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dimanche 28 juin 2020

Résistance - Résilience -Rébellion

Publié sur FB le 28 juin 2020

Un clip vidéo, toujours d'actualité, qui résume le combat que mènent depuis 6 années les populations du Donbass, assiégées et bombardées par les forces armées ukrainiennes aux ordres de l'OTAN.

Erwan Castel



lundi 22 juin 2020

Il y a 79 ans: "en route !"


Le 22 juin 1941, le IIIème Reich lançait contre l'URSS une offensive qui allait lui être fatale 4 années plus tard. Alors qu'en Occident les populaces souillent leur Histoire dans des polémiques politiciennes et sociétales aussi stupides que stériles, dans la Grande Russie, les mémoires familiales portent à travers le souvenir de leurs sacrifices personnels dans cet immense combat pour leur Liberté. Et la mémoire nationale ici n'est pas dirigée par une communication étatique descendante mais bien la réalité ascendante de tous les peuples de la Russie unis autour d'une destinée commune scellée par le sang de 26 millions de soviétiques.

"La guerre sacrée"

Cette année, dans le chambardement calendaire provoqué par la crise sanitaire du Coronavirus, les commémorations du 75ème anniversaire de la Victoire sur le nazisme reportées du 9 mai au 24 juin, coexistent avec le souvenir de cette agression allemande contre la Russie, qui marque l'entrée en guerre de l'URSS contre le IIIème Reich.

Ainsi cette journée du 22 juin a été marquée par les cérémonies traditionnelles réalisées sur "Saur Moghila", cette colline au Sud de la République Populaire de Donetsk où souffle les vents de l'Histoire, celui de 1943 lorsque des milliers de soldats de l'armée rouge tombèrent dans l'assaut de ce verrou stratégique tenu par les allemands et celui de 2014 où des milices républicaines combattirent jusqu'à la mort pour garder fermé les "chaudrons" où bouillaient les corps blindés ukrainiens emportés par leur haine...

"Le jour du Souvenir et du chagrin", 
Exactement à 4 heures du matin un rassemblement a eu lieu 
sur Saur-Moghila à l'heure précise où 79 ans plus tôt les 
premiers bombardiers allemands déchiraient l'azur d'été.

Pour continuer en vidéo à évoquer ce maelstrom qui plongea l'Europe dans une des plus grandes boucheries de son Histoire, je republie ici cette magnifique animation au sable réalisé par Kseniya Simonova, une talentueuse jeune femme de Crimée, et qui fut présentée à Kiev en 2009, sous les applaudissements et les larmes du public, avant que le vent de folie du Maïdan (2013-2014) ne baillonne d'une fièvre russophobe délirante les mémoires ukrainiennes et leurs identités soviétiques.


Je pense que l'Histoire appartient aux peuples qui l'écrivent de leur sang et non à la raison des idéologies politiques, qui cherchent tantôt à l'exploiter tantôt à l'insulter...

Erwan Castel

Désolé, mais je suis accroc des chœurs de l'Armée rouge !:

"En route !"

mardi 25 février 2020

Un pays qui n'existe plus...ou presque !



En rapportant dans mon dernier article "le défilé pour un vétéran" qui s'est déroulé hier à Donetsk m'est revenue en mémoire les paroles du "Vieux soldat" de Jean Pax Mefret...

Mais cela c'était hier et avant hier car aujourd'hui en France, les vétérans meurent prématurément dans la mémoire de l'immense majorité des citoyens amnésiques. 

La preuve ? la population française laisse aujourd'hui ses libertés, pour lesquelles les anciens ont tout sacrifiés jusqu'à leurs vies, être détruites. Et ce ne sont ni les manifestations pacifiques dans les rues ou les indignations violentes sur les réseaux sociaux qui vont donner quelque chose, pas même une bonne conscience à leurs acteurs lorsque bientôt il sera trop tard...

Les peuples de Russie quant a eux, n'ont jamais oublier leur passé, leurs traditions et libertés et aussi leurs devoirs...

