Affichage des articles dont le libellé est SITREP. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est SITREP. Afficher tous les articles

dimanche 9 octobre 2022

Quand le conflit est poussé vers la guerre



De l'intervention militaire russe dans le conflit en Ukraine, on observe une augmentation démesurée de l'ingérence belliciste occidentale avec différentes stratégies russophobes au profit des proxy ukrainiens de l'OTAN :

  • Stratégie économique régionale (sanctions antirusses et subventions à l'Ukraine)
  • Stratégie de normalisation des forces de Kiev (procédures et russophobie)
  • Stratégie d'équipement militaire (matériels divers, armes légères puis armes lourdes)
  • Stratégie d'engagement de l'OTAN (instructeurs, renseignement, mercenaires...)

Cette politique des occidentaux qui consistent à sacrifier l'Ukraine dans le combat que mène la ploutocratie mondialiste contre une Russie "non alignée" est en train de provoquer dans une spirale d'actions et réactions une radicalisation de la conduite des opérations militaires et politique,  à la fois du côté ukro-atlantistes que du côté russe. Et cette logique infernale, qui je le rappelle a été initiée par Washington en 2014 sur le Maïdan, est extrêmement dangereuse pour la région et le Monde car les enjeux de ce conflit sont pur les uns et les autres d'ordre existentiel : systémique pour l'impérialisme étasunien et civilisationnelle pour la Russie et ses alliés. 

Dans une cobelligérance occidentale devenant aujourd'hui belligérance, cette fuite en avant de l'impérialisme de la marchandise, que l'OTAN a confié à son kamikaze ukrainien est en train de faire basculer progressivement un conflit régional vers une guerre mondiale. Et les récentes attaques menées contre les gazoducs russes en mer Baltique et le pont de Kertch en Crimée, mêmes si les dommages occasionnés sont réparables, sont l'illustration de cette implication de plus en directe des occidentaux dans ce conflit.

Ce 8 octobre j'ai été invité par Carl Brochu et toute sa sympathique équipe à un nouvel entretien transatlantique pour RadioInfoCité, en compagnie de mon binôme Pierre Plas, afin d'effectuer un point de situation sur l'attaque du pont de Crimée et d'une manière plus générale sur le front russo-ukrainien. 

Source du  lien : RadioInfoCité

Précisions et corrections concernant l'attaque du pont de Kertch :

Les premiers résultats de l'enquête en cours sur l'attaque contre le pont de Crimée permettent aujourd'hui d'y voir un peu plus clair quant au mode opératoire de l'opération ukro-atlantiste et donc d'éliminer et corriger les hypothèses ce que j'avais initialement évoqué prématurément dans l'article précédent et cet entretien à RadioInfoCité :
  • La camion qui a été utilisé pour l'attaque allait de Russie vers la Crimée et non l'inverse et a été inspecté par la police,
  • Il était chargé d'engrais agricole (matière elle même explosive) au milieu duquel se trouvait dissimulé l'engin explosif,
Contrôle du camion utilisé pour l'attaque 

Pour conclure, je rappellerai ici que la paix doit rester l'objectif sacré des peuples et que les chemins vers elle ne peuvent être emprunté que si la Liberté des consciences individuelles et collectives est protégée. Or, le traitement politico-médiatique de ce conflit mené par les étatismes au service du Capital montre bien que les populations européennes sont prises dans les rets d'une propagande de guerre occidentale qui les pousse (et depuis des siècles) à participer à son hégémonie militaro-économique. 

Les européens, dans leur immense majorité sont devenues des esclaves enchainés aux bancs de nage de la galère d'une Marchandise encalaminée dans sa boulimie vampirique des taux de profit. Aujourd'hui, la ploutocratie, qui tente d'imposer à tous les peuples la transition historique de son capitalisme industriel vers un marché mondial encore plus totalitaire et violent, a sombré dans une fuite en avant mortifère dont elle ne semble même plus contrôler elle même la cinétique suicidaire..

Le temps et arrivé où les peuples européens doivent choisir entre la mutinerie pour un monde multipolaire ou le naufrage d'un monde unipolaire !

Erwan Castel


mercredi 31 août 2022

Kherson dans la ligne de mire de Kiev

Un "brouillard de guerre" propagandiste s'est abattu sur le front Sud depuis le 29 août

Depuis 2 jours les forces ukrainiennes ont lancé plusieurs attaques sur le front de Kherson, mais il est trop tôt pour pouvoir estimer quels sont leurs objectifs tactiques, moyens, déroulement et importance, même si on sait que ces actions offensives s'inscrivent dans l'intention du régime de Kiev de reprendre aux forces russes la ville de Kherson.

Evidemment, cette agitation militaro-médiatique kiévienne sur le front de Kherson coïncide avec une nouvelle rupture du front ukrainien dans le Donbass, en l'occurrence dans le secteur de Donetsk, où, après Peski libéré début août, les forces alliés ont réussi à prendre pied dans la petite ville de Soledar, un point d'appui de Artemovsk (Bakhmut) dans le Nord Donbass et dans le village de Kamianka, un autre point d'appui ukrainien du bastion d'Avdeevka près de Donetsk.

Mais revenons à Kherson:

Ces dernières semaines, Kiev a multiplié les bravades en annonçant notamment l'imminence d'une "contre-offensive sur Kherson" et l'arrivée de renforts ukrainiens ainsi que la multiplication des bombardements dans la profondeur du dispositif russe laissaient à penser effectivement que quelque chose pouvait se préparer sur ce front Sud qui est le plus vulnérable pour les russes. De son côté l'Etat-Major russe a réagit à cette menace croissante en acheminant également des renforts, en intensifiant également ses frappes logistiques, en renforçant sa défense aérienne et en lançant des pontons mobiles sur le Dniepr pour compenser les ponts bâtis endommagés par les tirs des roquettes HIMARS de l'OTAN.

Lors d'un des derniers SITREP concernant ce front Sud du conflit russo-ukrainien, j'avais rappelé les menaces et les enjeux que représente ce secteur de Kherson pour les deux belligérants. 

Situation générale su front de Kherson au 30 août 2022

Dimanche 28 août, le président Ukrainien Zelensky a convoqué un conseil de défense secret où l'ordre de lancer des opérations offensives sur le front Sud a été donné. Dans la nuit l'artillerie ukro-atlantiste a intensifié ses frappes contre des objectifs de commandement et logistiques situé dans la profondeur du dispositif russe, 

A Kherson, nouveau bombardement du pont Antonovsky
déjà endommagé par des précédents tirs de HIMARS 
Plus en amont, la centrale hydro-électrique de 
Novaïa Kakhovka où se situe le 2ème pont sur
le Dniepr a aussi été à nouveau bombardée.

