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samedi 23 juillet 2022

Rappel géopolitique


A la veille des 5 premiers mois du conflit russo-ukrainien, cette région pontique, carrefour historique et stratégique majeur de l'Europe attire de nombreux regards devant lesquels les propagandes s'affrontant au dessus du champ de bataille tentent d'imposer une vision idéologique partiale et donc partielle.

Il est donc important de rappeler le contexte et les racines de cette crise qu'une stratégie d'affrontement entre 2 visions du Monde a finalement éclaté en conflit de haute intensité et symétrique entre Moscou et l'OTAN, cette dernière bataillant par son proxy ukrainien.

Voici une analyse signé Emmanuel Leroy qui aborde le conflit à travers 10 questions qui reviennent régulièrement sur les réseaux. Emmanuel Leroy est à la fois un penseur proche de la vision eurasiste de la nécessité d'instaurer un monde multipolaire et un homme d'action qui organise depuis 7 ans des actions humanitaires en faveur des enfants du Donbass. 

J'apprécie beaucoup ce genre d'analyse, à la fois pertinente et argumentée mais qui jamais ne sombre dans une caricature propagandiste bipolaire au service d'une idéologie personnelle et sectaire. Des questions et des éléments de réponse qui laissent libres l'esprit critique et la liberté de conscience du lecteur 

Erwan Castel

P.S. Je me suis permis de rajouter quelques observations personnelles et mise à jour.

Source de l'article : Saker francophone

Les 10 mystères de la guerre d’Ukraine

Pourquoi l’armée russe a t-elle attaqué le 24 février 2022 ?

Pourquoi les Russes attaquent-ils à 1 contre 2 ?

Pourquoi les Russes ont-ils lancé l’assaut contre Kiev et Kharkov ?

Que s’est-il passé à Tchernobyl ?

Que s’est-il passé à Energodar ?

Quid des laboratoires biologiques US ?

Où sont passés les 50 officiers français de Marioupol + autres officiers de l’OTAN ?

Que s’est-il passé à Boutcha ?

Que s’est-il passé à Kramatorsk ?

L’île aux serpents


Lancée dans la nuit du 23 au 24 février 2022, l’opération militaire spéciale, puisque c’est comme cela que les Russes l’ont appelée, recèle comme tout ce qui touche à la Russie, une bonne part de mystère et de nombreuses questions restées sans réponse. Nous allons tenter de répondre à certaines d’entre elles, ou du moins formuler des hypothèses, car il est bien évident qu’à ce stade des opérations et du brouillard de guerre qui l’environne, il est tout à fait impossible de répondre catégoriquement et on peut même affirmer qu’à l’issue de ce conflit – qui peut encore durer très longtemps – il est probable que certaines de ces questions ne connaîtront pas de réponses claires avant longtemps, si tant est qu’elles en reçoivent jamais. Mais cela n’empêche pas d’imaginer quelques réponses, quitte à soulever d’autres questions que d’autres essayerons de résoudre un jour.


Pourquoi l’armée russe a t-elle attaqué le 24 février 2022 ?

Pour ceux qui suivent le dossier du Donbass depuis les origines, c’est-à-dire depuis le coup d’État du Maïdan de 2014, la bonne question serait plutôt : pourquoi les Russes ont-ils tant tardé à intervenir pour mettre un terme à ce conflit qui n’a jamais cessé depuis 2014 ? En effet, nombreuses sont les personnalités politiques et militaires qui en Russie même, critiquent le Kremlin pour n’avoir lancé l’opération spéciale qu’en 2022 alors que l’armée ukrainienne avait été battue à plate couture en février 2015 et qu’elle n’existait virtuellement plus à cette date après la cinglante défaite de Debaltsevo. La réponse la plus plausible à cette question est que la Russie n’était pas suffisamment forte en 2015 pour encaisser le contrecoup des sanctions infernales qui n’auraient pas manqué de lui être infligées comme elles le sont aujourd’hui. Il est probable qu’en 2015 l’économie russe n’aurait pas été assez résiliente pour résister à l’étranglement des sanctions. De même à cette époque l’architecture financière de la Russie était encore rudimentaire et trop dépendante de l’Occident pour faire face aux coupures du système Swift et à l’arrêt quasi complet des exportations vers l’Europe. De plus, on peut ajouter qu’en 2015, la restauration de la puissance de l’armée russe n’était pas achevée (le discours de Poutine sur les nouvelles armes russes date de 2018) et il est probable que la Russie ne s’estimait pas prête à un conflit ouvert avec l’OTAN si celui-ci avait éclaté à cette date.

Les Russes ont affirmé (sans preuve dirimante pour l’instant) avoir saisi des documents dès les premiers jours de l’opération qui prouveraient que l’armée ukrainienne se préparait à donner l’assaut contre le Donbass dans les premiers jours de mars. Ce qui est établi c’est que l’état-major de Kiev avait positionné sur la ligne de front du Donbass depuis le printemps 2021 environ la moitié de son armée (plus de 150 000 hommes) et que ces troupes d’assaut étaient constituées des meilleures divisions de l’armée ukrainienne.

Le blogueur états-unien Moon of Alabama, spécialiste de géopolitique, affirme que

"l’entrée de la Russie en Ukraine le 24 février 2022 visait très certainement à prévenir l’assaut de l’armée ukrainienne dans le Donbass. Le rapport du 15 février de la mission spéciale de surveillance de l’OSCE en Ukraine a enregistré 41 explosions dans les zones de cessez-le-feu. Ce chiffre est passé à 76 explosions le 16 février, 316 le 17 février, 654 le 18 février, 1413 le 19 février, un total de 2026 les 20 et 21 février et 1484 le 22 février. Les rapports de mission de l’OSCE ont montré que la grande majorité des points d’impacts de l’artillerie se situaient du côté séparatiste de la ligne de cessez-le-feu."

Ma conviction personnelle est que l’armée ukrainienne a bien tenté l’assaut contre les républiques de Donetsk et de Lugansk en avril 2021 mais que cette tentative a été brisée par l’emploi massif de techniques de guerre électronique par les Russes qui a littéralement coupé toutes les communications radio des forces ukrainiennes et provoquant de ce fait ce que l’on pourrait appeler un véritable déni de guerre. Il a fallu près d’un an pour l’OTAN et pour l’armée ukrainienne pour rebâtir un système de communication que les Russes ne pouvaient plus inhiber. Et c’est ainsi qu’intervient la mise à disposition « miraculeuse et gratuite » du réseau satellitaire STARLINK d’Elon Musk au bénéfice de Kiev – opérationnel dès le début du conflit, et sans doute bien avant – et qui a sans doute considérablement gêné l’état-major russe dans les premières semaines de l’opération et probablement aujourd’hui encore.


Pourquoi les Russes attaquent-ils à 1 contre 2 ?

Tous les spécialistes militaires vous diront que l’on n’attaque jamais avec un ratio inférieur à deux contre un, voire trois contre un de préférence, pour espérer pouvoir l’emporter. Dans le cas présent, les Russes semblent avoir lancé l’opération avec environ 150 000 hommes sur 4 secteurs différents (Kiev et Kharkov au nord, le Donbass à l’est et Kherson au sud) et cela sur une ligne de front de 2500 km). Pour mémoire, lors de la campagne de France en mai 1940, et sur un front beaucoup plus réduit, l’Allemagne attaque avec 137 divisions et un total de 2 750 000 hommes. Rien que les forces armées ukrainiennes dans le Donbass disposent d’un nombre d’hommes équivalent à l’ensemble des forces russes engagées dans l’opération. Alors pourquoi lancer l’assaut dans ces conditions ce qui a littéralement sidéré les états-majors occidentaux ?

