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jeudi 17 février 2022

Le front du Donbass se réveille !

Depuis ce matin avant l'aube, les forces ukrainiennes ont
brutalement repris leurs bombardements sur l'ensemble du front

Tandis que les officines politico-médiatiques occidentales nous préparent sans nul doute la Saison 2 de leur fiction "Russian invaders in Ukraine", sur le front du Donbass, la menace bien réelle d'une attaque des forces de Kiev se précise:

Parmi les scénarios possibles de nouvelles opérations offensives dans le Donbass, il en est un de tentant que j'ai essayé de décrire en le nommant "Axe Sud"  et qui consiste pour Kiev a recherché une attaque pour atteindre les frontières russes (objectif militaire, politique et médiatique) le plus rapidement possible avant une potentielle réaction militaire russe; puis de geler les combats à l'ONU et conserver le territoire conquis. 

Or le meilleur secteur pour tenter ce coup de force c'est au Sud de Dokuchaievk (50 km au Sud de Donetsk), car la frontière russe n'est qu'à 30 km, et il n'y a pas de zones urbaines suffisamment importantes pour offrir des "hérissons" de résistance aux forces républicaines.

 Et plusieurs faits récents corroborent le réalité de cette menace :

  • Très forte concentration de groupes tactiques blindés à Volnovakha (qui est une gare logistique militaire), qui ont été renforcés sensiblement au cours des derniers mois,
  • Un premier coup de force a été réalisé dans ce secteur en octobre 2021 avec la capture du village de Novomarievka et le premier engagement d'un drone d'attaque Bayraktar TB2,
  • A plusieurs reprises des chasseurs bombardiers ukrainiens ont été récemment aperçus s'approchant dans ce secteur de la première ligne du front,
  • Enfin hier, plusieurs colonnes de matériels lourds ukrainiens ont été aperçus faisant route vers ce secteur sensible du front Sud de la RPD:

Sur ces vidéos transmises dans l'après midi du 16 février 2022 aux Républiques du Donbass par des habitants de leurs territoires occupés par les forces ukrainiennes, on voit des convois militaires ukrainiens montant vers la première ligne du front, dans le secteur de Volnovakha. 

Ici 3 exemples des convois qui ont été observés le
16 février 2022, montant depuis Mariupol vers le 
front sur le secteurde Volnovakha (voir carte ci aprés)

Le 17 février matin, le front se réveille !


Voici les principaux bombardements ukrainiens subis au cours de cette journée du 17 février par les républiques populaires de Donetsk et Lugansk et qui se poursuivent toujours pour certains en soirée. Liste non exhaustive.
  • 05h32, bombardement ukrainien de Sokolniki (Front de Lugansk) depuis les positions de Kriakovka. 5 obus de mortier 120 mm et 9 obus de SPG-9 (73mm) tirés,
  • 05h35, bombardement ukrainien de Zolotoe 5 (Front de Lugansk) depuis Zolotoe 4, 7 obus de SPG-9 et 32 grenades autopropulsées  AGS-17 tirés, ainsi que des rafales de mitrailleuse lourde,
Les bombardements ukrainiens sur le secteur de 
Zolotoe vont continuer toute la journée du 17 février.
  • 05h38, bombardement ukrainien de Stanitsa Luganskaïa (Front de Lugansk)  depuis les positions de Veselenkoe. 12 obus de mortiers de 82 mm tirés,
  • 05h41, bombardement ukrainien de Nijne Lozovoe (Front de Lugansk) depuis les positions de Luganskoe. 15 obus de mortiers de 120 mm tirés,
  • 05h55, bombardement ukrainien de Kominternovo (Sud de la RPD) depuis les positions de Vodianoe: 2 obus SPG 9 et 20 grenades AGS 17 tirés,
  • 05h57, bombardement ukrainien d'Oktyabr (Sud de la RPD) depuis les positions de Pishchevik.  20 grenades AGS 17 tirées,
  • 06h58, bombardement ukrainien du village de Petrovskoye (45 km Sud Donetsk) depuis les positions de Starognatovka. 8 obus de mortier de 120 mm tirés,
  • 07h42, bombardement ukrainien de Novolaspa (40km Sud Donetsk) depuis les positions de Starognatovka. 12 obus de mortier de 120 mm tirés. 
  • 08h24, bombardement ukrainien de Novolaspa depuis les positions de Starognatovka. 20 grenades AGS 17 tirées,
  • 08h25, mitraillage ukrainien de Yelenovka (20 km Sud Donetsk) depuis les positions de Taramchouk. Mitrailleuses lourdes utilisées,
  • 08h26, mitraillage du village de Signalnoe (20 km Sud Donetsk) depuis les positions de Slabnoe. Mitrailleuses lourdes utilisées,
  • 08h30, bombardement du village minier de Gagarine (Ouest Gorlovka) depuis les positions de Leninskoïe. 16 obus de mortier de 82 mm tirés, 
  • 09h00 - bombardement du village minier d'Isotov (Nord Ouest de Gorlovka) depuis les positions de Majorsk ,16 mines obus de mortier de 82 mm tirés,
  • 09h15, bombardement ukrainien du village minier 6/7 (Nord Ouest Gorlovka) depuis les positions de Majorsk. 29 grenades AGS 17 tirées,
  • 09h32, bombardement ukrainien du village Petrovskoïe depuis les positions de Bogdanovka. 20 grenades AGS 17 tirées.
  • 09h37, bombardement ukrainien du village minier de Trudovsky (Sud Ouest de Donetsk) depuis les positions de Marinka. 8 obus SPG 9 et 19 grenades AGS tirés,
  • 09h50 - bombardement ukrainien du village de Donetskoe, quartier de Mandrynko (Sud Donetsk) depuis les positions de Novomikhailovka, 5 obus de mortier de 82 mm tirés,
  • 10h30, bombardement ukrainien de Nikolaevka (front de Lugansk) depuis les positions de Oljovoe. 15 obus d'artillerie lourde de 122mm tirés, endommageant 4 maisons d'habitations et une usine de production d'huile.
17 fév, dégâts du bombardement de Nikolaevka
  • 10h42, bombardement ukrainien de Novolaspa depuis les positions de Starognatovka: 20 grenades AGS tirées.
  • 10h30, 1er bilan provisoire: la Mission spéciale d'observation de l'OSCE a enregistré 500 explosions le long de la ligne de contact. Environ 30 explosions ont été enregistrées après 11h20 - Chef Chevik de l'OSCE SMM
  • 14h35, un drone ukrainien type quadricoptère, avec des munitions explosives est repéré dans le secteur de Golma (Nord Est Gorlovka),
  • 10h40, tir ukrainien sur le village minier de Gagarine (Ouest Gorlovka) depuis les positions de Chum. 1 missile antichar.
  • 13h15, bombardement ukrainien de Golmoisky (Front Nord Est de Gorlovka) depuis les positions de Gladosovo. 6 obus de mortiers de 82mm tirés,
Au Nord Est de Donetsk, les forces ukrainiennes bombardent 
le secteur de Promka, Gospodar avec des chars de combat.
  • 14h45, bombardement ukrainien de Veseloe (Nord Donetsk secteur aéroport) depuis les positions de Opitnoe. 12 obus de 120 mm tirés,
  • 15h00, Courte accalmie et 2ème bilan provisoire de la journée: Selon les données ouvertes des observateurs du Centre Conjoint de Contrôle et de Coordination du Cessez-le-feu, au minimum 30 bombardements importants ont été enregistrés , frappant 17 districts urbains et villages des républiques populaires de Donetsk et Lugansk. avec notamment l'utilisation de lance-grenades, de mortiers, de systèmes de missiles antichars et d'artillerie lourde. Plusieurs habitations ont été endommagées, à Trudovsky, Nikolaevka, Donetstkoe...
  • 16h00, les bombardements ukrainiens sur le front de Lugansk continuent, obligeant les populations à rester terrées dans leurs caves:
16h00, village de Zolotoe 5 sur le front de
Lugansk (secteur au Nord de Pervomaïsk)
  • 16h00, des échanges de coups de feu reprennent sur le front, dans la banlieue Sud Ouest de Donetsk.
  • 16h40, les bombardements ukrainiens continuent sur le front de Lugansk, au Nord de Stakhanov et Pervomaïsk, les unités de réserve de la République Populaire de Lugansk montent vers les premières lignes.
Lorsque, après une accalmie (qui correspondait aux temps des négociations diplomatiques), des bombardements interviennent ainsi brutalement, sur l'ensemble du front et en même
temps il est exclu qu'ils soient des provocations menées à l'initiative de chefs de secteurs
mais bien un ordre coordonné émanant de l'Etat-Major politico-militaire ukrainien qui a reçu
la veille (comme par hasard) la visite du Président Zelensky pour la "journée de l'Union" !

