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jeudi 13 octobre 2022

Chroniques du Donbass - 02

Voici les deux premières "capsules" de l'entretien réalisé le 5 octobre avec Alexandre Penasse qui avaient été dépassées, actualité oblige, par le troisième entretiendéjà publié ici le 11 octobre 2022.

Source des vidéos : Kairos ou Odysee
Cliquez sur un des liens ci dessus pour visionner


Voici les liens des vidéos 1.1 et 1.2 :

1) vidéo titrée "Chronique du DONBASS 1.1" :

2) vidéo titrée "Chroniques du DONBASS 1.2" :

Je suis également en train de m'organiser pour réaliser des vidéos d'infos très courtes qui seront publiées sur mon canal Telegram et compilées ensuite à intervalles réguliers ici.

Merci de votre intérêt et des partages réalisés

Erwan Castel

mardi 11 octobre 2022

Chroniques du Donbass - 01

Cette semaine, j'ai été contacté par l'équipe du média belge "Kairos", pour apporter mon regard sur ce volcan ukrainien, entré en éruption sur le Maïdan en février 2014 et qui a fini par exploser en février 2022 avec une tectonique en fusion menaçant aujourd'hui d'incendier toute la géopolitique mondiale.

Cette première publication, est en fait le troisième rendez vous avec l'équipe de "Kairos", mais poussé devant par l'actualité récente et brûlante. Les 2 premiers rendez-vous paraîtront sous peu.

Source du lien : Kairos ou la chaîne Odysee

Je remercie ici toute l'équipe d'Alexandre: Sarah, Nathalie, Serge, Terangi et Eric pour leur précieuse collaboration et la qualité de leur travail, espérant un jour que nous entrechoquerons fraternellement dans une taverne des rives de la Semois ou du Dniepr des pintes de Leffe ou de Baltika pour fêter dignement la victoire des peuples sur la ploutocratie mondialiste !

Merci à tous 

Erwan Castel

Les liens ; 

🙏 SOUTENEZ LE JOURNALISME LIBRE! 🙏


samedi 8 octobre 2022

Une deuxième rencontre avec Guy Boulianne


Après une première rencontre réalisée le 13 mars dernier 3 semaines après le début des opérations spéciales russes en Ukraine, Guy Boulianne m'a invité à un nouvel entretien ce 5 octobre, au moment où le conflit russo-ukrainien amorce une nouvelle étape dans son escalade sous une pression atlantiste dont l'ingérence devient de plus en plus belligérante.

Merci à Guy Boulianne et toute son équipe pour cette fenêtre d'information où il est possible d'alerter l'opinion sur les menaces réelles que fait peser sur le Monde cette stratégie mondialiste amorale et belliciste.

Source de l'article Guy Boulianne info

Dans l'article, vous pouvez également trouver un lien permettant d'écouter l'entrevue en audio. Sinon, vous pouvez aussi retrouver la vidéo de la rencontre sur Odyssée

Guy Boulianne, anime un média alternatif portant un regard pertinent sur l'actualité, dans un esprit ouvert que je salue et tourné vers la concorde des peuples aujourd'hui divisés et jetés les uns contre les autres par la fuite en avant sans limite d'une hégémonie mondialiste cherchant dans les conflits à échapper à l'effondrement de sa propre démesure.

Dès que je trouve du temps, je rajouterai un sommaire minuté de ce long entretien long entretien (3h13).... par Freyja que je suis bavard !

Erwan Castel

jeudi 29 septembre 2022

Un binôme se reconstitue sur le front de la Vérité

Le 21 septembre avait lieu mon premier entretien avec Carl Brochu sur le sujet du conflit russo-ukrainien, et une semaine après j'ai eu le plaisir d'être invité à une deuxième rencontre transatlantique avec les amis québécois de RadioInfioCité, en compagnie de mon vieux (mais toujours jeune !) frère d'armes Pierre Plas, dans le souvenir toujours intact et l'énergie entretenue de nos belles années de lieutenant. 

Une rencontre improvisée autour du volcan ukrainien où beaucoup de sujets intéressants furent abordés et tant d'autres mis de côté....dans l'attente d'un troisième échange...

Encore un grand merci à toute l'équipe de RadioInfoCité pour cette collaboration fraternelle !

Erwan Castel

Source de la vidéo : https://youtu.be/RgF9BOKWmoU

N'hésitez pas regarder et à commenter les autres rencontres réalisées par "RadioInfoCité" car elles offrent un autre regard, une autre vérité au milieu du chaos ambiant, et ce réseau d'information est à soutenir et faire connaître au maximum.

Merci d'avance 

dimanche 25 septembre 2022

Entretien entre Novorossiya et Nouvelle France


Ce 21 septembre 2022, j'ai eu le plaisir d'être invité virtuellement par Carl Brochu en terre du Québec afin de partager mon point de vue sur la situation entre Russie et Ukraine dont la tectonique, dans ses dimensions géopolitique, économique et militaire, menace aujourd'hui l'ensemble de notre planète.

Je remercie Carl, Jean Marc et toute l'équipe de "RadioInfoCité" pour cette belle rencontre ouvrant je l'espère une collaboration fraternelle au service de l'information réelle, et sans oublier mon frère d'armes Pierre Plas grâce à qui elle a pu se réaliser.

Désolé pour la qualité de l'image, je vous promets de mieux faire la prochaine fois même si le plus important ce sont les idées et non celui qui les porte.

Erwan Castel

Lien de la vidéo à partager sur vos réseaux :

N'hésitez pas regarder et à commenter les autres rencontres réalisées par "RadioInfoCité" car elles offrent un autre regard, une autre vérité au milieu du chaos ambiant, et ce réseau d'information est à soutenir et faire connaître au maximum.

Merci d'avance 

dimanche 27 mars 2022

Le "Livre Noir" à Marioupol

Contacté par Erik Tegnér du média français "Livre Noir", un jeune reporter mais faisant montre d'un grand professionnalisme et surtout d'une honnêteté de regard, j'ai accepté de le rencontrer à Donetsk pour un entretien sur la situation actuelle du front et en particulier à Marioupol, bataille principale du moment.

La bataille de Marioupol : 
au cœur des forces russes du Donbass

Présentation du reportage par Livre Noir :

"Ce reportage a failli ne jamais sortir en raison des pressions innombrables. Tout cela pour un simple travail de terrain. Notre reporter Erik fait partie des rares équipes de journalistes occidentaux présentes du côté russe du conflit entre la Russie et l’Ukraine. Parmi la première équipe de journalistes européens à pénétrer à Marioupol, il vous raconte dans ce reportage exceptionnel ce qui se joue ici dans le Donbass. Un travail de terrain, d’analyse, au sujet d’une guerre qui risque de bousculer la scène internationale. Merci de vos partages, commentaires et abonnements. 

