lundi 19 avril 2021

Encore 1 victime civile dans le Donbass


Aujourd'hui 18 avril 2021, les tensions poursuivent leur escalade et sur tous les fronts où les ukrainiens mais aussi les occidentaux peuvent attaquer la Russie :

Sur le front du Donbass...

Les bombardements ukrainiens continuent de s'intensifier, utilisant quasi systématiquement des mortiers lourds de 120mm, frappant sans distinction aussi bien les positions militaires défesives que les zones résidentielles républicaines. Ailleurs ce sont des pièges qui attendent les civils sur leurs chemins quotidiens...


💥 Aujourd'hui 19 avril 2021, un autre civil du Donbass a été tué par l'explosion commandée d'un engin explosif placé sur les rives de la rivière Severodonets sur le front de Lugansk. La victime, un homme de 49 ans se déplaçait le long de la rivière près du village de Novokiyevka, dans le district de Krasnodon, lorsque l'engin explosif a été actionné par un dispositif de commande à distance, matériel déjà utilisé dans ce secteur par les soldats du 3e groupe tactique de la 80e brigade ukrainienne.

Du côté des provocations ukrainiennes, voici quelques exemples significatifs des bombardements de Kiev sur les territoires républicains :

Au Nord du front de la république Populaire de Donetsk, la périphérie de Gorlovka) a été prise sous le feu de l'artillerie ukrainienne pendant plus d'une heure dès les premières lueurs du jour. Un réveil cauchemardesque et quasi quotidien pour les milliers de familles vivant dans ce secteur :

💥19 avril 21, 05h06 à 6h15 : bombardements ukrainiens au Nord Ouest de Gorlovoka, au mortier lourd et armes d'infanterie depuis plusieurs positions dont
Dzerjinsk pour les tirs de mortiers. 17 obus de 120 mm tirés.
 
1ère vidéo des bombardements ukrainiens
du 19 avril 21 sur la banlieue de Gorlovoka

05h10: les tirs ukrainiens frappent les secteurs de Glubokaya, de Kurganka et de la mine 19/20.

05h15: les tirs ukrainiens s'étendent vers l'Ouest de la cité,
 
05h19: plusieurs arrivées de gros calibre près de secteur résidentiel de Kurganka,

05h30: les bombardements des banlieues Nord Ouest de Gorlovka se poursuivent, avec une intensité élevée forçant les habitants à rester dans leurs abris.

Sous ces bombardements, plusieurs maisons et un immeuble d'habitations ont été endommagés, ainsi que 8 transformateurs électriques qui ont laissé la zone sans électricité.

Au cours du bombardement ukrainien au Nord Ouest de Gorlovka, plusieurs maisons
ont été endommagées comme celle ci à Kurganka, touchée par un tir direct de 120mm


💥19 avril 21, 06.20 : bombardement ukrainien au mortier du village de Aleksandrovka (Sud Donetsk) depuis Novomikhaìlovka. 10 obus de 120 mm tirés.

💥19 avril 21, 18h02 : bombardement ukrainien au mortier des villages de Mineralnoe et Yakolevka, depuis Avdeevka, 12 obus de 120mm tirés

19 avril 21 après midi, bombardement ukrainien de Yakolevka
(au Nord de Donetsk) a proximité d'"une zone résidentielle

💥 19 avril 21, 18h05 : les bombardements ukrainiens s'étendent aux quartiers Nord de Donetsk (nord Kievsky, Spartak et Oktyabrsky) depuis . 6 obus de mortier de 82mm tirés sur Spartak,

💥 19 avril 21, 18h20 : bombardement ukrainien au mortier du village de Spartak (Nord Donetsk) depuis Opitnoe. 12 obus de mortier de 120mm tirés.

Spartak
Au Sud, Donetsk, en blanc l'aéroport détruit, en jaune la ligne de front 


💥 19 avril 21, 18h25 : tandis que les bombardements ukrainiens continuent au Nord de Donetsk, une très forte explosion est entendue sur le site de la mine 
Novobutovskaya.

19 avril 21 après midi, bombardement ukrainien au Nord de Donetsk

Du côté du front politico-économique...

La confrontation entre Washington et Moscou prend l'allure d'une spirale ascendante entrainant les pays de l'Union Européenne et ceux de l'OTAN possédés par une russophobie hystérique qu'ils déclinent dans tous les les autres fronts: économique, politique, et diplomatique, ce dernier ayant été particulièrement virulent ces derniers jours avec des expulsions en série de diplomates russes pour des prétextes plus fallacieux les uns que les autres :

  • Dans une contradiction totale avec ses déclarations mielleuses, le président étasunien Biden a décidé le 15 avril de l'expulsion de 10 diplomates russes aux prétextes d'une prétendues cyber attaques et ingérences russes dans les élections américaines de 2020, mais dont on a toujours pas vu la plus petite ombre de preuve. Moscou a aussitôt engagé une mesure symétrique.
  • Parallèlement à ces expulsions, Washington a décrété des sanctions économiques contre 32 nouvelles entités et personnes russes pour les mêmes accusations d'ingérence et, interdit aussi à partir du 14 juin aux institutions financières d'acheter directement de la dette émise par la Russie. Sont également sanctionnées 6 sociétés technologiques russes accusées de soutenir le cyber renseignement de Moscou.
  • Et, avec l'Union européenne, le Canada, le Royaume-Uni et l'Australie, Washington impose aussi des sanctions contre 8 personnes et entités russes liées à "l'occupation de la Crimée".
  • 2 jours plus tard, la République tchèque annonce à son tour l'expulsion de 18 diplomates russes dans le cadre de l'enquête d'un attentat contre un de ses dépôt de munitions en 2014 dont on attend toujours les preuves, mais dont les conclusions tombent, comme par hasard, au moment de cette crise internationale.
  • Et pour ne pas rester étranger à la meute enragée, le gouvernement polonais vient d'annoncer lui aussi l'expulsion de 3 diplomates russe de son territoire.

Du côté de l'Ukraine... et de la France

Zelensky, le gouverneur de la colonie étasunienne Ukraine a réalisé ces derniers jours la tournées de ses parrains occidentaux Macron et Merkel pour s'assurer de leur soutien inconditionnel en les priant à de nouvelles harangues russophobes ce que Macron, ce laquais étasunien s'est empressé de faire dès le lendemain contrairement à Merkel, politicienne aguerrie et surtout partenaire du North Stream 2 qu'elle voudrait bien voir survivre à l'affrontement Washington-Moscou actuel.

