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mercredi 26 janvier 2022

Le stratégie du chaud et du froid


Dans la crise Est-Ouest actuelle qui secoue l'Europe et menace le Monde on pourrait résumer la stratégie des ukro-atlantistes en disant que l'OTAN est prête à faire la guerre à la Russie... jusqu'au dernier ukrainien et que Washington en armant sa catapulte économique excite ses marionnettes kiéviennes tout en invitant Moscou à une "incursion militaire" en Ukraine".

Cette stratégie occidentale du chaud et du froid, Washington l'a rodé depuis longtemps, il suffit de ne citer que la période qui a précédé la première intervention de l'OTAN contre l'Irak, où les occidentaux ont fait semblant de se désintéresser du sort du Koweit, incitant ainsi Saddam Hussein à le réintégrer à l'Irak, pour mieux déclencher ensuite contre son pays un embargo économique maximum aux conséquences humanitaires et militaires dramatiques que l'on connaît. 

"Un pas en arrière, deux pas en avant"

Parlons tout d'abord des parlotes ukro-occidentales qu'on pourrait aussi décrire la dynamique belliciste occidentale par "un pas en arrière, deux pas en avant" conduisant, étape par étape la crise, et tout en se donnant bonne conscience, vers une action militaire dans le Donbass qui n'est pour Washington que le détonateur d'une guerre économique à outrance contre Moscou (du moins l'espère t-il).

1 / deux pas en avant... 

Une russophobie occidentale hystérique jusqu'au ridicule en parallèle du jeu hypocrite des responsables occidentaux manipule depuis plusieurs semaines l'opinion publique pour la conditionner à désigner aveuglément la Russie si un false flag intervient en Ukraine ou même si les forces ukrainiennes engagent un coup de force direct sur le front du Donbass. 

Quelques unes des cartes infantiles des médias occidentaux dont
les "journalopes" bien sûr ne se posent même pas la question de
savoir pourquoi, si c'est la Russie qui va attaquer l'Ukraine au Nord
(par le Belarus), au Sud (par la Crimée), à l'Est et même à l'Ouest (par
la Transnistrie), Kiev concentre la plus grande partie de ses unités de
combat dans le Donbass (60%) sur 500 km de front, face aux milices
de Donetsk et Lugansk, inférieures en nombre et moins bien équipées.

Ici il faut se souvenir du matraquage réalisé au sujet de la menace d'une attaque chimique par les forces syriennes contre les opposants et qui fut validée par l'opinion dite "internationale" quelques minutes après l'attaque au gaz sarin de La Goutha (août 2013), étouffant par avance les enquêtes ultérieures prouvant que les tirs des roquettes provenaient d'un secteur tenu par les djihadistes salafistes (le même "bashing" contre le gouvernement ukrainien préparera l'opinion internationale a avaler le false flag des "snipers du Maïdan" pour pousser à Kiev les manifestations de février 2014 vers un coup d'Etat, alors qu'il a été prouvé depuis qu'ils étaient du côté de la place tenue par les émeutiers).hystérie collective 

Appuyant cette hystérie collective, il faut rajouter les évacuations des ambassades occidentales, les renforcements interalliés de l'OTAN en Europe de l'Est, les analyses économiques alarmistes etc.

 

2 / ... puis un pas en arrière

A côté de ses descriptions apocalyptiques manipulant les foules occidentales, les responsables occidentaux, parfois, se fendent de déclarations apaisantes, voire rassurantes, mais qui cherchent juste en réalité à parer leur communication d'une bonne conscience et de préparer une doxa victimaire qui jaillira au premier coup de force militaire qu'ils préparent avec leurs auxiliaires ukrainiens.

Ainsi, alors que l'on observe une escalade militaire factuelle sur les fronts du Donbass et de l'OTAN, a t-on pu entendre ces derniers jours par exemple :

  • Les déclarations dilatoires des représentants de Washington et de l'OTAN, repoussant de réunion en réunion, leur promesse de fournir des réponses écrites précises et juridiques aux propositions russes de sécurité collective en Europe (qu'ils doivent transmettre normalement aux dernières nouvelles cette semaine), et tout en réaffirmant sans cesse leur "intention" de maintenir sincèrement un dialogue pour la paix ouvert et franc avec Moscou, 
  • Les déclarations récentes des autorités de Kiev qui déclarent, à contre courant de l'hystérie collective russophobe occidentale que rien, dans les manœuvres russes à leurs frontières, n'indique les préparatifs d'une offensive contre l'Ukraine. Ces discours mièvres comme celui de Zelensky qui demande de rester calme et pas s'inquiéter sont surtout motivé par la peur de voir les investissements occidentaux évacuer le pays tout comme leurs ambassades,
  • Ainsi du propre ministre de a Défense ukrainienne Reznikov qui déclare le 24 janvier: "Nous évaluons la situation à une distance de 200 kilomètres de la frontière. Ils (les russes) sont constamment en train de remonter, puis de retirer des troupes, de mener des exercices. Je peux absolument dire avec certitude : à ce jour, les forces armées russes n'ont pas créé de groupe de frappe qui pourrait mener à bien une invasion violente de l'Ukraine".
  • Même le commandement militaire étasunien admet qu'il recherche en vain les signes d'une "incursion imminente" de la Russie en Ukraine: "Nous sommes conscients des choses que les Russes pourraient faire qui pourraient nous donner des indications sur une sorte d'incursion imminente. Nous n'en sommes pas encore là, mais nous surveillons ces indicateurs de très près." a ainsi déclaré le porte-parole du Pentagone John Kirby. 
  • Même Jen Psaki, cette pathétique porte parole de la Maison Blanche qui confond le Liban avec la Lybie, la Fédération de Russie avec l'URSS a admis à contrecœur que "Les Etats Unis ne peuvent pas prédire si la Russie a l'intention d'envahir l'Ukraine ou non"...
  • Etc

 

3 /... et encore deux pas en avant !

Comment croire ces faucons, et vrais cons de la diplomatie occidentale lorsque dans le même temps, les mêmes responsables de fendent de déclarations alarmistes profèrent des menaces historiques à l'encontre de la Russie ?

