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vendredi 11 février 2022

Goddam !

Cela aurait pu être une anecdote risible mais malheureusement elle n'est pas pas une exception du comportement occidental et concerne la crise internationale Est-Ouest qui en Ukraine est entrée dans une phase explosive :

Cette semaine, lors des tentatives de négociations réalisées entre Sergueï Lavrov, le Ministre russe des Affaires Etrangères et , son homologue britannique, cette dernière a déclaré que Londres ne "reconnaîtrait jamais la souveraineté russe sur les régions de Rostov et de Voronej".

En effet, un échange surréaliste s'est déroulé entre Liz Truss et Sergeï Lavrov:

  • Liz Truss: "Il est nécessaire de retirer les forces armées russes des frontières ukrainiennes",
  • Sergueï Lavrov: "Notre armée n'a aucune raison de se retirer, étant sur le territoire de son pays", 
  • Liz Truss: "Non vous devez retirer vos forces armées !",
  • Serge¨Lavrov:"Nos forces n'ont commis aucune violation puisque qu'elles manœuvrent sur le territoire de la Fédération de Russie".
Puis, le chef de la diplomatie russe a alors demandé à son homologue britannique :
  • Sergeï Lavrov: "Reconnaissez-vous la souveraineté de la Russie sur les régions de Rostov et de Voronej ?",
  • Liz Truss: "La Grande-Bretagne ne reconnaîtra jamais la souveraineté russe sur ces régions", a t-elle répondu après une courte pause.

Vous l'aurez bien compris, la rosbif s'est mélangés les cartes et les neurones, et d'ailleurs Deborah Bonnert, son ambassadrice Russie qui était présente est intervenue en urgence en rappelant délicatement à sa patronne qu'il était question de régions réellement russes (Situées à l'Est de Kharkov pour Voronej et à l'Est de la mer d'Azov pour Rostov). Plus tard dans un communiqué, Liz Truss a reconnu son erreur, mais au vu de ses responsabilités et du dossier traité, une telle méconnaissance de données géopolitiques aussi élémentaires, laissent entrevoir un amateurisme abyssal pour comprendre la complexité de la situation et ses enjeux et surtout de ses menaces..

Que l'employé d'une banque londonienne ne sache pas que Voronej est en Russie, passe encore, MAIS que le chef de la diplomatie britannique chargée de mission dans une crise internationale gravissime ne maîtrise même pas la cartographie niveau école primaire d'une région au sujet de laquelle elle porte l'avis de son gouvernement en dit long sur le niveau de compétence actuel des responsables occidentaux !

Alors, avant que ces idiots de l'OTAN comprennent que la Crimée, le Donbass, la Novorossiya sont des terres historiquement russes, que le nouveau pouvoir ukrainien est un arme fasciste manipulé par Washington,  il y a beaucoup d'eau qui va s'écouler sous le pont de Kertch !

Cette anecdote est selon moi significative de la déchéance intellectuelle occidentale dont les acteurs politiques incultes et serviles ne savent qu'ânonner les lieux communs d'une doxa propagandiste uniquement fondée sur une croyance manichéiste radicale. Dans leurs cervelles formatées à l'intégrisme d'une pensée unique, les responsables occidentaux considèrent et quoi que fasse la Russie y compris chez elle, que c'est mal et pire: que c'est l'expression du Mal absolu !

Et les populations occidentales dans un suivisme incendiaire collaborateur ou une indifférence générale qui relève de l'idiotie passive laissent ces va-t-en guerre mener le Monde vers le gouffre de la guerre !

Commentant avec ironie cette conversation surréaliste Sergeï Lavrov a déclaré poliment :

  • "Pour être honnête, je suis déçu que nous ayons eu une conversation avec quelqu'un de muet et sourd. Il semblait nous écouter, mais ne nous entendait pas. À tout le moins, nos explications les plus détaillées sont tombées sur un terrain non préparé, de la même manière qu'ils disent que la Russie attend que le sol gèle et devienne comme une pierre pour que les chars puissent passer calmement en territoire ukrainien, Il me semble que nos collègues britanniques avaient aujourd'hui le même sol, sur lequel ils sont tombés et ont rebondi sur de nombreux faits que nous avons cités"

La diplomatie occidentale est bel et bien morte, et du yankee Anthony Blinken à la rosbif Liz Truss, en passant par le frouzien Jean Yves "Le Truand", il n'y a plus à l'Ouest que des sinistres décérébrés, Ministres d' "Affaires à l'Etranger"!

Erwan Castel

mercredi 2 février 2022

SITREP du 2 février 2022

Tandis que les diplomaties ont convenu de réunions autour des accords de Minsk, les 10 et 17 février à Berlin pour le format Normandie (Russie-Ukraine-Allemagne-France) et à l'ONU pour tenter de démêler ce nœud gordien empêchant en Ukraine d'ouvrir les portes de l'Europe à une Paix durable, les tensions militaires et politiques sont de plus en plus palpables.

  • A 5h45, les habitants de Kominternovo, sur le front Sud de la République populaire de Donetsk ont été réveillé par les mortiers ukrainiens positionnés à Talakovka. 2 obus de mortier de 82mm tirés.
Evacuation d'une université au centre de Donetsk
  • A 8h00, une nouvelle série d'alertes à la bombe a commencé à Donetsk, désignant 85 établissements scolaires, et remobilisant les services du Ministère des situations d'urgence pour la journée, Peu après des alertes similaires sont arrivées à Gorlovka pour 51 établissements scolaires, Yenakievo (27 écoles), Makeevka etc...  
  • Une vague d'alertes à la bombe identiques a également touchée la Crimée, visant également les établissements scolaires mais aussi des bâtiments administratifs  . 

