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dimanche 23 octobre 2022

Kherson sera t-il un nouveau Stalingrad ?

Photo: Vyacheslav Madiyevskyy/Reuters

Malgré leur défaite cuisante subie lors de leurs dernières attaques sur le front de Kherson, les forces ukrainiennes, poussées par un régime de Kiev lui-même pressé par Washington, semblent vouloir lancer une nouvelle offensive contre cette ville stratégique située sur l'embouchure du Dniepr, espérant la conquérir avant l'arrivée de l'Hiver qu'annoncent depuis quelques jours des pluies automnales de plus en plus froides.

Véhicules blindés ukrainiens détruits lors d'attaques 
menées sur le front de Kherson en octobre 2022.

Le nouveau Commandant en chef des opérations militaires russes, le général Sourovikine, n'est pas seulement en train de mettre en œuvre un nouveau format stratégique sur le front russo-ukrainien mais également d'imposer un nouveau style de communication dans lequel il n'hésite pas à dire la vérité, même lorsqu'elle déplait. Ainsi a t-il déclaré sans ambages que la situation sur le front de Kherson était "tendue" 

Dans une malhonnêteté outrancière les médias occidentaux annoncent la défaite imminente de la Russie à la simple annonce faite par le Commandement russe de "conseiller aux  habitants de Kherson d'évacuer la ville" en raison de la menace d'une offensive ukrainienne imminente. "L'armée russe assurera avant tout l'évacuation en toute sécurité de la population" a déclaré le Général Sourovikine commandant en chef des opérations militaires russes sur le front russo-ukrainien. Ces évacuations ne sont pas forcées mais proposées et sur la base du volontariat.

Evacuation des civils de Kherson

Si ces journalistes occidentaux n'étaient pas ces chiens de garde fanatiques d'une propagande ukro-atlantiste stupide, ils remarqueraient qu'une fois encore les forces russes donnent une priorité à la sécurité des populations civiles en créant des corridors humanitaires dans les villes qu'il assiègent ou défendent, contrairement aux forces ukrainiennes qui par exemple à Marioupol ont délibérément bloqué une grande partie des habitants pendant la bataille meurtrière qui s'y est déroulée en mars-avril. 

La menace qui pèse aujourd'hui sur les populations de Kherson est double: à la fois l'offensive potentielle des forces ukro-atlantistes qui ne manqueront pas de bombarder la ville, et d'autre part la destruction possible du barrage hydro-électrique de Kakhovka qui déclencherait une inondation du secteur (voir § plus bas)

Evacuation des civils de Kherson loin de la zone potentielle des combats 

Justifiant tragiquement l'initiative russe d'organiser l'évacuation volontaire de la population civile de Kherson avant une probable bataille, les forces ukro-atlantistes ont commis sur les bords du Dniepr un nouveau crime de guerre, bombardant un embarcadère où se trouvaient justement des civils en cours d'évacuation. Les forces ukro-atlantistes ont tiré dans la soirée du 20 octobre plusieurs roquettes chargées de shrapnels anti personnels sur une évacuation de civils en cours. 

Bilan provisoire : 4 tués 11 blessés dont plusieurs enfants et des journalistes

Bombardement nocturne de Kherson par des
roquettes HIMARS de l'OTAN, 4 roquettes dont
3 interceptées et 1 qui va frapper l'embarcadère 

Près de 20 000 civils volontaires ont déjà été évacués de la ville de Kherson.

Sur le front autour de Kherson, il y aurait un corps de bataille ukro-atlantiste de plusieurs dizaines de milliers de soldats (60 000 selon certaines sources et sur le point de lancer une offensive imminente sur la ville, avant les élections étasuniennes du "Midterm" pour lesquelles Biden veut justifier les aides militaires par une victoire stratégique et aussi avant l'arrivée du général Hiver qui va compliquer les offensives dans une steppe inondée.

Situation générale du front de Kherson au 21 octobre 2022
Ici sont cerclés les 3 secteurs où les ukro-atlantistes ont mené des attaques depuis le 15 octobre

Depuis la semaine dernière, sur plusieurs secteurs du front de Kherson, les forces ukro-atlantistes sont passés à l'attaque en menant des reconnaissances offensives lourdes au Nord Est, le long du Dniepr et sur la rivière Ingoulets et au Nord-Ouest venant du front de Nikolaïev.

Vraisemblablement l'objectif de ces attaques renforcées n'est pas seulement d'évaluer les défenses russes et de les affaiblir, mais de créer une brèche dans leur dispositif par où pourrait s'engouffrer une offensive plus importante.

Résumé vidéo "Rybar" des opérations sur le
front de Kherson du 15 au 19 octobre 2022.

Les principales attaques ukro-atlantistes se sont faites en direction de Berisav / Novaïa Kakhovka pour tenter d'obtenir le contrôle de la centrale hydroélectrique de Kakhovka et du passage par dessus le fleuve qu'elle offre et par lequel passe actuellement un grande partie de la logistique russe (également via des pontons flottants posés près du barrage endommagé par les HIMMARS). Cet axe offensif a été activé dès le 15 octobre avec 2 Groupes Bataillonnaires Tactiques issus principalement des 60e Brigade mécanisée et 17e Brigade blindée ukrainiennes.

Pour le moment, à part la capture temporaire de 2 ou 3 petits hameaux agricoles au Sud de Davidov Brod, ces attaques ukrainiennes ont été repoussées avec de lourdes pertes. 

Ukrainiens avant l'attaque sur le front de 
Kherson, dans un M113 de l'oncle Joe.

Les mêmes après leur attaque repoussée par les forces russes




Etc.... des dizaines d'images macabres de soldats ukrainiens 
apparaissent chaque jour sur les réseaux russes et ukrainiens.

Chacune de ces reconnaissances offensives renforcées ukro-atlantistes a été repoussée par les unités de défense russes, notamment celles du 45ème régiment parachutiste et les autres unités des 83e, 11e et 80e brigades aéroportées, sans oublier les troupes de marine de la 126e Brigade de défense côtière qui ont encaisser le premier choc ennemi. 

M113 A étasunien abandonné sur le front de Kherson

Les forces ukro-atlantistes, lors de ses offensives "n'ont pas réussi à atteindre leurs objectifs" de l'aveu même d'Arestovitch, le porte parole du président ukrainien, et ont subi des pertes humaines et matérielles très importantes.

