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jeudi 1 septembre 2022

L'eurasisme de Douguine est incompatible avec le nationalisme

Depuis l'assassinat odieux de Daria Douguine le 20 août dernier dans un attentat terroriste ukrainien, sa mémoire est tout aussi odieusement parasitée par les tentatives d'instrumentalisation de la pensée du philosophe Alexandre Douguine, dont elle était la fille mais aussi l'héritière intellectuelle et spirituelle.

Et l'opinion publique occidentale, dont la bipolarité est exacerbée par le conflit russo-ukrainien, parle une fois de plus sans savoir, juge sans connaître ni même respecter la mort de cette jeune femme assassinée pour ses idées et la douleur de son père et ses proches et pour certains insectes mondialistes, jusqu'à se réjouir ignominieusement de son martyr. 

D'un côté, on observe les thuriféraires des démocraties dites "droitdelhommistes" accuser la pensée eurasiste, et Douguine son chef de file, être l'expression d'un nationalisme radical russe cherchant à détruire les autres, et de l'autre côté, on observe des courtisans pro-russes tenter de récupérer la pensée de Daria et de son père au profit de leur nationalisme centralisateur malgré qu'il soit complètement en opposition avec la réalité de la Fédération de Russie, l'idée d'Empire défendue l'Eurasisme, et en totale incohérence avec leurs propres soutiens narcissiques à l'irrédentisme de la Novorossiya. 

Voici une mise au point d'Alain de Benoist, philosophe et ami d'Alexandre Douguine, (lui aussi calomnié régulièrement par la bien-pensance) concernant ce détournement de la pensée eurasiste soit par une "reductio ad hitlerum" cherchant à la stigmatiser soit par une récupération nationaliste hérétique.

Force est de constater que la majorité des conflits trouvent leur terreau dans ces étrons de l'Histoire que sont ces pays aux frontières artificielles et aux pouvoirs communautaro-centrés méprisant les communautés naturelles pour mieux domestiquer leurs populations et les asservir aux intérêts élitistes des états-nations (qui ne sont que les marchepieds du mondialisme). Face à cette réalité esclavagiste et mortifère, seule "l'idée d'empire" peut s'opposer à "l'impérialisme" de toute forme de pensée unique, et proposer des chemins métapolitiques viables, à condition que les prétendus antimondialiste, au lieu d'entretenir un manichéisme de la pensée, acceptent d'abandonner leurs certitudes obsolètes, leurs arrogances identitaires, leurs prétentions intellectuelles (qui ont toutes contribué au chaos actuel) pour construire enfin un monde multipolaire et équilibré.

J'invite tous ces fondamentalistes mondialistes ou nationalistes à lire, et surtout comprendre le cheminement de pensée d'Alexandre Douguine, avant que de vouloir stigmatiser ou  accaparer sa pensée eurasiste. au profit de leurs médiocres fantasmes idéologiques.

Erwan Castel

Source de l'article: Front Populaire

Alain de Benoist : 
« L'eurasisme de Douguine est incompatible avec le nationalisme »

ENTRETIEN. Les médias français s’intéressent depuis quelques jours à Alexandre Douguine, idéologue réputé proche de Vladimir Poutine. Après une étude critique de Pierre-André Taguieff, nous publions un entretien d’Alain de Benoist, qui a côtoyé Alexandre Douguine.

Front Populaire : Vous avez déjà rencontré Alexandre Douguine. Pouvez-vous nous expliquer qui il est, notamment sur le plan intellectuel ? Quelles sont ses idées, ses influences philosophiques et politiques, etc. ?

Alain de Benoist : Alexandre Douguine, que je connais depuis plus de trente ans, est un théoricien de l’eurasisme. Ce courant de pensée est apparu dans les années 1920, tant dans les milieux de l’émigration russe (les « Russes blancs ») que dans la jeune Union soviétique, dans le cadre de la querelle des Slavophiles et des Occidentalistes (Zapadniki) qui divisait déjà les élites russes dans les années 1840.

Les Occidentalistes considéraient la Russie moderne comme issue d’une « occidentalisation » de la société russe entamée au XVIIIe siècle à l’initiative de Pierre le Grand, tandis que pour les Slavophiles, comme Alexis Khomiakov, Constantin Aksakov ou Ivan Kirevsky (sur le plan littéraire, il faut aussi bien sûr citer Dostoïevski), la « vraie » Russie était celle d’avant les réformes pétroviennes, la Russie du patriarcat de Moscou organisée sur le modèle de l’unité conciliaire de l’Église orthodoxe, et se devait donc de combattre les influences délétères de l’Europe occidentale (rationalisme, individualisme, obsession du progrès technique), considérées comme portant atteinte à la personnalité du peuple russe.

Les eurasistes, parmi lesquels figurent alors des personnalités comme les linguistes Nikolaï Troubetskoï, auteur de L’Europe et l’humanité (l’« Europe » correspondant à l’Occident), et Roman Jakobson, l’économiste Piotr N. Savitsky, le juriste et politologue Nicolas N. Alexeiev, l’historien et géopoliticien George V. Vernadsky, et bien d’autres, estiment comme les Slavophiles que la Russie et l’Occident constituent des mondes totalement différents, mais ajoutent à cette idée des éléments nouveaux. Selon eux, l’identité russe se fonde sur la superposition, à partir d’un substrat slavo-finno-touranien, d’une culture « kiévienne », née au contact des Varègues et fortement marquée par le christianisme byzantin, et d’une culture « moscovite » largement héritée, notamment quant aux formes du pouvoir, de l’empire tataro-mongole qui domina la Russie pendant trois siècles. Spirituellement, la Russie est byzantine, donc « orientale » (c’est le thème de la « troisième Rome »). Enfin, pour les eurasistes, la Russie n’est ni un « pays » ni une nation, mais une civilisation distincte de forme nécessairement impériale.

Alexandre Douguine, né en 1962, appartient à la seconde génération eurasiste. Son apport principal à cette école de pensée tient à l’importance qu’il attache à la géopolitique, qu’il a longtemps enseigné à l’Université Lomonossov de Moscou (Fondamentaux de géopolitique, 1997), de pair avec un attachement viscéral à la mystique orthodoxe (il appartient lui-même au courant starovère ou « vieux-croyant » de l’Église orthodoxe, né du refus des réformes introduites au XVIIe siècle par le patriarche Nikon), selon laquelle la religiosité doit se fonder sur la foi, et non sur la raison.

Le géopoliticien anglais Halford Mackinder, mort en 1947, avait développé l’idée (reprise par bien d’autres après lui, à commencer par Carl Schmitt), d’une opposition fondamentale entre les puissances maritimes et les puissances terrestres, les premières ayant été successivement représentées par l’Angleterre et les États-Unis, les seconds par le grand continent eurasiatique, dont le « cœur », le Heartland, correspond à l’Allemagne et à la Russie. Qui parvient à contrôler le Heartland, estimait Mackinder, contrôle le monde. C’est avec cette conviction présente à l’esprit que Zbigniew Brzezinski, dans Le Grand Echiquier (1997), a pu écrire que « l’Amérique doit absolument s’emparer de l’Ukraine, parce que l’Ukraine est le pivot de la puissance russe en Europe. Une fois l’Ukraine séparée de la Russie, la Russie ne sera plus une menace ».

On comprend mieux par là les positions politiques d’Alexandre Douguine, qui ne voit pas seulement dans l’affrontement de l’Ukraine et de la Russie une « guerre fratricide », mais aussi une projection militaire d’une guerre idéologique débordant largement les frontières, une guerre mondiale entre les démocraties libérales, aujourd’hui en crise, considérées comme ordonnées à l’idée d’État universel et porteuses de décadence, et les démocraties illibérales ordonnées à l’idée de continuité historique des peuples désireux de maintenir leur sociabilité propre et leur souveraineté.

