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mercredi 29 juillet 2020

La mémoire de la glèbe

Artisan potier de Donetsk - photo Svetlana Kissileva

La mémoire de la glèbe


Sous une frondaison percée par une estivale lumière
Annonçant les feux païens de la Kupala solsticiale,
Là, au milieu des rires, des chants et des danses,
Un homme est assis, immobile comme la pierre.  
Noblement penché au dessus de son savoir ancestral
Il attire les passants qui  sitôt succombent à son silence.

Et du coeur de ses mains aguerries jointes en prière
Comme par magie, naît et se forme une vie minérale 
Sur les berges d'une Kalmius aux douces fragrances.
Potier incarne cette Tradition des peuples de la Terre,
Fusion créatrices des règnes animal, végétal & minéral,
Et l'argile entre ses doigts noueux prend forme et s'élance.

Alors, pour celui qui sait dans le coquillage écouter la mer
Il entendra du vase éclos une glèbe aux souvenirs de métal
Lui narrer les histoires qu'elle a porté, guerres ou romances
 qui sans cesse ont martelé ou caressé cette steppe millénaire.
Et la céramique  du feu confiera alors à la lueur des étoiles 
L'écho de ces cavalcades l'abreuvant du sang des lances.

Car d'aussi loin que les potiers sont, le Donbass est en guerre:
Des rêves de Iaroslav le Sage, aux hordes mécanisées du mal
Le sang des cavalcades a nourri la terre et écrit ses stances.
Scythes, varègues, et russes, de la Rus de Kiev les pères,
Horde d'or mongole, tatars ottomans ou cosaques à cheval,
Sur cette terre pontique, les combats donnent la cadence...

Mais la terre du potier peut aussi vous conter ces houillères
Creusées à force pioche et pic dans les profondeurs infernales
Et leurs gueules noires bâtissant au soleil des cités de romances.
Depuis cet âge les mines sèment sur la steppe des collines fières,
Et les forgerons d'art offrent à Donetsk sa réputation mondiale,
Tandis que dans les champs de blés les outils paysans dansent.

Hélas, le temps des combats est revenu sur cette noire terre, 
Rouverte par l'acier, les tranchées guerrières et sépulcrales, 
Et dans la glèbe blessée, revient cette éternelle souffrance.
Sur cette steppe, l'Histoire vit à nouveau une éruption sévère
Qui plonge les coeurs et les corps dans des peines abyssales,
Exigeant encore et toujours du peuple, courage et résilience.

C'est cela que je lis dans les veines et reflets de cette matière
Que tant de sang, de sueur et de larmes versés ont fait sacrale.
Et les doigts sculptés du potier, avec l'argile en connivence 
Ne créent pas seulement un objet des entrailles de la Terre,
Ils rappellent par le savoir faire, la longue mémoire alluviale
De nos origines glébeuses jusqu'à nos plus folles espérances...

Alawata


Le 6 juillet dernier se déroulait sur les berges de la rivière Kalmius au coeur de Donetsk la nuit de la Kupala, cette fête solsticiale païenne du calendrier Julien, précédée dans l'après midi d'ateliers de danses et d'un marché artisanal C'est à cette occasion que j'ai rencontré ce potier de Donetsk, dont les créations aux couleurs naturelles ne sont pas sans me rappeler celles des amérindiens wayanas de Guyane. 

Quand les peuples de la Tradition se rejoignent dans leurs rapports aux terres charnelles...

Erwan Castel

Contrairement à un Occident gangrené depuis toujours par les communautarismes 
ethniques ou religieux, en Russie, les croyances, et communautés cohabitent 
dans la transmission des traditions partagés et convergent leurs regards 
vers un avenir aux espérances communes. 

lundi 27 juillet 2020

Un pays de traditions

Le rapport au soldat 

Le 26 juillet est célébrée en Russie la marine, comme ici à Sébastopol en 2019.
Sur les bords de la Mer Noire, ce jour est particulièrement important tant par le
souvenir des combats du passé qui l'ont défendu face aux multiples invasions
subies par cette steppe pontique que par la ville portuaire de Sébastopol, fondée
par Catherine II pour y abriter la flotte russe de la Mer Noire et qui enfin a rejoint 

"contre vents et marées" la Russie, sa mère patrie, au printemps 2014.

Depuis plus de 5 ans que je suis arrivé dans le Donbass, je ne cesse d'admirer cette société qui, malgré la guerre et son cortège de souffrances physiques, morales, économiques, sociales, sait maintenir une harmonie sociétale, un art et une joie de vivre portant ses plus hautes espérances dans le domaine du possible.