18 avril 21, Macron confirme son engagement 
aux côtés de l'Ukraine face à la Russie


Macron, le gouverneur de la colonie étasunienne "France" devrait recevoir un passeport ukrainien après l'interview donnée à CBS news et dont j'ai choisi ci dessus un court extrait illustrant l'asservissement de ce pathétique serviteur des banques et qui  pérore : «nous devons tracer des lignes rouges, être clairs et durs». 

Ce bélître français, autant inculte de l'histoire européenne que fanatique de l'idéologie mondialiste, oublie que la ligne rouge existe déjà depuis 1990, lorsque le président américain (Bush) et le secrétaire général de l'Otan (Wörner) avaient assuré au président soviétique Mikhaïl Gorbatchev, que l'Alliance atlantique ne s'élargirait pas à l'Est au-delà des frontières de l'Allemagne réunifiée.

Et cette ligne rouge, ce sont les occidentaux qui l'ont franchi depuis cette date, élargissant le territoire de l'OTAN à coup de révolutions colorées ou de guerres aux portes de la Russie comme celles qui a installé le chaos en Ukraine avec le Maïdan et dont le rattachement référendaire russe de Crimée et la rébellion du Donbass ne sont que les réponses logiques et légitimes à la libération d'une haine russophobe criminelle.

Et si Macron avait l'honnêteté de reconnaître comme ligne rouge les accords de Minsk et pour lesquels la France s'est portée garante devant l'ONU en septembre 2014 (Minsk1) et février 2015 (Minsk 2), c'est l'Ukraine, qui n'a jamais cessé de bombarder les populations du Donbass, et non la Russie que ce maraud devrait menacer de sanctions.

Seulement voilà, depuis 50 ans, le pouvoir réel de la France n'est plus à l'Elysée mais à Wall Street et sa seule initiative aujourd'hui est d'être un larbin politique et militaire de l'OTAN, en franchissant sans vergogne les lignes rouges internationales, y compris celles sur lesquelles son gouvernorat a apposé sa signature, comme par exemple en vendant des armes à Kiev tout en étant garant du.... processus de paix !

Du côté de l'OTAN...

Le pont aérien logistique de l'OTAN ravitaillant les forces armées ukrainiennes continue de plus belle :

18 avril 21, un nouveau fret logistique pour l'armée ukrainienne arrive des Etats Unis 
 à bord d'un avion cargo C17 de l'Us Air Force, via une escale carburant à Gibraltar.

Puis dans la nuit du 18 au 19 avril, un autre C17 de l'US Air Force, cette fois en venant  
de Ramstein en Allemagne, a fait un nouveau ravitaillement pour l'armée ukrainienne.

Il y a quelques jours, les deux destroyers de missiles américains USS Donald Cook (DDG-75) et USS Roosevelt (DDG-80) de l'US Navy étaient annoncés revenir en Mer Noire (12 avril) mais, tandis que Biden (tenant un poignard dans son dos) promettait au Monde une désescalade des tensions avec Moscou, le Pentagone avait annulé le 14 avril leur entrée en Mer Noire devant laquelle la flotte russe de la Mer Noire avait détaché plusieurs navires.. 

Or voici que "Le groupe de Surveillance BlackSeaNews" et l' "Institut d'études stratégiques de la mer Noire" rapportent ce 19 avril, que ces destroyers ont de nouveau quitté la base navale de l'OTAN de l'île de Crète en direction du Détroit de la Mer Noire."

Un nouvel exemple de cette stratégie schizophrène occidentale du 2 pas en arrière 3 pas en avant !

19 avril 21 matin, les 2 destroyers de l'US navy, en route pour la Mer Noire 
Au Nord Est, la zone des combats sur le front du Donbass.

Et les missions aériennes de reconnaissance de l'OTAN continuent sur un rythme effréné assurant H24 une surveillance des zones frontalières russes et de la ligne de front du Donbass.

19 avril 21, un RQ 4 "GlobalHawk" de l'US Air Force pour une énième mission 
de renseignement militaire de l'OTAN au profit de l'armée ukrainienne.

En fin d'après midi le drone stratégique de l'OTAN continuait ses observations de la ligne de 
front du Donbass et bien au delà jusqu'en Russie, sa technologie ayant 200 km de portée.



Du côté de la Russie...

On estime maintenant entre 120 000 et 150 000 hommes les forces russes regroupées autour de l'Ukraine, à l'intérieur de leurs frontières, de celle du Belarus, de la Transnistrie ou en Mer Noire. Et une force d'intervention qui est redoutable par ces nombreux groupes tactiques mais aussi et surtout par les capacités technologiques modernes de ses missiles, avions, artilleries et blindés. 

Région de Voronej, base russe d'une partie des renforts blindés et artillerie
déployés sur les frontières Nord Est de l'Ukraine (région de Kharkov)


16 avril 21, région de Pskov à Polkovaya,
convoi ferroviaire de la 76e VDV en direction de la Crimée avec des 
BMD des véhicules du génie, des stations de radios mobiles (couvertes)

Pour élargir autour de la Crimée son espace de protection aérien et maritime aux delà des 12 milles marins (soit 22 km 224) réglementaires, la Russie a déclenché des exercices maritimes et de protection côtière réglementaires pour lesquels elle a le droit de d'imposer des zones d'exclusion aériennes et maritimes pour des motifs de sécurité.



De quoi bien emmerder les vautours et les requins de l'OTAN qui viennent renifler depuis 1 mois la péninsule russe d'un peu trop près.


En conclusion...

Sur fond d'une envenimation des relations diplomatiques et d'une exacerbation de la guerre économique menée contre la Russie, cette journée reste marquée par une nouvelle victime civile sur le front de Gorlovka et de nouveaux et puissants bombardements ukrainiens sur les fronts de Gorlovka et Donetsk.

Erwan Castel

dimanche 18 avril 2021

Kiev entre discours victimaires et actions agressives.

Convoi ferroviaire ukrainien acheminant des chars de combat vers la Crimée.

Dernière minute ! :

L'ambassade des USA à Kiev vient d'émettre un message d'alerte à l'intention de ses ressortissants étant sur le territoire ukrainien.