Le 29 août à l'aube, dans la foulée de cette campagne de bombardements intenses dominée par les systèmes HIMARS de l'OTAN, les forces ukrainiennes ont lancé plusieurs attaques terrestres visant à percer la première ligne russe :

5 corridors offensifs peuvent être définis :
  • A l'Ouest de Kherson, près de l'estuaire du Dniepr, dans le secteur d'Oleksandrovka,
  • Au Nord, dans le secteur d'Andrivka, une tête de pont ukrainienne au Sud de l'Ingoulets,
  • Au Nord Est, sur l'Ingoulets, dans le secteur de Novodmitrivka,
  • Au Nord Est, sur le rive gauche de l'Ingoulets, dans le secteur d'Arkhangelsk,
  • A l'Est sur le rive droite du Dniepr, dans le secteur de Zolota Balka,
Les informations parcellaires rapportent que les combats engagés entre russes et ukrainiens sont très violents et changent des dernières attaques ukrainiennes réalisées jusqu'ici sur ce front Sud.

Une colonne ukrainienne se déplaçant vers 
 vers l'Ouest de Kherson  au matin du 29 août.

Aussitôt, de chaque côté du front les propagandistes ont rajouté au brouillard de guerre régnant déjà logiquement autour des opérations militaires en cours des communiqués victorieux et caricaturant la situation jusqu'au ridicule habituel de leur communication manichéiste, qu'elle soit pro-russe ou pro-ukrainienne:
  • Du côté ukrainien, Kiev annonce avoir cassé la première ligne de défense russe dans tous les secteurs d'une contre-offensive mythifiée et s'être emparé de plusieurs localités jusqu'à atteindre les faubourgs de Kherson dont elle a entamé la capture.
  • Du côté russe, Moscou annonce avoir repoussé toutes les attaques ukrainiennes en infligeant aux forces de Kiev des pertes importantes (plus de 560 soldats, 26 chars, 32 blindés d'infanterie, 2 avions Su-25). 
Comme d'habitude, la réalité est à chercher entre ces deux propagandes souvent pathétiques et surtout il est important de ne pas tirer de conclusions hâtives avant d'infirmer ou confirmer ces opérations en cours et de savoir si les actions ukrainiennes du 29 août sont l'essentiel ou seulement le premier acte d'une offensive plus longue. 

Peu d'informations crédibles et encore moins d'images vérifiées sont déjà parvenues informant la situation actuelle sur la première ligne de ce front de Kherson, en voici cependant quelques unes qui illustre la nature des forces ukrainiennes:

Colonne de vieux M113 étasuniens "offerts" par
l'OTAN à Kiev progressant à l'Ouest de Kherson.

Des volontaires islamistes originaires d'Ichkérie 
(région séparatiste de Tchétchénie vaincue par les 
russes et les tchétchènes pro-russes en 2000) sur
le secteur d'Arkhangelsk, au Nord Est de Kherson.

A Kherson les tensions sont monté d'un cran à cause des bombardements ukrainiens et des ripostes nombreuses de la défense antiaérienne russe, d'un attentat manqué contre un responsable de la police locale et sa famille et d'un accrochage entre les forces de défense russes et un groupe de reconnaissance ukrainien parvenu jusqu'aux lisières de la ville. Cette dernière information a été confirmée dans un communiqué rassurant par par Kirill Stremousov le chef adjoint de l'administration russe de Kherson: "Il y a eu une activation sur Taurida. Mais maintenant tout va bien là-bas, tout est sous contrôle. Toute la menace a été détruite". 

Cette dernière information confirme indirectement les quelques progressions ukrainiennes réalisées à l'Ouest de Kherson car une unité de reconnaissance opère rarement au delà des 5km de son unité d'appartenance.

Echanges de tirs dans le microdistrict Tavrichesky  
(faubourg éloigné de Kherson), le 29 août après-midi

Du côté des forces russes, leurs capacités d'appliquer des tirs de barrage sur les colonnes ukrainiennes progressant à découvert restent dominantes sur la ligne de contact et la majorité des pertes subies par les unités ukrainiennes sont dues à des frappes de l'artillerie et de l'aviation russes.

Ici une colonne ukrainienne abandonnée près de 
Petrovka (Petrivka au NE du front) avec des chars 
T72 M détruits par des tirs de barrage russes 

Bombardement russe sur des blindés à Mirnoye 
près de Blagodatne (Nord de Kherson) ici 1 BMP

Bilan provisoire:

Ce que l'on peut avancer est que les forces russes ont réussi à repousser la plupart des attaques ukrainiennes au Nord-Est de ce front de Kherson grâce à une ligne de défense solide s'appuyant sur la rivière Ingoulets ou sur le Dniepr ainsi qu'un important soutien d'artillerie et d'aviation. Sur ces 3 directions offensives ukrainiennes, les défenses et contre attaques russes ont, à priori, réussi à repousser toutes les actions ukrainiennes.

Cependant, plus au Sud-Ouest il semble que les forces ukrainiennes, au prix de lourdes pertes disproportionnées aient réussi à progresser de quelques kilomètres d'une part vers Kherson le long de l'embouchure du Dniepr et d'autre part à élargir leur tête de pont d'Andrivka au Sud de l'Ingoulets. mais, ne disposant pas d'appuis feu suffisants pour briser les contre attaques russes, les forces ukrainiennes ont rapidement arrêté leurs progressions.

Illustrant indirectement la situation su ce front
Sud, des colonnes ininterrompues d'ambulances
acheminent les blessés ukrainiens vers Odessa
au milieu d'appels urgents pour des dons de sang.

Globalement la ligne de front générale de ce front de Kherson n'est pas rompue, les forces russes s'étant bien préparée s à encaisser des offensives ukrainiennes et les quelques avancées réalisées par les forces de Kiev fautes de moyens suffisants pour les exploiter et même les protéger, risquent de refluer rapidement après s'être s'enterrées provisoirement. On peut envisager que le même scénario opéré sur le front de Kakhovka en mai soit réitéré sur le front de Kherson: laisser sortir les forces ukrainiennes de leurs lignes de défense pour mieux pouvoir les détruire dans les espaces découverts de la steppe. Cependant il faut reconnaître que le rapport de forces a évolué et que s'il est toujours nettement à l'avantage des russes, les ukrainiens disposent de nouvelles capacités non négligeables comme les systèmes d'artillerie longue portée et de précision fournis par l'OTAN et assistés par ses ressources de renseignement aériennes et spatiales. 