A noter que la majorité des écoles de Donetsk étaient déjà fermées en raison d'un nouveau pic épidémique Covid imposant l'enseignement à distance, quant aux autres écoles elles l'ont simplement anticipé après les évacuations ordonnées ce matin. 

Evacuation dans le calme d'une école à Yasinovataya 
(10 km Nord de Donetsk) encadrée par les enseignants.

Au bilan, aucun engin explosif a été trouvé mais dans 16 villages et districts urbains de la République Populaire de Donetsk, plus de 400 bâtiments ont été fouillés et 75 000 personnes  évacuées, sans compter les centaines d'équipes de sécurité des Ministères des Situations d'Urgence et de l'Intérieur mobilisées.

Concernant ces alertes à la bombe régulières ces derniers jours, si on privilégie la piste d'une opération pilotée par les services secrets ukrainiens on peut penser que ses objectifs sont: 

  • Evaluer les procédures et effectifs d'intervention des services républicains de sécurité ce que les alertes du 28 janvier ont pu réalisé.
  • Evaluer les compétences de détection et neutralisation des engins explosifs des démineurs, ce qui a pu être défini le 1er janvier (voir paragraphe suivant)
  • Saturer les services de sécurité et paralyser la circulation urbaine, ce qui est visiblement l'objectif des alertes de ce jour, le réseau scolaire étant le plus dense et réparti. 
  • Terroriser les familles...
Ce type d'opération visant à désorganiser l'arrière d'un front est une tactique connue des théâtres d'opérations militaires à forte densité urbaine.

Pendant ce temps là:
  • A 10h28, nouveau bombardement ukrainien d'Oktyabr depuis les positions de  Pishchevik. 3 obus de mortier de 82 mm tirés.
  • A 11h30, le Nord de Donetsk était bombardé par l'artillerie ukrainienne faisant son retour sur le front 

Sur le front du Donbass le 1er février

4 jours après une série d'alertes à la bombe où les services de sécurité n'avaient rien trouvé; une nouvelle alerte transmise par mail a orienté cette fois les démineurs du Ministère des Situations d'Urgence dans le bâtiment de l'administration du district de Kievsky (quartiers au Nord du centre ville) où un engin explosif a été trouvé au 3ème étage et désamorcé sur place.

 1 ensemble explosif  composé de 4 blocs de 400 grammes de TNT entourés d'objets de frappe
(visserie notamment), reliés à 4 détonateurs électriques à mise à feu téléphonique portable. 

Sur la première ligne du front, les forces ukrainiennes poursuivent leurs provocations meurtrières :

  • En matinée, un défenseur de la République de Donetsk a été tué par une munition explosive larguée par un drone ukrainien,
  • A 12h20, bombardement ukrainien de Sosnovskoïe (Sud RPD) depuis les positions de Pavlopol. 29 grenades autopropulsées AGS 17 tirées,
  • A 19h25, bombardement ukrainien de Trudovsky (Sud Ouest de Donetsk) depuis les positions de Marinka. 3 roquettes RPG tirées,
  • A 20h40, bombardement ukrainien de Veseloe (Nord Donetsk) depuis les positions de Peski, 3 roquettes RPG et 4 grenades AGS 17 tirées,
  • A 23h35, bombardement ukrainien de Kominternovo (Sud RPD) depuis les positions de Vodnanoe. 5 grenades AGS tirées.

A l'arrière du front ukrainien, les services de renseignement ont détecté l'arrivée sur le front de Gorlovka de 4 nouveaux groupes de reconnaissance et sabotage sur la secteur de la 95ème brigade aéroportée ukrainienne, et les observateurs de l'OSCE, dans les zones qui leur sont autorisées par l'Etat Major ukrainien continuent de noter le déploiement de véhicules de combat au milieu des localités occupées par Kiev, et des véhicules blindés et d'artillerie vers la première ligne du front.

Voici un exemple du déploiement offensif ukrainien sur la première ligne du front:
Ici 2 chars de combat ukrainiens, bien visibles sur la vidéo d'observation du drone
de l'OSCE, mais qui pourtant ne sont pas mentionnés dans leur rapport quotidien.

Du côté de l'Ukraine


Boris Johnson, dont le pays est un des soutiens de l'OTAN les plus importants à l'armée ukrainienne (instructeurs de la "mission Orbital", livraisons de véhicules, d'armes et munitions) est venu, ce 1er février rencontrer le président Zelensky à Kiev. 

Lors de ses déclarations publiques, le 1er ministre britannique a promis à l'Ukraine:

  • une augmentation du soutien financier à l'Ukraine, 
  • l'organisation d'une alliance tripartite avec la Pologne, 
  • la poursuite de l'aide militaire logistique et techniques aux forces armées.
Evoquant les menaces d'une guerre russo-ukrainienne Boris Johnson a prononcé cette phrase ambiguë: "Les Ukrainiens se battront jusqu'à la dernière goutte de sang."... Est ce une flagornerie martiale ? ou plutôt un encouragement à se sacrifier sur l'autel des sanctions économiques anti-russes et aussi un rappel que pas un soldat de l'OTAN ne viendra mourir pour Kiev, et encore moins Sébastopol ou Donetsk.

