lundi 11 février 2019

Porochenko n'a pas compris la leçon de Kertch


Le 25 novembre 2018, Kiev pousse au sacrifice 3 unités navales vers les eaux territoriales russes du détroit de Kertch entre Mer Noire et Mer d'Azov, espérant un incident dramatique entre Kiev et Moscou exploitable par le camp occidental assoiffé de prétexte pour déclencher de nouvelles salves russophobes, politiques, économiques et bien sûr médiatiques alimentant la diabolisation de la fédération de Russie.

Or, rien ne s'est passé comme prévu, et le drame espéré par la propagande guerre n'a pas eu lieu dans le sang des marins et la destruction des bateaux ukrainiens, Les premiers, une vingtaine ont été arrêtés et les seconds arraisonnés et saisis légitimement et dans une violence retenue comme le prévoit le code maritime en cas de violation des eaux territoriales par des navires armés. Ce fut finalement un pathétique coup d'épée dans l'eau qui ne donna aucune suite sérieuse contre la Russie, en dehors des vociférations habituelles marionnettes de Kiev.


Tout faux pour Kiev !

Car comme l'a très bien démontré l'enquête indépendante menée le journaliste suédois Stephen Lindgren dans une analyse demandée par le média Nyhetsbanken, non seulement toutes les actions de la Russie étaient légitimes, mais de par la nature provocatrice et préméditée incontestable de cet incident maritime la culpabilité de Kiev ne fait aucun doute, notamment car : 
  • Les navires ukrainiens se sont approché du détroit de Kertch sans avertissement, n’attendant ni les pilotes russes responsables de son passage ni suivant les instructions des gardes-frontières responsables de la sécurité de la frontière maritime russe. Et ces fautes qui sont délits ont continué toute la journée avant que les russes se résignent finalement à employer la force pour faire respecter la loi maritime. 
  • Ce passage tenté par Kiev du détroit de Kertch ne peut être rattaché à la convention de 1982 sur le droit de la mer, car les unités ukrainiennes incriminées étaient des bateaux militaires armés transportant aussi des armes et munitions. 
  • De même la Convention de 1958 sur les eaux territoriales communes adoptée par la Russie et l'Ukraine, ne peut venir au secours de Kiev car là aussi elle n'a pas éta respectée par ces marins. en effet cette convention stipule clairement que: "les États côtiers ont le droit d'établir une procédure permettant d'obtenir le droit de passage des navires étrangers dans leurs eaux territoriales", ce qui a été défini entre Kiev et Moscou qui ont convenu que tout passage devait être prévenu par l'usager et soumis à l'autorisation de l'autre Etat côtier.
  • Kiev ne pourra pas non plus porter ses revendications devant des tribunaux internationaux car il s’agit d’une question de passage maritime dans des eaux intérieures, et l’Ukraine a rompu le traité d’amitié et de coopération de 1997 avec la Russie. En outre, l'incident ne peut pas être qualifié de violation du droit international par la Russie, chaque État ayant le droit de se défendre.
  • Et concernant le  traité d’amitié et de coopération signé entre la Russie et l'Ukraine, en 1997, là aussi il est inefficace aujourd'hui, car Kiev l'a rompu, empêchant de qualifier l'incident de Kertch de violation d'un traité international.
Bateaux ukrainiens arraisonnés et saisis et leurs équipages arrêtes le 25 novembre par Moscou 
alors qu'ils tentaient de forcer les eaux territoriales de la  Fédération de Russie

Au contraire, c'est bien la Russie qui est entièrement dans son droit, en référence au paragraphe 51 de la Charte des Nations Unies sur le droit de légitime défense, et qui précise qu'il s'applique à tout État qui voit son territoire envahi par des unités armées non autorisées.


Porochenko persiste et signe !

Le Président ukrainien pérorant de plus belle dans la course présidentielle à sa propre succession a promis dans une interview à ICTV, de rejouer la provocation de Kertch très prochainement mais avec une flottille plus importante à bord de laquelle seraient invités des observateurs internationaux comme ceux de l'OSCE et certainement des journalistes serves. 

De toute évidence, cette éventuelle nouvelle provocation qui pourrait être réalisée avec plusieurs unités de cette flottille de petits bateaux de classe "Gurza" comme les 2 bateaux saisis avec le remorqueur d'assaut en novembre dernier). La Russie de son côté répondra très probablement à cette provocation de la même manière que précédemment et en déployant certainement plus d'unités navales, peut-être issue de la flotte de la Mer Noire de Sébastopol. 

En filigrane de cette déclaration prétentieuse et déjà provocatrice du satrape de Kiev on devine les prétentions de l'OTAN de renforcer sa présence en Mer Noire et d'obtenir en représailles un accès à la Mer d'Azov pour ses unités navales qui était limité à l'Ukraine et la Russie par le traité de coopération de 1997, aujourd'hui rompu par Kiev.

Mais plus qu'une gesticulation militaire revendiquant une souveraineté maritime sur la mer d'Azov, une telle provocation viserait également des objectifs politiques et électoralistes. En effet l'impopulaire Porochenko, qui est en mauvaise posture dans les sondages électoraux le plaçant derrière les candidats Zelany et Timochenko, pourrait espérer dans une opération médiatisée où il prend la défense de ses marins, redorer son blason de candidat médiocre et revenir dans la course présidentielle.

Reste à savoir maintenant s'il s'agit d'une nouvelle rodomontade de Kiev sans suite comme on en a l'habitude ou d'une opération programmée, réelle et donc soutenue par les occidentaux.

Wait and see et pour les marins ukrainiens... "wet and sea" !

Erwan Castel


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