par l'explosion d'une mine en première ligne, le privant pratiquement de son bras gauche. Voici ce qu'il a dit à propos de Mamaï :

"Depuis que je suis venu combattre dans le Donbass, j'ai eu plusieurs commandants. Je ne veux pas parler maintenant de savoir si l'un d'eux était meilleur ou pire. Mais Mamai est seul parmi eux ¨qui a laissé des souvenirs indélébiles de lui-même. Il y a différents types d'officiers:  il y a des officiers d'écoles, théoriciens,, il y a ceux qui construisent une carrière militaire, même si tous les deux sont capables parfois de se montrer à la hauteur du champ de bataille. Mamaï appartenait à la catégorie la plus rare des vrais officiers militaires, ceux formés et forgés par les combats. Pour moi, il était l'incarnation vivante d'un vrai chef militaire..

Mamaï commandait les soldats non par ses galons ou son physique athlétique, mais exclusivement par la force de son exemple personnel. Ceci est très précieux pour un soldat ordinaire. C'était un homme simple et modeste, mais en même temps il possédait une autorité incontestable et savait naturellement inspirer l'obéissance. Mamaï avait une carrure athlétique, il était présent aussi bien dans les formations qu'en première ligne et toujours à l'écoute de ses combattants. Les portes de son bureau étaient toujours ouvertes, même pour les simples soldats.

Par exemple, pour illustrer sa personnalité il était venu à sa dernière Parade de la Victoire le 9 mai 2018 en grande tenue, mais sans décoration Et, à mon avis, c'est très caractéristique de lui. Le pathos, la vanité lui étaient étrangers, tout ce qu'il faisait venait du cœur.

Autre détail très important pour moi en tant que militaire : chaque mois, il était en première ligne. Cela pourrait être à l'occasion d'une fête calendaire, d'une fête patriotique ou à l'occasion de l'anniversaire d'un des soldats. Il venait nous voir avec du thé, des bonbons, un gâteau et restait longtemps avec les soldats sur la ligne de front, essayant de connaître quel était leur état d'esprit et quelle était la situation actuelle.

Je suis tireur d'élite dans la brigade Pyatnashka et je me souviens très bien comment Mamaï est venu me voir et m'a demandé de me montrer les positions à partir desquelles j'effectuais l'observation et le tir. J'ai vu qu'il savait à la fois observer l'ennemi et préparer une position de tireur d'élite. De plus, il s'intéressait très sincèrement à mes préoccupations actuelles, si j'avais des problèmes techniques. Pour tous les soldats de notre unité, il n'était pas seulement un chef de bataillon, il était, sans exagération, un  père.

Quelques jours avant de tomber au combat, "Mamaï "était venu nous visiter sur notre
position de Promka du front de Yasinovataya, avec "Snak" notre commandant d'unité 

Avec tous mes camarades nous nous se souviendrons à jamais de cette tragique soirée du 17 mai 2018. J'en parle sincèrement et sans pathos. Le jour où Mamai est mort sur le champ de bataille, j'étais au "bal". Ma position était à environ 500-600 mètres de la position  Donaï, où Mamai a été mortellement blessé.

Ce soir-là, les forces ukrainiennes nous ont tiré dessus très fort. Ils nous ont tiré dessus avec des mitrailleuses lourdes, des mortiers de 82 mm et des lance-grenades AGS. La plus grande partie de notre unité était sur la position en état d'alerte, car nos positions sur les avants postes de Promka sont constamment la cible de tirs, et nous ne sommes séparés par endroits que d'une centaine de mètres des lignes ukrainiennes, ce qui les incite aux provocations.

Vers neuf ou dix heures du soir, un message passa parmi les soldats d'une sentinelle à l'autre que Mamaï avait été blessé. À ce moment-là, nous étions inquiets, mais pas surpris : il était souvent en première ligne, surtout si la situation était tendue. Pour nous, Mamai ne pouvait pas mourir, il était notre commandant de bataillon, et à nos yeux il était immortel. Nous connaissions tous son histoire : c'était un volontaire d'Ossétie, venu dans le Donbass dès les premiers jours du "printemps russe', dans les rangs de l'unité d'alors « Vostok », il participa aux combats aux frontières sud de la république, où il fut grièvement blessé à l'œil à Stepanovka, Il a survécu à de nombreuses batailles majeures en 2014. Pour nous, il était immortel...

