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lundi 1 juin 2020

L'hémorragie du Donbass


Dans le Donbass, ce mois de mai 2020 aura été marqué par des événements importants dans cette guerre interminable aux confins de l'Occident et l'Eurasie où le martyr étouffé d'un peuple entame sa septième année de larmes et de sang:
  • En premier lieu, une augmentation importante du nombre de victimes civiles touchées par les bombardements et les tirs des forces armées ukrainiennes. Au total 20 personnes - 1 tuée et 18 blessés (dont 6 enfants) - ont été touchées lors de tirs ukrainiens intentionnels sur leurs quartiers ou villages résidentiels auxquelles il convient de rajouter 3 autres blessées par l'explosion de mines terrestres.
  • En second lieu et conséquence de ces bombardements ukrainiens exponentiels sur les civils, les 2 républiques de Donetsk et Lugansk ont décidé, les 19 et 20 mai, de mettre en alerte de combat maximale leurs forces de défense, qu'elles ont autorisé à riposter aux agressions de Kiev avec tous les moyens dont elles disposent infligeant depuis des pertes importantes aux unités bombardant leurs territoires. 
 Camarade de ma compagnie, Alexeï Markitantov, 32 ans, volontaire de Carélie au sein de la Brigade Piatnashka. "Karel" avait été grièvement blessé le 25 avril 2020 sur le front de Yasinovataya, il meurt des suites de ses blessures le 18 mai 2020
  • Enfin, l'hémorragie subie sur la première ligne de défense par les milices populaires de Donetsk et Lugansk continue, et la Brigade Piatnashka continue de payer le lourd tribut du sang pour la Liberté du Donbass, avec 1 tué, "Karel", un jeune volontaire de Caréliede 32 ans venu défendre le Donbass et mort des suites de ses blessures ce 18 mai 2020.
Voici, comme à chaque début de mois, quelques uns des visages de ceux qui ont rejoint, pendant cette période où les mémoires commémorent le 75ème anniversaire de la victoire de 1945, les rangs d'un régiment immortel qui compte désormais des milliers de volontaires du Donbass tombés dans une guerre qui malheureusement n'est pas prête de se terminer.

Que la terre soit légère à leur repos éternel et le souvenir de leurs sacrifices lourd dans les coeurs de celles et ceux qui ont ramassé leurs fusils.

Erwan Castel




1 mai, Vyacheslav Shvylyov, 44 ans.



2 mai, Roman Velikin, 41 ans.





2 mai,, Pavel Kiforuk, 34 ans.



5 mai, Alexander Fochenko, 38 ans.




5 mai, Vitaliy Cheprunov, 56 ans.



5 mai, Vladimir Belitsky, 60 ans.





6 mai, Anatolyevich , des suites à blessure.


7 mai, Alexander Melnichenko, 47 ans.





8 mai, Zagrubsky Victor, 50 ans.



9 mai, Skitilyagin Alexander, 25 ans.





13 mai, Arzamastsev Nikolay, 37 ans.




15 mai, Gapurov Ruslan Abdulhakimovich, 52 ans.





16 mai, Alexey Perekhlest



17 mai, Zolotarev Vladislav, 52 ans




18 mai, Alexei Markitantov, 32 ans.



20 mai, Alexander Golovin, 30 ans.





23 mai, Artyom Mertsalov, 28 ans.



24 mai, Alexander Doronin, 43 ans.




25 mai,  Stanislav Valerevich Cherednik, 27 ans.


29 mai, Valery Pustovalov, 53 ans.







31 mai, Vladychenko Aleksey, 25 ans.



31 mai, Baranov Alexander, 48 ans.





Mises à jour:


17 mai, Andrei Tsykov, 33 ans.




18 mai, Demi Anatoly Valentinovich, 41 ans.







25 mai, Cherednik Vladislav, 27 ans.



28 mai, Zhidovkin Denis, 31 ans.







31 mai, Aleksey Vladimirovich  -Kochegar, 25 ans
































mardi 19 mai 2020

Adieu "Karel"

"Quel sentiment anime les russes ? 
L'enthousiasme, et encore l'enthousiasme !"