Le gavage militaire continue 

Le pont aérien de l'Otan continue, déversant à chaque vol environ 80 tonnes d'armes et de munitions pour les forces ukrainiennes :

  • Des USA, un autre Boeing 747 (vol N936 CA) au décollage de Douvres est arrivé à Kiev ce 1er février 2022 avec 81 tonnes d'aide militaire. C'est le 7ème gros porteur étasunien depuis ces 10 derniers jours qui achemine de l'aide militaire à Kiev,
  • De Pologne, après avoir envoyé par avion un premier lot d'armes à Kiev, plusieurs convois de camions polonais sont entrés en Ukraine par l'autoroute M-07 escortés d'une escorte de la police depuis le poste frontière de Yagotin,
  • De Lettonie, des instructeurs militaires devraient bientôt arriver en Ukraine, 

 
A l'arrière du front 

L'armée ukrainienne continue de mener des provocations sous forme d'exercices militaires sur les frontières de la péninsule de Crimée. Ainsi après les obusiers de 152mm c sont des lance-roquettes multiples de 220mm "Uragan" qui ont réalisés des tirs réels dans la région de Kherson.

Dans un prochain article j'aborderai des actions ukro-atlantistes sur ce front de l'information où l'OTAN mène depuis plusieurs semaines une guerre à outrance pour, dans une inversion accusatoire hallucinante, conditionner l'opinion internationale à une guerre potentielle en Ukraine, laquelle est factuellement dèjà active dans le Donbass depuis 8 années.

Erwan Castel

samedi 20 juillet 2019

Une fuite en avant infernale


Depuis des décennies, les USA avec leurs alliés de l'OTAN mènent une politiqre d'étranglement économique de l'Iran et d'encerclement de son territoire articulé autour d'un réseau de 45 bases américaines déployées à ses frontières.

La situation dans le Golfe Persique vient de connaître un nouvelle étape décisive dans l'escalade militaire qui oppose l'Iran et les anglo-américains. 

Depuis le retrait étasunien de l'accord sur le nucléaire iranien et ses nouvelles vagues de sanctions économiques contre l'Iran qui pourtant en respectait les contraintes, une escalade militaire a succédé à une année d'escalade verbale et d'échecs diplomatiques. 

Les occidentaux semblent plus que jamais décidés à provoquer les iraniens coûte que coûte pour déclencher une guerre contre eux. 
  • Le 20 juin, un drone de l'US navy, viole l'espace aéren iranien avant d'être abattu par sa défense antiaérienne (après plusieurs avertissements). Trump donne le feu vert à une attaque puis l'annule au dernier moment.
  • Le 3 juillet, (date anniversaire de la destruction par l'armée américaine du vol 655 d'Iran Air, le 3 juillet 1988 qui avait fait 290 morts), un avion de reconnaissance RC-135V Rivet Joint de l'US Air Force viole à nouveau l'espace aérien iranien 
  • Le 4 juillet au large de Gibraltar, ce sont les britanniques qui entrent dans la danse avec l'arraisonnement, en violation du droit maritime international, du pétrolier Grace transportant 300.000 barils de pétrole iranien. 
En réaction à cet acte de piraterie des britanniques, l'Iran avait menacé d'une riposte en temps et lieu choisis, tout en retenant son bras pour privilégier encore la solution diplomatique via par exemple la tentative de médiation proposée par la France, mais qui a été sabotée par des nouvelles sanctions de Washington, au moment précis de la réunion à Téhéran avec l'émissaire parisien. 

Depuis l'Iran poursuit son programme nucléaire libéré des contraintes de l'accord le concernant et du fait même des occidentaux qui le lui reprochent en oubliant cyniquement qu'ils sont bien les premiers à ne pas l'avoir respecté. 

Depuis, dans cette poudrière levantine tout le monde fourbi ses armes pour cette guerre qui s'en vient comme le s'approche le sol pour un suicidé qui s'est jeté du haut d'une tour.

Entre autres bruits de bottes qui secouent la région :
  • Les forces armées iraniennes mais aussi le Hezbollah libanais sont en état d'alerte maximum, en Iran Syrie et Liban.
  • Les anglo américains acheminent des renforts dans le golfe Persique, les émirats arabes et l'Arabie Saoudite où sont positionnées leurs principales bases 
  • Les avions d'attaqe de l'US Air Force, F-22 Raptors et  bombardiers B-2 Spirit, déployés au Qatar sont en état d’alerte.
  • Les groupes paramilitaires et djihadistes anti-iraniens, qui viennent de voir leurs subventions étasuniennes être doublées se mobilisent
  • Un nouveau réseau d’espionnage mené de la DGSE française et le MI6 britannique a été démantelé en Iran donnant lieu à de dizaines d'arrestations effec.
Il faut noter que cette crise irano-étasunienne risque aussi de relancer la guerre du côté du hezbollah libanais avec des israéliens qui continuent à jeter de l'huile sur le feu en menacant l'Iran et en bombardenat ses forces en Syrie où la situation s'est également tendue depuis le déploiement important de forces turques dans le bastion terroriste d'Idlib que l'armée syrienne s'apprète à attaquer. 


