jeudi 31 mars 2022

Vers une radicalisation des opérations militaires

Le 29 mars, des négociations se sont déroulées à Istambul entre la Russie et l'Ukraine ouvrant la porte aux spéculations ukro-atlantistes les plus fantaisistes certaines annonçant déjà un retrait des forces russes des secteurs de Kiev et Kharkov par exemple.

Si bien sûr il faut saluer tout dialogue œuvrant sur le chemin de la paix, il convient de raison garder, car les deux acteurs du conflit restent campés pour le moment sur leurs positions: garanties de sécurité collective et reconnaissance de la Crimée et du Donbass pour la Russie, intégrité territoriale et alliances occidentales pour l'Ukraine même si Zelensky a admis réfléchir à une neutralité militaire du pays.

orientation des opérations militaires

Sachant que dans la majorité des négociations autour des conflits précédents les frontières qui y sont définies sont souvent les lignes de démarcation du moment, les combats du Donbass risquent de devenir cruciaux au cours des prochaines semaines, chacun cherchant à apporter sur la table de ses diplomates les atouts de ses victoires militaires. 

Confirmant cette impression, l'Etat major russe a annoncé porter désormais ses efforts dans la libération des territoires des Républiques de Donetsk et Lugansk encore occupés par les forces ukrainiennes, et de son côté on voit bien que Kiev a donné l'ordre à son corps de bataille du Donbass de se battre jusqu'à la dernière goutte de sang comme à Marioupol par exemple.

  • "Il y aura des batailles féroces la semaine prochaine dans la zone JFO (dans le Donbass) et elles détermineront le cours du processus de négociation", à déclaré ce 30 mars Arestovich, un conseiller du bureau du président ukrainien.

Aujourd'hui, alors que la bataille de Marioupol s'achevant est actée par une victoire russo-républicaine, de nouvelles batailles décisives sont en cours autour de Donetsk et au Nord de Kramatorsk, secteurs décisifs entre lesquels s'échelonne aujourd'hui le gros des forces ukrainiennes dans le Donbass.

Mais pour le lecteur, il ne faut pas imaginer pour autant que les opérations militaires russes vont se rétracter vers le Donbass, car non seulement elles ne renoncent pas à leurs objectifs en Ukraine, mais continuent au contraire leurs bombardements intenses des forces ukrainiennes et s'imposent une pause opérationnelle pour réaliser des relèves d'unités, poursuivre la sécurisation des zones conquises  et même renforcer leur dispositif comme par exemple devant Nikolaïev (à l'Ouest de Kherson).

Bombardement russe par Lance Roquettes Multiples
de postions militaires ukrainiennes sur le front de Kiev
dans la nuit du 29 au 30 mars 2022.
Bombardier ukrainien Sukhoï 24 abattu dans
le secteur de Rivne (Ouest du Dniepr).

Malgré cela, il est cependant évident que l'Etat Major russe, tout en gardant une nette supériorité stratégique est confronté à une résistance ukrainienne plus forte que prévue. Dire le contraire relève de cette malhonnêteté et cette stupidité qui sont les 2 carburants des courtisans et des larbins propagandistes. Les principaux problèmes que j'observe du côté russe, mais qui sont loin d'être insurmontables sont :
  • Une résistance des unités ukrainiennes et Marioupol en est un exemple, illustrant à la fois de bonnes préparation, résistance, combativité et tactiques, 
  • Une résistance du pouvoir ukrainien qui bénéficie d'un soutien occidental exacerbé et d'une propagande de guerre très efficace (contrairement à celle des russes),
  • Des voies d'approvisionnement longues et fragilisées par le contrôle ukrainien de grands carrefours routiers et ferroviaires (Kharkov, Nikolaïev...) résistant à leurs encerclements,
  • Une immobilisation d'effectifs de combat importants autour des villes encerclées de plus en plus nombreuses,
  • Un manque d'effectif pour sécuriser les zones contrôlées mais où opèrent toujours des groupes de diversion et sabotage ukrainiens,
  • Un manque de couverture aérienne permanente, rapide et sécurisée à l'Ouest du Dniepr pour frapper systématiquement les convois apportant les aides de l'OTAN vers le front,
Moscou, qui évidemment ne peut abandonner ses objectifs dont les enjeux sont existentiels pas plus que "perdre la face", ce qui ne ferait que renforcer le nationalisme atlantiste ukrainien, n'a donc pas d'autre choix que "de mettre les bouchées doubles" en s'adaptant aux difficultés rencontrées et en se donnant des priorités qui créditent son "Opération Z" de victoires autant militaires que politiques et surtout à court terme, car le temps ici joue contre la Russie.

Et je pense que plus la Russie tardera a mettre en œuvre des moyens radicaux et massifs pour détruire les forces ukrainiennes et quels que soient les dommages collatéraux, plus ces dernières renforceront leurs moyens via les perfusions occidentales, leurs cartes diplomatiques et mettront en danger les objectifs initiaux des opérations militaires.

C'est certainement dans cet esprit que l'Etzt major russe à décidé de se concentrer sur le Donbass, car la destruction totale du corps de défense ukrainien du Donbass priverait Kiev de sa principale force offensive encore opérationnelle et pourrait même l'amener à capituler ou au moins accepter sans conditions les principes de sécurité collective demandés par Moscou. A condition que les forces armées russes détruisent totalement les réseaux logistiques et de renseignement de l'OTAN dans l'Ouest ukrainien...


Dans le Donbass, le terrorisme ukrainien continue⁸


Du côté ukrainien, et malgré des pertes importantes infligées depuis 3 semaines par les appuis feu russes, on observe une augmentation sensible des bombardements ukrainiens, y compris sur les zones résidentielles qui sont soumises à des destructions quotidiennes meurtrières jusqu'au coeur des cités. 

Dans des quartiers résidentiels où il n'y a ni combats, ni positions militaires, les forces ukrainiennes continuent d'appliquer des bombardements à l'arme lourde et de plus en plus souvent au moment des pics des activités socio-économiques.

30 mars 2022 au matin, un violent bombardement de
l'artillerie lourde ukrainienne frappe des résidences du 
microdistrict de "Textile", au Nord- Ouest de Donetsk.
A11h, le bilan provisoire faisait déjà état de 2 civils tués, 
de 4 autres blessés graves et plusieurs disparus .
Le bombardement ukrainien a été réalisé avec des
obusiers lourds de 122mm positionnés à Peski, 
touchant de plein fouet le toit d'un immeuble.

Pour avoir une petite idée de l'intensité des bombardements ukrainiens sur Donetsk et juste pour cette matinée du 30 mars dont voici leur chronologie:
  • 06h30, bombardement ukrainien à l'obusier lourd sur le district de Kirosky depuis les positions de Peski..10 obus de 122mm tirés.
  • 08h05, bombardement ukrainien à l'obusier lourd sur le district de Petrovsky depuis les positions de Krasnogorovka..4 obus de 122mm tirés.
  • 08h15, bombardement ukrainien à l'obusier lourd sur le district de Petrovsky depuis les positions de Krasnogorovka..8 obus de 122mm tirés.
  • 08h29, bombardement ukrainien à l'obusier lourd sur le district de Petrovsky depuis les positions de Krasnogorovka..6 obus de 122mm tirés.
  • 09h12, bombardement ukrainien à l'obusier lourd sur le district de Petrovsky depuis les positions de Krasnogorovka..5 obus de 122mm tirés.
  • 09h27, bombardement ukrainien à l'obusier lourd sur le district de Petrovsky depuis les positions de Georgievka..9 obus de 152mm tirés.
  • 09h37, bombardement ukrainien à l'obusier lourd sur le village d'Aleksandrovka depuis les positions de Novomikhaïlovvka..5 obus de 122mm tirés.
  • 09h37, bombardement ukrainien à l'obusier lourd sur le village de Trudovsky depuis les positions de Novomikhaïlovka..5 obus de 122mm tirés.
  • 09h45, bombardement au Lance Roquettes Multiple de 122mm " Grad" sur le district de Kirovsky depuis les positions de Georgievka..20 roquettes de 122mm tirés.
  • 10h14, bombardement ukrainien à l'obusier lourd sur le district de Kirosky depuis les positions de Krasnogorovka..6 obus de 122mm tirés.
  • 10h18, bombardement ukrainien au Lance Roquettes Multiple de 122mm " Grad" sur le district de Petrovskky depuis les positions de Peski..15 roquettes de 122mm tirées.
  • 10h20, bombardement ukrainien à l'obusier lourd sur le district de Petrovsky depuis les positions de Krasnogorovka..6 obus de 122mm tirés.
  • 10h35, bombardement ukrainien à l'obusier lourd sur le district de Petrovsky depuis les positions de Krasnogorovka..8 obus de 122mm tirés.
  • 11h02, bombardement ukrainien à l'obusier lourd sur le district de Petrovsky depuis les positions de Krasnogorovka..2 obus de 122mm tirés.
  • 11h43, bombardement ukrainien à l'obusier lourd sur le district de Yasinovataya depuis les positions de Avdeevka..5 obus de 122mm tirés.
  • 12h02, bombardement ukrainien à l'obusier lourd sur le district de Staromikhaïlovka depuis les positions de Krasnogorovka..8 obus de 122mm tirés.
  • 12h45, bombardement ukrainien à l'obusier lourd sur le district de Petrovsky depuis les positions de Krasnogorovka..6 obus de 122mm tirés.
Soit sur le secteur de Donetsk pour cette matinée du 30 mars,
84 obus de 122mm, 9 obus de 152mm et 35 roquettes de 122mm !