Certes les jeunes Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk ne sont pas parfaites mais elles ont cette qualité de rester à l'écoute des problèmes rencontrés par la population même si une bureaucratie infernale empêche souvent de les anticiper. Alors que grondent toujours les canons ukrainiens aux portes des cités, le peuple du Donbass tout en défendant quotidiennement bec et ongle sa liberté sur plus de 460 kilomètres de front petit à petit construit son rêve républicain et son cheminement vers la Russie. 

Cette victoire incontestable de cette rébellion du Donbass refusant le coup d'Etat russophobe du Maïdan est sans conteste portée par une cohésion sociale exceptionnelle dont les traditions constituent l'armature inoxydable et ancrée profondément dans cette steppe pontique façonnée et irriguée de la sueur et du sang de centaines de générations d'ouvriers, de paysans et de soldats.

Ici les traditions ne sont pas définies par un dogme politico-culturel comme en Occident où, après les coupes dans les racines opérées par le clergé romain et l'absolutisme royal, les bourgeois ont conquis le pouvoir en détruisant tous les corps sociaux intermédiaires qui assuraient encore la montée d'une sève identitaire populaire et authentique depuis la mémoire des terroirs et des corporations. 

J'ai sélectionné quelques clichés de Svetlana Kissileva pour illustrer les thématiques abordées brièvement mais aussi rencontrer des regards de femmes d'enfants et d'hommes de la République Populaire de Donetsk et je vous invite vivement à retrouver une partie plus importante de son travail photographique (et à liker !) ici : Svetlana Kissileva photographe.


Le rapport à la terre


Alors qu'en Occident, les populations dégénérées ne savent plus dans leur immense majorité nommer les arbres (y compris parmi ces tractoristes et éleveurs hors sol qui ont remplacé les vrais "paysans"), dans le Donbass les familles gardent même jusqu'aux coeurs des cités modernes un rapport à la terre exceptionnel. Outre les villages agricoles qui bornent de leurs champs et de leurs granges principalement les plaines au Sud et à l'intérieur de la république, chaque maison, chaque appartement disposent d'un carré de jardin, individuel ou collectif, au milieu des espaces verts autour desquels sont construits chaque îlot d'habitations. 

Le paysage urbain de Donetsk est impressionnant par ses innombrables parcs et espaces verts, étangs et cours d'eau, jardins et bosquets remplis d'oiseaux chantant autour des mangeoires et d'enfants riant dans leurs aires de jeux. Au printemps les familles se retrouvent pour nettoyer et décorer, bécher et planter, et jusqu'à l'automne les jardins sont une des occasions où la connaissance et les traditions de la terre sont transmises par les anciens aux générations futures. 



Et bien sûr, lié à ces traditions d’auto-subsistance, l'art culinaire tient également une place importante dans tous les foyers où dans les celliers les bocaux de légumes, fruits et confitures, les bourrichons de kvas, jus de fruit et les bouteilles de samogon s'entassent en prévision du siège hivernal...


Dans les quartiers pavillonnaires, comme le quartier d'Oktyabrsky où j'habite, les jardins sont souvent les domaines de poules, cailles, canards, chèvres, lapins et même cochons qui procurent des compléments alimentaires réguliers et importants autant qu'ils amusent les enfants revenant de l'école.

Et lorsque dans les parcs urbains ou les jardins campagnards, dans l'ombre des arbres les fumées des chachliks, les rires des homme et les sourires des femmes invitent souvent pendant l'été, à des moments d'amitiés entre voisins 


Le rapport à la foi 


Dans les églises de cette région russe orthodoxe, les pas du visiteur ne résonnent dans un vide silencieux et glacial comme en Occident. Ici les églises, mais aussi les mosquées et les synagogues sont vraiment de ces "granges à dieu", comme le chantait autrefois le barde Xavier Graal ou les mains ouvertes ou jointes d'une foi populaire et vivante viennent confier leurs espérances et fortifier leur courages. 

Alors qu'en Occident, la trahison des élites politiques et l'abandon des coutumes ancestrales encouragent des expressions ethniques et religieuses incultes et radicales, dans le Donbass, les communautés identitaires cohabitent et convergent au profit d'une destinée commune de type impériale où chaque tradition est conservée et respectée, qu'elle soit sienne, celle du lointain passé ou celle du voisin.

Et lorsque s'allument les feux de la Kupala, cette traditionnelle fête païenne solsticiale (au début juillet selon le calendrier julien orthodoxe), toutes les communautés y viennent dans la joie pour célébrer le feu, l'eau, la terre et l'air, le Soleil et la Lune, la récolte, la fertilité et l'amour.


Ici les dogmes n'ont point effacé les mythes européens et si les communautés s'ouvrent aux autres ce n'est pas par prosélytisme égocentrique mais dans cet esprit fraternel que l'on peut observer chaque jour dans les tranchées protégeant les jeunes républiques du Donbass, où épaule contre épaule, chrétiens, musulmans, juifs, païens, athées, venant de nombreuses ethnies se battent pour la Liberté du Donbass.


