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mardi 8 mars 2022

Femmes au coeur des batailles

Vu du Donbass


Aujourd'hui 8 mars est célébrée la journée de la Femme, et permettez au coeur de cette actualité brûlante ce message d'amour et d'admiration pour celles qui sont à mes yeux au coeurs des tempêtes humaines les hautes gardiennes de la Vie, des Traditions et de l'Espérance humaine.

Appeler la Femme "le sexe faible" est certainement une des pires inepties véhiculées par cette phallocratie monothéiste occidentale qui a infecté les mentalités européennes malgré quelques exceptions (qui confirment la règle) tel que le culte marial et le mythe de Jeanne d'Arc par exemple. 

Souvent reléguées dans l'histoire des guerres occidentales à un rôle passif ou ignoré, les femmes se révèlent au contraire des combattantes à part entière, et plus encore ! car leur dimension féminine et maternelle leur confère la puissance symbolique de ce pourquoi l'Homme se bat jusqu'au sacrifice suprême, pour son sanctuaire et sa liberté !

Depuis que je suis arrivé dans le Donbass, les femmes croisées dans les quartier bombardées ou dans les tranchées ne m'ont pas seulement impressionné par leur élégance naturelle mais surtout par leur courage et leur amour de cette terre noire trop souvent rougie du sang de ses enfants, et je comprends pourquoi les mythes grecs à l'origine de ce mythe fondateur situent souvent le peuple des Amazones sur ces rives septentrionales de la Mer Noire où depuis huit années les filles de la Novorossiya ressuscitent leur légende avec une bravoure qui n'a pas à rougir de celle de leurs ainées de l'Armée rouge s'étant déjà levées il y 3 générations seulement contre la folie du nazisme.

La terre de Novorossiya berceau des Amazones légendaires
Hercule contre les Amazones, vase grec VIème siècle avant JC


Si la guerre est souvent considérée comme une "affaire d'hommes", il ne faut pas cependant négliger le place des femmes dans l'Histoire militaire des peuples... Au contraire car la Femme est non seulement le symbole vivant du sanctuaire défendu, mère, compagne ou fille du guerrier, mais aussi se révèle une participante essentielle à l'effort de guerre. Et lorsqu'on regarde de près les révoltes, révolutions et guerres non seulement on y observe des femmes mais nombre d'entre elles y jouent un rôle décisif et symbolique dans l'écriture en lettres de sang des pages héroïques d'une aventure humaine malheureusement douloureuse.

En 2014, lorsque la guerre s'abat sur le Donbass, elles sont nombreuses les mères, les sœurs et les filles qui de Donetsk et Lugansk vont ramasser une arme, une trousse de secours, un sac de munitions et de vivres et se porter, sans ciller au devant de la folie blindée ukrainienne détruisant leurs foyers.

Ilona Bonevich, indicatif « Bonja » en 2014, cette femme commande une unité
spéciale, blessée au feu, deux fois décorée… avec le groupe du commandant Givi 
et un effectif de 120 miliciens seulement elle va défendre la ville d'lliovaïsk, attaquée 
par plusieurs bataillons blindés ukrainiens appuyés par des bombardements. 
Devant la farouche résistance de cette poignée d'amoureux de leur terre, l'ennemi, 
dépité, avait fini par battre en retraite, estimant leurs forces... à 3500 hommes !







Ouvrières, infirmières, ambulancières, messagères, mais aussi combattantes, ces femmes d'honneurs sont souvent présentes dans la tourmente, de l'arrière du front jusqu'au coeur des batailles, et leurs actions n'a rien à envier au courage et à l'héroïsme de leurs frères d'armes aux côtés desquels sont défendus avec courage les valeurs, les traditions et les libertés d'un peuple d'Europe menacé depuis 8 ans par une dictature ethnocentrée et génocidaire aux ordres d'une puissance étrangère.  