Erwan Castel

jeudi 2 janvier 2020

Chant de l'âme

372


D'aussi loin que je remonte vers mes souvenirs d'enfant breton, je me souviens être depuis toujours attiré irrésistiblement et intuitivement par les chants traditionnels, ceux de mon peuple de Basse Bretagne mais plus tard aussi par ceux des autres pays celtes, européens puis ultramarins que je découvre amoureusement au fil de mes pérégrinations terrestres....

Mon premier coup de coeur de cette nouvelle année 2020, je le dois à Alexandre Artamanov, journaliste à Moscou et qui a partagé sur son réseau social cette émouvante chanson Adyguéenne issue du répertoire traditionnel du Nord Caucase, cette région située au Sud de la Fédération de Russie.


Jeudi 2 janvier 2020

Il n'est pas nécessaire de comprendre les paroles de ces chants de l'âme pour être envoûté et plonger au coeur de traditions qui même en étant étrangères à notre culture native résonnent harmonieusement dans nos coeurs tant par leurs rythmes, les timbres des voix, la joie qui rayonne des regards où cette Tradition millénaire qui transpire de la communion réalisée autour de ces danses et chants que les peuples - ayant su conserver leur dignité - se transmettent de génération en génération dans leur grande marche vers l'avenir...

Cette chanson du répertoire traditionnel karbadien est chantée ici en mémoire 
des abkazes et ossètes tombés au combat pendant les guerres de Géorgie



Le Nord Caucase est une région complexe, tant au niveau de sa géographie physique à la fois littorale et montagneuse, de sa diversité humaine (la plus grande densité linguistique mondiale avec une trentaine de langues et plus de 60 dialectes pour 200 000 km2), que de sa position historique, à la croisée des empires qui se le sont disputés à travers les âges.

Mais tous ces peuples du Caucase ont su garder une unité de destinée dans leur diversité culturelle comme comme par exemple les langues qui appartiennent aux familles indo-européenne, turco-mongole et sémitique ou les différentes religions qui les caractérisent (juive, chrétienne orthodoxe ou monophysite, musulmane sunnite ou chiite et bouddhiste). Ils ont en commun des traditions partagées qui ont survécu aux invasions de l'Histoire et les chants et les danses en font partie.

A notre époque un nouvel échiquier géopolitique est venu se greffer sur l'échiquier géographique avec un Nord Caucase appartenant à la Russie et un Sud Caucase où s'opère l'hégémonie atlantiste d'un Occident cherchant à encercler et étouffer la Russie principalement sur ses routes économiques terrestres et maritimes. Et tout comme le peuple du Donbass aujourd'hui les peuples du Caucase ont été une fois encore précipités dans cette nouvelle fracture.comme en témoignent les guerres récentes en Géorgie par exemple. 

Dans le Donbass des volontaires sont venus dès 2014 de leurs montagnes caucasiennes pour résister ici aussi contre la poussée militaire occidentale, Depuis 5 ans que je suis ici, j'ai rencontré des volontaires pro-russes abkazes, ossètes, azeris, ingouches, géorgiens, tcherkesses etc... notamment au sein la Brigade internationale Piatnashka à laquelle j'appartiens et dont 2 commandeurs furent "Abkaz" et "Mamaï" respectivement originaires d'Abkhazie et d'Ossétie ces 2 région transcaucasiennes qui ont résisté à l'agression russophobe géorgienne et constituent depuis en 2 républiques indépendantes.

Malgré des conflits anciens les ayant opposé à la Russie, les peuples du Caucase dans leur majorité participent aujourd'hui à la défense de cette dernière contre l'agression occidentale, car ils se sentent identitairement attachés au bloc eurasiatique et à cette Fédération de Russie laquelle aujourd'hui les protège en soutenant leurs républiques indépendantes et en protégeant en Russie leurs identités particulières par des républiques et districts autonomes (comme par exemple la république d'Adyguée  qui est une enclave du krai de Krasnodar).


Drapeau de République d'Adyguée en Russie
Aujourd'hui au milieu de l'écrasement, par les sociétés du spectacle de la marchandise, des traditions protégeant les valeurs civilisationnellespour , les peuples protégés par leurs montagnes, leurs îles ou péninsules sont devenus des remparts pour la liberté et la dignité des peuples. Et ceux du Caucase nous donnent un exemple éclatant d'union dans la diversité et d'une marche vers l'avenir dans le respect des traditions ancestrales. 