Pour répondre aux personnes qui souvent me partage leur incompréhension de voir de l'artillerie ukrainienne toujours opérationnelle après plus d'un mois de bombardements russes, je leur réponds sur 2 points :
  • Les unités d'artillerie pour prévenir leur détection et les ripostes qu'elle déclenche opèrent dispersées sur des positions de tirs éphémères d'où elles ne tirent qu'une dizaine d'obus maximum avant de disparaître dans la nature, des hangars etc d'où elles rejoignent ensuite de nouvelles positions de tir.
  • Même lorsqu'elles sont géolocalisées en action, la plupart des batteries d'artillerie ukrainiennes s'avèrent être disposées au milieu de zones résidentielles ou sites industriels dangereux que les unités ukrainiennes utilisent comme bouclier dissuadant les tirs de contre-batterie éventuels.
Cela dit, les ressources de renseignement militaire russe ainsi que leur capacité de réaliser des frappes "chirurgicales" réussissent à appliquer des ripostes, et en milieu d'après midi la réponse aérienne russe continuait à faire trembler la ligne de front au Nord et à l'Ouest de Donetsk, tandis que l'artillerie entrait à son tour dans des tirs de contre batterie sur les points de tir ukrainiens identifiés. 

2 chasseurs bombardiers russes Sukhoï 25 
passant au dessus de Donetsk pour livrer 
leurs "cadeaux" aux positions ukrainiennes

Kiev va vouloir contrebalancer sa défaite de Marioupol

A mon humble avis, l'Etat Major russe va essayer de prolonger la libération de Marioupol en brisant le plus vite possible dans le Donbass le dernier corps de bataille ukrainien encore réellement dangereux, car ailleurs les forces ukrainiennes dont les ressources logistiques et offensives ont été majoritairement détruites depuis un mois peuvent difficilement sortir de leurs refuges urbains (mais, contrairement aux fantasmes des propagandistes pro-russes, ce n'est pas impossible). 

En revanche, dans le Donbass et bien qu'entamées par les bombardements et les combats, les forces ukrainiennes de l' "Opération des Forces Conjointes", qui ne l'oublions était forte de 150 000 hommes environ début février et composées des meilleures unités d'assaut de Kiev, disposent encore d'une forte capacité offensive et pourraient par conséquent tenter une opération de force pour contrebalancer la perte de Marioupol et défier une armée russe qui vient d'annoncer vouloir "mettre le paquet" dans le Donbass. 

Une fois encore je ne pense pas que l'Etat Major ukrainien tente un coup de force en terrain libre car les forces russes, via leur aviation, artillerie et blindés, y disposent d'une trop grande supériorité numérique et technologique. 

En revanche la tentation d'une revanche urbaine est envisageable sur une ville moyenne comme Gorlovka par exemple ou pourquoi pas en essayant de reprendre en périphérie du Donbass Izioum au Nord qui est la base arrière des offensives sur le secteur de Kramatorsk ou Kherson à l'Ouest qui est le pivot des opérations militaires russes sur le front Sud. Pour de telles opérations, dont le but serait d'obtenir un succès compensatoire militaro-politique, l'armée ukrainienne serait obligé d'y jeter toutes ses dernières capacités offensives. 

Mais si Kiev veut récupérer quelques cartes en main sur la table des négociations, il n'y a guère d'autre choix que de se lancer dans une offensive risquée mais encore possible avant que n'explosent les derniers dépôts logistiques sous les bombardements russes.

Et ce soir, au moment de finir l'article, j'apprends que le district de Petrovsky au Sud-Ouest de Donetsk vient encore d'être la cible de l'artillerie ukrainienne qui vient de tirer sur ses  quartiers entre 18h05 et 18h15, 50 roquettes de 122mm  "Grad" de 122mm. 

"C'est quand un monstre se noie qu'il fait les plus grosses vagues !"

Erwan Castel


mardi 29 mars 2022

Dans l'enfer de Marioupol

Dans Marioupol, la bataille continue, bâtiment après bâtiment, étage après étage,
pièce après pièce, dans des combats violents opposant les russo-républicains
aux dernières unités nationalistes pour qui chaque jour de plus est une victoire.

Il y a longtemps qu'une telle bataille urbaine n'a pas cristallisé autour de son nom autant de tensions, de souffrances et d'enjeux, et si après 1 mois de siège, de combats acharnés pour les uns, désespérés pour les autres se poursuivent dans les derniers quartiers de Marioupol encore aux mains des forces ukrainiennes c'est bien que le contrôle de cette ville symbole marquera certainement le commencement d'une nouvelle phase dans cette guerre qui ravage le Donbass depuis 8 ans, dans les opérations militaires russes commencées le 24 février et vraisemblablement aussi dans les négociations entre Moscou et Kiev qui pour le moment restent stagnantes.   

Pour les ukrainiens, Marioupol est devenue un peau de chagrin qui se rétrécit inexorablement autour de l'embouchure de la rivière Kalmius, dans les derniers quartiers (industriels rive gauche et résidentiels rive droite) où s'accrochent les derniers bandéristes autour de leurs dernières munitions et conserves.

Il resterait environ 5 000 combattants ukrainiens encore retranchés dans le 
centre de Marioupol et,  au vu des stocks de munitions qui ont été organisés
un peu partout dans chaque quartier de la ville, ils pourraient encore disposer
d'une autonomie de combat de plusieurs jours, voire une ou deux semaines si
la situation tactique, les ordres reçus, les vivres et le moral le leurs permettent.

Entre les délires des propagandistes qui tous les jours crient victoire du fond des tranchées de leurs fantasmes, le fait est que si les combats de Marioupol mènent chaque jour les troupes russo-républicaines vers la libération de la ville, les ukrainiens leur opposent une résistance acharnée et même honorable, que ce soit les militants fanatiques des unités spéciales comme "Azov" ou même les derniers soldats des unités régulières (12e, 36e, 56e brigades...).  
La libération de la ville est donc réalisée prudemment, mètre après mètre au milieu des labyrinthes de béton industriels ou des quartiers résidentiels de centre où vivent encore environ 100 000 civils complétement terrorisés par les combats, les bombardements et les conditions de survie catastrophiques. 

Des réfugiés de Marioupol rencontrés à Donetsk m'ont parlé de plusieurs milliers de soldats ukrainiens encore accrochés dans la zone industrielle d'Azovstal (qui en réalité abrite 4 usines différentes) jusque dans ses souterrains qui s'étageraient sur près de 80 mètres de profondeur. 