Colonne d'HIMARS en transit en Roumanie
(OTAN) début août, et allant probablement 
vers le front Sud du conflit russo-ukrainien.

Ce qui est observé (et que j'avais déjà évoqué précédemment), c'est que si les destructions réussies de certains dépôts, états-majors voies ferrées et ponts russes par les ukrainiens n'ont pas paralysé les approvisionnements russes et encore moins "isolé" les forces déployées au Nord du Dniepr, Il n'en demeure pas moins que les HIMARS de l'OTAN sur ce front russo-ukrainien sont un réel problème militaire mais aussi politique et diplomatique.

D'un avis personnel, je suis convaincu que les systèmes d'armes ultramodernes de l'OTAN pour l'Ukraine sont livrés avec des petits hommes verts aux accents britanniques, français ou allemand maîtrisant déjà parfaitement leur utilisation ...


En attendant de voir l'évolution réelle des opérations militaires en cours dans ce secteur, il convient ici de rappeler quelques éléments caractérisant ce front Sud centré autour des villes de Melitopol sur la route de Marioupol et Kherson, sur la route d'Odessa. 

Forces en présence sur le front Sud, secteur de Kherson
obs: d'autres unités sont signalées sur ce front Sud, comme par exemple la 128ème
Brigade ukrainienne, mais que je n'ai pas pu encore localiser précisément

Tandis que les forces russes et républicaines, dans une concentration des moyens, s'appliquent à faire tomber un par un les bastions ukrainiens dans le Donbass, les ukro-atlantistes agitent devant le nez de l'Etat-Major russe la menace d'une vaste contre-offensive ukrainienne vers Kherson, dans une utopie politique englobant  la Crimée, dans le but premier de diviser les forces alliées et de créer une diversion politico-médiatique cherchant à détourner les regards de l'inexorable effondrement ukrainien dans le Donbass.


De chaque côté, paralyser l'adversaire 

De chaque côté du front de Kherson, Kiev et Moscou appliquent quotidiennement des frappes de précision sur des ressources adverses, principalement des dépôts de munitions, des états-majors, des concentrations de blindés mais aussi des ponts et carrefours logistiques, qu'il soient routiers ou ferroviaires. Cette volonté d'affaiblissement de l'adversaire est ici augmentée de part et d'autre du front,  chacun se préparant à subir une offensive, soit russe en direction de Nikolaïev (ou KrivoïRog) soit ukrainienne en direction de Kherson, et chacun tente de couper les ailes de ces hypothétiques manœuvres ennemies.

Ces différentes vidéos datent du mois d'août

Bombardement russe sur dépôt à Odessa
Bombardement ukrainien sur dépôt à Kherson
Bombardement russe sur état-major à Nikolaïev
Bombardement HIMARS sur le pont Antonovsky

A ces bombardements dans la profondeur de la ligne de front, il convient de rajouter ceux réalisés sur les bases et réseaux logistiques lointains, dans les régions de Crimée et Belgorod par exemple par les forces ukrainiennes ou dans l'Ouest de l'Ukraine par les forces russes.

Quel est le niveau d'initiative des forces ukrainiennes ?

Il serait malhonnête de prétendre, comme nombre de crétins propagandistes, que les forces russes sont coupées en deux par les attaques ukrainiennes ou que les forces ukrainiennes sont complètement détruites, désorganisées et incapables de prendre la moindre initiative sur ce front Sud. Les actions menées par les uns et les autres au cours de ces dernières 48h00 prouvent le contraire.

Premièrement, tout en reconnaissant les dégâts importants causés par les bombardements ukrainiens sur les ressources russes, je balaierai d'un revers de manche le fantasme ukro-atlantiste selon lequel le corps de bataille russe situé sur la rive droite du Dniepr serait complètement coupé de ses bases logistiques arrières et ses renforts éventuels. Les forces russes disposent en effet de moyens de franchissement du génie capables - même dans un débit forcément plus lent - de compenser efficacement l'impraticabilité des 3 ponts bâtis du Dniepr dans ce secteur ( pont routier et pont ferroviaire à Kherson, et pont routier sur le barrage hydro-électrique de Novaïa Kakhovka, à 57 km en amont).

Face aux menaces croissantes ukrainiennes, les forces russes ont renforcé leurs moyens défensifs (notamment antiaériens) diversifier leur réseau de commandement et disperser leurs dépôts logistiques. Sur le terrain, la supériorité de leurs unités de combat renforcée par une attitude défensive moins vulnérable continue à dominer le champ de bataille en écrasant les unités ukrainiennes se mettant à découvert. 

Un obusier automoteur ukrainien de 152mm "Acacia"
battant en retraite sous un tir de contre batterie de 
l'artillerie sur le front de Kherson, le 29 août 2022.

Deuxièmement, les forces ukrainiennes se sont renforcées dans le secteur de Nikolaïev et Krivoï Rog avec principalement 2 corps d'armée (environ 15 000 hommes chacun) récemment constitués mais dont l'entrainement et l'équipement ne sont pas achevés (ce qui explique l'engagement dans les attaques en cours de vétérans et mercenaires étrangers) . 

Les seuls points forts nouveaux des forces ukrainiennes sont d'une part leurs batteries HIMARS qui permettent de réaliser des frappes de précision dans la profondeur du dispositif russe et l'arrivée récente de systèmes antiaériens modernes NASAM 3 et IRIS T également fournis par l'OTAN et dont les rayons d'action (de 40 à 50 km) permettent de renforcer dans des étages supérieurs à ceux des systèmes sol-air portatifs la couverture aérienne de leur zone. Ces systèmes antiaériens ont d'ailleurs, parmi leurs missions principales" de protéger les systèmes HIMARS au moment de leur mise en œuvre.

Sur cette carte du déploiement ukro-atlantiste des systèmes Sol-air NASAM 3 et IRIS T
on peut observer, l'abandon factuel du Donbass et repérer dans l'Ouest ukrainien le
principal corridor d'acheminement logistique par où transitent des aides de l'OTAN.