Le rapport au travail 


Bien sûr les personnes ici travaillent souvent comme ailleurs par obligation alimentaire, mais nombre de métiers du Donbass restent l'armature vivante de son identité et donnent à l'ensemble de sa population les qualités et le caractère nécessaires à leurs accomplissements. 

Le Donbass est une terre de paysans, de pêcheurs et surtout de mineurs de charbon autour desquels furent fondées les grandes villes de ce bassin du Don au courant du XIXème siècle. Et tout comme les pèches lointaines et périlleuses ont forgé la mentalité bretonne, les houillères profondes et non moins périlleuses du Donbass (où l'on trouve à plus de 1 200 m les galeries les plus profondes d'Europe) ont certainement contribué a forger cette capacité de résistance et de résilience qui caractérise ses populations. 

Aussi lorsqu'en 2014 une nouvelle guerre s'abat sur les cités minières la peur est maîtrisée dans un courage et une résilience exceptionnels, car la souffrance et la mort sont déjà des compagnes et initiatrices fidèles d'un peuple uni dont la mémoire collective, de surcroît, n'a pas oublié les combats et les sacrifices du passé pour sa Liberté. Et ce sont d'ailleurs les mineurs qui vont constituer le fer de lance des premières milices d'autodéfense qui vont au devant des blindés ukrainiens.



L'industrie minière et métallurgique n'est pas seulement le moteur économique de la région mais c'est aussi la fierté de sa population qui a même fait de la métallurgie d'art l'expression de son excellence culturelle. Partout dans Donetsk des sculptures et statues en fer forgées (comme cet immense "parcs de statues" par exemple qui jouxte la mairie de la cité), rappellent artisanat d'excellence qui se fit mondialement connaitre en remportant le "Grand Prix" de l'exposition universelle de Paris en 1900 avec la "palme Mertsalova" (un palmier de plus de 300 kg forgé à partir d'un rail de chemin de fer) 


Le rapport à l'Histoire



Dans le Donbass, comme en Russie, l'Histoire n'est pas une science confinée dans les bibliothèques ou une seulement discipline scolaire et universitaire, elle est composante de l'identité familiale de chaque citoyen qui l'emporte jusqu'à l'ultime corps social du pays qui est celui de la grande Russie, qu'elle soit impériale, soviétique ou fédérale. 

Sur cette steppe russe du Donbass déjà griffée par les invasions mongoles, turques germaniques, polonaises, suédoises, etc. et les guerres civiles, chaque famille se souvient de l'Histoire comme d'une matrice intime de son présent, notamment avec cette immense saignée des 22 millions de morts de la "grande guerre patriotique" (1941-1945) où chaque famille soviétique a apporté sa part sacrificielle à la victoire sur le nazisme. 

Chaque année les 9 mai, les générations se souviennent du sacrifice indescriptible de leurs anciens pour leur liberté qui sont invités dans leurs souvenirs à chaque journée patriotique comme celle par exemple qui célèbre la marne russe tous les 26 juillet. 

Et lorsque le nouveau pouvoir ukrainien lance sa croisade militaire russophobe contre les populations du Donbass ces dernières ne peuvent s’empêcher d'y voir une résurgence ce ce passé douloureux d'autant plus que, des slogans politiques kiéviens inspirés de la propagande anti bolchevique du 3ème Reich jusqu'à la permanence des mêmes champs de bataille et en passant par le déploiement de bataillons spéciaux ukrainiens ouvertement néo-nazis, l'Histoire à la fois glorieuse et douloureuse s'invite dans l'actualité du présent...



Ainsi de cette mythique colline du "Saur Moghila" située dans le Sud de la République Populaire de Donetsk et sur laquelle souffle les vents de l'Histoire, celui de 1943 lorsque des milliers de soldats de l'armée rouge tombèrent dans l'assaut de ce verrou stratégique tenu par les allemands et celui de 2014 où des milices républicaines combattirent jusqu'à la mort pour garder fermés les "chaudrons" où bouillaient les corps blindés ukrainiens emportés par leur haine...

Plusieurs fois par an des rassemblements se déroulent sur ces hauts lieux de l'Histoire réunissant autour du sacrifice immortel et de la Liberté toujours à défendre les parents et les enfants d'une combat qui continue...


Le rapport à la culture 



Il ne faudrait pas s'imaginer que les républiques du Donbass sont des entités de type nord coréen ou une étanchéité culturelle est soigneusement imposé par les gouvernements. Ici on peut écouter notamment via internet les médias du monde entier (y compris ukrainiens) et les tendances musicales à la mode touchent également les jeunes et les moins jeunes qui se retrouvent régulièrement dans les salles ou en plein air dans des concerts de rap, de rock, de métal etc...

