Affichage des articles dont le libellé est Reportages. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Reportages. Afficher tous les articles

mercredi 11 mars 2020

A Donetsk avec Radio France

383


Pour son nouveau passage à Donetsk, Mkihaïl Roshine, un ami de Moscou était accompagné par Claude Bruillot, un journaliste reporter de Radio France, venu recueillir des témoignages sur la guerre du Donbass du côté "séparatiste" du front.

Dans le cadre de son reportage sur le conflit du Donbass, Claude Bruillot a voulu rencontrer des acteurs, des témoins, des observateurs et des volontaires connus et inconnus. Sollicité pour participer à ce reportage (et honoré), j'ai accepté cette rencontre afin d'apporter mon modeste regard sur ce conflit qui ravage le coeur de l'Europe depuis plus de 6 années maintenant.

Mercredi 11 mars 2020

19h00, mardi 10 mars, j'arrive au café "!Legend" bordant au Nord la place centrale de Donetsk. où j'ai rendez vous avec Mikhaïl Roshine et Claude Bruillot de l'antenne moscovite de Radio France. 

L'homme est avenant et le regard franc et vif portant au dessus de nos tasses de thés des questions intéressantes et un intérêt sincère à mes réponses que je veux les plus complètes possibles. Contrairement à certains reporters "parachutés" à Donetsk, Claude connaît suffisamment le sujet et semble impartial et attentif dans son entretien.  

Après plus d'une heure de discussion, nous effectuons l'interview autour des thèmes retenus, qui bien sûr sera elle même disséquée comme l'impose le format 5 minutes de la série "Le reportage de la Rédaction" où, qui plus est, plusieurs personnes sont rencontrées. Gentiment Claude m"a prévenu dès la première minute de notre rencontre que je risque d'être frustré par l'extrait forcément trop court qui sera finalement choisi, ce que je comprends et accepte de bon coeur, heureux de rencontrer le micro de Radio France dans le Donbass. 

Et dès le matin du 11 mars, le reportage était diffusé, dans un montage très bien ficelé dont la brièveté de 5 minutes qui est un vrai challenge au vu de l'importance du sujet, explique paradoxalement la nuit blanche qui fut nécessaire à Claude Bruillot pour le finaliser... 

Quand la neutralité du journaliste est trahie par son rédacteur politique

Je vous invite à écouter d'abord le reportage audio avant l'article écrit qui l'accompagne sur le site de France Culture qui, contrairement au plan et contenu radiophonique initial se soumet visiblement au filtre déformant d'une ligne éditoriale politique qui affiche même en filigrane, une partialité pro-ukrainienne évidente, notamment par:
  • Le plan différent dans l’enchaînement des extraits choisis pour l'article
  • Les sous titres pouvant induire une interprétation orientée et manichéenne
Nous avons affaire ici de la part de la rédaction de France Culture à une tentative de manipulation mentale, un type de propagande beaucoup plus dangereuse que celles des chiens de garde en gros sabots tel que les Ukrinform ou Donbass Insider par exemple qui digèrent et recrachent (et avec zèle) que ce qui leur est servi par les communiqués étatiques officiels.
Je ne prendrai comme exemples sur les 7 relevés à la première lecture:les sous titres rajoutés ("Minorité russophone" et  "Ukrainiens malgré tout") qui non seulement ne correspondent à aucune parole recueillie au cours du reportage, mais sont de véritables inepties pour quiconque vient simplement 1 seule journée dans le Donbass (et même au delà). 
  • La langue russe est la langue maternelle et d'usage de l'immense majorité des gens du Donbass (+ de 90%) et reste ainsi socialement majoritaire ... jusqu'à Kiev ! (voir les discours de Zelensky par exemple pendant sa campagne présidentielle, menée principalement en russe)
  • Ensuite, les population de Donetsk et Lugansk depuis le référendum de mai 2014, les élections, es manifestations ou les actes administratifs comme la demande des passeports républicains et russes, prouvent tous les jours leurs attachement à une identité russe et leur volonté de retrouver leur citoyenneté perdue en 1921 lors du transfert vers l'Ukraine de cette partie du bassin du Don.
Et quand bien même un héritage ukrainien serait toujours assumé ici c'est dans la nostalgie d'une Ukraine soviétique, car à part la petite minorité qui a pu bénéficier de la corruption oligarchique, la majeure partie de la population (celle ayant vécue l'effondrement de l'URSS) s'accorde à reconnaitre que son indépendance (1991) a en réalité sonné le début de l'effondrement ukrainien.