Quelques exemples :
  • Les diplomaties étasunienne, britannique, allemande, japonaise, australienne demandent à leurs ressortissants de quitter ou de ne pas venir en Ukraine et ont engagé l'évacuation des familles et personnels non essentiels de leurs ambassades de Kiev,
  • Des compagnies aériennes ne se rendant pas en Ukraine l'évite ou refuse d'y stationner longtemps tandis que son espace aérien oriental, où le fantôme du MH17 attend toujours que ses vrais meurtriers soient désignés, est même fermé aux vols civils. 
  • Les responsables occidentaux justifient le renforcement des troupes de l'OTAN en Europe de l'Est (Pays Baltes, Pologne, Roumanie) pour "contrer l'invasion russe", avec entre autres, 8500 soldats supplémentaires envoyés par les USA en Europe...
  • Les manœuvres et exercices en cours de l'OTAN, terrestres ou maritimes, ont été renforcés et leurs scénarios et zones géographiques réorientée vers les frontières occidentale russes, en particulier celles du district militaire Sud.
  • Londres (peut-être inspiré par le Maïdan) sur la base de renseignements étasuniens (mais bien sûr sans les montrer) affirme que Moscou s'apprête a provoquer un changement de régime à Kiev, pour y installer un gouvernement fantoche pro-russe,
  • Malgré les  analystes économiques qui déclarent que l'arrêt du projet gazier russe "North Stream 2" ou pire du système de transactions financière SWIFT, impacteraient tout le marché mondial, Washington refuse de les exclure des sanctions préparées.
  • Les États-Unis viennent d'avertir le président Loukachenko que si la Biélorussie assiste l'invasion russe de l'Ukraine une réponse "décisive" sera lancée contre elle, tandis que Biden menace qu' "une escalade militaire autour de l'Ukraine changera le Monde". 
  • Etc.
Et la synthèse de cette communication incohérente est certainement cette déclaration du président Biden qui dans une rhétorique apparemment ambiguë nous révèle à demi mots toute la perversité de cette stratégie belliciste occidentale, tant de fois appliquée depuis 30 ans (Serbie, Irak, Afghanistan, Lybie, Syrie etc...) :

Biden a ainsi déclaré, commentant les réactions occidentales préparées pour étrangler économiquement la Russie:

" C'est une chose s'il s'agit d'une incursion mineure… Mais s'ils font 
réellement ce qu'ils sont capables de faire, ça va être un désastre 
pour la Russie… Le coût, en termes de pertes de vies physiques
il ne pourra s'imposer dans la durée. Mais ça va être lourd."

Faudrait savoir ! Hier les USA promettait un apocalypse économique dès la première botte russe en Ukraine, aujourd'hui il est question de différencier une "incursion mineure" d'une "invasion massive". 

Exactement le même discours que celui entendu avant la première guerre en Irak, sauf qu'ici ce sont les soldats ukrainiens qui joueront les idiots utiles sacrifiés pour provoquer une réaction militaire russe dans le Donbass, laquelle sera alors décrite n'en doutons pas une seconde comme une invasion de l'Europe par la nouvelle horde rouge de Poutine...

Janvier 1937, Janvier 2022, le fantasme russophobe de la propagande de guerre 
occidentale n'a pas vraiment évolué à part que l'Ukraine a remplacé l'Allemagne.

De son côté la Russie reste cohérente et franche tant au niveau des actes (déploiement de forces militaires défensives sur les frontières ukrainiennes) que des paroles lorsque par exemple Konstantin Gavrilov, son représentant permanent à l'OSCE déclare: 

"La Russie prévient qu'elle ne tolérera pas que Kiev et l'Occident 
procèdent à une provocation dans le Donbass et attaquent les Russes."

Pour démêler l'écheveau de ces déclarations occidentales contradictoires il suffit pourtant, comme d'habitude, de regarder le terrain des actions concrètes pour comprendre les intensions réelles des uns et des autres :

Sur le front du Donbass

Les forces ukrainiennes poursuivent leurs préparations offensives comme par exemple la mise en alerte leurs unités dans les régions de Kharkov, Dnipropetrovsk, Odessa et Tchernihiv tandis que sur le front se poursuivent des provocations offensives et coordonnées contre les territoires des républiques de Donetsk et Lugansk.


Ainsi dans la journée du 25 janvier sur l'ensemble de la ligne de front les forces ukrainiennes ont réalisé le même type de provocations (armes et nombre de munitions utilisées), ce qui correspond à des actions existantes dans les préparations offensives et destinées à évaluer les réactions précises des forces adverses (délais positions moyens):

  • 11h25, bombardement ukrainien de Octyabr (Sud RPD) depuis Pischchevik. 3 grenades automatiques AGS tirées.
  • 12h10, bombardement ukrainien de Spartak (Nord Doetsk) depuis Peski. 3 obus SPG 9 et 3 roquettes RPG tirés.
  • 12h42,  bombardement ukrainien de Octyabr (Sud RPD) depuis Pischchevik. 2 obus SPG 9 tirés.
  • 13h20, bombardement ukrainien de Trudosvsky (Sud Ouest Donetsk) depuis Marinka.  2 obus SPG et 6 grenades AGS tirées. 
  • 14h10, bombardement ukrainien de Belaya Kamenka depuis Starognatovka. 1 roquette RPG et 5 grenades AGS tirées. 
  • 15h38, bombardement ukrainien de Dzerjinskoïe (Sud DPR) depuis Shirokino. 3 grenades automatiques AGS tirées.
  • 15h56, bombardement ukrainien de Vasilievka depuis Verkhnetoretskoye. 3 obus SPG 9 et 3 roquettes RPG tirés.
  • 19h55, bombardement ukrainien d'Aleksandrovka (Sud Donetsk) depuis Novomikhailovka. 2 roquettess RPG tirées.

Par ailleurs les unités de surveillance électronique des milices républicaines ont repéré une forte augmentation des communications radios et téléphoniques dans de nombreuses zones du front ukrainien qui, comme par hasard, sont interdites d'accès aux observateurs de l'OSCE.

D'autres groupes des forces spéciales ukrainiennes ont été repéré arrivant sur les garnisons de Lisichansk en arrière du front de Lugansk, tandis que le niveau d'alerte concernant une potentielle attaque sur des sites industriels de la région reste maintenue.

A noter aussi une réorganisation de nombreux hôpitaux à l'arrière du front ukrainien pour libérer des lits et rajouter des lits  

Concernant la levée des "bataillon de défense territoriale" (1 brigade par région ukrainienne) l'organisation de celui d'Odessa confirme bien que les radicaux nationalistes risquent bien d'être aux commandes de ces force militaires ukrainiennes car cette unité sera  dirigée par le lieutenant-colonel Yevgeny Miroshnichenko, indicatif "Sever", un vétéran de la guerre dans le Donbass où il était le chef d'état-major du bataillon spécial "Uragan"

lieutenant-colonel Yevgeny Miroshnichenko

Les cadeaux de l'Oncle Sam continuent d'inonder l'Ukraine

Le Pentagone l'avait annoncé, après le pont aérien militaire britannique de la semaine dernière (8  C17) un troisième gros porteur 747 étasunien est arrivé à Kiev ce 25 janvier en provenance des Etats Unis apportant un nouveau chargement d'armes et de munitions aux forces ukrainiennes, essentiellement des systèmes d'armes antichars et anti fortifications.