Mais aux environs de minuit, de nouvelles informations sont passées par la position annonçant que Mamai était mort de ses blessures. Nous avons été choqués. Mais ce choc ne nous a pas dévasté, ne nous a pas paralysé, mais il nous a fait serrer plus fort l'arme dans nos mains. Mais en même temps, nous avons ressenti un vide dans nos cœurs. Il était notre commandant, aux yeux d'un soldat, un commandant ne doit pas mourir au combat, il doit résister, survivre. Habituellement, un simple soldat sacrifie sa vie sur la ligne de front. À ce moment-là, nous avons ressenti le véritable héroïsme de Mamai. »


A propos des funérailles du commandant du bataillon, Ervan a du mal à retenir ses larmes :

"Après la rotation, nous sommes venus aux funérailles de Mamai à Donetsk. Vous n'avez pas besoin de penser que les militaires sont des gens insensibles. Au contraire, si la guerre ne rend pas les soldats trop émotifs, en revanche elle leur fait ressentir plus intensément les tragédies, la souffrance et la misère autour d'eux, ce fut une journée terrible, mais ce jour-là, j'ai vraiment senti que Mamaï était un vrai héros.

On pensait dire au revoir au commandant en cercle étroit, au sein de ses proches et sa famille militaire, notamment son unité de combat, la brigade internationale "Piatnashka", une unité de combat qui avant tout est une grande famille. Mais lorsque nous sommes arrivés avec des couronnes mortuaires dans le centre de Donetsk, j'ai vu une foule immense de civils affluer en un flot incessant vers l'opéra, où la cérémonie d'adieu a eu lieu. La foule était presque aussi nombreuse que celle qui, quelques mois plus tard, viendrait dire au revoir au premier chef de la RPD, Alexander Zakharchenko. J'ai vu devant moi des dizaines de milliers de personnes qui s'étaient rassemblées pour dire le dernier adieu à Oleg Mamiev. Pour nous, ce fut une reconnaissance inestimable et inouïe non seulement de ses mérites personnels, mais aussi la reconnaissance de nous, ses combattants, et de tout le Donbass.

Le volontaire ossète Mamaï, lors des premiers combats de 2014 

Mamaï n'était pas originaire du Donbass, il était de nationalité ossète. Mais il a réussi, avec toute sa modestie naturelle, à devenir une véritable personnification de la résistance du Donbass. Avec de véritables émotions, je me souviens de ses camarades d'Ossétie, dont certains sont venus ici avec lui pour se battre comme volontaires . Ce sont des gens extraordinaires, comme un bloc de granit brut : simples, durs, mais avec une âme généreuse. Je les ai vus sangloter de manière incontrôlable à l'opéra, où était exposé le cercueil avec le corps de Mamai, et cette image restera à jamais dans ma mémoire.

Un camarade ossète de Piatnashka, sur le parvis de la cérémonie d'adieu à Mamaï

Je me souviens aussi d'une photo prise par Svetlana Kisileva lors du premier défilé de la victoire à Donetsk le 9 mai 2015. On y voit Mamai tenant une petite fille dans ses bras. Il se tient au milieu d'une foule très dense de gens de Donetsk qui se sont rassemblés pour admirer le défilé militaire, et une aura puissante semble émaner de lui.

Oleg Mamiev n'était pas un homme des tribunes, il était un homme du peuple et a toujours voulu être avec le peuple. C'était un homme simple, mais il possédait de telles qualités qu'il incarnait ¨malgré lui la vraie noblesse de l'âme."

Erwan Castel



dimanche 12 décembre 2021

Un provocation inédite de l'OTAN dans le Donbass

Obusier ukrainien de 152mm 2S19 "Msta-S", en cours de déploiement sur le front 

Dans l'escalade en cours dans le Donbass entre les forces ukrainiennes et séparatistes initiée par Kiev il y a 2 mois, nous assistons maintenant à un crescendo de provocations ukro-atlantistes de plus en plus importantes et dangereuses, malgré les nouveaux pourparlers engagés entre la Maison Blanche et le Kremlin et qui débordent largement la zone du front pour menacer la stabilité et la sécurité internationale de toute la région de la mer Noire.

Parmi les provocations ukrainiennes quotidiennes on observe une utilisation de plus en plus meurtrière des drones de frappe tactiques qui sont lancés dans des attaques visant aussi bien les positions défensives des milices républicaines que les zones résidentielles civiles. 

Ainsi ce 10 décembre un drone ukrainien a largué une munition inconnue près d'un abri bus dans la périphérie Sud Ouest de Donetsk (Trudovsky) et lors de la tentative de neutralisation de l'engin qui n'avait pas initialement explosé, 1 soldat a été tué et un autre blessé grièvement, ce dernier succombant lui aussi à ses blessures le lendemain 11 décembre matin.