Mais ce progrès contemporains des modes et des arts ne provoque pas pour autant de déchirement ni même d'antagonisme dans les esprits des anciens et des jeunes qui peuvent assister et participer au bal tradition d'une université et quelques heures après se trémousser sur le son saturé d'une guitare électrique hurlante.



Quand dans les sociétés occidentales les modes, les tendances, les croyances, les idéologies, cloisonnent et opposent les générations et atomisent les populations, ici la majorité des personnes respecte la diversité des expressions culturelles et se fait un devoir de les connaitre par principe d'héritage et de fierté identitaire. Ainsi de la danse qui ici est populaire, qu'elle soit traditionnelle, classique ou post-moderne...


Le rapport citoyen


Je pourrai continuer longtemps ce florilège des rapports que les femmes et les hommes du Donbass entretiennent avec leur identité, des racines du passé jusqu'aux espérances du futur, mais je terminerai ici sur ce que j'ai appelé le rapport citoyen qui relie les gens du Donbass dans une fraternité humaine quotidienne et désintéressée.

Alors que les maires des municipalités occidentales dit démocratiques et droitdelhommistes sont "élus" par leurs administrés, ici ils sont des chefs d'administration nommés par le gouvernement. Cependant force est de constater chaque jour que ces responsables politiques sont très près de leurs "administrés" allant pour la majorité au contact de leur vécu et de leurs problèmes, ainsi de Constantin Tchalyï, maire d'Aleksandrovka (dans le Sud de Donetsk) qui apporte de l'aide humanitaire au personnes âgées isolées de sa commune bombardée par les forces ukrainiennes chaque semaine.

Mais il serait mensonger que de prétendre qu'il n'y a pas, dans les républiques de Donetsk et Lugansk de problème, de réclamation ou même d'opposition à la politique républicaine menée ici ou là. Comme dans toute république, les débats et critiques existent et parfois même des tensions sociales peuvent émerger comme dernièrement à propos de salaires impayés dans le secteur minier, mais toujours les polémiques sont subordonnées à l'intérêt collectif commun. 
Aussi lorsque des regards extérieurs voient dans certains grincements de dents une fracture sociétale, ils se trompent gravement car la population du Donbass dans son écrasante majorité reste par dessus tout fidèle à son choix exprimé en 2014 et pour lequel elle n'a pas hésité à prendre les armes et assumer ses conséquences. 



Ainsi a chaque occasion, les citoyens de Donetsk et Lugansk, laissant de côté pour certains leurs griefs, soucis et déceptions personnels du moment viennent ensemble exprimer leur confiance et leur soutien pour que se poursuive le long et douloureux chemin d'amour vers la Fédération de Russie engagé en 2014 et qui reste l'objectif prioritaire et la raison d'être de combattre pour les républiques populaires du Donbass.

Car ici le bien commun reste sacré dans le coeur de chacun !


Erwan Castel


lundi 13 juillet 2020

Le coeur qui bat...


Au milieu de l'effondrement global d'un paradigme occidental fondé sur une pensée unique protéiforme et articulée autour d'une fusion hors sol de la puissance de l'argent et du pouvoir politique, les guerres lancées à travers le Monde par l'impérialisme étasunien ressemblent aux derniers spasmes d'un Nouvel Ordre Mondial moribond tentant par le chaos de survivre à sa propre folie.

Tandis que les populations occidentales sombrent dans des aliénations consuméristes ou des communautarismes crispés tout aussi suicidaires que stupides, aux confins de l'Occident et de l'Eurasie, le peuple du Donbass en refusant ce chaos organisé, mène depuis 6 ans une rébellion armée contre la ploutocratie mondialiste.

Et depuis 6 ans, les martèlements d'une artillerie ukrainienne servant un mondialisme esclavagiste de la marchandise tentent d'étouffer les battements de coeur d'un peuple européen qui défend sa liberté dans une idée d'empire forgeant une destinée commune dans une diversité d'identités solidaires.

Lorsque j'ai ouvert ce blog de "soutien à le rébellion du Donbass" je l'avais sous-titré de cette intuition d'un "jour où le coeur de l'Europe s'est remis à battre" et, 6 ans plus tard, ce rêve de Liberté est toujours là et bien vivant dans l'existence et la résistance réelles des jeunes Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk. 

Et ce conflit du Donbass n'est pas à observer à travers le seul prisme d'une guerre civile ukraino-ukrainienne aux menaces et enjeux internationaux mais bien comme une rébellion contre la dictature de la marchandise et qui offre à tous les peuples qui lui sont asservis l'espérance qu'un nouveau printemps européen peut et doit surgir au bout de la nuit occidentale qui vient de commencer.