Première observation, même si l’armée russe est indubitablement la première armée d’Europe, et de loin avec près d’un million d’hommes affectés à la défense du territoire, les forces opérationnelles de l’armée de terre ne dépassent pas 300 000 hommes et il serait très hasardeux de dégarnir toutes les frontières de la Fédération de Russie pour les engager massivement sur le théâtre ukrainien si l’OTAN décidait par exemple, d’actionner son valet japonais du côté des Kouriles. Les Russes n’ont pas oublié la leçon de 1905.

Deuxième observation, on a le sentiment que la décision d’intervention est prise dans la précipitation, probablement dans le but d’agir en premier dans une guerre préemptive afin d’éviter le massacre de populations civiles dans le Donbass dans le cas où les forces armées ukrainiennes (FAU) auraient lancé l’offensive. On se rappelle que les populations civiles du Donbass commencent à être évacuées massivement quelques jours avant le 24 février.

Troisième observation, il s’agit pour les Russes d’une opération militaire spéciale et non pas d’une guerre ce qui interdit la mobilisation générale et le réveil du traumatisme de la Grande Guerre patriotique de 1941 avec ses 27 millions de morts toujours à vif dans l’esprit des Russes. La raison de ce choix politique est probablement que les dirigeants russes sont parfaitement conscients que cette guerre n’est pas une guerre contre l’Ukraine mais une guerre contre le Système occidental dans toutes ses composantes et qu’il est impératif de garder des forces sur le front économique afin de ne pas voir s’effondrer la Russie face aux sanctions occidentales. Mais il est bien clair que ce pari reposait sur une guerre courte et décisive et que sa prolongation, encouragée de toutes ses forces par l’OTAN, verra inéluctablement la transformation de cette opération militaire spéciale en situation de guerre stricto sensu avec toutes les conséquences qui en découleront, y compris pour les alliés de Kiev.


Pourquoi les Russes ont-ils lancé l’assaut contre Kiev et Kharkov ?

Bien évidemment, l’irruption des forces russes au nord sur les secteurs de Kiev et de Kharkov a contribué à fixer une part notable de l’armée ukrainienne dans cette zone ce qui a permis de soulager les fronts est et sud de l’opération. C’est un des arguments avancés par les propagandistes pro-russes pour justifier a posteriori la validité de ce choix stratégique. Si la prise rapide de tout le littoral sud qui a permis de sécuriser la péninsule de Crimée entre Kherson et Novoazovsk et de sanctuariser la mer d’Azov pourrait justifier la mise en place de cette stratégie, en revanche sur le front du Donbass, la résistance féroce des FAU jusqu’à aujourd’hui ne justifiait pas le sacrifice de milliers de soldats russes dans les batailles sanglantes à Irpin, Soumy, Kharkov et Tchernikov, d’autant moins que ces secteurs furent abandonnés quelques semaines après pour opérer une réaffectation des forces russes dans les opérations du front du Donbass.

Bien que cela ait été nié, on ne peut exclure que l’état-major général de l’armée russe ait été abusé sur l’état moral de l’armée ukrainienne et que la prise rapide de Kiev – peut-être avec des complicités internes qui auraient été déjouées par l’OTAN et le SBU – était escomptée de manière à provoquer un effondrement rapide de la résistance ukrainienne. Si cette hypothèse est vraie, on ne peut que constater qu’elle fut un dramatique échec dont la conséquence sera probablement d’aboutir à une guerre longue dont l’Ukraine sera la principale perdante.


Que s’est-il passé à Tchernobyl ?

La centrale nucléaire de Tchernobyl située à une centaine de kilomètres au nord de Kiev est occupée dès le 24 février par les troupes aéroportées russes en provenance de la frontière biélorusse toute proche. Le contrôle de ce site industriel ne présente aucun intérêt stratégique ni pour l’assaut sur la capitale ukrainienne, ni même dans le déroulé de l’opération militaire spéciale car l’essentiel des efforts de contre-attaque des FAU durant le mois de mars se dérouleront plus au sud pour la reprise de l’aérodrome Antonov de Kiev et de la ville adjacente de Gostomel. Contrairement à ce qu’affirme Wikipédia, il n’y a pas eu véritablement de « bataille de Tchernobyl » car les soldats ukrainiens et les forces de sécurité présentes sur place se sont rendues très vite quasiment sans résistance et semblent même avoir collaboré, au moins partiellement, avec les forces d’occupation.

Néanmoins, les Russes resteront sur place jusqu’au 29 mars en établissant quelques éléments de défense autour de la centrale, notamment en creusant des tranchées sur la périphérie sud. Qu’est-ce qui a poussé l’armée russe à envoyer quelques-unes de ses meilleures troupes sur un site hautement contaminé ? L’hypothèse la plus vraisemblable est qu’elle avait en projet d’empêcher les Ukrainiens de fabriquer une bombe nucléaire « sale » élaborée à partir de déchets radioactifs. Cette conjecture complotiste doit être examinée à l’aune des déclarations de Volodymir Zelensky le 18 février 2022 lors de la 58ème conférence de Munich sur la sécurité où il déclare très clairement que l’Ukraine est prête à remettre en question son statut de puissance non-nucléaire en menaçant de dénoncer le Mémorandum de Budapest. Le régime de Kiev avait-il déjà commencé à travailler à la mise au point d’une bombe atomique à partir des déchets radioactifs de la centrale de Tchernobyl ? On ne peut pas l’exclure, ni l’affirmer non plus, mais la question suivante au sujet de la prise de contrôle de la centrale d’Energodar apportera peut-être quelques éclaircissements.

Observation personnelle : 

Cette dernière remarque d'Emmanuel Leroy sur la fabrication potentielle de munitions nucléaires pat le régime de Kiev est confirmée 

  • par la volonté déclarée publiquement à Vienne par Zelensky à la mi février 2022 de voir la composante nucléaire revenir dans l'arsenal ukrainien.
  • par  le découverte dans la centrale nucléaire d'Ernegodar (centrale de Zaporodje) de stocks nucléaires hors inventaire et excédentaires.(voir § suivant)
  • techniquement, se doter de l'arme nucléaire ne présente pas un gros problème pour l'Ukraine qui possède l'expérience, des usines et des lanceurs soviétiques.

 

Que s’est-il passé à Energodar ?

Ville située sur la rive gauche du Dniepr au sud de Zaporijia, Energodar est une cité moderne sur laquelle a été construite la plus puissante centrale nucléaire d’Europe. Comme Tchernobyl, la ville et la centrale d’Energodar passent sous contrôle russe – malgré le démenti du maire Dmitri Orlov – dès le 26 février. Dans un article daté du 25 mai 2022 le journaliste étasunien du Wall Street Journal, Laurence Summer, affirme que le chef de l’AIEA (Agence internationale de l’Energie Atomique) Rafael Rossi aurait déclaré à Davos que la centrale nucléaire recelait 30 tonnes de plutonium et 40 tonnes d’uranium enrichi. Selon le degré d’enrichissement de ce dernier, il aurait été assez simple pour l’Ukraine de reconstituer tout un stock d’armes nucléaires avec le soutien occidental, ce qui était un risque que les Russes ne pouvait pas tolérer. Ce qui est sûr, c’est que dès le 4 mars, les forces spéciales ukrainiennes – peut-être assistées de SAS britanniques – tentent de reprendre le contrôle de la centrale afin d’empêcher le transfert en Russie des stocks de plutonium et d’uranium.

Selon le chercheur Thierry Meyssan 

"le plutonium est vendu entre 5 000 et 11 000 $ le gramme. 30 tonnes achetées au prix coûtant, cela représente 150 milliards de dollars. Le prix de l’uranium dépend de son degré d’enrichissement. À moins de 5 %, il ne peut être utilisé qu’à usage civil et doit atteindre au moins 80 % pour un usage militaire. Ignorant son degré d’enrichissement, on ne peut évaluer son prix. La saisie par la Russie de ce stock non-déclaré rembourse probablement l’ensemble des sanctions prises contre elles."