Par exemple, le long du Dniepr, dans le secteur de Berisav, les forces ukro-atlantistes qui avaient engagé 2 groupes bataillons renforcés avec un total d'environ 50 véhicules blindés en direction de Novaya Kamenka et Sukhanovo ont été brisées par les forces terrestres, l'artillerie et l'aviation russes en moins d'une journée de combat. Contraintes de se replier en catastrophe sur leur positions de départ, les forces de Kiev ont laissé sur le terrain 15 chars et 10 véhicules blindés, de nombreux tués et blessés. Leurs pertes sur ces deux seuls secteurs du front s'élèvent à plus de 200 soldats (tués et blessés) auxquels il faut rajouter de nombreux prisonniers dont plusieurs officiers.


Les combats qui se déroulent autour de Kherson sont particulièrement violents et les forces russes paient également très cher le prix de leurs victoires. Sur ce secteur de Berislav, les forces russes en repoussant les attaques ennemies ont perdu 43 soldats, 6 chars 9 véhicules blindés 2 obusiers calibre 152 mm.

Voici une courte vidéo d'un combat d'infanterie menée par une unité russe sous le feu ennemi et qui vous montre l'extrême difficulté du terrain, cette steppe plate et ouverte jusqu'à l'horizon, ou les unités doivent se mettre à découvert dès qu'elles progressent. 

Assaut de l'infanterie russe sur le front de Kherson
Ici un groupe russe progresse vers un hameau. 
Plusieurs blessés ("300") mais le combat continue

L'hémorragie ukrainienne continue de plus belle

Les force ukro-atlantistes lorsqu'elles passet à l'offensive subissent logiquement des pertes encore plus importantes et sans pouvoir les justifier par des victoires stratégiques ni même tactiques significatives. Ces pertes sont cachées aux médias par le commandement politico-militaires et mêmes aux familles des tués qui pour certaines commencent à poser des questions dérangeantes.
 
Ainsi des familles de la 24e Brigade ukrainienne, un "bataillon punitif" considéré comme étant une unité d’élite. Mais ces derniers temps, les autorités de la région de Lvov, où elle est basée ne cessent d'envoyer des nouveaux soldats, pour remplacer des "disparitions" qui s’enchaînent et deviennent massives, Les familles sortent dans la rue et demandent des comptes.
Derrière les communiqués, la réalité de la guerre 

Dans le seul secteur de Kherson, une estimation porte à 9600 le nombre des soldats ukrainiens tués au cours des deux derniers mois pour quelques arpents de steppes sans importance militaire... 

Une hécatombe !

Arestovitvh, le porte parole de la marionnette Zelensky a reconnu que les forces ukrainiennes n'avaient pas atteint leurs objectifs...

Vu les pertes subies, cette déclaration reste un doux euphémisme....

La réalité est que la servilité sacrificielle du pouvoir kiévien à la stratégie russophobe et europhobe des USA va tout simplement sortir l'Etat ukrainien de l'Histoire et la faire redevenir cette "Ukraïna" : ces "marches" ("limes") bordant traditionnellement les contours de l'empire russe et lui offrant la profondeur stratégique nécessaire pour protéger ses centres névralgique (et ceux des autres "empires" voisins) qui sont sur sa façade occidentale.

Combien de morts, de temps perdu, de destructions, de sang et de larmes faudra t-il encore pour que l' "homo" de moins en moins "sapiens sapiens" revienne à respecter ce "bon sens" commun qui est fils des lois de la Nature.

Si Kiev ne capitule pas l'Ukraine disparaît !


Sur fond de chantage nucléaire, une menace bien réelle 

Alors que de chaque côté du front les catastrophistes se cristallisent sur l'emploi potentiel nucléaire dans un false flag occidental destiné a engager à son tour une réaction nucléaire russe, une menace majeure encore plus plausible qu'un bombardement grave de la centrale d'Energodar entraînant une contamination régionale, pèse sur la région de Kherson.


En amont de Kherson se trouve le barrage hydroélectrique de Kakhovka

Depuis plusieurs semaines, la potentielle destruction du barrage hydroélectrique de Kakhovka, en amont de Kherson est au coeur des préoccupations russes et de la propagande ukro-atlantiste qui, comme d'habitude cherche à incriminer par avance la partie russe de la rupture potentielle du barrage que les forces ukrainiennes bombardent pourtant régulièrement depuis juillet.

Cette centrale hydroélectrique de Kakhovka est l'une des dix plus grandes centrales hydroélectriques d'Ukraine. Il s'agit de la sixième étape de la cascade d'installations hydroélectriques sur le fleuve Dniepr. Le barrage de Kakhovka a généré en amont une retenue d'eau de plus de 13 milliards de mètres cubes dont la superficie du réservoir (2 155 km²) est approximativement égale à celle de Moscou.  .

Que se passera-t-il si le barrage est détruit par l’armée ukrainienne? 

Un tsunami fluvial qui inondera au minimum 65 km2 dont une grande surface urbaine!
  • La hauteur de la vague pourrait atteindre 4,8 mètres et la largeur du déversement pourrait être de 5 kilomètres,
  • 2 heures et demi après la rupture du barrage, la vague atteindra sa pleine puissance, 
  • L'eau se précipitera à environ 25 km/h, inondant très rapidement les quartiers bas de la ville comme le micro-district d'Ostrov,
  • La vague déferlante atteindra la périphérie de Kherson en 2 heures, le niveau d'eau maximal (+ 5 mètres) en 14 heures,
  • L'inondation durera 3 jours et détruira la quasi totalité de Kherson.
Le Pentagone avait déjà simulé ce scénario sachant qu'il était connu également des concepteurs soviétiques qui avait renforcé la structure pour résister à des frappes de missiles.. En 2004, le journal de Kherson "Gryvna" avait évoqué à nouveau ce scénario catastrophe dans un article intitulé "Pas prêt pour une apocalypse locale".

Parmi les scénarios imaginés: tirs massifs de missiles sur le barrage, mouillage de mines  flottantes en amont, sabotage ...

Aujourd'hui les menaces qui pèsent sur le barrage de Kakhovka dans le contexte des combats qui se déroulent juste en amont du site, sont devenues plausibles.

Et la centrale nucléaire d'Energodar, toujours dans le collimateur de Kiev

Dans le contexte des frappes russes ciblant les ressources énergétiques ukrainiennes, l'envie de reprendre le contrôle de la centrale nucléaire de Zaporodje (qui fournissait 25 % de l'électricité ukrainienne avant février), libérée par les forces russes début mars, est devenue une obsession du commandement ukro-atlantiste. 

2 assauts fluviaux ont été déjà déjoués, partant du secteur de Nikopol, sur la rive opposée du Dniepr, et des attaques terrestres sont également régulièrement tentées ou en préparation depuis le Nord Est et le Sud Ouest afin de longer la rive Sud du fleuve jusqu'au site nucléaire.