Le 3e gros porteur étasunien de la semaine, un Boeing 747-412 (BCF), au décollage de la base aérienne Dover AFB, USA, est arrivé dans l'après midi du 26 janvier à l'aéroport de Borispol, à Kiev par un vol de la National Airlines à bord d'un Boeing affrété par le commandement USTRANSCOM, avec à son bord 80 nouvelles tonnes de fret militaire, dont 300 autres missiles pour système antichar "Javelin".


Au même moment des instructeurs des forces spéciales britanniques arrivés avec les vols précédents ont commencé l'instruction accélérée sur l'emploi du système polyvalent (anti fortification et antichar) NLAW, au 184e centre de formation de l'Académie nationale des forces terrestres ukrainiennes.


Du côté de l' OTAN

Là aussi on peut observer une dichotomie de l'OTAN, entre des déclarations et des actions pas vraiment convergentes:

Alors que Stoltenberg, le Secrétaire général de l'Alliance atlantique vient encore de déclarer au média CNN que "L'OTAN n'enverra pas de troupes de combat en Ukraine" et que si il ne peut garantir la non-expansion de l'alliance, en revanche, l'entrée de nouveaux pays d'Europe de l'Est n'est "pas à l'ordre du jour", on observe un accroissement très important des forces occidentales sur le flanc oriental de l'OTAN et jusqu'aux frontières russes :

D'ailleurs sur son site internet officiel, l'OTAN reconnait qu'elle "renforce sa présence en Europe de l'Est en lien avec la situation autour de l'Ukraine.

  • Transferts divers de forces terrestres, de navires, d'avions de combat et des forces supplémentaires de leurs bases vers l'Europe de l'Est "pour contenir la Russie".
La Bundeswehr déploie des chars jusqu'à la frontière polono-ukrainienne . Un
autre convoi allemand avec des chars Leopard-2 et des véhicules de transport 
de troupes TPz.1 "Fuchs" traverse l'Inowroclaw polonais vers l'Ukraine.

  • 8500 hommes avec leurs matériels ont été mis en état d'alerte aux Etats Uni et dirigés vers les ports d'embarquement du Golfe du Mexique d'où ils doivent rallier l'Europe. 
Même outre Atlantique des réserves stratégiques des bases de stockage 
du Texas et d'Oklahoma ont été mobilisées pour l'Europe ! Des centaines 
de véhicules blindés et équipements lourds sont emmenés par voie ferrée 
vers le golfe du Mexique pour embarquer vers le "Vieux Continent". 

Et sur la région pontique, les ressources stratégiques du renseignement militaire de l'OTAN continuent quotidiennement leurs missions de reconnaissance électronique sur la ligne de front du Donbass mais aussi les régions frontalière russes.

Ici un "Rivet Joint de la Royal Air Force en mission de surveillance
des régions frontalières russes de la Mer Noire, le 25 janvier 2022.

A noter cependant qu'au sein de l'Alliance la cohésion n'est pas si parfaite que les déclarations de ses responsables. Ainsi, deux jours après le clash du vice amiral allemand Shoënbach (qui lui a couté sa démission), voilà que le Président croate Zoran Milanovic déclare ce mardi 25 janvier, lors d'une visite à l'entreprise Kraš. : "La Croatie, en cas de conflit entre la Russie et l'Ukraine, retirera ses militaires des forces de l'OTAN dans la région. S'il y a une escalade, nous nous retirerons jusqu'au dernier soldat croate. Cela n'a rien à voir avec l'Ukraine, mais avec la politique de Biden, dans laquelle je vois des incohérences et des dangers".

On n'est pas loin d'une désertion...


Du côté de la Russie

Le ministère de l'Intérieur de la Russie a élaboré un projet de loi pour pouvoir gérer au maximum un afflux inattendu de réfugiés comme celui vécu à l'automne 2014. Cette loi "sur l'asile sur le territoire de la Fédération de Russie" dans une situation de crise résoudra rapidement la question de l'octroi du statut de réfugié ou de l'asile temporaire pour les citoyens républicains et ukrainiens, et prévoit une "protection temporaire" et "un moyen d'urgence d'assurer la protection des citoyens étrangers arrivés en masse en Russie".

L'Etat major russe, en réaction de la mobilisation des forces étasuniennes vers l'Europe a mis en alerte 6 000 militaires russes dans son district militaire Sud, en plus des exercices avec le Belarus qui se poursuivent et des renforts arrivés sur ses frontières avec l'Ukraine.

Convoi russe avec systèmes de missiles tactiques 
traversant Bryansk vers la frontière avec l'Ukraine

Dire qu'il ne reste plus une chance à la paix serait idiot et irresponsable, et les dirigeants qui organisent cette en urgence une nouvelle réunion du "format Normandie" espèrent peut-être encore une voie diplomatique, même si je doute que que ce soit dans le cadre de ces accords de Minsk irréalisés et irréalisables qu'elle puisse être trouvée.

Mais il est sûr qu'en ce début d'année, le réalisme n'invite pas à l'optimisme !

A suivre
Erwan Castel




lundi 24 janvier 2022

"Il est temps de passer à des actions offensives" V. Zelensky

Tandis que le Kremlin attend cette semaine des réponses écrites de la Maison Blanche et de l'OTAN à ses propositions de garanties de sécurité, sur la ligne de front du Donbass la tension est encore montée d'un cran avec la mise en alerte de combat de plusieurs brigades d'assaut ukrainiennes sur fond d'hystérie collective occidentale criant à l'invasion russe imminente à chaque heure, évacuant ses diplomates de Kiev et inondant les forces armées ukrainiennes de centaines de tonnes d'armement...

Aujourd'hui, Volodymyr Zelensky, le Président ukrainien a encore jeté de l'huile sur le feu à l'occasion de la Journée du renseignement extérieur, Dans son discours aux membres des services de renseignement Zelensky a déclaré: "Je suis sûr qu'il est temps de passer à des actions offensives pour défendre nos intérêts nationaux". 

  • "Aujourd'hui, notre État est confronté à des menaces extrêmement dangereuses, en particulier des menaces à la souveraineté, à l'intégrité territoriale et à l'unité. Dans cette période décisive, le renseignement efficace joue un rôle extrêmement important...

Nous avons appris à contenir et contrer efficacement les agressions extérieures. Je suis sûr qu'il est temps de passer à des actions offensives pour défendre nos intérêts nationaux.