"Rendons à César..."

Cela dit, et à chacun de se faire sa propre opinion sur les différence observées  entre l'audio et l"écrit, je remercie vivement Claude Bruillot d'avoir fait le déplacement jusqu'à Donetsk pour donner la parole à des acteurs, des observateurs et des citoyens de cette jeune République Populaire de Donetsk et ce dans un regard professionnel et neutre qu'il est important de souligner ici.

Espérant croiser encore son chemin je tiens à lui exprimer ici ma confiance et sympathie pour le travail réalisé sur cette ligne de crête très étroite qui chemine entre les abîmes sans fond des propagandes qui s"affrontent au dessus des tranchées.

Erwan Castel


Le lien du reportage : France Culture



À Donetsk, la vie suspendue

 par Claude Bruillot

Le reportage de la rédaction

"Il y a cinq ans, à Minsk, un cessez-le-feu était proclamé entre l’Ukraine et le Donbass. Mais dans l’État séparatiste autoproclamé, les armes ne sont jamais vraiment tues. A Donetsk, la vie continue, tant bien que mal. En attendant un hypothétique sommet pour la paix.

A Donetsk, dans le Donbass, la vie presque normale malgré la guerre.• Crédits : Claude Bruillot - Radio France

"À distance des arcanes du pouvoir, il y a aussi à Donetsk des habitants qui se sentent encore ukrainiens malgré tout. C'est le cas d'Anna, une universitaire de 50 ans, née dans le Donbass et qui n'a jamais quitté Donetsk, même aux pires moments des combats. Parce qu'elle savait que ses convictions, ses aspirations, étaient justes :

Difficile de dire si ce sont les séparatistes qui ont rompu à nouveau le cessez-le-feu, ou l'armée ukrainienne, de l'autre côté.

• Crédits : Chadi Romanos - Radio France

Sur les grandes avenues du centre de Donetsk, la vie est différente pour Rouslan, 43 ans, qui tient le Café des Légendes. Loin des accords de Minsk, de la politique et même des combats, auxquels il n'a jamais voulu participer, le restaurateur ne se définit pas comme un séparatiste.

Toute sa famille habite du côté ukrainien. Il téléphone à sa mère tous les jours mais admet qu'il aurait du mal si, aujourd'hui, il devait revivre avec "ceux de Maidan", comme il les appelle.
  • "Je ne peux pas dire que je suis totalement séparatiste. Mais dans un pays avec des gens qui ont organisé ça, on ne peut plus vivre ensemble. Je ne sais pas quand il y aura un jour de la stabilité à nouveau."
Au Café des Légendes, on peut croiser Erwann Castel, un militant breton de 57 ans, ancien officier de l'armée française au 13ème Régiment de Dragons Parachutistes de Dieuze, en Moselle.

A Donetsk, place Lenine, le drapeau russe comme une protection contre le voisin ukrainien.• Crédits : Claude Bruillot - Radio France
Spécialiste à l'époque du renseignement aéroporté, il a tout quitté pour défendre la cause des séparatistes du Donbass. Il a combattu pendant près de cinq ans à leurs côtés avant d'être grièvement blessé par une mine.

Minorité russophone

"Idéaliste", comme il se définit lui-même, Erwann Castel veut la paix pour le Donbass russophone qui l'a adopté. Mais pas à n'importe quel prix :
  • "Au dessus de la paix, il y a la liberté. À l'origine, le Donbass s'est révolté pour défendre son identité culturelle."
Le premier défenseur de cette culture russophone se nomme Denis Pouchiline, président élu de la République populaire de Donetsk. Avant le prochain sommet sur la question du Donbass, programmé au printemps à Berlin, il est sorti de sa réserve.