Le 21 octobre 2022, les forces ukro-atlantistes ont à nouveau tenté de s'emparer par un 3ème assaut fluvial du site d'Energodar où se situe la centrale nucléaire de Zaporodje (la plus grande de la région) et qui est située en amont du barrage de Kakhovka, sur la rive Sud de la retenue d'eau éponyme.

Vers 4h du matin, deux escadrons de l’armée ukrainienne ont essayé de débarquer sur la rive gauche du réservoir de Kakhovka pour s’emparer du site. L’opération impliquait 37 embarcations, 12 lourdes et 25 légères, chargés de militaires ukrainiens.

Les forces russes qui sécurisent le périmètre de la centrale, ont repoussé l’attaque en éliminant plus de 90 militaires et 14 embarcations.

En outre, la partie nord de la ville d’Energodar et les environs du site nucléaire ont essuyé 13 tirs de la part de l’armée ukrainienne. Par tir de riposte, tous les points d’artillerie ennemis ont été neutralisés.

Le bâtiment administratif d'Energodar (1 km de 
la centrale) frappé lors du bombardement précédant
l'assaut des commandos ukro-atlentistes sur le site

En conclusion 

Les forces russes quant elles ne progressent pas comme sur les fronts de Donetsk ou d'Artemovsk, bloquent les attaques ukrainiennes en leur infligeant de lourdes pertes, comme sur les fronts de Koupiansk et Kherson.

Kherson est un verrou essentiel à la tenue du front Sud qui ne l'oublions pas protège aussi l'accès à la Crimée, et on risque d'observer durant ces prochains jours des batailles très dures dans cette steppe pontique où les enjeux des opérations en cours sont autant politiques que militaires et ont des répercussions jusqu'aux élections du "Midterm" étasunien pour lequel Biden voudrait se présenter avec les lauriers d'une victoire ukro-atlantiste...

Kherson sera probablement la bataille à partir de laquelle tout basculera vers la capitulation de Kiev, ou l'enlisement dans la durée de ce conflit mondial qui se cache encore derrière de doux euphémismes propagandistes. L'Ukraine, ce grand pays d'Europe est aujourd'hui territorialement disloqué, est humainement saigné, économiquement détruit et plongé dans l'obscurité à l'approche d'un hiver qui risque d'être très très long pour les familles ukrainiennes attendant l'arrivée de front des cercueils...

De son côté, étape par étape la Russie monte en puissance sur le front, telle la force tranquille d'un ours réveillé mais confiant: mobilisation partielle, loi martiale, et maintenant économie de guerre pour augmenter la pression offensive sur Kiev jusqu'à la capitulation de ce laquais de l'OTAN.

Cependant l'optimisme ne doit pas sous estimer l'adversaire qu'affrontent les forces russes : une armée fanatisée qui n'a plus rien à perdre et soutenue par plus de 40 pays occidentaux qui la droguent de leurs aides militaires, financières, narcotiques et médiatiques...

Plus la Russie s'approche de la Victoire plus son ennemi international est dangereux car son amoralité l'autorise à toutes les folies suicidaires inimaginables

Erwan Castel

"Je ne suis plus disposé à sacrifier des soldats russes dans
une guerre de guérilla contre des hordes de fanatiques armés
par l'OTAN. Nous avons suffisamment de forces et de moyens
techniques pour conduire l'Ukraine à une capitulation totale"
Général Sourovikine, Commandant du front russo-ukrainien

lundi 5 septembre 2022

Point de situation sur Kherson

Ce n'est pas la première fois que les forces ukrainiennes mènent des opérations sur ce secteur de Kherson, plus médiatiques que militaires, et si les attaques lancées ce 29 août sur 5 couloirs offensifs différents sont mieux préparées par les tirs de leur artillerie, plus fournies en unités d'assaut ce qui occasionne plus de pertes côté russe, elles accusent des pertes disproportionnées et rédhibitoires à une victoire stratégique. 

En effet, au vu des dernières évolutions terrain, ces attaques ukrainiennes sur le front Sud que beaucoup présentent comme la grande "contre-offensive de Kiev" annoncée depuis fin juillet, malgré quelques succès tactiques réels mais souvent éphémères, se dirigent aujourd'hui vers une nouvelle défaite cinglante dont les pertes subies seront à la fois proportionnelles à l'augmentation des effectifs et moyens engagés et disproportionnées par rapport aux éventuels gains territoriaux acquis.

Cependant il est nécessaire selon moi de ne pas précipiter de conclusion hâtive et même de tempérer les propos, car aujourd'hui, sur le front russo-ukrainien, le facteur temps devient de plus en plus critique dans la conduite des opérations militaires menées aussi bien par les russes que par les ukrainiens. Si "prendre son temps" peut en effet jouer en faveur d'une stratégie d'attrition recherchée par les deux états-majors (notamment via des duels d'artillerie en 1ère ligne et des bombardements stratégiques sur les arrières), au delà d'une certaine durée, "gagner du temps" peut aussi intervenir en faveur de la stratégie d'équipement et de renforcement, de la reconstruction des moyens et des effectifs, de l'amélioration des capacités opérationnelles etc. 
Il est donc malhonnête que de ne vouloir présenter que la facette qui arrange le camp défendu dans cette action du temps, car les attritions physiques et morales de l'ennemi qui lui sont effectivement liées sont également réciproques, même dans des proportions moindres Par ailleurs, plus le temps passe, plus l'ennemi reçoit de nouveaux matériels, de nouvelles unités, et plus il achève leur formation aux nouvelles armes et procédures, l'entrainement des mobilisés et des recrues, sans compter le retour des blessés légers vers le front et l'augmentation de l'aguerrissement de ceux qui y sont.
Un fois encore le manichéisme de la vision n'apporte rien et peut même s'avérer dans le domaine de l'information contre productif, d'autant plus que l'enracinement moral d'un véritable engagement pour l'un ou l'autre camp n'a nul besoin d'une pitoyable autosuggestion propagandiste fantasmée pour se rassurer. Je pense pour ma part qu'à l'instar de la méthode Coué l'analyse d'un conflit lorsqu'elle relève plus de la croyance que de la rationalité ne fait que révéler en réalité la faiblesse mentale voire le débilisme de ceux qui la produisent mais aussi leur arrogance vis à vis des personnes qui les écoutent ou les lisent et qu'ils prennent pour plus cons qu'eux. 
Et à ceux qui m'accusent d'être un "défaitiste" dès que j'évoque, ici une difficulté tactique russe ou là un succès tactique ukrainien (jusqu'à faire, comme certains insectes rampants pro-russes des rapports diffamatoires aux services républicains et russes), je leur réponds qu'on ne gagne pas une partie d'échec sans perdre des pions voire même des pièces en chemin et que se voiler la face révèle surtout la fragilité de son engagement car, dénoncer les défauts mineurs d'un être aimé n'entame pas l'amour profond qu'on lui porte... s'il est sincère et désintéressé !