Mais pour répondre complètement à votre question, il faudrait aussi parler des nombreux auteurs qui ont influencé Douguine. Celui-ci, qui parle couramment une bonne douzaine de langues (qu’il a apprises seul), s’est très tôt familiarisé avec des auteurs aussi différents que l’historien et géographe Lev Gumilev, fils de la poétesse Anna Akhmatova, théoricien du « lieu-développement » (mestorazvitiye), Arthur Moeller van den Bruck, le « jeune-conservateur » allemand partisan de l’« orientation à l’Est », Vico, Danilevski, Mircea Eliade, René Guénon, Jean Baudrillard, Marcel Mauss, Gilbert Durand, Claude Lévi-Strauss, Louis Dumont, Friedrich List, Heidegger, etc. Mais cela déborde le cadre de notre entretien !


FP : Dans votre ouvrage Contre l’esprit du temps, vous écrivez avoir de la sympathie pour son idée d’une « quatrième théorie politique ». Qu’est donc cette théorie et en quoi la trouvez-vous intéressante ?

ADB : Trois grandes doctrines politiques concurrentes ont été successivement engendrées par la modernité : le libéralisme au XVIIIe siècle, le socialisme au XIXe siècle, le fascisme au XXe siècle. Dans le livre qu’il a consacré à ce sujet, Douguine développe l’idée qu’il est nécessaire de faire apparaître une « quatrième théorie politique » qui dresserait un bilan de celles qui l’ont précédée, sans pour autant s’identifier à aucune d’elles. C’est une proposition stimulante pour l’esprit.

Aux yeux de Douguine, le XXIe siècle sera aussi celui du quatrième Nomos de la Terre (l’ordre général des relations de pouvoir à l’échelle internationale). Le premier Nomos, celui des peuples vivant relativement à l’écart les uns des autres, a pris fin avec la découverte du Nouveau Monde. Le deuxième Nomos, représenté par l’ordre eurocentrique des États modernes (l’ordre westphalien), s’est achevé avec la Première Guerre mondiale. Le troisième Nomos fut celui qui a régné à partir de 1945, avec le système de Yalta et le condominium américano-soviétique. Que sera le quatrième Nomos ? Pour Douguine, soit il prendra la forme d’un monde unipolaire américanocentré, soit au contraire celle d’un monde multipolaire où les « États civilisationnels » et les grands espaces continentaux, à la fois puissances autonomes et creusets de civilisation, joueraient un rôle régulateur vis-à-vis de la mondialisation, préservant ainsi la diversité des modes de vie et des cultures.

Douguine estime encore que nous sommes entrés dans une quatrième guerre mondiale. La Première Guerre mondiale (1914-18), avait abouti au démantèlement des empires austro-hongrois et ottoman. Les deux grands vainqueurs de la Deuxième Guerre mondiale (1939-45) ont été les États-Unis d’Amérique et la Russie stalinienne. La troisième guerre mondiale correspond à la guerre froide (1945-89). Elle s’est terminée avec la chute du Mur de Berlin et la désintégration du système soviétique, principalement au profit de Washington. La quatrième guerre mondiale a commencé en 1991. C’est la guerre des États-Unis contre le reste du monde, guerre multiforme, aussi bien militaire qu’économique, financière, technologique et culturelle, indissociable de l’arraisonnement général du monde par l’illimitation dissolvante de la logique du capital.


FP : « Extrême droite », « rouge-brun », « antimoderne », « ultra-nationaliste », « traditionaliste », « néofasciste », sont autant de termes qui servent à qualifier ou renvoient à Douguine. Ces qualificatifs sont-ils pertinents ?

ADB : Quand les journalistes, dont la culture en matière de philosophie politique et d’histoire des idées est à peu près nulle, sont confrontés à un phénomène auquel ils ne comprennent rien, ils ânonnent la vulgate dominante et récitent des mantras. L’« extrême droite », mot-caoutchouc, est le couteau suisse préféré de ces esprits paresseux. Tous ces qualificatifs, à la possible exception de « traditionaliste antimoderne », mais à condition d’entendre le terme au sens de Guénon, sont tout simplement ridicules. Ils n’apprennent rien au sujet d’Alexandre Douguine, mais en disent beaucoup sur ceux qui les emploient. Le plus grotesque est sans doute le qualificatif de « nationaliste » ou d’« ultra-nationaliste », que la plupart des commentateurs utilisent en permanence à son propos. Douguine, je le répète, est un eurasiste. Or, l’eurasisme est incompatible avec le nationalisme, puisqu’il se réclame de l’idée d’Empire, c’est-à-dire d’un refus de principe de la logique du nationalisme ethnique et de l’État-nation (ce qui explique d’ailleurs les liens étroits qu’entretient Douguine avec les représentants des communautés juives et turco-musulmanes).


FP : Depuis quelques jours, Alexandre Douguine est beaucoup présenté dans les médias comme le « cerveau » de Poutine en politique étrangère, comme une sorte de Raspoutine un peu mystérieux. Quel est son niveau d’influence auprès de Poutine ? Est-il écouté par la société civile russe ?

ADB : Le « cerveau » de Poutine ! Quand on sait que Douguine et Poutine ne se sont jamais rencontrés qu'une seule fois en tête-à-tête, on mesure le sérieux de ceux qui emploient cette expression. La réalité est plus prosaïque. Alexandre Douguine, qui a été traduit dans dix ou douze langues différentes, est un auteur connu et lu, tant en Russie qu’à l’étranger. Il a ses réseaux et son influence. Lorsqu’en avril 1992, j’avais eu l’occasion de donner une conférence de presse au siège de la Pravda à Moscou et de parler de géopolitique avec des généraux et officiers supérieurs de l’armée, j’avais déjà pu me rendre compte de l’écho que recevaient dans l’opinion les idées eurasistes. Depuis, Douguine a lancé en 2003 le Mouvement eurasiste international, qui s’est beaucoup développé dans les populations non russes de Russie, et il a même été reçu à Washington par Zbigniew Brezinski et Francis Fukuyama.

Douguine connaît incontestablement bien l’entourage de Poutine, mais il n’a jamais fait partie de ses intimes ni de ses « conseillers spéciaux ». Il est certes reconnaissant à Poutine d’avoir rompu avec l’atlantisme libéral de Boris Eltsine, mais il pense qu’il n’est qu’un « eurasiste malgré lui ». Le livre qu’il a écrit il y a quelques années sur Poutine est d’ailleurs loin d’être un exercice d’admiration : Douguine y explique au contraire à la fois ce qu’il approuve chez Poutine et ce qui lui déplaît. Mais de toute évidence ceux qui pérorent en France à son sujet n’ont jamais lu une ligne de lui.


FP : Vous connaissez bien Alexandre Douguine et son œuvre. Vous avez par ailleurs récemment publié un ouvrage critique sur les médias intitulé Survivre à la désinformation (2021). Comment jugez-vous globalement son traitement médiatique et celui du conflit russo-ukrainien ?

ADB : Le traitement médiatique est celui que vous connaissez. Les grands médias français sont tellement habitués à se faire les relais de l’idéologie dominante, ils trouvent tellement normal qu’il n’y ait plus dans ce pays de débats dignes de ce nom, qu’il leur apparaît tout aussi naturel de ne jamais donner la parole à ceux dont ils ignorent ou caricaturent les idées. C’est vrai dans le cas de Douguine comme dans celui de la guerre en Ukraine : le point de vue ukrainien est omniprésent, le point de vue russe n’est même pas mentionné. On crée ainsi un formidable refoulé. Il faut toujours se méfier du refoulé.

Propos recueillis par Maxime Le Nagard

mardi 28 mai 2019

Frontières hors peuples et guerres hors frontières


Dans une Ukraine moderne artificielle, la chute de l'"empire soviétique" , qui lui offrait une destinée commune tutellaire a libéré les passions contraires de l'Histoires autant que les identités humaines constituantes et en recherche de leur survie existetielle.
Cartographie des populations russes, ukrainiennes polonaises, roumaines et hongroises d'une Ukraine moderne démesurée.
Même les conflits qui ponctuent l'Histoire ont chacun des racines et des raisons particulières il peuvent présenter souvent des caractéristiques et des causes communes qui permettent d'y définir des problématiques métapolitiques intemporelles et universelles, et par exemple celle des frontières étatiques réalisées en dépit de la géographie humaine en est une des plus importantes et particulièrement bellogène lorsque le pouvoir politique veut la confondre avec des frontières identitaires ou idéologiques.