Le président du Réseau Voltaire poursuit : 

"L’information dont nous disposons soulève plusieurs questions : depuis quand l’Ukraine, qui avait cédé à la Russie tous ses stocks de l’époque soviétique, détient-elle ces matériaux ? D’où viennent-ils et qui les a payés ? Subsidiairement: quel est le taux d’enrichissement de l’uranium et qui l’a enrichi ?".

Ces questions restent en suspens et ne manquent pas d’interroger sur le rôle réel qu’a joué l’AIEA dans cette affaire.


Quid des laboratoires biologiques US ?

Dès la chute de Viktor Yanukovitch en 2014, l’OTAN renforce son emprise sur l’Ukraine et met en place un réseau d’une trentaine de laboratoires biologiques dont des documents récupérés par l’armée russe dès le début des opérations exposent qu’y étaient réalisées « des expériences extrêmement dangereuses visant à renforcer les propriétés pathogènes de la peste, de l’anthrax, de la tularémie, du choléra et d’autres maladies mortelles en recourant à la biologie de synthèse ». Les États-Unis, après avoir nié l’existence de ces laboratoires, ont affirmé qu’il s’agissait d’un programme visant à détruire les armes biologiques que l’Union soviétique aurait fabriquées et stockées en Ukraine. Pour la Russie au contraire, le Pentagone faisait sous-traiter en Ukraine – comme il le fait également en Géorgie, au Kazakhstan et ailleurs – des recherches sur des vecteurs biologiques interdits par la Convention sur l’interdiction des armes biologiques de 1972.

Malgré les tentatives américaines d’effacer toutes traces de ces recherches en ordonnant la destruction des souches et des documents y afférents dès le début de l’invasion, des sources russes affirment que des expériences auraient été menées sur des malades mentaux à l’hôpital psychiatrique n° 1 (dans la ville de Streletchyé, oblast de Kharkov) et qu’un agent tuberculeux aurait été manipulé pour infecter la population du district de Slavianoserbsk (République populaire de Lougansk). Ce qui semble avéré également serait la participation de Hunter Biden, fils du Président US, dans ces expériences comparables aux pires abominations nazies.

En effet, selon des médias états-uniens :

"Environ un an après que les fonds d’investissement de Hunter Biden ont investi de l’argent dans Metabiota, des représentants de la société ont assisté à une réunion en octobre 2016 impliquant des responsables militaires américains et leurs homologues ukrainiens pour discuter de « la coopération dans la surveillance et la prévention des maladies infectieuses particulièrement dangereuses, y compris les maladies zoonotiques en Ukraine et dans les pays voisins". 

Les contrats gouvernementaux corroborent également la relation de travail entre Metabiota, les laboratoires ukrainiens et le département américain de la Défense, l’entreprise ayant reçu une subvention de 18,4 millions de dollars de l’agence américaine en 2014.

Alors ? Complotisme ? Propagande russe ? Hystérie ? Nous vous laissons juge.


Où sont passés les 50 officiers français de Marioupol + autres officiers de l’OTAN ?

La présence de milliers d’occidentaux dans les rangs de l’armée ukrainienne et cela bien avant le début du conflit, est parfaitement documentée : Instructeurs de l’OTAN, mercenaires, conseillers divers, forces spéciales… et il est même établi que notre Gendarmerie nationale a fourni quelques instructeurs aux FAU et peut-être même au régiment Azov, au moins durant l’année 2021.

Alors d’où vient cette rumeur sur la présence d’officiers français à Marioupol ? Dès la mi-mars 2022, l’encerclement de la ville est achevé et des rumeurs font déjà état de la présence de nombreux occidentaux (Canadiens, Britanniques, Américains, Français, Israéliens…) présents aux côtés des FAU et du célèbre régiment Azov qui défendent la ville. Le 30 mars, alors que les bruits enflent sur la présence de soldats français (des photos trouvées sur les réseaux sociaux montrent des insignes de la Légion étrangère française et des bérets verts trouvés dans les ruines de la ville), on apprend que le général Eric Vidaud, directeur du renseignement militaire est brutalement limogé alors qu’il n’est en poste que depuis 7 mois.

Durant tout le mois d’avril des pressions très fortes sont exercées par les occidentaux contre les Russes (le président français en première ligne sur ce sujet) pour obtenir un couloir humanitaire afin d’évacuer les « civils » de Marioupol. Devant le refus obstiné des Russes de laisser partir, non pas les civils mais les gros poissons (on a parlé d’un général canadien et d’un amiral US) enfermés dans l’usine Azovstal, plusieurs opérations de sauvetage par hélicoptères et même par voie maritime seront tentées et aboutiront toutes à des échecs sanglants. Selon les sources, entre 2 et 8 hélicoptères seront abattus lors des tentatives d’extraction. Lors de l’une d’entre elles, deux officiers français auraient été retrouvés morts dans la carlingue calcinée d’un des aéronefs.

Alors d’où vient cette rumeur sur la présence des 50 officiers français de Marioupol ?

L’affaire prend véritablement de l’ampleur lorsque le Secrétaire général du parti nationaliste turc VATAN, Özgür Bursal, tient une conférence de presse au siège de son parti à Ankara le vendredi 22 avril 2022 en annonçant que « Macron avait laissé mourir plus de 50 officiers français en Ukraine ». Le Turc affirme tenir cette information de source russe de haut niveau.

Il est évident que ce type de révélation à quelques jours de la présidentielle française aurait eu un impact direct sur l’issue du scrutin et qu’il était crucial pour l’Élysée de maintenir le couvercle sur cette affaire, au moins jusqu’à l’issue de l’élection.

Quoi qu’il en soit, le 18 mai les derniers défenseurs d’Azovstal commencent à se rendre après deux mois de siège et de nombreuses vidéos circulent sur la Toile montrant le spectacle de la reddition. Si une photo présente de manière présumée l’amiral US Eric Olson (affirmation démentie par les médias aux ordres mais ni confirmée ni infirmée par l’armée russe), plus aucune trace de mercenaires ou d’officiers occidentaux n’apparaît dans la presse russe officielle. Seules les rumeurs continuent de plus belle sur les réseaux sociaux. Et parmi celles-ci, l’une d’entre elles affirme que les officiers de l’OTAN qui voulaient se rendre ont été exécutés par les fanatiques du régiment Azov qui ne voulaient pas entendre parler de reddition. Ce qui est certain, c’est que plusieurs centaines de cadavres (certaines sources parlent de plus de 200 corps) ont été retrouvés dans les sous-sols de l’usine dans des camions frigorifiques qui ne fonctionnaient plus. Des Français font-ils partie du lot ? Seuls les Russes ont la réponse à cette question. Sont-ils au contraire sortis vivants et feront-ils l’objet d’âpres négociations entre l’OTAN et le Kremlin lorsque la diplomatie reprendra ses droits ? Seul l’avenir nous le dira, peut-être…

Observation personnelle : 

Lors du nettoyage de l'Usine Azovstal, en plus des corps trouvés dans les pièces frigorifiques ou simplement entreposés dans des souterrains, un crématorium a été découvert avec des restes humains appartenant à plusieurs dizaines de corps et à proximité un fragment d'une carte d'identité étasunienne. Pourquoi était-il nécessaire de faire disparaître certains corps parmi les cadavres de l'usine, civils assassinés, soldats exécutés ou effectivement membres de l'OTAN à faire disparaître ? 


Que s’est-il passé à Boutcha ?

Avec l’affaire de Boutcha, nous entrons clairement dans la propagande de guerre de bas étage et qui paradoxalement se démonte aujourd’hui plus facilement, grâce en partie aux réseaux sociaux, que les histoires de bébés crucifiés aux portes des granges par l’armée prussienne en 1914.