Pour nous soutenir, vous pouvez souscrire à cet abonnement spécial “reportages de guerre”. 100% des sommes seront investis dans des reportages en zones de conflits et vous aurez accès à tous les documentaires exclusifs. Merci aux déjà 600 abonnés : https://livrenoir.fr/reporter-de-guerre/

Avis aux auditeurs : 

1. Pour entrer à l’intérieur de Marioupol, nous avons évidemment été guidé par un séparatiste pro-russe. Mais sans que cela soit dans le cadre d’un reportage dit “embeded” avec l’armée. Être ainsi accompagné est incontournable dans une zone de guerre où les bombardements pleuvent (le lendemain de la première visite d’Erik, un collègue chinois a ainsi été blessé au même endroit). En particulier lorsqu’on couvre la partie de celui qui assiège. 
2. Nous ne prétendons pas généraliser comme nous le précisions d’ailleurs au début du reportage. Nous sommes évidemment vigilant. Nous nous contentons de montrer ce que nous avons vu et de décrypter sur un moment T. 
3. Nous avons couverts les deux côtés : Ukraine pendant 8 jours au début du conflit puis Donbass pro-russe. Pour entrer, nous avons suivi la procédure habituelle d’un dépôt de dossier. Et avons même passé près de 8 jours d’attente avant d’entrer, après 6 jours de voyage. 
4. Les critiques qui nous reprochent d’être dans le Donbass doivent avoir à l’esprit que ces deux derniers mois, France 2, Ouest France et Libération étaient sur place en ayant suivi la même procédure. En période de guerre, il est du rôle des journalistes que de couvrir les deux côtés. Sans que cela veuille dire qu’il y a un parti pris. 

Bon visionnage à tous."

______________________

Et ce tweet de Erik Tegner : 
  • "La diffusion de ce reportage sur #Marioupol en zones russes a failli ne pas avoir lieu. Je n’ai jamais subi de telles pressions. Peut-être perdrai-je tout, tant pis. L’indépendance journalistique a un coup, même si c’est la solitude."

Observation personnelle :

Quelques heures seulement après les reportages réalisés dans le Donbass par des journalistes (je parle de vrais reporters par de bouffons ayant juste une carte de presse sucée auprès d'autorités) j'observe que, malgré une neutralité d'autant plus exemplaire qu'elle est devient de jour en jour rarissime, ils subissent les accusations hystériques d'être des pro-russes à la solde de Poutine et bien sûr des fascistes, tant il est confortable pour une bien pensance occidentale de bloquer tout débat et jugement par une "reductio ad hitlerum" dogmatique et arbitraire.

J'avais déjà observé les coups de poignards dans le dos des Moreau, Brayard, Néant (qui pourtant fait du bon travail) et autres maroufles et courtisans à breloques cherchant à reproduire, pour servir leurs pitoyables égos, les mêmes intrigues, népotismes, calomnies, inversions accusatoires et censures qu'ils prétendent conchier du côté des caniveaux de la bien-Pensance occidentale. Mais par rapport à leurs homologues de Libération, du Monde, de Street press, ces insectes rampants français, tant en méthodes et mentalité, restent des amateurs presque pitoyables.

Erwan Castel

lundi 21 mars 2022

Mes entretiens avec Michel Collon et Guy Boulianne

2 entretiens longs réalisés pendant cette première quinzaine de mars depuis Donetsk et que je partage finalement sur ce blog, non par narcissisme mais pour mémoire et archives.

Depuis que la Russie a déclenchée ses opérations militaires en Ukraine, NON POUR COMMENCER UNE GUERRE CONTRE KIEV MAIS POUR FINIR CELLE que ce régime de Kiev post Maïdan aux ordres de l'OTAN mène depuis 8 ans contre les populations du Donbass, je suis chaque jour sollicité par des amis, des médias officiels ou alternatifs pour apporter mon point de vue sur la situation dans cette région du Monde et qui évolue dans une vitesse militaire et un brouillard propagandiste qui ne rendent pas toujours facile l'observation de la réalité.

Tout d'abord ce fut Michel Collon, un cousin belge dont je suis avec enthousiasme les pertinentes (et percutantes) analyses depuis des années qui m'a fait l'honneur d'un entretien le 4 mars 2022 pour son média Investig`action:

"Et si la guerre d’Ukraine n’avait pas commencé le 24 février 2022, mais huit ans plus tôt? Dans ce nouveau numéro de Michel Midi, Michel Collon reçoit Erwan Castel, un ancien soldat français parti combattre les milices néofascistes dans le Donbass en 2015. Un témoignage éclairant sur une partie trop peu évoquée du conflit."

Le lien ici : Michel Midi

Cette guerre en Ukraine depuis 8 ans m'a permis aussi de découvrir et rencontrer d'autres penseurs libres qui dans leurs terroirs et parfois aux antipodes de mon sanctuaire actuel enrichissent de leurs réflexions et leur humanité ma vision du Monde et mes combats pour les peuples et la Nature.


Quelques jours plus tard, le 13 mars, j'ai vécu un deuxième entretien passionnant avec Guy Boulianne et François-René Milot, des "cousins du Québec" qui résistent depuis le coeur de la thalassocratie anglo-américaine dans la pure tradition de ces anarques européens qui ont éclairé les consciences dans les tempêtes millénaires de nos civilisations.

Le lien ici : Guy Boulianne Info

"Je vous invite à revoir une entrevue en direct de la République Populaire de Donetsk avec le tireur d’élite (sniper) Erwan Castel, volontaire dans la Brigade internationale Piatnashka. Cette entrevue a eu lieu dimanche le 13 mars 2022 à 12H (Montréal) — 19H (Moscou) — 17H (Paris) et fut diffusée simultanément sur les plateformes Youtube, Twitter, VKontakte. L’entrevue est aussi disponible sur Internet Archive, Bitchute, Odysee, Rumble et UGEnet.

J’ai eu le bonheur d’animer cette entrevue avec l’assistance de François-René Milot, créateur et animateur de Zradio, un média alternatif de libre expression qui a pour mission d’analyser les enjeux médiatiques et géopolitiques qui se cachent derrière le brouillard de la guerre de l’information. Nous avons abordé différents sujets concernant le conflit qui se déroule actuellement en Ukraine : la situation militaire ; la russophobie et les médias mensonge ; l’histoire du Donbass et de l’Ukraine ; l’expansion de l’OTAN ; la guerre du Donbass depuis 8 ans ; et bien sûr l’engagement personnel de Erwan Castel.

Né le 6 juin 1963, Erwan Castel rêve d’une « Europe aux cents drapeaux » dont l’unité serait fondée sur le respect de ses peuples natifs et fondateurs et la reconnaissance de leurs identités dans une vision fédérale fondée sur les principes de subsidiarité et de démocratie participative. « Breton, polythéiste et européen », successivement officier parachutiste français, militant indépendantiste breton puis guide expédition en Amazonie française, il a décidé de rejoindre la rébellion du Donbass s’opposant à l’opération militaire lancée contre sa population russe en 2014 par les putschistes du Maïdan.