Bombardements ukrainiens du jeudi 17 février 2022 en journée

Vous voulez savoir pourquoi observe t-on une telle reprise de l'escalade par les ukropithèques ? 

Tout simplement parce que la fable anglo-étasunienne de l'invasion russe imminente de l'Ukraine touche à sa fin et que Washington cherche à tout prix à ce qu'une botte russe avance dans le Donbass pour enfin pouvoir engager ses "sanctions infernales" contre Moscou qui a utiliser l'Ukraine comme un kamikaze.

Et Anthony Blinken cet après midi même l'a bien fait comprendre :
  • "Je viens d'arriver à New York, où je vais m'adresser au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la menace russe à la paix et à la sécurité. Nous cherchons à résoudre cette crise par voie diplomatique, mais nous sommes prêts à imposer des mesures sévères si la Russie envahit davantage l'Ukraine."
Le pantin Zelensky a donc probablement reçu comme mission de faire sortir l'Ours de sa tanière coûte que coûte, en lançant une attaque contre les populations du Donbass, qu'il sait suicidaire, car en cas de nouveau massacre, les forces russes riposteront certainement contre les assassins de Kiev.

Et Blinken a d'ailleurs déjà écrit, pour l'historiographie mondialiste, la version officielle des événements à venir: 
  • "Les forces russes se préparent à lancer bientôt une attaque. Nos informations indiquent clairement que les forces russes, y compris les troupes au sol, les avions et les navires, se préparent à lancer une attaque contre l'Ukraine dans les prochains jours"


A l'arrière du front ukrainien

Les forces ukrainiennes continuent de montrer des signes de préparation pour une offensive, y compris avec des mouvements de matériels qui, si ils sont utilisés contre la population civile risquent très fortement de provoquer une réaction russe diplomatique et militaire très importante :

Dans la ville ukrainienne de Khmelnitsky, les forces armées 
ukrainiennes envoient vers le front du Donbass des systèmes 
de missiles balistiques Tochka-U en configuration de combat 

Le pouvoir psychopathe de Kiev, semble avoir répondu aujourd'hui, une fois encore et très clairement aux demandes des présidents russe, français, allemand... qui lui demandaient encore cette semaine, pour la énième fois de bien vouloir respecter les accords de paix signés à Minsk.

Tandis que les banquiers de la City et de Wall Street, bien à l'abri derrière leurs lointains bureaux se frottent les mains en regardant les prix des matières premières augmenter, les nouvelles sanctions anti-russes arriver au grand galop (car bien sûr ce sera obligatoirement la faute à Poutine si le guerre sort de ses tranchées) 

A suivre...

