lundi 7 mai 2018

Chasse à l'homme contre Rafael Luzvarghi


Rappel des faits : Rafael Luzvarghi est un volontaire brésilien originaire de São Paulo ayant combattu dans les rangs des milices du Donbass en 2014 et 2015. De retour au Brésil il a ensuite été arrête en octobre 2016, piégé par le SBU à Kiev via une société de sécurité ukrainienne qui lui avait faussement promis un emploi dans la sécurité maritime internationale. Le 25 janvier 2017, Rafael a été condamné à 13 ans de réclusion par le tribunal de Kiev mais son jugement a ensuite été cassé en août 2017 et un nouveau procès est prévu le 6 juin de cette année.

Depuis, le volontaire brésilien dont l'ambassade refuse toute forme d'assistance est en liberté conditionnelle dans un territoire ukrainien qu'il n'a pas le droit et ne peut pas quitter , son passeport lui ayant été retiré et où une chasse à l'homme est organisé contre lui par les radicaux nationalistes ukrainiens. Le 15 décembre 2017, Rafael apparaissait dans la liste initiale des prisonniers échangés sur la ligne de front, mais il a été retiré et maintenu sur le territoire ukrainien dans l'attente de son procès.

On peut certes lui reprocher sa naïveté qui l'a conduit droit dans le piège tendu par le SBU, mais les faits sont là : Rafael Luzvarghi est aujourd'hui une jeune homme en danger, jeté dans les rues de Kiev et abandonné par la justice de son pays et celle de Kiev qui "se lavent les mains" tandis que la vindicte vengeresse des néo-nazis s'est lancé à sa poursuite.


Le 4 mai, Rafael est repéré car le groupe paramilitaire néo nazi "C14", près d'un monastère ortthodoxe auprès duquel il a trouvé refuge. A l'arrivée des excités nationalistes, Rafael part se réfugier près de la mission diplomatique brésilienne du district de Kiev-Pechersk, mais il est arrêté par les radicaux, molesté et humilié puis conduit au SBU ligoté. 


Observation : Le lieu précis où ce buzz politico-médiatique à été organisé, un monastère orthodoxe du patriarcat de Moscou n'est pas anodin. En effet il y a sur fond de russophobie dans cette crise ukrainienne également une guerre de religion entre les patriarcats orthodoxes, celui de Kiev soutenant le bandérisme russophobe e celui de Moscou majoritaire mais que le nouveau régime voudrait éjecter hors d'Ukraine.

Il est très vraisemblable que cet incident va relancer les accusations de soutien au séparatisme pro-russe lancé par les séides radicaux du régime à l'encontre de l'église chrétienne orthodoxe traditionnelle. L'article du collabo Sioban est à ce titre révélateur de l'instrumentalisation de l'événement à des fins de croisade religieuse russophobe :



Dans ce torchon de RFI, Sioban, qui est connu pour être un chien de garde du régime de Kiev, raconte que Luzvarghi est un mercenaire, ce qui est faux car il était engagé dans les rangs des forces armées des Républiques du Donbass en tant que volontaire et non contractuel d'une quelconque société offrant de forte rémunération. Ensuite Sioban prétend que Rafael avait "disparu dans la nature", ce qui est également un mensonge car il se soumet depuis sa libération conditionnelle aux contrôles réguliers exigés par la justice ukrainienne. 

De toute évidence les paramilitaires nationalistes auraient pu simplement faire disparaître Rafael de façon incognito. Le fait qu'ils aient médiatisé leur action et transmis ensuite leur prisonnier au SBU dans une mise en scène soigneusement préparé confirme la volonté d'instrumentaliser leur vengeance à des fins politiques plus élargies.

Il y a donc derrière ce buzz médiatique également un autre procès : celui de l'église du patriarcat de Moscou implantée en Ukraine et dont le clergé et les églises font régulièrement l'objet d'attaques religieuses, politiques et même physiques de la part des bandéristes menant la danse dans le bal ukropithèque.