Resté attentif à la tectonique géopolitique du monde, Erwan Castel qui s’est engagé depuis environ 25 ans dans un combat antimondialiste de plus en plus prononcé, décide au moment du Maïdan de dénoncer la propagande de guerre occidentale sur les réseaux sociaux où il essaye de ré-informer l’opinion. En juin 2014, il décide d’abandonner sa situation privée et professionnelle et de rejoindre le Donbass, ce qu’il réalisera en janvier 2015. Engagé début février 2015 dans l’armée de la République Populaire de Donetsk, il a servi sur les fronts de Debalsevo, Marinka, Dokuchaievsk et Donetsk avant de devenir volontaire en 2017 dans la Brigade internationale Piatnashka et servir sur le front de Yasinovataya en tant que tireur d’élite (sniper)."


La guerre de l'information a suivi l'escalade de la guerre militaire, devenant un combat prioritaire qu'il convient de mener en dehors des ornières des propagandistes car leurs fantasmes finissent toujours à terme par les ridiculiser (je ne m'en plaindrai jamais) mais surtout être contre productifs à la cause qu'ils prétendent défendre .

Erwan Castel

lundi 21 février 2022

Quand les journalistes sont.. des journalistes !


Lorsque le 10 février je suis contacté pour rencontrer une équipe de TF1 venue à Donetsk, j'avoue avoir été méfiant, par expériences précédentes ou observations du traitement partial des événements de la crise ukrainienne en général et du Donbass en particulier par les grands médias occidentaux, le plus souvent alignés sur la doxa propagandiste étasunienne.

Respecter l'éthique de sa profession dans une volonté de neutralité devient difficile pour des professions tel que le journalisme que les propagandistes des 2 bords de leur monde manichéen veulent pouvoir contrôler. Et même aujourd'hui il est difficile de garder intacte et rapporter la parole des personnes rencontrées sans être aussitôt amalgamé à leur opinions par ceux qui ne partagent pas.

TF1 à envoyé des reporters de chaque côté de la ligne de front chaque équipe rapportant les témoignages des populations rencontrées 

Merci aux reporters, de TF1 mais aussi d'autres médias qui font l'effort de venir "du côté du Mal" tel que défini par les thuriféraires de la pensée unique et sans préjugé idéologique, et ainsi de m'avoir donné tort à l'opinion que je généralisais trop concernant les journalistes occidentaux.

Erwan Castel


1 / Au coeur du Donbass: 
rencontre avec les séparatistes pro-russes

le lien: 7 février 2022 (20h)

"Sur une autoroute du sud de la Russie, à proximité de l'Ukraine, nous ne mettons pas longtemps à croiser des convois militaires russes, imposants. Des véhicules blindés, des camions de transport de troupes, d'équipements, qui se succèdent sur des kilomètres et des kilomètres. Un déploiement exceptionnel qui fait craindre le pire. Sur une aire de repos, nous croisons quelques soldats. Ils ont l'air concentrés. Ils disent opérer des exercices militaires. Nous poursuivons notre route vers le poste-frontière entre la Russie et l'Ukraine, qui mène au Donbass, la région ultrasensible au cœur des discussions diplomatiques actuelles. Après un interrogatoire minutieux, nous obtenons le fameux laissez-passer. Nous voici dans la République auto-proclamée de Donetsk, ultrafermée. Ici, en théorie, c'est l'Ukraine, mais depuis huit ans, cette zone est tenue par des séparatistes ukrainiens pro-russes. D'ailleurs, le drapeau russe flotte sur la place centrale, derrière l'imposante statue de Lénine. Cette République a même son président. Denis Pouchiline nous reçoit et nous livre son message. Ce président nous confie qu'il attend beaucoup de la France pour éviter une guerre d'envergure. À dix minutes du centre-ville, c'est un tout autre décor. Toute cette zone résidentielle a été la cible de tirs provenant du côté ukrainien. Cet habitant nous montre sa petite maison et son poulailler, plusieurs fois touchés par des tirs d'obus. Le cessez-le-feu négocié il y a quelques jours reste précaire. Les Ukrainiens aimeraient reprendre cette République russophone qui demande son autonomie et qui est sous protection russe."


2 / Ukraine-Russie:
que veulent les habitants de la région du Donbass

le lien: 8 février 2022 (20h)

"Cela fait maintenant huit ans que la guerre fait partie de la vie d'Elena. Elle nous montre un abri dans sa cave. Elle s'y est réfugié avec sa famille plusieurs fois. Comme la plupart des habitants de la République autoproclamée de Donetsk, Elena considère que ce sont les Ukrainiens qui ont déclenché la guerre en 2014. Alors depuis, ils se tournent de plus en plus vers la Russie. Dans la région, tout le monde parle russe. Elle, son fils et son mari ont le passeport russe. Ils espèrent que le Donbass sera un jour rattaché à la Russie. Dans la librairie de l'avenue Artyoma, pas de surprise, on trouve toutes sortes de livres, tous écrits en russe. Au supermarché, nous constatons que beaucoup de produits viennent de Russie ou de Biélorussie. Et ce n'est pas tout, la monnaie aussi est russe. Les gâteaux, le pain, les jus de fruit, les fruits, les légumes... tout se paie en rouble. De toute façon au Donbass, on ne trouve plus de monnaie ukrainienne. Toutes les banques sont fermées depuis sept ans. Sur l'avenue principale de Donestk trône un gigantesque slogan : "Nous sommes le Donbass russe".


3 / Donbass
les séparatistes russes en état d'alerte

le lien: 13 février 2022 (20h)

"Dans ce quartier au nord de Donetsk, à proximité de la ligne de front, de nombreux immeubles sont détruits, inhabités. Seules huit personnes vivent encore ici, dont Tatiana avec son chien. Elle nous conduit dans sa cave. Et elle a tout prévu pour tenir quelques jours dans cet abri. Après huit ans de guerre, elle nous confie qu’elle rêve d’une vie normale. Quand on se rapproche encore un peu plus de la ligne de front, on perçoit une immense lassitude chez les habitants. Alexandre est retraité. La guerre, nous dit-il, va encore faire souffrir les civils. Actuellement, les miliciens sont sur leur garde. “D’ailleurs, dans ce village, beaucoup de maisons ont été ciblées, touchées par des tirs. Cette nuit, quatre tirs de roquettes ont été entendus un peu plus au sud sur la ligne de front. Donc le cessez-le-feu est très très précaire, en ce moment. Et dans les tranchées, chez les séparatistes, le niveau d’alerte est très élevé”, nous rapporte Liseron Boudoul, notre envoyée spéciale sur place."