Gavrila Romanovitch Derjavine, officier poète russe (1743-1816)


Karel en 2019, dans notre "forteruine" sur le front de Yasinovataya, avec un "Shok", ce fusil antichar "made in Donbass qui est une modernisation en calibre 12.7mm du légendaire PTRD soviétique et qui est d'ailleurs toujours en service sur le front.

Aujourd'hui les drapeaux de la brigade Piatnashka et de ma compagnie sont à nouveau en berne car un de nos camarades nous a quitté des suites de ses blessures reçues sur le front de Yasinovataya le 25 avril dernier. "Karel", un jeune homme de 32 ans, grièvement blessé par un sniper ukrainien avait  rapidement sombré dans un coma qui malheureusement devait lui être fatal, malgré le combat mené jour et nuit autour de lui par le personnel médical de l'hôpital de Donetsk où il avait été évacué.


Mardi 19 mai 2020

"Karel est décédé !"...

Ce matin la triste nouvelle a circulé de chambrées en bureaux, du poste de garde à la popote de la compagnie, laissant derrière elle une traînée de silence et perdants les regards dans les souvenirs partagés avec ce jeune homme d'à peine 30 printemps, volontaire venu défendre le Donbass de sa lointaine Carélie russe dont il avait choisi le nom pour indicatif comme on choisit de porter un drapeau avec fierté...

Le 25 avril dernier les positions tenues par notre bataillon sur le front de Yasinovataya avaient subi un bombardement important d'une artillerie lourde ukrainienne dont les obusiers de 122 mm étaient appuyés par des tirs nourris menés par les unités nous faisant face, parfois à seulement 100 mètres de notre ligne de défense. Ce jour là, notre compagnie a eu 2 blessés, "Rex et Karel", salement touchés au bras et flanc gauche par des snipers ukrainiens positionnés dans les ruines de cette zone industrielle de Promka, secteur du front particulièrement disputé depuis 5 ans.

Contrairement à "Rex" dont l'état a pu être stabilisé, "Karel" a rapidement présenté des complications et dégâts irréversibles qui l'ont plongé dans un coma très inquiétant nous préparant tous au pire. Mais le pessimisme médical le concernant n'a pas atténué le choc lorsque la nouvelle de son décès est tombée même si probablement il a libéré notre camarade d'une situation désespérée. 

Même sous la rigueur de l'hiver donbassien , les yeux de Karel pétillaient de plaisir
 au dessus d'un sourire que rien ne pouvait cacher 

Il est toujours difficile sur le moment d'évoquer une personne disparue, tant les souvenirs et anecdotes même les plus insignifiantes deviennent autant de bornes lumineuses éclairant ce tronçon de vie parcouru ensemble sur le front du Donbass. 

Si je devait résumer en un mot "Karel", tel que je l'ai connu et côtoyé dans les rangs de Piatnashka, je choisirai le mot "enthousiasme" tant il avait su conserver intact dans son coeur ce désir permanent de "croquer la vie" passionnément, parfois jusqu'à l’excès et d'offrir en permanence à l'entour son sourire généreux et ses rêves de jeunesse portés par une humeur joviale constante, quelle que soient les circonstances extérieures. 

L'engagement désintéressé de ce jeune russe symbolise cette force éternelle d'un patriotisme russe volontaire qui, du Kamchatka oriental à la Carélie occidentale et de la Sibérie septentrionale au Caucase méridional uni dans une destinée commune et une fraternité instinctive tous les peuples d'un monde russe dont l'identité supra communautaire traverse intacte ses déclinaisons impériale, soviétique ou fédérale historiques.

"Karel" et "Rex" et mézigue, le 22 mai 2019, à l'occasion de l'inauguration de la statue de Mamaï  notre chef de bataillon qui, comme Karel et tant d'autres volontaires, avait été mortellement blessé sur ce même front de Yasinovataya il y a 2 ans.