Il faut dire que dans cette affaire, la précipitation et l’amateurisme des faussaires ont permis d’éventer rapidement la supercherie.

Tout d’abord la chronologie même des événements ne colle pas avec la réalité : le 30 mars les soldats russes évacuent la ville et dès le lendemain, le 31 mars, le maire de Boutcha hilare devant une caméra, le confirme et précise même qu’il n’a aucun mort à déplorer dans sa ville ce dont il se réjouit, bien évidemment. Le même jour, les néo-nazis du régiment Azov entrent dans Boutcha et le 4 avril est publiée dans le New-York Times une photo satellite datée du 19 mars, qui montre une rue jonchée de cadavres. La photo, diffusée aux médias occidentaux, a été présentée comme preuve d’un « crime de guerre commis par les troupes russes en Ukraine ». Mais des experts établiront que la photo n’a pas été prise le 19 mars, quand l’armée russe se trouvait encore dans la ville mais le 1er avril, deux jours après qu’elle l’ait évacuée. La date et l’heure exacte de l’image ont été calculées par le programme SunCalc sur la base de l’inclinaison du soleil au-dessus de l’horizon et donc de la direction des ombres. Dans l’image satellite publiée par le New York Times, l’angle du Soleil est de 42 degrés. Cela signifie que la photo satellite a été faite à 11h57 GMT le 1er avril.

Par la suite, les expertises réalisées dans le cadre de l’enquête internationale chargée de démontrer la réalité du prétendu crime de guerre commis par la Russie, concluront au fait que la plupart des cadavres de Boutcha présentaient des blessures par des fléchettes contenues dans des obus utilisés par l’armée ukrainienne alors que les autorités de Kiev affirmaient que tous les civils avaient été exécutés avec des armes automatiques.

Fin de la manipulation et silence radio désormais sur les médias de grand chemin au sujet du « massacre de Boutcha ».

Observation personnelle : 

L'unité spéciale ukrainienne venue à Boutcha le 1er avril est précisément le bridage "Safari" spécialisée dans le maintien de l'ordre (on va la retrouver lors de la réoccupation de villages dans le secteur de Soumy notamment où de nombreux habitants dénoncés comme pro-russes vont  "disparaitre"

Concernant Boutcha, d'autres observations détruisent facilement le narratif ukro-atlantistes comme par exemple les brassards blancs (qui avec les brassards rouges désignent les russes et pro-russes ), l'absence de lividité et rigidité cadavérique lors des premiers reportages du 2 avril. Ensuite il est simplement ridicule pour les occidentaux de vouloir nous faire croire que des corps puissent rester intacts pendant 2 semaines sans être enterrés (même provisoirement) par une population chrétienne pour qui c'est inconcevable, épargnés par les chiens errants et les oiseaux et épargnés par les bombardements ukrainiens et les véhicules russes qui ont redoublé avant leur départ.


Que s’est-il passé à Kramatorsk ?

Dans cette autre affaire de manipulation où un missile a été lancé le 8 avril 2022 sur la gare de Kramatorsk juste après que les autorités ukrainiennes aient annoncé que des trains d’évacuation étaient à disposition des habitants et où une foule importante de civils était assemblée dans la gare (plusieurs dizaines de morts). Il y a là deux objectifs qui sont poursuivis : outre la volonté de présenter un agresseur russe commettant des crimes de guerre aux yeux de l’opinion publique mondiale, il y avait la volonté d’empêcher les populations du Donbass de quitter les villes où elles servent de bouclier humain aux FAU en les décourageant de partir par le train (pour les nombreuses familles qui ne disposent pas de véhicules).

Là encore, à l’heure des réseaux sociaux, après l’effet d’annonce, il est plus facile de faire circuler l’information et quelques minutes après l’attentat, une photo est reprise sur la Toile où l’on peut voir très nettement le numéro de série du missile Tochka-U (?91579 en russe) qui a frappé la gare ferroviaire. Ce missile provient d’un stock clairement identifié comme appartenant à l’armée ukrainienne. Seules les FAU disposent de missiles Tochka-U. L’armée russe n’utilise plus cette arme depuis 2019. Les Républiques Populaires de Donetsk et de Lugansk ne l’ont jamais utilisée. Il s’agit là de manière plus qu’évidente d’un crime de guerre accompli par le régime de Kiev contre sa propre population dans le but de blâmer la Russie.

Seuls ceux qui ne connaissent pas le degré de haine et de mépris dans lequel sont tenus les habitants du Donbass par les militants nationalistes et suprémacistes ukrainiens pourront s’étonner de voir une armée tirer délibérément sur son « propre » peuple.

Observation personnelle : 

Si le fait que l'armée russe ne peut-être avancé comme argumentaire, car  les russes gardent toujours leurs stocks d'ares et munitions (y compris ceux datant de la IIGM) et les réactivent si nécessaire (comme récemment le chars de combat T62 récemment déployés en Ukraine pour servir d'artillerie mobile appuyant les assauts urbains de l'infanterie), en revanche le numéro de série du missile lisible sur le débris de son empennage photographié des centaines de fois appartient bien au stock fourni aux brigades de missiles de l'Ukraine soviétique et dont pas une seule avait des dépôts dans le Donbass.


 L’île aux serpents (Ile Zmeiny)

Cet îlot minuscule situé en Mer Noire à une cinquantaine de kilomètres des côtes ukrainiennes et roumaines est d’une importance stratégique majeure dans le conflit actuel car la possession de ces arpents de terre permet à celui qui les contrôle de verrouiller l’accès à Odessa, c’est-à-dire au seul port dont dispose encore Kiev et surtout de surveiller toute la partie ouest de la Mer Noire où deux pays de l’OTAN sont présents, Bulgarie et Roumanie, cette dernière étant particulièrement active dans le conflit, notamment dans le cadre de la future très probable agression de l’OTAN contre la République Moldave du Dniestr, entité séparatiste pro-russe mieux connue sous le nom de Transnistrie et située entre la Moldavie et l’Ukraine.

Au-delà de l’intérêt stratégique pour le contrôle de cette île, il y a eu également des rumeurs sur la présence d’un laboratoire biologique sur l’île des Serpents mais les sources disponibles ayant relaté l’information sont plutôt sujettes à caution.

En revanche, la volonté de l’OTAN de reprendre le contrôle de cette île à tout prix découle clairement des moyens engagés – et perdus -. Petite chronologie des événements :

Dès le matin de l’offensive, le 24 février 2022, l’île est prise par la marine russe. Le récit de la prise de cet îlot stratégique sera l’occasion du premier bobard de guerre car selon le ministère ukrainien de la défense, les treize garde-frontières présents sur l’île auraient résisté jusqu’à la mort en refusant l’ultimatum d’un navire russe qui leur demandait de se rendre. Mais deux jours plus tard, la diffusion sur la Toile des photos de la reddition des gardes-frontières contraint les autorités ukrainiennes à annoncer que leurs soldats sont bien en vie et ont été capturés par les Russes. Une image satellite prise le dimanche 27 mars 2022 par Maxar Technologies montre l’île des Serpents dont certains bâtiments sont endommagés, ainsi qu’un navire de débarquement de classe Ropoutcha de la marine russe ancré près de l’île. Des frappes militaires russes ont donc bien eu lieu, mais d’ampleur limitée, en préalable à l’occupation de l’île. Fin mars 2022, les garde-frontières ukrainiens (il y en avait 82 et non pas 13) ont été libérés lors d’un échange contre des prisonniers russes détenus par l’Ukraine.