4 / Ukraine
les séparatistes sur le qui vive

le lien: 16 février 2022 (20h)

"Dans la nuit du mardi à mercredi, en plein couvre-feu, des échanges de tirs à l'arme lourde ont eu lieu dans les faubourgs de Donetsk. Le niveau d'alerte était maximum dans ces tranchées dans la vidéo en tête de cet article. Les séparatistes russes du Donbass sont sur le qui-vive malgré l'intensité diplomatique. "J'observe attentivement les blindés ukrainiens en face pour voir s'ils se déplacent ou s'il y a le moindre mouvement", lâche un militaire. D'un côté comme dans l'autre, il n'y a qu'une seule question. Qui pourrait déclencher le premier les hostilités ? "Les Ukrainiens font de tir de provocation pour qu'on réponde. C'est leur stratégie", affirme un séparatiste russe. Et chaque camp se protège pour éviter une incursion de l'ennemi. Il y a des mines tout autour de la tranchée. Nous avons rencontré Erwan Castel, un ancien officier de l'armée française d'origine bretonne, blessé par une mine antipersonnel. Il a combattu auprès des miliciens séparatistes il y a sept ans. Au sud du Donbass, nous avons rejoint le front maritime sur la mer d'Azov. Cette petite mer est stratégique car, la distance entre la Russie et l'Ukraine n'est que de 30 km. Sur ses cotes, pourrait donc aussi se déclencher un éventuel conflit. Les habitants de ce Donbass pro-russe le redoutent. Ils espèrent donc une issue diplomatique. Et ils croient que la Russie, qui les protège déjà depuis huit ans, les soutiendra si une guerre éclate."


5 / Bombardements à l'Est de l'Ukraine
des civils évacués vers la Russie

le lien: 18 février 2022 (20h)

"Les voitures se ruent vers les stations essence. À Louhansk, ville contrôlée par les séparatistes pro-russes, les autorités viennent de demander aux civils d'évacuer. Les habitants se préparent comme l'a constaté notre envoyé spécial sur place dans la vidéo en tête de cet article. S'affichant en protecteur, Vladimir Poutine a annoncé qu'il hébergerait les réfugiés en Russie, les nourrirait et leur donnerait 129 euros. Dans le Donbass occupé par les séparatistes et à Donetsk, les sirènes retentissent pour demander aux civils d'évacuer. Une guerre des mots commence. Le chef de cette République autoproclamée accuse l'Ukraine. C'est un mensonge, rétorque le gouvernement ukrainien. Après deux mois plutôt calmes, les affrontements se sont intensifiés ces derniers jours de part et d'autre de la ligne de front. Côté ukrainien, une école a été touchée sans faire de victime. Jeudi, 600 échanges de tirs ont été répertoriés par les observateurs internationaux. C'est deux fois plus que la moyenne de l'année 2021. Est-ce le signe qu'une guerre entre la Russie et l'Ukraine se rapproche ? Coté russe, Vladimir Poutine dit continuer à retirer des troupes. Mais les États-Unis ne le croient pas. Bien au contraire, le nombre de soldats russes augmentent de 130 000 début février à 169 0000 voire 190 000. Ce vendredi soir, le président américain doit s'entretenir par visioconférence avec Emmanuel Macron et plusieurs autres leaders européens."


6 / Crise en Ukraine : 
l'exode a commencé à Donetsk

le lien: 19 février 2022 (13h)

"À une vingtaine de kilomètres du poste-frontière avec la Russie, les habitants sont en train de quitter la région de Donetsk. D'ailleurs, ce samedi matin, des bus ont été réquisitionnés par la République autoproclamée de Donetsk pour évacuer la population prioritaire. Il s'agit notamment des femmes, des enfants et des personnes âgées dont les habitations sont situées à proximité de la ligne de front. Cette dernière qui s'est véritablement réactivée avec des échanges de tirs à l'arme lourde. Côté russe, ces personnes vont être accueillis dans des centres d'accueil. Et Vladimir Poutine a annoncé qu'il donnerait à chaque personne évacuée la somme de 10 000 roubles, soit environ 110 euros. Cela correspond à la moitié d'un salaire mensuel dans le Donbass. Une victimisation immédiatement dénoncée par les Etats-Unis." 


7 / Donbass : l'exode des civils pro-russes

le lien : 19 février 2022 (20h)

"Dans la vidéo en tête de cet article, des habitants arrivent par petits groupes, en voiture ou en bus. Ils quittent la région de Donetsk pour aller se mettre à l'abri en Russie où ils vont être accueillis à bras ouverts par Vladimir Poutine. Natacha a préparé sa valise ce samedi matin pour quelques jours, dit-elle. Elle a peur. C'est la même angoisse qui pousse Valentina et sa fille à partir. Elles habitent à Gorlovka, tout à côté de la ligne de front. Les hommes de 18 à 55 ans ne peuvent pas sortir du Donbass. La mobilisation générale est décrétée. Alors que sur l'ensemble de la ligne de contact, les échanges de tirs se font de plus en plus violents. Exceptionnellement, nous avons pu pénétrer dans le deuxième bastion séparatiste du Donbass, la République autoproclamée de Louhansk. Dans ces tranchées désormais, ces miliciens nous disent craindre une action militaire d'envergure des forces ukrainiennes. Mais ces séparatistes nous assurent qu'ils ne ripostent pas pour le moment. Mais les habitants qui vivent dans cette zone dangereuse redoutent l'embrasement. Ils ne savent pas où ils doivent aller. Et certains ne veulent pas être évacués en Russie. Ils préfèrent rester sur leurs terres avec un infime espoir que les combats s'arrêtent."

8 / Séparatistes russes : mobilisation générale

 le lien : 20 février 2022

"Depuis notre hôtel la nuit dernière, nous entendons des tirs à l’arme lourde. Ils résonnent jusqu’au cœur de Donetsk. Ce dimanche, quand nous traversons la ville, aucun habitant , aucune activité sauf ici dans cette rue. L’école est transformée en centre de recrutement de civils car c’est la mobilisation générale depuis samedi. Sergueï est volontaire pour aller “combattre les Ukrainiens” dit-il. Tous ces hommes veulent défendre leur Donbass pro-russe. Il y a même quelques anciens combattants comme Ivan. Liseron Boudoul, notre envoyée spéciale sur place, précise : “Tous les hommes qui s’engagent sont amenés directement avec ces bus sur leurs unités d’affectation. Certains d’entre eux vont rejoindre les fronts dans les heures qui viennent”. Le front, il n’est jamais loin ici. Et justement, les tirs reprennent. Nous sommes du côté de l’aéroport de Donetsk. Surpris, nous nous équipons rapidement. Il faut s’écarter rapidement de la voiture qui pourrait être prise pour cible car les tirs d’obus s’enchaînent. Ils proviennent des positions ukrainiennes à cinq kilomètres. Nous profitons d'un moment d'accalmie. Dans le quartier de Putilovka, des tirs résonnent encore. Natalia, l’épicière n’en peut plus. Alors que le front s’enflamme autour de Donetsk, les habitants se sentent de plus en plus seuls. La paix, ils n’y croient plus." 


jeudi 16 décembre 2021

Un portrait qui me fait rougir

Près de Yakolevka (entre Donetsk et Yasinovataya) - en 2017
 

Ce 11 décembre j'ai été invité à rencontrer 2 journalistes, Elena Tchinkarenko et Dmitry Steshin, pour évoquer le souvenir d'Oleg Mamiev, le commandeur de la Brigade internationale Piatnashka tué au combat en 2018 ainsi que mon engagement dans le Donbass qui remonte au début février 2015.