Il est vain, stupide et même suicidaire que les seuls dissidents que l'on entend gueuler au milieu des troupeaux que le mondialisme de la marchandise mène à l'abattoir se réfèrent à des idéaux abscons et des communautarismes fantasmés qui non seulement sont coresponsables de l'effondrement actuel de leur civilisation mais même accélèrent, par les clivages qu'ils organisent sous l'influence d'un conditionnement émotionnel instrumentalisé par le média-système lui-même, la mise en esclavage finale des populations européennes.

Dans le Donbass, des populations et des volontaires internationaux aux communautés diverses se sont unis dans une résistance armée contre cette hégémonie militaro-industrielle qui se cache (de moins en moins) dans le cheval de Troie d'une marchandise mondialiste et aliénante qui n'est qu'imposture consumériste.

Et leur histoire, toujours en mouvement depuis 6 ans de guerre, devrait servir de référence aux autres populations désireuses de reconquérir leurs libertés anciennes et de se réinventer dans un paradigme nouveau...

Erwan Castel

12 juillet 2020, front de Stakhanov en république de Lugansk
pilonnage de l'artillerie lourde ukrainienne dès l'aube 

Don bass,    Don bass,    Don bass...

Aux lueurs de l'aube, l'hirondelles salue l'étoile 
mordorant les champs brûlés d'une steppe pontique,
où se cachent, contre un antique tumulus royal,
les dernières ombres d'une nuit toujours mythique.

Quand soudain tonne à l'entour un choc surnaturel.
Puis, dans le temps, l'espace et les sens alertés, 
un sifflement déchire le silence et le ciel
mourant dans un nouveau fracas qu'Il annonçait.

Jusque dans la nuit, ces battements vont continuer.
Depuis plus de 2000 jours d'une infernale stance,
la haine frappe le Donbass au coeur de sa Liberté
mais sans tuer les battements de son espérance.

Car ici un peuple est entré en rébellion
payant sans compter le prix de sa Liberté,
de son identité russe et de ses traditions.
et, par son sang et ses larmes de réveiller...

...le coeur en dormition de l'Europe des peuples !

Alawata


Pardonnez l'imperfection et la maladresse de ces vers, 
mais c'est la première fois que je tente le poème...

...juste par amour de l'Inconnu.



lundi 6 juillet 2020

Le devoir à l'épreuve du droit


Au cours des premières heures de cette journée du 6 juillet 2020, les forces ukrainiennes ont intensifié leurs bombardements sur les territoires des républiques du Donbass
Ainsi par exemple le secteur de Gorlovka (Nord de la RPD) a été la cible de plusieurs pilonnages de l'artillerie lourde ukrainienne :
  • 02h45: sur Komsomolets, 15 obus d'obusier de 122 mm tirés depuis le secteur de Novgorod, 
  • 05h05: sur Komsomolets, 16 obus d'obusier de 152 mm ont été tirés depuis le secteur de  Dyleevka,
  • 05h15: sur Shirokaya Balka, 22 obus de mortier de 82 mm ont été tirées depuis le secteur de Novgorod, 
  • 05h15: sur Gagarine, 12 obus de mortier de 82 mm de mortier ont été tirés depuis le secteur de Dzerzhinsk(autoroute Sud)
  • 05h20 - sur Zaitsevo, 17 obus de mortier de 120mm ont été tirés depuis le secteur de Zhovanka 
  • 06h30 - sur Komsomolets, 18 obus d'obusier de 122 mm tirés depuis le secteur de Novgorod...


Au total ce sont plus 100 obus d'obusiers lourds et de mortiers qui se sont abattus aux premières heures de la journée, réveillant et précipitant dans leurs caves des centaines de familles terrorisées.

6 juillet matin, secteur Gorlovka, bombardement 
ukrainien avec obusier lourd de 152mm 
Montage de plusieurs vidéos réalisées par des habitants
Localisation des bombardements ukrainiens sur Gorlovka du 6 juillet 2020 matin

Parmi les objectifs des artilleurs de Kiev, des zones d'habitations civiles et des infrastructures collectives vitales. Ainsi, suite à ces bombardements plus de 3000 foyers se sont retrouvés sans approvisionnement d'eau potable. Régulièrement, les stations de pompage et leurs canalisations sont ainsi ciblées par les forces ukrainiennes qui appliquent les intentions politiques de priver un Donbass déjà sous blocus de ses approvisionnements d'eau potable... ce qui constitue, au regard des conventions internationales, un autre crime de guerre du régime de Kiev et de ses alliés occidentaux.

Canalisation d'eau potable endommagée par les nouveaux bombardements ukrainiens du 6 juillet 2020 sur Gorlovka.
Les forces de défense républicaines ont aussitôt engagé des tirs de ripostes vers les points de tir ukrainiens repérés ainsi par exemple, sur ce front de Gorlovka, un camion Oural du 503ème bataillon de la 35ème brigade ukrainienne a été détruit lors d'un approvisionnement munitions d'un site d'artillerie. 1 soldat ukrainien a été tué et 23 autres blessés.