Mariage Tcherkess en janvier 2018

Ces peuples de Russie protégeant farouchement autant leurs traditions respectives que leur destinée commune sont l'incarnation de la fusion entre l'éthique et l'esthétique ces valeurs qui sont depuis des millénaires les 2 piliers majeurs de la civilisation indo-européenne dont nombre d'historiens placent le berceau justement dans cette région pontique au Sud de l'actuelle Russie !


Erwan Castel





 Адыгэ нысэ унэ идошэ


Адыгэ пшынэм щlыгур къыпэджэмэ, уоирэ, уорирэ, уойра,
Бжэlупэ джэгум къуажэр зэхишэмэ,
Хъуэхъубжьэ усэр псэм зэхидзыжымэ,
Адыгэ нысэ унэ идошэрэ, уоирэ, уорирэ, уойра.

Ей жи, адыгэ лъахэ,
Ей жи, ди хабзэ дахэ,
Дарий lэщхьэху, къамэ lэпщэху,
Нэ фlыцlэ нэху, джэгу умыпсэху,
Адыгэ нысэ унэ идошэрэ, уоирэ, уорирэ, уойра.

Хьэзыр lупэхуу ди щауэ уардэхэм, уоирэ, уорирэ, уойра,
Ди лъэпкъ гурыщlэр я уэредадэмэ,
Дыгъэр зэхъуапсэр я дыщэидэмэ,
Адыгэ нысэ унэ идошэрэ, уоирэ, уорирэ, уойра.

Ей жи, адыгэ лъахэ,
Ей жи, ди хабзэ дахэ,
Дарий lэщхьэху, къамэ lэпщэху,
Нэ фlыцlэ нэху, джэгу умыпсэху,
Адыгэ нысэ унэ идошэрэ, уоирэ, уорирэ, уойра.

Гъатхэм и дахэр уэрам къыдихьэмэ, уоирэ, уорирэ, уойра,
Бжьыхьэм и бэвыр жьэгум къыдилъхьэмэ,
Къалъхуа мазэщlэр и нэмыс щыпкъэмэ,
Адыгэ нысэ унэ идошэрэ, уоирэ, уорирэ, уойра.


Ей жи, адыгэ лъахэ,
Ей жи, ди хабзэ дахэ,
Дарий lэщхьэху, къамэ lэпщэху,
Нэ фlыцlэ нэху, джэгу умыпсэху,
Адыгэ нысэ унэ идошэрэ, уоирэ, уорирэ, уойра.

И фоужь матэр дадэ икъутэмэ, уоирэ, уорирэ, уойра,
Пшэплъыфэ lупэм хуахьыр фоущхьэмэ,
Фlыгъуэ къепхъыхыр уэшхыу къыттешхэмэ,
Адыгэ нысэ унэ идошэрэ, уоирэ, уорирэ, уойра.

Ей жи, адыгэ лъахэ,
Ей жи, ди хабзэ дахэ,
Дарий lэщхьэху, къамэ lэпщэху,
Нэ фlыцlэ нэху, джэгу умыпсэху,
Адыгэ нысэ унэ идошэрэ, уоирэ, уорирэ, уойра.


vendredi 19 juillet 2019

Ne plus reculer d'un seul pas !

"Une seule patrie unie pour tous - Russie"
Alexandre Zakharchenko (1976-2018)
Aujourd'hui j'ai trouvé sur le réseau social VKontakte (que je vous invite à rejoindre pour s'émanciper de la censure psychotique d'un Facebook collabo) un clip magnifique dans la chanson et son illustration et qui symbolise avec émotion ce Donbass en rebellion contre l'hégémonie mondialiste. Les images nous emmènent rapidement du centre de cette magnifique ville de Donetsk jusqu'à son quartier martyr d'Oktyabrsky qui enchasse l'aéroport international, tous les deux ruinés par plus de 5 années de bombardements ukrainiens ininterrompus.