Alors que des analystes de salon pérorent que tous les quartiers résidentiels 
de Marioupol ont été libérés, des parents téléphonent à leurs enfants à Donetsk 
pour signaler que les combats se rapprochent désormais des quartiers Ouest 
du bord de mer (voir carte ci dessus), jusqu'à présent relativement épargnés.

A Donetsk, les drapeaux dans les casernes sont en berne tandis que des salves d'honneur couvrent régulièrement le grondement continu des bombardements du front de Avdeevka et, entre 2 rotations nous visitons les camarades blessés à Marioupol, tandis que des réfugiés de Marioupol comme dans tous les districts de la cité remplissent les écoles voisines réquisitionnées pour les accueillir. Mais le moral est chaque jour plus haut car la libération des territoires républicains continue et avec elle la fin d'un martyr de 8 années !


A Marioupol, des "ukrops" entre désespoir et rage 

Récemment dans un communiqué vidéo le commandant du régiment "Azov" rappelait que chaque jour de plus tenu face aux forces russes et républicaines est une victoire, et sur le plan de la propagande mais aussi de la diplomatie on ne peut pas lui donner tort car Marioupol est devenu en quelques semaines le symbole de la résistance de cette armée qui bien que s'effondrant chaque jour un peu plus, surprend par sa combativité mais aussi ses tactiques de combat. Dire le contraire relève d'une malhonnêteté propagandiste stupide et même contre productive !

Lorsqu'au début mars, l'Etat Major ukrainien du secteur de Marioupol demande à replier ses unités avant que la ville ne soit complétement encerclée, il s'entend répondre un refus catégorique de la part d'un commandement militaro-politique qui veut instrumentaliser leur agonie jusque sur la table des potentielles négociations entre Kiev et Moscou:
  • militairement, car la capture d'une telle ville bunkérisée mobilise de nombreuses unités et leur coûte cher en hommes et matériels,
  • politiquement, même conclue par une défaite inéluctable, la résistance militaire devient au fil des jours un symbole fort pour la propagande,
  • psychologiquement, cette résistance urbaine galvanise les unités ukrainiennes repliées dans les autres villes du front,
  • médiatiquement, les inévitables pertes civiles, systématiquement attribuées aux russes par la propagande ukro-atlantiste, sont instrumentalisées sur le front diplomatique...
Pourtant, lorsqu'on va sur le terrain des combats, la résistance ukrainienne observée n'est pas aussi héroïque que ce qu'en raconte la propagande occidentale et notamment concernant leurs comportements vis à vis des civils et qui relèvent souvent du crime de guerre:

Débris d'un missile balistique ukrainien "Tochka U"
tiré sur les quartiers résidentiels habités et libérés à 
l'Est de la ville par les forces russo-républicaines. 
 Alors que Marioupol dispose de nombreuses zones non
habitées (parcs, industries...) des obusiers ukrainiens qui
utilisent les civils utilisés comme des boucliers humains. 

Depuis que les forces russes ont libéré les sorties de la ville de
Marioupol, plus de 200 000 civils ont pu quitter leurs quartiers 
détruits, témoignant de l'enfer vécu sous la botte ukrainienne

Les évacuations des civils de Marioupol sont devenues par leur importance un défi à la hauteur de la catastrophe humanitaire vécue par eux depuis 1 mois. Evacuations, accueils, soins, aides sociales, hébergements, accompagnements psychologiques... et dans des villes comme Donetsk où les combats et les bombardements provoquent une pénurie d'eau courante importante et la mobilisation un ralentissement drastique de l'activité économique.

Cette action humanitaire d'envergure est également présente sur le front de Marioupol où des aides massives sont distribuées aux habitants restant dans leurs quartiers coupés de tout. Une occasion d'apprécier l'efficacité opérationnelle exceptionnelle et rapide des forces russes qui ici aussi sont en première ligne avec leur camarades républicains.


Pour conclure sur ce paragraphe concernant les civils pris dans les combats je me refuse à cette tentation des propagandistes de les instrumentaliser, les pro-ukrops racontant que les réfugiés arrivant à Zaporodje fuient la barbarie des russes tout comme leurs homologues nous racontent que tous ceux qui vont en Russie ou à Donetsk fuient celle des ukrainiens. Si effectivement il y a des choix militants, comme dans toute guerre, il faut savoir raison garder et comprendre que les civils sortant de Marioupol d'abord fuient la guerre en choisissant souvent la première opportunité qui s'offre à eux où la possibilité de rejoindre des amis ou de la famille se proposant de les accueillir. Ainsi il y a des pro-ukrops à Donetsk (ce qui peut poser des problèmes aux services de sécurité) et des pro-russes à Zaporodje (qui eux se font très discrets pour éviter la répression du SBU).

Partout dans Marioupol, entre les ruines encore fumantes, des centaines de tombes
improvisées et creusées à la hâte entre combats et bombardements dans les jardins,
les squares et parfois mêmes les caves témoignent de l'enfer vécu ici depuis 1 mois  

La destruction du Régiment "Azov"

Si le régiment nazi "Azov" (qui est devenu aussi un parti politique depuis 2018) sera probablement reconstitué ailleurs dans quelques semaines, il n'en demeure pas moins que Marioupol qui était son fief symbolique est devenu aujourd'hui son tombeau.

Le 28 mars, un hélicoptère ukrainien MI8 qui tentait de rejoindre Marioupol a été abattu au dessus de la mer d'Azov, alors que probablement il tentait une évacuation d'officiers de l'Etat major bandériste, et le même jour un assaut était mené sur la caserne du régiment "Azov", aussitôt abandonnée par ces "invincibles guerriers de lumière" abandonnant piteusement aux russes les symboles de leur idéologie nauséabonde une nouvelle fois vaincue.

La capture de la base du régiment "Azov", devenue le
symbole du nazisme ukrainien, entre état major politique
musée nostalgique, caserne militaire et dépôt de munitions 

Ailleurs cependant, du côté de la Kalmius notamment, les combats continuent entre les nationalistes et les forces russes et républicaines leur reprenant mètre après mètre les derniers quartiers de Marioupol où ils mènent un dernier combat désespéré, refusant obstinément les différents appels à déposer les armes.

Combats à l'intérieur d'un bâtiment industriel de 
Marioupol où résistent des éléments d' "Azov".

Je pense que seule la destruction totale du régiment "Azov" mettra un point final à cette bataille infernale enflammant les rivages calmes de la mer d'Azov.


Sur le terrain des combats, les unités russo-républicaines avancent avec précaution, car si le dispositif ukrainien diminue d'heure en heure son tissu défensif devient plus dense et fanatisé par sa résistance surdimensionnée par une propagande ukro-atlantiste en quête d'héroïsme pour tenter de transmuter ses revers.

Char de combat russe touché par un tir en caponnière
depuis un bâtiment par un RPG ukrainien du régiment "Azov" 
qui n'a pas cependant causé des dommages importants.

Les combats sont très durs car les derniers résistances ukrainiennes sont positionnées au milieu des civils, organisées en groupes mobiles et autonomes menant une tactique de harcèlement avec des unités antichars et des snipers, contre lesquels sont envoyés des unités spéciales aguerries à ces opérations difficiles où les progressions au milieu des embuscades et des pièges doivent être lentes et les sécurisations au milieu des dédales urbains méticuleuses. 

Soldat tchétchène blessé pris en charge par ses
camarades avant son évacuation sanitaire vers 
les centres de secours organisés à l'arrière.

Les combats continuent donc dans le centre de Marioupol sous la progression victorieuse des unités républicaines et russes continuant de réduire des nids de résistance et tireurs isolés ukrainiens, de secourir les habitants terrés dans leurs caves dans une situation humanitaire catastrophique, et de protéger les corridors humanitaires en filtrant les soldats ukrainiens qui tentent de s'y glisser.


Cette bataille de Marioupol, dont le rayonnement politico-médiatique a d'ores et déjà rejoint celui du mythe s'impose déjà comme un symbole élevé de cette nouvelle guerre fratricide européenne et je souhaite qu'un jour elle devienne aussi le lieu de la réconciliation des peuples slaves divisés et jetés ici les uns contre les autres dans l'arène de l'hégémonie atlantiste.