Le chef des séparatistes affirme notamment qu'il est prêt au retrait de ses troupes sur la totalité des 460 kilomètres de la ligne de front. Tout en sachant que le pouvoir ukrainien est incapable d'assumer la même démarche, sous la pression des nationalistes et d'une partie de la population qui crient à la capitulation : "Nous luttons pour ça d'une façon planifiée, mais l'Ukraine déclare officiellement qu'elle n'est pas prête et essaie de retarder le processus de retrait."
  • "Aujourd'hui, nous n'avons jamais un jour calme. On tire tous les jours, même si ce n'est pas l'artillerie mais plutôt des tirs d'armes automatiques. Si la distance entre les forces armées était plus grande, si personne ne pouvait voir l'autre côté, on pourrait en finir avec les échanges de tirs."
Denis Pouchiline au micro de Claude Bruillot, correspondant de radio France à Moscou.• Crédits : DR - Radio France
Décidé, semble-t-il, à jouer l'ouverture, l'entourage de Denis Pouchiline a néanmoins refusé qu'une question soit posée. Elle concerne le procès aux Pays-Bas de trois Russes et d'un Ukrainien séparatiste, absents aux audiences. Tous quatre sont soupconnés d'avoir participé à la destruction du Boeing de la Malaysia Airlines, abattu au-dessus du Donbass en juillet 2014. Un drame qui avait fait 298 morts.

Ukrainiens malgré tout

À distance des arcanes du pouvoir, il y a aussi à Donetsk des habitants qui se sentent encore ukrainiens malgré tout. C'est le cas d'Anna, une universitaire de 50 ans, née dans le Donbass et qui n'a jamais quitté Donetsk, même aux pires moments des combats. Parce qu'elle savait que ses convictions, ses aspirations, étaient justes :
  • "Je ne veux pas que l'on me dise comment je dois vivre et quelle langue je dois parler."
"L'Ukraine est un pays où les lois ne fonctionnent pas. Où des activistes peuvent faire ce qu'ils veulent. Regardez, ça continue à tirer alors que nous avons un  cessez-le-feu il me semble. Comment avoir confiance ? C'est au gouvernement de trouver des solutions pour que les régions vivent ensemble en Ukraine", poursuit-elle.
  • "Je n'ai pas de problème avec mes concitoyens ukrainiens. J'ai un problème avec ce gouvernement qui a fait de nous des ennemis. Nous ne sommes pas des ennemis."
Reportage Claude Bruillot - Radio France
MAIS mise en forme de l'article par un scriboullard politique de France Culture

samedi 15 février 2020

Donetsk sur le chemin de l'oubli

Photo Jacques Pion
Au cours du mois de janvier, j'ai eu le plaisir de rencontrer le photographe Jacques Pion et le vidéaste Alex Chellali, reporters indépendants membres du studio Hans Lucas. Un tandem d'êtres chaleureux et complémentaires et dotés d'un regard indépendant et humaniste qu'ils portent avec professionnalisme sur les petites histoires individuelles comme sur cette grande Histoire collective qui aspirent parfois les gens comme des fétus de paille dans la tempête. Avec Svetlana Kissileva les 2 compères ont sillonné Donetsk et ses environs à la rencontre des petites gens du Donbass qui dans les tranchées ou les rues bombardés, expriment avec leurs armes ou leurs larmes leur amour pour leur patrie russe, et très souvent en dehors de toute considération politique.

Jacques Pion et Alex Chellali - Photo Svetlana Kissileva

Il est rare de rencontrer des reporters qui ont cette intelligence, à la fois professionnelle et humaine, de ne pas tomber dans les ornières fétides des doxas propagandistes et de ne regarder que la dimension humaine des conflits qui secouent de plus en plus le Monde post-moderne. 

Ces qualités professionnelles et humaines me rappellent Guillaume Chauvin, un autre reporter et ami venu plusieurs à la rencontre du Donbass. Et lui aussi est membre du Studio Hans Lucas.... il n'y a pas de hasard !



Le 10 février, j'en profite pour réaliser ma première "sortie terrain" depuis septembre pour accompagner Jacques et Alex à la rencontre des musulmans qui se retrouve chaque vendredi à la mosquée d'Oktyabrsky. Là, dans l'intimité d'une communauté accueillante. nos 2 reporters accompagnés par Yulia, une voisine, ont été accueilli à bras ouverts par les femmes et les hommes vivant dans ce quartier durement bombardé depuis 6 ans, et les sourires ont parfois laissé la place aux larmes lorsque des souvenirs encore brûlants jaillissaient des coeurs.