"L'ambassade des Etats Unis en Ukraine continue de suivre l'évolution de la situation en Crimée occupée et le long des frontières ukrainiennes où les conditions de sécurité peuvent changer avec peu ou sans préavis. ...

Et le communiqué d'expliquer ensuite les consignes de ce "niveau 4" d'alerte qui sont de ne pas aller vers la Crimée ou le Donbass et consulter en permanence les messageries des autorités étasuniennes etc.

Un message d'alerte qui ne laisse présager rien de bon quant à l'évolution des tensions politiques ainsi que de la situation militaire.

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Après le front politique, le front militaire c'est au tour du front diplomatique de rentrer en lice dans l'affrontement entre Kiev et Moscou:

Dans un suivisme pathétique de son maître étasunien qui, soufflant le chaud et le froid, promet une désescalade des tensions tout en signant à tour de bras de nouvelles sanctions économiques et l'expulsion de diplomates russes, Kiev, par la voix de son ministère des affaires étrangères a déclaré ce 17 avril qu'un diplomate de haut rang de l'ambassade de Russie à Kiev devrait quitter l'Ukraine dans les 72 heures. Cette expulsion intervient après qu'un diplomate ukrainien du consulat de Saint Pétersbourg ait été pris dans une affaire d'espionnage au profit du SBU ukrainien, tandis que Moscou, procède aussi à l'expulsio symétrique de diplomates étasuniens.


Sur le front du Donbass...

Aujourd'hui, 18 avril 2021, les tirs  ukrainiens ont repris dès le matin a frapper les territoires républicains, malgré la trêve dominicale généralement respectée en matinée: 

💥18 avril 21, 07h30: bombardement ukrainien au mortier du village de Sakhanka (Sud de la Rép. Pop. de Donetsk). 15 obus de 120 mm tirés,  

💥18 avril 21, 09h25: bombardement ukrainien du village de Staromikhaïlovka (Ouest Donetsk). 3 grenades autopropulsées AGS tirées. 

💥18 avril 21, 16h45bombardement ukrainien au mortier du village de Leninskoe (Sud de la Rép. Pop. de Donetsk) depuis Vodnoe. 15 grenades AGS tirées.



Avril 21, bombardement ukrainien d'une position républicaine
vidéo du drone appuyant les corrections de l'artillerie.

Et voici pour mémoire quelques uns des bombardements ukrainiens les plus significatifs réalisés le 17 avril, où après le secteur de Donetsk frappé le 16, par l'artillerie ukrainienne c'est au tour du front de Gorlovka d'avoir été la cible de la majorité des provocations de Kiev:


17 avril 21, Bombardement ukrainien au mortier de Zaitsevo 
(Nord Gorlovka) On entend distinctement la présence d'enfants 
sur ce secteur du front où vivent encore des milliers de familles

💥17 avril 21, 13h00: bombardement ukrainien au mortier du village de Trudosky (Sud Ouest Donetsk). 7 obus de 82 mm tirés,

💥17 avril 21, 16h50: bombardement ukrainien au mortier du village minier 6/7 (Nord Ouest Gorlovka) depuis Mayorsk. 23 obus de 120 mm tirés,

💥17 avril 21, 17h00: bombardement ukrainien au mortier du village de Jeleznaïa Balka (Ouest Gorlovka) depuis Novgorod. 4 obus de 82 mm tirés.

❗️ 17 avril 21, 17h20: Le bombardement ukrainien de la périphérie Nord Ouest de Gorlovka s'intensifie, bombardement du quartier de Gloubokoy et des explosions d'arrivées sont également entendues dans le secteur de Zaitsevo (Nord Gorlovka)

❗️ 17 avril 21, 17h30: Riposte de la défense de Gorlovka réagissent aux bombardements ukrainiens.

💥17 avril 21, 17h58: bombardement ukrainien au mortier de la périphérie Ouest de Gorlovka depuis Shumy. 3 obus de 120mm tirés,

💥 17 avril 21, 18h00: une puissante explosion a retentit à l'ouest de Gorlovka,
 
💥17 avril 21, 18h14:le bombardement ukrainien de la périphérie occidentale de Gorlovka est effectué à partir d'artillerie lourde à longue portée. L'intensité et la puissance sont élevées. L'alerte est donnée aux habitants de la périphérie des rester à l'abri.
 
💥 17 avril 21, 18h40: le bombardement ukrainien du village minier 6/7 (Nord Ouest Gorlovka) se poursuit avec utilisation de mortiers de 120 mm,

Aidées par les habitants, les forces républicaines creusent de nouvelles lignes de
défense à l'arrière du front pour prévenir une percée ukrainienne éventuelle 


Dans le Donbass, les populations des républiques de Donetsk et Lugansk se préparent à encaisser un assaut des forces ukrainiennes plus violent encore que celui de 2014 : vérifications et approvisionnement des abris, protection des bâtiments administratifs de commandement, consignes distribuées, plan d'évacuation réalisés...

Et du côté militaires, milices et forces de sécurité intérieures multiplient les exercices et les alertes de combat, creusent de nouvelles lignes de défense dans la profondeur et accueillent les premiers conscrit pour leur formation militaire.

Arrivée des premiers conscrits dans leur centre de formation

Du côté de l'Ukraine...

Un élément cartographique et qu'un enfant de 8 ans pourrait trouver seul, prouve que les cris d'orfraie de Zelensky et de ses parrains occidentaux dénonçant unanimement une menace d'agression militaire russe ne sont que billevesée et mensonges propagandistes russophobes: en effet comment expliquer sinon que l'armée ukrainienne qui craint aussi une attaque russe sur ses frontières russes et belarusses ainsi que ses côtes maritimes (où Moscou déplace aussi des unités) ne s'y déploie nullement dans un dispositif défensif ?

Au contraire, si on observe les concentrations militaires ukrainiennes sur une carte on constate qu'elles se déploient uniquement, et dans des dispositifs offensifs, sur la ligne de front d'un Donbass où désormais les déclarations politiques et militaires de Kiev admettent qu'ils n'y a pas d' "invasion russe" (rejoignant enfin celles de l'OSCE), ainsi que devant les frontières de la Crimée. La seule raison motivant ce choix est bien la volonté offensive exprimée par Kiev mais aussi l'OTAN de retourner ces 2 territoires à l'Ukraine.