Et à l'heure où les villes de la République Populaire de Lugansk, Severodonetsk et Lisichansk sont sur le point d'être enfin libérées par les forces républicaines appuyées par "le vent du Nord" mes pensées vont vers ces adolescents du "Bataillon de la jeune autodéfense" qui, en août 2014 se sont sacrifiés pour permettre aux milices d'échapper à l'encerclement et se replier vers une ligne de front qu'elles tiendront jusqu'à aujourd'hui :


Cette adolescente s'était portée volontaire avec ses camarades pour 
défendre leur ville de Lisichansk en août 2014 : 72 jeunes, et sans 
entraînement militaire, âgés de 16 à 18 ans dont 24 filles avaient formé 
le "Bataillon de la Jeune autodéfense". Ils vont réaliser l'impensable: 
résister pendant 2 jours face à 2000 soldats ukrainiens appuyés par 
des blindés et de l'artillerie. 18 d'entre eux vont mourir pour leur terre 
dont cette jeune fille héroïque, d'autres nombreux seront blessés et 
certains réussiront même à échapper à l'encerclement et rejoindre les 
rangs de la milice de Lougansk. Mémoire éternelle pour ces héros !

Aujourd'hui les femmes du Donbass, comme leurs sœurs palestiniennes, syriennes, yéménites, arméniennes, kurdes ... sont dans leur fidélité au passé un exemple universel pour l'avenir des peuples, de leurs dignité et Liberté. 

En effet, depuis la nuit des temps, la Femme est en première ligne pour défendre ce foyer qu'elle incarne jusque dans son ventre, et de rentrer ainsi dans la légende héroïque des nations: de l'égyptienne Ahhotep, à Geneviève de Galard, l'ange de Dien Bien Phu, en passant par Zenobie la syrienne, Bodicea la celte, Hangaku Gozen la japonaise, Jeanne d'Arc la française, Anne Bonny l'anglaise, Animatou de Zaria l'africaine, Calamity Jane l'américaine, Phûlan Devî, l'indienne, Sophie Magdalena Scholl l'allemande, Laskarina Bouboulina la grecque, Rosa Luxembourg, Louise Michel, Marie-Claude Vaillant-Couturier; Lucie Aubrac, Marie, Dolores, Anne, Françoise, Greta et tant d'autres combattantes connues ou inconnues mais tellement nombreuses dans l'Histoire qu'il manquerait d'étoiles dans le ciel pour nommer toutes ces héroïnes...

Mais ici, dans ce Donbass en guerre j'avoue que les femmes sont exceptionnelles de courage, d'abnégation et de sacrifices pour leur pays et leur peuple, résistant avec une résilience incroyable à 8 années de guerre et de bombardements à caractère génocidaire. 


Peut-être sont-elles portées aussi - et certainement - par cet héritage des femmes slaves en général et russes en particulier, qui se sont engagées massivement aux côtés des hommes pendant les guerres de leur Histoire et notamment aux XXème siècle où des unités complètes leurs ont même été consacrées, comme le "bataillon de la mort" et ses 2000 volontaires déployées sur le front germano-russe, pendant la Première Guerre Mondiale.

Mais c'est surtout durant la Grande Guerre Patriotique de 1941 à 1945 que, répondant au principe de l'égalité marxiste-léniniste de l'égalité citoyenne des milliers de femmes russes s'engagèrent dès 1941 dans les rangs de l'armée rouge régulière mais aussi dans ceux des partisans. Ces femmes s'engagèrent comme auxiliaires bien sûr mais aussi tankistes, snipers, aviatrices, et elles furent plus d'1 million a combattre sur le front russe pour défendre la Mère Patrie, soit 8% des effectifs totaux engagés pendant le conflit ! 

Aujourd'hui les filles de la Novorossiya ont prouvé qu'elles sont dignes des mythiques amazones ou des héroïques combattantes de l'Armée Rouge; défendant avec un courage exemplaire la terre de leurs ancêtres et de leurs enfants !

Certains sourires se sont éteints mais leurs regards continuent à briller dans le ciel de nos mémoires :



En cette journée du 8 mars, j'adresse mon admiration à toutes les femmes qui sont le vrai coeur des hommes et en particulier à celles qui sont au coeur des combats menés pour leur terre dont elles sont les gardiennes éternelles !


Je voulais offrir à toutes ces filles, sœurs, compagnes, mères et "babouchkas" de la Novorossiya, cet hommage, mais je m'aperçois avec tristesse que mes mots ne sont que le misérable écho de l'admiration que je porte à leur courage et leur dignité...
Aussi je me retire, laissant mon coeur leur adresser en silence ma reconnaissance éternelle pour le noble exemple qu'elles nous offrent...