Erwan Castel




lundi 28 mars 2022

Les batailles pour Marinka et Avdeevka


Sur le front du Donbass, dans un premier temps et en coordination avec l'Etat Major russe, les milices républicaines ont cassé au Nord de Lugansk et au Sud de Donetsk la ligne de front ukrainienne jusqu'à faire jonction avec les forces terrestres de la Fédération de Russie arrivant de la région de Koupiansk (Est de Kharkov) et de Melitopol (Nord Est de la Crimée).

Depuis un peu plus d'une semaine et tandis que s'achève la libération de Marioupol s'opère sur les arrières du corps de bataille ukrainien du Donbass le début d'un large encerclement par 2 offensives russes venant du Nord et du Sud à l'Est du Dniepr.

Mais, les actions les plus significatives des derniers jours, en dehors de Marioupol et du secteur d'Izium où se poursuivent des combats violents, est sans conteste la rupture du front central ukrainien par les forces républicaines, appuyées par l'artillerie et l'aviation russes.

Les objectifs de ces opérations sur le front de Donetsk sont multiples :

  • Fixer les forces ukrainiennes dans des combats pendant que s'opère plus à l'Ouest leur encerclement,
  • Faire tomber les 2 points d'appui de la pression ukrainienne sur la ville de Donetsk que sont Marinka et Avdeevka,
  • Faire "respirer" la capitale de la République Populaire de Donetsk qui est depuis une semaine la cible de bombardements meurtriers,
Ces offensives républicaines prendront sans nul doute de l'ampleur dès que le chaudron de Marioupol sera détruit et que le bouclage russe du Donbass sera achevé.

Des tirs ukrainiens génocidaires

Ces opérations russo-républicaines sur le front central, au lieu d'attendre un bouclage des unités ukrainiennes Donbass dans un grand chaudron, ont été certainement motivées par l'intensification des bombardements ukrainiens meurtriers au coeur des cités du secteur (Donetsk, Makeevka, Gorlovka...) et qui, depuis le mois de février ont tué 57 civils.

Lorsque des civils, quel que soit leur camp, meurent ou sont blessés au milieu de combats militaires, cela reste un drame absolu, MAIS il convient aussi, lorsque que l'on veut conserver un minimum de dignité de ne pas chercher à instrumentaliser par le mensonge leur souffrance. Tout d'abord, dans toutes les guerres, et particulièrement les guerres modernes aux capacités de destructions augmentées, des civils tombent pour avoir été au mauvais moment à proximité d'un objectif militaire visé ou entre les deux feux d'un combat débridé, ces victimes sont qualifiées alors de "dommages collatéraux". Puis il y a les civils qui sont délibérément pris pour cible par des forces militaires, sur ordres ou pulsions meurtrières, et qui dans ce cas sont victimes de "crimes de guerre" qualifiés par toutes les conventions internationales en vigueur. 

Mais lorsque depuis 8 ans des bombardements sont réalisés sciemment contre une population civile au seul prétexte de son identité russe, alors ces crimes de guerre deviennent génocide conformément à la convention de l'ONU sur le sujet qui rappelle que "le génocide s'entend de l'un quelconque des actes ci-après, commis dans l'intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux". Et dans son dernier rapport du 31 décembre 2021, le Haut Commissariat des Droits de l'Homme de l'ONU, relevant que 81,4% des victimes civiles de la guerre du Donbass vivaient que les territoires bombardés des républiques de Donetsk et Lougansk a bien confirmé cet état de fait imputable au régime de Kiev !

Alors que les médias serves occidentaux font aujourd'hui démarrer le conflit 
en Ukraine au 24 février 2022, il est vital de rappeler qu'il a en réalité commencé 
en avril 2014, et l'augmentation brutale des bombardements ukrainiens à partir 
du 16 février, révélant l'imminence d'une offensive a été une des causes des
opérations militaires de démilitarisation de l'Ukraine et libération du Donbass.


Et pour leurs derniers bombardements, les forces ukrainiennes
n'ont pas hésité à utiliser plusieurs fois des missiles balistiques 
"Tochka U", dont certains chargés avec des sous munitions. 

Ainsi de ce bombardement ukrainien du centre de Donetsk intervenu le 14 mars avec un missile Tochka U à sous munitions et qui a fait 21 tués et plus de 40 blessés dans les rues de la capitale. Dès le lendemain, un autre Tochka U s'abattait dans le centre de Makeevka, près de la gare routière et heureusement tard dans la soirée, ne provoquant que 6 blessés. 

Et ici pour faire ici une parenthèse du côté de la guerre de l'information voici comment la chaîne de télévision française "C News", coutumière des raccourcis mensongers et fake news serviles a réutilisé dans une  stupidité pathétique l'image du débris du Tochka U tombé sur Donetsk qualifiant un missile vieux de 50 ans de missile hypersonique russe tiré contre l'Ukraine.
Quant à la presse italienne, même propagande mensongère concernant ce bombardement meurtrier ignoré sur Donetsk (et ses victimes méprisées) mais dont les images sont quand même reprises et détournées pour illustrer  les bombardements russes sur les défenses ukrainiennes de la ville de Kiev.                                                                                                                                           
Il suffit pourtant pour rétablir la vérité de regarder les reportages nombreux réalisés à Donetsk ce 14 mars comme par exemple celui du journal télévisé de TF1 20 heures qu'on ne peut pas qualifier d'être un organe de la propagande du Kremlin !

Mais revenons aux opérations militaires en cours sur le front de Donetsk et destinées à faire enfin respirer cette ville meurtrie par 8 années de bombardements ukrainiens quotidiens :


Sur le front de Donetsk :

Dans le Donbass la ligne de front a considérablement changé depuis le 24 février dans son centre, le secteur de Donetsk commence à craquer à son tour. 

  • dans le Sud, à Marioupol une résistance désespérée les ukrainiens qui viennent de refuser de déposer les armes, préférant entrainer la ville dans leur destruction.  
  • dans le Nord, l'arc ukrainien Severodonetsk-Lysichansk-Rubezhnoye, malgré une défense obstinée est en train de se refermer et se transformer en chaudron.
  • Au Centre, alors que le front évolue vers une défaite totale des forces ukrainiennes encore présentes, ces dernières s'accrochent désespérément au terrain 
Des violentes batailles se déroulent autour de Marinka et Avdiivka les deux piliers principaux du dispositif ukrainien enserrant à l'Ouest et au Nord la ville de Donetsk.

Après avoir mené des attaques frontales mais infructueuses contre ces deux secteurs ukrainiens, les forces républicaines, tout en y maintenant une pression offensive avec les appuis feu russes de l'artillerie et de l'aviation, ont concentré leurs opérations au Sud de Marinka et au Nord d'Avdeevka pour réaliser des mouvements enveloppant permettant de les encercler et de les attaquer sur leurs flancs moins protégés.

Pour ces opérations des forces terrestres républicaines appuyées par les forces russes se trouvent également renforcées par des équipements de combat nouveaux abandonnés ou capturés sur le front de Marioupol. Ainsi 113 chars et autres blindés, 138 systèmes antichars étasuniens "Javelin" et 67 systèmes antichars britanniques NLAW et d'autres armes capturées ont déjà été transférés dans les dotations des unités républicaines au combat. D'autres, endommagés par les combats, subissent des réparations à l'arrière du front avant de les rejoindre.


1 / Dans le secteur de Marinka 

Depuis la libération de Volnovakha, le front ukrainien Sud (entre Marioupol et Donetsk) est en plein effondrement, et tandis que les dernières résistances des unités ukrainiennes sont détruites dans Marioupol, au Nord les forces républicaines avec l'appui des forces russes repoussent les unités ukrainiennes vers Marinka, au Sud-Ouest de Donetsk.