Vous avez l'expérience et la capacité de mettre en œuvre une telle stratégie. Le renseignement, la capacité à générer des solutions non conventionnelles à des problèmes aigus, le courage et le dévouement de chaque officier du renseignement doivent continuer à être des outils efficaces pour travailler au profit de notre État.

Nos citoyens sont unis pour rendre nos territoires et souhaiter la paix à notre État indépendant",

Zelensky, en rappelant que les informations sur les plans et les actions de l'autre partie dans tous les domaines sont une garantie fiable pour prendre des décisions opportunes et correctes dans des situations difficiles, a également souligné l'importance d'obtenir des informations véridiques afin que personne ne les manipule et que personne n'utilise l'Ukraine dans son propre intérêt. A qui pensait-il le clown reconverti ? Moscou, ses partenaires bandéristes ou Washington son marionnettiste ?

Sur le front du Donbass

Même si les armes ne suivent pas l'hystérie des communiqués politiques et diplomatiques (ce qui est assez fréquent avant le déclenchements d'opérations offensives), les forces en présence de part et d'autre des 480 km du front ont relevé leurs niveaux d'alerte, particulièrement les forces ukrainiennes qui ont déclenché le 23 janvier une mise en alerte de combat pour de nombreuses unités blindées et d'artillerie.

Selon les derniers rapports du renseignement militaire croisés avec ceux de l'OSCE et des résidents des zones occupées par Kiev, entre 120 et 125 000 soldats ukrainiens seraient aujourd'hui massés le long de la ligne de front avec 197 pièces d'appui feu lourdes dont des lance-roquettes multiples de 220mm "Uragan" et 300mm "Smerch"

Denis Pushilin le président de la République Populaire de Donetsk a rappelé que la menace d'une attaque chimique des forces spéciales ukrainiennes opérant sous faux drapeau était toujours très élevée, surtout que des unités spécialisées pour ce genre de missions (des 3e et 8e régiments des FS ukrainiennes) ont été déployées récemment dans plusieurs secteurs de la première ligne du front où se trouvent des sites industriels et des infrastructures collectives (gaz, eau potable, stations électriques...) qui sont autant de cibles potentielles pour des false flags.

Concernant les attaques sur les ressources collectives, voici un exemple de 
sabotage réalisé cette semaine sur le front de Lugansk :la rivière Lugan qui 
alimente plusieurs stations d'eau potable depuis la zone contrôlée pat les 
forces ukrainiennes a été empoisonnée avec des d'hydrocarbures. 

L'Etat Major de "l'Opération des Forces Combinées" ukrainiennes continue de déployer ses unités et de nouveaux renforts près de la première ligne du front et d'empêcher les patrouilles terrestres et les drones des observateurs de l'OSCE d'accéder à de nombreuses zones du front où convergent les déplacements des unités d'assaut.

Un convoi de véhicules de transport de troupe ukrainiens BTR 
dans le secteur de Druzhkivka, à environ 40 km de la ligne de front.

De leur côté les milices républicaines se préparant chaque jour à recevoir un assaut blindé ukrainien, rapprochent également vers le front leurs matériels lourds jusqu'ici confinés en retrait. Ainsi, les observateurs de l'OSCE, qui dans les républiques ne subissent aucune contrainte dans leurs missions ont commencé a repéré des mouvements de leurs forces de défense.

Dans le secteur de Keasny Luch (en République Populaire de Lugansk) 22 lance-
roquettes multiples de 122mm "Grad" sont observés en mouvement vers le front.

Quant aux forces de l'OTAN, bien que l'Ukraine ne soit pas membre de l'Alliance atlantique, elles continuent d'intensifier leurs présence dans le Donbass, notamment les missions de leurs ressources de renseignement militaire aérien, avions espions ou drones stratégiques...

24 janvier 2022, un drone de reconnaissance stratégique de l'USAF 
Northrop Grumman RQ-4A "Global Hawk" id " FORTE12" encore 
repéré aujourd'hui près du front du Donbass mais aussi des frontières
russes et bélarusses où se déroulent des exercices militaires conjoints.
 

Du côté de l'Ukraine

Une épidémie de bouffées délirantes continue de frapper Kiev : 

  • Les USA, la Grande Bretagne, l'Allemagne et l'Australie ont commencé  l'évacuation des familles et de leurs diplomates de Kiev et recommandent à leurs ressortissants de quitter l'Ukraine,
  • Les compagnies aériennes Swiss Air, Austrian Airlines et KLM refusent le stationnement de nuit de leurs avions à l'aéroport international de Boryspil (Kiev) en raison de la menace russe,
  • Une réunion sur la situation en Ukraine s'est tenue aujourd'hui à Tel Aviv concernant la possibilité qu'ont 75000 binationaux de l'Est du pays d'immigrer vers Israël en cas de conflit.

Après les 8 livraisons britanniques de la semaine dernière (500 tonnes d'armement antichar et munitions), une  deuxième livraison aérienne étasunienne est arrivée à Kiev, 2 jours après la précédente (voir articles précédents), chargée de 90 nouvelles tonnes d'armes antichars et diverses autres armes et munitions :

"Le deuxième oiseau est arrivé à Kiev ! Plus de 80 tonnes d'armes de nos amis des USA pour renforcer la défense de l'Ukraine ! Et ce n'est pas la fin. La cargaison est arrivée sous une protection fiable" a écrit Reznikov, le Ministre ukrainien de la Défense 



De son côté le Canada vient de débloquer 120 millions de dollars d'aide militaire à l'Ukraine selon CTV News.

Du côté de l'OTAN

L'administration Biden a annoncé son intention de déployer de nouvelles unité militaires sur le flanc oriental de l'OTAN, dans les pays baltes, Pologne, Roumanie...Selon des sources autorisées du New York Times, leur effectif initial de 5 000  à 10 000hommes pourra être porté rapidement à 50 000 hommes en cas d'aggravation militaire en Ukraine.


L'OTAN a d'ores et déjà renforcer sa présence en Europe de l'Est dans le cadre de la situation autour de l'Ukraine, déclare la direction de l'Alliance dans un communiqué sur son site officiel 
  • "Les alliés de l'OTAN alertent les forces et envoient des navires et des avions de combat supplémentaires dans des endroits en Europe de l'Est, renforçant ainsi la dissuasion et la défense dans le contexte du renforcement continu des forces de la Russie en Ukraine et autour"
Par exemple ::

- Le Danemark envoie une frégate en Baltique et quatre chasseurs F-16 en Lituanie,

- L'Espagne envoie des navires et pense envoyer des combattants en Bulgarie,

- la France a annoncé qu'elle était prête à transférer des forces en Roumanie,

- Les Pays-Bas envoient deux chasseurs F-35 en Bulgarie et mettent le navire et les forces terrestres en alerte..
 