Voilà c'est fait !

Maintenant, voici un nouveau point de situation concernant le front de Kherson où les opérations offensives ukrainiennes font couler beaucoup d'encre et beaucoup de sang.... surtout ukrainien !

J'ai déjà évoqué les enjeux et les actions de ce front Sud dans des articles récents (voir les liens à la fin), aussi je ne reviendrai pas ici sur tous leurs détails. Cependant je me dois de rappeler les opérations en cours dans leur chronologie :

Situation générale du front de Kherson au 1er septembre 2022
Après avoir mené des attaques sur 5 axes différents, les forces ukrainiennes se
sont sont concentrées sur les 3 secteurs où elles tentent depuis de conserver les
rares succès, plus "TikTok" que tactiques, obtenus au prix de très lourdes pertes

Il est étrange tout d'abord que les autorités de Kiev aient annoncé cette contre-offensive vers Kherson pour le début août mais l'aient retardé d'un mois, laissant ainsi le temps aux forces russes de mieux s'y préparer. Mais bon, ce n'est pas la première fois que l'Etat Major politico-ukrainien fait preuve d'une absurdité suicidaire et certainement, ce n'est pas la dernière.

Le 29 août 2022, le front de Kherson s'est embrasé

La contre offensive ukrainienne a produit jusqu'à aujourd'hui 2 vagues successives d'environ 10 000 hommes chacune avec un renfort intermédiaire de 5000 hommes pour tenter de maintenir les positions conquises. A la date du 5 septembre, soit 1 semaine après le début des attaques ukrainiennes il reste encore 3 secteurs opératifs en plus des campagnes de bombardements stratégiques menées de part et d'autre sur les arrières du front. Certains  renseignements en cours évoquent une nouvelle vague offensive ukrainienne d'environ 20 000 hommes mais constituée de jeunes brigades peu formées et mal équipées (conscrits, mobilisées). Dans la tête de pont russe que e forces de Kiev attaquent sur la rive droite du Dniepr, il n'y a environ que 20 000 soldats russes mais en position défensive et disposant d'appui d'artillerie et d'aviation importants.

Toutes les informations données ici sont à prendre au conditionnel car sur ce front de Kherson, confirmant l'âpreté et la complexité des combats, le brouillard de guerre s'épaissit autour des rodomontades des propagandistes pro-russes et pro-ukrainiens qui annoncent à qui mieux mieux des pertes apocalyptiques fantasmées chez l'adversaire.

1 / Depuis juillet : la préparation des artilleries sur les ressources logistiques

Mi juillet, j'avais évoqué le "problème urgent à régler" que représente l'arrivée des HIMARS de l'OTAN sur le front ukrainien, des systèmes d'artillerie de précision et longue portée capables de détruire des dépôts logistiques, des Etats Majors mais aussi des ponts, des gares, des bases aériennes etc. sur les arrières de l'adversaire, et dont l'efficacité (dans une moindre portée) est comparable à celle des missiles de croisière russes.

Dégâts des bombardements HIMARS sur le 
pont de Nova Kakhorvka en amont de Kherson

Malgré des batteries détruites par les forces aérospatiales russes (entre 3 et 5), la menace des HIMARS (M142, M270 et MARS 2) est en augmentation avec: 

  • l'arrivée de nouvelles batteries (qui porte leur nombre entre 20 et 30 minimum) 
  • l'augmentation des stocks de munitions, parmi lesquelles vraisemblablement les missiles ATACMS qui rallongent la portée des roquettes M30 & Co de 84 km à 300 km. 
  • l'arrivée et l'emploi sur le front des missiles anti-radar air-sol AGM-88 HARM qui en avant des tirs des HIMARS permettent de neutraliser les batteries antimissiles russes
Depuis l'arrivée de ce système HIMARS (en complément lointain des 155mm de la 1è ligne) plusieurs sites de commandement et logistiques russes ont été détruits, par des campagnes de tirs qui, sur le secteur de Kherson, ont progressivement augmentées courant août (et jusqu'en Crimée, confirmant ainsi la probabilité d'une action offensive ukrainienne dans ce secteur 

Ce 4 septembre, nouveau bombardement ukrainien
à Kherson du pont endommagé Antonovsky ainsi
que des pontons flottants russes le remplaçant.

L'objectif évident (et annoncé) de ces frappes lointaines ukrainiennes, principalement dirigées sur les dépôts de munitions, ponts et voies logistiques traversant le Dniepr, est d'affaiblir les stocks de combat des forces russes qui leur sont très supérieurs et de couper leur saillant situé au Nord du fleuve (100km x 40 km) de ses ravitaillements.

De leur côté les forces russes, et dans le continuité de leur objectifs de "démilitarisation" de l'Ukraine, ont mis également l'accent sur la destruction de sites logistiques et de commandement ukrainiens à l'arrière de ce front Sud, entre Krivoï Rog et Nikolaïev. Et pour répondre à l'augmentation de la menace des HIMARS, l'Etat-Major russe augmente sensiblement son bouclier antiaérien sur le Dniepr avant notamment l'avancée vers Kherson de systèmes S300 W d'une portée de 200 km et qui permettront, entre autres cibles" d'attaquer les aéronefs ukrainiens qui tirent les missiles antiradars précédant les roquettes et missiles HIMARS.

Missiles guidés anti-aériens 9M82 du système 
S300 W russe arrivant sur le secteur de Kherson.

Depuis le lancement des opérations ukrainiennes sur le front Sud, les forces aérospatiales russes ont également intensifié leurs bombardements stratégiques sur les infrastructures logistiques ennemies de ce secteur.

Ici, un missile de croisière air-sol russe KH101
détruisant un important dépôt de carburant 
ukrainien à Vilkul dans la région de Krivoï Rog.

2 / Du 29 aout au 1er septembre : le choc initial sur la 1ère ligne russe

Le 29 août à l'aube, après d'intenses préparations d'artillerie les forces ukrainiennes donnent l'assaut sur la 1ère ligne russe sur 5 secteurs distincts et dans un premier temps ne réussissent à la bousculer que sur 2 d'entre eux (au Nord Ouest de Kherson et sur la tête de pont d'Andrivka sur l'Ingoulets). Cette pression offensive va se poursuivre pendant 3 jours.