Par leurs sacrifices, "Karel" et tous ces volontaires qui depuis 6 ans passés viennent des quatre horizons donner leur sang pour la Liberté du Donbass témoignent de cette conscience commune qui unit les différents peuples slaves dans la défense de leur diversité contre l'esclavage d'une pensée unique cherchant à soumettre et uniformiser la Terre pour marchandiser toutes ses formes de vie.

Ce soir une étoile de plus brille dans les rangs célestes du régiment immortel russe, tandis qu'ici bas, les mémoires humaines et la terre de Promka mille fois secouées par l'acier de la guerre garderont comme un feu éternel cet enthousiasme qu'un enfant de Karélie est venu offrir au Donbass reliant par son sang les mers Noire et Blanche de la Grande Russie.

Que "Karel" repose en paix, et que la terre lui soit légère car il restera vivant dans nos coeurs !

Erwan Castel


Les autres extraits de mon journal du front : ici 

samedi 9 mai 2020

D'une guerre à l'autre...


Il y a 75 ans, prenait fin la seconde guerre mondiale, le 9 mai 1945 à 00h00 heure de Moscou. Pour la Russie, cette victoire a un goût amer à cause, d'une part des 27 millions de morts trop souvent ignorés voire méprisés par les occidentaux alors qu'ils furent sans conteste les grands artisans de la défaite du IIIème Reich, et d'autre part de cette déchirure de l'Europe qui va lui survivre.
Mais le pire pour la Russie en général et le Donbass en particulier, c'est que cette Victoire  de 1945 est d'autant plus amère que, sous la houlette d'une hégémonie mondialiste libérale et suicidaire menée par les USA et ses laquais occidentaux, on voit resurgir des égouts de l'Histoire l'idéologie et les méthodes d'un nazisme que l'on croyait avoir vaincu !

On aura beau dire que "comparaison n'est pas raison", force est de constater que dans la nouvelle Ukraine née d'un Maïdan fomenté par les services nord-américains, les références historiques et symboliques, les discours politiques propagandistes, la répression policière et les crimes de guerres se réclament régulièrement de l'idéologie nazie et sont illustrés depuis plus de 6 ans par l'exacerbation d'une russophobie fanatique occidentale dont le paroxysme est visible quotidiennement sur le front d'un Donbass où quotidiennement frd femmes et des hommes tombent en défendant leur Liberté.

Il est donc logique et même légitime que les sangs versés du passé et du présent se rejoignent aujourd'hui comme deux affluents bouillonnant dans l'immense océan de la mémoire des peuples de Russie, à l'image des rangs de ce terrible "régiment immortel" qui, tel un tsunami déferle chaque 9 mai dans les rues du Donbass, pour nous rappeler que si la "grande guerre patriotique" est terminée; le combat immémoriel des peuples pour leurs libertés, n'est malheureusement pas fini...


Défilé du "Régiment immortel' dans les rues de Donetsk, à quelques kilomètres d'un front 
bombardé quotidiennement par les forces ukrainiennes, cette année là (9 mai 2018), "Rex", 
un camarade et ami de la brigade Piatnashka portait aux côtés des héros du passé le visage 
immortel de son deuxième fils mort au combat quelques mois plutôt sur le front de Yasinovataya. 
Ce père courageux et fils fidèle de la Russie, qui a pris également les armes pour défendre sa 
terre et sa liberté, a été blessé il y a quelques jours par un sniper ukrainien, au cours de
cette guerre qui, dans les coeurs et dans les chairs, semble se poursuivre 75 années après....
Aussi en cette journée mémorable du 9 mai, j'adresse toutes mes pensées admiratives pour les soldats de l'armée rouge qui ont libéré l'Europe asservie il y a 75 ans et à ceux qui continuent aujourd'hui à défendre les armes à la main ses traditions et libertés contre cette nouvelle hégémonie totalitaire qu'est la dictature mondialiste de la marchandise qui veut amnésier et mettre en esclavage la Terre et ses derniers peuples libres.