Les dernières actions ukrainiennes menées sur ce front Sud de Kherson confirment que l'initiative de l'Etat-major de Kiev ne peut pas dépasser l'échelon tactique et prolonger ses efforts dans le temps, que le moindre succès remporté sur le terrain est trop chèrement payé en hommes et matériels pour permettre une quelconque exploitation stratégique. 


Une armée ukrainienne fantasmée

Depuis plusieurs mois on voit converger vers l'Ukraine un arsenal de plus en plus disparate qui complique les formations adaptées et les maintenances et qui va rapidement, avec l'usure des combats, devenir ingérable sur le plan de la logistique. 

Exemple de vidéo propagande ukrainienne
couvrant l'"offensive" menée sur Kherson

L'offensive mené par les forces ukrainiennes sur le front de Kherson, et pour laquelle il leur faudrait lancer des assauts articulés autour d'unités blindées et d'unités d'artillerie mobiles et coordonnées montre au contraire leur incapacité à fournir des brigades blindées complètes et en même temps un appui feu conséquent. 

Pour les unités blindées, la steppe ukrainienne peut donner champ libre à leur déferlement ou se transformer en tombeau s'ils ne disposent pas d'appuis feu
importants pour les couvrir et que leur adversaire lui en dispose à volonté !

Alors que sur le papier les forces ukrainiennes se vantent d'avoir plus de chars de combat aujourd'hui qu'avant février, grâce aux chars russes récupérés et réparés ("officiellement" 280) et à ceux (environ 300) transférés depuis les pays de l'OTAN (notamment des T72 polonais), sur le terrain on n'observe que quelques pelotons de chars, ici et là dédiés à appuyer les unités d'infanterie mécanisées ou motorisées.

En réalité comme le constate lui-même le magazine Forbes, si  sur l'ensemble des fronts,  les 1ère, 3ème, 4ème et 17ème brigades blindées ukrainiennes semblent bien réelles en revanche elles sont fortement diminuées par les combats, et d'autres brigades comme les 5e et 14e brigades semblent n'être que des unités de papier....

La difficulté d'une brigade blindée est qu'elle ne peut se reconstituer aussi rapidement qu'une brigade d'infanterie, Ainsi par exemple, il a fallu 3 mois complets pour reconstituer la 1ère Brigade blindée ukrainienne (T64 modernisés) qui était à Tchernigov (Nord-Est de Kiev) pendant 1 mois seulement  de confrontation avec les forces russes. La 3ème Brigade blindée (T72) quant à elle a perdu toute capacité offensive dans le Donbass et s'est repliée au Nord sur la défense de Kakhovka. La 4ème Brigade blindée (T64) est en train de fondre complétement dans le Donbass où elle est maintenue.


Il ne reste donc, comme seule brigade blindée ukrainienne réellement opérationnelle en tant que force de frappe, que la 17ème Brigade (T64) déployée justement sur la rivière Ingoulets au Nord Est de Kherson et c'est probablement elle qui a contribué à la petite percée réalisée. Les autres chars de combat ukrainiens observés sur ces attaques ukrainiennes sont des petites unités disséminées en appuis de l'infanterie comme ces T72 du secteur de Petrovka qui pourraient appartenir à des unités de la a 5ème Brigade blindée ukrainienne déplacées de Odessa vers Krivoî Rog.

Pour être honnête, force est de constater depuis le début des opérations militaires russes en Ukraine que le narratif russe et surtout celui des français pro-russes est lui aussi infecté par une part de fantasmes aussi ridicules que contre-productifs. Voilà c'est dit !


Un terrorisme ukrainien bien réel

C'est certainement à cause de son impuissance à vaincre "à la régulière" les forces russes que le régime de Kiev multiplie les attentats terroristes sur les arrières du front russe, visant régulièrement des personnalités politiques pro-russes.

Ainsi, dernier assassinat en date, celui d'Alexey Kovalev un ancien député ukrainien de la région de Kherson dont il était un grand producteur agricole, et qui avait pris fait et cause pour la Russie a été tué chez lui, d'un coup de fusil de chasse, ce 28 août dans la ville portuaire de Jelezny.

Avec un accroissement des bombardements terroristes sur les populations civiles du Donbass augmentés, depuis plus d'un mois, par la dissémination massive de mines antipersonnelles sur les quartiers résidentiels; avec les bombardements quotidiens du site de la centrale nucléaire de Zaporodje, avec des attentats visant des personnalités civiles jusqu'au coeur de la Russie comme l'assassinat récent de Daria Douguine... le régime de Kiev a définitivement rejeté toutes les lois et les règles qui subsistent normalement dans toute guerre honorablement menée, et a rejoint avec zèle l'amoralité criminelle de ses parrains occidentaux. 

Dans ce blog, je développe régulièrement les informations concernant ce terrorisme russophobe ukro-atlantiste pour ne pas avoir besoin ici "de remettre une couche" !


En conclusion

Même si je suis convaincu d'un prochain reflux des troupes ukrainiennes devant Kherson et espère même une nouvelle offensive russe vers Nikolaïev, il convient cependant de ne jamais sous estimer son ennemi et les progressions tactiques qu'il réalise, surtout si l'on se rappelle de la stratégie ukrainienne des "sauts de crapaud" réalisée entre 2016 et 2021 sur le front du Donbass et qui a permis, en grignotant la zone grise, d'intensifier l'attrition des forces républicaines et les bombardements des populations civiles du Donbass. 

Il reste l'inconnue des jours d'après qui peuvent s'ouvrir soit sur un reflux des unités ukrainiennes, soit sur une stabilisation de la nouvelle ligne atteinte ou, bien que peu probable, sur une surenchère d'attaques cherchant à prolonger les actions en cours. Ensuite, sur le plan de la guerre psychologique, il ne faut pas perdre de vue que reprendre l'initiative, même la plus minime, nourri cette guerre de l'information qui survole la ligne de front participe à la conduite de la guerre (y compris côté russe où la capture du moindre  village ou quartier fait aussitôt l'objet de communiqués victorieux)).

En attendant sur ce front de Kherson, force est de constater que l'initiative est passée du côté des forces ukrainiennes même si leurs sacrifices disproportionnés par rapport aux acquis réalisés servent plus les fantasmes de la propagande ukro-atlantiste et en retour les perfusions militaires occidentales que les objectifs réels de leur Etat-Major. 