Et cette semaine, dans une logique infernale que plus personne ne semble pouvoir enrayer, provocations et ripostes ont engagé de nouvelles tensions gravissimes dans le golfe persique :
  • Le 18 juillet, la marine étasunienne abat un drone qu'elle prétend iranien tandis que Téhéran affirme qu'il s'agit en fait d'un drone étasunien abattu par erreur.
  • Le 19 juillet, Après que Londres ait annoncé prolonger la saisie du pétrolier Grace arraisonné le 4 juillet, les gardiens de la révolution araisonnent à leur tour 2 pétroliers (le "Mesdar" qui sera ensuite libéré, et le "Stena Imperio") dans le détroit d'Ormuz.
Bien sûr Londres  tout comme Washington qui reste aux commandes, tout en n'écartant pas une réaction en châine militaire prétend privilégier l'option diplomatique, mais comment le croire quant dans les actes les anglo-américains font tout pour précipiter le Moyen Orient vers une nouvelle guerre ?

Erwan Castel

jeudi 11 juillet 2019

Des chiens de faïence qui se regardent en Mer Noire


Depuis le 1er juillet et pour une période de 2 semaines se déroulent en Mer Noire les exercices annuels interalliés de l'OTAN "Sea  Breeze 2019".

Ces manoeuvres maritimes de grande envergure qui cette année mobilisent 32 navires de guerre et 24 avions et environ 3 000 soldats de 19 pays (Bulgarie, Canada, Danemark, Estonie, France, Géorgie, Grèce, Italie, Lettonie, Lituanie, Moldavie, Norvège, Pologne, Roumanie, Suède, Turquie, Ukraine, Royaume-Uni et États-Unis), sont autant des exercices militaires qu'une gesticulation politique russophobe s'inscrivant sur fond de crise ukrainienne autour de la cCrimée et de guerre dans le Donbass.

Profitant du déroulement de ces exercices maritimes, les forces de l'OTAN intensifient leur coopération avec les forces ukrainiennes et déploient encore plus que d'habitude leurs ressources de renseignement le long des côtes russes de Crimée et de Rostov sur le Don et le long de la ligne de front du Donbass.

Voici 3 exemples parmi d'autres de missions d'observation des défenses russes ou de la ligne de front du Donbass réalisées pendant ces exercices maritimes de l'OTAN "Sea Breeze 2019".

Le 9 juillet 2019, 
un avion de reconnaissance de la Royal Air Force "Sentinel R1" au large des côtes de Crimée

Le 9 juillet 2019,
un drone de reconnaissance stratégique "Global Hawk" de l'US Air Force 
le long de la ligne de front du Donbass et aussi des côtes de Crimée

Le 10 juillet 2019,
Encore un avion "Sentinel R1" de la Royal Air Force au large de la Crimée russe

De leur côté les forces de défense de la Fédération de Russie profite de ces exercices de l'OTAN pour réaliser à moindre frais et gradeur réelle des exercices de détection, suivi des unités maritimes, sous marines et aériennes de l'OTAN. Et à cette occasion les systèmes d'armes russes réalisent des tirs électroniques (détectables parf les radars embarqués) des navires de l'OTAN, pour leur signifier que dans un contexte de confrontation réelle, leur petit jeu durerait plutôt 2 jours que 2 semaines !

Survol par un sukhoï  russe d'une frégate de l'OTAN

Interception russe d'un avion de reconnaissance P8 Poésidon
de l'US Air Force volant trop près des côtes de la péninsule de Crimée

Le bras de fer politique entre Russie et OTAN continue donc au dessus de la Mer Noire, à coup de démonstrations militaires et sur fond d'une réactivation des combats et bombardements sur la ligne de front du Donbass.

Une paix chaude qui semble avoir définitivement pris la relève d'une guerre froide en radicalisant les fronts jusqu'à l'embrasement final.

Erwan Castel

Une partie de le flotte de l'OTAN déployée en Mer Noire lors de l'exercice "Sea Breeze 2019" 
A noter la présence d'un P8 Poséidon de l'US Air Force (en haut  à gauche de la photo)

mardi 18 décembre 2018

Dans l'ombre de l'Oncle Sam


Tandis que dans le Donbass la menace d'une offensive ukrainienne persiste, piétinant devant Mariupol et s'étendant dans le Nord de la même République Populaire de Donetsk dans le secteur de Gorlovka, l'OTAN est de plus en plus présente et visible aux côtés des forces ukrainiennes et jusque sur le front comme par exemple dernièrement la présence du Lieutenant Colonel Adams venu superviser à Mariupol pui Kramatorsk les plans de l'Etat Major ukrainien ou l'unité des forces spéciales britanniques en armes arrivée dans le secteur de Gorlovka, en plus de la myriade de conseillers militaires occidentaux présents un peu partout en Ukraine dont un peu moins d'une centaine directement sur le front du Donbass.

Les services de presse de la  viennent également d'annoncer que des forces britanniques participeront prochainement à l'exercice "Guerrier Watcher 2019" dans la garnison de Nikolaevsk (secteur au Sud de l'Ukraine, soumis actuellement à la loi martiale). Il s'agit principalement d'unités d'hélicoptère de combat de l'armée de l'air britannique.