Et que les rassemblements populaires célébrant cette victoire de 1945 soient aujourd'hui grevés et reportés ultérieurement à cause de cette pandémie du Covid19 sévissant sur l'ensemble de notre planète, cela prouve s'il en était encore besoin les méfaits criminels, qu'ils soient directs ou indirects, de cette mondialisation effrénée d'une pensée unique amorale et suicidaire via son idéologie du progrès, ses échanges démesurés, ses consommations illimitées et des violences sans règles d'une pensée unique qui, au fil des pouvoirs et des profits est devenue inhumaine, et que le combat contre le système doit se mener sur tous les fronts de l'existence.

Aujourd'hui dans ce Donbass en guerre dont j'ai rejoint le combat et la souffrance, un peuple a ramassé les armes des anciens pour défendre ses traditions identitaires et finalement continuer le combat pour la Liberté et la diversité de la vie...


Si on décrétait 1 minute de silence pour chaque citoyen soviétique mort pendant la seconde guerre mondiale, alors le Monde resterait silencieux pendant 50 années !!



Le combat continue !

Et je garde l'espoir que les autres peuples, suivant l'exemple du Donbass, comprennent enfin la nécessité vitale, par delà les clivages des idéologies éphémères et des communautarismes superficiels, de s'unir à nouveau et de prendre les armes pour combattre encore et toujours cette bête immonde qui se cache sous les dorures d'un mondialisme consumériste et suicidaire.

Erwan Castel


"En route !"



mercredi 6 mai 2020

Volontaires !


La chappe du coronavirus qui paralyse les rassemblements n'empêchent pas les pensées humaines d'échapper au confinement mondial et notamment en cette première quinzaine de mai où s’enchaînent en Russie et particulièrement dans le Donbass les commémorations patriotiques, depuis celle du 1er mai (Travail) jusqu'à celle du 11 mai (République) avec comme point d'orgue la célébration de la victoire de 1945, le 9 mai.

Aujourd'hui 6 mai est célébrée le 6 mai, "la journée du volontaire", une célébration créée en octobre 2015 lors du 1er congrès de l'Union des Volontaires du Donbass.

Yulia Chicherina a réalisé une chanson "Volontaires" dédiée 
aux femmes et aux hommes qui dans le Donbass, depuis 
bientôt 7 ans, se sont levés pour défendre les traditions et 
les libertés de cette terre russe, prise au piège par la tectonique 
géopolitique moderne et agressée par l'hégémonie occidentale.
En ces temps incertains où le monde plonge dans la folie d'un système mondialiste aux abois qui dans une fuite en avant liberticide instrumentalise diverses crises pour exciter les peurs primitives humaines et ainsi mieux imposer son totalitarisme orwellien, l'exemple de la résistance du Donbass doit être connu de tous ceux dont les coeurs rebelles refusent de se coucher dans la boue des esclavages.

Même si les nouveaux vecteurs de l'internet sont utiles à une ré-information dissidente qui participe à libérer la Vérité - et je ne suis pas le dernier à les utiliser - il ne faudrait pas cependant que les dissidents au Nouvel Ordre Mondial oublient que pour se libérer d'une dictature il est nécessaire de descendre dans la rue, les armes à la main, et d'y sacrifier son confort, sa sécurité et même parfois sa vie, pour que les notions de Liberté et la défense des traditions des peuples de soient pas juste de simples billevesées de "rebelles 2.0" qui dispensent eux aussi leur moraline hypocrite depuis leur salon high tech...

Je pense qu'il est temps que les indignations deviennent des rébellions armées et que cessent les luttes horizontales communautaristes et stériles dans lesquelles les peuples sont plongées par les manipulations du système esclavagiste au pouvoir. il est temps pour les peuples de regarder au delà des fantasmes idéologiques qui agitent leurs communautés diverses leur véritable ennemi qui n'est pas un groupe de personnes, une communauté ni même une idéologie, mais un système inhumain et amoral entièrement articulé autour du pouvoir cannibale et artificiel de l'argent et de la spirale infernale de son profit illimité

Les volontaires du Donbass qui sont allé protéger les populations agressées par l'hégémonie militaro-industrielle ont su depuis laissé de côté leurs idéologies passéistes et leurs intérêts personnels (à part malheureusement la plupart des français manipulés par les intrigants Moreau, Brayard, Néant désireux de voir s'épanouir en Russie un libéralisme économique compatible avec leurs fantasmes nationalistes communautaro-centrés et surtout leurs intérêts personnels)