  • Du côté de Kherson, plusieurs petits villages sont conquis par les ukrainiens, mais pour la plupart rapidement récupérés par les russes après des tirs de barrage de l'artillerie de Kherson et des contre attaques terrestres et aériennes.
  • Sur l'Ingoulets, la tête de pont d'Avdrivka va être prolongée par un saillant étroit capturant au passage 3 petits villages, mais, bloqué et encerclé sur les côtés il va vite devenir un chaudron où les unités ukrainiennes s'y accumulant vont être détruites.
  • Plus au Nord Est, entre Ingoulets et Dniepr, les attaques successives ukrainiennes vont permettre de repousser les forces russes de quelques kilomètres au delà de 2 villages et sur une ligne de front plus large et stable.
Assaut de soldats ukrainiens sur une position russe
au Nord de Kherson. Affrontement étrange mais...

De leur côté, les forces russes ont bien encaissé le choc ukrainien, cependant dans quelques secteurs elles ont vu leur première ligne détruite, (Andrivka) et dans d'autres, ont du reculer vers la deuxième ligne en attendant de pouvoir contre attaquer (Visokopillya).

3 / Du 1er au 2 septembre : les opérations à la recherche d'un deuxième souffle

Devant les pertes catastrophiques subies pendant les quatre premiers jours de leur offensive, les forces ukrainiennes vont devoir revoir sérieusement à la baisse leurs ambitions initiales dont la principale devait être certainement d'atteindre le Dniepr 

  • Au Centre du saillant russe dans le secteur de Nova Kakhorvka, pour couper en deux (Est et Ouest) le corps de bataille situé entre l'Ingoulets et le Dniepr,
  • Au Nord-Est, progresser en descendant le long de la rive droite du Dniepr pour contraindre les unités russes à se replier vers leur encerclement,
  • Au Sud Est, d'atteindre l'embouchure du Dniepr et de s'y appuyer pour une progression en remontant vers Kherson.

Or dans ces trois secteurs force est de constater, n'en déplaise à Arestovitch ce cporte parole illuminé du président ukrainien dont il doit partager ses lignes de cocaïne, que l'objectif stratégique de l'Etat-Major ukrainien est un fiasco total ne lui laissant dans sa gamelle que quelques miettes tactiques que la propagande kiévienne aura su mal à gonfler suffisamment pour qu'elles cachent les pertes subies pendant cette semaine suicidaire.

Sur le terrain, les forces ukrainiennes malgré leurs faibles progressions ont du jeté prématurément dans la mêlée leurs forces de réserve dédiées à cette offensive, certainement pour tenter de conserver les quelques villages agricoles conquis et permettre l'évacuation des unités de la première vague étrillées par l'artillerie et l'aviation russes. 

Situation sur le saillant d'Andrivka au 3 septembre 2022

Andrivka est l'illustration idéale de cette "contre-offensive" ukrainienne sur le front de Kherson: 
  1. Exploitant le seule tête de pont dont elles disposaient sur la rive gauche de l'Ingoulets (Andrivka) les forces ukrainiennes se sont précipitées dans un couloir étroit que les forces russes leur ont concédé vers le Sud (voir SITREP précèdent)
  2. Devant le village de Broukonske, les ukrainiens ont été bloqué par des tirs de barrage et des contre attaques et ont envoyé alors de nouveaux renforts pour continuer à percer vers le Sud et aussi prendre à revers Davidoff Brod,
  3. Une fois les forces ukrainiennes accumulées dans le saillant, les russes ont détruit leurs 3 pontons sur l'Ingoulets et lancé plusieurs contre-attaques sur les flancs du saillant bombardé par leur artillerie et aviation
  4. Pour retarder leur encerclement, les forces ukrainiennes, dont des véhicules sont maintenant bloqués sur la rive gauche de l'Ingoulets, sont passés en mode défensif  ont porté tous leurs efforts sur  l'élargissement de la tête de pont vers Blagodatovka 

De leur côté les forces russes après, avoir encaissé le premier choc et évalué les forces et la stratégie adverses, ont engagé leurs contre attaques à partir de leur 2ème ligne de défense qui n'a pas été atteinte par les attaques ukrainiennes.

4 / Du 2 au 5 septembre : les contre attaques russes achèvent le fantasme ukrainien

Les forces russes, qui parfois ont dû reculer sur leur deuxième ligne pour mieux organiser leurs réactions voire attirer les ukrainiens dans une nasse comme dans le secteur d'Andrivka précédemment évoqué, ont profité de l'épuisement et de l'hésitation de la première vague offensive ukrainienne pour contre-attaquer:

Voyons pour illustrer cette autre stratégie qui consiste à reculer la ligne de contact plutôt que de subir une attrition jusqu'à sa rupture. Ceci permet de reprendre l'initiative et minimiser les pertes sachant qu'il. N'y a pas de point stratégique immédiat et que les moyens de l'adversaire lui sont insuffisants pour défendre rapidement le terrain conquis et encore moins relancer son offensive.. 

"Reculer pour mieux sauter"

Situation sur le secteur de Visokopilya au 4 septembre 2022

Visokopilya représente un deuxième scénario où les forces ukrainiennes ont réussi cette fois à bousculer, entre le Dniepr à l'Est et l'Ingoulets à l'Ouest, la première ligne russe dont les unités pour ne pas se retrouver encercler ont également effectué, sous la couverture de leur artillerie et aviation un mouvement global vers leur 2ème ligne, abandonnant provisoirement la localité de Visokopilya qui par son importance (près de 4000 habitants avant la guerre) est logiquement présentée comme une grande victoire pat la propagande ukrainienne.

Sans nier les succès tactiques réalisés par les forces ukrainiennes dans ce secteur il est important d'observer que: 
  1. Jamais les forces russes déployées entre Dniepr et Ingoulets (essentiellement des parachutistes et fusiliers de la flotte de la Mer Noire) ne se sont retrouvées débordées par les assauts ukrainiens,
  2. L'Etat Major russe, pour préserver la cohérence de la ligne de contact et le minimum de pertes, a opté pour un retrait en mode "freinage" jusqu'à la deuxième ligne de front où sont toujours déployées les forces principales, 
  3. A partir de cette 2ème ligne de front, les russes ont pu fixer à l'Est les ukrainiens grâce notamment à des puissants tirs de barrage de l'artillerie et lancé une contre-attaque vers Visokopiliya grâce à l'appui de l'aviation d'attaque,
Dès les premiers bâtiments de Visokopilya atteints, les "ukrops"
n'ont pas attendu pour pouvoir enfin offrir à leur propagande une
photo derrière laquelle elle pourra essayer de cacher leur débâcle
sur les autres secteurs du front (ici sur le toit de l'hôpital de la ville)

Les attaques ukrainiennes menées dans ce secteur (principalement par les 60ème Brigade mécanisée, 128ème Brigade de montagne, des bataillons de la 5ème brigade blindée et des mercenaires occidentaux de la Légion Internationale et islamistes de Tchétchénie) ont obtenu, avec la capture de Visokopiliya, un succès tactique incontestable (pour combien de temps ?) mais sont de nouveau en situation défensive difficile devant les contre-attaques russes.