Ainsi les services de renseignement républicains ont-ils eu cette semaine la confirmation du déploiement d'une unité militaire des Forces Spéciales britanniques (SAS) dans le secteur de Gorlovka au Nord de la république Populaire de Donetsk. Selon Daniel Bezsonov, le porte parole de la Direction de la milice populaire, cette unité qui vient renforcer des militaires britanniques spécialisés dans la guerre chimique déjà sur place, pourrait être dédiée à des opérations de sabotages ou d'enlèvements de personnalités en territoire républicain.
Pour ma part je ne pense pas que ces SAS s'engagent immédiatement dans des opérations de type "action" et surtout derrière les lignes républicaines mais plutôt dans des missions de renseignement sur le front et de formation auprès de forces spéciales ukrainiennes qui elles peuvent être envoyées pour les missions évoquées par le porte parole des forces républicaines.

observation : à ces forces régulières de l'OTAN, il convient de signaler également le retour marqué de groupes de "contractors" étrangers, polonais et géorgiens sur le front de la République Populaire de Lugansk ou norvégiens comme ce groupe d'une vingtaine de mercenaires arrivé également dans le secteur de Gorlovka.


Mais ce sont surtout, les ressources de renseignement occidentaux qui ont multiplié leurs activités d'espionnage, d'observation et de soutien aux forces armées ukrainiennes, et ce depuis l'incident de Kertch du 25 novembre dernier. Auparavant des drones stratégiques et des avions de reconnaissance bourrés de radars, d'optiques et d'électronique balayaient régulièrement depuis le ciel ukrainien la ligne de front du Donbass, la Mer Noire et la Mer d'Azov mais aussi la Crimée et les régions frontalières russes. Désormais la couverture de renseignement stratégique de l'OTAN est quotidienne et protéiforme :
  • Drone stratégique "Global Hawk"
  • Avion de reconnaissance "Poséidon"
  • Navires espion en Mer Noire (ex le français "Dupuy de Lôme")
  • Forces spéciales spécialisées dans la recherche de renseignements
  • Etc...

Ainsi cette semaine on a pu observer couvrant les ultimes préparatifs d'offensive ukrainienne mais aussi les réactions préventives des forces républicaines et russes, une importante activité aérienne des ressources de renseignements de l'OTAN et notamment de l'US Air Force.

Par exemple le 17 décembre dernier, un avion de renseignement RC-135V "Rivet Joint" de l'US Air Force portant l'indicatif d'appel "SLUMP21" a décollé de la base aérienne de Souda Bay (en Crète) pour une mission au-dessus de la mer Noire. il allait être ravitaillé en vol par un avion tanker RC-135R Stratotanker, venant de la base britannique de Avden Mildenhall (à 2 700 km).

Cette unité de reconnaissance aérienne de l'US Air Force, a été en mesure pendant 6 heures de temps de sonder, à l'aide de ses systèmes radioélectroniques RTR 55000 et ES-182 MUCELS, les complexes radars actifs russes, leurs modes et fréquences de fonctionnement, les forces aérospatiales (y compris les avions de combat radar aéroportés), la défense aérienne militaire russe et les installations de défense aérienne de la flotte russe de la mer Noire, ainsi que toutes les communications vocales et tous les échanges de données entre les unités des forces terrestres russes en Crimée et dans le territoire de Krasnodar.

Peu de temps après leur retour vers leurs bases respectives la ressource «PlaneRadar.ru» qui informe des activités aériennes, a enregistré un avion de guidage et de radar à longue portée E-3A «Sentry» E-3A «Sentry» de l’US Air Force spositionné dans le Nord Ouest de la Roumanie. Cette unité de détection spécialisée devait certainement compléter et préciser grâce à son système  radar DRLO AN / APY-2  des renseignements recueillis par  le "Rivet Joint" au dessus de la Crimée.

La première photo en haut à gauche montre un avion stratégique «Rivet Joint» RTR / DER RC-135V  et un avion de ravitailleur «Stratotanker» KC-135R 15 à 20 minutes avant le début de leur rendez-vous pour ravitaillement  (rectangle vert); la deuxième carte en dessous montre un segment de la trajectoire de vol de Rivet Joint le long de l'espace aérien de la Crimée et montre l'avion anti-sous-marin à longue portée P-8A «Poseidon» observant la côte ouest de la péninsule; la troisième image à droite montre la trajectoire de vol de l'avion DAROI E-3A "Sentry"

Cette activité de renseignement menée par l'US Air Force est a mettre en relation avec la mission du navire de reconnaissance hydrographique HMS "Echo" de la Royal Navy qui vient d'entrer en mer Noire et qui lui est spécialisé dans la recherche et détection sous-marine, et constitue un élément clef dans la lutte anti sous marine menée par l'aviation de l'OTAN.

HMS "Echo" de la Royal Navy

Ce navire britannique qui est considéré comme un "navire de recherche hydrographique polyvalent" peut apporter son soutien à la planification d'opérations mais aussi au déminage marin et à la recherche d'autres objets sous-marins. 



Selon Gavin Williamson, le ministre de la Défense britannique, le HMS "Eco" "garantira la liberté de navigation dans la région" et ralliera la base navale pour la Royal Navy organisée à Odessa.


Erwan Castel

Article référence : Top war

mardi 27 novembre 2018

Le véritable objectif de la provocation de Kertch

Certes avec la loi martiale étrangement consécutive à l'incident de Kertch qui reste mineur par rapport à ceux de 2014 qui ne l'avait pas provoqué, Porochenko peut espérer prologer sa vie Présidentielle en éliminere l'opposition ou même le scrutin présidentiel ukrainien prévu en mars 2019, mais l'objectif principal de l'incendit organisé à Kertch est plutôt a chercher du côté de l'OTAN.