Une raison de plus pour la Russie de détruire ou au minimum rejeter sur leurs bases d'assauts ces kamikazes ukrainiens et d'engager à l'automne une radicalisation de ses opérations militaires pour accélérer la défaite militaire de Kiev et la capitulation de son régime atlantiste aux ordre de Washington qui veut précipiter l'Europe vers un nouveau conflit mondial.

Erwan Castel



dimanche 28 août 2022

La 3ème phase stratégique russe se met en place

Chars T90 M du IIIe Corps d'Armée russe en mouvement vers le front du Donbass

Rappel, nous avons observé depuis l'entrée dans le conflit des forces armées russes (24 février) 2 principales phases stratégiques entrecoupées par une pause opérationnelle où les dispositifs ont été réorganisés:

  • Jusqu'en mars, une phase offensive initiale axée sur la rapidité d'exécution, l'étendue et la profondeur du front, ce qui a permis de détruire les capacités offensives ukrainiennes.
  • En avril, une réorganisation du dispositif russe avec notamment un retrait du secteur Nord (secteur de Kiev à Soumy) et un renforcement du secteur centre (Donbass)
  • De fin avril à mi août, une priorité donné à la libération des territoires républicains de Donetsk et Lugansk et à la stabilisation des secteurs de Kharkov, Zaporodje et Kherson.
Depuis le mi-août, et malgré des succès tactiques significatifs, l'Etat-Major russe, face à la résistance des forces ukrainiennes laquelle est principalement rendue possible grâce aux aides militaires de l'OTAN, et pour éviter que le front évolue vers l'enlisement et l'attrition souhaité par Washington, déploie d'importants renforts blindés tandis tandis qu'une intensification de ses bombardement engage la préparation d'une nouvelle phase stratégique offensive.

Nouveau "lot" de HIMARS étasuniens repérés dans un port 
roumain (OTAN) et probablement destiné au front ukrainien, 
pour le renforcer et remplacer ceux déjà détruits par les russes.

Plusieurs réserves opérationnelles terrestres russes, ainsi que des flottes aériennes de combats importantes ont été acheminées le long des frontières ukrainiennes, notamment dans les régions russes de Belgorod (face au front Nord de Kharkov), de Rostov (face au front de Donetsk) et en Crimée (face au front de Kherson).

Ainsi par exemple du IIIe Corps d'Armée russe qui est une réserve opérationnelle forte d'environ 15000 hommes et récemment renforcée, réorganisée et entrainée sur le terrain de manœuvre de Mulino dans la région de Nizhny Novgorod  pour être adaptée aux menaces et contraintes du front russo-ukrainien, Actuellement les premiers convois arrivent dans le Donbass avec des équipements e combat modernes, chars de combat T-80BV, T-90M, BMP3 ainsi des unités de défense antiaérienne et de génie de combat renforcées.

Le 3ème Corps d'Armée russe, après un entraînement 
et une préparation adaptée vient d'arriver aux portes 
du Donbass dans la région de Taganrok (Rostov/Don).

Mortier automoteur de 240mm 2S4 "Tulipe"
arme idéale pour détruire des bunkers 

Systèmes antiaériens BUK 

Sur les autres fronts, au Nord dans le secteurs de Kharkov et au Sud dans celui de Kherson, d'autres renforts russes sont observés en train de se déployer vers les positions ukrainiennes. Certains observateurs estiment que les effectifs de ces nouvelles unité russes sont d'environ 60 000 hommes, ce qui constituerait le renfort le plus important opéré depuis le début des opérations militaires russes. A noter que leurs équipements comprennent de nombreux matériels modernes, ce qui marque également l'évolution d'un engagement qui s'appuyait jusqu'ici sur le vieil arsenal soviétique.

En Crimée, plusieurs convois ferroviaires
ont été vus passant le pont de Kertch et se 
dirigeant au Nord vers le front de Kherson
où de nombreux pontons flottants ont été
posés près des pont bombardés du Dniepr 

Après avoir sécurisé et consolidé les acquis tactiques réalisés au cours de ce mois d'août (notamment Soledar dans le Nord Donbass et Peski au Nord de Donetsk), les forces russo-républicaines ont repris leurs pressions offensives par de nouvelles campagnes de bombardements sur les positions ukrainiennes ainsi que leurs bases logistiques arrière.

Lance Roquette Multiple républicain de 122mm
BM21 "Grad" en action sur le front d'Avdeevka

Si la même stratégie est maintenue, nous allons observer pendant plusieurs jours un écrasement massif continuel des forces de Kiev avant de nouveaux assauts en direction de Artemovsk (Nord Donbass),mais surtout  Avdeevka, Marinka et Vougledar, pour n'évoquer que le secteur de Donetsk et qui est devenu prioritaire à cause de l'intensification des bombardements terroristes sur les populations civiles républicaines.

Carte générale du front de Donetsk avec les principaux axes offensifs

Ces bombardements tactiques alliés réalisés sur la ligne de front sont complétés par des bombardements stratégiques dans la profondeur du dispositif ukrainien, visant prioritairement les dépôts logistiques, les bases aériennes, les Etats majors, les carrefours ferroviaires par où sont acheminés les renforts vers le front....

Tiré depuis la Mer Noire, un missile russe "Kalibr"
détruit un dépôt repéré de roquettes pour HIMARS 
situé à Nikolaïev sur le front Sud, près de Kherson.

En conclusion

Après la pause opérationnelle actuelle qui semble se terminer, nous allons probablement entrer dans une troisième phase stratégique russe visant à finaliser les objectifs immédiats définis dans le Donbass avant les contraintes saisonnières (pluies et diminution des journées) 
  • Au Nord, briser la ligne de défense ukrainienne Seversk-Artemovsk pour pouvoir se engager l'encerclement du grand bastion ukrainien de Slaviask Kramatorsk,
  • Devant Donetsk, desserrer l'étau ukrainien en repoussant les forces de Kiev au minimum jusqu'à  Krasnoarmeïsk (40 km plus à l'Ouest).
Cependant, il n'est pas exclu que l'Etat major russe décide également de relancer des offensives sur d'autres secteurs, comme par exemple Kharkov au Nord ou Nikolaïev. au Sud.

Colonne de blindés russes modifiés avec des 
protections de tourelles destinées à déclencher
prématurément les charges creuses des missiles
antichars de l'OTAN, type JAVELIN ou NLAW.