Avec Dmitry Steshin, nous avons discuter longuement dans un intérêt fraternel et réciproque et ce dernier a produit cet article joint pour le média russe Komsomolskaï Pravda dont il est un envoyé spécial couvrant depuis des années aussi bien les conflits armés que les révolutions colorées et révolutions arabes.

 Elena Tchinkarenko, Dmitry Steshin et mézigue à l'occasion de
notre rencontre à Donetsk, ce 11 décembre 2021.

Sans vouloir tomber dans les caniveaux du narcissisme où pataugent déjà tant d'imposteurs et mythomanes français addicts des selfies dans les salons de Donetsk et en 3ème ligne du front, ou jouer une fausse modestie contreproductive, j'ai été autant flatté que gêné par ce portrait quelque peu dithyrambique de moi-même.

Mais voilà, c'est fait, et j'en remercie vivement son auteur, en espérant que cette évocation personnel ne fait pas oublier la cause de la Novorossiya et ses habitants qui sont les véritables héros de mon aventure dans le Donbass.

Erwan Castel


Source de l'article : KP.RU

Un officier français blessé dans le Donbass a déclaré : 
Comment l'OTAN va déclencher une guerre en Ukraine

L'envoyé spécial de KP.ru a rencontré un ancien soldat de l'armée française, Erwan Castel, et a découvert pourquoi il avait échangé la jungle amazonienne contre une guerre de tranchées dans les steppes de Donetsk.

Sur le front du Donbass, sur un poste de tir dans une datcha en ruine - en 2018

par Dmitry STESHIN

NÉ SÉPARATISTE

"Quand vous regardez Erwan vous commencez à comprendre à quoi pouvaient ressembler les Français, qui ont construit le Krak des Chevaliers il y a des centaines d'années dans les sables de Syrie, qui même au 21ème siècle ne peut pas vraiment être maîtrisé - ni par siège ni par tempête . J'ai vu ce château pendant la guerre en Syrie, mais je ne pouvais en aucun cas comprendre : quel genre de titans de l'esprit l'a construit ?

Comme il sied à un sniper, Erwan est petit, mince, a l'œil vif, un esprit analytique et rit beaucoup lors des interviews. Nous parlons par l'intermédiaire d'un interprète, mais Erwan comprend tout et insère parfois des mots russes dans la conversation, qu'il prononce très clairement. La barrière de la langue est, bien sûr, un problème majeur, a-t-il déclaré :

- J'ai le vocabulaire principal - le jargon militaire - mais il ne peut pas être utilisé dans la vie civile.

Pourquoi ne l'avez-vous pas appris en sept ans ?

Oui, Ervan se bat dans le Donbass depuis février 2015. Et s'accuse autocritiquement de paresse. Mais, comme tous les paresseux expérimentés, il a une bonne excuse :

- Le sniper est un solitaire par nature. Au travail, je n'ai pas à dire grand-chose.

Pourtant la biographie d'Erwan ne cadre pas avec la paresse naturelle :

- Je suis français, breton (le Bretagne est une province du nord-ouest de la France. - NDLR). « Séparatiste breton » ! 

- Après des études à l'université, j'ai rejoint l'armée, j'ai été officier pendant 12 ans.

Dans le Vercors, alors lieutenant d'une section de renseignement héliportée du RCAM - année 1985 

Puis pendant 14 ans, il a travaillé comme guide dans la forêt amazonienne. 

- Quand je quittais mon travail, je suivais toujours la géopolitique.

Il a découvert l'ampleur du phénomène de "l'impérialisme américain" comprenant le sens des activités de la CIA, leur participation aux "révolutions de couleur" à travers le monde.

J'ai travaillé comme journaliste pour 12 "révolutions de couleurs" - Je hoche la tête. - Et sur le Maidan à Kiev, bien sûr.

Quand vous regardez Erwan vous commencez à comprendre à quoi pouvaient ressembler les 
Français, qui ont construit le Krak des Chevaliers il y a des centaines d'années dans les sables de Syrie.
Entre 2 missions sur le front de Promka, je jette mes pensées sur mon journal du front - année 2019

- Quand le Maïdan a commencé, il ne faisait aucun doute pour moi qu'il s'agissait d'une opération spéciale américaine, poursuit Ervan, une nouvelle "révolution colorée" dont la première, bien sûr, fut la révolution étudiante en France en 1968.

J'ai toujours pensé que c'était juste une émeute de jeunes bien nourris...

Erwan n'est pas d'accord, affirmant que ce sont les Américains qui s'intéressaient avant tout au « printemps français » :

- A cette époque, De Gaulle (Général, Président de la France. - NDLR) quitte l'OTAN et récupère aux Etat Unis l'or de son pays etc. Certes, la base des « révolutions de couleur » est nécessairement l'indignation sociale, mais les États-Unis interceptent simplement la protestation puis la détournent vers un "changement de pouvoir". En France, le « printemps » avait commencé par une grève des travailleurs.

Erwan combat dans le Donbass depuis février 2015

Pendant l'interview avec Dmitry Stechin à Donetsk - 11 décembre 2021

J'AI VU L'AGONIE

Un moment incroyable: Erwan me raconte en détail les événements en Ukraine, que j'ai vu de mes propres yeux, et lui - à travers les médias occidentaux et les blogs sur Internet. Et Erwan a vu cela depuis un pays lointain, pratiquement sans distorsion, ce qui ne fait que confirmer la règle - une personne intelligente et critique recevra toujours des informations fiables où qu'elle se trouve. Et il était à ce moment-là dans la jungle amazonienne. Erwan y avait une petite entreprise de guidage :

- J'ai perçu la guerre civile en Ukraine comme une opération des services spéciaux. J'ai créé un blog, intitulé "Soutien à la rébellion du Donbass". J'ai commencé la guerre de l'information. Après le massacre du 2 mai à Odessa, mon indignation s'est transformée en colère et honte. Cette tragédie n'a pas été évoquée en Occident ou en France. Je pensais que c'était une honte. J'ai décidé de lutter contre ce problème et j'ai commencé à écrire constamment sur le Donbass et l'Ukraine pour les lecteurs occidentaux. J'ai fait cela parfois depuis la jungle, dans un village où il n'y avait que 50 habitants. L'internet par satellite, ne fonctionnait qu'au poste de santé et je m'y connectais pendant la nuit.