Les volontaires ici sont d'abord au service des peuples avant de défendre des pouvoirs politiques ou économiques ou leurs propagandes, fussent-ils les meilleurs du moment 
Ils ne sont les laquais de personne, et surtout pas de misérables ambitions personnelles d'homme d'affaire réfugié à Moscou ou de larbine échouée à Donetsk. Seules comptent à leurs coeurs les notions de Liberté et de Tradition et leur engagement physique et moral, forgent et défend, au delà des idéologies communautaristes un empire réel au service des peuples naturels et de leurs diversités.


"A tout seigneur tout honneur", mes pensées à l'occasion
de cette journée du Volontaire, vont à la brigade Piatnashka
dont j'ai l'honneur d'appartenir et à mes camarades, connus
et inconnus qui ont contribué à forger sa légende depuis 2014.
Ici, un clip dédié aux "15", ces premiers volontaires qui vont 
être le noyau et le germe de la Brigade Internationale.

Le jour du 6 mai, choisi pour rendre hommage aux volontaires venus de tous lieux et à toutes époques défendre les libertés du monde russe est celui dédié à "Saint Georges le Victorieux", considéré depuis la bataille de Koulikov comme le saint patron de l'armée russe.

La Russie, depuis le Moyen Âge a du faire face à de nombreuses guerres, et ses victoires innombrables, elle les doit non seulement au courage de son armée professionnelle mais aussi à celui de ses peuples qui toujours l'ont soutenu et rejoint lorsque la Grande Patrie était en danger.

Cette volonté russe de se mobiliser pour la patrie ainsi que ses capacités de résistance et de combat sont entretenues de génération en génération par les traditions et la mémoire historique au coeur des cultures identitaires de l'immense monde russe.

Lorsque la guerre éclate en 2014 dans le Donbass, les hommes et les femmes des régions de Donetsk et Lugansk quittent leurs mines, leurs champs, leurs usines, maisons et magasins, bureaux et universités pour aller au devant des blindés ukrainiens leur opposer la force de leur volonté et de leur héritage.

Cette guerre est le témoignage de cette force exceptionnelle qui traverse le temps et unit ces peuples de Russie autour de 2 notions essentielles fusionnées et qui adoubent la souveraineté de ce "pays où jamais ne se couche le soleil" (11 fuseaux horaires) dans une légitimité populaire ascendante.

La notion d'empire

La première est la "notion d'empire" qui a traversé les déclinaisons impériale, soviétique et fédérale de son Histoire millénaire et qui crée une réelle "Unité dans la diversité". Cette unité n'est pas seulement une expression politique commune descendante imposée par les gouvernances mais aussi la volonté d'une conscience individuelle ascendante qui les soutient dans les épreuves.


Le sens commun

La seconde notion est justement ce sens commun, cette "common decency" comme l'appelait Orwell et qui pousse les peuples par delà leurs diversités communautaires, idéologiques et sociales à s'unir pour faire face aux situations graves et cela en dehors de la hiérarchie du pouvoir voire même en opposition avec elle (à ce titre les Gilets Jaunes peuvent être considérés selon moi comme l'une de ses expressions).

Ces deux consciences populaires peuvent être, soit l'armature et les voiles de la gouvernance, soit, lorsque cette dernière n'est plus légitime, le vent de la colère et d'une révolution authentique.

Sans en rappeler ici les détails, la rébellion du Donbass et certainement l'expression la plus haute de cette "levée en masse" instinctive et volontaire d'un peuple pour défendre ses libertés et ses traditions. Autant le Maïdan fut un coup d'Etat piloté par les services étasuniens, autant la rébellion du Donbass fut une véritable révolution populaire dont l'évolution a même surpris Moscou.

Et de cette volonté populaire, souveraine et légitime, a jailli, comme la lame d'une épée émergeant du creuset de la forge, l'armée des volontaires.