Le communiqué du Ministère de la Défense russe publié le 9 mai 2022 (date anniversaire de la victoire de l’Union soviétique contre l’Allemagne) fait état des faits suivants :

Selon les informations mises à jour, 6 hélicoptères Mi-8 et Mi-24 ont été détruits pendant la nuit près d’Artsiz dans la région d’Odessa près de l’aérodrome militaire de Chervonoglinskoe par des missiles de haute précision Onyks du système de missiles côtiers Bastion. …

Le 7 mai, sur ordre direct de Zelensky, l’état-major ukrainien, avec l’implication directe de conseillers américains et britanniques, a planifié une provocation majeure pour s’emparer de l’île de Zmeiny.
 
Au cours des deux derniers jours, le régime de Kiev a fait plusieurs tentatives désespérées d’assauts aériens et maritimes sur l’île de Zmeiny, qui est importante pour le contrôle de la partie nord-ouest de la mer Noire.

La provocation ukrainienne a été déjouée grâce à l’action compétente d’une unité des forces armées russes sur l’île. L’ennemi a subi de lourdes pertes.

4 avions ukrainiens, dont 3 Su-24 et 1 Su-27, 3 hélicoptères Mi-8 avec des parachutistes à bord, et 1 hélicoptère Mi-24 ont été abattus en vol pendant que l’armée repoussait les attaques contre l’île de Zmeiny.

En deux jours, 29 drones ukrainiens ont été abattus en vol, dont 8 drones d’attaque Bayraktar TB-2. De plus, 4 drones Bayraktar ont été abattus cet après-midi.

Par ailleurs, trois bateaux d’assaut amphibies ukrainiens blindés transportant du personnel de la marine ukrainienne ont été détruits lors d’une tentative de débarquement dans la nuit du 8 mai.

Suite à la provocation irréfléchie de Zelensky, plus de 50 saboteurs ukrainiens ont été tués en mer et sur la côte lors du débarquement et des tentatives de consolidation sur l’île.

24 corps de militaires ukrainiens morts ont été abandonnés sur le rivage de l’île de Zmeiny.

Côté russe, les pertes sont également sensibles puisqu’au moins deux navires de la Flotte de la Mer Noire ont été coulés (probablement par les missiles sol-mer ou air-mer) soit à proximité immédiate de l’île, soit au large de celle-ci.

Il est peu probable que les restes archéologiques du temple d’Achille découvert sur cette île pélagienne soient la raison principale des moyens très lourds engagés par les deux parties pour conserver ou reprendre le contrôle de ce bout de terre aride. Sa position-clé à une époque où les radars, la guerre électronique et les missiles à capacité stratégique jouent un rôle majeur dans la conduite de la guerre, suffit largement à expliquer l’intérêt majeur que représente ce bout de terrain situé aux confins des frontières de l’OTAN dans la guerre en cours entre la Russie et l’Occident.

Observation personnelle : 

Depuis cet article, l'île au serpent a été abandonnée par les forces russes car trop isolée, son ravitaillement était vulnérable (surtout depuis la perte du croiseur Moskva qui assurait la couverture anti aérienne du secteur) et trop proche des côtes ukrainiennes elle subissait des bombardements d'attrition augmentés grâce aux aides occidentales (drones d'attaque, missiles et obusiers longue portée). Mais les forces aérospatiales russes maintiennent ce caillou au large d'Odessa sous leurs feux continuels qui dissuadent les forces ukrainiennes de le réoccuper et l'utiliser pour menacer la rade de Sébastopol par exemple. 

Probablement que dans le cadre des accords internationaux pour réactiver les exportations céréalières ukrainiennes à partir d'Odessa, cet ilot va être  sanctuarisé  et rester neutre.

Enfin pour conclure et au rebours de certains propagandistes pro-russes exagérément optimistes, et malgré les succès tactiques de l’armée russe obtenus dans le Donbass depuis son repositionnement du mois d’avril et son indubitable supériorité aérienne et de capacité d’artillerie, la lenteur extrême de l’avancée russe sur le front est et la stagnation quasi complète sur les autres fronts démontrent que le Kremlin ne pourra échapper à une mobilisation générale s’il veut l’emporter. La guerre d’Ukraine est une guerre existentielle pour la Russie comme pour l’Occident. Nous n’en sommes qu’au début et les peuples d’Europe n’ont pas fini de souffrir. Sursum corda !

Emmanuel Leroy

Président de l’Institut 1717 – Pour une nouvelle alliance franco-russe

samedi 14 septembre 2019

Fayard, un prisonnier sacrifiable


Le 4 avril dernier, Hubert Fayard qui est le représentant honoraire de la République Populaire de Donetsk en France, était arrêté sur inculpation de proxénétisme et sous une couverture politico-médiatique disproportionnée...juste avant la visite en France de Porochenko et Zelensky, respectivement aujourd'hui l'ancien et le nouveau président ukrainien.  

Depuis 5 mois Hubert Fayard a quasiment disparu dans les geôles macroniennes, où il est maintenu arbitrairement et abusivement en isolement et sans jugement, et pour cause car victime d'une arrestation politique sous couvert d'accusations diffamantes et calomnieuses.

Aujourd'hui le prisonnier politique Fayard est devenu l'otage d'une politique félonne qui sait que sa libération déclenchera de sa part une contre attaque légitime et victorieuse pour que soit lavé son honneur et que les organisateurs politiques de cette parodie judiciaire soient traînés devant un vrai tribunal, s'il en existe encore un digne de ce nom dans cette "démocrature" française.

Hubert Fayard est aujourd'hui en danger physique car les pressions exercées sur lui et sa famille sont de nature à le pousser au suicide, et seule une médiatisation de son incarcération politique abjecte peut aujourd'hui le soutenir et faire plier la justice asservie au politique. 

Emmanuel Leroy est un militant du soutien au Donbass très actif et efficace, et surtout son désintéressement et son éthique le pousse à défendre ici Hubert Fayard et à dénoncer la machination politico-judiciaire dont il est victime. Soit dit en passant cette incarcération politique a eu comme avantage (et certainement le seul) de révéler définitivement l'imposture du réseau Moreau/Brayard/Néant, qui n'écoutant que leur couardise et leurs intérêts personnels se gardent bien de prendre la défense de cet homme qui égratigne leur psychotique besoin d'avoir le monopole du soutien français dans le Donbass. Nul doute que si Hubert Fayard avait fait partie de leur réseau sectaire, les Moreau, Néant et autres Tartuffe et Torquemada propagandistes français dans le Donbass auraient déclenché un tsunami de déclarations indignées sur leurs réseaux officiels et collabos...

Voici par contre un des entretiens fraternels et désintéressés accordés aux médias russes concernant Hubert Fayard, par Emmanuel Leroy à l'occasion de sa mission d'observateur aux élections à Moscou.

Erwan Castel

Source : Rambler

Un politologue français a commenté l'arrestation 
du chef du bureau de représentation de la RDP  


MOSCOU , 13 septembre - RIA News. 

"Le cas de Hubert Fayard, responsable de la représentation de l'autoproclamée  République Populaire de Donetsk en France, incarcéré à Marseille, est un cas politique. Son arrestation a été provoquée, entre autres, par le mécontentement des autorités françaises face à la décision du tribunal de refuser de fermer le centre de représentation du DNR, a déclaré à RIA Novosti le secrétaire général du Mouvement International de la Souveraineté populaire, et fondateur de l'association humanitaire "Urgence enfants du Donbass", le politologue Emmanuel Marc Andre Leroy.

Hubert Fayard, chef de la représentation de la RDP à Marseille, a été arrêté en France en avril. Il a été rapporté qu'il avait été arrêté pour soupçon de proxénétisme.

"Hubert Fayard est en prison à Marseille depuis plus de six mois. Son cas est absolument politique. Je pense que M. Fayard a été arrêté par les autorités françaises pour plusieurs raisons, dont la première est son courage d'ouvrir un bureau de représentation de la République populaire de Donetsk en France", a déclaré Emmanuel Leroy .