Sur le front de Marinka, après avoir subi des bombardements intenses sur leurs lignes de défense, les unités ukrainiennes ont commencé à céder du terrain devant des attaques terrestres républicaines qui ont réussi à prendre pied dans les quartiers pavillonnaires à l'Est de la ville, près du village d'Aleksandrovka. Les chars du bataillon Somalie ont été déployés en renfort pour mener cette reconquête de Marinka.

Vidéo montrant les quartiers Est de Marinka
libérés par les forces républicaines

Dans ce secteur Sud les principales attaques se font en direction de Charterskoye, Novoukrainka et Sladkoe où les forces ukrainiennes de la 54ème Brigade tentent d'y retarder la manœuvre d'encerclement de Marinka par le Sud. Au cours des 48 dernières heures les forces républicaines ont progressé d'environ 15 km, libérant de nouveaux petits villages et hameaux agricoles. Plus à l'Est de ce secteur un autre axe offensif a été engagé par les forces républicaines contre la petite ville de Novomikhaïlovka où s'est repliée la 53ème Brigade mécanisée ukrainienne en perdant de nombreux personnels et véhicules blindés.

Les opérations offensives républicaines avancent vite car elles bénéficient d'un appui décisif des forces aériennes russes qui détruisent de nombreuses positions d'artillerie et blindés ukrainiens engagées dans des combats retardateurs désespérés et de moins en moins coordonnés. Ainsi par exemple, pour la seule journée du 26 mars et dans ce secteur au Sud de Donetsk, les forces aérospatiales russes ont traité 89 cibles ukrainiennes, détruisant au minimum 60 soldats, 2 chars de combat, 3 véhicules de combat d'infanterie, 6 pièces d'artillerie... tandis que leur défense antiaérienne abattaient de son côté 7 drones. A noter qu'au cours de ces opérations combinées russo-républicaines les dernières unités du bataillon néo-nazi "Donbass", qui avaient battu en retraite vers le Nord après la bataille de Volnovakha, ont été définitivement mises hors de combat.

Progressant dans les faubourgs de Marinka
un char de combat T64 capturé sur le front
de Marioupol et réengagé immédiatement 
dans les rangs du bataillon "Somali" qui
est engagé dans le Sud-Ouest de Donetsk.

2 / Dans le secteur de Avdeevka

Sur le secteur d'Avdeevka, situé à 15 km au Nord de Donetsk, la situation est légèrement différente car d'une part, les défenses de la ville sont fortement enterrées et organisées autour d'un complexe industriel majeur (1ère cokerie d'Europe) et où trouve surtout un centre de production chimique (80 000 tonnes par an) avec des stockages de matières dangereuses et toxiques. Un stratégie comme celle opérée sur Volnovakha ou Marioupol avec des frappes, mêmes ciblées au maximum, au centre du dispositif urbain n'est pas possible dans la même intensité.

Donc, la stratégie qui semble se dessiner depuis ces derniers jours est également celle d'une manœuvre d'encerclement cette fois par le Nord coordonnée avec une pression offensive frontale importante menée sur les lignes de défenses ukrainiennes de Marinka par l'artillerie et les forces aérospatiales russes. Chaque jour des Sukhoï travaillent dans le secteur où je suis, en coordination avec des unités d'artillerie, principalement lances roquettes multiples, qui frappent continuellement jour et nuit les défenses ukrainiennes. 

Au Nord d'Avdeevka entre Donetsk et Gorlovka, le front ukrainien a été nettement enfoncé par les forces républicaines qui ont repoussé vers le Nord-Ouest la 25e Brigade motorisée ukrainienne, libérant de nombreux villages, dont Vergnotorestkoe qui était le point d'appui central de ce secteur. Aujourd'hui les forces ukrainiennes se sont repliées sur des villages comme celui de Kamienka où elles peuvent bénéficier de la couverture des unités d'artillerie encore opérationnelles à Avdeevka. 

La libération des territoires au Nord de 
Vergnotorestkoe, par les forces armées 
de la République Populaire de Donetsk. 

Fin janvier, dans un inventaire des sites du front du Donbass susceptibles d'être la scène d'un "false flag" ukrainien cherchant à accuser les russes ou pro-russes d'un crime de guerre légitimant une action offensive, j'avais placé le site d'Avdeevka en tête de liste. Depuis, si les forces russes ont anticipé sur l'offensive ukrainienne, la menace d'un tel scénario reste présente et surtout depuis que Biden a lancé entre deux insultes envers le président russe que ses forces armées en Ukraine sont sur le point d'utiliser l'arme chimique.

Alors que la doctrine occidentale jusqu'à présent affirme officiellement que l'OTAN n'interviendra pas en Ukraine (très hypocritement car elle est déjà partie prenante entre ses ressources de renseignement militaire, ses livraisons d'armes, ses soutiens logistiques, ses mercenaires etc...), le POTUS quasi sénile, repris en chœur par sa meute de gouverneurs occidentaux, vient de déclarer que SI la Russie utilise l'arme chimique (ou s'il y a un accident nucléaire), alors l'OTAN interviendra, ce que demande à cors et à cris Zelensky depuis 3 semaines. 
  • "Nous répondrons s’il y a utilisation (d’armes chimiques). La nature de la réponse dépendra de la nature de cette utilisation" a déclaré Joe Biden ce 23 mars 2022.
En résumé la porte de l'OTAN est fermé pour l'Ukraine mais Biden vient d'en donner la clef à Zelensky !

Conclusion 

Tandis que le Sud de la République Populaire de Donetsk est désormais sous le contrôle des opérations militaires russo-républicaines, et que la libération de Marioupol est désormais acquise, on observe une augmentation des combats et bombardements d'une part sur le front de Kramatorsk / Slaviansk (au Nord de la République Populaire de Donetsk) et sur le front central, dans le secteur de Donetsk où les forces ukrainiennes de Marinka et Avdeevka seront bientôt menacées par un chaudron républicain.

Une fois les forces ukrainiennes du secteur de Donetsk détruites un deuxième chaudron plus important pourra alors être engagé par l'encerclement du corps de bataille ukrainien concentré entre Slaviansk, Kramatorsk, Severodonetsk, Lisichansk.

Cette évolution des actions militaires ne fait aucun doute car les forces de Kiev, même si elles conservent encore un potentiel défensif résistant et une combativité honorable, ne disposent plus de moyens suffisants pour leur permettre des contre-offensives, notamment logistiques car la plupart de leurs dépôts de carburant et munitions ont été détruits par les missiles et l'aviation russes. 

Il faut dans cette histoire en mouvement savoir raison garder et surtout ne pas céder aux fantasmes débiles de certains analystes pro-russes qui depuis leurs salons moscovites ou parisiens ne sont que des larbins ne cherchant qu'à être plus propagandiste que la propagande pour remplir leurs portefeuilles et nourrir leurs egos surdimensionnés comme le prouvent les cartes militaires utilisées pour leurs prétendues "expertises" et qui sont plus "optimistes" que celles publiées par... le Ministère de la Défense russe lui-même ! 

Erwan Castel 

dimanche 27 mars 2022

Le "Livre Noir" à Marioupol

Contacté par Erik Tegnér du média français "Livre Noir", un jeune reporter mais faisant montre d'un grand professionnalisme et surtout d'une honnêteté de regard, j'ai accepté de le rencontrer à Donetsk pour un entretien sur la situation actuelle du front et en particulier à Marioupol, bataille principale du moment.

La bataille de Marioupol : 
au cœur des forces russes du Donbass

Présentation du reportage par Livre Noir :

"Ce reportage a failli ne jamais sortir en raison des pressions innombrables. Tout cela pour un simple travail de terrain. Notre reporter Erik fait partie des rares équipes de journalistes occidentaux présentes du côté russe du conflit entre la Russie et l’Ukraine. Parmi la première équipe de journalistes européens à pénétrer à Marioupol, il vous raconte dans ce reportage exceptionnel ce qui se joue ici dans le Donbass. Un travail de terrain, d’analyse, au sujet d’une guerre qui risque de bousculer la scène internationale. Merci de vos partages, commentaires et abonnements. 