Source de l'article : Entelkheia

Danger de guerre: 
les USA et le Royaume-Uni engagent encore plus de forces militaires en Ukraine


Par Arkady Savitsky 

Paru sur Strategic Culture Foundation sous le titre 

Deux nouvelles conflictuelles sont parues en même temps : selon RT, « Moscou ouvre le feu pour arrêter des navires de guerre ukrainiens ayant violé ses eaux territoriales ». De l’autre côté, pour Le Figaro, c’est la Russie qui est responsable de s’être « emparée de trois navires ukrainiens ». La tension est au maximum.

La Cour constitutionnelle ukrainienne a récemment donné son feu vert à un projet de loi visant à y inscrire l’objectif final de l’Ukraine, l’obtention de son adhésion à l’OTAN et à l’UE. La décision a été annoncée le lendemain d’une déclaration conjointe des ministères de la défense du Royaume-Uni et de l’Ukraine qui soulignaient la nécessité d’étendre leur coopération militaire avec le pays. Les chefs de la défense ont convenu que l’opération Orbital, le programme d’entraînement de l’Armée de terre ukrainienne lancé en 2015, a été une réussite qui doit se poursuivre au moins jusqu’en 2020. Des instructeurs de l’armée britannique, dont la plupart dotés d’une grande expérience des opérations de combat en Irak et en Afghanistan, ont formé plus de 9 500 militaires ukrainiens. Un nombre non spécifié de soldats britanniques seraient envoyés pour former les forces spéciales et les marines ukrainiens, en plus des 100 soldats actuellement déployés dans le pays.

Un navire hydrographique polyvalent sera déployé en mer Noire l’année prochaine pour démontrer le soutien de la Grande-Bretagne à l’Ukraine et garantir la « liberté de navigation » dans ses eaux. Le HMS Echo n’est pas un navire de guerre, mais il bat pavillon de la marine britannique. En septembre dernier, la Grande-Bretagne avait déclaré son intention d’accroître la présence des navires de guerre dans la mer Noire, avec des escales de plus en plus fréquentes à Odessa.

Dans un contexte de tensions croissantes dans la mer d’Azov, la présence navale de l’OTAN y est perçue comme une provocation par la Russie. Un conflit semble imminent et l’Occident a pris le parti de l’Ukraine, bien que Kiev l’ait provoqué. La vice-présidente de l’UE, Federica Mogherini, estime que de nombreux navires battant pavillon de l’Union européenne ayant été menacés, Bruxelles doit prendre les « mesures ciblées appropriées » pour envoyer un signal à Moscou.

L’extension de la présence militaire britannique va à l’encontre de la lettre et de l’esprit des accords de Minsk, qui stipulent que le conflit en Ukraine doit être traité par des voies diplomatiques et politiques.

L’armée américaine dispose déjà d’un centre d’opérations maritimes situé dans les installations navales ukrainiennes d’Ochakov, conçu pour fournir un soutien maritime flexible dans toute la gamme des opérations militaires possibles. Des centaines d’instructeurs militaires américains et canadiens forment du personnel ukrainien dans le champ de tir de Yavoriv. Les États-Unis vont transférer deux frégates de type Oliver Hazard Perry en Ukraine. Cette mesure assurera une présence navale constante de l’OTAN dans la mer Noire en contournant les restrictions imposées par la Convention de Montreux, car les navires auront à bord des marins américains qui effectueront des « missions d’entraînement » et resteront sous commandement américain, malgré les déclarations contraires des sources officielles [les USA ne sont pas signataires de la Convention de Montreux, non plus que de la  Convention des Nations-Unies sur le droit maritime, NdT]. Au total, dix navires de cette classe sont disponibles à l’exportation. En septembre, les garde-côtes américains ont transféré deux navires patrouilleurs Island-class armés de mitrailleuses de calibre 50 et de canons de 25 mm sur le pont. Ces transferts invitent Kiev à défier militairement Moscou.

Personne à Washington ou à Londres ne se demande pourquoi un pays industrialisé et un important exportateur d’armes comme l’Ukraine, avec des ressources abondantes et des terres fertiles, doit dépendre de l’aide étrangère et est incapable de se défendre seul. Des armes sont fournies et une formation militaire est dispensée dans ce pays où la corruption est endémique dans tous les secteurs de la société, comme l’établit même un récent rapport du département d’État américain. [Plusieurs rapports du Departement d’Etat US font état de la corruption de l’Ukraine, en fait, NdT]. Les protestations populaires sont monnaie courante. Le conflit dans le Donbass est utilisé pour détourner l’attention des problèmes intérieurs. La frustration engendrée par la réticence de Kiev à introduire des réformes indispensables et à réduire l’influence politique des oligarques s’accroît rapidement. Le peuple ukrainien a besoin de réformes politiques et économiques, et non d’une présence militaire étrangère accrue sur son sol.

La seule raison pour laquelle l’Occident maintient l’Ukraine à flot est son obséquiosité et sa volonté de se transformer en tremplin pour menacer la Russie. Malgré les multiples problèmes de l’Ukraine, le pays a récemment été récompensé par un statut officiel au sein de l’OTAN. Le sommet de 2018 de l’Alliance de l’Atlantique Nord a confirmé son soutien à l’adhésion à part entière de l’Ukraine, quitte à ridiculiser les soi-disant « normes de l’OTAN ».