Le 11 décembre, un autre ukrainien drone de type Valkyrie a été neutralisé en vol par la défense électronique de le défense Nord de Donetsk alors qu'il se dirigeait vers l'hôpital 21 dans le quartier d'Okyabrsky. Après analyse de l'appareil crashé au sol, les enquêteurs ont conclu qu'il s'agit d'un drone d'observation employé observer et corriger les tirs de l'artillerie. Ce qui est inquiétant c'est que la zone où il travaillait est une zone résidentielle où vivent de nombreuses familles, avec une école, un hôpital et un petit marché qui ont déjà été bombardés plusieurs fois depuis 2014.
A noter que le 10 décembre matin un autre drone ukrainien d'observation s'était déjà crashé au pied d'un immeuble d'habitations (pour des raisons inconnues).

 Drone ukrainien, intercepté le 11 décembre 2021 au
dessus d'Oktyabrsky - Photo de Dmitry Astrakhan

Alors que les projecteurs de l'OTAN sont exclusivement braqués sur les mouvements des unités militaires russes sur leur propre territoire national en organisant des cris d'orfraie dans toutes leurs officines politico-médiatiques, pas un seul mot en revanche sur les concentrations offensives des forces de Kiev sur le front du Donbass qui pourtant les ont provoqué et sont autant de violations ukrainiennes des accords de Minsk (contrairement aux forces russes qui ne sont toujours pas présentes dans les républiques de Donetsk et Lugansk).

Depuis 2 mois, des renforts ukrainiens arrivent quotidiennement sur le front rejoignant ceux qui y étaient restés à l'issue de la dernière escalade du printemps 2021. Ainsi ces derniers jours les observateurs de l'OSCE dont les missions sont de plus en plus entravées par l'Etat major ukrainien qui leur interdit l'accès à de nombreuses zones et brouille leurs drones d'observation, ont constaté :

Les 8 et 9 décembre: 

Arrivée à proximité de zones résidentielles de

  • 6 mortiers automatiques Vasiliek de 82mm à Konstantinovka (Nord Ouest Donetsk)
  • 17 chars de combat T 80 à Zachatovka 

Le 10 décembre 

Le départ de leurs zones de retrait vers le front de

  • 2 systèmes d'armes de missiles antichars de 130mm 9P149 "Schturm"
  • 4 canons antichars de 100mm MT 12 "Rapira"
  • 11 obusiers automoteurs de 152mm MSTA-S


Sur le front Sud de la République Populaire de Donetsk, le couloir de Granitnoe (côté ukrainien) à Telmanovo (côté républicain) est toujours sous tensions et attentions militaires.
  • A Granitnoe, les forces ukrainiennes, pour consolider la tête de pont que leur offre la capture (le 26 octobre) du village de Staromarievka sur la rive gauche de la rivière Kalmius (qui dans ce secteur trace la ligne de front) viennent d'installer un bac en béton pour remplacer un pont flottant précédemment installé mais détruit par l'artillerie républicaine. Renseignement confirmé par les observations de l'OSCE dans ce secteur.
  • Depuis leurs positions les unités ukrainiennes continuent leurs harcèlement des positions républicaines, et parfois à leurs dépends comme par exemple ce BMP2 ukrainien qui, en quittant sa position de tir sur le front Sud a sauté sur une de ses propres mines antichars. Rapidement la soute à munitions du véhicule blindé a explosé à son tour. les observateurs républicains ont vu 1 seul membre de l'équipage pouvoir s'extraire du véhicule.
Un BMP ukrainien saute dans un de ses champ de mines 
      • Toujours sur ce front Sud de la RPD, des unités autonomes ou spéciales composées de radicaux nationalistes (ou étrangers) sont arrivés sur le front, comme l'avait promis Dmitri Iarosh, le petit führer ukrainien lorsqu'il ava été récemment nommé "conseiller spécial" du chef d'Etat Major ukrainien, par exemple:
1 / Sur le front de Novoazovsk, des groupes de reconnaissance ukrainiens supplémentaires sont arrivés en 1ère ligne partageant leur excitation sur les réseaux sociaux, comme l'unité nationaliste "les ours" par exemple venue renforcée la 128e brigade ukrainienne sur le front de Mariupol.  
 
Groupe de reconnaissance ukrainien de l'unité "Ours"
Cherchez l'erreur ! (qui en fait n'en est pas une quand
on connait l'idéologie de ces psychopathes "ukrops")

Un gros plan sur les uniformes des "ours" !, mais
les bobos mondialistes vous diront encore qu'il n'y
pas de néo-nazis dans l'Ukraine du Maïdan.

2 / Sur le front de Volnovakha, entre Donetsk et Mariupol (dans le secteur particulièrement tendu de Granitnoe / Telmanovo, tout ou partie du bataillon néo-nazi "Aydar" a été déployé (avec déjà un tué déclaré dans ses rangs). 