Et aujourd'hui, 18 juillet 2019, le quartier d'Oktyabrsky a été une nouvelle fois frappé au coeur par cette haine criminelle qui l'assiège depuis près de 2000 jours et 2000 nuits, avec Elena Orlova, une femme de 68 ans tuée par les obus des mortiers ukrainiens et qui écrit de son sang avec les soldats qui continuent de tomber quotidiennement pour sa défense, une nouvelle page de l'histoire tragique et héroïque du Donbass.

Pendant ce temps et comme partout ailleurs, les politiciens s'affrontent dans des combats physiquement moins dangereux mais moralement mortels, et où il n'y a pas d'innocent, cherchant les uns par la ruse, les autres par la perfidie, et beaucoup par l'hypocrisie à en finir avec cette guerre où Donbass rime avec impasse. Lorsque je suis allé dans le jardin aux statues de Donetsk observer le rassemblement organisée autour de la très critiquée campagne "Le choix du Donbass" je n'avais pas encore d'opinion arrétée, écoutant les uns et les autres dans leurs vérités.

Aujourd'hui je voudrais que le prochain rassemblement du mouvement "le choix du Donbass" affiche aussi le compteur des victimes des bombardements ukrainiens et des soldats morts en défendant justement la liberté pour cette population russe de choisir sa destinée. je voudrais aussi qu'il cesse de parler de ce "statut spécial" qui est incompatible avec notre liberté gagnée par 5 années de souffrance. 


"Notre choix - Russie", la population du Donbass, à l'occasion de la campagne "Le choix de Donbass", que ce soit ses sympathisants ou ses détracteurs reste fidèle à la destinée qu'elle s'est choisie en 2014 face aux canons ukrainiens. 
Photo Svetlana Kissileva.

Car le choix du Donbass est là, depuis les paisibles jardins fleuris de Dontesk, remplis de chants d'oiseaux et rires d'enfants jusqu'aux quartiers et tranchées de sa ligne de front criblées de balles et d'éclats d'obus, et il s'exprime depuis 5 ans, non pas avec de l'encre ou un clavier, mais avec des chants et des prières, du sang et des larmes indélébiles.


L'intégration à la Fédératin de Russie ou dans un premier temps son indépendance reconnue dans sa sphère d'influence, il n'y a pas d'autre alternative pour le Donbass libre et ses territoires à libérer ! 


Le choix du Donbass est une réalité humaine et ne peut en aucun cas être l'objet d'une manipulation politique quelle que soit son intention finale !

Voilà pourquoi aujoud'hui, si j'accorde toujours ma confiance à la politique menée dans les républiques populaires de Donetsk et Lugansk (même si je ne suis pas toujours d'accord avec les méthodes employées), je reste cependant attentif et surtout à l'écoute du peuple, de ces femmes et ces hommes de la rue, civils et militaires dont j'ai l'honneur de faire partie et qui vivent quodiennement dans leur chair et leur âme cette guerre. 

Ils sont les vrais gardiens du Donbass, de ses espoirs et de ses peurs vécues.

Et si un gouvernement a le devoir de porter à leur réalisation les aspirations de son peupe, ce dernier a la droit de le les lui rappeler si ils estime que les objectifs sont déformés ou que le pouvoir fait une sortie de route !

Mais me direz vous, le devoir du soldat n'est-il pas d'obéir et de se taire ? Certes mais il ne faut pas oublier que son droit est également de s'assurer que les sacrifices consentis par le peuple, dont il est par essence le bouclier, ne soient pas trahis où se perdent dans les circonvolutions byzantines de discours politiciens calculateurs.

Devant le panneau des votes pour la campagne "Le choix du Donbass", la population par dessus les discours labyrinthiques des politiciens, ne manque pas une occasion de confirmer la volonté exprimée depuis 2014.
Photo Kristina Melnikova.

Et je concluerai par ce très beau texte, écrit par Roger Frey, pour le livre "Les centurions" de Jean Lartéguy et qui imagine une "lettre rapportée par l’écrivain latin Suétone, mort en l’an 160. Elle aurait été écrite voici plus de 18 siècles par le centurion Marcus Flavinius à l’un de ses cousins de Rome, Tertullus, alors qu’il servait à la 2e cohorte de la légion Augusta, au camp de Nambèse, en Numidie, c’est-à-dire dans l’actuel Constantinois".