Pour nous soutenir, vous pouvez souscrire à cet abonnement spécial “reportages de guerre”. 100% des sommes seront investis dans des reportages en zones de conflits et vous aurez accès à tous les documentaires exclusifs. Merci aux déjà 600 abonnés : https://livrenoir.fr/reporter-de-guerre/

Avis aux auditeurs : 

1. Pour entrer à l’intérieur de Marioupol, nous avons évidemment été guidé par un séparatiste pro-russe. Mais sans que cela soit dans le cadre d’un reportage dit “embeded” avec l’armée. Être ainsi accompagné est incontournable dans une zone de guerre où les bombardements pleuvent (le lendemain de la première visite d’Erik, un collègue chinois a ainsi été blessé au même endroit). En particulier lorsqu’on couvre la partie de celui qui assiège. 
2. Nous ne prétendons pas généraliser comme nous le précisions d’ailleurs au début du reportage. Nous sommes évidemment vigilant. Nous nous contentons de montrer ce que nous avons vu et de décrypter sur un moment T. 
3. Nous avons couverts les deux côtés : Ukraine pendant 8 jours au début du conflit puis Donbass pro-russe. Pour entrer, nous avons suivi la procédure habituelle d’un dépôt de dossier. Et avons même passé près de 8 jours d’attente avant d’entrer, après 6 jours de voyage. 
4. Les critiques qui nous reprochent d’être dans le Donbass doivent avoir à l’esprit que ces deux derniers mois, France 2, Ouest France et Libération étaient sur place en ayant suivi la même procédure. En période de guerre, il est du rôle des journalistes que de couvrir les deux côtés. Sans que cela veuille dire qu’il y a un parti pris. 

Bon visionnage à tous."

______________________

Et ce tweet de Erik Tegner : 
  • "La diffusion de ce reportage sur #Marioupol en zones russes a failli ne pas avoir lieu. Je n’ai jamais subi de telles pressions. Peut-être perdrai-je tout, tant pis. L’indépendance journalistique a un coup, même si c’est la solitude."

Observation personnelle :

Quelques heures seulement après les reportages réalisés dans le Donbass par des journalistes (je parle de vrais reporters par de bouffons ayant juste une carte de presse sucée auprès d'autorités) j'observe que, malgré une neutralité d'autant plus exemplaire qu'elle est devient de jour en jour rarissime, ils subissent les accusations hystériques d'être des pro-russes à la solde de Poutine et bien sûr des fascistes, tant il est confortable pour une bien pensance occidentale de bloquer tout débat et jugement par une "reductio ad hitlerum" dogmatique et arbitraire.

J'avais déjà observé les coups de poignards dans le dos des Moreau, Brayard, Néant (qui pourtant fait du bon travail) et autres maroufles et courtisans à breloques cherchant à reproduire, pour servir leurs pitoyables égos, les mêmes intrigues, népotismes, calomnies, inversions accusatoires et censures qu'ils prétendent conchier du côté des caniveaux de la bien-Pensance occidentale. Mais par rapport à leurs homologues de Libération, du Monde, de Street press, ces insectes rampants français, tant en méthodes et mentalité, restent des amateurs presque pitoyables.

Erwan Castel

samedi 26 mars 2022

Jour J + 30, la consolidation de l'avantage russe

Dans ce conflit entre l'Ukraine et la Russie l'Europe est entrée dans un nouveau chapitre de son histoire et que j'estime être des plus dangereux, par l'addition de la puissance destructrices des arsenaux militaires modernes, laquelle a déjà atteint son paroxysme avec l'arme nucléaire utilisée par les USA sur le Japon en 1945, avec l'irrationalité idéologique des responsables occidentaux de le pouvoir mondial et les objectifs élitistes sont devenus totalement amoraux et suicidaires pour les peuples qui se soumettent à leur ploutocratie hégémonique. 

En première partie de cet article il m'a paru important de remettre dans la perspective de l'OTAN ce conflit qui n'existerai pas sans son exponentielle stratégie agressive arrivée depuis 20 ans aux portes de la Fédération de Russie.

"Quand la souris joue avec la queue du chat"

Aujourd'hui, la quasi majorité du monde occidental semble découvrir depuis le 24 février seulement une guerre qui pourtant ravage depuis 8 ans ce qui était encore hier l'Ukraine, pays  qui se désagrège depuis le coup d'Etat du Maïdan pour être devenu le chien fou de la stratégie agressive de l'OTAN contre la Russie. 

Je pourrai vous renvoyer ici aux synthèses géostratégiques récentes réalisées par le président Poutine depuis la mi-décembre 2021 et que j'ai relayé sur ce blog, mais sans nul doute rejetées par le commun de "l'opinion internationale" autoproclamée, au vu de l'actuelle diabolisation de la Russie et dont l'hystérie aussi haineuse que stupide démontre que l'obscurantisme dogmatique est loin, très loin, d'avoir disparu des cervelles occidentales embrumées par 2000 années de pensée unique protéiforme et conditionnées par le consumérisme de cette nouvelle bien pensance où les banquiers et les journalistes ont remplacé les princes et les clercs, mais toujours pour soumettre les peuples à leurs intérêts et leurs pouvoirs, et jusqu'à piétiner dans leurs prosélytismes criminels leurs propres valeurs  religieuses, économiques, politiques ou idéologiques.

Donc je partagerai ici les opinions de haut responsables occidentaux qui depuis 30 ans préviennent que l'entrée dans l'OTAN de ce pivot stratégique européen qu'est l'Ukraine serait considéré comme un "Casus Belli" par la Russie voisine et que cette dernière empêcherait préventivement, y compris par la force que s'installe une menace militaire déclarée et dont les missiles seraient à moins de 5 minutes de Moscou.


Les penseurs stratégiques qui ont 
mis en garde contre l’expansion de l’OTAN

Compilation réalisée par Marc Vandepitte
Arrêt sur info — 21 mars 2022

L’un des aspects les plus fascinants de la guerre en Ukraine est le grand nombre de penseurs stratégiques de haut niveau qui ont averti depuis des années que cette guerre était imminente si nous continuions sur cette voie. Nous énumérons les plus importants de ces avertissements.

George Kennan, architecte de la guerre froide en 1998 :

  • « Je pense que c’est le début d’une nouvelle guerre froide. Je pense que les Russes vont progressivement réagir de manière assez négative et que cela affectera leurs politiques. Je pense que c’est une erreur tragique. Il n’y avait aucune raison pour cela. Personne ne menaçait qui que ce soit. Bien sûr, il y aura une mauvaise réaction de la part de la Russie, et ensuite [les partisans de l’élargissement de l’OTAN] diront que nous vous avons toujours dit que les Russes étaient comme ça – mais c’est tout simplement faux ».

Henry Kissinger, ancien secrétaire d’État américain en 2014 :

  • « Si l’Ukraine doit survivre et prospérer, elle ne doit pas être l’avant-poste d’un camp contre l’autre – elle doit fonctionner comme un pont entre eux. L’Occident doit comprendre que, pour la Russie, l’Ukraine ne pourra jamais être un simple pays étranger. Même des dissidents aussi célèbres qu’Alexandre Soljenitsyne et Joseph Brodsky ont insisté sur le fait que l’Ukraine faisait partie intégrante de l’histoire russe et, en fait, de la Russie. L’Ukraine ne devrait pas rejoindre l’OTAN. »

John Mearsheimer, l’un des plus grands experts en géopolitique aux États-Unis, en 2015 :

  • « La Russie est une grande puissance et elle n’a absolument aucun intérêt à laisser les États-Unis et leurs alliés s’emparer d’un grand bien immobilier d’une grande importance stratégique sur sa frontière occidentale et l’incorporer à l’Occident. Cela ne devrait guère surprendre les États-Unis d’Amérique, car vous savez tous que nous avons une doctrine Monroe. La doctrine Monroe stipule que l’hémisphère occidental est notre arrière-cour et que personne d’une région éloignée n’est autorisé à déplacer des forces militaires dans l’hémisphère occidental. Tout revient à l’OTAN. Vous vous rappelez que nous étions fous de rage à l’idée que les soviétiques mettent des forces militaires à Cuba. C’est inacceptable. Personne ne met de forces militaires dans l’hémisphère occidental. C’est la raison d’être de la doctrine Monroe. »