Et les renforts ukrainiens continuent d'ailleurs de mener dans ces régions du Donbass et de Kherson des unités d'assaut blindées et d'artillerie :

18 avril 21, Ukraine, en gare de Zaporodje,
un important convoi ferroviaire militaire passe en direction de la Crimée
transportant des chars de combat T72, des véhicules bindés d'infanterie
BMP, des système d'armes anti aériennes "Strela 10" et ZSU 23-4 ainsi
que des véhicules de commandement, transmission, sanitaires et logistiques.

Et les jours précédents, par exemple:

15 avril 21, région de Kherson, 
Kiev a déployé des réserves de chars et d'artillerie pour 
des exercices où officiellement, "les forces ukrainiennes, 
dans des conditions proches du combat s'entrainent à repousser 
un simulacre d'ennemi" a déclaré le général Khomchak.

15 avril 21, Région de Kherson, Kherson
arrivée de convois ferroviaires ukrainiens pour les frontières de Crimée

Du côté de l'OTAN...

Après des forces spéciales spéciales étasuniennes repérées arrivant à Kiev le 9 avril dernier, pour la base ukrainienne d'Ochakov, des forces spéciales turques identifiées à Mariupol le 15 avril, c'est au tour des forces spéciales britanniques d'avoir été marquées par les services de renseignement républicains.

La Grande-Bretagne a envoyé une unité de forces spéciales en Ukraine en plus d'une unité des transmissions des forces britanniques déjà est présente et chargé d'assurer des missions de communication et de guerre électronique appuyée par un avion de reconnaissance spécialisé de la Royal Air Force, information également confirmée par le quotidien britannique "Mirror".

Tout comme pour leurs homologues de l'OTAN, étasuniens et turcs, les missions de ces forces spéciales britanniques ne sont pas encore connues, mais elles révèlent déjà une augmentation et une radicalisation de l'engagement de Londres qui déjà participe en Ukraine aux programmes de formation des forces armées ainsi qu'à des exercices interalliés de l'alliance atlantique où les troupes aéroportées étasuniennes et britanniques sont de plus en plus importantes.


Et toujours dans le ciel de la Mer Noire, de la Géorgie et de l'Ukraine, les vautours du renseignement de l'OTAN continuent leurs missions quotidiennes d'observation des territoires russes frontaliers ainsi que de la ligne de front du Donbass.

17 avril 21, parmi les missions d'observation menées dans la région par l'OTAN, 
un drone stratégique RQ 4 "Global Hawk" de l'US Air Force a effectué en matinée 
une nouvelle et longue mission de reconnaissance des territoires côtiers russes 
(Crimée, Krasnodar) et jusqu'à la région de Géorgie (Abkhazie et Ossétie) avant de 
revenir pour une collecte d'informations le long de la ligne de front du Donbass.

En fin d'après midi ce même "Global Hawk" continuait des allers retour de surveillance 
de la ligne de front du Donbass et des régions russes de Krasnodar et Rostov / Don. 


Du côté de la Russie...

Les forces armées russes continuent "à remuer le sabre" sur les frontières ukrainiennes pour dissuader Kiev de lancer une opération offensive sur le Donbass et/ou la Crimée, laquelle engagerait l'escalade militaire dans une dimension internationale imprévisible. 


Dans l'Est de la péninsule de Crimée, à environ 30 km de Marfovka,
des images satellites révèlent l'implantation réalisée depuis le 15 mars 
d'une grande base russe accueillant partie des renforts russes arrivant.

Les forces russes, en parallèle d'un déploiement conséquent de forces terrestres et maritimes (voir ci-après) déploient également des renforts dans le domaine du renseignement militaire aéroporté comme par exemple de déplacement d'un avion radar Iliouchine A-50 spécialisé dans détection électronique et de commandement aéroporté 

17 avril 21, 1 A 50 de la base aérienne d'Ivanovo via l'aérodrome de Chkalovsk est arrivé 
à l'aérodrome de Taganrog à proximité du front Sud du Donbass (secteur Novoazovsk)

Sinon des unités d'infanterie, blindées et d'artillerie continuent d'affluer sur les frontières avec l'Ukraine ou le Donbass, comme par exemple :

17 avril 21; région de Krasnodar, vers la Crimée
une colonne d'infanterie motorisée sur BTR 82 A

16 avril 21, région de Krasnodar, pour la Crimée,
arrivée nocturne de Lance Roquettes Multiples Tornado

Avril 21, région frontalière de Voronej,
des missiles stratégiques russes "Iskander" se déploient.

16 avril 21, Région de Rostov, vers le Donbass,
convoi ferroviaire russe d'une unité d'infanterie motorisée
équipée de BTR, MTLB et divers véhicules logistique et Cdt.

17 avril 21, région de Krasnodar, gare de Timoshevsk, 
convoi ferroviaire de blindés russes à destination de la Crimée.

Dans l'espace maritime, la Russie qui a bloqué le passage de Kertch a déployé dans la mer d'Azov 15 unités navales en provenance de la flotte de la mer Caspienne et adaptées pour les navigations en eaux peu profondes (ici moins de 20 mètres) et renforce également sa flotte de la Mer Noire de Sébastopol: 

La flotte russe a déployé en Mer d'Azov 15 unités navales, une flottille venant de la 
mer Caspienne et composée de bateaux d'artillerie et péniches de débarquement.

La flottille russe de la Mer Caspienne passant le détroit de Kerch



16 avril 21, détroit du Bosphore,
 les grandes péniches de débarquement russes, "Alexander Otrakovsky" et 
"Kondopoga", venant de la flotte du Nord sont entrées en Mer Noire. Elles sont
suivies par les grands péniches de débarquement "Kaliningrad" et "Korolev".

Aujourd'hui la flotte russe de la mer Noire dispose, en plus de ses navires de
combat, de 11 grands navires de débarquement et 8 bateaux de débarquement, 
pouvant débarquer de 4000 à 4500 personnes avec des véhicules blindés. 

Renforts de navires russes entrant en Mer Noire
En conclusion

La quasi majorité des analystes s'accordent à dire qu'un conflit entre la Russie et l'Ukraine parait inévitable...

Reste à savoir Quand, Où et Comment il éclatera !