On peut sans aucune difficulté, en lisant se texte épique, penser au Donbass et à tous ces volontaires venus des quatre horizons pour y aider sa population à défendre son identité et ses traditions russes.


 "Que l’on prenne garde à la colère des légions"


“On nous avait dit, lorsque nous avons quitté le sol natal, que nous allions défendre les droits sacrés que nous confèrent là-bas tant d’années de présence, tant de bienfaits apportés à des populations qui ont besoin de notre civilisation et de notre aide.

Nous avons pu vérifier que tout cela était vrai, et parce que c’était vrai, nous n’avons pas hésité à verser l’impôt du sang, à sacrifier notre jeunesse, nos espoirs.

Nous ne regrettons rien. Mais alors qu’ici cet état d’esprit nous anime, on me dit que dans la ville se succèdent cabales et complots, que fleurit la trahison, et que beaucoup, hésitants, troublés, prêtent des oreilles complaisantes aux pires tentations de l’abandon, et vilipendent notre action.

Je ne puis croire que tout cela soit vrai, et pourtant des guerres récentes ont montré à quel point pouvait être pernicieux un tel état d’âme, et où il pouvait mener.

Je t’en prie, rassure-moi au plus vite, et dis-moi que nos concitoyens nous comprennent, nous soutiennent, nous protègent, comme nous protégeons nous-mêmes la grandeur de l’Empire.

S’il devait en être autrement, si nous devions laisser en vain nos os blanchis sur les pistes du désert… alors que l’on prenne garde à la colère des légions !”.

Volontaire dans le Donbass, peinture de Alexei Kryukov
Aujourd'hui, si son contexte géopolitique est je le reconnais d'une complexité explosive, l'avenir du Donbass est  là: avec une victoire et une Russie à portée de nos mains, et c'est pour cela qu'il nous faut ne pas réaliser un seul compromis qui soit dans les actes une compromission et ne plus reculer d'un seul pas, tant sur le plan éthique, militaire que politique, car comme me le rappelait justement hier une amie en citant Winston Churchill :


"Vous avez eu à choisir entre la guerre et le déshonneur; 
vous avez choisi le déshonneur, vous aurez la guerre."

Erwan Castel



La chanson originale de Boris Grebenshchikov 


Подмога

Жаль, подмога не пришла, подкрепленье не прислали.
Нас осталось только два, нас с тобою наебали.
Все братушки полегли и с патронами напряжно,
Но мы держим рубежи, мы сражаемся отважно!

Пушка сдохла - все, пиздец, больше нечем отбиваться!
Что ж, закурим, брат-боец, нам от смерти не съебаться!
Жаль, подмога не пришла, подкрепленье не прислали.
Что ж, обычные дела - нас с тобою наебали


Traduction française 

A l'aide !

Dommage, l'aide n'est pas venue, les renforts n'ont pas été envoyés.
Nous ne sommes plus que deux, nous nous sommes fait baiser, toi et moi
Tous les frères sont tombés et c’est juste pour les cartouches,
Mais nous tenons le front et nous nous battons courageusement!

Le canon est mort, c’est fini, il n'y a plus rien pour se battre !
Eh bien, fumons en une, frère d'armes, nous ne pouvons échapper à la mort!.
Dommage, l'aide n'est pas venue, les renforts n'ont pas été envoyés 
Eh bien, chose banale, nous nous sommes fait baiser, toi et moi.


(Merci à Svetlana Kissileva pour la traduction)

vendredi 17 mai 2019

"La victoire en chantant"

328


A l'occasion de ces journées des 1er, 6, 9 et 11 mai le début cinquième mai de la jeune République Populaire de Donetsk a été l'occasion de célébrer avec enthousiasme cette première étape historique d'une liberté retrouvée et pour laquelle tant de sacrifices n'ont pas seulement été réalisés en vain mais ont renforcé par les larmes et le sang le mortier d'un édifice sociétal audacieux s'échappant des tourbillons sombres d'un irréversoble effondrement occidental. 