Erwan a travaillé comme guide dans les forêts amazoniennes pendant 14 ans

Dans les marais de Kaw en Guyane, à la recherche de ses hôtes (ici 1 caïman à lunette) - année 2008

- J'y allais tous les soirs. En même temps, j'étais dans un endroit complètement opposé au Donbass sur la planète - pas dans la steppe, mais dans une belle forêt, parmi les Indiens, qui n'élèvent jamais la voix les uns contre les autres. D'un monde de tranquillité, je me plongeais dans l'horreur.

Le tournant dans la biographie d'Erwan fut le bombardement aérien de l'administration Louhansk ( et sur ce blog ici : "C'est aussi notre crime")

- A l'époque j'étais en contact avec une employée du ministère de la Culture dans l'administration de Lougansk, Inna. Son nom de famille était l'imprononçable Kukurudza... Nous avons échangé littéralement quelques messages (au sujet de la guerre et de la politique linguistique)... Et puis je l'ai vu sur des photos, des vidéos d'Inna, quand elle rampait en sang avec les jambes brisées. J'ai vu son agonie et avec elle celle du Donbass en direct ! 

Alors j'ai décidé de quitté mon paradis en Amazonie.


SACRIFICE PERSONNEL

J'écoute Erwan et il commence à me sembler que les mots « courage » et « gelures » sont les mêmes racines. J'ai une bonne idée de janvier 2015, Donbass, et un étranger au bronzage tropical, faisant de l'auto-stop autour de la zone de guerre. Erwan cherchait une place dans la guerre, qu'il considérait et considère toujours comme la sienne :

- Les enfants rêvent de nombreux métiers. Et j'ai toujours dit à mon père - "Je veux être un militaire comme toi." Et mon père me disait - "tu n'as pas à imiter quelqu'un, écoute seulement ton cœur."

- Je me suis souvenu de ses paroles quand j'ai décidé d'aller dans le Donbass. J'ai été émerveillé par Donetsk, émerveillé par les habitants, face aux canonnades, que tout le monde entendait.

Erwan a rejoint la « brigade cosaque autonome » au bord du chaudron de Debaltsevo (secteur Uglegorsk). Allons-y sans hypocrisie - il ne manquait à ces gens merveilleux que les charrettes de Makhnov pour la compléter l'image. Tout le reste correspondait. Erwan remarque avec diplomatie : "C'était de courte durée, mais très intense." Certes, l'homme libre makhnoviste surprenait l'officier Français.

Le sniper est un solitaire par nature

Dans les étages détruits d'un bâtiment de Promka, à 150 mètres des postes ukrainiens - année 2018

Quand les deuxièmes accords de Minsk ont été signés et, comme Erwan l'a justement remarqué, le front s'est endormi dans la direction de Lugansk. Mais ils ont continué à se battre pour Donetsk. Le Français s'est retrouvé dans la garde républicaine, puis la Brigade internationale "Piatnashka". Son commandant avec l'indicatif d'appel Mamai, décédé il y a trois ans, Oleg Mamiev, Erwan appelle "Père". Le volontaire a peut-être été envoyé à l'endroit le plus terrible de la ligne de front - à "Promka", dans la zone des datchas abandonnées et des installations industrielles à la périphérie de Donetsk. C'est la "clé" de la cité:

"J'ai été honoré que l'on m'envoie combattre dans un secteur très important de la défense", confie Erwan et il ne le montre pas. Car cette guerre est devenue pour lui une tragédie personnelle. 

- En 2017, je suis devenu tireur d'élite. Le 19 septembre 2019, j'ai marché le long de la tranchée jusqu'au poste d'observation et j'ai heurté une mine bondissante. J'ai réussi à sauter dans un coin de la tranchée et j'ai survécu. Mais la partie du corps qui n'a pas eu le temps de se cacher... a été touchée par des éclats d'obus. Le dos et le bras gauche ont été blessés. J'ai été évacué à Novoazovsk, puis j'ai passé un mois à Donetsk en soins intensifs, puis en microchirurgie. Sept opérations - bras, dos, abdomen, jambe. Je remercie à la fois les camarades de Piatnashka, qui m'ont prodigué les premiers soins, et les médecins de Donetsk et de Novoazovsk. Je peux marcher avec ma main partiellement en place.

- Ce qui m'a beaucoup touché, je m'en souviens comme si c'était hier, lorsque j'ai ouvert les yeux pour la première fois - j'ai vu le commandant Svarog (il a pris la place du défunt Mamaï. - Auteur). Et des amis venus nombreux me visiter à Donetsk. Grâce à eux, j'ai gardé le moral dans cette période difficile.

Erwan dit qu'il attend la fin du traitement - il sera possible de récupérer avec une prothèse et de reprendre le service du front.

Alors qu'Erwan descendait la tranchée jusqu'au poste d'observation et heurtait une mine bondissante



Il n'y a nulle part où se retirer

C'était un occasion unique - pour connaître l'opinion d'un professionnel, d'une armée européenne militaire, sur la situation dans le Donbass. Ce qu'il connait d'ailleurs de l'intérieur :

Comment évaluez-vous l'ennemi?

- L'armée ukrainienne en 2015 et celle de maintenant sont deux armées différentes. Ils sont plus nombreux, mieux entraînés. Mais nous aussi. Mais si une collision se produit, il sera très difficile d'y résister sans l'aide de la Russie. Mais, je ne crois pas à une offensive à grande échelle de l'Ukraine dans le Donbass.

Pourquoi?

- De nombreux pays occidentaux changeraient leur attitude envers l'Ukraine si cette dernière lançait une grande offensive. Je pense que le "scénario yougoslave" est plus probable - la perte de la Krajina serbe après l'opération "Oluya". (une offensive massive de l'armée croate, entraînée par des instructeurs occidentaux, d'ailleurs, les Croates n'ont délibérément pas gêné la retraite de l'ennemi et de la population civile afin de nettoyer le territoire des déloyaux. - Auteur.)

Un officier français blessé dans le Donbass a expliqué comment l'OTAN allait déclencher une guerre en Ukraine

Juste avant de partir vers un poste d'observation et de tir sur Promka - année 2019

A quoi pourrait ressembler l'attaque de l'Ukraine sur le Donbass ?