Erwan Castel

samedi 17 avril 2021

Retour sur les bombardements du 16 avril

Dans le quartier d'Oktyabrsky, dans la banlieue Nord de Donetsk, je suis retourné dans le
sanctuaire d'Iversky, qui a subi ce 16 avril un nouveau bombardement ukrainien, profanant
une fois encore cette terre consacrée et la quiétude des morts.
(photo personnelle)


Le 16 avril 2021, sur fond d'une escalade militaire aigue, les forces armées ukrainiennes ont procédé à des bombardements importants sur 6 districts et villages faisant partie de la ceinture défensive de la ville de Donetsk. Au total 13 bombardements au cours desquels ont été tirées une centaine de munitions dont plus de 50 obus de mortiers et d'artillerie lourde.

Le soir même, alors que les médias occidentaux regardaient comme d'habitude ailleurs ou niaient la réalité (ce qui est loin d'être le cas lorsque un tir de riposte républicain est engagé déclenchant aussitôt un tollé d'indignations russophobes de cette "Bien pensance") des témoignages, vidéos et photos de ces bombardements ukrainiens apparaissaient sur les réseaux sociaux, publiés et partagés par des habitants vivant sur la ligne de front.

16 avril 21, secteur de Veseloe (Nord Donetsk)
bombardement ukrainien au mortier de 120mm

Ces bombardements ne sont pas plus une action militaire de l'artillerie ukrainienne préparant une offensive que les tirs d'un commandant d'unité isolé prenant dans son coin l'initiative de la terreur, mais bien le résultat d'une planification de provocations dans lesquelles vont être impliquées plusieurs unités ukrainiennes des 1er et 2ème échelon, positionnées autour de Donetsk, depuis Marinka au Sud Ouest jusqu'à Opitnoe au Nord, en passant par Krasnogorovka à l'Ouest.

Et pour comprendre quel est l'objectif de ce type de campagne de bombardements menée par Kiev il suffit de regarder l'actualité présidentielle ukrainienne qui se déroulait au même moment à Paris au cours d'une rencontre trilatérale entre le français Macron, l'allemande Merkel et le mendiant Zelensky, venu chercher soutien et réconfort après que le russe Poutine ait décidé de "remuer le sabre" devant les menaces d'offensive ukrainiennes dans le Donbass en envoyant plusieurs groupes blindés importants sur ses frontières avec l'Ukraine.

Un des impacts ayant frappé le sanctuaire religieux d'Iversky ce 16 avril 21.

Même si Kiev ne les a jamais respecté, le fantôme des accords de Minsk hante toujours les réunions et communiqués des diplomaties internationales se penchant avec inquiétude ou délectation sur ce conflit du Donbass vieux de 7 ans; aussi l'armée ukrainienne ne peut légitimer son offensive éventuelle qu'en la présentant politiquement sous la figure d'une riposte inévitable à une agression subie.

Afin de garantir l'absolution de ses parrains et financeurs occidentaux dans la réalisation de son "option militaire" dans le Donbass, Kiev a besoin de provoquer une riposte vive des forces républicaines qui sera présentée alors sur la scène du théâtre politico-médiatique de la marchandise comme l'action initiale déclenchant une offensive.

Pour ce faire, les proxys "ukrops" de l'OTAN réalisent des tirs de harcèlement sur le front, en essayant toutefois de ne pas commettre un massacre que même les médias occidentaux les plus serves se sauraient cacher, espérant en retour une riposte républicaine pour laquelle ont été invités nombre de reporters et journalistes des agences de presse russophobes comme par exemple Reuters, AFP et Euro-news repérés sur le front d'Avdeevka (d'où sont parties les provocations le 16).

Mais les forces de défense républicaines, qui ne sont point dupes de l'objectif politique de ces provocations ukrainiennes, pour le moment, "font le dos rond" ne ripostant même pas lorsque des civils sont tués par les tirs de Kiev. Tout au plus autorisent-elles des destructions de points de tir ennemis lorsque ces derniers sont à la portée des armes de 1er échelon (dans des calibres non prohibés par les accords de Minsk).

Face à ce stoïcisme des milices, les forces ukrainiennes se sont engagées dans un crescendo de leurs provocations :
  1. Provocations localisées sporadiques, puis répétées,
  2. Provocations sur l'ensemble d'un secteur,
  3. Augmentation de la fréquence et de l'intensité des tirs...
Et l'étape suivante est facile à imaginer: c'est celle du "false flag" et du mensonge, international, symptômes de cette perfidie occidentale coutumière depuis les premières croisades du Vatican jusqu'à la destruction de la Libye pour déguiser leurs guerres agressives en opérations défensives comme par exemple récemment: le paquebot Lusitania en 1915, les incidents du golfe du Tonkin en août 1964, les fausses déclarations concernant les armes de destructions massives irakiennes en 2003, ou le prétendu massacre programmé par Kadhafi à Benghazi en 2011. En Ukraine ce type de méthode a d'ailleurs déjà été utilisée notamment en février 2014 avec les victimes des "snipers du Maïdan" qui ont brisé l'accord politique entre le gouvernement et les manifestants et légitimé le coup d'Etat des nationalistes radicaux pro occidentaux.

Le traitement politico-médiatique des pertes ukrainiennes sur le front est un exemple déjà actif et régulier de cette inversion accusatoire pratiquée par Kiev et relayée par les occidentaux comme à l'occasion des tués récents de Shumy  tombés dans un de leurs propres champs de mines mais présentés comme les victimes d'une attaque républicaine.

Sur cette vidéo amateur des bombardements ukrainiens du 16 avril
une femme compte le temps de vol des obus entre la détonation de
départ et l'explosion d'arrivée, ce qui pour le calibre 122mm utilisé
ici (tir tendu de canon) situe les obusiers ukrainiens à une distance
allant de 9 à 15km de la ligne de front, soit du côté d'Avdeevka.

Ce 16 avril 2021, tandis que le trio russophobe Zelensky-Macron-Merkel, dans un concert russophobe où à corps et à cris ils réclamaient le retrait immédiat des forces armée russes de leurs territoires frontaliers avec l'Ukraine, les forces ukrainiennes ont tout fait pour provoquer une riposte vive républicaine qui aurait été servie en direct à ses hôtes par un Zelensky pleurnichant. Et pour énerver la défense de Donetsk ces "ukrops" n'ont pas hésité a frapper à nouveau le Monastère de St Iveron devenu depuis 2014 le symbole spirituel du martyr du Donbass.