Le gouvernement britannique traverse une période difficile. Il vient d’aboutir à un projet d’accord mal ficelé sur les relations post-Brexit avec l’UE. L’accord n’a qu’une faible chance de passer le vote du Parlement. Personne ne sait exactement comment tout cela finira si les députés disent non. Il se peut qu’il n’y ait pas de Brexit du tout, en fin de compte. Le chancelier Philip Hammond estime que « si l’accord n’est pas approuvé par le Parlement, nous aurons une situation politiquement chaotique…. Dans le chaos qui s’ensuivrait, il n’y aurait peut-être pas de Brexit. »Ou il peut y avoir des négociations sans fin, des conférences de réconciliation, des retards et des reports. Ce sera difficile pour le gouvernement de se maintenir. Il y a des partisans d’une motion de censure au Parlement. Personne ne sait comment les choses vont tourner.

Rien ne soude mieux une nation divisée qu’une menace extérieure, par exemple celle de la Russie. La date limite du Brexit est le 29 mars, après quoi, pendant une période de transition de 21 mois, la Grande-Bretagne sera toujours membre de l’UE. Les événements en Ukraine sont nécessaires pour faire croire que le Royaume-Uni donne un coup de main à une nation pauvre attaquée, et ainsi, améliorer l’image du gouvernement et son taux d’approbation. Les membres du Cabinet ne disent pas à leur peuple qu’en apportant une aide militaire à Kiev, leur pays devient complice d’un conflit qui n’a rien à voir avec sa sécurité ou ses intérêts nationaux. Mais l’aide militaire britannique pousse le gouvernement ukrainien à envisager une solution militaire.

La Russie ne restera pas passive. Si les accords de Minsk sont annulés, elle aura toutes les raisons de reconnaître les républiques autoproclamées de Lougansk et de Donetsk comme des États indépendants éligibles à des accords de coopération militaire, y compris le stationnement de bases militaires russes sur leur sol, si leurs gouvernements le demandent. Aucun droit international ne serait violé.

Le gouvernement ukrainien exacerbe les tensions parce que le président Petro Porochenko se présente à une réélection en mars 2019, sur la base d’un programme de sécurité nationale, ce qui le pousse à adopter une ligne plus dure sur le sujet de la mer d’Azov. Ceux qui se précipitent pour lui fournir une assistance militaire deviennent complices de son aventurisme, qui pourrait avoir des conséquences désastreuses. Le Royaume-Uni aura la responsabilité d’inciter Kiev à adopter une approche conflictuelle et à transformer la mer d’Azov en une poudrière qui peut exploser à tout moment.

Arkady Savitsky

samedi 24 novembre 2018

Retour de la thalassocratie britannique en Mer Noire


Si Zbigniew Brzeziński, le géostratège étasunien (d'origine ukraino-polonaise) est souvent cité en référence pour expliquer les enjeux que représente l'Ukraine dans la stratégie impérialiste occidentale en Europe, il ne faut pas oublier que ce conseiller spécial de 5 présidents US n'a fait que réactiver à la fin de la guerre froide cette "stratégie du containment" (endiguement) visant à isoler et contrôler la Russie ce "heartland" majeur du Monde. 
Et les origines de cette stratégie d’étouffement économique et militaire de la Russie remontent à la fin du XIXème siècle, lorsque la Grande Bretagne du gouvernement Pitt, thalassocratie du moment voulait empêcher la Russie de Catherine II de la concurrencer sur les routes commerciales vers l'Orient passant par la Méditerranée orientale que la Russie accède par la porte de la Mer Noire.

Cette stratégie britannique russophobe qui provoquera la guerre de Crimée (1853-1856, 700 000  morts) dans laquelle la France a été entraînée, sera ensuite développée par Mackinder puis Mac Kenan qui la baptise de "containment" au moment de la guerre froide. La crise ukrainienne récente, déclenchée avec la révolution orange (2004) puis le coup d'Etat du Maïdan en 2014 montre que les prétentions occidentales sur ce pivot stratégique de l'Europe sont toujours d'actualité et toute la stratégie de préemption de ce plus grand pays européen à cheval sur les blocs eurasiatique et occidental hypocritement présentée comme une ouverture démocratique n'a pour objectif prioritaire que d'intégrer Kiev dans l'OTAN et de militariser l'Ukraine contre Moscou et ce, quelle que soit la nature politique du régime qui y est mis en place par Washington et ses clébards européens.


Cette intégration à l'OTAN, qui est déclarée régulièrement par le pouvoir de Kiev comme un objectif prioritaire de la politique ukrainienne dont tout le monde sait qu'elle est pilotée depuis Washington, et de facto l'OTAN est déjà présente dans ce pays européen devenu une colonie militaire étasunienne. Poltarak, le Ministre ukrainien de la Défense a d'ailleurs affirmé lors de sa rencontre récente avec son homologue britannique, "continuer à réformer le secteur de la défense afin de se conformer aux normes de l'OTAN".

L'armée ukrainienne est désormais partie intégrante des exercices militaires de l'alliance qui s’enchaînent tout au long de l'année chez elle (Sea Breeze, Rapid Trident, Clear Sky, Anaconda etc.), des conseillers et instructeurs militaires occidentaux encadrent et normalisent ses procédures et organisations aux normes de l'alliance, dont les principaux pays membres (USA, Grande Bretagne, Canada et France) livrent matériels équipement et même armements pour la guerre dans le Donbass et malgré leurs engagements dans le processus de Paix signé à Minsk.