- Par exemple avec une attaque de Telmanovo - un village à 20 kilomètres du front et très proche de la frontière avec la Russie. Ce n'est pas par hasard que les Ukrainiens ont tenté de prendre Staromaryevka, un village de la région, en octobre. Il leur faudra un jour ou deux pour prendre Telmanovo, bien que certains de nos militaires pensent que cela prendra deux heures. Et la République sera alors divisé en deux parties. À ce stade, l'OTAN fermera le ciel sur l'Ukraine. Peut-être que l'OTAN déploiera d'abord une défense aérienne, des missiles tactiques - afin que le conflit ne dépasse pas les frontières de l'Ukraine. Toutes ces actions seront soutenues, simultanément, par des sanctions contre la Russie. À tout le moins, ils fermeront le système bancaire Swift. L'Occident sacrifiera calmement la vie de milliers d'Ukrainiens pour atteindre ses objectifs.

Êtes-vous en danger si vous rentrez en France ?

Erwan croise les doigts pour montrer les "barreaux":

Je pense que je suis sur toutes les listes, depuis que je suis "séparatiste breton". J'ai été interpellé par la police à deux reprises lorsque j'étais en France. Je ne cache ni mon visage ni mon nom. L'Ukraine a dressé toute une liste de militaires que j'aurais abattus sur le front. J'ai vu cette liste, je pense que je ne pourrais pas faire grand-chose. Mais je ne veux pas rentrer en France, j'ai un passeport DPR, j'attends la nationalité russe depuis le printemps. Après la guerre, je veux rester dans le Donbass ou trouver une sorte de forêt sauvage sans fin en Russie (rires).

Dmitry Steshin 


samedi 22 février 2020

Les honneurs de Zvezda

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Si mon combat armé s'est temporairement arrête suite à une blessure reçu le 23 septembre 2019 sur le front de Novoazovsk, en revanche celui de l'information, non moins important, continue, pour que la Vérité sur le Donbass gagne inexorablement du terrain sur les mensonges d'une propagande occidentale complice des crimes de guerre perpétrés depuis 6 ans en Ukraine et dans le Donbass.

Février 2020 sonne pour moi ma 5ème année d'engagement militaire sur le front du Donbass (avec 7 mois d'interruption en 2016) et même si je ne le recherche pas, l'intérêt porté sur mon engagement aux côtés de la population du Donbass est de plus en plus grand, et j'en accepte de bon gré les rencontres et interviews consécutives dans la mesure où elles traduisent plus le regard que je porte sur le Donbass que celui qui est porté sur ma personne.

Samedi 22 février 2020

Je ne publie pas systématiquement ci tous les articles ou reportages me concernant, ne voulant pas passer pour un narcissique que je crois ne pas être; mais lorsqu'en janvier 
"Zvezda", le média du Ministère de la défense russe  me contacte pour une entrevue, je ne peux m’empêcher d'éprouver une certaine fierté de recevoir ses honneurs, n'en déplaise aux Brayard, Néant and Co, ces insectes rampants de la bande à Moreau qui me calomnient sous la cape depuis 5 ans.

Zvezda ("étoile" en russe et dans de nombreuses langues slaves) est un réseau de télévision national russe appartenant au ministère russe de la Défense. Média officiel, à la ligne éditoriale ouvertement patriotique et anti mondialiste, Zvezda, qui diffuse depuis l'année 2000 procède à des analyses quotidiennes de l'actualité militaire mais aussi politique, sociale, économique et culturelle dans la Grande Russie et à travers le Monde.  
C'est ainsi que Zvezda rend compte très régulièrement de la situation dans le Donbass


Zvezda dispose de plusieurs vecteurs d'information dont une chaîne de télévision d'un magazine papier et  journal diffusé sur internet

En janvier 2020, je suis donc sorti de mon cocon hospitalier, où je ronge mon frein entre chacune des multiples opérations en cours, pour rencontrer Kristina Melnikova, correspondante de Zvezda ainsi que Katia Katerina qui, au fil de leurs reportages sur les avant postes de la brigade Piatnashka (qui constitue aujourd'hui le 2ème bataillon des forces spéciales du Ministère de l'Intérieur), sont devenues des amies fidèles.

Après un premier reportage télé le 30 janvier 2020  (minutes 20'40 à 56" et à partir de 26"40), Zvevda m'a consacré un article ce 19 février 2020, (voir ci après).

Cet article est signé Kristina Melnikova, cette jeune et talentueuse reporter de guerre qui ne cesse d'arpenter sentes et tranchées du Donbass à la rencontre des ses gens et défenseurs. Je tiens ici à remercier Kristina pour ce bel article qui me fait rougir, mais aussi pour tout le travail photographique et d'information qu'elle même inlassablement. Son travail que je vous invite à découvrir via son réseau social par exemple (FB et VK) est à la fois éthique et esthétique, original et professionnel, et surtout toujours élevé par des qualités humaines sincères, généreuses et authentiques.

Erwan Castel 

Lien de l'article : Zvezda


Un tireur d'élite français protège le Donbass. 
Rencontre dans les tranchées

Ervan Castel (indicatif d'appel "Alawata") - Volontaire français, tireur d'élite de l'unité internationale "Pyatnashka", 
qui depuis janvier 2015 combat dans les rangs de la milice du Donbass

Kristina Melnikova ,19 février 2020

Ervan Castel (indicatif d'appel "Alavata").© Photo tirée des archives de Kristina Melnikova

Toutes ces années, un ancien officier de l'armée française et, dans sa nouvelle vie, un tireur d'élite, passe la plupart de son temps en première ligne du front..

Où le gars rencontre t-il la tristesse du Donbass? ..
Il s'est en fait installé aussi sur le front, dans le village bombardé d'Oktyabrsky, près de l'aéroport détruit, de sorte que lors de rares permissions, il reste proche des personnes victimes de bombardements, qu'il est venu défendre.
  • Erwan dit souvent qu'il a vécu de nombreuses vies qui seraient suffisantes pour écrire des histoires pour plusieurs films d'aventure.
Dans le passé, il était le capitaine de l'armée française, à qui l'on a appris à penser que l'Union soviétique et la Russie sont des ennemis. Après le service, il était lutteur et a interprète de chansons traditionnelles bretonnes.
  • Puis Castel change de continent et s'installe en Guyane française (Amérique latine), où, non loin du célèbre Cayenne, il s'installe au contact des populations d'Amazonie comme la tribu amérindienne  Wayana et y passe plus de dix ans.
© Photo tirée des archives de l'auteur

Qu'y a t-il fait ? Il a organisé et accompagné des expéditions scientifiques et touristiques en forêt amazonienne, a beaucoup lu et a continuer de suivre les événements qui se déroulaient sur la planète.

Comme le dit "Alawata" lui-même (il doit son indicatif à la période guyanaise de sa vie - nom donné aux singes rouges d'Amazonie qui "vivent dans les arbres et chantent constamment"), c'est durant cette période de sa vie que ses croyances et ses opinions sur la politique mondiale se sont formées.

Et c'est là, dans la jungle latino-américaine, loin de l'agitation de la civilisation occidentale, qu'il a réalisé que de nombreuses guerres étaient déclenchées à l'initiative des aspirants à l'hégémonie mondiale aux États-Unis.