A noter que les pièces d'artillerie responsables de la plupart de ces provocations étaient dans le secteur d'Avdeevka où elles espéraient ainsi attirer une riposte symétrique républicaine au moment même où des journalistes pro-occidentaux y sont concentrés, et dont les agences de presse participent à cette extravagante fable médiatique qui prétend que "les milices pro-russes menacent d'attaquer les forces de Kiev" affirmation d'autant plus inepte que le rapport des forces de 1/4 défavorable aux républiques vient de passer depuis les renforts ukrainiens à 1/8 ! (mais comme on dit, "plus le mensonge est gros, plus il passe").

Et cette stratégie perfide ukrainienne et qui ne connait aucune limite morale, risque donc de continuer et se radicaliser ces prochains jours entre terreur réelle et victimisation simulée...

Erwan Castel 

vendredi 16 avril 2021

Aggravation du front du Donbass


Le nouveau boss de la Maison Blanche semble plus que ces prédécesseurs être l'incarnation paroxysmique de cette schizophrénie occidentale qui dit tout et son contraire mais surtout agissant prioritairement à l'opposé de ses déclarations de bonnes intentions.

Ainsi Biden dans un cynisme sans limite a t-il déclaré aujourd'hui 16 avril 2021 lors de la conférence de presse de la Maison Blanche être "favorable pour une désescalade des tensions entre la Russie et les Etats Unis, et avancer de manière constructive sur la voie du dialogue" exprimant "sa confiance dans le fait que les peuples russe et américain aspirent à la paix."...

MAIS, quelques heures avant son discours paternaliste et même pacifiste, le vieux démocrate a signé un nouveau paquet de sanctions économiques contre la Russie et décidé d'expulser 10 diplomates russes en poste à l'ambassade de Russie aux USA (Moscou fera de même en retour) !

Quant à Zelensky, ce gouverneur de la colonie étasunienne Ukraine, qui continue sa tournée de mendiant auprès de ses partenaires de l'OTAN (le 10 avec Erdogan, le 16 avec Macron et Merkel) il a bien appris les leçons d'hypocrisie de ses mentors étasuniens déclarant aujourd'hui dans une autre conférence de presse que "l'Ukraine est toujours prête à revenir à une conversation diplomatique significative sur le Donbass"...

MAIS, dans le même moment, les soudards de ce clown ukrainien bombardaient à nouveau les banlieues Nord et Ouest de Donetsk avec de l'artillerie lourde ! (voir ci aprés)

Un homme se juge à ses actes et non à ses discours, surtout s'ils animent la comédie politico-médiatiques et spectaculaire du théâtre de la marchandise où les pires crapules enfilent les masques de la démocraties et des "droits de l'homme" que pour mieux imposer la dictature d'une pensée unique criminelle à des populations conditionnées, consuméristes et prostrées. 

(Des mises à jour seront réalisées en cours de soirée si nécessaire)

Sur le front du Donbass

Aujourd'hui, les périphéries de Donetsk ont connu une brusque augmentation des bombardements ukrainiens qui ont utilisé tout au long de la journée des obusiers de 122mm, des mortiers lourds de 120mm, des mortiers de 82mm ainsi que des roquettes et missiles antichars.

A 20h00, le nombre d'obus tirés depuis le matin sur les villages
et districts de la périphérie de Donetsk s'élevait à 47
(5 de 122mm, 35 de 120mm, 4 de 82mm) 
et les bombardements continuent !

💥 16 avril 21, 05h50 : bombardement ukrainien du village Aleksandrovka (Sud Donetsk) depuis Marinka, 2 roquettes anti char RPG 7 et 30 obus de véhicule de combat d'infanterie BMP 2 tirés.

💥16 avril 21, 08h35 : bombardement ukrainien au mortier du quartier Volvo Center (Nord Donetsk) depuis Peski. 2 obus de 120 mm tirés. 

💥16 avril 21, 08h40 : bombardement ukrainien à l'artillerie lourde de Staromikhaïlovka (Ouest Donetsk) depuis Krasnogorovka. 5 obus de 122 mm tirés.

💥 16 avril 21, 09h00 : une puissante explosion retentit dans le secteur de Yasinovataya, (Au Nord de Donetsk) avec une onde de choc importante.

💥16 avril 21, 09h42 : bombardement ukrainien au mortier de Staromikhaïlovka depuis Krasnogorovka. 5 obus de 120 mm tirés.

💥16 avril 21, 10h25 : bombardement ukrainien du village de Veseloe à Oktyabrsky (Nord Donetsk). plusieurs grenades autopropulsées AGS ainsi que des tirs d'armes légères.

💥16 avril 21, 10h 35 : bombardement ukrainien du village de Zolotoe 5 (front de Lugansk) depuis Zolotoe 4. 1 roquette RPG 7 et 1 grenade autopropulsée tirées, ainsi que de violents échanges de tirs d'infanterie 

❗ 16 avril 21, un soldat de la République Populaire de Lugansk , le sergent Alex Kariagin a été tué aujourd'hui par un sniper ukrainien dans le secteur de Zolotoe 5.

💥16 avril 21, 09h42 : bombardement ukrainien de Kruta Balka ( front de Yasinovataya, au Nord de Donetsk) depuis Kamenka. 2 obus de 82mm tirés.

💥16 avril 21, 13h50 : bombardement ukrainien du village. de Kalinovo (front Sud, secteur de Novoazovsk) depuis Novozvanovka. 2 obus de SPG 9 tirés.

💥 16 avril 21, 15h40 : bombardement ukrainien du village Aleksandrovka (Sud Donetsk) depuis Marinka, 5 roquettes anti char RPG 7 tirées ainsi que des armes légères.

💥16 avril 21,18h15 : bombardement ukrainien au mortier de l'aéroport de Donetsk à Oktyabrsky (Nord Donetsk). 2 obus de mortier de 120 mm.

💥16 avril 21, 18h25 bombardement ukrainien au mortier du village de Veseloe à Oktyabrsky (Nord Donetsk) depuis Opitnoe. 4 obus de 82mm tirés. 

💥16 avril 21, 18h30 :bombardement ukrainien du village de Zhabunki à Oktyabrsky (Nord Donetsk) depuis Opitnoe. 2 missiles antichars tirés.