Erwan Castel

dimanche 31 octobre 2021

Point de situation sur Telmanovo

Depuis le 26 octobre 2021, et malgré une aggravation générale du front militaire du Donbass, c'est le secteur de Telmanovo (à environ 60 km au Sud de Donetsk) qui retient toute l'attention et les inquiétudes et ce pour plusieurs raisons :

1 / La capture de Staromarievka, un village de 180 habitants (dont nombre sont citoyens de la République Populaire de Donetsk et même pour 37 d'entre eux, citoyens de la Fédération de Russie) qui était situé dans la zone démilitarisée ("zone grise") sur la rive gauche de la Kalmius à proximité de Granitnoe (occupé par Kiev).

Une vidéo de propagande ukrainienne tournée à l'entrée Nord 
de Staromarivka, on y voit des membres des forces spéciales, 
identifiables à leurs équipements et fusils d'assaut Malyuk, et
qui sont venus renforcer les soldats de la 93e Brigade mixte.

Si les informations concernant ce village sont imprécises et parfois contradictoires, la situation reste très préoccupante

  • Sur le plan humanitaire (répressions et arrestations des habitants "pro-russes"). différentes sources évoquent des fouilles en règle des habitations suivies d'arrestations (entre trois et plusieurs dizaines). Une loi martiale est appliquée et les résidents doivent rester sur place. 

  • Sur le plan militaire Staromarievka représente une tête de pont ukrainienne sur la rive gauche de la Kalmius, qui n'est qu'à 10 km de Telmanovo et 30 km seulement de la frontière russe, et la présence de civils dans le village rend impossible toute contre attaque massive.  
  • L'intention pour les forces ukrainiennes de rester à Staromarievka est confirmée par le pont immergé pour véhicules jeté par leurs sapeurs en travers de la Kalmius, et que les artilleurs républicains ont réussi a endommager sérieusement, ainsi que la propagande qui est faite autour de cette soit disante "libération de territoire".
Compte rendu du 28 octobre des observations par drone de l'OSCE 
et faisant état de 2 pontons mobiles (l'un pour véhicules l'autre pour 
piétons), traversant la Kalmius entre Granitnoe et Staromarievka.


2 / L'emploi opérationnel du drone d'attaque Bayraktar TB2 de fabrication turque ce 26 octobre sur le secteur et qui réinstalle une dimension aérienne offensive réelle dans ce conflit où elle avait disparue depuis 6 ans (hormis les petits drones d'observation bricolés de très courte portée).

Une autre vidéo de propagande ukrainienne diffusée quelques heures
seulement après la première attaque d'un Bayraktar TB2 sur le front du
Donbass. On y voit un obusier tracté républicain de 122mm (D30) touché
par un missile air-sol, sous l'œil d'un drone d'observation ukrainien.

 

Forte de cette 1ère utilisation réussie (un obusier républicain de 122mm détruit) du Bayraktar sur le front du Donbass (qui confirme l'efficacité décisive de ce système d'armes observée pendant la guerre dans le Haut Karabagh) et de son arsenal opérationnel (au minimum 12 unités), l'armée ukrainienne est donc en mesure de réaliser des frappes aériennes très précises, sur des objectifs du front en restant du côté ukrainien et à haute altitude (5000 m)... sauf si les parrains occidentaux de Kiev et cosignataires des accords de Minsk forcent Zelensky à respecter le clauses du traité (ce qu'ils n'ont jamais fait depuis 7 années de violations ukrainiennes du cessez le feu).

 

3 / Le bombardement dans la profondeur de localités civiles républicaines, principalement Telmanovo (environ 4000 habitants) qui est à plus de 10 km du front, ce qui constitue également un changement radical, les attaques ayant été confinées depuis février 2015 (Minsk 2) qu'à la ligne de front enterrée depuis 6 ans.

 

La nature sporadique des bombardements ukrainiens effectués dans la profondeur laisse à penser que leur objectif est avant de faire fuir les habitants d'un secteur, pour dégager un corridor prévu pour une offensive à venir. Et les bombardements ukrainiens réalisés sur d'autres localités du secteur comme Novamarivka par exemple, confirmerait cette hypothèse, d'autant plus que cette région présente tous les avantages stratégiques pour une offensive éclair potentielle (que j'ai baptisé depuis 2017 "Axe Sud")  :

  • Paysage plat et très faiblement urbanisé (donc minimum de dommages collatéraux), propice aux assauts blindés et aéroterrestres et loin des villes importantes où sont concentrés les moyens anti aériens, les bases logistiques et forces de réserve. 

  • Proximité immédiate des frontières avec la Russie (30 km) qui permettrait de reprendre le contrôle d'un ou plusieurs postes frontières et de couper en deux le territoire militaire de la République Populaire de Donetsk (si la Russie n'intervient pas immédiatement).

Depuis le 26 octobre les ukrainiens continuent de bombarder cette zone du front qui depuis les accords de Minsk avait été relativement épargnée : localités civiles mais aussi positions défensives républicaines sont désormais sous le feu quotidien des forces de Kiev :

Le 30 octobre, le village de Novomarievka a été bombardé par les forces ukrainiennes, qui ont causé de nombreux dommages sur les habitations et détruits les transformateurs, privant ainsi les habitants d'électricité.


Reportage dans le village bombardé de Novomarievka
Sur le flanc Ouest de ce secteur, les positions républicaines défendant la rive gauche de la Kalmius sont elles aussi quotidiennement sous le feu de l'artillerie lourde ukrainienne.

A noter également comme indice significatif d'un retour ukrainien à une stratégie offensive radicale, la réutilisation de lance roquettes multiples sur le front, en l'occurrence ici des systèmes d'armes BM27 "Uragan" dont une des roquettes de 220mm non explosée a même été signalée par une patrouille de l'OSCE le 27 octobre, à environ 2 km à l'est au nord-est de Staromaryevka sur la route T05120 menant à Telmanovo :

Roquette ukrainienne de 220mm non explosée sur la route entre Staromarevka et Telmanovo


Ailleurs sur le front Sud :

Sur ce front Sud de la République Populaire de Donetsk, d'autres actions militaires ukrainiennes peuvent être raccordées aux opérations menées par Kiev sur le secteur de Telmanovo depuis le 26 du mois :

A 30 kilomètres plus au Nord, les forces ukrainiennes redoublent d'efforts sur le secteur 
de Dokuchaievsk qui est la localité la plus importante contrôlant l'axe logistique vers le front Sud, 
et il est évident qu'en cas d'offensive au Sud  les forces ukrainiennes chercheront aussi à couper 
cette route directe reliant Donetsk à Novoazovsk via Dokuchaievsk et Telmanovo.