Aborder ici cette problématique de ces "frontières hors peuple" dans toutes ses déclinaisons serait long mais aussi présomptueux de ma part, mais force est de constater qu'un nombre très importants de conflits modernes et même d'idéologies totalitaristes y ont trouvé leur origines et terreaux de développement, comme par exemple les conflits territoriaux et disputes frontalières de l'après traité de Versailles (1919) où les guerres civiles post coloniales dans les pays d'Afrique Noire et d'Afrique du Nord.

Les "contestés frontaliers" ont toujours existé dans l'Histoire des Hommes surtout depuis que les sociétés se sont territorialisées. Des imprécisions cartographique aux les expansions militaires impériales ou coloniales en passant par l'arbitraire de leur définition "naturelle" les frontières ont souvent méprisé les peuples qu'elles amalgament ou tronçonnent dans des destinées incompatibles et presque toujours sans leur demander leur avis...

Cette problématique est amplifiée dès lors que s'opère une confusion avec d'autres frontières correspondant aux ambitions revendiquées de zones d'influence économiques, idéologiques, identitaires et auxquelles il faudrait aujourd'hui rajouter les espaces stratégiques qui pour certains impérialismes n'ont aucune limite. A ce titre la "doctrine Monroe" qui veut considérer l'Amérique du Sud comme le "pré carré" des USA (voir le discours récent de Bolton à propos du Vénézuéla) est symptomatique d'une superposition mentale de plusieurs des frontières sus-mentionnées à des fin hégémoniques et qui finissent par se confondre dans leurs ingérences déclenchées avec des frontières territoriales dont elles prétendent étendre les compétences (comme par exemple le contrôle des souverainetés économiques et militaires européennes par les USA via une Union Européenne asservie à leur vision stratégique). 

L'Ukraine à ce titre est un exemple parfait de cette problématique frontalière qui est plus ou moins vive selon le type de gouvernance qui est appliquée au territoire concerné. Ainsi par exemple tant que cette Ukraine était sous la tutelle d'un "empire soviétique" une destinée commune même acceptée différemment selon les peuples les liait entre eux et formait une unité nationale. Mais dès lors que ce tuteur commun disparait avec la chute de l'URSS et l'indépendance de l'Ukraine, les différences constituant sa géographie humaine reprennent le dessus jusqu'à exprimer prioritairement leurs divergences historiques, culturelles et même ontologiques. 

Ainsi de la région de la Galicie par exemple, dans l'Ouest de l'Ukraine" rattachée à l'Ukraine par le traité Ribbentrop-Molotov en 1939, mais qui dans sa finalisation historique est issue de l'Occident catholique via l'empire austro hongrois puis la Pologne; et à son opposé le Donbass au Sud-Est du pays qui est une terre slave orthodoxe tournée vers la Russie et devenue ukrainienne qu'à la naissance de l'URSS en 1919.

Face à une telle complexité territoriale et humaine, si il est impossible de redéfinir des frontières humaines, seul un totalitarisme répressif ou un système fédéral à larges autonomies permet éventuellement de protéger l'unité d'une telle démesure étatique le jour où elle sort de sa tutelle de type impérial (qui induit par définition une dimendion "fédérale"), car la lutte d'une diversité identitaire n'est pas compatible avec l'exercice d'un étatisme centralisé.

Bref à travers ces problèmes frontaliers, souvent consécutifs aux expanssionismes arbitraires d'intérêts exogènes, et qui ont donné naissance à de nombreuses guerres et participé aux idéologies modernes ethnocentrées (fascismes, banderisme, national socialisme etc) s'oppose deux visions idéologiques dont l'approche la plus large et philosophique est le conflit opposant une vision unipolaire à une vision multipolaire des sociétés humaines.

Lorsque, via le coup d'Etat du Maïdan, les occidentaux permettent l'arrivée au pouvoir à Kiev d'une vision bandériste ethnocentrée et russophobe, c'est un coin qu'ils enfoncent dans la diversité identitaire du pays pour y semer un chaos provoquant la Russie, pour mieux verrouiller sa diabolisation, violer sa zone d'influence traditionnelle et menacer ses frontières par une militarisation de l'Ukraine par l'OTAN. Mais les occidentaux n'avaient pas prévu les réactions rapides et victorieuses et de la Crimée et du Donbass, ses deux objectifs territoriaux aux intérêts majeurs (stratégique pour la Crimée et économique pour le Donbass), et le chaos s'est retourné contre Kiev...

Car aujourd'hui, cette problématique frontalière est un autre point d'entrée (avec les crises migratoires par exemple) pour la stratégie du chaos d'un mondialisme hégémonique et qui cherche à détruire les identités et communautés refusant son individualisme servile. Et pour ce faire la ploutocratie mondialiste ne fait que rebondir sur l'arrogance territoriale des impérialismes et des colonialismes hors sol. 

Voilà pourquoi je terminerai par cette intervention d'Alain de Benoist reliant avec le talent qu'on lui connaît cette problématique des frontières avec cette guerre entre un mondialisme indivualiste et les identités collectives.


Pour ma part, même si je reconnais, dans la différence à faire entre 'l'urgent' et 'l'important", la légitimité immédiate de devoir défendre les souverainetés des Etats Européens face aux multiples attaques du Mondialisme, je considère cependant que leurs espaces territoriaux trop souvent artificiels et leurs systèmes de gouvernance par trop centralisateurs devraient être redéfinis rapidement et en harmonie avec le puzzle des peuples natifs qu'ils prétendent défendre et qui doivent être les constituants d'une véritable confédération européenne naturelle ce dont l'actuelle Union Européenne n'est en fait qu'un miroir aux alouettes destiné à les suicider dans un asservissment volontaire à la dictature de la marchandise.

Erwan Castel

mardi 27 mars 2018

2 penseurs et 2 piliers européens


Alain de Benoîst et Alexandre Douguine ou l'expression d'une révolution conservatrice européenne convergente dans le respect de la diversité des peuples fondateurs et des traditions primordiales communes.

Attention, et pour prévenir certaines réactions inévitables de la part des catholiques communautaro-centrés vu ailleurs sous ce post, à ne pas confondre "Europe" et "Occident". 
L'Europe dont personne aujourd'hui ne conteste le socle civilisationnel plurimillénaire est une entité de peuples continentaux ayant forgé une unité civilisationnelle commune sous des expressions culturelles différenciées par la diversité des régions, de leurs histoires et influences limitrophes etc. Alors que l'Occident n'en est qu'un avatar historique et cyclique récent qui effectivement est lié à l'expression d'un christianisme politique et culturel importé.

Mais aucun un cas on ne peut évoquer ou suggérer que les racines de l'Europe ne sont pas païennes mais chrétiennes (d'ailleurs sa sémantique à elle seule le démontre). Les mythes des premiers peuples d'Europe ainsi que leurs premières manifestations religieuses ou culturelles montrent une unité civilisationnelle vieille de 30 000 années au moins. Les scandinaves, germains, celtes, romains grecs etc... avaient forgé l'identité européenne bien avant que ne débarque une pensée monothéiste exogène au continent.

Ce qui n'empêche pas aujourd'hui sa coexistence sur le continent aux côtés des autres cultes religieux qui relèvent avant tout d'un choix individuel et intime de croyance.

A condition que ce respect soit partagé !

Erwan Castel

"J'ai constaté que nous avons plus en commun avec la Nouvelle Droite qu'avec les catholiques. Je partage nombre des opinions d'Alain de Benoist. Ce n'est pas le cas vis-à-vis des catholiques modernes. Ils souhaitent en effet convertir la Russie et ce n'est pas compatible avec nos projets. Je considère Alain de Benoist comme étant l'intellectuel le plus important en Europe aujourd'hui. La Nouvelle Droite par exemple ne veut pas imposer le paganisme européen aux autres. Concernant Evola, je le considère comme étant un maître et une figure symbolique de la Révolte Finale et de la Grande Renaissance, comme l'est aussi Guénon. Pour moi, dans cet âge sombre que nous traversons, ces deux penseurs représentent l'essence de la Tradition Occidentale."

Alexandre Douguine

samedi 17 mars 2018

De l'individu à la multipolarité

L'affrontement actuel entre Occident et Eurasie n'est pas seulement motivé par des ambitions économiques concurrentes et des sanctuaires stratégiques à défendre ou conquérir.