Depuis, Jacques a publié sur le site du studio Hans Lucas un premier reportage photo sur son périple à Donetsk, et en attendant les suivants, ainsi que ceux d'Alex, je partage ici quelques unes de ses photos....

Un grand merci à Jacques et Alex de mettre leur professionnalisme et humanisme au service de la Vérité pour que le Donbass cesse de se perdre sur le chemin de l'oubli !

Erwan Castel


Le site web de Jacques Pion : ici 


Source de l'article : Hans Lucas

"En février 2015, les accords de Minsk 2 ont arraché après de longues heures de négociations un cesser le feu applicable le 15 du même mois et qui prévoyait notamment le retrait des armes lourdes sur la ligne de front entre l'Ukraine et les Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk. Mais qu'en est-il au quotidien ? 

La réalité en ce début d'année 2020 est malheureusement bien différente.
Malgré une courte période d'accalmie pendant les dernières fêtes de fin d'année, les tirs ukrainiens ont repris contre la population de la république «séparatiste». Des mortiers de 120 mm et des obusiers d'artillerie lourde bombardent toujours les zones périphériques de la ville de Donetsk. 

La stratégie d'harcèlement employée par le gouvernement de Kiev semble assez claire. Sur le plan militaire elle vise à vider progressivement de toute présence humaine civile les zones proches de la ligne de front pour permettre une avancée éventuelle aujourd'hui impossible. 
Sur le plan politique intérieure à calmer les partisans de la guerre et sur le plan extérieur à provoquer une révision des accords de Minsk au profit d'un scénario de type Croate, voire leurs abandons. 

Le plan de paix semble s'effriter chaque jour un peu plus sans qu'aucune voix officielle ne s'élève. Il faut souligner que le contexte politique en ce début d'année 2020 est très instable entre une pression nationaliste extrême en Ukraine qui ne veut rien lâcher et un possible futur changement de gouvernement en Russie qui pourrait modifier l'orientation politique de Moscou dans le Donbass. 
En attendant un hypothétique règlement du conflit, la population souffre encore et encore. Cette guerre européenne a déjà fait entre 10 000 et 20 000 morts.

A Donetsk, des quartiers entiers et des villages proches du front, parfois coupés en deux, se vide progressivement provoquant un exil vers des zones plus «calmes» ou à l'étranger, des maisons brulent, des murs s'effondrent, des fenêtres volent en éclats laissant les dernières babouchkas et les familles qui refusent de quitter leurs maisons, seules au milieu de quartiers déserts.

Chaque semaine apporte son lot d'enterrements de civils innocents ou de combattants souvent très jeunes qui s'engagent dès l'âge venu dans les forces de défense à l'exemple de ces 4 jeunes de 20 ans tués en ce mois de janvier 2020 sous les bombardements ukrainiens.
Le bilan est encore lourd : 328 soldats républicains ont été tués en 2019 et déjà une vingtaine depuis le début de l'année 2020.

La plupart des enfants qui vivent ou ont vécus proche de la ligne de front sont traumatisés. La perte d'un papa trop tôt disparu, les bombardements qui résonnent encore dans leurs têtes et qui réveillent leur anxiété à chaque détonation sourde. C'est toute une génération qui n'aura connu que la guerre et dont il faudra s'occuper un jour.

Sur tous les visages rencontrés qui n'ont rien de bien «terroristes» - ce qualificatif est encore employé par le gouvernement de Kiev - j'ai pu lire le désarroi, la lassitude, la tristesse, la fatigue et la souffrance. Mais malgré cela et le nombre de désillusions vécues dans l'espoir d'une fin proche du conflit, rien ne semble vouloir entamer la volonté de ce peuple fier et solidaire à vouloir décider de son propre destin."