La guerre lancée contre les populations russes insoumises du Donbass par le régime de Kiev et la CIA continue donc son terrorisme criminel quotidien contre les républiques de Donetsk et Lugansk

Tandis que le Donbass est encore et toujours au coeur des joutes oratoires qui émaillent les diplomaties dont les consciences balancent entre le Droit et le Devoir, et surtout les intérêts et les sacrifices...

Ainsi en quelques jours seulement, nous avons entendu à l'Est de la ligne de front des discours politiques divergents, voire contradictoires:
  • Dans le cadre des récents amendements à la constitution russe, le Président Poutine a rappelé la réalité nationale des territoires russes qui ont été arrachés à la Russie lors de l'indépendance des ex-républiques socialistes soviétiques auxquelles ils avaient été rattachés (ex pour l'Ukraine: le Donbass (1921) et la Crimée (1954))...
  • MAIS ces mêmes amendements reconnaissent la sujétion du droit national au droit international, lequel reconnait toujours souverain le "Uti possidetis juris" romain ("vous posséderez ce que vous possédiez déjà") dont une des déclinaisons est le principe de "l'intangibilité des frontières" dont les exceptions, contestations multiples prouvent bien par ailleurs l'ineptie de son dogme.
  • Le Président de la République Populaire de Donetsk a une nouvelle fois déclaré que les républiques ne pouvaient connaitre d'autres destinées que leur intégration au sein de la Fédération de Russie, position confirmée par Alexander Boroday, l'ancien Premier ministre de la RPD et chef de l'Union des Volontaires du Donbass qui a déclaré que les républiques de Donetsk et Lugansk "de facto" intégrées par 6 années de normalisation et de combats de la population feront très bientôt partie "de jure" de la Fédération de Russie, 
  • MAIS, dès le lendemain, Vladimir Dzhabarov, premier vice-président de la commission des affaires étrangères du Conseil de la fédération de Russie, considérait que ces républiques séparatistes du Donbass sont entièrement ukrainiennes et que Moscou n'est pas intéressée à ce qu'elle rejoignent la Russie.
D'aucuns pourraient voir dans ces déclarations divergentes (ce qui n'est pas une nouveauté) une cacophonie, des mensonges ou même des trahisons...

Personnellement j'y vois surtout la complexité extrême de la crise internationale provoquée par le conflit du Donbass et avant lui le référendum de retour de la Crimée vers la Russie, et qui impose à Moscou de jouer à l'équilibriste entre ses devoirs éthiques vis à vis des populations russes expatriées malgré elles et les règles de ce droit international avec lequel le Kremlin doit jouer dans sa politique étrangère, et surtout s'armer de patience ! 

Et ce droit international, Moscou l'utilise justement pour répondre aux problèmes mais aussi aux ambitions russes des populations de Donetsk et Lugansk: 
  • aide humanitaire pour compenser les souffrances provoquées par les bombardements (soins, médicaments, reconstructions...),
  • aide économique pour compenser le blocus subi par la population (logistique alimentaire, échanges économiques...),
  • aide politique pour qu'un gouvernement légal soit en exercice dans les républiques (gouvernement, parlement, tribunal),
  • aide administrative pour que l'état de droit et le cadre sociétal soit maintenu pour le bien être des populations (sécurité, justice, santé, enseignement etc...),
  • Enfin l'action la plus importante réalisée par Moscou sur le chemin de l'intégration du Donbass est certainement l'accès à la nationalité russe accordée à ses populations. Aujourd'hui, dans la foulée des passeports républicains, des centaines de milliers de citoyens ont entamé la demande pour le passeport russe qui a déjà été délivré à près de 200 000 personnes. 
Et cette dernière mesure en date concernant les passeports russes et qui fait hurler les ukrainiens et les occidentaux est parfaitement autorisée par le droit international comme le prouvent d'ailleurs les dizaines de milliers d'ukrainiens ayant double nationalité avec la Pologne, la Roumanie et même la Russie (sans parler des responsables politiques et oligarques ukrainiens aux doubles, triples voire quadruples nationalités comme Kolomoisky par exemple).

"Notre choix: Russie!"

Toutes ces mesures russes ouvrant au Donbass le chemin de son intégration en Russie sont parfaitement légales au regard du droit international qui dans de nombreuses autres régions du Monde a justement autorisé des interventionnismes occidentaux aux motivations humanitaires ou pacificatrices largement plus contestables pour ne pas dire douteuses...