Il s'agit aussi d'une déclinaison nouvelle d'un vieux combat métapolitique entre 2 visions sociétales des organisations humaines

D'un côté les disciples de Jean Bodin, parangons d'un système unique qui s'appuient sur un maillage de valets centralisateurs qui ont effacé tout corps social intermédiaire entre l'État nation et les individus normalisés sur son modèle hors sol par une société de consommation et du spectacle universel.

De l'autre côté les disciples d'Althusius Johannes respectueux d'une diversité naturelle à laquelle appartient l'Homme à travers les multiples sociétés et identités qui sont les adaptations à l'environnement et l'Histoire. Ce système s'appuie sur la réalité des identités diverses et mises en subsidiarité ascendante jusqu'au sommet de la pyramide.

C'est pour cela qu'à mes yeux être anti-mondialiste tout en restant centralisateur est incohérent et même incompatible, car c'est tout simplement "faire ce que jexdit mais ne pas dire ce que je fais" en refuser de subir ce que l'on impose aux autres.

La résistance au monde unipolaire c'est une rébellion contre une dictature de la pensée unique mais aussi la construction d'un monde multipolaire, dont l'esprit s'appelle fédéralisme.

Erwan Castel

Source de l'article : Krisis


«Le fédéralisme est le seul système qui concilie la nécessaire unité de décision à la tête avec le respect de la diversité à la base», 

Alain de Benoist 

Extrait : L’un des legs de la pensée grecque est que tout ce qui existe se compose d’un et de plusieurs. Le recours au fédéralisme résout le problème, sur lequel je me suis maintes fois penché, de l’articulation de l’Un et du Multiple -problème qui possède une dimension philosophique et théologique tout autant que politique et sociologique. 

Fondé sur le principe de subsidiarité, le fédéralisme est le seul système qui concilie la nécessaire unité de décision à la tête avec le respect de la diversité à la base. Il permet de se prémunir à la fois contre l’anarchie et contre le despotisme, de sortir de l’alternative entre l’extension sans bornes du pouvoir central et la dissolution sans fin d’une société uniquement composée de monades ou d’atomes individuels, de trouver une troisième voie entre le totalitarisme oppresseur et le libéralisme antisocial.

C’est un système holiste, puisqu’il conçoit le tout comme plus que la simple somme de ses parties, mais c’est en même temps un système antiréductionniste, puisqu’il préserve la multiplicité et le «polythéisme des valeurs». le principe de subsidiarité, dit aussi principe de suppléance ou de compétence suffisante, que l’on retrouve aussi bien chez Tocqueville que chez Proudhon, diffère profondément de la simple décentralisation en ce qu’il ne s’agit nullement d’une simple délégation de pouvoir. C’est un principe d’autonomie en ce qu’il postule que chaque sphère de la société, de la plus petite à la plus grande, doit chercher à résoudre par elle même les problèmes qui la concernent, en ne renvoyant au niveau supérieur que ceux de ses problèmes qui ne la concernent pas spécifiquement ou excèdent ses capacités pratiques de les résoudre. 

Les gens, en d’autres termes, doivent pouvoir s’occuper d’eux-mêmes le plus possible directement de ce qui les concerne -d’où la nécessaire réhabilitation des corps intermédiaires. Le fédéralisme, comme l’avait pressenti Boulainvilliers, n’est pas étranger à certains aspects des sociétés médiévales, qu’on peut caractériser comme des entrelacs d’allégeances organiques réciproques. Mais il s’apparente surtout au mode d’organisation traditionnel des empires.

Alain de Benoist.
Mémoire vive, en vente sur Krisis Diffusion

dimanche 25 octobre 2015

Pour une rébellion européenne

Du mythe à la réalité

Liberale Da Verona, L’enlèvement d’Europe, 1445-1523, huile sur bois, Paris, musée du Louvre. (détail)
Un jour, voulant dominer la petite fille de Poséidon, la belle Princesse phénicienne Europa, fille d'Agénor, le roi de Phénicie, le Maître dieu Zeus se métamorphosa en taureau, et, séduisant la jeune fille par l'apparente pureté de sa robe blanche, il l'enleva pour l'enfermer à Crête, dans son palais au milieu de l'océan...

Cette allégorie qui est un des mythes fondateurs de notre civilisation européenne illustre merveilleusement la ruse et met en garde les Hommes contre les apparences trompeuses et les séductions intéressées. 

L'Union Européenne, en quête de légitimité et de puissance, a eu l'outrecuidance de vouloir reprendre à son compte la symbolique de ce mythe. Or, qu'elle soit victime naïve ou Princesse chevauchant le taureau, on est en droit de se demander au premier abord pourquoi ce qui n'est sur le plan narratif qu'un abus de confiance, un enlèvement et un viol, symbolise t-il aujourd'hui l'Union Européenne, cette vassale de la ploutocratie mondialiste.!
Mais tout bien réfléchi, et surtout dans le contexte géopolitique actuel, le mythe est plutôt juste et devient même réalité, à la différence près que l'Union Européenne, cet organe technocratique servant les intérêts étasuniens, joue plutôt et sans conteste le rôle du taureau que de la victime !.

En effet, dans l'intention de satisfaire un vampirisme systémique vital, la thalassocratie étasunienne, héritière de la stratégie néocolonialiste britannique du XIXème siècle s'est lancé dans une hégémonie mondialiste visant à soumettre les peuples à son esclavage militaro industriel.
Dans cette conquête mondiale, il était nécessaire pour le Nouvel Ordre Mondial de prendre le contrôle du vieux continent, le divisant pour mieux le soumettre à sa volonté.
Les guerres mondiales vont permettre à la puissance militaro-industrielle étasunienne de se construire puis de soumettre l'Europe à ses intérêts, grâce à un scénario de Guerre Froide, dont on comprend aujourd'hui qu'il n'était que prétexte a forcer une dictature de la Pensée Unique dite "occidentale".

C'est ainsi que derrière le bouclier atlantiste immaculé dressé contre une Russie diabolisée, la ploutocratie mondialiste agitant le faux drapeau des dogmatiques "Droits de l'Homme" et de la "Démocratie" a pu légitimer depuis 70 ans la plus énorme conquête impérialiste de l'Histoire humaine...

Un projet d'asservissement nazi aux racines de l'Union Européenne.

Walter Hallstein: 
Un nazi Président de la Commission Européenne


Aujourd'hui l'Union Européenne, à laquelle sont soumis les politiques nationales, n'est plus qu'une administration non représentative dirigée par des hauts fonctionnaires au service des intérêts du Nouvel Ordre Mondial étasunien. Cette mise en esclavage des peuples a été rendue possible grâce à un formatage de la pensée, religieux, politique mais aussi culturel, bercée par la victoire contre le Nazisme et la vision d'un monde manichéen où les vainqueurs qui en écrivent l'histoire linéaire incarnent forcément le Bien luttant contre le Mal !
Et pourtant force est de constater que les principes dictatoriaux ont survécu au nazisme, pour servir le néocolonialisme étasunien...

Occupation militaire, asservissement économique par la dette, conditionnement culturel, diabolisation des identités naturelles, affaiblissement des indépendances politiques etc... autant de domaines convergeant vers une disparition des identités européennes au profit d'une vassalisation à la thalassocratie étasunienne.
Les exemples sont multiples et divers, du chewing gum du GI au projet TAFTA de l'UE pour démontrer que l'enlèvement de l'Europe, séduite par l'illusion libérale est bien une réalité !

Le projet Transatlantique analysé par Alain de Benoist


Ces deux fenêtres ouvertes sur la genèse et les projets futurs de l'Union européenne ne sont malheureusement pas isolés pour démontrer la responsabilité (volontaire ou non) de la stratégie mondialiste étasunienne dans les différentes crises frappant le Monde en général et l'Europe en particulier, et dans une dynamique d'effet domino : crise politique, crise économique,  crise migratoire, crise écologique, crise sociale, crise religieuse, crise morale etc...