Ce qui est certain, c'est qu'à l'automne le conflit russo-ukrainien, pour répondre à l'entêtement des occidentaux de vouloir prolonger le sacrifice de l'Ukraine sur l'autel de leur russophobie hégémonique, risque fort de rentrer dans une nouvelle dynamique offensive. Cette phase stratégique nouvelle qui se définira par de nouveaux moyens augmentés mais aussi un élargissement  des objectifs russes et de la destruction d'une Ukraine complétement asservie depuis 2014 et suicidaire depuis cette année, sera probablement même un second format à la fois militaire, juridique et politique de cette "guerre" de l'OTAN contre la Russie et qui lentement mais sûrement poursuit sa métamorphose du "de facto" au "de jure".

Erwan Castel



vendredi 16 avril 2021

Aggravation du front du Donbass


Le nouveau boss de la Maison Blanche semble plus que ces prédécesseurs être l'incarnation paroxysmique de cette schizophrénie occidentale qui dit tout et son contraire mais surtout agissant prioritairement à l'opposé de ses déclarations de bonnes intentions.

Ainsi Biden dans un cynisme sans limite a t-il déclaré aujourd'hui 16 avril 2021 lors de la conférence de presse de la Maison Blanche être "favorable pour une désescalade des tensions entre la Russie et les Etats Unis, et avancer de manière constructive sur la voie du dialogue" exprimant "sa confiance dans le fait que les peuples russe et américain aspirent à la paix."...

MAIS, quelques heures avant son discours paternaliste et même pacifiste, le vieux démocrate a signé un nouveau paquet de sanctions économiques contre la Russie et décidé d'expulser 10 diplomates russes en poste à l'ambassade de Russie aux USA (Moscou fera de même en retour) !

Quant à Zelensky, ce gouverneur de la colonie étasunienne Ukraine, qui continue sa tournée de mendiant auprès de ses partenaires de l'OTAN (le 10 avec Erdogan, le 16 avec Macron et Merkel) il a bien appris les leçons d'hypocrisie de ses mentors étasuniens déclarant aujourd'hui dans une autre conférence de presse que "l'Ukraine est toujours prête à revenir à une conversation diplomatique significative sur le Donbass"...

MAIS, dans le même moment, les soudards de ce clown ukrainien bombardaient à nouveau les banlieues Nord et Ouest de Donetsk avec de l'artillerie lourde ! (voir ci aprés)

Un homme se juge à ses actes et non à ses discours, surtout s'ils animent la comédie politico-médiatiques et spectaculaire du théâtre de la marchandise où les pires crapules enfilent les masques de la démocraties et des "droits de l'homme" que pour mieux imposer la dictature d'une pensée unique criminelle à des populations conditionnées, consuméristes et prostrées. 

(Des mises à jour seront réalisées en cours de soirée si nécessaire)

Sur le front du Donbass

Aujourd'hui, les périphéries de Donetsk ont connu une brusque augmentation des bombardements ukrainiens qui ont utilisé tout au long de la journée des obusiers de 122mm, des mortiers lourds de 120mm, des mortiers de 82mm ainsi que des roquettes et missiles antichars.

A 20h00, le nombre d'obus tirés depuis le matin sur les villages
et districts de la périphérie de Donetsk s'élevait à 47
(5 de 122mm, 35 de 120mm, 4 de 82mm) 
et les bombardements continuent !

💥 16 avril 21, 05h50 : bombardement ukrainien du village Aleksandrovka (Sud Donetsk) depuis Marinka, 2 roquettes anti char RPG 7 et 30 obus de véhicule de combat d'infanterie BMP 2 tirés.

💥16 avril 21, 08h35 : bombardement ukrainien au mortier du quartier Volvo Center (Nord Donetsk) depuis Peski. 2 obus de 120 mm tirés. 

💥16 avril 21, 08h40 : bombardement ukrainien à l'artillerie lourde de Staromikhaïlovka (Ouest Donetsk) depuis Krasnogorovka. 5 obus de 122 mm tirés.

💥 16 avril 21, 09h00 : une puissante explosion retentit dans le secteur de Yasinovataya, (Au Nord de Donetsk) avec une onde de choc importante.

💥16 avril 21, 09h42 : bombardement ukrainien au mortier de Staromikhaïlovka depuis Krasnogorovka. 5 obus de 120 mm tirés.

💥16 avril 21, 10h25 : bombardement ukrainien du village de Veseloe à Oktyabrsky (Nord Donetsk). plusieurs grenades autopropulsées AGS ainsi que des tirs d'armes légères.

💥16 avril 21, 10h 35 : bombardement ukrainien du village de Zolotoe 5 (front de Lugansk) depuis Zolotoe 4. 1 roquette RPG 7 et 1 grenade autopropulsée tirées, ainsi que de violents échanges de tirs d'infanterie 

❗ 16 avril 21, un soldat de la République Populaire de Lugansk , le sergent Alex Kariagin a été tué aujourd'hui par un sniper ukrainien dans le secteur de Zolotoe 5.

💥16 avril 21, 09h42 : bombardement ukrainien de Kruta Balka ( front de Yasinovataya, au Nord de Donetsk) depuis Kamenka. 2 obus de 82mm tirés.

💥16 avril 21, 13h50 : bombardement ukrainien du village. de Kalinovo (front Sud, secteur de Novoazovsk) depuis Novozvanovka. 2 obus de SPG 9 tirés.

💥 16 avril 21, 15h40 : bombardement ukrainien du village Aleksandrovka (Sud Donetsk) depuis Marinka, 5 roquettes anti char RPG 7 tirées ainsi que des armes légères.

💥16 avril 21,18h15 : bombardement ukrainien au mortier de l'aéroport de Donetsk à Oktyabrsky (Nord Donetsk). 2 obus de mortier de 120 mm.

💥16 avril 21, 18h25 bombardement ukrainien au mortier du village de Veseloe à Oktyabrsky (Nord Donetsk) depuis Opitnoe. 4 obus de 82mm tirés. 

💥16 avril 21, 18h30 :bombardement ukrainien du village de Zhabunki à Oktyabrsky (Nord Donetsk) depuis Opitnoe. 2 missiles antichars tirés.

💥16 avril 21, 18h42 : bombardement ukrainien au mortier du village de Veseloe à Oktyabrsky (Nord Donetsk) depuis Opitnoe. 20 obus de 120mm tirés.

 ❗ Le monastère d'Iversky situé entre l'aéroport et Veseloe a été bombardé par l'artillerie ukrainienne, plusieurs tirs ont touché le sanctuaire. 