Si la ville de Dokuchaievsk a l'avantage d'être un bastion urbain protégé par des terrils miniers aujourd'hui fortifiés derrière lesquels passe la route menant à Telmanovo et Novoazovsk, en revanche, cette dernière longe de près la ligne de front dans le secteur de Styla, un petit village au Sud de la ville. Dans cette zone marquée par une dépression de relief, les ukrainiens ont mené également des actions offensives contre les postes avancés républicains défendant le flanc Sud de Dokuchaievsk et cet route logistique.

Bombardement ukrainien de positions défensives républicaines 
sur le front au Sud de Dokuchaievsk, le 28 octobre 2021, dans
le secteur entre Styla et Viktorovka. 

Localisation du bombardement ukrainien :




En conclusion, Kiev, qui a le soutien inconditionnel des occidentaux semble décider à "pousser le bouchon un peu plus loin" dans ses provocations et actions offensives, observant plutôt vers l'Est les réactions qui pourraient venir de Moscou, notamment vis à vis des citoyens du Donbass ayant obtenu le passeport russe (d'où l'opération menée à Staromarievka) et dont une situation périlleuse pourrait justifier une action plus concrète de la part de la Russie.

Erwan Castel



jeudi 28 octobre 2021

Le jeu décomplexé de Kiev


Ce 26 octobre, dans la guerre du Donbass, Kiev a franchi une nouvelle étape : 

En investissant un village important située dans la zone grise près de Granitnoe (front Sud  de la République Populaire de Donetsk) et dont 1/4 de la population est citoyenne de la Fédération de Russie.

En engageant pour la première fois un des drones d'attaque Bayraktar TB2 de fabrication turque, rouvrant ainsi une dimension aérienne officielle dans cette guerre où les aéronefs de combat ukrainiens avaient disparu depuis 2014.

En bombardant une localité civile, Telmanovo, pourtant située à 10 kilomètres à l'arrière du front, sur la route reliant Donetsk à Novoazovsk. 

Tandis que Moscou a engagé une procédure pénale internationale contre Kiev, légitimée par la présence de détenteurs de passeports russes parmi les populations civiles de ce secteur de Telmanovo visé par les "ukrops" (par exemple 1/3 des habitants de Staromarivka), le commandement des forces combinées ukrainiennes continue a agiter de ses unités d'assaut vers le front : 

1 / de nombreuses unités d'artillerie ukrainiennes sont en cours de déploiement vers le front de Donetsk, comme le signalent des habitants de Artemvosk, Slaviansk, Dnipropetrovsk...

 


2 / un nouveau drone d'attaque Bayraktar TB2 a été répéré dans la soirée du 26 se déplaçant vers le front Sud de la,République Populaire de Donetsk

Ces événements, que les plus optimistes analysent comme étant juste un test opérationnel du drone d'attaque fourni par Ankara, ont provoqué la mise en alerte maximale des forces de défense républicaines. 

En effet, le retour de la dimension aérienne ukrainienne marque une violation nouvelle, majeure et décomplexée de la part de Kiev qui invite à penser qu'elle peut se répéter probablement et rapidement, ou préfigurer des opérations terrestres plus importantes.

Erwan Castel

mardi 26 octobre 2021

Escalade militaire majeure dans le Donbass

Sur le front Sud de la République Populaire de Donetsk, les forces ukrainienne ont opéré une attaque majeure au cours
de laquelle un village de la zone grise (no mans land) a été capturé, une petite ville (Telmanovo) à 10 km à l'arrière du front
a été bombardée et un drone d'attaque Bayraktar TB2 (de fabrication turque) a été utilisé pour la première fois.

Situation au 26 octobre 2021

Depuis plusieurs jours, les forces ukrainiennes ont amorcé une nouvelle escalade militaire sur le front du Donbass, provoquant dans leurs bombardements de nouvelles destructions importantes, matuant et blessant plusieurs soldats de la République Populaire de Donetsk et blessant 3 civils dont une fillette de 11 ans. 

MAIS aujourd'hui, Kiev a poussé cette nouvelle escalade bien au delà des limites habituelles de ses précédentes et régulières provocations !

Localisation du village de Staromarivka, situé le long de la rivière Kalmius (qui correspond dans ce secteur à la ligne de démarcation du front) et dans la zone grise (théoriquement démilitarisée).
Au Nord, sur la rive droite, la petite ville de Granitnoe (du côté occupé par les ukrainiens).

Les forces ukrainiennes ont mené des attaques violentes sur ce front Sud de la République entre Volnovakha (côté ukrainien) et Telmanovo (côté républicain) qui est selon moi le meilleur corridor potentiel pour une offensive ukrainienne rapide avec un minimum de pertes civiles et militaires

Bombardement ukrainien du village de Haroche

Aujourd'hui les "ukrops" ont mené une série d'attaques à la fois sur le secteur de Staromarivka, un village situé dans la "zone grise" (no man's land) près de Granitoe dans l'intention de l'occuper, et sur Telmanovo, la proche ville républicaine située sur la route Donetsk/Novoazovsk qui a été bombardée avec des obusiers lourds de 122mm.

Renforts de chars républicains, en provenance des dépôts où ils 
étaient mis en retrait conformément aux accords de Minsk 

Aussitôt, les forces républicaines ont riposté avec des tirs de contre batterie et le déploiement vers l`avant de ce secteur d`unités blindées qui étaient en retrait du front (conformément aux accords de Minsk). Contrairement aux provocations précédentes l'escalade s'est poursuivie, les tirs ukrainiens frappant même des quartiers résidentiels de Telmanovo.