En Pologne, de grands convois ferroviaires de l'OTAN font 
mouvement vers les frontières bélarusses ou ukrainiennes, et
en urgence comme en témoigne leur camouflage toujours "désert".

Ici une colonne de véhicules de combat d'infanterie Bradley sur l'autoroute 
E81 près de Bucarest et se déplaçant vers l'Ukraine déplace vers l'Ukraine.


Mais ne nous méprenons pas sur les intentions de l'OTAN, comme l'a déclaré son secrétaire général Stoltenberg qui affirme toute honte bue que le déploiement de nouvelles forces de l'alliance en Europe de l'Est « ne menace pas la Russie » et n'interfère pas avec le dialogue avec elle ("les cons ça ose tout...").



L'exercice maritime interallié de l'OTAN "Neptune Strike 22"a commencé en Méditerranée orientale avec des navires du STRIKFORNATO et de la sixième flotte américaine articulés autour du groupe naval du porte avions étasunien USS Harry S. Truman. Les exercices de combat commenceront par des scénarios de "frappe à longue portée" (missiles et avions) et de lutte anti sous marine. C'est la première fois depuis la fin de la guerre froide qu'un groupe aéronaval complet passe sous le commandement de l'OTAN.


Du côté de la Russie

Les premières unités des forces armées russes sont arrivées en Belarus dans le cadre de la première étape des exercices à grande échelle Allied Resolve-2022, déployant par la même occasion une force dissuasive importante le long des frontières Nord d'une Ukraine menaçant d'attaquer le Donbass.


Et sur mer également, dans le cadre de la rotation prévue du groupement de la marine russe en mer Méditerranée, le navire de débarquement de la flotte de la mer Noire "Orsk" traverse le Bosphore en direction de la mer Noire, cap sur Sébastopol.


La montée en puissance des forces militaires en présence et des menaces continuent donc tandis que s'effondrent jour après jour les chances de voir l'arsenal diplomatique rouvrir les chemins de la Paix.

Et pendant ce temps là la majorité des occidentaux se regardent le nombril...

Erwan Castel



mercredi 19 janvier 2022

Les cadeaux de la reine

L'accalmie (relative) qui avait régné sur le front du Donbass jusqu'au week end a été définitivement rompue ce 18 janvier avec le retour aux bombardements ukrainiens des gros calibres d'artillerie pourtant prohibés par ces 2ème accords de paix signés à Minsk en février 2015 et tant invoqués lors des pourparlers Est-Ouest de la semaine dernière.

Mais le fait le plus notable de la journée est certainement ce pont aérien militaire important réalisé entre la Grande Bretagne et l'Ukraine organisant pas moins de 5 vols de gros porteurs C17 "Globemaster" venus livrer de l'armement aux forces armées ukrainiennes, ainsi que les annonces faites par Londres et Toronto d'envoyer des forces spéciales britanniques et canadiennes en Ukraine.

On observe donc que l'Alliance militaire atlantique, non seulement ne calme pas ses velléités sur les frontières occidentales de la Fédération de Russie,  mais au contraire accélère ses provocations à l'égard de Moscou et sa militarisation de l'Ukraine qui devient de jour en jour un véritable porte avions de l'OTAN tourné vers la Russie.


Sur le front du Donbass

Les auxiliaires ukrainiens de l'OTAN continuent de vouloir entraîner l`Europe dans une nouvelle guerre, pour les beaux yeux de Wall Street:

Les forces armées ukrainiennes ont bombardé à 16h25 le village de Spartak à la périphérie Nord de Donetsk avec des mortiers de calibre 120 mm. 6 obus tirés.

C`est le premier bombardement au gros calibre, et confirmé par les observateurs de l`OSCE, réalisé par Kiev cette année sur le territoire de la République Populaire de Donetsk.

Et voilà que CNN nous apprends aujourd'hui que le 12 janvier, le directeur de la CIA William Burns, s'était rendu à Kiev, pour y rencontrer des responsables politiques et militaires du régime. Or, comme par hasard c'est ce même jour qu'a été observé sur le territoire de la République Populaire de Lugansk une forte aggravation des provocations ukrainiennes avec notamment le bombardement du village de Donetstskoe, provoquant des destructions dans une zone résidentielle.

Dans le contexte des graves tensions internationales posées sur les ta.les des diplomaties russe et etasunienne, le front du Donbass est de nouveau sous les projecteurs médiatiques, et particulièrement ceux des propagandistes occidentaux qui font à l`occasion un nouveau "russian bashing" repoussant encore plus loin les limites de l'hystérie.

Voici pour exemple "modéré" un reportage de la télévision turque sur la lige de front de l'Opération des Forces Conjointes ukrainienne. 


Du côté de l'Ukraine 

En Ukraine, la guerre des clans entre Porochenko, l'ex président soutenu par les radicaux et Kolomoisky soutenu par l'actuel résident Zélensky s'effondre dans un statu quo politico-juridique où chacun sauve sa face tout en évitant que ce mélodrame interne à l'oligarchie locale ne dégénère en crise nationale dans un pays déjà à la dérive. La seule chose qui est peut-être à relever de ce cirque kiévien, c'est que la nébuleuse nationaliste (Corps National de Andriy Biletsky, Parti Azov, Parayvi Sector...) cherche comme d'habitude à profiter d'une crise politique pour jouer la mouche du coche et soutirer quelques compensations financières au passage, soit pour manifester, soit pour se disperser...

Carte des brigades de défense territoriales ukrainiennes

Du côté militaire Kiev continue la mise sur pied de ses 25 brigades de défense territoriale (1 par région) dont le recrutement est réalisé principalement auprès des groupes paramilitaires néonazis et des vétérans de l'Opération Spéciale Antiterroriste (ATO) qui ont ouvert la guerre contre les populations du Donbass en 2014. 86 % des zones de déploiements de ces brigades étaient définis au 17 janvier. Au total leur effectif devrait atteindre en temps de paix 10 000 volontaires majoritairement bandéristes, qui seront ainsi légalement armés et rémunérés sur les frontières, la ligne de front et les territoires russophones de l'Ukraine. Cet effectif peut monter à 130 000 en cas de mobilisation de temps de guerre.

Pareilles plusieurs infos diverses convergent vers une probable exacerbation de la crise Est Ouest se jouant en Ukraine, parmi lesquelles :

  • Le New York Times rapporte que les diplomates russes évacuent Lvov et 2 autres consulats en Ukraine.
  • Lors de son voyage en Ukraine, Annalena Berbock,  la ministre allemande des Affaires étrangères  a discuté de la demande de Kiev de se voir livrer des armes allemandes.