Des cérémonies et spectacles officiels aux petites réunions festives des fraternités militaires, les femmes et les hommes du Donbass, volontaires ayant rejoint le front, ou délégations venues visiter à l'occasion la jeune République (160 invités de 18 pays), se sont baignés dans un flot de chansons patriotiques et circonstancielles exprimant la joie de ce rêve réalisé mais également la volonté de le poursuivre et l'emmener sur un chemin conduisant vers sa mère patrie russe...


Lundi 13 mai 2019

"A tout seigneur tout honneur" je commencerai donc par la singulière et symbolique prestation du nouveau Président de la République Populaire de Donetsk, Denis Pushilin à l'occasion des célébrations du 11 mai, anniversaire du référendum qui en 2014 a donné l'indépendance à ce territoire refusant de se soumettre aux putschistes du Maïdan.

Le président Denis Pouchiline chantant la chanson "Russie, la mère-patrie" 
sur la place Lénine le 11 mai 2019 devant des milliers de petrsonnes 

D'autres concerts intéressants ont égréné ces manifestations de mai organisées dans un centre ville pavoisé aux couleurs de la République, mais j'ai quand même préféré pour ma part m'éloigner de cette euphorie, certes magnifique mais où il m'est difficile de supporter comme toujours la cohue du public et surtout ces courtisans à breloques et autres larbins cupides venus à l'occasion se montrer et se pavaner dans les salons ouverts du pouvoir pour y glaner quelques selfies et cartes de visite leur permettant ensuite de rebondir vers d'autres horizons plus lucratifs.

C'est donc dans des rassemblements plus modestes et intimes que j'ai rapidement rejoint mes anciens camarades du bataillon cosaque, de la garde Républicaine et du Corpus encore présents à Donetsk, ou ceux de la Brigade Piatnashka où je sers deuis octobre 2017 et qui accueillaient Oleg Reka et quelques uns de ses amis venus féter ce 5ème anniversaire de la République avec ses défenseurs.


Erwan Castel

A cette occasion les membres de notre compagnie non pris par les services ont quitté le centre ville de Donetsk et revoir leur ancienne caserne "Sarmat" où restent basées 2  autres compganies du bataillon
Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du front

dimanche 17 mars 2019

Kenavo Yann Fanch !



Mes amis bretons m'ont transmis au milieu de la nuit la triste nouvelle : Yann Fanch, que je savaismalade, s'en est allé vers d'autres horizons. Plus qu'une voix de Bretagne exceptionnelle, c'est un homme bon et généreux qui nous a quitté après avoir consacré toute sa vie à son héritage chanté qu'il a recueilli et transmis avec passion et excellence.


Dimanche 17 mars 2019

Ce combattant infatigable des traditions de son pays et de la Tradition de son âme celte est décédé à Trémeven en Finitère ce samedi 16 mars. Beaucoup pleureront sa disparition comme celle d'une grande voix de la chanson traditionnelle bretonne, mais je peux témoigner que sa qualité artistique qui était pourtant hors norme et saluée unanimement par tous les critiques, ses pairs et le public n’était rien à côté de sa grandeur d'âme et de son humanisme naturel.


Depuis des années que je porte mon sac à dos breton vers des horizons de sable, de rizières, de palmes ou de steppes, et je suis de plus en plus convaincu au fil des rencontres, des paysages et des combats que les traditions humaines ne sont que les feuillages d'une grande Tradition primordiale qui en est les racines. Autant je hais l'universalisme de la pensée unique autant j'aime l'universel de la diversité humaine.

Dans les années 90, j'ai eu la chance de rencontrer souvent Yann Fanch Kemener lors de spectacles, de réunions, de festivals, de festou noz en Centre Bretagne et à Quimper cette ville de légendes où l'esprit sculpte le granit breton. Là, à l'ombre du mur du roi Gradlon et de la cathédrale de Saint Guenolé où il n'oubliait jamais de déposer du pain pour les pauvres au pied du "Santik Du" le barde breton vivait alors et travaillait pour son pays breton. 