  • « Le nouveau maccarthysme à l’Ouest Pouvez-vous imaginer que dans 20 ans, une Chine puissante formera une alliance militaire avec le Canada et le Mexique et déplacera des forces militaires chinoises sur le sol canadien et mexicain et que nous resterons là à dire que ce n’est pas un problème ? Personne ne devrait donc être surpris que les Russes aient été apoplectiques à l’idée que les États-Unis placent l’Ukraine du côté occidental du grand livre. … Mais nous n’avons pas cessé nos efforts pour que l’Ukraine fasse partie de l’Occident. L’Occident conduit l’Ukraine sur le chemin des primeurs et le résultat final est que l’Ukraine va être détruite […] Ce que nous faisons encourage en fait ce résultat. Si vous pensez que ces gens à Washington et la plupart des Américains ont du mal à traiter avec les Russes, vous n’imaginez pas à quel point nous allons avoir du mal avec les Chinois. »

Jack F. Matlock, le dernier ambassadeur américain en Union soviétique, en 1997 :

  • « Si l’OTAN doit être le principal instrument d’unification du continent, la seule façon d’y parvenir est logiquement de s’étendre à tous les pays européens. Mais cela n’est pas le rôle du gouvernement et, même si c’est le cas, c’est la façon dont il peut faire face à la situation sans que de nouveaux dirigeants ne s’en mêlent. »
  • « L’expansion de l’OTAN a été la plus profonde bévue stratégique commise depuis la fin de la guerre froide. Loin d’améliorer la sécurité des États-Unis, de leurs alliés et des nations qui souhaitent entrer dans l’Alliance, elle pourrait bien encourager une chaîne d’événements susceptibles de produire la menace sécuritaire la plus grave pour cette nation [la Russie] depuis l’effondrement de l’Union soviétique ».

Et aussi dans "Politique et esprit : la bataille pour les esprits des Balkans" :

  • « Si l’OTAN doit être le principal instrument d’unification du continent, la seule façon d’y parvenir est logiquement de l’élargir à tous les pays européens. Mais cela ne semble pas être l’objectif de l’administration, et même si c’est le cas, le moyen d’y parvenir n’est pas d’admettre de nouveaux membres au coup par coup. »

William Perry, secrétaire à la défense sous Bill Clinton en 1996 :

  • « Je craignais que l’élargissement de l’OTAN en ce moment ne nous fasse régresser. Je pensais qu’une régression ici pourrait gâcher les relations positives que nous avions si laborieusement et patiemment développées dans la période opportuniste de l’après-guerre froide. Je pensais que nous avions besoin de plus de temps pour amener la Russie, l’autre grande puissance nucléaire, dans le cercle de sécurité occidental. La priorité absolue était pour moi évidente.»

Noam Chomsky, l’un des intellectuels vivants les plus importants en 2015 :

  • « L’idée que l’Ukraine puisse rejoindre une alliance militaire occidentale serait tout à fait inacceptable pour n’importe quel dirigeant russe. Cela remonte à 1990, lorsque l’Union soviétique s’est effondrée. La question de savoir ce qui allait se passer avec l’OTAN se posait. Gorbatchev a accepté que l’Allemagne soit unifiée et rejoigne l’OTAN. Il s’agissait d’une concession très remarquable, assortie d’une contrepartie : l’OTAN ne s’étendrait pas d’un pouce vers l’est. Ce qui s’est passé. L’OTAN a instantanément incorporé l’Allemagne de l’Est. Puis Clinton a étendu l’OTAN jusqu’aux frontières de la Russie. Le nouveau gouvernement ukrainien a voté en faveur de l’adhésion à l’OTAN. Le président Porochenko ne protégeait pas l’Ukraine, mais la menaçait d’une guerre majeure.»

Jeffrey Sachs, haut conseiller du gouvernement américain et de l’ONU, trois jours avant l’invasion :

  • « Les États-Unis ne seraient pas très heureux si le Mexique rejoignait une alliance militaire dirigée par la Chine, pas plus qu’ils n’étaient satisfaits lorsque le Cuba de Fidel Castro s’est aligné sur l’URSS il y a 60 ans. Ni les États-Unis ni la Russie ne veulent avoir l’armée de l’autre à leur porte. En 2008, le président George W. Bush a été particulièrement imprudent en ouvrant la porte à l’adhésion de l’Ukraine (et de la Géorgie) à l’OTAN. La Russie craint depuis longtemps les invasions de l’Ouest, que ce soit celles de Napoléon, d’Hitler ou, plus récemment, de l’OTAN. L’Ukraine devrait aspirer à ressembler aux membres de l’UE non membres de l’OTAN : l’Autriche, Chypre, la Finlande, l’Irlande, Malte et la Suède. »

Le directeur de la CIA, Bill Burns, en 2008 :

  • « L’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN est la plus brillante de toutes les lignes rouges pour [la Russie] » et « je n’ai encore trouvé personne qui considère l’Ukraine dans l’OTAN comme autre chose qu’un défi direct aux intérêts russes ». (Il était alors ambassadeur à Moscou en 2008 lorsqu’il a rédigé ce mémo). Il est aujourd’hui directeur de la CIA. Mémo 2008 « Nyet Means Nyet : Russia’s NATO Enlargement Redlines ».

Le journaliste russo-américain Vladimir Pozner, en 2018, a déclaré que

  • « L’expansion de l’OTAN en Ukraine est inacceptable pour le Russe, qu’il doit y avoir un compromis où « l’Ukraine, garantie, ne deviendra pas membre de l’OTAN. »

Malcolm Fraser, 22e Premier ministre australien, a averti en 2014 que

  • « le mouvement vers l’est [de l’OTAN] est provocateur, imprudent et un signal très clair à la Russie » . Il ajoute que cela conduit à un « problème difficile et extraordinairement dangereux ».

Paul Keating, ancien Premier ministre australien, en 1997 :

  • « l’élargissement de l’OTAN est « une erreur qui pourrait se classer au final avec les erreurs de calcul stratégiques qui ont empêché l’Allemagne de prendre toute sa place dans le système international [au début du 20e] ».

L’ancien secrétaire américain à la défense Bob Gates dans ses mémoires de 2015 :

  • « Aller si vite [pour étendre l’OTAN] était une erreur. […] Essayer de faire entrer la Géorgie et l’Ukraine dans l’OTAN était vraiment excessif [et] une provocation particulièrement monumentale. »

Pat Buchanan, dans son livre de 1999 A Republic, Not an Empire :

  • « En déplaçant l’OTAN sur le perron de la Russie, nous avons programmé une confrontation du XXIe siècle ».

En 1997, un groupe de personnes comprenant Robert McNamara, Bill Bradley et Gary Hart a écrit une lettre à Bill Clinton pour l’avertir que

  • « l’effort mené par les États-Unis pour étendre l’OTAN est une erreur politique de proportions historiques » et qu’il « favoriserait l’instabilité » en Europe. Aujourd’hui, c’est une position marginale et traîtresse.

Dmitriy Trenin s’est inquiété du fait que 

  • "l’Ukraine est à long terme le facteur potentiellement le plus déstabilisant dans les relations américano-russes, étant donné le niveau d’émotion et de névralgie déclenché par sa quête d’adhésion à l’OTAN."

Sir Roderic Lyne, ancien ambassadeur britannique en Russie, en 2021

  • « [pousser] l’Ukraine dans l’OTAN […] est stupide à tous les niveaux ». Il ajoute que « si vous voulez déclencher une guerre avec la Russie, c’est le meilleur moyen de le faire ».

L’année dernière encore, le célèbre économiste Jeffrey Sachs, dans une colonne du FT :

  • « Je mets en garde contre l’élargissement de l’OTAN, qui est tout à fait malavisé et risqué. Les vrais amis de l’Ukraine, et de la paix mondiale, devraient appeler à un compromis des États-Unis et de l’OTAN avec la Russie ».