Le monastère d' Iveron est un des plus haut symboles du martyr du Donbass, plusieurs fois bombardé en 2014 et 2015 il dresse toujours son squelette au milieu
des ruines d'Oktyabrsky (voir quelques articles sur ce lieu crucifié par la guerre: ici)

💥16 avril 21, 19h10 : bombardement ukrainien au mortier du village de Veseloe à Oktyabrsky (Nord Donetsk) depuis Opitnoe. 4 obus de 120mm tirés.

💥16 avril 21, 19h55 : bombardement ukrainien au mortier du village de Veseloe à Oktyabrsky (Nord Donetsk) depuis Opitnoe. 3 obus de 120mm tirés.

En plus de ces accrochages et provocations, l'armée ukrainiennes procède à des mouvements importants de blindés sur la première ligne du front, dont certains sont entendus depuis les avants postes ukrainiens, comme par exemple à Avdeevka où environ 12 chars et 15 véhicules de combat d'infanterie BMP 1 et BMP 2 sont arrivés pendant la nuit du 14 au 15 avril.

C'est à travers cette réalité quotidienne qu'il faut jauger et juger les princes ou plutôt aujourd'hui les banquiers qui gouvernent le Monde et non à travers leurs chargés de communication qu'ils soient ministériels ou présidentiels qui cherchent avec leurs chiens de garde médiatiques à cacher leurs crimes aux yeux de leurs esclaves...

Erwan Castel

Mises à jour : 

💥16 avril 21, 21h34 : nouveau bombardement ukrainien sur le secteur de l'aéroport (Nord Donetsk) ainsi que des échanges de tirs aux armes d'infanterie.  

💥16 avril 21, soirée:  également, bombardements ukrainiens au Nord-ouest de Gorlovka, notamment dans les secteurs de Bessarabka, Izotovo, Khimik, Rtutni, Michurino, mine 6/7...

 

L'église du monastère d'Iversky en 2015. Elle commençait a être restaurée
depuis 2 ans permettant aux offices religieux de s'y dérouler à nouveau.

samedi 20 mars 2021

Derrière les tambours de guerre

Du Maïdan jusqu'au Donbass, voilà 7 ans que les USA et leur meute de chiens occidentaux instrumentalisent l'idéologie bandériste pour faire de l'Ukraine une colonie militaire et de son
armée un bélier à jeter contre les murailles de ma Russie pour pouvoir poursuivre ensuite son
étranglement international, et aussi achever l'asservissement des pays de l'Union Européenne.


Depuis quelques jours, malgré une relative accalmie de l'usage de l'artillerie lourde, à mettre certainement au compte du nouveau chantage à la guerre opéré par la diplomatie ukrainienne qui veut encore et toujours modifier les accords de Minsk uniquement à leur avantage, on observe la poursuite active de préparatifs à une offensive ukrainienne.


Et toujours des bombardements,

Sur le front du Donbass, les forces ukrainiennes continuent leurs provocations et pressions offensives sur les premières lignes républicaines comme par exemple, vu depuis une zone résidentielle de Gorlovka :

19 mars, 14 h 11 à 14h14, secteur de Gorlovka, 
bombardement ukrainien au mortier de 120mm.

Au cours de la semaine écoulée ,les forces ukrainiennes ont bombardé 45 fois le seul territoire de la République Populaire de Donetsk, frappant 19 village et quartiers: Luganskoye, Yelenovka, Staromikhaylovka, Zaitsevo, Novolaspa, les villages des mines 6-7 et eux. Gagarine, Gorlovka, district du Volvo Center de Donetsk, Aleksandrovka, Petrovskoe, Kominternovo, Leninskoe, Zhabunky, Sakhanka, Sosnovskoe, Zaichenko, Ukrainskoe, Yakovlevka et Naberezhnoe.

Maison de Gorlovka bombardée (au 119 de la rue Poletaeva). Après 7 années de 
guerre les habitants ont acquis des habitudes et des réflexes, se protégeant dans
les caves et pièces aménagées de maisons déjà construites avec des matériaux 
lourds aux murs épais et pleins (seul le toit est un point d'entrée faible pour les 
coups directs de l'artillerie). Ainsi peu de pertes civiles sont enregistrées par rapport
à l'intensité et la fréquence actuelles des bombardements ukrainiens. Heureusement.

Et des "sauts de crapauds"

Sur ce front bien réveillé depuis 1 mois, les renseignements républicains mais aussi les observateurs de l'OSCE rendent compte régulièrement de la poursuite de progression des avant-postes ukrainiens dans le "no man's land" (appelé ici "zone grise") vers les lignes républicaines. Cette tactique que les "ukrops" eux mêmes ont nommé "saut de crapaud" et qui, depuis le printemps 2016, a progressivement envahi cette zone théoriquement neutre jusqu'à arriver à seulement quelques centaines de mètres des positions républicaines (voire quelques dizaines de mètres comme dans la zone industrielle de Promka sur le front de Yasinovataya). Ainsi par exemple pour le seul secteur de l'aéroport de Donetsk, les drones de l'OSCE ont repéré:

- Le 5 décembre 2020, 4 extensions de tranchées ukrainiennes dans le secteur de Peski (Ouest aéroport) d'une longueur totale d'environ 350 m: à 4,5 km au nord-est, 120 m de tranchée réduisant à 60 m la distance entre les lignes; à 3 km et 1,5 km au nord-est 2  tranchées de 120 m et 30 m; à 400 m au nord-est, 80 m de tranchée. 

- Le 5 décembre 2020 et le 5 janvier 2021, à 1,6 km au sud-sud-ouest de Opitnogo, 2 extensions de tranchées de 60 m et 20 m.

- Le 24 décembre 2020, à environ 1,2 km au nord-est de Peski, une extension de tranchée de 90 mètres réduisant la distance entre les lignes à environ 280 m. 

En outre, les observateurs ont enregistré des aménagements du terrain comme par exmple:

- 10 mines antichar dans le secteur de Petrovsky

- Le 14 mars, 23 et 29 mines antichar  dans le secteur de Zolotoe.

- 20 mines antichar dans le secteur de Staromikhaylovka. 