Selon l'expert, la décision prise ultérieurement par la ville d'Aix-en-Provence, dans le Sud de la France, de ne pas fermer le centre de représentation a «frappé» les autorités françaises. "Fayard a gagné le procès et les autorités françaises l'ont arrêté", a déclaré le politologue.

La deuxième raison de la détention de Fayard, selon Leroy, est «symbolique et importante». "Fayard a été l'un de ceux qui ont participé au jumelage de la ville de Marignane, dans la banlieue de Marseille, et de la ville d'Eupatoria, en Crimée. Les maires de ces deux villes se sont rencontrés en Crimée en mai 2018 pour établir des relations amicales entre Marignan et Eupatoria. Cela a été largement rapporté dans la presse et a suscité beaucoup de colère chez les autorités françaises, ainsi que chez les Ukrainiennes", a expliqué Leroy.

L’interlocuteur de l’agence a souligné que l’histoire des soupçons de proxénétisme de Fayard était une invention. "Fayard est un citoyen modèle que les autorités françaises ont mis en prison. Il a eu le courage d'agir en tant que représentant des habitants du Donbass, qui ont été sous les bombes jour après jour. Les informations que j'ai pu obtenir sur cette affaire indiquent que nous parlons d'un plan rusé", a déclaré Leroy.

Le centre de représentation de la RPD a été inauguré à Marseille en septembre 2017. Son chef a rappelé que sa mission était d'informer les habitants de la France de la situation réelle dans le Donbass. Le centre RPD en France est le cinquième bureau de représentation de ce type en Europe occidentale. Des bureaux similaires étaient auparavant ouverts en Finlande, en République tchèque, en Grèce et en Italie.

Comme Fayard l'a expliqué précédemment, le bureau de la DPR à Marseille est un organisme public créé conformément au droit français. Le centre est appelé à coordonner l'aide humanitaire, les échanges d'étudiants et à effectuer des tâches d'information. Il est financé par des dons privés volontaires. 
L'ouverture du centre de la DPR à Marseille a provoqué une réaction négative du pouvoir à Paris. Comme l’a déclaré à l’époque le ministère des Affaires étrangères de la République, la France, qui "reste attaché à l’intégrité territoriale de l’Ukraine et ne reconnaît pas la formation des républiques populaires de Donetsk et de Lougansk", n’a pas l’intention de reconnaître le statut diplomatique à ce centre.

Le bureau du procureur régional d'Aix-en-Provence, en France, a demandé la fermeture du centre de représentation du DNR, mais le tribunal a décidé de refuser la plainte du procureur."

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mercredi 11 avril 2018

Un appel du coeur

Le Donbass a attiré des volontaires tant sur le front militaire, que sur ceux de l'information et du soutien humanitaire. pour le Donbass, le soutien n'est pas légion, il fait le reconnaître et surtout le regretter et lorsqu'on écarte en plus les inévitables vautours et paumés qui voient dans la détresse d'un peuple en guerre l'occasion de satisfaire un égotisme cupide ou stupide, force est de constater qu'il ne reste plus beaucoup de gens sincères.

Mais en revanche la qualité compense le nombre comme par exemple Emmanuel Leroy, qui depuis le début du conflit s'est investi dans l'analyse et l'aide humanitaire qu'il réalise avec son épouse Estelle à travers des missions d'assistance logistique, rendue possible grâce à la générosité d'un réseau de donateurs fidèle et croissant.

J'ai eu le plaisir d'accueillir plusieurs fois ce couple à Donetsk qui en fondant l'association "Urgence Enfants du Donbass" aide sans compter les victimes de la guerre et du blocus qui se sont abattus sur le Donbass depuis 4 ans maintenant.

Voici un article humaniste et plein d'espérance que nous offre Emmanuel Leroy dont je recommande fortement l'association pour toutes celles et ceux qui veulent s'investir concrétement dans le Donbass pour soulager les cœurs et les corps.

Erwan Castel  

Le lien pour aider l'association :




Source de l'article: le Saker francophone

Le Donbass, laboratoire du solidarisme ?


Par Emmanuel Leroy − Avril 2018


Depuis bientôt trois ans que je vais régulièrement dans cette région en guerre apporter avec mes amis un maigre secours aux enfants du Donbass victimes de la guerre de conquête de l’OTAN, j’observe une société en profonde mutation, arc-boutée sur la volonté inébranlable de ne pas céder un pouce de terrain face aux hommes de la junte de Kiev et résistant victorieusement à tous les assauts tel un fameux village gaulois encerclé par les séides d’un nouvel empire marchand.


De mai 2015 lors de ma première visite jusqu’à la dernière en août 2017, j’ai vu la république de Donetsk restaurer ses routes, relever ses ruines, remplacer les milliers de vitrines brisées et changer les conduites d’eau ou de gaz perforées par les bombes et offrir aujourd’hui le spectacle d’une capitale pimpante, fleurie et avenante où il ferait bon vivre si l’on n’entendait tous les jours tomber les obus sur la ligne de front située à moins de 4 km du centre-ville et si l’on ne voyait la mort faucher presque chaque jour son tribut macabre de civils ou de miliciens.

J’y ai vu l’ancien Mc Do© de la place Lénine transformé en Don’ Mak© et cesser du jour au lendemain d’envoyer l’argent de la jeunesse de Donetsk alimenter les comptes en banque de cette multinationale de la malbouffe. J’y ai vu les banques fermées et les panneaux publicitaires débarrassés des images agressives de vamps dénudées vantant n’importe quelle marchandise frelatée. J’ai vu une société civile tout entière derrière son armée de volontaires, jusqu’à voir un père s’engager dans le même bataillon où le fils a perdu la vie au combat le mois précédent.

J’ai vu des femmes engagées dans les forces spéciales dépenser le temps précieux de leurs permissions pour nous accompagner dans des maraudes près de la ligne de front pour apporter de la nourriture et des douceurs aux babouchkas et aux enfants qui vivent dans des maisons délabrées ou dans des bunkers souterrains datant de la guerre froide.

J’ai vu des volontaires venus de Russie, des deux Amériques, de France, de Serbie, d’Arménie, de Géorgie, d’Allemagne ou d’Italie et d’autres parties du monde encore pour offrir leur vie dans cet affrontement total qui oppose deux conceptions du monde parfaitement antagonistes et irréductibles l’une à l’autre et que l’on peut résumer dans la lutte éternelle entre Carthage et Rome, entre les puissances de la mer et celles de la terre, et au-delà entre le monde fluide de l’argent et le monde où les choses qui sont sacrées ne s’achètent pas.

Je suis en train d’achever la lecture du livre en hommage au Donbass de Zakhar Prilépine, cet auteur russe, célèbre dans son pays, et que j’ai eu le plaisir de rencontrer au salon du livre russe à Paris en février dernier. Nous avons d’ailleurs convenu de réaliser ensemble une mission humanitaire à Donetsk ces prochaines semaines.

La lecture de ce livre que je vous recommande chaudement pour comprendre comment et pourquoi cette rébellion du Donbass contre Kiev et ses donneurs d’ordres occidentaux a pris chair, donne un éclairage particulièrement intéressant à tout ce que j’ai pu observer moi-même sur le terrain depuis bientôt trois ans. Ce qui ressort de manière très claire de cet ouvrage étonnant, et fort bien écrit par ailleurs, est que cette sédition a été réalisée par des hommes qui n’avaient aucun intérêt matériel à la faire et qui au contraire avaient tout à perdre, et d’abord leur vie, en refusant les ukases de Kiev. L’entrée en rébellion n’a pas été faite, ou suscitée, par les oligarques du Donbass, bien au contraire, ces derniers ont tout fait pour la saboter et ils étaient prêts à s’entendre avec leurs homologues de Kiev ou de Kharkov pour sauvegarder leurs intérêts et leurs rentes. Non, cette révolution a été faite par des insurgés venus du peuple, mineurs et paysans, encadrés par des gens de la classe moyenne – Alexandre Zakharchenko, le Président de la République Populaire de Donetsk était électromécanicien avant le début de la guerre − alors que les bourgeois de Donetsk, hauts fonctionnaires et dirigeants d’entreprise, ont quitté le Donbass pour Kiev ou la Russie dès les premiers coups de feu pour sauver leur peau et leurs comptes en banques, bien convaincus que sans eux, personne ne serait capable à Donetsk et à Lugansk de remettre l’économie et l’administration en marche.