💥16 avril 21, 18h42 : bombardement ukrainien au mortier du village de Veseloe à Oktyabrsky (Nord Donetsk) depuis Opitnoe. 20 obus de 120mm tirés.

 ❗ Le monastère d'Iversky situé entre l'aéroport et Veseloe a été bombardé par l'artillerie ukrainienne, plusieurs tirs ont touché le sanctuaire. 

Le monastère d' Iveron est un des plus haut symboles du martyr du Donbass, plusieurs fois bombardé en 2014 et 2015 il dresse toujours son squelette au milieu
des ruines d'Oktyabrsky (voir quelques articles sur ce lieu crucifié par la guerre: ici)

💥16 avril 21, 19h10 : bombardement ukrainien au mortier du village de Veseloe à Oktyabrsky (Nord Donetsk) depuis Opitnoe. 4 obus de 120mm tirés.

💥16 avril 21, 19h55 : bombardement ukrainien au mortier du village de Veseloe à Oktyabrsky (Nord Donetsk) depuis Opitnoe. 3 obus de 120mm tirés.

En plus de ces accrochages et provocations, l'armée ukrainiennes procède à des mouvements importants de blindés sur la première ligne du front, dont certains sont entendus depuis les avants postes ukrainiens, comme par exemple à Avdeevka où environ 12 chars et 15 véhicules de combat d'infanterie BMP 1 et BMP 2 sont arrivés pendant la nuit du 14 au 15 avril.

C'est à travers cette réalité quotidienne qu'il faut jauger et juger les princes ou plutôt aujourd'hui les banquiers qui gouvernent le Monde et non à travers leurs chargés de communication qu'ils soient ministériels ou présidentiels qui cherchent avec leurs chiens de garde médiatiques à cacher leurs crimes aux yeux de leurs esclaves...

Erwan Castel

Mises à jour : 

💥16 avril 21, 21h34 : nouveau bombardement ukrainien sur le secteur de l'aéroport (Nord Donetsk) ainsi que des échanges de tirs aux armes d'infanterie.  

💥16 avril 21, soirée:  également, bombardements ukrainiens au Nord-ouest de Gorlovka, notamment dans les secteurs de Bessarabka, Izotovo, Khimik, Rtutni, Michurino, mine 6/7...

 

L'église du monastère d'Iversky en 2015. Elle commençait a être restaurée
depuis 2 ans permettant aux offices religieux de s'y dérouler à nouveau.

Le jeu fourbe de l'ottoman Erdogan

Le président turc Erdogan tente depuis plusieurs années de restaurer une zone néo-ottomane sur un grand échiquier géopolitique agité. Cherchant à "tirer les marrons du feu" d'un chaos grandissant on a pu voir ainsi la Turquie intervenir et s'imposer dans le Nord de la Syrie, en Libye ou plus récemment en Azerbaïdjan dans la guerre menée dans le Haut Karabagh. Située au carrefour de plusieurs "imperiums" (Russie, Occident, Iran, Levant) par lequel passe de nombreuses routes commerciales internationales, la Turquie entretient des alliances multiples avec des "partenaires" qui aujourd'hui s'affrontent gravement. 

La tectonique pontique qui s'est réveillée depuis 2014 autour des enjeux géostratégiques de la Mer Noire révèle ici la stratégie de plus en plus trouble et perverse de la Turquie qui, au lieu de jouer la neutralité et même la médiation, se laisse entrainer par la mégalomanie d'un néo-sultan obsédé par l'impérialisme ottoman, opérant une radicalisation de son soutien au régime de Kiev, laquelle est certainement négociée avec l'OTAN dont elle est membre. 

Lors d'une récente rencontre avec son homologue ukrainien Zelensky, le président turc Erdogan a déclaré ce 10 avril :

« Notre principal objectif est d’assurer que la mer Noire puisse demeurer une mer de paix et de coopération. Nous ne voulons pas une hausse de tensions dans notre région commune. (...) Nous pensons que la crise actuelle doit être réglée par des moyens pacifiques, sur la base du droit international et du respect de l’intégrité territoriale de l’Ukraine »

"Pas de hausse de tensions... des moyens pacifiques"... Or, depuis plusieurs semaines, ce que nous observons c'est un partenariat économique entre Kiev et Ankara qui ressemble de plus en plus à une alliance militaire et qui risque de faire rapidement dégénérer les relations entre la Turquie et la Russie. 

Quelques exemples de cette radicalisation du soutien turc au régime de Kiev depuis le Donbass jusqu'au Bosphore :

Des combattant turcs repérés sur le front du Donbass


En premier cette information très récente et très importante faisant état d'une présence de combattants turcs à Mariupol (de l'effectif d'une compagnie, entre 100 et 150 hommes), place forte Sud de la ligne de front ukrainienne du Donbass  et qui contredit magistralement dans les actes les déclarations pacifiques du sultan ou les récentes promesses de neutralité dans le conflit du Donbass faites par son Ministre des Affaires étrangères :

Le 15 avril des habitants de Mariupol (où de nombreux personnels anglophones sont déjà repérés au sein du dispositif militaire ukrainien) ont signalé l'arrivée d'une compagnie de combattants turcs dans la ville, avec des équipements individuels modernes habituellement en dotation dans les forces spéciales.

Qui sont- ils ? 

Trop nombreux pour être des conseillers militaires, trop équipés pour être des équipages de drones, ces combattants turcs qui appartiennent à une unité régulière ou une société militaire privée turque, ne sont pas venus faire du tourisme dans la Donbass. 

Pour quelle missions ?

Ces combattants turcs sont destinés probablement:
  • soit à des opérations spéciales sur le front (renseignement, sabotage, provocations, opérations sous faux drapeau),
  • soit pour encadrer des mercenaires djihadistes pro-turcs de Syrie et qui ont déjà été engagés dans le Haut Karabagh contre les arméniens à l'automne 2020.
Cette information est à suivre avec acuité tant comme indicateur militaire de ce secteur du front que comme indicateur politique de l'engagement russophobe turc.

Le drone d'attaque Bayraktar TB2...