Je garde le souvenir d'un homme sensible, intelligent et humble, l'âme portée par sa foi, le chant et l'amour de son pays et ses traditions. 

Lorsque Yann Fanch chantait, tout le monde écoutait même les non bretonnants car le miel et l'harmonie de sa voix envoûtaient et ses chants à danser effaçaient dans des rythmes éternels la fatigue de la journée et les soucis de la vie.

Les chansons de son répertoire sont celles d'un peuple de paysans, de marins, de bardes qui depuis des siècles "lèvent" des poèmes chantés comme un grain moissonné qui se lève au printemps de la mémoire d'un peuple chantant, pleurant et dansant son Histoire au creux de son âme collective.

Aujourd'hui la Bretagne est en deuil mais garde le sourire car Yann Fanch restera vivant dans les coeurs des bretons comme leur identité pour laquelle il a consacré sa vie et à laquelle son nom est aujourd'hui indissociablement lié.

Erwan Castel

Voici un documentaire ou Yann Fanch raconte sa vie, 
son amour de la Bretagne et de ses chants traditionnels.
Un voyage au coeur de l'âme bretonne...

"Fanchig bihan", interprété par le groupe de YFK : "Barzaz"

La gwerz (complainte) est la pierre angulaire du répertoire de Yann Fanch Kemener
Ce répertoire qui compte parmi les plus anciennes chansons connues en Bretagne et en Europe est toujours vivant et donne lieu à des créations régulières rapportant des faits historiques et dramatiques qui marquent les opinions et les consciences.
Ici "Marv eo ma mestrez" chante le désespoir d'un homme revenant de la guerre et qui apprend que sa fiancée est morte



Et pour finir sur une danse incantatoire (de son pays "Fanch" bien sûr)
voici "Mélanie" un kan ha diskan célèbre du Centre Bretagne

mardi 8 janvier 2019

"Zimouchka"

286

"Avec un morceau de pain, on trouve son paradis sous un sapin" Proverbe russe  

Cette fois, elle est bien arrivée dans le Donbass, la neige blanche et épaisse, cette matrice immaculée des légendes et contes secrets et sans laquelle l'Hiver
ne, cette saison où la vie est en gestation, ne serait pas l'Hiver dans l'imaginaire européen. Mais ici le blanc manteau de l'hiver, qui parfois est camisole peut aussi devenir un linceul pour les Hommes.

Cette année, le Donbass a subit des chutes de neige exceptionnelles, et tellement brutales que les services d'urgence, pourtant équipés et rompus à lutter contre les intempéries hivernales de ce bassin du Don, bordant la Mer Noire. Et ces derniers jours ont vu les Républiques disparaître sous des dizaines de centimètres d'une neige ininterrompue qui, sous l'action du vent ont formé sur les routes et jusque dans les rues de Donetsk des congères infranchissables.


Mardi 8 janvier 2018

Dans le Donbass, l'hiver continue de déverser des tonnes de neige au milieu d'un brouillard persistant où, de la steppe plane jusqu'aux villes cubiques, tout se fond et se confond dans une atmosphère qui elle même prend la consistance d'une ouate visible mais jamais palpable. 

Dans la caserne les sentinelles sont devenues des batteurs rythmant au rythme de leurs semelles les minutes et les cigarettes qui se succèdent dans un paysage que même le dieu Chronos semble avoir déserté. les traces des hommes s'effacent rapidement sous le vent poussant la jeune et volatile neige fraîche vers les rares sentes ouvertes par des marcheurs et des véhicules dont on ne sait pas qui sont les plus lents, autour des bâtiments, sous le mince abri d'un mur ou d'un sapin des chiens se font des nids tout blancs dans lesquels il tentent ils se recroquevillent sur leur propre chaleur. 

Et la lumière s'échappant des fenêtres glisse le long d'une cascade de glace figée et qui, dans un concert de scintillements, semble vouloir rivaliser avec des grandes orgues de cathédrale. 