Au cours du duel d'artillerie qui a suivi le bombardement initial ukrainien, les forces ukrainiennes auraient utilisé pour la première fois un drone d'attaque de fabrication turque Bayraktar TB2 pour détruire un obusier républicain de 122mm. L'attaque aurait été menée dans les limites maximales de la portée du missile antichar (env 5000 m d'altitude et 15 km de distance) 

Vidéo ukrainienne montrant la destruction d'un obusier républicain 
de122mm D30 par un missile tiré du drone Bayraktar TB2 engagé 
ce 26 octobre sur le front de Telmanovo. La vidéo, trop verticale a
du être prise avec un deuxième drone d'observation 

Si cette attaque aérienne est confirmée (comme nous le laisse à penser cette vidéo diffusée sur les réseaux ukrainiens), cela constituerait une escalade majeure dans la confrontation entre les forces de Kiev et les forces républicaines. A rappeler ici que Kiev dispose au minium de 12 unités opérationnelles de ce drone d'attaque turc. 

Ailleurs sur le front, sont observées d'autres provocations ukrainiennes, notamment sur la piste Bakhmutka (République de Lugansk), sur l'arc Svetlodarsk et sur le front de Gorlovka (Nord de la République de Donetsk).

Maison civile (annexe de la maison de retraite) détruite par les tirs ukrainiens à Yakolevka
Sur le front au Nord de Donetsk, (secteur de Yasinovataya)

Même si, au soir de ce 26 octobre, la ligne de front n'a pas bougé la situation reste très tendue et à suivre attentivement. 

Erwan Castel

samedi 1 décembre 2018

Armée ukrainienne sur les starting-blocks


Une nouvelle alerte pour le secteur Sud du front du Donbass vient d'être lancée par les services de renseignement de la République Populaire de Donetsk (avec certainement ceux de la Fédération de Russie qui surveillent attentivement ce front). 

Des unités ukrainiennes déployées dans le secteur de Mariupol, au Sud de la RPD se sont regroupées pour constituer un groupe d'assaut blindé important. Il s'agit principalement de la 79ème brigade d'assaut motorisée, de la 36ème brigade d'infanterie de marine et de la 128ème brigade d'assaut de montagne. 

Encore une énième menace d'offensive imminente de Kiev me direz-vous ,telle que celles qui sonnent régulièrement l'alarme sur ce front du Donbass depuis l'été 2015. Peut-être, mais aussi peut-être pas car un contexte complètement différent exacerbe aujourd'hui la menace et fait plus que jamais de la ligne de front du Donbass un fil prêt à rompre à tout moment :


1 / Tout d'abord l'incident du détroit de Kertch provoquée par Kiev (forçant les grades frontières russes à user de la force pour stopper une intrusion illégale de navires militaires ukrainiens dans leurs eaux territoriales) a mis en place des conditions internationales et nationales favorisant un coup de force dans le Donbass :
  • Porochenko en victimisant l'Ukraine auprès d'une "communauté internationale"  en quête de prétextes russophobes bellicistes fabrique une situation de légitime défense.
  • La loi martiale qui a été décrétée dans la zone du Donbass occupée par l'armée ukrainienne, autorisant mobilisation militaire et neutralisation de la population civile. 
  • Porochenko a dit qu'il n'attaquerait pas la Russie (donc la Crimée) mais cette dernière absente du Donbass, ce dernier n'est pas à l'abri d'une nouvelle provocation de Kiev.
  • Kiev a achevé la préparation de l'offensive, déploiement, réquisition des services (transports, hôpitaux etc), et transfert de la Garde Nationale au Ministère la défense. 
  • Une offensive dans le Donbass avec un gain, même minime, de terrain donnerait au candidat Porochenko du crédit et mobiliserait à nouveau les nationalistes sur le front.

2 / Les forces républicaines, avec la multiplication des zones de contact consécutives à l'invasion de la zone grise, ont été obligées depuis 3 ans de renforcer considérablement les postions défensives de la première ligne avec des effectifs et des rotations prises dans des forces de réserve dédiées aux contre-attaques de deuxième ligne. Pendant ce temps là les forces ukrainiennes ont augmenté leurs effectifs et capacités opérationnelles, restaurant même une partie de leur aviation de combat.

Il y a donc pour Kiev, une "fenêtre de tir" de 1 mois pour tenter un coup de force militaire dans le Donbass. L’exécution de cette menace est cette fois encouragée par une crise internationale russophobe majeure, une loi martiale en Ukraine, une préparation militaire maximale, une opportunité politique électoraliste, des conditions météos encore favorables etc.

Mais Kiev ne peut se permettre de réaliser une offensive coûteuse en pertes financières militaires et surtout civiles et de plus longue dans son déroulement, car cela pourrait rendre sa décision impopulaire et surtout reproduire les scénarios de 2014-2015 où les unités et la logistique militaire ukrainiennes avaient perdu les batailles des chaudrons d'Iliovaisk, Debalsevo etc... Donc, les scénarios d'une attaque directe en zone urbaine ou d'une offensive générale sur l'ensemble du front sont à exclure, de même qu'une offensive avec des objectifs lointains.

Et n'en déplaise aux propagandistes français de DONI press qui en oubliant que la base du combat est de "ne jamais sous évaluer son adversaire" ne cessent, dans leur inaptitude pathétique, de sous-évaluer de façon caricaturale et manichéenne les capacités militaires de Kiev, ces dernières sont largement suffisantes pour réaliser un coup de force militaro-politique limitée dans l'espace et le temps. 
En effet, si les forces ukrainiennes prouvent chaque jour leur manque de combativité par rapport aux républicains, force est de constater qu'elles ont toutefois pu réaliser une modernisation de leurs capacités opérationnelles laissées à l'abandon depuis l'indépendance du pays et compensent leur faiblesse morale par une supériorité numérique évidente qui est de l'ordre de 5 contre 1, ce qui leur donne un avantage dans le scénario d'une offensive brutale et non urbaine.