Dans les autres secteurs les forces ukrainiennes tentent également de consolider leurs acquis et de résister aux réactions russes en attendant d'hypothétiques renforts pour lancer une nouvelle vague offensive. Organiser rapidement des positions défensives efficaces au milieu d'un billard comme cette steppe battue par les feux ennemies est quasiment impossible.

Sur cette vidéo ukrainienne on peut voir 
des soldats qui tentent d'abattre un drone 
russe corrigeant les tirs de barrage de son
artillerie. Visible un MANPADS Stinger US

A ce stade des opérations, des combats violents se déroulent aussi au niveau des communiqués officiels déclarant des pertes apocalyptiques causées à leurs adversaires :

Ceci dit contrairement aux précédents combats réalisés sur ce front Sud, les pertes semblent effectivement importantes et réciproques.

  • Du côté ukrainien, beaucoup de pertes dues à l'attitude offensive donc plus vulnérable des forces de Kiev et à la supériorité écrasante de l'artillerie et l'aviation russes (surtout autour de Kherson), ces deux facteurs étant amplifiés par la nature de la steppe agricole, sans relief, forêt ou localités suffisants pour offrir un abri aux mouvements.
Pertes ukrainiennes annoncées par la propagande russe
  • Du côté russe, si les pertes sont moins importantes (position défensive, appuis feu importants...) elles n'en demeurent pas moins problématiques car l'acheminement des renforts et approvisionnements terrestres est fortement ralenti à cause de le désactivation des ponts bâtis traversant  le Dniepr mais aussi le Sud de l'Ingoulets.

Les deux adversaires sont actuellement donc dans une diminution des effectifs et des moyens telle qu'ils ne peuvent pas opérer de grandes manœuvres opératives dans l'attaque ukrainienne ou la contre-attaque russe. Cependant les forces ukrainiennes étant dans l'initiative offensive il sûr que ce sont elles qui subissent les pertes les plus importantes et qui conduiront in fine leur contre-offensive à une nouvelle défaite militaire majeure du régime de KIev, si la tendance actuelle se confirme.

Sur le front de Kherson, un groupe de 
reconnaissance russe repère une unité
ukrainienne en opération nocturne puis
commande et corrige un tir de barrage.

Prenons un exemple pour illustrer ces pertes ukrainiennes dont certains prétendent qu'elles s'élèveraient au bout d'une semaine à 10 000 dont 4000 tués: 

La 128ème Brigade de montagne ukrainienne forte d'environ 3 000 hommes vient de fondre comme neige au soleil sur le front de Visokopiliya évoqué plus haut. 

  • Au moment du lancement des opérations militaires russes le 24  février 2022 cette brigade était déployée sur le front entre Nikolaïev et Odessa et jusqu'à aujourd'hui, elle n'avait pas subi de pertes importantes jusqu'à aujourd'hui. Seul un bombardement de son Etat-Major à Odessa où plusieurs officiers dont son Commandant avait été tués le 23 juillet dernier illustrait ses pertes qui au total était estimées à 4% de ses effectifs.
  • Après avoir terminé la formation de la 126ème Brigade territoriale d'Odessa, la 128ème Brigade de montagne sous le commandement du colonel Yuri Madar quitte ce secteur où la menace d'un débarquement russe s'est éloigné, pour se déployer au Sud de Krivoï Rog. Quand les attaques ukrainiennes sont lancées le 29 août, la 128ème Brigade mécanisée ukrainienne est engagée entre le Dniepr et l'Ingoulets.

Sur le front Nord Est de Kherson, après les premières progressions tactiques réalisées entre les 29 et 31 août 2022, les unités engagées de la 128ème (partie ou totalité ?) sont écrasées les unes après les autres par l'artillerie russe leur opposant d'abord des tirs de barrage puis appuyant des contre-attaques..

Une unité d'assaut de la 128ème Brigade mécanisée
ukrainienne se fait décimer par un tir de barrage de
l'artillerie russe, à priori avec des obus "Krasnopol"
munition à guidage laser dans leur chute terminale

Aujourd'hui il n'y a quasiment plus trace de cette 128ème Brigade ukrainienne probablement évacuée ou diluée dans d'autres brigades.

Et ce n'est pas la seule dans ce cas...


En conclusion 

Au 6 septembre matin, sur le front Sud du conflit russo-ukrainien, les combats continuent dans une intensité très importante, et la fin des opérations ne semble pas encore se profiler à l'horizon. 

A l'avant, 4 localités conquises par les forces ukrainiennes sont toujours entre leurs mains, 4 localités ont été reprises par les forces russes, tandis que 3 autres sont toujours disputées...Et il est question d'une nouvelle vague offensive ukrainienne imminente, mais dont les effectifs annoncés par certains (20 000) me paraissent largement fantasmés. Quoiqu'il en soit les flux et reflux tactiques des uns et des autres risquent de continuer...

Sur cette vidéo ukrainienne montrant des combats 
entre unités mécanisés sur le front de Kherson, on 
peut observer l'intensité des combats, et au passage 
des "Kirpi", véhicules de combat d'infanterie turcs

A l'arrière, les bombardements réciproques sur les sites stratégiques russes et ukrainiens se poursuivent dans une intensité également soutenue, et qui à moyen terme peut peser sur les capacités opérationnelles des belligérants. Ici on voit bien la stratégie ukrainienne qui veut étrangler les approvisionnements lourds du corps de bataille russe au Nord du Dniepr. 

Nouvelle frappe, à Kherson, sur le pont Antonovsky 

Certes, les pontons flottants fixes et mobiles dont les pro-russes vantent les méritent permettent de compenser la désactivation des ponts mais présentent 2 problèmes : d'abord ils sont aussi la cible des HIMARS et ensuite ils augmentent par le faible débit des franchissements le risque d'embouteillage des blindés sur la rive et la répétition du scénario de Belogorovka sur les rives de la rivière Donetsk (Nord Donbass) ou un groupe tactique bataillonnaire russe avait été détruit en juin dernier.