Le 6 janvier, traditionnellement beaucoup de familles russes du Donbass traversent la frontière afin de se regrouper soit du côté de Donetsk ou de Rostov à l'occasion de la veillée et du réveillon de Noël. Mais cette année de nombreuses familles se sont retrouvées bloquées sur les routes enneigées et on estime à environ une centaine de véhicules dont plusieurs autobus qui ont été bloqué de nombreuses heures dans la steppe entre Donetsk et Rostov. 

Véhicules pris au piège de congères de côté de 
Stepanovka avant la frontière avec la Russie


Les services du Ministère des Situations d'Urgence malgré leur réactivité et leurs compétences se sont retrouvés débordés par la multitude de voies encombrées sur l'ensemble du territoire de la République Populaire de Donetsk  De 20 heures hier soir jusqu'au petit matin,17 unités du centre des Situations d'Urgence EMERCOM étaient à pied d'oeuvre pour dégager les routes et secourir les personnes bloquées dans le froid.


Même au cœur de Donetsk de nombreuses voies secondaires sont impraticables et leurs riverains attendent patiemment que les chars d'assauts de la ville même la charge devant leurs immeubles et maisons. Là encore le stoïcisme de la population est visible et puis que peut-il lui arriver de pire que ces bombardements meurtriers qu'elle subit continuellement depuis presque 5 ans maintenant ...  


Et la vie continue malgré tout, au cœur des cités et des villages, pour la population du Donbass, cette "communauté de l'être" qui n'est pas l'esclave de l’esclavage du Monde Moderne des "sociétés de l'avoir" pour lesquelles une tempête de neige empêchant d'accéder à son supermarché ou occultant le réseau de son téléphone portable, devient pire que la fin du Monde elle même.
Ici les femmes et les hommes du Donbass, fidèles à leurs héritages, se regroupent autour des traditions familiales et religieuses où transpirent en filigrane doré les gestes et coutumes de la grande Tradition européenne, ce sens du sacré multimillénaire partagé qui devrait toujours cimenter entre eux les peuples d'Europe dans une destinée civilisationnelle commune. 

Malgré le silence exceptionnel du front (moins de 10 violations quotidiennes) les lumières de la ville et l’insouciance de Noêl, les gens n'oublient pas cette guerre qui continue à saigner la jeune République populaire de Donetsk. 


Les pensées des festifs en effet n'abandonnent pas leurs défenseurs, ces miliciens qui sur le front leur permettent ces célébrations civiles et religieuses, et parfois au prix de leurs propres vies comme pour Dmitry Tomenko, 26 ans ou 6 Yevgeny Borisovich Babkin, 47 ans tombés les 3 et 6 janvier sous des tirs ukrainiens, premiers tués de cette nouvelle année 2019. Paix à leurs âmes dans notre mémoire éternelle !



3 janvier, Dmitry Tomenko, 26 ans, 


6 janvier, Yevgeny Borisovich Babkin, 47 ans




Unenquête réalisée par l'agence News Front auprès de la population de Donetsk à l'entrée de l'année, révèle d'ailleurs que la Victoire est en première place parmi les vœux exprimés. la Victoire qui est la clé de la Liberté et de la Paix pour les jeunes Républiques de Donetsk et Lugnask.

En attendant, le froid, la neige, le vent et les obus n'ont pas réussi dans leurs colères à empêcher le dernier avatar du dieu Thor, alias Santa Klaus, alias Père Noël etc. de venir enchanter les enfants du Donbass rassurer leur audacieuse innocence et leurs rêves purs, que beaucoup de "grandes personnes" aimeraient retrouver au milieu de cette guerre qui n'en finit pas.


Pour illustrer musicalement cette période à la fois sombre et blanche de l'Hiver, j'ai choisi la chanson du groupe de "pagan music" "Arkona" (album "Slovo" 2011) : "Zimushka", une chanson populaire du répertoire traditionnel russe, ici interprétée par Creia Wraith une jeune chanteuse tchèque.


Dehors, un vent froid écharpant le brouillard au milieu de la nuit continue de jouer avec la neige et sculpter les stalactites de glace qui nous rappellent à chaque instant à la fois la force, la beauté et la fragilité de la Nature et des sentiments humains.

Erwan Castel

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