Rafael Luzvarghi donnant une interview devant le monastère qui l'hébergeait
Aujourd'hui une meute de bandéristes attendent le retour dans la rue de Rafael Luzvarghi pour "lui faire la peau" malgré sa coopération avec la justice ukrainienne. 
Suite à cet incident grave qui est, comme le rappelle l'ex-chef du Bureau ukrainien d'Interpol Kirill Kulikov, une violation du droit ukrainien pour laquelle les radicaux devraient être poursuivis, l'audience préparatoire à son nouveau procès (prévue le 6 juin) a été avancée le 7 mai en urgence.

A ce stade de l'affaire Luzvarghi on peut observer l'impunité avec laquelle opèrent sur le territoire ukrainien les milices paramilitaires nationalistes composées principalement de hooligans et radicaux néo-nazis et qui mènent une politique de terreur à l'encontre des opposants au régime, entraînant ce dernier vers un totalitarisme de plus en plus radical et illégal, car "qui ne dit mot consent" ! 


Il faut aussi dénoncer ici et avec véhémence le comportement de l'ambassade du Brésil qui bafoue également les droits élémentaire de son ressortissant de pouvoir bénéficier de la part de ses services d'une assistance consulaire. Non seulement les services diplomatiques brésiliens ignorent le sort de Rafael mais collaborent avec les radicaux néo-nazis le traquant dans les rues de Kiev. En effet à l'issue de l'échec de l'échange de prisonnier dans lequel il été initialement prévu en décembre dernier, Rafael Luzvarghi était allé à l'ambassade de son pays pour déclarer sa situation et demander une assistance laquelle lui a été refusée. Et d'après les premières informations c'est justement auprès du personnel de consulaire brésilien que les radicaux du groupe "C14" ont obtenu l'adresse de son refuge.

Le sort de notre camarade, coincé entre la volonté de vengeance d'une justice partiale  et celle de meurtre de radicaux nationalistes haineux reste donc très préoccupante.

Affaire à suivre...


Mise à jour le 7 mai au soir :

Rafael Luzvarghi, en comparution immédiate suite à son arrestation illégale par les radicaux nationalistes ukrainiens du groupe "C14" a été incarcéré dans l'attente de son nouveau procès." Rafael a refusé de répondre aux questions du tribunal déclarant qu'il ne lui accorde désormais plus aucune confiance.  


La sentence du juge renvoyant le brésilien dans les geôles ukrainiennes a été applaudie par les néo-nazis venus assister à la comparution.


Encore une preuve de la soumission des autorités ukrainienne, politiques, judiciaires et militaires à la haine des extrémistes qui depuis le Maïdan agissent illégalement et en toute impunité, entraînant le pouvoir dans un totalitarisme criminel.

Erwan Castel


Sources de l'article :

VK


3 commentaires:

  1. Tout cela est bien affligeant. Erwan, il n'y a pas lutte entre deux branches de l'orthodoxie, en Ukraine, il y a l'Eglise orthodoxe d'Ukraine, qui est là depuis la nuit des temps et sous l'autorité du métropolite Onuphre, au comportement irréprochable, qui évoque le saint métropolite martyr Philippe de Moscou ou le saint patriarche Paul de Serbie, et puis une création politique dirigée contre elle, dite "patriarcat de Kiev" dont le chef est un aventurier et un excité, et qui n'est reconnue par aucun patriarcat orthodoxe. C'est la raison pour laquelle le gouvernement ukrainien essaie d'obtenir une autocéphalie du patriarche de Constantinople Bartholomée, dont on peut redouter qu'il le fasse, car il a de fortes tendances oecuméniques et se prend pour le pape orthodoxe, placé au dessus des autres patriarches. Enfin, il y a les uniates, c'est-à-dire le truc fabriqué par les Polonais autrefois pour convertir les orthodoxes de force, en leur laissant leurs rites.

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    2. erci de votre réponse Laurence avec laquelle je suis d'accord. J'avais relevé le caractère psychotique de Filaret, ce Torquemada sénile qui dirige l'église dissidente de Kiev et veut légitimer religieusement les crimes de Kiev contre ses populations russes. https://alawata-rebellion.blogspot.com/2016/11/la-psychopathie-ukrainienne-7.html

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