jeudi 25 octobre 2018

Avions ukrainiens peureux

Hélicoptère ukrainien MI 8 abattu à Slaviansk le 3 juin 2014 par la milice de Strelkov

Le 15 octobre dernier une vidéo circule sur les réseaux sociaux montrant un avion de chasse ukrainien de type Sukhoï 25 réaliser un passage à très basse altitude sur une base militaire vraisemblamblement à Melitopol, sur les côtes de la Mer Noire.


On est d'accord, voler à moins de 3 mètres du sol demande de la part du pilote aux commandes d'un avion de chasse une bonne maîtrise du vol tactique avec certainement un zest d'inconscience, mais le plus important est de savoir pourquoi réaliser un tel exercice aérien ?


Ce n'est pas la première fois que l'aviation de combat ukrainienne qui peine a réparer ses ailes (preuve en est le crash d'un avion e chasse lors des récentes manouvrières aériennes ce l'OTAN "Clear Sky 2018"), que des avions d'attaques sont observés dans des vols d'exercices "au ras des pâquerettes" peu habituels et même réglementaires.

Cet entrainement montre certainement une partie de l'évolution de la tactique aérienne ukrainienne qui cherche à s'adapter à la défense antiaérienne des forces républicaines défendant le Donbass. Une tactique "volons en vie, volons cachés"...

Ne nous leurrons pas, ce type de vol a très (très) basse altitude est plus imposé par la menace antiaérienne existante que proposé par la hardiesse des pilotes qui doivent bien transpirer dans leurs combinaisons...

L'aviation de combat ukrainienne a subi en 2014 des pertes honteuses devant les missiles antiaériens portatifs servis par les milices d'autodéfense du Donbass. aux cors des premières semaines de la guerre, après quelques bombardements réussis sur Lugansk et Donetsk  parce que bénéficiant de l'effet de surprise, les hélicoptères et avions de Kiev sont tombés comme des mouches pour finalement être précipitamment retirés du front par un état major groggy par la défense antiaérienne bricolée par les groupes d'autodéfense. 

Puis les accords de Minsk ont défini une zone d'exclusion aérienne pour ce front du Donbass de 30km de profondeur. Mais si aujourd'hui les aéronefs de Kiev à une ou deux exceptions annuelles près n'ont pas remontré le bout de leurs cockpits sur la ligne de front ce n'est certainement pas à cause de ces accords de paix que leurs troupes au sol et artillerie violent quotidiennement mais bien parce que la menace antiaérienne est toujours là et même renforcée depuis 4 ans par une couverture radar hermétique, un entrainement poussé et une coordination des systèmes d'armes sol-air républicains.

Les ukrops préparent vraisemblablement des missions de bombardement avec des unités petites unités aériennes isolées utilisant des couloirs d'approche à très basse altitude pour limiter au maximum les détections radars et rechercher également l'effet de surprise sur objectif avant la mise en oeuvre des systèmes antiaériens.
Concrètement sur le front, l'aviation ukrainienne a recommencé depuis un peu plus d'un an à mordre timidement la zone d'exclusion aérienne définie par les accords de Minsk mais sans toutefois s'approcher de la zone des combats, domaine réservé depuis 2015 aux "avions sans pilotes", les drones d'observation.  Une violation aérienne des accords de Minsk se terminant par le crash de l'avion de combat serait en effet du plus mauvais effet psychologique pour Kiev, tant sur le plan militaire que politique.

Dernièrement la République Populaire de Lugansk repérant un retour des activités de l'armée de l'air ukrops a prévenu Kiev que tout aéronef ukrainien survolant la ligne de front serait abattu par les unités de défense républicaines. 

Nous risquons donc si l'escalade militaire en cours se poursuit de voir revenir, après l'artillerie lourde, l'aviation de combat de Kiev... pour un baroud d'Honneur et un retour de crashs en série !

Erwan Castel


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