Et des renforts positionnés au milieu des civils,

Kiev continue d'envoyer dans le Donbass des renforts composés essentiellement de chars d'assaut, de véhicules de combat d'infanterie et d'artillerie lourde, ainsi par exemple, repérés toujours par l'OSCE: 
  • 1 système de missile antiaérien (9K33 "Osa") dans un quartier résidentiel de Pervoe maya (Ozaryanovka ukrainien);
  • 4 chars de combat (T-72) près d'un quartier résidentiel de Konstantinovka;
  • 20 chars de combat (T-72) dans une zone résidentielle de Krasnoarmeysk (Pokrovsk ukrainien);
  • 30 chars de combat (T-64) à la gare de Zatchtovka;
  • 5 véhicules blindés de combat et 1 véhicule de combat d'infanterie (BMP-2) dans une zone résidentielle de Krasnogorovka.
  • Etc.
(les activités militaires ukrainiennes repérées sont détaillées ici : Донбасс и Мир)

Au total les services de renseignement de la RPD ont repéré pas moins de 14 unités ukrainiennes
positionnées au milieu de zones résidentielles pour utiliser leurs populations comme bouclier humain, 
ce qui constitue une autre violation des accords de paix signés à Minsk.


Et toujours plus de chair à canon et de soudards 

Dans le cadre de leur nouveau déploiement renforcé dans le Donbass, Kiev précipite de nombreuses unités, préparées et entrainées par les instructeurs de l'OTAN étasuniens britanniques ou canadiens mais aussi des conscrits sans sélection, ni formation, ni même contrôle sanitaire, à l'image de la 10ème Brigade ukrainienne arrivée sur le front de Gorlovka et qui présente dès sa première semaine sur le front 70 cas d'infection au Covid19.

A noter aussi un renforcement des bataillons spéciaux au personnel recruté parmi les radicaux, bandéristes et ultra nationalistes ukrainiens comme ces vétérans du bataillon Tornado, condamnés en 2015 pour faits répétés de torture et meurtres dans le Donbass (crimes tellement institutionalisés par le commandement que l'unité sera d'ailleurs dissoute) et qui viennent d'être libérés par la justice ukrainienne pour leur permettre de retourner sur le front !

Une belle brochette d'ukropithèques, criminels de guerre libérés pour rejoindre le front.


Du côté de l'OTAN

Sur fond de discours belliqueux et hystériques de la nouvelle équipe Biden, les USA non seulement augmentent sensiblement leurs aides financières à l'effort de guerre de Kiev dans le Donbass. Ainsi, ce 19 mars, une nouvelle enveloppe de 300 millions de $ a été allouée par le congrès US pour la fourniture d'armes à l'Ukraine. 

"Dans l'intérêt de soutenir la défense de l'Ukraine et de faire progresser les valeurs américaines et les priorités de la politique étrangère, je me joins fièrement au renouvellement de l'Ukraine Security Partnership Act, un programme d'aide à la sécurité à long terme qui démontre notre engagement bipartisan en faveur d'une Ukraine sûre." a déclaré le sénateur Bob Menendez l'un des auteurs de la loi.

Mais il n'y a pas que dans le domaine des armes meurtrières que Washington intensifie son soutien à Kiev: l'armée étasunienne et ses laquais de l'OTAN augmentent aussi leur présence militaire directe dans la région, et notamment dans les domaines 

Les missions de reconnaissances et d'observation des territoires frontaliers russes et du Donbass par
les drones RQ4 Global Hawk ou les avions de recherche électronique de renseignement de l'OTAN
comme par exemple ce Boeing RC 135W de la RAF volant hier au large de la Crimée.
Réalisées dans une fréquence ininterrompue depuis 2 semaines ces vols assurent la permanence 
H24 d'un soutien de l'OTAN au profit de l'armée ukrainienne 
en matière de renseignement .

Puis, c'est au tour d'un autre Boeing RC-135V (IFF 63-9792) cette fois de l'USAF de la base aérienne de Souda Bay qui, après avoir fait le plein avec un avion ravitailleur KS-135 (IFF 61-0315),
effectue une nouvelle mission d'observation le long des côtes russes de la Mer Noire


Par ailleurs, l'US Air Force a déployé depuis janvier sur la base aérienne de Campia-Turzii en Roumanie, un escadron de drones de combat MQ-9. Ces drones d'attaque, armés de 4 missiles Air-Sol "Hellfire" (et aussi de missiles Air Air "Stinger") chacun, ont un rayon d'action de 1850 kilomètres et par conséquent pourraient intervenir sans problème sur la Mer Noire et même sur le front du Donbass (avec 2 réservoirs additionnels le MQ-9 à une autonomie de plus de 42 heures de vol).

Les drones de combat RQ9 que l'US Air Force a déployé en Roumanie à portée du Donbass.

A noter également l'entrée en Mer Noire, où d'autres bâtiments de surface et sous marins de l'OTAN sont déjà déployés, de l'USS "Monterey" (CG-61), un croiseur lance-missiles de la classe US Navy "Ticonderoga". Même s'il est probable que ce puissant navire de combat américain participe a l'exercice annuel Sea Shield 2021, qui se tiendra au large de la Roumanie du 19 au 29 mars (18 navires de guerre de 8 pays de l'OTAN et alliés), il faut relever, surtout dans le contexte des tensions actuelles, que ce monstre de la flotte étasunienne n'avait pas réalisé de mission dans cette région depuis 2011.


USS "Monterey" au passage du Bosphore

Groupe.naval de l'OTAN en Mer Noire au 20 mars 21:
 frégates lance missiles espagnoles Méndez Núñez et Cristobal Colon,
destroyer lance missiles étasunien USS Thomas Hudner (DDG-116),
navire de transport étasunien USNS Watson,
croiseur lance missiles étasunien USS Monterey (CG-61)


Pour conclure, nous observons bien dans cette région de la Mer Noire et plus particulièrement dans le Donbass à l'amorce du prolongement militaire des guerres politique et économique menées par la horde occidentale contre la Fédération de Russie et ses alliés (Syrie, Iran, etc). Bien que travaillant lâchement et prudemment par proxy sacrifiable (ici l'armée ukrainienne), les forces de l'OTAN dont visiblement les gouvernements n'ont plus peur de la Russie, sont de plus en plus visibles sur ce champ de bataille d'où peut jaillir à tout moment un troisième conflit mondial.

Erwan Castel

Et comme toujours depuis 1 siècle de guerres modernes européennes, ce sont les populations civiles 
qui paient le prix le plus fort des confrontations économiques ou militaires entre les puissances du
moment, à l'image de cette "babouchka" du village de Zaitsevo qui essaye de survivre au milieu des
ruines de son village bombardé quotidiennement par les forces de Kiev et l'argent des occidentaux.