Oleksiy Arestovitch , le conseiller du chef du cabinet du président de l'Ukraine a démissionné  ce 17 janvier de tous ses postes gouvernementaux, parmi lesquels celui de représentant ukrainien au sein du Groupe de travail trilatéral chargé d'accompagner les accords de Minsk.


Du côté de l'OTAN

Jens Stoltenberg, le Secrétaire Général de l'OTAN, en avant garde de la réponse écrite de Washington aux propositions russes, de Sécurité Collective qui doit être transmise cette semaine, a déclaré que l'OTAN n'acceptera jamais le retrait de ses militaires des pays qui ont rejoint l'Alliance de l'Atlantique Nord après 1997, au nom de l' "égalité entre ses membres" et du refus de créer un statut de"seconde zone"

  • "Bien sûr, nous ne pouvons pas non plus accepter que nous ne devrions pas avoir de troupes de l'OTAN dans tous les pays qui ont rejoint l'OTAN depuis 1997. Cela signifie essentiellement que la moitié de nos membres ne pourront pas être protégés par les troupes de l'OTAN. Ensuite, ils seront en quelque sorte des membres de seconde classe de l'OTAN, nous ne ferons jamais cela."

Pire que cela l'OTAN semble maintenant vouloir élargir son statut juridique à ses "partenaires non integrés" (dont l'Ukraine bien sûr) en identifiant l'Alliance à un "espace" global dans lequel serait mis en œuvre l'article 5 (assistance militaire en cas de conflit)

Je vous ferais grâce de l'inventaire des déclarations russophobes des faucons de guerre occidentaux dont on peut se demander s'ils ne se sont pas lancé dans un concours du plus hystériquement débile comme par exemple le département d'Etat étasunien (Blinken) qui juge les exercices russo-bélarusses actuels "d`extrêmement dangereux", de la Pologne qui appelle l'OTAN à augmenter sa présence sur ses frontières orientales, de la Maison Blanche (Psaki) qui maintient, malgré les dommages collatéraux inevitables et importants pour les européens possibilité de déconnecter la Russie du système SWIFT ou de couper le gazoduc North Stream 2 en cas de nouvelles sanctions contre.tre Moscou.

A noter toutefois dans se tohu bohu bellicistes occidental que les chefs des  diplomaties américaine et russe, Antony Blinken et Sergueï Lavrov se sont donné rendez-vous ce vendredi à Genève pour tenter un dialogue constructif.

Mais, tandis que le département d'État américain promet de nouvelles livraisons d'armes à l'Ukraine la semaine prochaine et le Wall Street Journal annonce que les États-Unis préparent des sanctions financières contre les "séparatistes pro-russes en Ukraine", Londres, la perfide Albion, est directement passé aux actes:

Un pont aérien militaire pour l'Ukraine 

Les 17 et 18 janvier, des avions de transport militaire C-17 de la RAF de la base britannique de Breeze-Norton ont effectué 5 vols logistiques vers l'aéroport de Boryspil de Kiev afin d'y livrer des armes aux forces armées ukrainiennes.

Le ministère britannique des Affaires étrangères a été informé qu'il était prêt à passer en "mode crise" dans un délai très court, selon des responsables de la BBC, et le Ministère ukrainien de la Défense L'Ukraine a  confirmé deux jours plus tard avoir reçu des armes antichars légères de la Grande-Bretagne.

De son côté le secrétaire britannique à la Défense, Ben Wallace, a déclaré ce 17 janvier à la Chambre des communes du Parlement, que le Royaume-Uni avait décidé de fournir à l'Ukraine des "systèmes d'armes défensives antichars légers" "à la lumière du comportement de plus en plus menaçant de la Russie".

Comment peut-on prendre ainsi les gens pour des cons en affirmant qu`une arme est "défensive" quand d'autre ne le seraient donc pas ...

Une arme reste une arme,  et seule la destination que lui donne son utilisatieur fait qu'elle est défensive et /ou offensive... et il est plus que probable que ces NLAW se retrouvent dans un jour prochain utilisés pour les provocations ukrainiennes dans le Donbass.

Les C17 ont donc livré au minimum conseillers militaires et missiles guidés antichars légers NLAW au moment où la présence de l'OTAN en Ukraine est justement au cœur des tensions Est-Ouest. 

Voici une vidéo du 18 janvier montrant le déchargement 
de la cargaison d'un des C17 de la Royal Air Force ayant 
livré des armes antichars britanniques à l'armée ukrainienne

Concernant cette arme antichar de dernière génération, idéale pour le combat en zone urbaine et contre les blindage modernes c'est un lance missile de type Javelin ("fire and forget") à courte,portée (jusqu'à 600 m). L'opérateur doit marquer la cible dans son viseur informatisé pendant 5 secondes, le temps que le calculateur de tir intègre les paramètres distance, vent, relief, balistique et viseur embarqué etc et verrouille l`objectif. Après le tir le missile s`autoguide sur la cible.


Mais le plus intéressant arrive maintenant car, si un conflit russo-ukrainien est tellement imminent, QUI va manier ces systèmes d'armes antichars ultra modernes, complexes et coûteux s'ils sont engagés dans les prochainsjours ?

Lorsqu'on connait le temps 1 an environ, qu'il a fallu pour former, entraîner et certifier les servants des missiles Javelin ukrainiens, on peut se poser effectivement la question pour ces NLAW,

Sauf si...

Avec les postes de tir et missiles, les manuels et instructeurs, l'OTAN à égaré da.s les ventres des C17, quelques dizaines de tireurs déjà opérationnels...

Et c'est ici qu'interviennent les forces spéciales canadiennes et britanniques supplémentaires qui, comme par hasard, sont envoyées en Ukraine au même moment que la manne antichar de Londres.


Faux prétextes et vraies forces spéciales 



Le Canada a déclaré envoyer des forces spéciales en Ukraine (200 soldats) pour selon Global.News "dissuader l'agression russe en Ukraine et d'identifier des moyens pour aider le gouvernement ukrainien". Ainsi.que d'élaborer des plans d'évacuation pour le personnel diplomatique canadien en cas d'« invasion à grande échelle" "

Le même discours pour les Britanniques qui envoient des troupes en Ukraine au milieu des craintes d'une invasion russe imminente dans une "guerre très, très sanglante".

Et au milieu de ces livraisons d'armes et ces déploiements de FS l'OTAN redouble aussi ses activités de suveillance de la Fédération  comme ce 18 janvier.pù pas moins de 10 missions de reconnaissance ont couvert tous les territoires frontaliers de la Fédération de Russie, de la Baltique à la Mer Noire.