Erwan Castel

"Ce pour quoi nous nous battons a plus de prix que nos vies !"
Alexandre Zakharchenko,
1er président de la République Populaire de Donetsk

"Amazone blessée" de Franz von Stuck, 1903.

lundi 20 septembre 2021

"Divines"

 

Xavier Grall, dans son œuvre testamentaire "L'Inconnu me dévore" dédiait ses méditations poétiques à ses "divines" (son épouse et leurs 5 filles). Et depuis cette lecture de jeunesse initiatique, je pense à ce poète breton à chaque fois qu'il m'est donné l'occasion rare mais indélébile de croiser une "divine". 

C'est au cœur des sociétés traditionnelles que j'ai rencontré le plus souvent ces femmes d'exception aux beautés de cœur, d'intelligence, d'action et de corps qui incarnent au cœur de l'homme cette noblesse mystérieuse qui lui donne le sens majeur à son existence et le courage nécessaire dans ses combats...

Alors que le néo féminisme occidental a suicidé une réaction légitime à la phallocratie judéo chrétienne jusqu'à un débilisme progressiste illimité néantisant l'éternel féminin dans une indistinction contre nature, il existe encore fort heureusement, sous le regard des dieux et des déesses, des ours et des louves, des vents et des rivières, des sociétés humaines élevant la complémentarité et la complicité des genres dans une éthique autant qu'une esthétique des lois naturelles.

Dans le Donbass nombreuses sont les femmes comme la regrettée Katia Katina qui auraient pu inspirer cette réflexion du grand Victor Hugo : 

"La femme a une puissance singulière qui se compose de la réalité de la force et de l’apparence de la faiblesse."

Et la guerre, dans son immense paradoxe, et comme pour leurs camarades masculins, ne fait que révéler plus encore par leurs qualités humaines exceptionnelles.... et divines !

Erwan Castel 



lundi 8 mars 2021

"Vous êtes ad vitam aeternam les invitées d’une fête"

Le poète breton Xavier Graal nomment les femmes de son foyer (1 épouse et 4 filles) "mes divines" et il leur dédicacera "L'inconnu me dévore" cet ultime et magnifique livre qui est son testament spirituel. 

Celte et païen, j'ai toujours observé avec admiration cet éternel féminin qui invincible comme le Soleil perce toujours les chapes des phallocraties stupides des clercs et des princes et continue de rayonner pour qui sait regarder la douceur de la Lune, écouter le chant d'une rivière ou caresser la courbe d'une nuque. Xavier Graal écrit "

"Oui, la terre est une femme qui sera consolée parce qu'elle n'aura cessé d'appeler et d'attendre, sur tous les rythmes des sons et des couleurs et par la magie de tous les verbes, ce qui se trouve au-delà de la terre de toute éternité. L'art n'est que la respiration haletante de l'amour."

Dans le Donbass la guerre infinie qui frappe les familles, fauchant et mutilant les vies et les rêves, ouvrant des torrents de larmes et de sang depuis plus de 2500 jours et nuits a exacerbé mon admiration pour la femme, qui est toujours dans les traditions antillaises ce "potomitan" (pilier central) du foyer humain, comme autrefois dans les sociétés européennes préchrétiennes, et qui depuis est appelé par les crétins le "sexe faible".

Des veuves survivant avec leurs enfants malades dans les ruines de leur villages bombardés jusqu'aux volontaires féminins de la milice qui n'ont rien à envier à leurs camarades masculins, en passant par ces "babouchkas" admirables gardant le sourire au milieu des vents violents de l'Histoire, les femme du Donbass méritent sans rougir d'être appelées "Divines".

Aux divines du Donbass qui incarnent avec tant d'élégance la beauté, la grâce, la gentillesse et le courage je veux leur offrir en cadeau pour cette journée de la Femme, ce bouquet de vers du poète Georges Brassens et qui jamais ne fanera tant que les traditions protégeront l'Eternel féminin de leur avenir.

"Les passantes" poème de Antoine Pol, 
chanté pat Georges Brassens

Русская версия

Version russe interprétée par A. Avanesov.