L'étape suivante est  bien cette intégration "de jure" des républiques du Donbass à la Russie, et qui pour ne pas provoquer un séisme international dans des relations russo-occidentales déjà très tendues, devra être justifiée sur le plan du droit international soit par une usure jusqu'à l'abandon du régime de Kiev (peu probable vu ses perfusions politico-économiques occidentales), soit par une situation catastrophique comme par exemple celle de l'offensive géorgienne qui avait déclenchée en 2008 la reconnaissance des républiques d'Ossétie et d'Abkhazie et l'intervention militaire russe pour protéger leurs populations.

"Messieurs les ukrainiens, tirez les premiers !"

Ce scénario géorgien est terrible car pour rendre la raison à ce droit international, aujourd'hui piégé par une géopolitique définie par les princes et les banquiers méprisant les peuples, c'est le martyr des populations civiles qui s'avère être le seul moyen pour faire entendre leur droit à disposer d'elles mêmes et autoriser un pays auquel elles appartiennent historiquement à exercer son devoir de protection.

Et ceci explique ce bras de fer qui se joue depuis plus de 5 années au dessus des 480 kilomètres du front du Donbass, chaque belligérant attendant - sur la résilience des populations bombardées - que l'autre commette ce massacre inacceptable qui autorisera alors leur force brutale :
  • D'un côté les forces ukrainiennes qui en poussant toujours plus loin leurs provocations mais sans toutefois provoquer de grand massacre ou même faire bouger la ligne de front, espèrent une réaction disproportionnée des forces républicaines, laquelle sera immanquablement déformée et médiatisée au sein de la "communauté (autoproclamée) internationale", qui légitimera alors l'offensive de KIev.
  • De l'autre côté, les forces républicaines qui attendent justement que cette action de trop aux conséquences dramatiques soit justement initiée par Kiev et provoque alors une réaction légitime jusqu'à l'échelon des forces russes déployées derrière leurs frontières et qui alors pourront non seulement intervenir (enfin!) dans le Donbass jusqu'à libérer ses territoires occupés par l'armée ukrainienne.
Et ce ne sera pas la première fois que devant trop de sang et de larme le droit international s'effacera devant le devoir d'intervenir. Et la jurisprudence des occidentaux intervenant ici et là, en piétinant le droit international au nom de tragédies très souvent inventées prouve bien que  dans le théâtre de notre société du spectacle "l'émotion prime sur la loi" comme le rappelait cyniquement Castaner au sujet des manifestations soit disant "anti-racistes" interdites mais autorisées.

Et dans ce cirque politico-médiatique de la marchandise, plus la souffrance est bien réelle plus elle doit être grande et insupportable pour être entendue... Ainsi du Donbass où des dizaines de milliers de victimes des bombardements ukrainiens subissent en plus depuis 6 années l'indifférence et le mépris de cette même opinion internationale capable de mobiliser pourtant des millions de personnes au sujet d'un fait divers instrumentalisé.

Combien leur faut-il de morts à ces esclaves de la bien-pensance pour que se réveillent leurs consciences humaines et que le Donbass soit enfin libéré de ses génocidaires ? Et si le désespoir l'emportait sur la résilience on finirait même par attendre ce que l'on espère pas.

Donc pour résumer et plagier le comte d’Antroche à la bataille de Fontenoy menée contre les anglais: " Messieurs les ukrainiens, tirez les premiers !"

Heureusement les russes ne sont pas seulement capables de courage fou, mais aussi et surtout font preuve d'une patience infinie et d'une résilience invincible au milieu desquelles leur liberté défendue n'a pas de prix !

Cependant je pense que le dénouement - mais probablement violent - de cette guerre approche vite et que non seulement le Donbass sera libéré, mais aussi la Novorossiya qui deviendra alors une république de la Russie... tandis que l'Ukraine - où ce qu'il en restera - qui restera prise en otage par ses psychopathes bandéristes et leurs parrains occidentaux n'aura qu'à pleurer ses morts avant de revenir dans le giron russe, car pas un seul soldat de l'OTAN ne voudra mourir pour que puisse encore flotter le drapeau LGBT sur le Maïdan !

Erwan Castel

Le 20 juin 2020, avec un drone, l'organisation Kyiv Pride a accroché le drapeau LGBT+ au sommet du monument emblématique du Maïdan à Kiev:. En dehors de tout débat stérile (sans jeu de mot) sur les homosexuels et considérant que le mouvement LGTB+, qui ne représente que  la minorité d'une minorité, est à l'instar des Black Lives Matters de l'actualité qu'un levier promotionnel d'un Nouvel Ordre Mondial esclavagiste, ce drapeau est bien la marque du système qui s'est emparé de l'Ukraine afin de la recruter pour sa stratégique russophobe. Et les idiots utiles bandéristes, et autres crétins "ukrops" aux croix gammées tatouées qui ont permis que le chaos arrive dans leur pays, et au nom de leur mythe identitaire, à la vue de ce drapeau hissé sur la statue de la Mère-Patrie doivent se sentir les dindons de cette farce ukrainienne voire même enculés par le système qui l'a organisé !

dimanche 28 juin 2020

Résistance - Résilience -Rébellion

Publié sur FB le 28 juin 2020

Un clip vidéo, toujours d'actualité, qui résume le combat que mènent depuis 6 années les populations du Donbass, assiégées et bombardées par les forces armées ukrainiennes aux ordres de l'OTAN.