Idéalement, il faut pour Kiev réaliser une offensive de type "Blitzkrieg" (guerre éclair), c'est à un assaut blindé brutal localisé et limité dans le temps, appuyé par de l'artillerie mobile et de l'aviation de bombardement, et qui dans le contexte géopolitique et international du Donbass serait figé par une résolution diplomatique qu'on pourra appeler Minsk 3, si la Russie refuse de prendre le risque de déclencher une internationalisation du conflit en offrant aux forces républicaines un appui vital sans lequel elles ne pourront pas repousser l'agresseur.

Dans cet hypothèse stratégique nous risquons de voir se réaliser l'hypothèse que j'ai développé depuis 2015 et nommé "l"axe Sud" et qui dans le déroulement des 3 phases classiques du combat (Fixer, Déborder, Attaquer) pourrait se dérouler ainsi.
  • Dans un premier temps opérations offensives au Nord et au Sud de l'axe prévu pour l'offensive, destiné à "fixer" les forces de défense républicaines, et faire fuir le maximum de civils des zones bombardées pour mobiliser les ressources des Républiques et encombrer les réseaux logistiques et de communication. La préparation à cette phase a peut-être déjà commencé depuis plusieurs jours dans le secteur de Gorlovka (au Nord) avec des pressions offensives importantes et une menace d'attaque chimique. Cette phase initiale sera complétée par des sabotages, voire des bombardements de sites et objectifs logistiques à l'arrière du front (dépôts mais aussi ponts, carrefours...) Cela est possible comme l'a démontré la destruction d'un pont réalisé à l'arrière du front cette année entre Donetsk et Lugansk. Les voies routières et ferrées utilisées pour les déplacements des unités et de logistique seront également soit visées soit soumises à une encombrement du à l'exode civil provoqué. Dans le secteur Sud déjà sous grande pression une offensive limitée en direction de Novoazovsk (mais sans forcément chercher à l'atteindre) mobilisera rapidement tous les moyens de défense.
  • Puis un rapide mouvement offensif sera lancé pour briser la ligne de défense dans une zone éloignée, non activée et dénuée de poches de résistance urbaines incontournables. Là il s'agira pour Kiev de gagner rapidement du terrain dans un couloir suffisamment large et défendu pour éviter les chaudrons et si possible jusqu'à la frontière avec la Russie pour couper en 2 les forces républicaines et déclencher à nouveau une crise internationale. Or le secteur du front qui est le plus propice pour réaliser cette "Blitzkrieg" est celui de Volnovakha, qui est un gros carrefour logistique routier et ferroviaire situé à seulement 100 km des frontières russes et où les ukrainiens ont déployé une importante force blindée, aérienne et logistique qui peut très rapidement être renforcée.
  • Parallèlement à cette "blitzkrieg", une stratégie politico-diplomatique sera organisée par Kiev, et ses mentors et alliés occidentaux pour engager une intervention internationale diplomatique pour stopper les combats... et donc tenter de neutraliser une intervention russe potentielle tout en verrouillant l'avancée réalisée par l'armée ukrainienne. Ceci est loin d'être un pari irréalisable pour Kiev et on a vu lors des précédentes poussées offensives de son armée, transformant la "zone grise" (zone démilitarisée entre les lignes bélligérantes), que jamais elle n'a été sommée de libérer le terrain capturé. En outre le provocation de Ketch a permis à Kiev de tester le soutien partial des occidentaux à ces initiatives militaires contre la Russie, et d'augmenter les tensions contre la Russie.
Bref, du côté ukrainien les feux pour une offensive sont passés quasiment tous au vert à l'exception de ceux de Washington et surtout de l'OTAN, car sans leurs soutiens politiques et militaires inconditionnels, l'Ukraine risque de perdre à coup sûr ce quitte ou double qu'elle s’apprête peut-être à jouer dans les prochains jours.

La Russie acceptera t-elle de relever le défi de la 3ème guerre Mondiale dans le Donbass ou alors ce dernier sera t-il sacrifié au profit d'un prolongement éphémère d'une paix en Mer Noire et dans le monde ? 

C'est là toute la question et Kiev avec ses complices occidentaux s'appètent à parier dessus.

Personnellement je pense que Moscou, dans un attentisme diplomatique et militaire tétu cherchant à laisser à tout prix une chance à la paix, en laissant l'OTAN avancer jusqu'à ses frontières et son pays être isolé et fragilisé par des sanctions économiques exponentielles et sans fin,.a reculé aujourd'hui jusque "dans les  les cordes". Poutine avait prévenu lors du forum de 2015 à Valdaï : « Si la bagarre s’avère inévitable, il faut frapper le premier », et je pense que la réponse musclée des forces russes à la provocation de Kertch sont également un avertissement russe clair aux occidentaux et à leur larbin ukrainien qui jouent depuis trop longtemps avec la patience de l'Ours.

Erwan Castel

Article source : Dan news

vendredi 18 mai 2018

Kiev veut faire craquer le front !


Kiev l'avait annoncé début mai au moment de la mise en oeuvre de la loi de réintégration du Donbass que ses forces interarmes engageraient une stratégie de conquête progressive des territoires des Républiques de Donetsk et Lugansk. 

Après avoir pendant plus de 2 ans grignoté la "zone grise" tactique désignée par leur propre état major de "sauts de crapaud", les forces ukrainiennes qui étaient arrivées aux contactes des avants postes républicains ont décidé d'augmenter depuis quelques jours leurs reconnaissances offensives pour emporter quelques succès tactiques localisés même au prix de pertes très importantes.

