dimanche 26 février 2017

La station d'eau potable libérée

Une usine libérée, mais "hors service" et toujours menacée 


Le 25 février 2017, la nouvelle tombait comme un couperet : la station d'eau potable DFS qui dessert une grande partie du bassin de Donetsk et qui était restée démilitarisée conformément aux accords internationaux venait d'être investie par des radicaux nationalistes ukrainiens du régiment Azov. 
En dehors du fait que cette action ukrainienne constituait un nouveau "saut de crapaud" dans la zone grise censée restée neutre, cette attaque menée par Azov constituait également une nouvelle violation flagrante des conventions internationales et du protocole signé à Minsk qui stipule que les belligérants ont l'obligation d'épargner ces infrastructures humanitaires et même de rester éloignés de leurs périmètres (minimum 1500 m).

En effet, la capture de ce site industriel rajoute des menaces humanitaire (eau potable) et environnementale (stocks de chlore) sérieuses pour les populations de Donetsk, Makeevka et Yasinovataya. 

L'humanitaire comme on le sait est la corde sensible de la propagande de guerre moderne, pour mobiliser l'attention du public et noyer dans ses larmes les vraies responsabilités des situations catastrophiques rencontrées.


Rappel chronologiques des derniers événements 

"DFS" Carte 1 : Vue d'ensemble au 25 février soir

Lorsque l'armée ukrainienne menace dans ses avancées successives en zone neutre cette usine plusieurs alertes avaient été lancées concernant les menaces que représenterait sa mise hors service pour la région. 
  • Début février 2017, en relançant ses attaques depuis ses positions avancées situées à 200 m du complexe industriel, Kiev provoqua ce qui devait arriver : la mise hors service de la distribution d'eau potable suite à des bombardements. 
Un déchaînement médiatique a alors été orchestré par Kiev et les médias occidentaux pour accuser les séparatistes (et "l'armée russe" bien sûr) de provoquer une catastrophe humanitaire à Avdeevka (coté ukrainien), alors que 90% des bombardements initiés par Kiev avaient touchés la partie républicaine et qui se retrouvait également sans eau potable. 

A ce moment là le 1er février sur une pression forte et inhabituelle des observateurs de l'OSCE et du SSSTK, un cessez le feu avait été obtenu au milieu des combats pour réparer et redémarrer l'usine. 
  • Le 24 février les bombardements et combats reprennent autour de l'usine qui est touchée 6 fois, mise hors service et évacuée. Le soir, une unité du Régiment Azov, à la faveur de la nuit et des bombardements s'empare de l'usine. 
  • Le 25 février matin dès confirmation de l'occupation ukrainienne du site industriel, l'alerte était donnée pour dénoncer cette violation flagrante des accords de Minsk et entraînant des menaces sérieuses pour toute la région.
Aussitôt  une visio-réunion du groupe de contact chargé d'accompagner la mise en oeuvre du processus de paix signé à Minsk a été déclenchée en urgence et je pense que des téléphones à Kiev, Paris, Berlin et Moscou ont du chauffer pendant longtemps.
  • Le 26 février, le commandement ukrainien à contre coeur ordonnait aux combattants d'Azov d'évacuer  le complexe DFS pour se replier sur leurs positions initiales. 
On a donc confirmation que le dossier "DFS" est délicat, d'autant plus qu'ici, il était impossible à Kiev et aux "journalopes" occidentaux de travestir la réalité pour tenter d'accuser Donetsk ou Moscou. Une coupure d'eau potable ou pire un déversement de chlore dans l'environnement sous le contrôle de l'usine par Azov aurait été surtout une catastrophe médiatique pour le régime de Kiev et la doxa propagandiste occidentale. 

Donc on peut penser raisonnablement que l'évacuation du site est la conséquence de cette réunion et d'une pression diplomatique qui ont su mettre au garde à vous Kiev....

Si cela est confirmé on ne peut que s'en réjouir tout en regrettant cependant que les autres violations de Kiev, lorsqu'elles tuent les enfants du Donbass ne connaissent pas les mêmes attention et traitement efficaces de la part des instances internationales  !


Situation actuelle de l'Usine "DFS" au 26 février soir

"DFS" Carte 2 : Situation au 26 février soir

Sur le plan technique, l'usine est toujours HS et a besoin d'être remise en état avant de redémarrer, car en plus des dégâts occasionnés lors des bombardements nécessitant des réparations, il faut remplacer un nombre important de pièces et équipements qui ont été pillés par les radicaux d'Azov pendant leur occupation des lieux.

Sur le plan militaire, si l'usine a été effectivement évacuée par les soldats ukrainiens, ces derniers restent cependant dans les lisières Ouest du complexe industriel qu'ils battent toujours du feu de leurs armes légères. Des combats et échauffourées continuent en permanence, rendant l'accès au site par les équipes d'ouvriers extrêmement dangereux.

Les ukrainiens renforcent leurs positions autour de l'usine "DFS"
Lors des négociations la partie ukrainienne a refusé de garantir la sécurité du personnel de l'usine Sur le terrain, la proximité des postes avancés avec les bâtiments de l'usine fait que la démilitarisation de cette dernière n'est que théorique.

A 21h00, ce 26 février les combats et bombardements continuaient autour de "DFS" montrant que l'armée ukrainienne qui a été obligée d'abandonner l'usine est bien décidée à freiner au maximum sa remise en route, voire à l’empêcher définitivement. Ce comportement de l'armée ukrainienne converge donc avec celui des radicaux nationalistes qui ont engagé sur toute la ligne de front un blocus du Donbass et qui le durcissent chaque jour un peu plus en toute impunité c

"DFS" Carte 3 : Combats et bombardements près de l'usine le 26 février soir
En vert la ligne de retrait des forces ukrainiennes après leur évacuation de l'usine DFS
Il est fort probable que le dossier "DFS" ne soit pas clôturé dans les prochains jours et que cette usine vitale, au coeur des combats militaires et diplomatiques qui ne cessent de croître, continue d'être une source d'inquiétude importante pour les nombreuses populations qui en dépendent.

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

Source de l'article 



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