Jacques Pion

Voici quelques unes des 47 premières photos publiées par Jacques Pion 
et que je vous invite à regarder sur le lient suivant : Hans Lucas 

Photo Jacques Pion
Photo Jacques Pion



Photo Jacques Pion

Photo Jacques Pion

Photo Jacques Pion

Photo Jacques Pion

Photo Jacques Pion

Photo Jacques Pion

samedi 16 novembre 2019

Adieu "Tepa"


Triste nouvelle.


Ce 14 novembre 2019, Patrick D'Hondt alias "Tepa", créateur du média alternatif Meta TV, nous a quitté prématurément à l' âge de 48 ans, victime d'un cancer. J'ai découvert cet homme intègre et ardent défenseur de la liberté d'expression en 2014, grâce à Alain Benajam du réseau Novopole qui collaborait avec lui pour libérer cette Vérité étouffée par la dictature de la pensée unique mondialiste.

Paix à son âme...

"Tepa" incarnait selon moi la vraie défense des valeurs françaises et européennes, dans une expression saine et constructive car au delà de tous ces communautarismes simplistes, et haineux qui tentent trop souvent les résistants, dissidents et autres "patriotes" réactionnaires.

En 2012, Tepa avait réalisé un "rap patriote" qui illustre bien sa volonté de briser les barrières communautaristes ethniques, culturelles ou autres pour s'adresser à un public qui est la première victime d'l'individualisme consumériste, cet autre cancer moderne, par lequel s'impose l'hégémonie libérale mondialiste.

Le point d'honneur de ce combattant de la Liberté était de donner la parole à celles et ceux que le système censure et rejette, tous ces "empêcheurs de penser en rond" qui tentent de sauver la conscience et l'esprit critique dans les coeurs des citoyens.

Aujourd'hui, le combat pour la Liberté, la Vérité et la Tradition continue plus loin et plus fort, grâce à des hommes comme Tepa qui lui ont consacré toute leur vie. Si cet homme a disparu de nos horizons, il nous appartient en revanche de cultiver les graines qu'il a semé avec d'autres amoureux de la vie sur cette terre brûlée par le feu de l'argent roi. Et demain une nouvelle forêt maturante renaîtra au milieu de ce désert aride qu'est devenu l'âme humaine moderne.

Erwan Castel

En juin 2015, "Tepa" m'avait longuement interviewé, en direct, alors que j'étais affecté dans une unité de reconnaissance d'un bataillon de chars à l'ouest de Donetsk (unité que je devais quitter rapidement pour la 5ème brigade, faute d'avoir des missions concrètes sur le front). 




dimanche 26 mai 2019

Les oubliés de l'Europe / 1


Edouard Chanot est un reporter de l'agence Sputnik France, que j'ai eu la chance de rencontrer lors de son passage à Donetsk à l'occasion des cérémonies des 9 et 11 mai derniers (malgré le boycott imbécile des Néant and Co). Un premier article d'un grande qualité est paru cette semaine concernant cette guerre qui sévit au coeur de l'Europe depuis près de 2000 jours. Nous y retrouvons ici Nikola Mirkovic de l'association humainiatire Est-Ouest et Christelle Néant de l'agence DONI.

S'il fallait résumer en un seul mot ce Donbass c'est bien par cette résilience (qualité que j'avais relevé personnellemnent dès 2015 comme par exemple ici), est bien la force principale de des femmes et ses hommes russes qui dans leur Histoire leur a permis de triompher de toutes les guerres et infamies subies. 

Merci à Edouard Chanot pour ce reportage de qualité.

Erwan Castel

Source de l'article : Sputnik 

"Les obus cesseront-ils de tomber dans le Donbass? Car si le nouveau Président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a déclaré vouloir un cessez-le-feu, la guerre perdure dans cette République rebelle dont l'Occident semble détourner le regard. Sputnik s’est rendu sur le terrain. Reportage.

Le cessez-le-feu dans le Donbass sera «la première tâche» de son mandat: le 20 mai lors de son investiture, le nouveau président ukrainien Volodymyr Zelensky affirmait ses intentions pacifiques pour l'Ukraine de l'Est. Une rupture à Kiev, tant ces intentions rompent avec la virulence de son prédécesseur, le très va-t-en-guerre Petro Porochenko. Mais des intentions qui seront mises à l'épreuve.