Ainsi les ukrops après plusieurs tentatives d'assauts réalisées sur la couronne Nord de Gorlovka (Nord de la République de Donetsk) ont-ils réussi à s'emparer temporairement du petit village de Yuzhnaya qui devait être repris dans la journée par les forces républicaines.

Cette action sur Gorlovka s'inscrit dans le cadre d'une pression générale effectuée dans ce secteur Nord de la République par Kiev, à coup de bombardements répétés et de reconnaissance offensive diverses. Au cours de ces attaques plusieurs civiles ont été tués et blessés (1 tué et 8 blessés) dans les zones résidentielles proches de la ligne de front, des soldats républicains également sont tombés en défendant leurs positions ou en contre attaquant. Mais c'est du côté des assaillants ukrainiens que sont observés les plus de pertes au combat évaluées à plus d'une vingtaine de soldats ukrainiens :
  • Le 12 mai la tentative de prendre une hauteur sur le front de Gorlovka (Mine Lujnaya) s'est soldé par un échec initial causant la perte de minimum 14 soldats ukrainiens (9 tués et 5 blessés) suivi d'un encerclement de 2 jours au cours duquel les unités de Kiev ont eu encore 5 morts et 3 blessés supplémentaires.
Les forces républicaines ont du également procéder depuis plusieurs jours à des tirs de riposte sur certaines positions ukrainiennes responsables des dernières attaques et repérées. 
Pendant cette période d'escalade des tensions, la Brigade Piatnashka a perdu son Chef de bataillon "Mamaï" tué sur Promka dans la soirée du 17 mai par un bombardement ukrainien au lance grenades automatiques, et ce matin une équipe d'appui de l'unité a réalisé un tir sur les positions d'où les tirs meurtriers ont été donné.
  • Ailleurs, à Gorlovka ou dans le Sud de la Répubique d'autres tirs de riposte ont été réalisés occasionnant des pertes ukrainiennes importantes estimées à 10 tués et plusieurs blessés minimum.
Et les bombardements de Kiev continuent en ce moment sur ce secteur de Gorlovka, mais aussi dans le sud de la république où dans le secteur de Sahanka et Shirokino se multiplient également des bombardements et attaques éphémères ukrainiennes.


Front Nord de la république de Donetsk, secteur du village de Leninskoe 

Devant cette brutale augmentation des combats et des pertes sur le front du Donbass Alexander Hug l'adjoint de la mission de l'OSCE en Ukraine est venu en urgence faire une évaluation de la situation et rencontrer les parties belligérantes pour tenter d'apaiser les tensions.

Malgré l'aggravation brutale de la situation et les pertes sensibles enregistrées de chaque côté du front, force est de constater que Kiev n'a pas engagé une offensive majeure en lui sacrifiant du temps et des moyens importants. Par ailleurs la discontinuité des secteurs visés par Kiev, aux antipodes l'un de l'autre, en plus du manque de moyens et de profondeur de ce attaques accréditeraient l'hypothèse stratégique développée depuis 2015 et nommée "Axe Sud" et sur laquelle s'est greffé depuis le fantasme de Kiev de voir déployés des casques bleus sur le front qui lui remettraient tranquillement les clefs du Donbass.



Schématiquement nous aurions donc autour de l'hypothèse d'une percée ukrainienne du front au plus des frontières russes :
  1. FIXER les forces républicaines par des attaques éloignées menaçant des centres névralgiques (carrefours logistiques comme Debalsevo ou villes comme Gorlovka Novoazovsk)
  2. FAIRE FUIR LA POPULATION des villes par des bombardements sur des zones résidentielles dont l'exode sur les quelques routes provoquerait un ralentissement logistique
  3. DÉBORDER le dispositif de défense en projetant rapidement des moyens d'assauts importants dans un secteur resté calme (comme le secteur de Volnovakha) 
  4. ATTAQUER par une stratégie de "guerre éclair" dans une zone ouverte et peu urbanisée permettant l'emploi aisé de l'artillerie et même de l’aviation de combat  et en évitant au maximum les combats en zone urbaine coûteux en hommes, pertes civiles collatérales, temps et logistique.

C'est à ce moment là que Kiev espère pouvoir forcer le déploiement sur le terrain d'une force d'interposition de casques bleus qui protégerait leurs éventuelles avancées territoriales et engagerait un processus de restitution par force interposée des territoires de Donetsk et Lugansk (Porochenko a le droit de réver !)

Les prochains jours, particulièrement tendus à cause de l'opportunité offerte par la coupe du Monde de football en Russie vont nous confirmer ou nous infirmer cette hypothèse stratégique.

Erwan Castel

vendredi 21 avril 2017

Risque d'offensive ukrainienne...

Nouvelle alerte d'offensive dans le Sud


Les services de renseignements de la République populaire de Donetsk ont recueilli plusieurs informations émanant de l'Etat Major des forces ukrainiennes d'Odessa selon lesquelles Kiev s’apprêterait à lancer prochainement une nouvelle offensive sur le front du Donbass...

Cette alerte n'est ni la première ni la dernière que vivent les forces de défense républicaines déployées depuis 3 ans sur ,plus de 300 km de front entre la Mer d'Azov au Sud et Lugansk au Nord. En effet, régulièrement des menaces d'offensive que confirment d'importants déploiements d'unités d'assaut de l'ATO ("Opération Spéciale Anti Terroriste" déclenchée il y a 3 ans par les putschistes du Maïdan contre les russophones de Novorossiya) brisent régulièrement la monotonie d'une guerre de position enlisée dans des centaines de kilomètres de tranchées resurgis du passé...

Attention, offensive de printemps, d'été, d'automne, voire d'hiver, les alertes sur le front du Donbass se multiplient sans cesse à intervalles réguliers depuis plus de 2 ans, rappelant étrangement ce conte d'Esope du jeune berger qui criait "au loup" inutilement jusqu'à lasser les villageois qui par la suite n'ont pas bougé lorsque le danger réel survint...