Erwan Castel



mercredi 24 juin 2020

"Prêts à..., en mesure de..."


Ce 23 juin 2020, Denis Pushilin, président de la République Populaire de Donetsk a rejoint dans un communiqué adressé au président ukrainien Zelensky, son homolgue de la République Populaire de Lugansk qui subit également depuis quelques jours une intensification des bombardements sur son territoire, ainsi qu'une préparation au combat d'unités d'assaut ukrainiennes  se concentrant près de la ligne de front:

Denis Vladimirovitch Pushilin a mis en garde les dirigeants politico-militaires de l'Ukraine "contre toute décision imprudente dans le domaine militaire, dont les conséquences seront entièrement sur leur conscience"

«J'en appelle au président Zelensky: prenez toutes les mesures nécessaires. Vous êtes en mesure de contrôler la situation sur la ligne de contact, ce qui a été confirmé par une légère diminution du nombre de bombardements de notre territoire (ou leur absence, comme dans la LPR) pendant certaines périodes dont vous avez besoin ».

Par ailleurs, le président Pushilin a rappelé que la mobilisation de certaines unités pour la parade de la victoire de 1945 du 24 juin "n'était pas un obstacle pour effectuer des missions de détection et de suppression rapides des points de tir des unités ennemies procédant quotidiennement au bombardement du territoire de la RPD".

Le fait est que les forces ukrainiennes, entre leurs bombardements continuels et leurs concentrations blindées exercent sur les fronts de Donetsk et Lugansk (plus de 460 km) un pression croissante. Et les soldats de mon unité revenant du front couverts de poussière, ont confirmé cette semaine des bombardements de mortiers ukrainiens de 120mm chaque jour et chaque nuit sur des positions qui, malgré des systèmes défensifs profondément renforcés et enterrés, subissent des dégâts importants et qui obligent leurs défenseurs à restaurer sans cesse leurs structures et les tranchées.

Chars de combat T72 du 2ème bataillon (Diesel) du 1er Corps d'Armée 

Bien que le niveau d'alerte des forces de défense républicaines n'ait pas été à nouveau relevé à son maximum comme en mai dernier, de nombreuses unités se sont mis en alerte opérationnelle pour être prêtes à renforcer si besoin les positions dont elles ont la charge.

Mais vraisemblablement, si Zelensky ne calme pas ses soudards ou pire, s'il autorise un coup de force sur le front, l'alerte de combat maximale sera certainement à nouveau décrétée dans les républiques de Donetsk et Lugansk et leurs unités d'appuis et de contre attaque déployées sur le front avec l'autorisation de riposter à chaque provocation ukrainienne.

Certes pourrait-on arguer, il y a un risque de voir ainsi s'enclencher une spirale infernale qui peut faire exploser cette ligne de front déjà tendue à son maximum sur de nombreuses zones de contact (où les belligérants sont à portée de voix les uns des autres), mais je réponds ici qu'il est aussi du devoir des républiques de protéger par tous les moyens à leur disposition leurs citoyens (2 tués 5 blessés en 4 jours), et que ne rien faire c'est aussi encourager les "ukrops" à continuer leurs provocations croissantes.

Aussi les autorités politiques et militaires républicaines doivent-elles réaliser les actions les plus difficiles de leurs exercices, à savoir riposter proportionnellement et avec fermeté sur des cibles identifiées responsables des provocations subies, tout en ne se laissant pas tenter par des actions punitives plus étendues qui provoqueraient alors à coup sûr une escalade rapidement incontrôlable.

Et ceci est d'autant plus difficile lorsqu'on est confrontés à de vrais psychopathes, comme ces soudards ukrainiens de la 79ème Brigade ukrainienne qui, après avoir bombardé le village d'Aleksandrovka (Ouest de Donetsk) tuant 1 civil de 45 ans, ils ont ensuite réaliser des tirs de harcèlement jusqu'au lendemain pour empêcher la récupération de son corps !

Face à ce genre de salopards il est remarquable que les forces de défense républicaines - qui soit dit en passant sont désignés par les médias occidentaux comme les "terroristes" du conflit - réussissent à garder en toute circonstance, le sang froid et la retenue. A croire que la discipline des milices républicaines n'a d'égal que le sadisme des soudards ukrainiens !

Erwan Castel