Mais aujourd’hui, l'urgence a rejoint la gravité de la situation, car devant l'impossibilité d'imposer une vision unipolaire universelle, la politique entreprise par les ploutocrates de New York et les néo conservateurs de Washington, vient d'engager une stratégie du chaos recherchant une nouvelle division bipolaire qui cherche par un troisième conflit mondial a retarder son effondrement en détruisant ceux qui refusent son esclavage.

Désormais, le temps de la rébellion est arrivé...

De la réalité au mythe...

En 2014, dans un Donbass agressé militairement par les putschistes pro-occidentaux de Kiev, 
un peuple prend les armes pour refuser sa mise en esclavage et depuis, résiste toujours...

Souvent, des personnes me demandent pourquoi avoir choisi ce mot de "rébellion" pour désigner la résistance du peuple du Donbass au régime fasciste installé par les néo-conservateurs étasuniens à Kiev.

Ce choix sémantique, qui peut choquer des réactionnaires attachés à une obéissance de principe à tout Ordre établi, est pour moi très important, car il illustre à la fois la réaction de la population du Donbass dans toutes ses dimensions politique, historique et culturelle, mais aussi une des caractéristiques fondatrices de notre civilisation commune.

Car en effet, depuis la liberté d'expression défendue par l'agora grecque à l'esprit moderne de la Renaissance réfutant la domination des dogmes, l'Histoire européenne des idées se caractérise par sa capacité de se remettre en cause dans un amour passionnel de la liberté de pensée.


Les européens ont su défendre cet héritage libertaire au cours de leur histoire forgée à force de révoltes, insurrections, révolutions et résistances, innombrables et maturantes (tous ces noms sont d'ailleurs féminins)...

Mais de toutes ces déclinaisons de la dissidence, c'est le mot rébellion qui illustre selon moi le plus cet esprit européen éclairant toutes les libertés humaines...

Alain de Benoist, dans l'esprit du "Waldgang" jungerien, propose dans plusieurs études une définition du rebelle  (Pour le texte complet voir le lien à la fin de cet  article):

"Comme le révolté, le rebelle refuse l’ordre dominant du monde au sein duquel il a été jeté. Comme le révolutionnaire, il le refuse au nom d’un autre système de valeurs, d’une autre conception du monde, qu’il trouve en lui-même et dont il est le porteur. Cependant, contrairement au révolté ou au résistant, le rebelle tire avant tout de lui-même ce qui inspire son attitude. La révolte est liée à une situation, à une conjoncture qui en constitue la cause. Elle prend fin lorsque cette cause a disparu, et que la situation a changé.

La rébellion n’est pas seulement liée aux circonstances.

Elle est d’ordre existentiel. Le rebelle ressent physiquement l’imposture, il la ressent d’instinct. On devient révolté, mais on naît rebelle. 
Le rebelle est rebelle parce que tout autre mode d’existence lui est impossible. Le résistant cesse de résister quand il n’a plus les moyens de résister. Le rebelle, même emprisonné, continue d’être un rebelle. C’est pourquoi, s’il peut être perdant, il n’est jamais vaincu. Les rebelles ne peuvent pas toujours changer le monde. Le monde, lui, ne pourra jamais les changer.

Le rebelle peut être actif ou méditatif, homme de connaissance ou d’action. Sur le plan stratégique, il peut être lion ou renard, chêne ou roseau. Il y a des rebelles de
toutes sortes. Ce qu’ils ont en commun est une certaine capacité de dire non. Le rebelle est celui qui ne cède pas. Celui qui refuse, celui qui dit : je ne peux pas. Il est celui qui dédaigne ce que recherchent les autres : les honneurs, les intérêts, les privilèges, la reconnaissance sociale. A la table de jeu, il est celui qui ne joue pas le jeu. L’esprit du temps glisse sur lui comme la pluie sur les canards. Esprit libre, homme libre, il ne met rien au-dessus de la liberté. Il est la liberté même. « Est rebelle, écrit Jünger, quiconque est mis par la loi de sa nature en rapport avec la liberté » (2).

Face à un monde pour lequel il n’éprouve que mépris amusé ou dégoût affirmé, le rebelle ne peut se satisfaire de l’indifférence, car celle-ci est encore trop proche de la neutralité. Le rebelle est fait pour la lutte, fût-elle sans espoir. Le rebelle s’éprouve comme étranger au monde qu’il habite, mais sans jamais cesser de vouloir l’habiter : il sait qu’on ne peut nager à contre-courant qu’à condition de ne pas quitter le lit du fleuve. La distance intérieure qui est la sienne ne l’amène pas à refuser le contact, car il sait que ce contact est nécessaire à la lutte. Et s’il a « recours aux forêts », pour reprendre une expression connue, ce n’est pas pour s’y réfugier — bien qu’il soit souvent un proscrit —, mais pour y reprendre des forces vives. D’ailleurs, dit encore Ernst Jünger, « la forêt est partout présente. Il existe des forêts au désert comme dans les villes, où le Rebelle vit caché sous le masque de quelque profession. Il existe des forêts dans sa patrie, comme sur tout autre sol où peut se déployer sa résistance. Mais il existe surtout des forêts sur les arrières mêmes de l’ennemi ».

Le révolutionnaire entend parvenir à un but là où le rebelle incarne avant tout un état d’esprit et un style. Mais bien entendu, le rebelle sait aussi se fixer des objectifs. Par rapport au monde qui l’entoure, par rapport au « cours historique », c’est-à-dire à la conjoncture, il s’efforce d’identifier le moment favorable et de saisir ce moment.
Pour rompre l’encerclement, pour tenter d’introduire un grain de sable dans la machine, il raisonne sur des situations concrètes. En cela, il est avant tout mobile. Il mobilise la pensée, et il use d’une pensée mobile. Il n’est pas soldat, mais partisan. Il ne se tient pas derrière une ligne de front — il sait traverser tous les fronts.

Contre quoi doit-on se rebeller aujourd’hui ? Devant la montée de la pensée unique, devant la montée d’une vague prodigieuse de ce qu’il faut bien appeler le conformisme planétaire, devant les pathologies diverses qui affligent nos sociétés,
devant les menaces variées qui pèsent sur elles et assombrissent leur avenir, on n’a
que l’embarras du choix. Il me semble cependant que la plupart de ces phénomènes
vis-à-vis desquels nous cherchons à réagir ont en grande partie une cause commune, qu’ils se révèlent comme autant de conséquences d’une idéologie bien précise, idéologie séculaire et polymorphe que je propose d’appeler l’idéologie du Même."


Alain de Benoist, extrait d'une conférence "Rebelles et rébellions", Paris janvier 2002
____________

L'Union Européenne, à laquelle sont soumis les politiques nationales, n'est qu'une administration non représentative et dirigée par des hauts fonctionnaires au service des intérêts du Nouvel Ordre Mondial étasunien. Cette mise en esclavage des peuples a été rendue possible grâce à un formatage de la pensée, religieux, politique mais aussi culturel, bercée par la victoire contre le Nazisme et la vision d'un monde manichéen où les vainqueurs qui en écrivent l'histoire linéaire incarnent forcément le Bien luttant contre le Mal !
Et pourtant force est de constater que les principes dictatoriaux ont survécu au nazisme, pour servir le néocolonialisme étasunien...

Mais aujourd’hui, l'urgence a rejoint la gravité de la situation, car devant l'impossibilité d'imposer une vision unipolaire universelle, la politique entreprise par les ploutocrates de New York et les néo conservateurs de Washington, vient d'engager une stratégie du chaos recherchant une nouvelle division bipolaire qui cherche par un troisième conflit mondial a retarder son effondrement en détruisant ceux qui refusent son esclavage.

Désormais, le temps de la rébellion est arrivé...



"L'Europe ne se fera qu'au bord du tombeau"
Friedrich Nietzsche

Aujourd'hui, le système capitaliste mondialiste cherche à nous entraîner dans un chaos nihiliste, d'où il espère se maintenir seul au milieu des ruines... Cette stratégie suicidaire, pour satisfaire les intérêts fermés d'une élite ploutocrate, menace aujourd'hui nos identités et libertés mais également notre héritage plurimillénaire.