... Et pourtant, cette offensive ukrainienne est de toute évidence inévitable tant sur le plan politique, militaire, qu'économique, car le régime de Kiev, qui est aujourd'hui coincé dans ses propres tranchées, ne peut pas plus abandonner ses positions sans rendre aux Républiques les territoires occupés par son armée que continuer à entretenir une force de 100 000 hommes indéfiniment...

Le moment "du quitte ou double" approche inexorablement pour Porochenko, et les occidentaux qui savent qu'un abandon militaro-politique du Donbass signera l'arrêt de mort du régime qu'ils ont créé dans la matrice du Maïdan ne peuvent se permettre de risquer un retour de toute l'Ukraine dans le giron russe. Vraisemblablement ils soutiendront toute action même la plus suicidaire qui aidera à l'avancée de l'OTAN vers les frontières russes.

Sur le plan stratégique cette alerte d'offensive dont les risques de concrétisation sont plus grands que les précédentes, concerne le front Sud de la République de Donetsk, confirmant une hypothèse que j'ai développé depuis plus 1 an d'une attaque sur un "axe Sud" dans le secteur de Volnovakha - Telmanovo. 


En effet, dans ce secteur proche de la frontière russe que Kiev veut contrôler, la ligne de front est étiré sur un terrain faiblement urbanisé et propice à une offensive blindée appuyée par une artillerie mobile et même l'aviation. Si l'armée ukrainienne arrive à atteindre des postes frontières et à en prendre le contrôle, elle coupera une voie logistique importante de Donetsk et isolera les forces républicaines déployées au Sud face à Mariupol.

Cette hypothèse même très risquée (surtout avec l'inconnue d'une réaction russe) reste la seule attaque majeure à la portée de l'Etat major ukrainien car ses réserves stratégiques ne lui permettent pas une offensive prolongée et le niveau moral des troupes exclut toute forme d'assaut terrestre en zone urbaine...

Dans l'article ci après est décrit ce que pourrait-être le déroulement d'activation de cette offensive qui ne l'oublions pas se déroulerait sur fond d'accords de Minsk qui devront préalablement être présentés comme violés par les forces républicaines, pour justifier l'assaut ukrainien...

Que ce soit pour ce mois ci ou pour dans 3 mois, ce scénario est certainement le plus plausible que Kiev tentera pour sortir de l'enlisement militaire et diplomatique dans lequel les occidentaux l'ont précipité...

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya


Source de l'article : Novorossiya Today


Danger imminent d’offensive des forces ukrainiennes 
sur l’axe de Marioupol

20 avril 2017

Les forces du régime kiévien continuent l’escalade du conflit en violation des accords de Minsk et multiplient des provocations tout le long de la ligne de contact avec l’armée républicaine.

Selon une source à l’état-major de l’unité А0456 basée à Odessa, le commandement des FAU prépare la reprise des hostilités à l’approche des fêtes du mois de mai dans les régions de Volnovakha et de Novoazovsk. Suivant ce plan, le 23-24 avril prochains, un groupe d’action en profondeur sera envoyé dans la zone du village de Chirokino près de Marioupol avec des véhicules banalisés équipés de mortiers pour effectuer des tirs contre de fausses cibles et provoquer une riposte des forces de la DNR. Le cas échéant, elle servira de prétexte à une offensive à grande échelle ayant pour but de reprendre sous contrôle ukrainien l’intégralité du territoire de la DNR.

Pour préparer l’opinion publique à cette offensive, les politiciens ukrainiens durcissent leur ton dans les médias. Notamment, le secrétaire du Conseil de la sécurité nationale de l’Ukraine Alexandre Tourtchinov a déclaré récemment que l’armée ukrainienne poursuivait son avancée vers la frontière avec la Russie, tandis que le ministre de la Défense Stépan Poltorak parle du renforcement permanent du dispositif de char et annonce son intention d’envoyer jusqu’à une vingtaine de chars en zone de l’ATO.

Peu de temps après le retrait des troupes dans la région de Lougansk, le président Porochenko a informé que celles-ci restent toujours en état d’alerte maximale et peuvent être redéployées immédiatement.

En parallèle, l’armée ukrainienne procède d’urgence à une rotation de ses effectifs et continue leur perfectionnement avec l’aide des instructeurs de l’OTAN.

Au vu de tous ces préparatifs, une question légitime se pose sur la capacité de Kiev à régler le conflit dans le Donbass par une voie diplomatique. On s’aperçoit au contraire que le gouvernement ukrainien vise à déclencher une vraie guerre au Sud-Est du pays en prenant soin de trouver un prétexte pour accuser les jeunes républiques populaires de violer les Accords de Minsk. L’offensive ukrainienne pourrait être lancée la veille de la réunion du groupe de contact trilatéral à Minsk, programmée selon le porte-parole de l’OSCE Martin Sajdik le 26 avril prochain.



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S'il vous plaît, pour m'aider dans le travail de réinformation et l'aide engagée auprès des pauvres de mon quartier 

Si l'argent est le nerf de la guerre il est malheureusement également aussi celui de la réinformation pour laquelle j'ai décidé de me consacrer seul et à plein temps malgré une absence actuelle de revenus et une censure de mon travail par les agences de presse occidentales collabos ... et locales, obsédées par la recherche du monopole de l'information.

J'ai encore réduits mes besoins de subsistance à leur portion congrue (8 000 roubles par mois (150 euros au taux de change local) pour pouvoir aider plus encore des personnes isolées et des familles de mon quartier. 

Merci d'envoyer vos contributions de soutien sur le compte référencé ci après à partir duquel sont envoyés des virements vers le Donbass

Observation : la plus petite somme (équivalent à celle d'un paquet de cigarette) est la bienvenue et vitale ici.

En vous remerciant par avance de votre soutien moral et matériel 

Bien à vous 
Erwan