Car le conflit perdure depuis le printemps 2014,  depuis que l'Est du pays s'oppose par les armes au gouvernement issu du Maïdan, mouvement ayant destitué Viktor Ianoukovytch, après qu'il ait refusé de ratifier un accord d'association avec l'Union européenne.

Depuis cinq ans, la paix en échec

Se sentant méprisée, la région majoritairement russophone conteste le virage vers Bruxelles et Washington de Kiev. La confrontation s'intensifia quand la Rada, le parlement ukrainien, eut abrogé le statut de langue régionale officielle du Russe le 23 février 2014. Le 7 avril, la République populaire de Donetsk proclama son indépendance, et l'armée ukrainienne y intervint alors avec brutalité, craignant ce qu’elle estimait être une contagion de l'annexion de la Crimée par la Russie en mars. Un conflit d'une violence oubliée en Europe depuis la guerre du Kosovo.  

Cinq ans plus tard, en dépit des accords de Minsk de février 2015 qui devaient mettre un terme aux bombardements, et bien que la violence soit sensiblement circonscrite depuis 2017, les obus tombent et tuent encore. Les chiffres s'élèvent désormais à 13.000 morts selon l'ONU, dont 4.000 civils. A ces derniers s'ajoutent 10.000 blessés. 

Une tragédie dont on détourne le regard en Occident, rejetant les causes sur Moscou, à l'image d'Emmanuel Macron et d'Angela Merkel, exigeant le 21 mai «des gestes» de la part de Vladimir Poutine pour «créer un dialogue», après que celui-ci ait signé le décrêt facilitant l’obtention de passeports russes aux habitants du Donbass.

Reportage exclusif :

Alors comment les Donbassiens survivent-ils? Pour le savoir, Édouard Chanot a suivi début mai 2019 Nikola Mirkovic, de l'ONG Ouest-Est, qui est venu en aide à des orphelins, des personnes âgées et des familles de victimes, le long de la ligne de front. Édouard Chanot fait partie de ces rares journalistes français à s'être rendu dans cette zone de guerre, dans la République autoproclamée de Donetsk. «A la rencontre de ce peuple à la résilience extraordinaire», nous dit-il. 

Source de l'article : Sputnik France 

dimanche 21 avril 2019

Un peuple combattant

Au  "polygone" , des membres de la droujina recrée par la République Populaire de Donetsk 
s'entrainent au tir - Photo Svetlana Kissileva

De retour de rencontres réalisées de chaque côté de la ligne de front, les premiers reportages de Johnatan Walsh commencent a être diffusés par France 24, en voici le premier consacré à la "Droujina" populaire de Donetsk.

En préambule...

Lorsque je rencontre Johnatan Walsh nous discutons d'abord de l'éthique de son beau métier dont je peux témoigner des trahisons et salissures régulières réalisées de chaque côté de la ligne de front des chiens de garde arrivistes et narcissiques atteints par le syndrôme du larbin et/ou qui lèchent le cul des pouvoirs qui les paient (Volochine en France, Néant dans le Donbass pour ne citer que ces 2 Tartuffe propagandistes). 

Malgré cela car fidèle au principe de ne jamais censurer quiconque, même les pires, afin de ne pas se vautrer soi-même dans le caniveau putride d'une merdiacratie que l'on prétend dénoncer, j'ai répondu aux questions de ce reporter avec une confiance intuitive que son premier reportage a confirmé ici. Alors que certains de ses confrères et consoeurs, toute honte bue, n'hésitent pas comme Volochine à falsifier la véritéda ns une grande confusion délictuelle, où l'éthique de cette belle prosfession est sacrifiée sur l'autel des intérêts, opinions et ambitions personnelles, Johnatan Walsh par contre, a su garder une neutralité professionnelle, dans son regard et commentaire qui laissent au public la liberté de sa propre opinion. Et pour cela je le remercie de restaurer l'image que je me faisais de son agence France 24 et de l'exercice occidental de sa profession, trop souvent aux ordres de sa hierarchie politico-financière et confiée à des prétendus journalistes qui ne sont en fait que des crapules de l'information.