En 2014, un peuple inconnu aux confins de l'Ukraine et de la Russie allait contre toute attente refuser de se soumettre au Nouvel Ordre Mondial, et avec courage et humilité nous montrer le chemin de la Rébellion aussi bien armée contre une offensive militaire génocidaire, que métapolitique contre l'idéologie du Même et la dictature de la Pensée unique. Ce type de rébellion est possible lorsque est conservé dans les coeurs et la mémoire collective le rapport métaphysique entretenu de concert avec la patrie charnelle d'une part et la notion de Liberté d'autre part.

Voilà pourquoi les femmes et les hommes du Donbass, dont la capacité de résilience n'a d'égal que leur courage et leur humilité, de façon désintéressée et collective, ont écouté leur devoir hérité d'une longue Histoire transmise de génération en génération et l'appel de leurs coeurs qui refusaient l'humiliation de leur identité et l'Avenir de leurs enfants coupé de ses racines du Passé...

Cette rébellion n'est pas régionale ou même ukrainienne, elle est un tournant dans l'Histoire européenne, un réveil de conscience et un coup d'arrêt à l’expansionnisme dévastateur d'un mondialisme plongé dans une folle et meurtrière fuite en avant.

« L’inexorable encerclement de l’homme a été préparé de longue date par les théories qui visent à donner du monde une explication sans faille et logique, et qui progressent du même pas que les développements de la technique. On soumet d’abord l’adversaire à un investissement rationnel, puis à un investissement social, auquel succède, l’heure venue, son extermination. » Ernst Jünger : Traité du Rebelle ou le Recours aux forêts.1951

Dans la résistance à l'esclavage du Monde Moderne, les anticonformistes, libres penseurs, ou autres dissidents ne manquent pas, mais leurs analyses et combats sont souvent occultés voire marginalisés par la censure dictatoriale de la Pensée Unique contrôlant le mainstream médiatique, qui les condamnent à une quasi exclusion sociétale.

Il fallait une rupture... un grain de sable dans les rouages de ce fatalisme imposé par cette "Idéologie du Même" décrite par Alain de Benoist, et qui conditionne en hypnotisant par la "Société du spectacle" (Guy Debord 1967) les mentalités entraînées inexorablement vers l'esclavage consumériste du Monde moderne...


"No pasaran !"

Ce fut cette contestation populaire des bords de la Mer Noire qui, répondant au choc de l'Histoire survenu sur la Maïdan de Kiev durant l'hiver 2013-2014 va précipiter l'Histoire européenne. Réagissant au coup d'état fomenté par les USA et l'Union Européenne, le peuple russophone du Sud Est de l'Ukraine s'est dressé sur les limites de son sanctuaire, pour refuser sa soumission forcé à un système étranger bafouant son identité.

Mais pour que l'onde de choc se propage à travers le continent et réveille les consciences; à l'image du Donbass en mars 2014, il faut malheureusement attendre j'en ai bien peur, que les autres peuples européens soient confrontés au danger mortel de leur disparition (ce qui ne saurait tarder ...)

Car lorsque « la peur est remise à sa place d’interlocutrice, l’Homme peut à son tour prendre la parole. Il cesse alors de se croire cerné. Une autre solution que celle de l’automatisme se présentera à son esprit. C’est dire que désormais deux chemins s’ouvrent à lui, ou, en d’autres termes, que sa liberté de décision est restaurée »  Ernst Jünger : Traité du Rebelle ou le Recours aux forêts.1951





Les résistances héroïques menées en Syrie et dans le Donbass ont fait tombé le masque de l'impérialisme étasunien, et désormais l'haleine mortelle de la guerre plane dans une Europe a nouveau divisée par la cupidité et la haine.

Aujourd'hui, même si les combats continuent aux portes des Républiques libres de Novorossiya, sa population a ouvert aux peuples naturels du vieux Continent, le chemin de la reconquête européenne avec le soutien d'une Russie protectrice des valeurs civilisationnelles communes... 

Ce que je retiens de plus important dans cette rébellion, en dehors de son incontestable victoire militaire, c'est sa dimension fédératrice et novatrice, réunissant des énergies humaines tournées vers la création d'une société nouvelle par delà les idéologies du passé, tout en respectant leurs héritages... En cela la "révolution conservatrice" du Donbass est un exemple à méditer et à suivre sous toutes les déclinaisons possibles du combat contre le libéralisme, chacune adaptée à sa situation particulière (courant de pensée, information, opposition politique, résistance passive, subversion, lutte armée etc...)

Le dernier acte de la tragédie du capitalisme mondialiste vient donc de s'ouvrir sur son effondrement systémique, mais cela risque d'être douloureux car le  "Nouvel Ordre Mondial" agonisant n'a jamais été aussi dangereux pour la Paix mondiale qu'en ce moment, confirmant chaque jour l'adage russe qui affirme que "c'est lorsqu'il se noie q'un monstre fait les plus grosses vagues !"

Il y aura donc dans l'Histoire de l'Europe et de la thalassocratie étasunienne, un "avant" et un "après Donbass" et aujourd'hui, la fille d'Agenor doit reprendre son destin en main et rapidement si elle ne veut pas disparaître avec ce nouveau Léviathan dans le néant et l'opprobre de l'Histoire...


Erwan Castel, volontaire en Novorossiya


"Nous sommes l'Europe !"

__________

Sur l'influence américaine en Europe, voir également la conférence donnée par François Asselineau le 18 Janvier 2015 à Saint Ouen :

__________



Sources de l'article

Sur le mythe de l'enlèvement d'Europa :
- Site Wikipédia, le lien : ICI
- Site du CRDP, le lien : ICI
- Site Taurillon.org, le lien : ICI

Sur Walter Hallstein :
- Site Youtube le lien : ICI

Sur le Tafta
- Site Youtube le lien : ICI

Sur la figure du "Rebelle"
Blog sur Alain de Benoist, le lien : ICI et en PDF :ICI

Sur l'Europe
- Nous sommes l'Europe , le lien : ICI

Sur l'influence américaine dans les institutions
 Site Youtube le lien :  Part 1Part 2Part 3, et Part 4





Pour une rébellion européenne

Du mythe à la réalité

Liberale Da Verona, L’enlèvement d’Europe, 1445-1523, huile sur bois, Paris, musée du Louvre. (détail)
Un jour, voulant dominer la petite fille de Poséidon, la belle Princesse phénicienne Europa, fille d'Agénor, le roi de Phénicie, le Maître dieu Zeus se métamorphosa en taureau, et, séduisant la jeune fille par l'apparente pureté de sa robe blanche, il l'enleva pour l'enfermer à Crête, dans son palais au milieu de l'océan...

Cette allégorie qui est un des mythes fondateurs de notre civilisation européenne illustre merveilleusement la ruse et met en garde les Hommes contre les apparences trompeuses et les séductions intéressées. 

L'Union Européenne, en quête de légitimité et de puissance, a eu l'outrecuidance de vouloir reprendre à son compte la symbolique de ce mythe. Or, qu'elle soit victime naïve ou Princesse chevauchant le taureau, on est en droit de se demander au premier abord pourquoi ce qui n'est sur le plan narratif qu'un abus de confiance, un enlèvement et un viol, symbolise t-il aujourd'hui l'Union Européenne, cette vassale de la ploutocratie mondialiste.!
Mais tout bien réfléchi, et surtout dans le contexte géopolitique actuel, le mythe est plutôt juste et devient même réalité, à la différence près que l'Union Européenne, cet organe technocratique servant les intérêts étasuniens, joue plutôt et sans conteste le rôle du taureau que de la victime !.

En effet, dans l'intention de satisfaire un vampirisme systémique vital, la thalassocratie étasunienne, héritière de la stratégie néocolonialiste britannique du XIXème siècle s'est lancé dans une hégémonie mondialiste visant à soumettre les peuples à son esclavage militaro industriel.
Dans cette conquête mondiale, il était nécessaire pour le Nouvel Ordre Mondial de prendre le contrôle du vieux continent, le divisant pour mieux le soumettre à sa volonté.
Les guerres mondiales vont permettre à la puissance militaro-industrielle étasunienne de se construire puis de soumettre l'Europe à ses intérêts, grâce à un scénario de Guerre Froide, dont on comprend aujourd'hui qu'il n'était que prétexte a forcer une dictature de la Pensée Unique dite "occidentale".