Du côté de la Russie

Le porte parole du Kremlin, Dmitry Peskov dans une interview accordée à CNN, en rappelant que la militarisation atlantiste de l'Ukraine constitue un franchissement des lignes rouges définies par la Russie precise que les sanctions étasuniennes proposées contre les dirigeants russes pourraient conduire à la rupture des relations entre les deux pays 

  • "Les troupes russes se trouvent sur le territoire de la Fédération de Russie près de la frontière ukrainienne, et nous estimons qu'il est nécessaire de les y laisser face à une situation très tendue, une atmosphère hostile créée par divers exercices de l'OTAN, des chasseurs et des avions espions de l'OTAN, la l'avancement de l'infrastructure de l'OTAN jusqu'aux frontières », D. Peskov.
Et l'Etat major russe de continuer à déplacer et stationner des unités sur-le-champ territoire fédéral de son flanc occidental,  dans des déploiements et exercices internes ou dans le cadre de manœuvres avec le Belarus.


Bataillon S-400 en route pour la Biélorussie pour des exercices conjoints

Et les activités des forces russes ne réagissent pas seulement en Ukraine à celles de l'OTAN,  ainsi ce groupe de grands navires de débarquement de la flotte de la Baltique, qui a quitté la mer Baltique le 17 janvier avant d'être été rejoint le 18  par un autre  groupe de grands navires de débarquement de la flotte du Nord, composé de grands navires de débarquement "Pyotr Morgunov", "Olenegorsky miner" et "George les Pobedonosets".


Petit à petit la guerre sort des tranchées du Donbass...

Erwan Castel



lundi 17 janvier 2022

Des forces spéciales ukrainiennes... très spéciales

Lorsque l'on croise les déclarations des responsables occidentaux avec les actions de l'OTAN, on voit émerger plus précisément cette stratégie étasunienne qui cherche à déstabiliser la Russie, politiquement (avec la 5e colonne des Navalny and Co), économiquement (avec les sanctions et embargos anti-russes) mais aussi militairement en formant, équipant et contrôlant des forces militaires ukrainiennes devenues progressivement depuis le Maïdan le proxy zélé, décomplexé et suicidaire, au service d'un Nouvel Ordre Mondial qui lui, veut juste ramasser les marrons du feu allumé sans que l'OTAN se brûle les doigts.

Du côté de l'Ukraine

Insigne des Forces Spéciales ukrainiennes
avec leur devise : "Je viens à toi"

Alors que le renforcement des unités en première ligne se poursuit et que la mobilisation des forces de défense territoriales a commencé, le parlement ukrainien, Verkhona Rada, a enregistré un projet de loi (n ° 6486) afin d'élargir les capacités et les missions des forces spéciales ukrainiennes qui élargira les capacités des forces d'opérations spéciales. Selon le projet de Avec cette loi, le Commandement des forces spéciales "sera autorisé à effectuer des renseignements spéciaux dans l'intérêt de la préparation et de la conduite de ses propres opérations spéciales, combats et opérations spéciales, et de l'organisation d'un mouvement de résistance". Jusqu'à présent ces missions étaient sous l'autorité des "Direction principale du renseignement du ministère de la Défense", le "Service de renseignement étranger", le" Service de sécurité de l'Ukraine et le renseignement du Service des frontières".

Avec cette loi, les Forces spéciales ukrainiennes qui rappelons le sont encadrées par des "instructeurs" de l'OTAN (300 SAS britanniques pour la seule base de la 73e détachement spécial naval basée à Ochakov à l'embouchure du Dniepr) aura le droit de mener à sa propre initiative des activités opérationnelles pour les activités de renseignement et de contre-espionnage à l'intérieur du pays et à l'étranger et n'aura de compte à rendre qu'à l'Etat Major des Forces armées ukrainiennes.

Cela signifie que l'OTAN va disposer, et de façon plus autonome, d'une force militaire auxiliaire ukrainienne qu'elle forme et encadre pour mener par proxy des opérations spéciales dans le Donbass, en Mer Noire voir éventuellement pour réaliser un coup d'Etat militaire à Kiev si le régime politique venait à abandonner son rôle de kamikaze russophobe.

Il faut considérer cette loi comme le prolongement d'un contrôle opérationnel des forces ukrainiennes par le commandement politico-militaire de l'OTAN, qui a accordé une priorité à la normalisation des commandos ukrainiens, dont le 140e centre d'opérations spéciales a été certifié OTAN en tant qu'unité d'opérations spéciales pouvant être impliquée dans la Force de réaction de l'OTAN , la première d'un État non membre de l'OTAN. 

D'ailleurs, les forces spéciales ukrainiennes, en plus des missions réalisées en Crimée et sur le front du Donbass, où par exemple le 5 décembre 2016 une unité du  73e centre naval spécial a subi des pertes (dont un canadien) près de Vodyanoye (front Sud de la République Populaire de Donetsk) sont déjà intervenues aux côtés de l'OTAN, comme août 2021 pour sécuriser l'extraction de ressortissants canadiens d'Afghanistan.  


Du côté de la CIA


Et cette autonomisation militaire, politique et législative des Forces Spéciales ukrainiennes n'est certainement pas sans rapport avec ce "programme de la CIA" révélé cette semaine par des médias occidentaux visant à former des unités paramilitaires à des actions insurrectionnelles et opérations spéciale dans le cas d'un conflit russo-ukrainien. Ce programme lancé en 2015 par le gouvernement Obama, suite à la situation en Crimée où 75% des forces ukrainiennes de la péninsule avaient rejoint les forces russes qui y étaient implantées s'est donné pour objectif d'assurer à la cause de l'OTAN des unités d'élite spécialement formées pour des opérations spéciales (renseignement, sabotage, assassinat et terrorisme) et de subversion (émeutes, propagandes...)

Bien qu'aussitôt démenties par l'administration Biden ces informations concernant ce programme insurrectionnel de la CIA pour l'Ukraine a bien été confirmé par d'autres sources comme par exemple le Mirror ou le New York Times qui rapporte que lors de discussions avec les alliés, de hauts responsables de l'administration Biden ont fait savoir que "la CIA (secrètement) et le Pentagone (ouvertement) chercheraient tous deux à apporter leur aide à toute [éventuelle] insurrection ukrainienne", rapporte ainsi  le 14 janvier.

La présence d'agents de la CIA en Ukraine est attestée depuis le Maïdan et depuis dans plusieurs ministères ukrainiens où l'agence étasunienne avec le Pentagone et la NSA ont implanté des "conseillers spéciaux" et des instructeurs pour encadrer la normalisation mais certainement aussi l'engagement des agents et des forces spéciales ukrainiennes. 