La droujina, racine et pointe du patriotisme populaire russe

Et maintenant un bref rappel de l'histoire de la Droujina russe, ou plutôt des droujinas car ce corps populaire connut autant de déclinaisons politico-militaires que la Russie connut de périodes historiques, mais qui dans toutes ses formes (garde princière, host féodale, milice auxilliaire, corps de défense civile etc.) a su conserver l'esprit d'une dynamique patriotique offrant à l'Etat une force pluridisciplinaires de volontaires motivés et formés.

 Le Prince Vladimir offre un banquet à son droujina en 996. 
À partir de la Chronique de Radziwill, "un début de l'histoire de la Russie" (XVe siècle) page 70

Lorsqu'un pays est menacé dans ses fondements le pouvoir renforce souvent ses forces de défense et de sécurité : rappel des réservistes, conscriptions, ou formations d'unités d'autodéfense basées sur un volontariat au sein de la société civile, et aux antipodes du Donbass, nous avons l'exemple du Vénézuela ou face à la tentative de coup d'Etat organisé par Washington via Guaido et la menace d'une intervention militaire occidentale, les effectifs de la milice bolivarienne ont été montés jusqu'à 2 millions de volontaires prêts à défendre leur terre et leur indépendance.

Dans l'Empire russe

3e Droujina de Tirailleurs du Caucase ,en Géorgie (1888)

Du côté de la Russie, ce type de milice populaire apparaît entre les Xème et XIIème siècle sous le nom de Droujina (terme formé sur la racine "drug" :ami) et que l'on pourrait traduire par "fraternité guerrière". Rapidement la droujina devient un maillon important de la société médiévale russe, ces membres constituant le noyau principal de l'armée princière, et dont leur encadrement appelé "groupe des anciens" (staršaka družina) va former progressivement une aristocratie terrienne.

En temps de paix, la droujina russe se voit régulièrement confier des missions de police comme par exemple pour le couronnement du tsar Alexandre III (1881) où 20 000 volontaires sécurisent l'événement, ou celui de Nicolas II (1894), pour lequel pas moins de 80 000 moscovites se portent volontaires pour ce service. À partir de 1899, des cosaques du Kouban, renforcés en 1907 par des Caucasiens et des paysans de la province de Tchernigov sont engagés aux côtés des forces de police et ce sont eux qui, par exemple, rétablissent l'ordre au moment de l'insurrection de Moscou en 1905.

Dans l'Union soviétique

Insigne des "droujninik" soviétiqques 

Du temps de l'URSS, le principe de la droujina se perpétue dès 1926 (à Leningrad) avec la création de "Sociétés d'assistants volontaires de la police" appelés "Odosmil", en charge par exemple du maintien de l'ordre lors de manifestations publiques (marchés fêtes rassemblements), de la surveillance incendie, la propreté et l'hygiène, la veille sanitaire, les services postaux pour les hameaux isolés etc... Plus tard, en 1932 les "Odosmil" deviennent des "Brigadmil" et comptent jusqu'à 400 000 membres.

Lorsque la guerre s'abat sur la Russie en 1941, mobilisant la totalité des forces combattantes vers le front c'est à la droujina, ces "Brigadmil" que vont être confiées les services sanitaires et des pompiers, des groupes d'autodéfense, de la défense antiaérienne etc... En 1958, pendant la guerre froide, cette force populaire auxlliiare retrouve son appelation originelle de Doujina et ses "Droujiniki" (qui seront plus de 280 000  dans les années 80) vont se retrouver auxiliaires à la sécurité des grandes industries mais aussi des frontières, des points stratégiques ou des installations sensibles. 

Parallèlement aux services actifs, la Droujina recense et forme des volontaires qui peuvent être mobilisés et immédiatement opérationnels pour diverses missions de protection civile ou d'autodéfense et dans les années 80 ce sont 13 millions de citoyens soviétiques qui sont ainsi prêts et formés à servir leur patrie immédiatement.

Dans la Fédération de Russie 

Des cosaques et des "droujiniki" participent au renforcement de la sécurité
après les attentats de Volgograd des 29 et 30 décembre 2013.