C'est ainsi que derrière le bouclier atlantiste immaculé dressé contre une Russie diabolisée, la ploutocratie mondialiste agitant le faux drapeau des dogmatiques "Droits de l'Homme" et de la "Démocratie" a pu légitimer depuis 70 ans la plus énorme conquête impérialiste de l'Histoire humaine...

Un projet d'asservissement nazi aux racines de l'Union Européenne.

Walter Hallstein: 
Un nazi Président de la Commission Européenne


Aujourd'hui l'Union Européenne, à laquelle sont soumis les politiques nationales, n'est plus qu'une administration non représentative dirigée par des hauts fonctionnaires au service des intérêts du Nouvel Ordre Mondial étasunien. Cette mise en esclavage des peuples a été rendue possible grâce à un formatage de la pensée, religieux, politique mais aussi culturel, bercée par la victoire contre le Nazisme et la vision d'un monde manichéen où les vainqueurs qui en écrivent l'histoire linéaire incarnent forcément le Bien luttant contre le Mal !
Et pourtant force est de constater que les principes dictatoriaux ont survécu au nazisme, pour servir le néocolonialisme étasunien...

Occupation militaire, asservissement économique par la dette, conditionnement culturel, diabolisation des identités naturelles, affaiblissement des indépendances politiques etc... autant de domaines convergeant vers une disparition des identités européennes au profit d'une vassalisation à la thalassocratie étasunienne.
Les exemples sont multiples et divers, du chewing gum du GI au projet TAFTA de l'UE pour démontrer que l'enlèvement de l'Europe, séduite par l'illusion libérale est bien une réalité !

Le projet Transatlantique analysé par Alain de Benoist


Ces deux fenêtres ouvertes sur la genèse et les projets futurs de l'Union européenne ne sont malheureusement pas isolés pour démontrer la responsabilité (volontaire ou non) de la stratégie mondialiste étasunienne dans les différentes crises frappant le Monde en général et l'Europe en particulier, et dans une dynamique d'effet domino : crise politique, crise économique,  crise migratoire, crise écologique, crise sociale, crise religieuse, crise morale etc...

Mais aujourd’hui, l'urgence a rejoint la gravité de la situation, car devant l'impossibilité d'imposer une vision unipolaire universelle, la politique entreprise par les ploutocrates de New York et les néo conservateurs de Washington, vient d'engager une stratégie du chaos recherchant une nouvelle division bipolaire qui cherche par un troisième conflit mondial a retarder son effondrement en détruisant ceux qui refusent son esclavage.

Désormais, le temps de la rébellion est arrivé...

De la réalité au mythe...

En 2014, dans un Donbass agressé militairement par les putschistes pro-occidentaux de Kiev, 
un peuple prend les armes pour refuser sa mise en esclavage et depuis, résiste toujours...

Souvent, des personnes me demandent pourquoi avoir choisi ce mot de "rébellion" pour désigner la résistance du peuple du Donbass au régime fasciste installé par les néo-conservateurs étasuniens à Kiev.

Ce choix sémantique, qui peut choquer des réactionnaires attachés à une obéissance de principe à tout Ordre établi, est pour moi très important, car il illustre à la fois la réaction de la population du Donbass dans toutes ses dimensions politique, historique et culturelle, mais aussi une des caractéristiques fondatrices de notre civilisation commune.

Car en effet, depuis la liberté d'expression défendue par l'agora grecque à l'esprit moderne de la Renaissance réfutant la domination des dogmes, l'Histoire européenne des idées se caractérise par sa capacité de se remettre en cause dans un amour passionnel de la liberté de pensée.


Les européens ont su défendre cet héritage libertaire au cours de leur histoire forgée à force de révoltes, insurrections, révolutions et résistances, innombrables et maturantes (tous ces noms sont d'ailleurs féminins)...

Mais de toutes ces déclinaisons de la dissidence, c'est le mot rébellion qui illustre selon moi le plus cet esprit européen éclairant toutes les libertés humaines...

Alain de Benoist, dans l'esprit du "Waldgang" jungerien, propose dans plusieurs études une définition du rebelle  (Pour le texte complet voir le lien à la fin de cet  article):

"Comme le révolté, le rebelle refuse l’ordre dominant du monde au sein duquel il a été jeté. Comme le révolutionnaire, il le refuse au nom d’un autre système de valeurs, d’une autre conception du monde, qu’il trouve en lui-même et dont il est le porteur. Cependant, contrairement au révolté ou au résistant, le rebelle tire avant tout de lui-même ce qui inspire son attitude. La révolte est liée à une situation, à une conjoncture qui en constitue la cause. Elle prend fin lorsque cette cause a disparu, et que la situation a changé.

La rébellion n’est pas seulement liée aux circonstances.

Elle est d’ordre existentiel. Le rebelle ressent physiquement l’imposture, il la ressent d’instinct. On devient révolté, mais on naît rebelle. 
Le rebelle est rebelle parce que tout autre mode d’existence lui est impossible. Le résistant cesse de résister quand il n’a plus les moyens de résister. Le rebelle, même emprisonné, continue d’être un rebelle. C’est pourquoi, s’il peut être perdant, il n’est jamais vaincu. Les rebelles ne peuvent pas toujours changer le monde. Le monde, lui, ne pourra jamais les changer.

Le rebelle peut être actif ou méditatif, homme de connaissance ou d’action. Sur le plan stratégique, il peut être lion ou renard, chêne ou roseau. Il y a des rebelles de
toutes sortes. Ce qu’ils ont en commun est une certaine capacité de dire non. Le rebelle est celui qui ne cède pas. Celui qui refuse, celui qui dit : je ne peux pas. Il est celui qui dédaigne ce que recherchent les autres : les honneurs, les intérêts, les privilèges, la reconnaissance sociale. A la table de jeu, il est celui qui ne joue pas le jeu. L’esprit du temps glisse sur lui comme la pluie sur les canards. Esprit libre, homme libre, il ne met rien au-dessus de la liberté. Il est la liberté même. « Est rebelle, écrit Jünger, quiconque est mis par la loi de sa nature en rapport avec la liberté » (2).

Face à un monde pour lequel il n’éprouve que mépris amusé ou dégoût affirmé, le rebelle ne peut se satisfaire de l’indifférence, car celle-ci est encore trop proche de la neutralité. Le rebelle est fait pour la lutte, fût-elle sans espoir. Le rebelle s’éprouve comme étranger au monde qu’il habite, mais sans jamais cesser de vouloir l’habiter : il sait qu’on ne peut nager à contre-courant qu’à condition de ne pas quitter le lit du fleuve. La distance intérieure qui est la sienne ne l’amène pas à refuser le contact, car il sait que ce contact est nécessaire à la lutte. Et s’il a « recours aux forêts », pour reprendre une expression connue, ce n’est pas pour s’y réfugier — bien qu’il soit souvent un proscrit —, mais pour y reprendre des forces vives. D’ailleurs, dit encore Ernst Jünger, « la forêt est partout présente. Il existe des forêts au désert comme dans les villes, où le Rebelle vit caché sous le masque de quelque profession. Il existe des forêts dans sa patrie, comme sur tout autre sol où peut se déployer sa résistance. Mais il existe surtout des forêts sur les arrières mêmes de l’ennemi ».

Le révolutionnaire entend parvenir à un but là où le rebelle incarne avant tout un état d’esprit et un style. Mais bien entendu, le rebelle sait aussi se fixer des objectifs. Par rapport au monde qui l’entoure, par rapport au « cours historique », c’est-à-dire à la conjoncture, il s’efforce d’identifier le moment favorable et de saisir ce moment.
Pour rompre l’encerclement, pour tenter d’introduire un grain de sable dans la machine, il raisonne sur des situations concrètes. En cela, il est avant tout mobile. Il mobilise la pensée, et il use d’une pensée mobile. Il n’est pas soldat, mais partisan. Il ne se tient pas derrière une ligne de front — il sait traverser tous les fronts.