Ces volontaires qui ont permis la création du projet républicain populaire à Donetsk et Lugansk viennent depuis plus de 5 ans défendre cette terre du Donbass, incarnent avec noblesse à la fois ce "sens commun" et cette "notion d'empire" qui font la force de ce monde russe.

Volontaires du Donbass, de Russie, du Caucase, de Sibérie, du Kamchatka, de Serbie, de Tchèquie... orthodoxes, musulmans, paganistes, athées... communistes, monarchistes, nationaux bolcheviques, anarchistes... des dizaines de milliers d'hommes et de femmes se sont relayés depuis plus de 5 ans pour défendre les marches de l'empire contre l'agression de l'impérialisme occidental.

Et la dimension mondiale de ce combat post-moderne opposant un monde multipolaire des peuples à un monde unipolaire de la marchandise a attiré aussi dans la défense du Donbass nombre de volontaires étrangers au monde russe mais avec qui ils partagent ces valeurs fondatrices civilisationnelles, aujourd'hui menacées.

Des espagnols, allemands, italiens, ont rallié ainsi le Donbass ainsi que des francais qui furent parmi les premiers occidentaux à venir défendre ce peuple, aux confins de l'Europe et l'Eurasie.

Aujourd'hui, en cette journée de Saint Georges, mes pensées vont à tous ces volontaires croisés et côtoyés, connus et inconnus, présents ou absents et en particulier à toutes celles et ceux disparus dans les combats et qui sont allés élever leur exemple dans les rangs du régiment immortels.

A tous ces camarades j'adresse mes sentiments fraternels les meilleurs à l'occasion de cette "Journée du volontaire".

Erwan Castel


mercredi 11 mars 2020

A Donetsk avec Radio France

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Pour son nouveau passage à Donetsk, Mkihaïl Roshine, un ami de Moscou était accompagné par Claude Bruillot, un journaliste reporter de Radio France, venu recueillir des témoignages sur la guerre du Donbass du côté "séparatiste" du front.

Dans le cadre de son reportage sur le conflit du Donbass, Claude Bruillot a voulu rencontrer des acteurs, des témoins, des observateurs et des volontaires connus et inconnus. Sollicité pour participer à ce reportage (et honoré), j'ai accepté cette rencontre afin d'apporter mon modeste regard sur ce conflit qui ravage le coeur de l'Europe depuis plus de 6 années maintenant.

Mercredi 11 mars 2020

19h00, mardi 10 mars, j'arrive au café "!Legend" bordant au Nord la place centrale de Donetsk. où j'ai rendez vous avec Mikhaïl Roshine et Claude Bruillot de l'antenne moscovite de Radio France. 

L'homme est avenant et le regard franc et vif portant au dessus de nos tasses de thés des questions intéressantes et un intérêt sincère à mes réponses que je veux les plus complètes possibles. Contrairement à certains reporters "parachutés" à Donetsk, Claude connaît suffisamment le sujet et semble impartial et attentif dans son entretien.  

Après plus d'une heure de discussion, nous effectuons l'interview autour des thèmes retenus, qui bien sûr sera elle même disséquée comme l'impose le format 5 minutes de la série "Le reportage de la Rédaction" où, qui plus est, plusieurs personnes sont rencontrées. Gentiment Claude m"a prévenu dès la première minute de notre rencontre que je risque d'être frustré par l'extrait forcément trop court qui sera finalement choisi, ce que je comprends et accepte de bon coeur, heureux de rencontrer le micro de Radio France dans le Donbass. 

Et dès le matin du 11 mars, le reportage était diffusé, dans un montage très bien ficelé dont la brièveté de 5 minutes qui est un vrai challenge au vu de l'importance du sujet, explique paradoxalement la nuit blanche qui fut nécessaire à Claude Bruillot pour le finaliser... 