Et c’est là que le miracle s’accomplit, car les rebelles du Donbass, confrontés à une guerre d’agression très violente entre 2014 et 2015 puis à une guerre d’usure et à un blocus sans faille depuis lors, ont non seulement réussi à stopper les assauts des troupes de Kiev et de leurs alliés de l’OTAN, mais ils ont surtout réussi à remettre sur pied des circuits commerciaux, des usines fermées depuis des lustres ou détruites pendant la guerre, des administrations indispensables à la vie quotidienne (hôpitaux et santé, services des eaux, du gaz, de l’électricité, des transports, de l’entretien des routes, des écoles, des universités…). Tout cela fonctionne mais, et c’est cela qui est véritablement révolutionnaire, pas sur des principes libéraux et pas non plus sur des principes socialistes, même si un grand nombre d’entreprises ou de commerces abandonnés par les oligarques ont été nationalisés. Le Donbass est en train de montrer au monde que le profit n’est pas le destin d’un peuple et qu’une société, même en guerre, peut s’épanouir sans lutte des classes, dès lors que les prévaricateurs et les banquiers sont hors du jeu.

Dans le livre de Zakhar Prilépine, ce dernier qui se décrierait volontiers comme un patriote socialiste, relate ses nombreuses rencontres avec le Président Zakharchenko, qui se verrait lui plutôt comme un monarchiste, ce qui intrigue manifestement Prilépine qui ne s’attendait pas à cette réponse et ce qui est extraordinaire c’est que cette mayonnaise improbable est en train de prendre sur ces terres noires du Donbass. À Donetsk aujourd’hui, un président de la république nostalgique du temps des tsars est aux côtés d’un patriote socialiste qui a fleureté avec le national-bolchevisme et ils luttent tous deux contre un Système qui a érigé l’argent en valeur suprême. Le point nodal de leur combat est la recherche du bien commun pour les populations slaves du Donbass et non pas la recherche des privilèges ou des avantages pour quelques-uns, que ce soient des boyards ou une nomenklatura quelconque.

Plus précisément encore, et le livre de Prilépine le montre très bien, se dessine dans le Donbass une nouvelle philosophie politique où la solidarité prime sur l’égoïsme. La puissance régalienne qu’incarne Alexandre Zakharchenko est en mesure de rétablir les équilibres et de réparer les injustices : un exemple parmi des dizaines : des conseillers lui ayant fait remarquer que les prix du marché central de Donetsk avaient tendance à s’envoler, Zakharchenko est allé voir le directeur et lui a demandé de faire baisser les prix. Devant le refus de ce dernier, il lui a alors annoncé qu’il était muté sur un autre poste, et le lendemain, le directeur s’est retrouvé en première ligne sur le front et revêtu de l’uniforme ad hoc pour méditer sur les dangers de s’opposer à l’autorité régalienne lorsque celle-ci veut protéger les intérêts du peuple. La « punition » devait durer trois mois, mais comme le directeur était père de famille nombreuse, grâce à la magnanimité du Président, elle fut ramenée à un mois. Quoi qu’il en soit, dès le lendemain, les prix sur le marché avaient baissé de manière substantielle, et tous les autres marchés de la capitale s’étaient alignés.

Mais alors me direz-vous, le solidarisme, qu’est-ce que c’est ? Eh bien c’est cela ! L’exact contraire de l’atomisation des individus que l’on observe dans toutes les sociétés occidentales afin de les laisser sans défense contre la « main invisible » du marché. Tout est fait dans le Donbass pour protéger une communauté, un peuple – sans considération raciale – sans chercher à privilégier une catégorie plutôt qu’une autre. À la différence de la Révolution française qui fut une révolution bourgeoise qui mit les boutiquiers au pouvoir à la place de l’aristocratie, la révolution du Donbass est une authentique révolution populaire qui s’est débarrassée de ses oligarques et qui est en train, sous nos yeux, de créer un modèle pour le monde de demain. J’y suis d’ailleurs à nouveau invité en mai prochain pour assister au 4e anniversaire de l’indépendance de la République de Donetsk et j’irai avec plaisir saluer son Président et le féliciter pour le travail accompli.

Il serait temps que les partisans sincères de l’Euromaïdan, ceux qui ont cru mettre un terme à la corruption en Ukraine, ouvrent les yeux pour se demander s’ils ne se sont pas trompés de camp et cessent enfin cette guerre voulue par les Anglo-Saxons contre leurs frères slaves du Donbass.

Emmanuel Leroy

Président de l’association humanitaire
Urgence Enfants du Donbass

mardi 27 mars 2018

Entretien avec Emmanuel Leroy

Lorsque la crise ukrainienne dégénère en guerre ouverte contre les populations russophones du Donbass, Emmanuel Leroy est un des premiers intellectuels à analyser et prendre fait et cause pour la résistance pro-russe de la Crimée, Donetsk et Lugansk.

Contrairement à certains vautours, géopolitologues ou journalistes autoproclamés qui ont flairé dans le Donbass l'occasion de booster leurs portefeuilles clients et grappiller des honneurs, Emmanuel dont la générosité n'a d'égale que la modestie s'est investi avec son épouse dans l'aide humanitaire et particulièrement celle destinée aux enfants victimes de cette guerre qui s'est abattue sur leurs jeux et leurs rêves et a fauché de nombreux blés.

Emmanuel Leroy, qui développe depuis plusieurs années une vision politique basée sur l'harmonie naturelle et historique des peuples d'Eurasie et de ceux d'Europe, réalise également sans relâche des entretiens et conférences pour réveiller les consciences des populations occidentales soumises à une propagande de guerre russophobe suicidaire.

Je profite du partage de cet entretien pour saluer l'ami et remercier l'éveilleur de consciences à qui l'évolution inquiétante des événements internationaux donne malheureusement raison.

Erwan Castel

Source de l'article: Geopolitika



“KIEV PEUT ATTAQUER LE DONBASS 
AVANT LA COUPE DU MONDE EN RUSSIE!”

27.03.2018
Sofia Metelkina

L`interview de Geopolitica.ru avec le politologue, Président de l'association humanitaire Urgence Enfants du Donbass, Emmanuel Leroy au sujet de la situation actuelle dans le Donbass.


- Parlez-nous s`il vous plaît de la situation actuelle dans le Donbass. À votre avis, y a-t-il des risques d'escalade?

- Bien sûr. La situation dans le Donbass est complexe et extrêmement tendue. Il est certain que les occidentaux (avec eux, en particulier, les Anglais et les Américains qui sont impliqués totalement dans ce conflit) veulent pousser les Russes à la guerre. On peut voir cette volonté de provocation en Syrie et dans cette région du Don, mais les tentatives de déstabilisation touchent aussi d’autres pays, comme la Moldavie par exemple où les réseaux Soros sont très actifs pour pousser à la confrontation entre l’Est et l’Ouest.

Toutes les informations qui me reviennent du Donbass par les correspondants que nous avons là-bas font état depuis plusieurs semaines d’une augmentation très nette des tirs de snipers, qui tuent quasiment chaque jour des soldats sur la ligne de front. Manifestement il y a une volonté certaine de la part du régime de Porochenko et de ses amis occidentaux de lancer une offensive dans les prochaines semaines.