Contre quoi doit-on se rebeller aujourd’hui ? Devant la montée de la pensée unique, devant la montée d’une vague prodigieuse de ce qu’il faut bien appeler le conformisme planétaire, devant les pathologies diverses qui affligent nos sociétés,
devant les menaces variées qui pèsent sur elles et assombrissent leur avenir, on n’a
que l’embarras du choix. Il me semble cependant que la plupart de ces phénomènes
vis-à-vis desquels nous cherchons à réagir ont en grande partie une cause commune, qu’ils se révèlent comme autant de conséquences d’une idéologie bien précise, idéologie séculaire et polymorphe que je propose d’appeler l’idéologie du Même."


Alain de Benoist, extrait d'une conférence "Rebelles et rébellions", Paris janvier 2002
____________

L'Union Européenne, à laquelle sont soumis les politiques nationales, n'est qu'une administration non représentative et dirigée par des hauts fonctionnaires au service des intérêts du Nouvel Ordre Mondial étasunien. Cette mise en esclavage des peuples a été rendue possible grâce à un formatage de la pensée, religieux, politique mais aussi culturel, bercée par la victoire contre le Nazisme et la vision d'un monde manichéen où les vainqueurs qui en écrivent l'histoire linéaire incarnent forcément le Bien luttant contre le Mal !
Et pourtant force est de constater que les principes dictatoriaux ont survécu au nazisme, pour servir le néocolonialisme étasunien...

Mais aujourd’hui, l'urgence a rejoint la gravité de la situation, car devant l'impossibilité d'imposer une vision unipolaire universelle, la politique entreprise par les ploutocrates de New York et les néo conservateurs de Washington, vient d'engager une stratégie du chaos recherchant une nouvelle division bipolaire qui cherche par un troisième conflit mondial a retarder son effondrement en détruisant ceux qui refusent son esclavage.

Désormais, le temps de la rébellion est arrivé...



"L'Europe ne se fera qu'au bord du tombeau"
Friedrich Nietzsche

Aujourd'hui, le système capitaliste mondialiste cherche à nous entraîner dans un chaos nihiliste, d'où il espère se maintenir seul au milieu des ruines... Cette stratégie suicidaire, pour satisfaire les intérêts fermés d'une élite ploutocrate, menace aujourd'hui nos identités et libertés mais également notre héritage plurimillénaire.

En 2014, un peuple inconnu aux confins de l'Ukraine et de la Russie allait contre toute attente refuser de se soumettre au Nouvel Ordre Mondial, et avec courage et humilité nous montrer le chemin de la Rébellion aussi bien armée contre une offensive militaire génocidaire, que métapolitique contre l'idéologie du Même et la dictature de la Pensée unique. Ce type de rébellion est possible lorsque est conservé dans les coeurs et la mémoire collective le rapport métaphysique entretenu de concert avec la patrie charnelle d'une part et la notion de Liberté d'autre part.

Voilà pourquoi les femmes et les hommes du Donbass, dont la capacité de résilience n'a d'égal que leur courage et leur humilité, de façon désintéressée et collective, ont écouté leur devoir hérité d'une longue Histoire transmise de génération en génération et l'appel de leurs coeurs qui refusaient l'humiliation de leur identité et l'Avenir de leurs enfants coupé de ses racines du Passé...

Cette rébellion n'est pas régionale ou même ukrainienne, elle est un tournant dans l'Histoire européenne, un réveil de conscience et un coup d'arrêt à l’expansionnisme dévastateur d'un mondialisme plongé dans une folle et meurtrière fuite en avant.

« L’inexorable encerclement de l’homme a été préparé de longue date par les théories qui visent à donner du monde une explication sans faille et logique, et qui progressent du même pas que les développements de la technique. On soumet d’abord l’adversaire à un investissement rationnel, puis à un investissement social, auquel succède, l’heure venue, son extermination. » Ernst Jünger : Traité du Rebelle ou le Recours aux forêts.1951

Dans la résistance à l'esclavage du Monde Moderne, les anticonformistes, libres penseurs, ou autres dissidents ne manquent pas, mais leurs analyses et combats sont souvent occultés voire marginalisés par la censure dictatoriale de la Pensée Unique contrôlant le mainstream médiatique, qui les condamnent à une quasi exclusion sociétale.

Il fallait une rupture... un grain de sable dans les rouages de ce fatalisme imposé par cette "Idéologie du Même" décrite par Alain de Benoist, et qui conditionne en hypnotisant par la "Société du spectacle" (Guy Debord 1967) les mentalités entraînées inexorablement vers l'esclavage consumériste du Monde moderne...


"No pasaran !"

Ce fut cette contestation populaire des bords de la Mer Noire qui, répondant au choc de l'Histoire survenu sur la Maïdan de Kiev durant l'hiver 2013-2014 va précipiter l'Histoire européenne. Réagissant au coup d'état fomenté par les USA et l'Union Européenne, le peuple russophone du Sud Est de l'Ukraine s'est dressé sur les limites de son sanctuaire, pour refuser sa soumission forcé à un système étranger bafouant son identité.

Mais pour que l'onde de choc se propage à travers le continent et réveille les consciences; à l'image du Donbass en mars 2014, il faut malheureusement attendre j'en ai bien peur, que les autres peuples européens soient confrontés au danger mortel de leur disparition (ce qui ne saurait tarder ...)

Car lorsque « la peur est remise à sa place d’interlocutrice, l’Homme peut à son tour prendre la parole. Il cesse alors de se croire cerné. Une autre solution que celle de l’automatisme se présentera à son esprit. C’est dire que désormais deux chemins s’ouvrent à lui, ou, en d’autres termes, que sa liberté de décision est restaurée »  Ernst Jünger : Traité du Rebelle ou le Recours aux forêts.1951





Les résistances héroïques menées en Syrie et dans le Donbass ont fait tombé le masque de l'impérialisme étasunien, et désormais l'haleine mortelle de la guerre plane dans une Europe a nouveau divisée par la cupidité et la haine.

Aujourd'hui, même si les combats continuent aux portes des Républiques libres de Novorossiya, sa population a ouvert aux peuples naturels du vieux Continent, le chemin de la reconquête européenne avec le soutien d'une Russie protectrice des valeurs civilisationnelles communes... 

Ce que je retiens de plus important dans cette rébellion, en dehors de son incontestable victoire militaire, c'est sa dimension fédératrice et novatrice, réunissant des énergies humaines tournées vers la création d'une société nouvelle par delà les idéologies du passé, tout en respectant leurs héritages... En cela la "révolution conservatrice" du Donbass est un exemple à méditer et à suivre sous toutes les déclinaisons possibles du combat contre le libéralisme, chacune adaptée à sa situation particulière (courant de pensée, information, opposition politique, résistance passive, subversion, lutte armée etc...)

Le dernier acte de la tragédie du capitalisme mondialiste vient donc de s'ouvrir sur son effondrement systémique, mais cela risque d'être douloureux car le  "Nouvel Ordre Mondial" agonisant n'a jamais été aussi dangereux pour la Paix mondiale qu'en ce moment, confirmant chaque jour l'adage russe qui affirme que "c'est lorsqu'il se noie q'un monstre fait les plus grosses vagues !"

Il y aura donc dans l'Histoire de l'Europe et de la thalassocratie étasunienne, un "avant" et un "après Donbass" et aujourd'hui, la fille d'Agenor doit reprendre son destin en main et rapidement si elle ne veut pas disparaître avec ce nouveau Léviathan dans le néant et l'opprobre de l'Histoire...


Erwan Castel, volontaire en Novorossiya


"Nous sommes l'Europe !"

__________

Sur l'influence américaine en Europe, voir également la conférence donnée par François Asselineau le 18 Janvier 2015 à Saint Ouen :

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Sources de l'article

Sur le mythe de l'enlèvement d'Europa :
- Site Wikipédia, le lien : ICI
- Site du CRDP, le lien : ICI
- Site Taurillon.org, le lien : ICI

Sur Walter Hallstein :
- Site Youtube le lien : ICI

Sur le Tafta
- Site Youtube le lien : ICI

Sur la figure du "Rebelle"
Blog sur Alain de Benoist, le lien : ICI et en PDF :ICI

Sur l'Europe
- Nous sommes l'Europe , le lien : ICI

Sur l'influence américaine dans les institutions
 Site Youtube le lien :  Part 1Part 2Part 3, et Part 4