Après l'effondrement de l'URSS en 1991, le principe et l'emploi de la droujina populaire se maintient toujours, tant dans sa nécessité imposée par cet immense territoire que dans l'esprit que ce volontariait patriotique millénaire incarne et entretient, et le 4 avril 2014 entre en vigueur une loi fédérale "Sur la participation des citoyens au maintien de l'ordre public" entérinant une reconnaissance officielle du rôle des "droujini". Celles-ci sont sous la responsabilité des forces de police.

La droujina dans le Donbass

En 2014, au lendemain du Maïdan, les populations russes du Donbass lèvent des groupes d'autodéfense qui organisent des barrages et des postes de contrôle aux abords de leurs villes menacées par les paramilitaires nationalistes ukrainiens

La tradition de la droujina n'était pas inconnue dans l'Ukraine soviétique, y compris chez les nationalistes russophobes comme Bandera qui va créer une "droujina des nationalistes ukrainiens" et qui sera formée par les nazis entre 1939 et 1941. Lorsque le coup d'Etat du Maidan se répand en actions violentes dans toute l'Ukraine, des Droujina spontanée sont formées pour protéger les manifestants fédéralistes pro-russes comme à Odessa par exemple mais qui ne parviendront pas malheureusement à empécher leur massacre le 2 juin 2014 par les paramilitaires néo-nazis (aidés par des élémnets de la police). 
Dans le Donbass, les premiers groupes qui s'organisent pour protéger le processus référendaire, le font dans l'esprit de la droujina populaire et vont au fur et à mesure que la répression ukrainienne s'intensifie et se radicalise (agressions entre manifestants, fusillade par les paramilitaires ukrainiens puis offensive militaire de Kiev), les "droujinie" vont devenir une milice d'autodéfense armée dont les actions et la formation vont aboutir à la création en 2015 d'une armée régulière et professionnelle, mais toujours sur la base du volontariat.

La guerre faisant toujours peser aux frontières du Donbass le risque permanent d'un nouvel embrasement des combats, la République Populaire de Donaetsk a donc décidé d'encadrer cette réalité du volontariat populaire et de le normaliser aux contraintes de la guerre moderne en recréant une droujina populaire accueillant et formant des citoyens volontaires.

Aujourd'hui, le premier public qui est formé en priorité par cette nouvelle Droujina populaire est bien sûr les jeunes n'ayant eu aucune formation ou expérience militaire, mais qui expriment le désir d'acquérir des compétences pour être en mesure de porter les armes aux frontières de leur République. C'est l'objet du reportage ci après : 

Erwan Castel

Source de l'article : NRT 24

La République populaire de Donetsk recrée la Droujina populaire


Le 1er mars 2019, la RPD recrée la Droujina Populaire, une structure qui, auparavant, a existé en Union Soviétique. Comme dans le temps, cette association de bénévoles soutenant les actions des forces de l'ordre dans le maintien de l'ordre au quotidien à un niveau local. Pour en faire partie, il faut avoir 18 ans et être en bonne condition physique et sportive. Un programme d’entraînement physique GTO « Prêt pour le travail et la défense » qui a également existé en URSS a été lancé en République en parallèle avec l’éducation patriotique de la jeunesse.

Vendredi dernier, quelques jeunes de la Droujina Populaire se sont rendus sur le terrain d'exercice à Mospino près de Donetsk pour s'entraîner au montage et démontage du fusil AK-47, le fameux Kalachnikov, et aux tirs encadrés par les militaires d'une unité d'élite de la milice de la RPD.



Ilia et Aristar ont chacun 18 ans et ils font tous les deux leurs études à l'école hôtelière de Donetsk. Les deux jeunes hommes sont impliqués de façon active à la vie de la jeune république et rêvent de laisser une trace dans son histoire. Néanmoins, ni Ilia, ni Aristar n'ont pas de projet de devenir dans le futur des militaires de carrière et espèrent qu'ils n'auront jamais à lever une arme contre des êtres humains. Ils considèrent simplement que chaque homme digne de ce nom doit savoir s'en servir afin d'être capable, en cas de besoin, de défendre ses proches et sa patrie.

Svetlana Kissileva - Novorossiya Today

Reportage de France 24 (Johnatan Walsh)

Pour voir d'autres photos du reportage de Novorossiya Today suivre le lien suivant : ici