YPR 765 ukrainien détruit (matériel OTAN cédé par la Hollande) 

Même si les forces russes ont repris l'avantage opératif et que les forces ukrainiennes accusent des pertes très lourdes, le bilan de cette "contre-offensive" kiévienne devant Kherson n'interviendra qu'après les derniers renforts ukrainiens lancés dans la bataille et l'inévitable stabilisation du front qui interviendra lorsque l'offensive cessera faute d'attaquants.

Loin des rodomontades propagandistes, la réalité des combats révèle la complexité de la guerre et surtout la difficulté et vulnérabilité de toute opération militaire menée contre un ennemi organisé et motivé au milieu d'inconnues diverses et d'un terrain difficile. Lorsque j'entends ces Goya, Moreau, Yakovleff, Brayard et autres évangélistes narcissiques nous assener depuis 6 mois et plus que leur camp est l'incarnation de la puissance et de la perfection immaculée et que les autres ne sont qu'un ramassis d'incapables et d'impuissants qui vont s'effondrer dans les jours qui viennent, je me dis que leur commune mauvaise foi imbécile enivrée de certitudes fantasmées est certainement la pire ennemie des causes qu'ils prétendent chacun défendre. 

Et de confirmer que la première victime de la guerre est sans nul doute la Vérité. 

Je laisserai pour "mot de la fin" cette vidéo choc de soldats ukrainiens blessés sur le front de Kherson et évacués en urgence vers les hôpitaux de l'arrière car leur souffrance, qui ne m'inspire aucune satisfaction ni empathie personnelles, illustre à la fois ce suicide collectif dans lequel le cocaïnomane Zelensky les a précipité depuis son salon doré de Kiev mais aussi cette nouvelle tragédie européenne commanditée par le vampirisme du libéralisme mondialiste qui asservit et broie les peuples jusqu'à les jeter les uns contre les autres sur l'autel amoral de sa marchandise.

Et malheureusement ce n'est pas fini !

Erwan Castel

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jeudi 1 septembre 2022

Devant Kherson, après le flux médiatique: le reflux militaire ukrainien


Actualité oblige voici un nouveau point de situation du front de Kherson où le 29 août 2022 les forces ukrainiennes ont lancé plusieurs attaques contre la tête de pont russe située sur la rive droite du Dniepr en direction de Nikolaïev et Krivoï Rog.

Depuis le commencement de ces opérations, des informations terrain commencent à remonter à la surface se frayant un chemin à travers le brouillard de guerre et les pollutions propagandistes enveloppant logiquement toute opération militaire, et elles confirment le caractère désespéré des attaques ukrainiennes autant que leur obstination suicidaire de vouloir obtenir des gains territoriaux sur ce front de Kherson.  

Après avoir affirmé, concernant la défaite de la garnison ukrainienne de Peski au mois d'août qu'il s'agissait en fait d'une "défense mobile" et non d'un repli, le conseiller du Président ukrainien Oleksiy Arestovych, passé maître dans l'art de travestir la vérité dans des rodomontades pathétiques qui ne réussissent jamais à l'étouffer complétement, a déclaré au sujet des opérations de Kiev menées sur le front Sud: 
 
"Le fait que nous n'ayons pas encore pris Kherson ne signifie pas que l'opération dans le sud est au point mort ou a échoué. C'est fait de manière planifiée. Nous détruisons la logistique ennemie, les systèmes de défense aérienne, les dépôts de carburant et de munitions. Il faut être patient ca 'il n'y aura pas de victoires rapides".

On pourrait presque se contenter de cette déclaration car elle avoue à demi-mots que les opérations ukrainiennes devant Kherson ne se déroulent pas comme prévu à part peut-être pour un conseiller du Pentagone qui confiait au New York Times le 31 août que selon lui "cette contre-offensive est prématurée".

Le 29 août, les forces ukrainiennes engagent
leurs attaques sur 5 axes. Ici des chars T64 et
des YPR 765 hollandais (véhicule de combat
d'infanterie OTAN remplacé par le M2 Bradley)

Rappel :

Le 29 août, après une intensification des frappes d'artillerie sur les arrières du front russe (dépôts, ponts, états majors...) les forces ukrainiennes ont lancé une offensive sur 5 couloirs d'attaques distincts. Les 3 attaques ukrainiennes au Nord Est du front ont échoué, celle au Nord, a réussi sur l'Ingoulets à prolonger la tête de pont d'Avdrivka mais , à l'Ouest de Kherson, la situation reste confuse.

Quelle est la situation réelle la plus visible sur le terrain au 1er septembre :

Situation sur le front de Kherson au 1er septembre 2022

Après 4 jours d'offensive sur le front de Kherson, les forces armées ukrainiennes ont réduit leurs opérations terrestres à 3 secteurs:  Posad Pokrovske, Andrivka et Visokopole, tandis que leur artillerie longue portée poursuit ses bombardements sur les arrières russes, notamment le long du Dniepr pour tenter de couper les approvisionnements du corps de bataille russe déployé au Nord du fleuve.

Tirs ukrainiens de roquettes HIMARS


Un  offensive ukrainienne qui tourne au massacre 

Même si on minimise de moitié les chiffres des pertes ukrainiennes lancées par la propagande russe sur le front de la guerre psychologique, les sacrifices imposées par Kiev à ses soldats pour gagner ci et là 3 champs et 2 hameaux agricoles ressemblent plus à un massacre suicidaire qu'à un quelconque succès tactique durable.

Pour exemple observons le secteur d'Andrivka (au Nord de Kherson sur l'Ingoulets) qui est le secteur où les ukrainiens ont réussi la percée la plus importantes et où se déroulent à priori les combats les plus violents :

Secteur du saillant d'Andrivka au 1er septembre 2022

Contrairement aux autres corridors offensifs du 29 août (voir SITREP précédent) où les forces russes appuient leur défense soit sur le Dniepr ou l'Ingoulets, soit sur des zones urbaines au large de Kherson, dans ce secteur particulier du front, l'Etat-Major ukrainien avait l'avantage de disposer déjà d'une tête de pont établi à Andrivka sur la rive gauche de l'Ingoulets et à partir de laquelle il a pu dérouler immédiatement un assaut rapide et large. 

Précisément sur ce secteur d'Andrivka est déployée l'une des rares unités de chars ukrainiennes à peut près encore intacte, la 17ème brigade, dont le T64 B ont probablement emmené cette offensive vers le Sud.

Char ukrainien T64 BM2 sur le front de Kherson

Entre le 29  et le 31 août les forces ukrainiennes ont réussi à progresser de 5 km par jour environ en concentrant leurs effectifs sur le même couloir offensif jusqu'au village de Broukonske où visiblement elles voulaient prendre le contrôle de la route T2207, et par elle remonter vers Davidoff Brod afin de bloquer l'approvisionnement russe vers l'Ingoulets et encercler les unités déployées à Lozovoye et Bilogirka.