НЕЗНАКОМКИ

Хочу посвятить эту песню
Тем женщинам, коим уместней
Не песню, а жизнь посвятить
Всем тем, с кем нас близко ль далече
Сводили случайные встречи
Чтоб раз навсегда разлучить

Той грации, чьё появленье
В окне на одно лишь мгновенье
Заставит весь мир расцвести
А ты обомлевший, неловкий
Стоишь под окном незнакомки
Не в силах глаза отвести

И той, чьи черты и чей профиль
Как оды прекрасные строфы
Скучать не давали в пути
Кого за недолгие мили
Вы поняли и полюбили
Но все-таки дали уйти

И той, что по жизни послушно
Бредет с существом равнодушным
Не смея мечтать об ином
Чей взгляд, встретясь с вашим случайно,
Вдруг явит всю бездну отчаянья
В порыве безумном, хмельном

Коль был ты со счастьем обвенчен
Забудешь те краткие встречи,
Легко расставаясь с былым
Прекрасные, милые лица
Мечты, коим было не сбыться
Рассеются в прошлом, как дым

Но грезим, проживши напрасно,
О всех, кто нам тайно и страстно
Сулил неземную любовь
Сердцах, что нас ждут и доселе
Устах, что вкусить мы не смели,
Любимых, не встреченных вновь

И в час полуночного бденья
Встают чередою виденья
И шаря рукой, как в бреду
Мы тянемся к тем, кто не с нами
Зовем их немыми губами
И плачем, обняв пустоту

Et je laisserai ici la conclusion au poète Graal, cet amoureux de la vie et tourmenté par les vents divins et humains soufflant sur sa vieille terre armoricaine.

"Mes filles, mes Divines, je vous conjure d’admirer. Tout est fabuleux pour qui sait regarder. La fraîcheur du regard est le commencement de la sainteté. Détournez vous des gens masqués et de l’imbécilité des aveugles… Vous êtes ad vitam aeternam les invitées d’une fête… Je voudrais face à la vie vous savoir sans crainte et sans tremblement…."

Bonnes fêtes à toutes, déesses, grand mères, mères, épouses, filles, sœurs et amies vous êtes nos reines et nos plus belles joies !

Erwan Castel

 

vendredi 27 avril 2018

Visite de charme sur Promka

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La guerre post-moderne du Donbass, c'est aussi un front de l'information qui fait rage entre le mondialisme et sa propagande de guerre et la Russie et les pays qui refusent de se soumettre au rouleau compresseur militaro-insdustriel de la dictature de la marchandise occidentale.

Sur notre front, particulièrement sensible nous recevons régulièrement la visite de médias russes et locaux mais aussi de journalistes et reporters occidentaux indépendants qui veulent témoigner de la réalité de ce volcan qui depuis 4 ans, ne veut ni s'éteindre ni exploser. 

Tous les médias quasiment ont défilé sur notre position, à l'exception bien entendu des imposteurs français échoués à Doni Press préfèrent cacher leur lâcheté dans rédactions climatisées de Donetsk et sacrifier la cause et le travail pour lequel ils sont payés sur l'autel de leur égotisme débile et haineux. 


Vendredi 27 avril 2018

Elles se nomment Katia, Elena, Eugenia, Kristina et sont soit militaires soit reporters de guerre mais toutes volontaires pour soutenir, avec un appareil photo ou un fusil d'assaut la résistance du Donbass.

Cet après midi sur nos positions de Promka, pour le moment exclusivement masculines, nous avons eu droit à leur visite, accompagnée par le chef de bataillon et deux officiers de son commandement. 
C'était à l'occasion des travaux de renforcement du réseau de tranchées auxquels le personnel de l'État major participe également à tour de rôle que des personnels féminins sont venues nous rencontrer.


Katia Katina quant à elle n'est plus à présenter. Cette jeune femme qui s'est engagée dans les rangs de la milice dès les premiers combats a choisi par la suite le front de l'information sans toutefois quitter les tranchées, qu'elle sillonne depuis tous les jours pour "News Front".

Katia est venue aujourd'hui accompagnée de Kristina une jeune reporter de guerre russe.


Entre les pelles et les fusils ce fut l'occasion d'échanger interviews et sourires au cours de cette journée doublement ensoleillée...

Mais le soir, une guerre jalouse dans un crépitement de rafales et de détonations est venue estomper le souvenir de cette visite de charme pour nous rappeler par son attachante présence enflammée, à notre devoir de danser avec la Mort pour les beaux yeux de la Liberté !

Erwan Castel...


Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du Front