La validation politique par l'OTAN de la candidature de l'Ukraine à son intégration confirme l'objectif final de Washington qui est d'avancer plus encore ses bases stratégiques et conventionnelles vers une Russie dont les principaux centres vitaux sont le long de ses frontières occidentales.

Parmi les pays occidentaux engagés dans ce processus de militarisation russophobe de l'Ukraine se trouvent principalement :
  • Les USA bien sûr qui disposent d'une myriade de conseillers et instructeurs militaires, sans compter les forces de renseignement stratégiques, les forces spéciales et les "contractors" qui encadrent et soutiennent l'armée ukrainienne. Dans le cadre de ces "missions d'assistance", des infrastructures militaires étasuniennes devenues permanentes sont aménagées en Ukraine comme sur le "polygone" de Yavoriv (région de Lvov dans l'Ouest ukrainien) ou une unité de 300 militaires étasuniens (chiffre "officiel") forme les unités de combats ukrainiennes engagées sur le front du Donbass.. 
  • Le Canada, ce zélé collaborateur de l'Oncle Sam et de plus soumis à un fort lobby émanant d'une communauté bandériste ukrainienne ayant migré dans le pays à la chute du 3ème Reich, a également déployé plus de 200 militaires (Opération "Unifier") pour former les unités ukrainiennes.
  • La Grande Bretagne, quant à elle a également entamé un programme de formation dès 2015 principalement dans la région de Nikolaiev et essentiellement orienté sur les forces maritimes et les troupes de marine. Parallèlement à cette présence au sol des bâtiments de la Royal Navy viennent régulièrement réaliser des missions en Mer Noire.

Londres ouvre une base navale à Odessa


A la fin de ce mois de novembre Kiev et Londres ont finalisé une augmentation importante de l'engagement des forces britanniques en Ukraine, et cette coopération accrue qui porte sur une assistance auprès des forces navales et forces spéciales ukrainiennes a immédiatement été visible avec l'envoi vers le port d'Odessa du navire hydrographique polyvalent "Echo" de la Royal Navy, avec un équipage de 72 marins 

Ce bâtiment qui a d'ores et déjà reçu un poste d'amarrage permanent dans la base navale  ukrainienne de la Mer Noire sera renforcé par un groupe de frégates modernes de type "Duke" qui sont armées de complexes de missiles anti-navires, d'une puissante artillerie, de torpilles de 324 mm et d'un système de missiles anti-aériens. 

En faisant cela, Londres dépasse d'un seul coup mais avec son accord et même ses ordres les projets militaires étasuniens qui ont lancé le chantier d'un Centre des Opérations maritimes à Ochakov (plus à l'Est d'Odessa) et qu'ils ont promis de livrer ensuite à l'armée ukrainienne (avant d'en reprendre, soyons en sûr, le contrôle dans le cadre de l'OTAN). 

Cette embryon de base navale britannique, qui est une violation de l'article 17 de la Constitution ukrainienne interdisant expressément le déploiement de bases militaires étrangères sur son territoire, est à mettre en perspective de l'escalade des tensions entre Moscou et Londres depuis que les services britanniques ont organisé la farce du Novichok russe pour diaboliser à outrance la Russie. Et dans le cadre de cette nouvelle guerre froide la perfide Albion a rouvert son appétit historique dans la région de la Mer Noire, profitant de l'escalade russo-ukrainienne au sujet de la Mer d'Azov qui la prolonge à l'Est.

C'est ainsi que dans une interview au Daily Telegraph  le Ministre britannique de la défense Gavin Williamson élargissant sans vergogne le conflit de la Mer d'Azov à toute la Mer Noire a récemment déclaré (fin octobre) : "Nous aidons l'Ukraine à défendre notre liberté et notre démocratie (...) La Grande-Bretagne envisage de créer sa propre base navale à Odessa dès 2019 (...) "qui entravera le projet de la Russie de bloquer la mer Noire pour l'Ukraine". Dan la même veine hystérique, le général britannique Mark Carlton-Smith, qui dirige l'état-major du royaume Uni a déclaré que "la Russie était pour les occidentaux une menace plus importante que l'Etat Islamique" (forcément Ducon étant donné qu'ils parrainent ce dernier !)

Pour finir et confirmer cette intention forte de la Grande Bretagne de revenir sur la scène ukrainienne quelques 130 années après la guerre de Crimée, Londres vient d'annoncer qu'elle soutiendra l'Ukraine dans sa lutte contre "l'agression étrangère" en allouant à Kiev une enveloppe financière supplémentaire de 11 millions de livres sterling (environ 14122 000 dollars) au titre du "Fonds pour la prévention des conflits, la promotion de la stabilité et de la sécurité pour 2018-2019".


Et cette ingérence britannique ne risque pas de rester loin du front du Donbass, confinée à des tâches de formation classiques mais rapidement montrer ses tronches de "goddams" sur le front du Donbass comme en ce moment du côté de Artemvosk (Nord de la République de Donetsk) où des membres des SAS spécialistes des armes chimiques ont été repérés avec des forces spéciales ukrainiennes.

A suivre donc et attentivement ce nouveau pas important de l'OTAN vers les frontières russes.

Erwan Castel