Chemin vers l'Est

Les événements sur le Maïdan et la guerre qui a alors commencé dans le Donbass l'ont profondément choqué.
  • «Quand tout a commencé, j'étais en Guyane française et j'ai suivi de près les événements géopolitiques mondiaux. Les événements d'Odessa et le bombardement de Lugansk m'ont incité à une action décisive. J'avais compris malgré que les médias occidentaux ont montré la crise ukrainienne contre le Donbass, c'était de la propagande, un élément de la guerre de l'information », explique Castel.
Arrivé dans le Donbass, Castel participe aux batailles de Debaltseve qui se déroulaient à cette époque. Depuis lors, il a toujours été à l'avant-garde - seules les orientations de première ligne changent.

© Photo tirée des archives de l'auteur

Arrivé dans le Donbass, Castel participe à la fin des combats de Debaltseve qui se déroulaient à cette époque.

«Je suis parti pour le Donbass le 15 janvier, puis, après plusieurs jours d'attente, j'ai rejoint un détachement qui a participé aux derniers jours de la bataille de Debaltsevo, bataille, qui fut ma première expérience dans la guerre du Donbass. Après avoir passé deux semaines du côté de Lugansk, je me suis dirigé vers Donetsk, où j'ai rejoint le quatrième bataillon de la garde républicaine de la DPR. Dans le cadre du renseignement, j'ai été envoyé au front dans la région de Marinka. Le 15 juillet, je me suis retrouvé dans un bataillon de chars, mais là j'ai attendu en vain le départ vers le front, car les premiers accords de Minsk avaient déjà été signés. Après avoir attendu un mois, j'ai rejoint la 5ème brigade qui était alors déployée sur le front dans la région d'Elenovka et de Dokuchaevsk », explique Alavata.

Note :
Depuis fin 2017, Castel fait partie de la brigade internationale "Pyatnashka" sous le commandement du légendaire Commandant Oleg Mamiev "Mamai", décédé en mai 2018 au combat. Leur unité se trouve sur l'un des secteurs les plus intenses du front - dans la zone industrielle Avdeevsky, où la distance à l'ennemi est inférieure à 100 mètres.

Au monument à Oleg Mamiev, décédé en mai 2018 au premier plan.© Photo tirée des archives de l'auteur

«Nous appelons la guerre notre destin, mais - c'est de la science! - terminer ce combat contre les petits-enfants, finir les petits-enfants ... "
Parlant de l'armée ukrainienne, Castel dit que maintenant elle est devenue plus disciplinée qu'au début de la guerre. Cependant, à son avis, elle n'atteindra jamais le niveau de motivation que la milice a, car les défenseurs du Donbass qui repoussent l'agression se battent pour leurs maisons: «En regardant l'armée ukrainienne face à face, je suis parvenu à la conclusion qu'ils ont augmenté leur niveau professionnel, sont devenus plus disciplinés.
  • "Mais, malgré tout cela, le principal atout des forces républicaines est leur motivation - la motivation des gens qui protègent leur terre, leurs idéaux, leur désir pour la Russie. "Les unités ukrainiennes sont moins motivées pour cette guerre, moins courageuses et ne pensent qu'à protéger leur vie sur le front du Donbass".
À son avis, il n’existe pour l’instant aucune condition préalable à la paix, et cela ne vaut pas la peine d’espérer quoi que ce soit de Zelensky, car il ne justifie plus la réputation du soldat de la paix qu’il avait utilisée avant les élections. «Porochenko a affirmé son autorité en poursuivant les opérations militaires. Comme je l'ai dit plus tôt, l'armée ukrainienne n'est pas très motivée par la guerre dans le Donbass, pas prête à sacrifier sa vie. Et leurs familles ne veulent d’autant plus voir leurs maris et leurs fils revenir dans les tombes.

Zelensky a été élu par des promesses de paix, élu par des promesses de changement et des efforts pour mettre fin à ce conflit. Maintenant, il est clair que rien n’a changé après l’élection du nouveau président ukrainien. Au cours des deux dernières semaines - fin janvier - les bombardements se sont à nouveau intensifiés et de manière plus agressive. Ainsi, ces actions sont devenues une suite logique de la politique terroriste de Porochenko », est convaincu le volontaire.

Note: 
En septembre 2019, Alawata lui-même a été victime d'une politique «conciliante» de la partie ukrainienne, blessé sur le front sud. Il a couru dans une mine ukrainienne, a réussi à reculer, à se cacher derrière le tournant de la tranchée, mais n'a toujours pas sauvé sa main gauche.

«Le 23 septembre, j'ai été grièvement blessé au bras par une mine antipersonnel ukrainienne. Actuellement, je récupère dans une série d'opérations. Cette expérience est assez difficile et douloureuse, mais elle ne m'a pas fait regretter mon arrivée dans le Donbass - au contraire, elle a renforcé mes sentiments pour les habitants du Donbass et nous a rapprochés encore plus. Si j'avais su ce qui m'arriverait, j'aurais refait le même choix! » - dit Castel.

En septembre 2019, Castel a été blessé sur le front sud.. © Photo tirée des archives de l'auteur

Alawata dit qu'il a trouvé ici sa vraie patrie ici, et appelle les habitants du Donbass «des gens exceptionnels»: «Je parle non seulement du courage des militaires, mais aussi - ce qui a été une grande découverte pour moi! - sur le courage de la population civile. J'habitais le quartier Oktyabrsky, bombardé depuis six ans. Mes voisins étaient des grands-mères qui ont été laissées seules après que leurs familles aient quitté la zone de bataille! Ces femmes plus âgées n'abandonnent pas, bien qu'elles vivent sous des bombardements quotidiens! C'est la partie la plus courageuse du Donbass - des gens non armés, des martyrs qui restent sur leur terre pour exprimer leur amour pour leur terre. "
  • Il a répété à plusieurs reprises qu'il ne pouvait pas y avoir deux patries, et maintenant, n'ayant pas la possibilité de percer sur le front, il prévoit d'apprendre enfin la langue russe, d'obtenir un passeport de la DNR, puis la Russie.
© Photo tirée des archives de l'auteur

De plus, Alawata continue de mener la résistance sur le front de l'information, pour dire la vérité sur ce qui se passe dans le Donbass, sur son blog, dans ses articles en français et dans son livre, qu'il prévoit de terminer pendant sa réhabilitation.

Involontairement, je me souviens d'une autre guerre et d'autres personnes qui ont trouvé leur destin et leur ligne de tir très loin de la terre sur laquelle ils ont vu le jour:

"J'ai quitté la hutte - je suis allé me ​​battre,
Pour donner la terre de Grenade aux paysans!
Au revoir, ma chère! Au revoir amis!
Grenade, Grenade. ma Grenade!"

Mikhail Svetlov, "Grenade" 

Kristina Melnikova