Fiona Hill : 

  • « Nous avons averti [George Bush] que M. Poutine considérerait les mesures visant à rapprocher l’Ukraine et la Géorgie de l’OTAN comme une provocation susceptible de provoquer une action militaire préventive de la Russie. Mais en fin de compte, nos avertissements n’ont pas été pris en compte. »

Aleksandr Dugin, en 1997, avait prédit tout ce que Poutine a fait, dans son livre « Foundation of Geopolitics ».

Enfin je me permets de rajouter à cette remarquable compilation de déclarations de responsables occidentaux avertissant que l'expansion de l'OTAN vers la Russie est belliciste, un certain Joe Biden, alors sénateur étasunien qui déclarait en 1997:

  • "La seule chose qui peut provoquer une  réponse hostile et énergique de la Russie c'est l'expansion de l'OTAN.."

Enfin n'oublions pas Obama, par qui est arrivé la crise
ukrainienne avec le Maïdan, et à qui est cyniquement
attribué un "prix Nobel de la Paix" comme à Kissinger
dont l'ombre plane au dessus des charniers du 
Vietnam ou ceux des dictatures latino-américaines

Donc l'émotion, l'indignation, la surprise des occidentaux ne sont que des émotions feintes pour mobiliser leurs foules abêties, car non seulement les responsables du Nouvel Ordre Mondial connaissaient le risque militaire à cette expansion de l'OTAN vers la Russie mais ils ont persisté, malgré les avertissements du Kremlin en Géorgie, en Crimée etc... 
Ce ne sont que des criminels pratiquant l'inversion accusatoire pour mieux légitimer leurs guerres, leurs coups d'Etat ou terrorismes organisés et organiser le chaos en Europe et dans le Monde !

Quelques jours avant le début des opérations militaires russes en Ukraine, entre autres provocations, le président ukrainien Zelensky a déclaré publiquement :

  • que l'Ukraine ne respectera jamais les accords de paix de Minsk,
  • que l'Ukraine poursuivra le processus d'intégration dans l'OTAN,
  • que l'Ukraine se dotera prochainement d'un arsenal nucléaire,

En conséquence de quoi depuis le 24 février les forces russes ont engagé par la force  : 

  • l'annulation de l'offensive ukrainienne contre le Donbass
  • la démilitarisation de l'Ukraine en détruisant ses dépôts, ses bases, ses unités
  • la destruction des unités et groupes armées d'obédience nazie.
Dans le Donbass un T64 ukrainien détruit au milieu des habitations civiles auprès
desquelles il avait cherché à se protéger des frappes russes et républicaines

Résultats : 

Les forces russes ont pénétré dans la profondeur du territoire ukrainien, cassé la ligne de front du Donbass, détruit environ 70 % des dépôts et bases militaires ukrainiennes...

Carte officielle de l'Etat Major russe au 25 mars concernant les opérations en cours

Sur cette carte qui recadre les délires des propagandistes de tout bord, on peut observer les régions pénétrées par les forces russes et, dans le Donbass à l'Est, par les forces républicaines. Il faut cependant noter que ces zones correspondent à des territoires stratégiquement contrôlés mais pour certains secteurs, pas encore totalement pacifiés. 

Le fait est qu'au bout d'un mois de conflit russo-ukrainien:
  • 14 000 soldats et paramilitaires ukrainiens tués et plus de 6 000 blessés. 
  • 1587 chars et véhicules blindés détruits sur les 2 416 initiaux,
  • 112 avions militaires détruits sur 152,
  • 75 hélicoptères détruits sur 149, 
  • 35 drones d'attaque Bayraktar TB2 détruits sur 36,
  • etc..
On peut affirmer au vu de ces résultats et progressions sur le terrain réalisées par les forces russes que la première phase de leurs opérations militaires est atteinte et d'ailleurs l'Etat Major russe a dévoilé une partie de sa stratégie en Ukraine comme par exemple concernant les villes :
  • La stratégie offensive russe n'est pas de mener des assauts sur les villes ukrainiennes (à l'exception du Donbass) puisque les objectifs ne sont pas d'envahir le pays mais 
- d'annihiler son potentiel militaire offensif qui est au service de l'OTAN, 
- détruire les unités nationalistes qui animent la résurgence du nazisme,  
- imposer pour l'Ukraine une réelle indépendance politique et neutralité militaire, 
- obtenir une reconnaissance officielle de la Crimée et du Donbass.

  • Pour le Donbass, les objectifs sont légèrement différents puisqu'il s'agit ici avec les forces républicaines de Donbass et Lugansk de libérer leurs territoires reconnus par Moscou. Au 25 mars 52% de la RPD et 91% de la RPL ont déjà été libérés et, maintenant que le potentiel de réaction stratégique ukrainien est paralysé, la priorité des opérations dynamiques russes se déroule aujourd'hui dans ces républiques, où est toujours déployé le principal corps de bataille ukrainien.
Au total, plus de 300 villages et localités ont été libérées dans le Donbass par
les forces républicaines des Républiques de Donetsk et Lugansk, appuyées
par les forces russes, comme ici le village de Stepnoe au Sud de Donetsk.
  • Enfin un troisième objectif induit à ce nouveau conflit de haute intensité frappant le coeur de l'Europe est, qu'à son issue, la Russie obtiendra vraisemblablement les garanties juridiques internationales concernant le retrait de l'OTAN de ses frontières qu'elle demande légitimement depuis 30 ans et que le Président Poutine a clairement présenté et argumenté en décembre et janvier dernier.
Sur le terrain on peut observer non pas un "enlisement des forces russes" comme le pérorent les occidentaux mais bien une prudence dans les actions menées, laquelle par exemple donne une priorité à l'emploi posé des missiles de précision après les assauts aériens et terrestres audacieux mais couteux en hommes et matériels observés pendant les 2 premières semaines. Cette évolution tactique visant à sécuriser le personnel militaire, les civils des zones attaqués est justement rendue possible aujourd'hui par la destruction du potentiel de réaction stratégique ukrainienne (même si ici et là on observe des contre attaques locales) qui ne dispose plus de forces aériennes et dépôts stratégiques suffisants pour tenter une contre offensive générale. Et ce ne sont pas les aides militaires occidentales même maximales qui pourront compenser les pertes subies d'autant plus que les voies d'approvisionnement venant de la lointaine Pologne sont de plus en plus soumises aux frappes aériennes russes.

Destruction par missile du centre de commandement 
des forces aériennes ukrainiennes à Vinnitsa le 25 mars

Je ne doute pas que la Russie gagne militairement ce conflit, car elle dispose de la motivation pour en supporter la durée nécessaire et les moyens pour venir à bout des forces ukrainiennes même si ces dernières sont gavées d'aides militaires de l'OTAN et de mercenaires à canon, et même si les pays occidentaux poursuivent leur guerre économique contre la Fédération (dont les dommages collatéraux subis par eux deviendront insupportables). 

Mais il ne faut jamais crier victoire trop tôt car l'évolution en durée et en dureté de ce conflit, et surtout son extension potentielle à d'autres pays peut faire évoluer cette crise internationale dans une autre dimension, tout comme le conflit du Donbass a fini au bout de 8 ans par exploser en Ukraine. Cela dépendra de l'implication de l'OTAN dans le conflit qui, de soutiens politiques en soutiens militaires de plus en plus radicaux, menace d'étendre à son tour ce conflit dans le jeu infernales des alliances.

Aujourd'hui dans leurs progressions et leurs victoires, les forces russes et
républicaines capturent de nombreuses armes et munitions de l'OTAN,
lesquelles sont aussitôt réemployées contre les forces ukrainiennes, comme
par exemple ici un missile antichar étasunien "Javelin" sur lez front de Donetsk.

Comme on peut donc l'observer, tant dans la genèse de ce conflit ukrainien qui a commencé les objectifs du Maïdan que dans sa résolution avec leur abandon définitif, tout dépend de l'OTAN, dont je pense que seule sa dissolution sera une réelle garantie pour protéger la Paix mondiale. Mais malheureusement nous n'en sommes pas encore là !

Erwan Castel