Quand la neutralité du journaliste est trahie par son rédacteur politique

Je vous invite à écouter d'abord le reportage audio avant l'article écrit qui l'accompagne sur le site de France Culture qui, contrairement au plan et contenu radiophonique initial se soumet visiblement au filtre déformant d'une ligne éditoriale politique qui affiche même en filigrane, une partialité pro-ukrainienne évidente, notamment par:
  • Le plan différent dans l’enchaînement des extraits choisis pour l'article
  • Les sous titres pouvant induire une interprétation orientée et manichéenne
Nous avons affaire ici de la part de la rédaction de France Culture à une tentative de manipulation mentale, un type de propagande beaucoup plus dangereuse que celles des chiens de garde en gros sabots tel que les Ukrinform ou Donbass Insider par exemple qui digèrent et recrachent (et avec zèle) que ce qui leur est servi par les communiqués étatiques officiels.
Je ne prendrai comme exemples sur les 7 relevés à la première lecture:les sous titres rajoutés ("Minorité russophone" et  "Ukrainiens malgré tout") qui non seulement ne correspondent à aucune parole recueillie au cours du reportage, mais sont de véritables inepties pour quiconque vient simplement 1 seule journée dans le Donbass (et même au delà). 
  • La langue russe est la langue maternelle et d'usage de l'immense majorité des gens du Donbass (+ de 90%) et reste ainsi socialement majoritaire ... jusqu'à Kiev ! (voir les discours de Zelensky par exemple pendant sa campagne présidentielle, menée principalement en russe)
  • Ensuite, les population de Donetsk et Lugansk depuis le référendum de mai 2014, les élections, es manifestations ou les actes administratifs comme la demande des passeports républicains et russes, prouvent tous les jours leurs attachement à une identité russe et leur volonté de retrouver leur citoyenneté perdue en 1921 lors du transfert vers l'Ukraine de cette partie du bassin du Don.
Et quand bien même un héritage ukrainien serait toujours assumé ici c'est dans la nostalgie d'une Ukraine soviétique, car à part la petite minorité qui a pu bénéficier de la corruption oligarchique, la majeure partie de la population (celle ayant vécue l'effondrement de l'URSS) s'accorde à reconnaitre que son indépendance (1991) a en réalité sonné le début de l'effondrement ukrainien.

"Rendons à César..."

Cela dit, et à chacun de se faire sa propre opinion sur les différence observées  entre l'audio et l"écrit, je remercie vivement Claude Bruillot d'avoir fait le déplacement jusqu'à Donetsk pour donner la parole à des acteurs, des observateurs et des citoyens de cette jeune République Populaire de Donetsk et ce dans un regard professionnel et neutre qu'il est important de souligner ici.

Espérant croiser encore son chemin je tiens à lui exprimer ici ma confiance et sympathie pour le travail réalisé sur cette ligne de crête très étroite qui chemine entre les abîmes sans fond des propagandes qui s"affrontent au dessus des tranchées.

Erwan Castel


Le lien du reportage : France Culture



À Donetsk, la vie suspendue

 par Claude Bruillot

Le reportage de la rédaction

"Il y a cinq ans, à Minsk, un cessez-le-feu était proclamé entre l’Ukraine et le Donbass. Mais dans l’État séparatiste autoproclamé, les armes ne sont jamais vraiment tues. A Donetsk, la vie continue, tant bien que mal. En attendant un hypothétique sommet pour la paix.

A Donetsk, dans le Donbass, la vie presque normale malgré la guerre.• Crédits : Claude Bruillot - Radio France

"À distance des arcanes du pouvoir, il y a aussi à Donetsk des habitants qui se sentent encore ukrainiens malgré tout. C'est le cas d'Anna, une universitaire de 50 ans, née dans le Donbass et qui n'a jamais quitté Donetsk, même aux pires moments des combats. Parce qu'elle savait que ses convictions, ses aspirations, étaient justes :

Difficile de dire si ce sont les séparatistes qui ont rompu à nouveau le cessez-le-feu, ou l'armée ukrainienne, de l'autre côté.

• Crédits : Chadi Romanos - Radio France

Sur les grandes avenues du centre de Donetsk, la vie est différente pour Rouslan, 43 ans, qui tient le Café des Légendes. Loin des accords de Minsk, de la politique et même des combats, auxquels il n'a jamais voulu participer, le restaurateur ne se définit pas comme un séparatiste.