Du côté de l'OTAN

Bien que les responsables de l'alliance ont bien signifié à Kiev qu'ils n'avaient pas l'intention d'engager des forces au contact direct de forces russes, ils ont en revanche renouveler leur soutien inconditionnel garantissant des aides militaires illimitées à l'Ukraine et des sanctions économiques "infernales" contre la Russie si elle intervenait militairement dans la région.

Après la nouvelle provocation maritime ukrainienne dans le détroit de Crimée,  ce 9 décembre, c'est au tour des USA de réaliser une autre provocation, cette fois dans le ciel du Donbass, avec un avion de reconnaissance RC-135W Rivet Joint de l'US Air Force :

L'ambiguïté hypocrite de ce positionnement occidental est déjà visible dans le ciel du Donbass où pour la 1ère fois un avion de reconnaissance RC-135W Rivet Joint de l'US Air Force est venu observer la ligne de front depuis l'espace aérien contrôlé par Kiev. 

Jusqu'à présent l'OTAN confiait ce genre de mission à ses drones stratégiques RQ 4 B "Global Hawk" de la base de Siganolla en Sicile, et le fait que maintenant elle envoi un appareil avec équipage constitue une étape supplémentaire des provocations occidentales dans la région.

Arrivé au dessus de la zone occupé par les forces ukrainiennes le "Rivet Join" étasunien, transpondeur allumé pour être bien visible par tous les radars a réalisé 4 boucles d'observation de la ligne de front dans l'après midi du 11 décembre 2021.

L'appareil espion étasunien RC-135W 62-4134 a effectué 4 rotations pour un enlèvement d'observation de 100 km environ de front. Il volait à  à une altitude de 9.450 m et une vitesse de croisière de mach 0,5 à partir de la croisière. 

Si l'appareil est ancien (famille des Boeing KC 135 née en 1965), les versions RC sont équipées des dernières technologies de guerre électronique permettant de détecter les signaux radars et de communications mais aussi de les brouiller).

Si ces missions de renseignement stratégique de l'OTAN qui déjà très fréquente dans le Donbass avec les drones "Global Hawk" dont les missions sont aujourd'hui complétées par les missions d'observation des drones d'attaque Bayraktar TB2 dont dispose Kiev, elles génèrent un trafic encore plus dense au dessus de la Mer Noire où de nombreux appareils de recherche électronique occidentaux coupent leurs transpondeurs et effectuent des manœuvres mettant menaçant la sécurité du trafic arien civil. 

Ainsi ces derniers jours, plusieurs incidents aériens ont été provoqués par ces avions espions de l'OTAN qui se croient au dessus des lois internationales relatives à la sécurité aérienne :

  • Le 3 décembre 21, un avion de l'Aeroflot effectuant une liaison Moscou-Sotchi Tel Aviv avec 148 passager à BORD  a été contraint à une manœuvre d'évitement d'urgence pour éviter la collision avec un avion espion étasunien ARTEMIS CL600. Quelques temps après le même incident se renouvelait avec un petit avion privé

  • Ce 10 décembre, c'est le vol U6-219 transportant 160 passagers, un avion d'Ural Airlines, volant d'Ekaterinbourg à Sotchi, qui a lui aussi réalisé un évitement d'urgence pour éviter une collision avec un avion non identifié. Information confirmée par le Royaume Uni (tiens tiens !)



Du côté de la Russie 

Ignorant les menaces cyniques des faucons de la Maison Blanche Moscou poursuit les déploiements défensifs de ses forces armées vers son flanc occidental, espérant ainsi dissuader Kiev de lancer ses propres concentrations blindées contre les populations des républiques du Donbass où vivent aujourd'hui prés de 1 million de citoyens ayant obtenu la nationalité russe. 

Un exemple de concentration russe, ici dans la base militaire près de Valuyka (région de Belgorod) á environ 20 km de l'Ukraine. Images haute prises par le satellite Maxar les 7 septembre  et 5 décembre:



Région de Voronej




Région de Voronej ! Gare ferroviaire de Maslovka. 

Région de Rostov d'importants convois militaires russes 
se dirigent vers les frontières de la République de Donetsk
qui n'est dans le Sud qu'à 30 kilomètres de la ligne de front.



Région de Smolensk, convoi militaire russe en route
vers les frontière ukrainiennes


Comme je le rappelais précédemment (ici par exemple), le terrain est la seule référence fiable dans une crise politico-militaire, car, plus les tensions sont vives, plus les discours ne sont que surenchère d'accusations identiques où il est difficile de discerner qui réellement est l'agresseur et qui est l'agressé...

Sauf si on regarde par dessus le parapet des tranchées, dans les hôpitaux civils proches du front, dans les rapports des observateurs internationaux ou sur les radars de l'aviation civile...

Erwan Castel