Les remontées de terrain que nous avons du Donbass prouvent que depuis la fin de l’année dernière et en violation complète des accords de Minsk 2, l`armée ukranienne est en train de mobiliser des matériels et des troupes en grand nombre derrière la ligne de front. Et ce n`est pas pour faire de la figuration. Il y aura probablement une offensive de l`armée ukranienne et de ses alliés de l`OTAN avant la Coupe du monde de football au mois de juin en Russie. C`est une grande crainte que mes amis du Donbass partagent avec moi, surtout quand on songe aux milliers de civils, dont des centaines d’enfants qui ont déjà payé de leur vie ou de blessures affreuses cette guerre que leur inflige l’occident.


- Que dit-on en France au sujet du Donbass?

- Le problème de la société moderne, qui est avant tout une société du spectacle, c`est que ce dont on ne parle pas dans les médias, ça n`existe pas. La question de Donbass n`est quasiment jamais abordée dans la presse française. Donc, si la télévision n’en parle pas, cela veut dire que le problème n’existe pas. Le Système est passé maître dans l’art de manipuler les foules en créant des écrans de fumée pour que les gens ne voient pas les choses importantes. En revanche, les médias mettront en exergue le message principal, à savoir que les Russes sont des assassins, des tortionnaires, des agresseurs.  La preuve ? c’est qu’ils bombardent des populations innocentes en Syrie, qu’ils ont envahi l’Ukraine, et qu’ils assassinent leurs ex-espions avec des gaz soviétiques. En France, les gens qui s`intéressent à la Russie, à l`Ukraine et au Donbass et d’une manière plus générale aux problèmes de géopolitique dans le monde, c`est un tout petit nombre de personnes - 10% de la population au grand maximum. Et dans ces 10%, une moitié est soumise à la propagande occidentale des médias dominants, croyant que la Russie a attaqué le Donbass, veut arracher le Donbass à l`Ukraine, et est en train de préparer une offensive contre le régime de Kiev etc… Mais l’immense majorité des Français, hélas, ne sait absolument pas ce qui se passe dans le Donbass, ne sait rien des bombes qui tombent tous les jours sur des populations civiles, sur des écoles, des hôpitaux, des résidences…


Grâce aux réseaux sociaux qui aujourd`hui diffusent une autre parole et servent de contre-pouvoir aux médias du système, il y a de plus en plus de gens bien informés qui ont une vision plus équilibrée des choses, plus proche de la vérité, qui savent que l`armée russe n`est pas dans le Donbass, que la Russie n`a pas d`intention d`attaquer l`Ukraine, qu`il n`y a aucun intérêt – ni politique, ni géopolitique, ni économique – et que tout cela n'est que pur mensonge. Mais le Système a bien compris le danger qu’il y a à laisser s’exprimer la pensée dissidente sur les réseaux sociaux, et c’est pourquoi des mesures sont mises en place en occident pour dénoncer ce qu’ils appellent des «fakes news ». La France et l’Allemagne sont particulièrement en pointe dans ce dossier et je suis persuadé que des actions répressives sévères frapperont bientôt ceux qui essayent en Europe de lutter contre les mensonges des médias dominants.


- Avec votre association Urgence Enfants du Donbass, vous avez déjà été 5 fois à Donetsk depuis 2015 pour apporter de l’aide aux enfants en souffrance. Comment se passent vos missions ?

- Restons modeste, il est clair que sans l`aide humanitaire de la Russie, la situation dans le Donbass sur le plan humanitaire serait tragique. La Russie depuis le début des événements a largement contribué à soulager la misère de la population du Donbass. Je n’ai pas une vision globale de tout ce qui se passe dans le domaine humanitaire au Donbass, et je serais bien impudent si je prétendais vous faire un résumé exhaustif de la situation, mais je peux vous faire part de mon expérience personnelle qui a consisté depuis 2015 à rassembler des fonds auprès d’un noyau d’amis, à collecter de l`argent auprès de nos donateurs pour pouvoir engager nos actions sur place. Au départ, nous espérions pouvoir acheminer les dons (vêtements, matériel médical, jouets etc.) de France mais nous nous sommes heurtés rapidement aux grandes difficultés du transport de marchandises vers un pays qui officiellement n’est reconnu par aucun des pays frontaliers. C’est la raison pour laquelle, très vite, nous avons pris la decision d’acheter directement les marchandises sur place. Cela offre deux avantages : ça fait travailler le commerce local et c’est beaucoup plus simple à organiser qu’un transport à partir de Paris. Mais le plus simple pour se faire une idée précise de ce que nous avons fait depuis 2015, c’est encore d’aller sur notre site et de voir les compte-rendu, avec de nombreuses photos, de nos missions humanitaires dans le Donbass.

Il y a beaucoup de petites associations humanitaires dans le Donbass, certaines existaient déjà avant la guerre et d’autres se sont créées depuis. Nous travaillons avec certaines d’entre elles et par exemple nous avons déjà fait des missions ensemble qui ont consisté à aller dans les marchés acheter de la nourriture, et ensuite se rendre près des zones de la ligne de front, dans les quartiers régulièrement bombardés, où habitent les baboushka (grands-mères), les familles avec les enfants et qui n`ont quasiment plus rien pour vivre. Nous avons aussi fait un don de 5000€ à un orphelinat de Donetsk pour qu’ils puissant entreprendre des réparations, notamment d’électricité et de chauffage, détruites par les bombardements de 2015. Nous avons à trois reprises acheté du matériel médical pour l’hôpital de traumatologie de Donetsk. Toutes ces actions sont documentées sur notre site internet avec de nombreuses photos et vidéos.

Mais nous sommes bien conscients que l`aide que nous avons apportée, c`est un goutte d'eau dans l`océan. De mon point de vue, cette goutte d'eau est mieux que rien, mais surtout, nous voulons montrer aux habitants du Donbass que la France, la vraie France, celle du peuple, ne les oublie pas. Même si le discours officiel d’Emmanuel Macron - identique d’ailleurs à celui de ses prédécesseurs - est un discours aligné sur la propagande et les mensonges de l’OTAN, il est important que les populations martyres du Donbass, sachent qu’elles ne sont pas oubliées et qu’il y a encore dans mon pays des gens de coeur qui pensent à elles et qui sont prêts à leur apporter de l’aide.

Dans tous les cas de figure, je ne peux que souhaiter que cette guerre s’achève et que les habitants du Donbass retrouvent la paix et la sérénité. A mon modeste niveau, c’est ce que j’essaye de faire avec mes  amis de Urgence Enfants du Donbass.

Vous avez rencontré l’écrivain-combattant Zakhar Prilepine au salon du livre russe à Paris en février dernier et vous avez convenu de réaliser ensemble une action humanitaire franco-russe dans le Donbass. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

J’ai effectivement eu le plaisir de rencontrer ce grand écrivain russe à Paris qui a eu le courage de mettre sa peau au bout de ses idées en s’engageant dans l’armée de la République Populaire de Donetsk.

Emmanuel Leroy avec Zakhar Prilepine au Salon du livre russe à Paris en février 2018

Nous travaillons actuellement sur les dates où nous pourrions mener cette action ensemble. Nos relations directes sont un peu difficiles car il ne parle ni le français ni l’anglais, et mes connaissances en russe sont plutôt sommaires. Mais nous avons de bons amis communs qui parlent parfaitement le français et le russe, et je suis sûr que nous trouverons rapidement une solution pour monter cette mission humanitaire ensemble. Il est important aujourd’hui de montrer aux propagandiste de haine de l’OTAN et à leurs supplétifs que les peuples n’acceptent plus leurs mensonges et qu’ils sont prêts à travailler ensemble pour briser le cercle de haine dans lequel les Anglo-Saxons tentent de nous enfermer. 

Emmanuel Leroy