Toute sa famille habite du côté ukrainien. Il téléphone à sa mère tous les jours mais admet qu'il aurait du mal si, aujourd'hui, il devait revivre avec "ceux de Maidan", comme il les appelle.
  • "Je ne peux pas dire que je suis totalement séparatiste. Mais dans un pays avec des gens qui ont organisé ça, on ne peut plus vivre ensemble. Je ne sais pas quand il y aura un jour de la stabilité à nouveau."
Au Café des Légendes, on peut croiser Erwann Castel, un militant breton de 57 ans, ancien officier de l'armée française au 13ème Régiment de Dragons Parachutistes de Dieuze, en Moselle.

A Donetsk, place Lenine, le drapeau russe comme une protection contre le voisin ukrainien.• Crédits : Claude Bruillot - Radio France
Spécialiste à l'époque du renseignement aéroporté, il a tout quitté pour défendre la cause des séparatistes du Donbass. Il a combattu pendant près de cinq ans à leurs côtés avant d'être grièvement blessé par une mine.

Minorité russophone

"Idéaliste", comme il se définit lui-même, Erwann Castel veut la paix pour le Donbass russophone qui l'a adopté. Mais pas à n'importe quel prix :
  • "Au dessus de la paix, il y a la liberté. À l'origine, le Donbass s'est révolté pour défendre son identité culturelle."
Le premier défenseur de cette culture russophone se nomme Denis Pouchiline, président élu de la République populaire de Donetsk. Avant le prochain sommet sur la question du Donbass, programmé au printemps à Berlin, il est sorti de sa réserve.

Le chef des séparatistes affirme notamment qu'il est prêt au retrait de ses troupes sur la totalité des 460 kilomètres de la ligne de front. Tout en sachant que le pouvoir ukrainien est incapable d'assumer la même démarche, sous la pression des nationalistes et d'une partie de la population qui crient à la capitulation : "Nous luttons pour ça d'une façon planifiée, mais l'Ukraine déclare officiellement qu'elle n'est pas prête et essaie de retarder le processus de retrait."
  • "Aujourd'hui, nous n'avons jamais un jour calme. On tire tous les jours, même si ce n'est pas l'artillerie mais plutôt des tirs d'armes automatiques. Si la distance entre les forces armées était plus grande, si personne ne pouvait voir l'autre côté, on pourrait en finir avec les échanges de tirs."
Denis Pouchiline au micro de Claude Bruillot, correspondant de radio France à Moscou.• Crédits : DR - Radio France
Décidé, semble-t-il, à jouer l'ouverture, l'entourage de Denis Pouchiline a néanmoins refusé qu'une question soit posée. Elle concerne le procès aux Pays-Bas de trois Russes et d'un Ukrainien séparatiste, absents aux audiences. Tous quatre sont soupconnés d'avoir participé à la destruction du Boeing de la Malaysia Airlines, abattu au-dessus du Donbass en juillet 2014. Un drame qui avait fait 298 morts.

Ukrainiens malgré tout

À distance des arcanes du pouvoir, il y a aussi à Donetsk des habitants qui se sentent encore ukrainiens malgré tout. C'est le cas d'Anna, une universitaire de 50 ans, née dans le Donbass et qui n'a jamais quitté Donetsk, même aux pires moments des combats. Parce qu'elle savait que ses convictions, ses aspirations, étaient justes :
  • "Je ne veux pas que l'on me dise comment je dois vivre et quelle langue je dois parler."
"L'Ukraine est un pays où les lois ne fonctionnent pas. Où des activistes peuvent faire ce qu'ils veulent. Regardez, ça continue à tirer alors que nous avons un  cessez-le-feu il me semble. Comment avoir confiance ? C'est au gouvernement de trouver des solutions pour que les régions vivent ensemble en Ukraine", poursuit-elle.
  • "Je n'ai pas de problème avec mes concitoyens ukrainiens. J'ai un problème avec ce gouvernement qui a fait de nous des ennemis. Nous ne sommes pas des ennemis."
Reportage Claude Bruillot - Radio France
MAIS mise en forme de l'article par un scriboullard politique de France Culture