Et, pour "rajouter une couche" à cette stratégie de Washington en Ukraine et qui y est mise en œuvre depuis 8 ans, il faut noter également le retour visible de Sociétés Militaires Privées étasuniennes, dont on sait qu'elles sont pilotées par la CIA et le Pentagone, jusque sur le front du Donbass comme par exemple à Avdeevka où 120 de leurs mercenaires ont été repérés en même temps et lieu que des livraisons d'agents chimiques en décembre 2021.


Du côté de l'OTAN

Les ressources du renseignement de l'OTAN continuent d'effectuer des missions de reconnaissance opérationnelles le long des frontières maritimes et terrestres russes et le long de la ligne de front du Donbass, où ses aéronefs, principalement de l'US Air Force et de la Royal Air Force collectent des renseignements au profit de l'Etat Major de l'OTAN mais aussi, sans l'ombre d'un doute, de l'Etat Major ukrainien.

Le 14 janvier 2022, un  Boeing RC-135V "Rivet Joint" de l'US Air Force, (imm. 63-9792) en 
provenance de la base aérienne de Souda , a effectué une nouvelle mission de reconnaissance 
en mer Noire le long de la côte de la péninsule de Crimée et de la région de Krasnodar. 

Concernant les aides militaires de l'OTAN aux forces armées ukrainiennes

Après que l'administration Obama ait excité les manifestations sur le Maïdan, fomenté le coup d'Etat, engagé le processus d'intégration de l'Ukraine dans l'OTAN et que l'administration Trump ait autorisé la livraison d'armes aux forces armées ukrainiennes, l'actuelle administration Biden augmente considérablement l'aide financière, l'assistance technique (instructeurs et conseillers), et les livraisons d'armes qui atteindront 500 millions de dollars pour le budget 2022.

Ces aides militaires étasuniennes parviennent aux forces ukrainiennes par voie maritime pour les "gros colis", parfois par voie terrestre via les bases de l'OTAN en Europe, et souvent par voie aérienne, par gros porteurs militaires:

Le 15 janvier, un transporteur C-17 de l'US Air Force en provenance d'Helsinki avec un 
chargement militaire est arrivé à Kiev, alors que la Finlande vient de déclarer finalement 
ne pas vouloir intégrer l'OTAN avec une cargaison inconnue. C'est le deuxième C17 US
qui est repéré arrivant à Kiev avec un chargement militaire depuis le début de l'année

Et, à ces livraisons directes de l'industrie militaro-industrielle étasunienne il convient aussi de rajouter celles des pays de l'OTAN, qui sont également en augmentation exponentielle, comme les patrouilleurs français ou les drones d'attaque turcs par exemple.

Ainsi cette semaine, l'Agence d'approvisionnement de l'OTAN a annoncer vouloir organiser le transport maritime de trois hélicoptères Mi-17 depuis Veracruz (Mexique) jusqu'à Odessa (Ukraine). Conformément aux termes de référence, la cargaison sera prête au plus tôt le 7 février et sera livrée à Odessa 2 semaines plus tard. Il s'agit probablement des 3 hélicoptères Mi 17 de l'armée de l'air afghane signalés en août 2021 en Ouzbékistan (pays d'Asie centrale pro-OTAN) et récupérés en novembre 2021. 


Il est significatif d'observer que ces aides militaires accélérées et multiples étasuniennes (dont la rallonge de 200 millions de dollars accordée par le Pentagone en décembre 21) interviennent précisément au moment où les tensions autour de la militarisation de l'Ukraine par l'OTAN entre Maison Blanche et Kremlin sont à leur comble, et alors que Biden avait pourtant déclaré en novembre 2021 sur CNN qu'il craignait que "l'envoi supplémentaires d'armes à l'Ukraine risquait de provoquer une montée des tensions avec Moscou". Encore une preuve que ces mondialistes ne sont que des menteurs et des incendiaires !

Et ailleurs sur "le front de l'Ouest"

Sur les autres frontières occidentales de la Russie, les forces de l'OTAN ne sont pas en reste et mènent aussi des manœuvres et déploiements qui dans le cadre des revendications sécuritaires russes et des pourparlers internationaux du moment montrent clairement leur dimension provocatrice à l'encontre de Moscou.

Aujourd'hui 17 janvier 2022, un avion de la République allemande est arrivé à Kiev avec une délégation diplomatique dont la Ministre des Affaires Etrangères et des généraux allemands.


Plus au Nord, l'Estonie envisage le déploiement de 5000 hommes supplémentaires de l'OTAN sur son territoire. 

Du côté de la Russie

De son côté, la Fédération de Russie prend acte des activités provocatrices de l'OTAN et y répond symétriquement comme par exemple son intention de déployer des bases à Cuba et au Vénézuela ou de lancer pour février des exercices militaires conjoints entre troupes de la Fédération de Russie et celles de la Biélorussie.

Commentant ce 17 janvier l'annonce d'un éventuel déploiement supplémentaire de troupes de l'OTAN en Estonie le Kremlin a déclaré que "c'est la preuve que nos préoccupations sont justifiées et que ce n'est pas la Fédération de Russie qui intensifie les tensions".

Aussi, les forces russes maintiennent leurs mouvements dissuasifs de convois militaires vers les frontières occidentales de la Fédération soulignant que les demandes de Washington cherchant interdire aux forces russes de se déplacer sur leur propre territoire fédéral sont autant arrogantes que stupides, surtout quand les forces étasuniennes se déploient en Europe de l'Est, à 8000 km de leur territoire :


Les mouvements des troupes russes vers le front occidental sont pour la plupart la
première étape de vérification du groupement régional de troupes et qui se terminera 
en février par l'exercice frontalier biélorusse-russe "Allied Resolve-2022" 


On voit ici que Washington a développé en Ukraine des forces auxiliaires, tout gardant les forces de l'OTAN loin d'un engagement armé direct et sa responsabilité loin de la juridiction internationale.
  • paramilitaires néos-nazis, les idiots utiles
  • forces armée régulières, les consommables
  • forces spéciales infiltrées, les incendiaires
  • mercenaires des sociétés privées, les saboteurs
  • auxquels ils espèrent rajouter des partisans locaux, les kamikazes 
En conclusion, le veneur étasunien tout en restant lui même à l'abri des coups excite ses clébards ukro-atlantistes, leur formate les cervelles, leur aiguise les crocs et remplit leurs gamelles pour mieux les lâcher contre l'ours, dont il n'attend qu'un grognement pour pouvoir le confiner économiquement.

Erwan Castel