Les forces russes dans un premier temps ont décidé d'absorber le choc et de procéder à un freinage des unités d'assaut en direction de la route T2207, leur concédant 2 villages agricoles jusqu'à un coup d'arrêt réalisé le 31 août avec des unités blindés, et des tires de barrage d'artillerie. 

Depuis le 1er septembre, ce saillant ukrainien d'Andrivka est en train de se transformer en chaudron sous les coups des contre attaques russes mais surtout de leurs pilonnages réalisés par l'artillerie et l'aviation d'attaque au sol.

Dans la steppe ukrainienne les unités blindées
en mouvement n'ont nulle part où s'abriter  

Ici des équipes des forces aéroportées russes ajustent les tirs de 
l'artillerie sur des BMP ukrainiens sur le front de Kherson.

Selon les estimations moyennes il y aurait environ 10 000 soldats ukrainiens engagés dans ce qui est déjà nommé le "couloir de la mort" car en seulement 3 jours, leurs pertes s'élèvent à environ 4000 tués et blessés qui rejoignent ceux des autres secteurs de ce front où Zelensky a décidé de sacrifier inutilement tout un corps de bataille  ukrainien, car l'Etat Major Sud basé à Nikolaïev semble vouloir continuer à enfourner vers Kherson d'autres unités et bombarder encore et toujours les bases arrières de commandement et de logistique des forces russes.

En seulement 3 jours, les hôpitaux ukrainiens de Krivoï Rog, Nikolaïev et Odessa, 
bien que préparés au pire, se sont retrouvés complétement saturés pa les blessés
arrivant du front de Kherson au point qu'il est question désormais de diriger les 
évacuations des soldats ukrainiens vers la Roumanie et même l'Allemagne 

Sur l'ensemble des secteurs attaqués, les forces ukrainiennes auraient perdu plus de 1000 hommes tués lors des combats cherchant à percer la première ligne de défense russe ainsi que plus de 150 véhicules blindés (dont plus de 50 chars de combat). Qui plus est dans les rares secteurs où des unités ukrainiennes ont réussi à progresser aucune d'entre elles n'a réussi à bousculer la deuxième ligne de défense russe qui les a bloqué pour les offrir en pâture à leurs artilleurs et aviateurs.

Chasseurs bombardiers russes Sukhoï 25 
en passe d'attaque sur le front de Kherson

Malgré ses revers tactiques et surtout ses pertes disproportionnées, Kiev semble vouloir maintenir ses efforts offensifs en même temps que ses bombardements sur les réseaux logistiques et de commandement à l'arrière du front russe, espérant qu'une usure des approvisionnements dont la ligne déjà longue est ralentie par les destructions réalisées,  tarisse les capacités de combat et surtout de bombardement des russes positionnés au Nord du Dniepr.

 Nouveau bombardement ukro-atlantiste du pont
Antonovsky à Kherson par des HIMARS étasuniens

Mais, alors que les résultats des tirs HIMARS avaient médiatiquement réussi à faire diversion par rapport à l'effondrement militaire dans le Donbass, ils risquent de passer au deuxième plan lorsque les familles ukrainiennes commenceront à voir les cercueils revenir apportant le vent de la défaite jusque dans les foyers les plus éloignés du front.

Sur le front de Kherson, évacuation sous un 
bombardement russe de blessés de la 128ème 
Brigade d'Assaut de Montagne de Transcarpathie.

Quelles perspectives ?

Même si une tendance apparaît quant à l'évolution des opérations militaires en cours, il convient de ne jamais se féliciter trop tôt d'un succès pas encore acquis car il subsiste encore quelques inconnues : 
  • La situation réelle au Nord Ouest de Kherson
  • Les capacités de renforts des forces ukrainiennes,
  • L'usure réelle de la logistique russe, 
  • Quelle sera la nouvelle ligne de front à la fin des opérations...

Du côté des forces russes, il se confirme à chaque nouvelle heure qu'une nouvelle phase stratégique commence dans le Donbass avec une intensification des campagnes de bombardements russes et l'arrivée de nouvelles unités d'assaut sur le front. Qu'en sera t-il de cette nouvelle phase stratégique russe sur le front de Kharkov, de Zaporodje et surtout sur celui de Kherson. 

La réponse est peut être apportée par les nombreux renforts militaires russes arrivant depuis plusieurs jours sur ce front Sud via le pont de Crimée et qui peut-être ont précipité l'offensive ukrainienne. 

Traversant le pont de Kertch en direction de Kherson,
des dizaines de convois ferroviaires militaires viennent
renforcer le front russe en unités d'assaut comme ici avec 
des chars T 90M des obusiers 2S19 Msta-S, 2S4 "Tulipan" 

Une fois l'offensive ukrainiennes actuelle effondrée, il y aura un moment de flottement militaire et surtout psychologique sur ce front de Kherson sera une opportunité idéale pour que les forces russes passent à leur tour à l'offensive et  jusqu'à Nikolaïev ou Krivoï Rog.


En conclusion

Aux objectifs militaires et politiques déjà évoqués lors des précédents SITREP sur Kherson, cette contre offensive désespérée révèle aussi l'importance psychologique que revêtirai un victoire ukrainienne alors que dans le Donbass l'érosion fatale du corps de bataille ukro-atlantiste se poursuit.. C'est un pari très risqué que vient d'engager Zelensky dont l'inaptitude et le mépris pour la vie de ses soldats apparait une fois encore au grand jour, car après cette nouvelle et inévitable défaite militaire qui s'annonce au vu des seules pertes subies, il est très probable que cette "union sacrée" nationaliste ukrainienne construite autour de son président commence à nouveau à se lézarder 

Nouvelle unité de chars ukrainiens se  précipitant 
vers la broyeuse russe sur le front de Kherson.

T72 M ukrainien détruit par les tirs de l'artillerie 
russe corrigés par des drones d'observation.

Voilà pourquoi cette "contre offensive" ukrainienne est si violente dans ses combats, car elle est, dans la tête de beaucoup de responsables militaires et politiques kiéviens, une espèce de "quitte ou double" quant à la conduite des opérations militaires. Et nous risquons peut-être de voir Kiev jeter un maximum de forces dans ce fantasme de vouloir reprendre Kherson, et la Crimée, et le Donbass "alouette..." aux forces russes. 
 
Erwan Castel

Un peu d'humour noir pour finir sachant qu'une fois
encore le cocaïnomane et irresponsable Zelensky a
décidé d'envoyer à une mort certaine et inutile et pour
le plaisir de l'oncle Sam des milliers de jeunes ukrainiens