La Turquie produit le "Bayraktar TB2", un drone d'attaque très performant et relativement peu coûteux, et dont l'efficacité a été démontrée lors de l'offensive azérie contre la république de l'Artsakh dans le Haut Karabagh à l'automne 2020 où seulement 12 appareils turcs engagés ont joué un rôle décisif dans la victoire de Bakou, réalisant au passage leur plus belle opération commerciale. (fiche technique du TB2: ici)

Or Ankara et Kiev ont signé un contrat d'armement fin 2018 pour équiper l'armée ukrainienne avec ce drone d'attaque dans une programmation de livraison, de formation des pilotes et techniciens (achevé depuis 2020) et de ravitaillement logistique des pièces détachées et missiles.  

Kiev dispose donc depuis 2020 de 4 unités opérationnelles de Bayraktar TB2 (1 station et 3 drones par unité) et Ankara a livré récemment 200 autres missiles à Kiev et peut-être un deuxième lot de drones (pour les drones, à confirmer). Au final, le parc aérien ukrainien devrait comporter une cinquantaine de drones turcs.

Et très récemment les "Bayraktar TB2" viennent de faire leur apparition dans le ciel du Donbass pour des vols de reconnaissance sur le front, préparant des éventuelles futures missions de combat.


La Crimée...


Il ne faut pas oublier que la péninsule de Crimée déjà convoitée par la Grèce antique et Byzance a toujours fait partie des ambitions impériales des ottomans qui vont d'ailleurs la dominer de la fin du XVe siècle jusqu'à la fin du XVIIIe siècle pour y développé notamment le commerce de l'esclavage des populations slaves de la région, et la Turquie y a conservé par la suite des relations étroites principalement via la communauté tatare musulmane qui y est restée.

Aussi, lorsqu'en mars 2014, la population de Crimée (dont la grande majorité de la communauté tatare) se prononce par référendum pour le retour de la péninsule au sein de la Russie (qu'elle avait quitté pour l'Ukraine que depuis 1954, sur l'arbitraire de Kroutchev), la Turquie dans un alignement servile et logique refuse de reconnaitre son rattachement russe.

San surprise, compte tenu de son rêve ottoman et de la réalité de l'appartenance turque à l'OTAN, Erdogan a renouvelé son soutien inconditionnel à Kiev au sujet de la Crimée ce 10 avril dernier lors d'une visite du président ukrainien Zelensky à Ankara. Le néo-sultan a non seulement confirmé qu'il ne reconnaitrait jamais la réunification de la Crimée, mais qu'il défendrait la volonté ukrainienne de reprendre la péninsule à la Russie. 

Par ailleurs Erdogan, dont on connait ses affinités avec les mouvances radicales musulmanes, a déclaré apporter son soutien aux tatars de Crimée pro-ukrainiens qui sont en fait la minorité de la minorité tatare dont les plus radicaux ont rejoint l'Ukraine en 2014 et qui sont affiliés au groupe terroriste islamiste Hizb ut-Tahrir.

Cette vision partielle et partiale du président Erdogan  de la communauté tatare de Crimée à été fustigée par la majorité des tatars restés en Crimée et qui soutiennent le retour de la péninsule en Russie.

La Mer Noire...

La Mer Noire est un enjeu majeur pour l'économie d'exportation (réseau des voies fluviales et maritimes) et la stratégie de défense russes (rayon d'action des armements stratégiques et de guerre électronique) avec la Crimée comme clef de voûte vitale. Aussi, depuis le XIXème siècles les puissances occidentales, turques et russes tentent de prendre, développer ou garder le contrôle de cette mer pontique écartelée par leurs zones d'influence et, de la guerre de Crimée britto-franco-sardo-turque contre la Russie (1854) à l'intégration référendaire de la péninsule en Russie (2014) en passant par l'intégration dans l'OTAN de la Turquie (1952) la les enjeux ou menaces de cette dimension stratégique de la Mer Noire ont sans conteste influencés les décisions politiques internationales.

Conscientes de la nécessité, pour la paix dans le Monde, de stabiliser cette région sensible, les nations ont signé en 1936 un accord international réglementant les circulations maritimes, civiles et militaires dans les détroits du Bosphore et des Dardanelles. 

Or cet accord appelé "Convention de Montreux" qui entre autres limite la durée et le tonnage cumulé des navires de guerre étrangers en Mer Noire est aujourd'hui menacé par la Turquie. Erdogan a en effet lancé le projet du "Canal d'Istanbul" (une jonction de 45km entre la Mer Noire et la mer de Marmara méditerranéenne), officiellement pour désengorger le Bosphore mais qui selon certains opposants (y compris nombre d'amiraux turcs) permettrait de contourner les contraintes de Montreux qui s'appliquent aux détroits naturels.

De là à voir dans ce "canal d'Istanbul" une porte ouverte aux flottes militaires de l'OTAN, il n'y a qu'un petit pas que le contexte actuel permet de faire aisément...

C'est également le point de vue du général de division Yuri Vladimirov qui juge que ce contournement du Bodphore et par conséquent de la convention de Montreux "conduira à la transformation de la mer Noire en une zone avec présence importante et permanente de la marine américaine ce qui modifiera l'équilibre des pouvoirs dans la région et conduira par conséquent à une grande guerre".


En conclusion :

Avec toutes les actions bellicistes turques observées sur ce volcan pontique qui menace d'exploser dans le Donbass, il faudra que le sultan Erdogan explique ce qu'il entend par une "mer Noire pacifique" pour laquelle il prétend œuvrer. 

Personnellement je ne suis pas sûr que défier la Russie soit le meilleur chemin pour restaurer un impérium turc, que ce soit au Levant (tensions en Syrie) dans le Caucase (soutien aux azéris) ou encore moins dans le Pontus en soutenant l'effort de guerre de Kiev.

Et Moscou, par le voix de Sergeï Lavrov, son Ministre des affaires étrangères, de préciser à l'adresse du néo-sultan au sujet de l'Ukraine :

«Je dirai immédiatement et recommandons fortement à tous les pays responsables avec lesquels nous communiquons, et la Turquie est l'un d'entre eux, d'analyser la situation, les éternelles déclarations militantes du régime de Kiev et de les mettre en garde contre le fait d'alimenter ses sentiments militaristes.".

Et au lendemain de la rencontre entre Erdogan et Zelensky, la Russie sans vouloir envenimer les relations d'annoncer une diminution drastique de ses vols en direction de la Turquie.... pour cause du Coronavirus qui ici aussi à bon dos mais pas pour les même raisons ! 

A suivre...

Erwan Castel