mardi 10 juillet 2018

Porochenko dans l'impasse, Timochenko en embuscade


Après le coup d'Etat du Maïdan, le Président Poutine a entrepris de reprendre la main et l'avantage sur le grand échiquier et mettre en échec sans devoir les affronter frontalement les stratégies de préemption territoriale engagées en Syrie et en Ukraine par les néo-conservateurs étasuniens et leurs auxiliaires, terroristes et occidentaux. 

A Kiev, si Piotr Porochenko est toujours là, il est plus que jamais assis sur un trône éjectable qu'il doit désamorcer de toute urgence. Et tandis qu'il louvoie, menace ou bluffe pour conserver son pouvoir lucratif le plus longtemps possible, la stratégie atlantiste en Ukraine s'enlise dans les échecs et l'impopularité de sa marionnette.

Ce début de juillet 2018 l'Ukraine est autant au milieu d'un carrefour qu'au pied d'un mur et tandis que la situation générale du pays et celle du Donbass en particulier sont suspendues aux résultats de la réunion prochaine entre Trump et Poutine (16 juillet à Helsinki) Porochenko vient verser ses larmes de crocodile et agiter sa sébile devant ses parrains occidentaux aux sommets Ukraine-UE (9 juillet) et OTAN (11 et 12 juillet) qui se déroulent tous les deux à Bruxelles.
Depuis plusieurs années et bien que n'en faisant pas partie, l'Ukraine est invitée régulièrement intégrée aux stratégies de ces 2 organisations occidentales qui eux surtout s'invitent de plus en plus sur son territoire géostratégique aux confins de l'Occident et l'Eurasie, confirmant par là les commanditaires et objectifs réels du coup d'Etat du Maïdan de février 2014.

Les Euro-maïdan, s'il ont réussi leur coup d'Etat n'ont cependant pas réussi a atteindre leurs objectifs ayant provoqué un démembrement de l'Ukraine moderne et une dérive dictatoriale sur fond de corruption, effondrement économique et guerre meurtrière et coûteuse dans le Donbass.
Sur cette ligne de front, les préparatifs de l'Opération des Forces Combinées ukrainiennes pour une nouvelle offensive se poursuivent ainsi que les provocations contre la ligne de défense républicaine, même si globalement depuis le commencement de la calendaire  "trêve du pain" elles ont perdu en intensité. 

Mais c'est à Kiev que se déroule en ce moment la plus grande agitation, alors que le pays est officiellement entré en campagne pour les prochaines élections présidentielles (mars 2019).

En effet Porochenko ne contrôle plus le parlement ukrainien où jusque dans son propre parti il est de plus en plus contesté. Fait marquant de cette nouvelle crise politique ukrainienne, la composition de la Commission Électorale Centrale (CEC) n'a pas pu être votée. Porochenko, qui ne s'est pas encore prononcé sur sa candidature éventuelle à son propre poste, aurait même envisagé de dissoudre le parlement pour débloquer la situation.

Depuis 4 ans Porochenko a adopté la politique de l'indifférence, laissant les feux de paille de l'opposition et des radicaux clignoter régulièrement autour de son palais, mais aujourd'hui, avec la course présidentielle engagée, les enjeux et les menaces de cette nouvelle crise politique ne peuvent plus risquer le "laisser faire" des dernières années. 

Par ailleurs l'imprévisible Trump fait régner une incertitude et même une peur parmi les timoniers néoconservateurs mis en place en Europe par ces prédécesseurs. La ploutocratie mondialiste, dans la rafale de réunions de cette première quinzaine de juillet (UE, OTAN et Poutine) est aux aguets et Porochenko sait que si le vent tourne il sera le premier sacrifié et ça m'étonnerait que l'actuel Président Trump se mouille et défende une quelconque immunité pour le pantin installé à Kiev par l'administration Obama..

Cette situation n'échappe pas à ceux qui veulent la peau de l'oligarque chocolatier à commencer par sa rivale Ioulia Timochenko qui voudrait bien reconquérir la première place à Kiev, le cœur des ukrainiens et les affaires avec les occidentaux.  Et l'égérie de la révolution orange de 2004 a d'ailleurs entamer contre le maître de Kiev une campagne de dénigrement qu'elle espère voir se transformer en destitution politique et économique à laquelle l'oligarque risque de ne pas échapper même si il perd les élections régulièrement. Car pour sortir l'Ukraine de son isolement tout en assurant un changement dans la continuité, le successeur de Porochenko exhibera sa tête (corruption, crimes de guerre...) pour sortir Kiev de l'ornière et pouvoir engager un nouveau dialogue avec les partenaires occidentaux, russes et même pourquoi pas avec ceux du Donbass. 

Porochenko doit se radicaliser pour ne pas disparaître

  • Au vu de sa côte de popularité Porochenko qui survivait jusqu'ici à sa politique de l'autruche, planqué derrière la durée de son mandat présidentiel, n'a que très peu de chance d'être réélu en 2019. 
  • Par ailleurs, la situation actuelle du pays ne lui laisse aucune chance de pouvoir réaliser une sortie en douceur à l'issue de sa défaite électorale. Il sera le fusible condamné pour réinitialiser le système.
Donc, à moins d'un miracle électoral, Porochenko sera sacrifié en 2019 , éjecté de la scène politique, privé de son empire financier car probablement condamné dans une tentative de sauver les paris occidentaux  engagés sur le Maïdan...

Le Président ukrainien n'a donc que 3 options pour sauver sa tête, son pouvoir et sa fortune avec un ordre croissant de contrôle sur leur mises en oeuvre :
  1. Espérer capitaliser des victoires militaires pour remporter le scrutin présidentiel à venir...  beaucoup de si, mais après tout il a le droit de rêver.
  2. Par des élections législatives anticipées, démissionner tout en conservant l'immunité diplomatique parlementaire... mais que la justice peut lever.
  3. Etre maintenu constitutionnellement au pouvoir suite à une annulation pure et simple des élections présidentielles de 2019. 
Cette dernière option pourrait être simplement déclenchée par l'instauration de la loi martiale consécutive à par exemple une escalade militaire dans le Donbass. C'est donc une solution constitutionnelle à la fois simple et risquée pour annuler un scrutin (ce qui est prévu dans la majorité des pays). Or l'évolution vers cette situation radicale a déjà été largement amorcée cette année par l'approbation de cette "loi de restitution du Donbass" qui instaure un cadre juridique simplifié autorisant justement l'instauration de la loi martiale en Ukraine.

Et c'est ici que l'offensive ukrainienne en préparation depuis la mise en oeuvre de la toute nouvelle "Opération des Forces Combinées" dévoile, à côté d'un objectif militaire de premier plan (la reddition des Républiques de Donestk et Lugansk) son objectif politique, qui est peut-être le plus important et bientôt le plus urgent aux yeux du pouvoir apparait au grand jour : annuler le système démocratique et instaurer officiellement une dictature militaire en Ukraine. 


Le joker Timochenko



C'est ce que vient de confirmer justement Timochenko en déclarant que Porochenko, en provoquant une escalade militaire dans le Donbass "veut que des territoires supplémentaires soient occupées, que tout brûle, que la guerre prenne de l’ampleur et atteigne son plus haut niveau", afin de pouvoir instaurer une loi martiale ce qui annulera constitutionnellement les élections à venir et le maintiendra au pouvoir.


Ce faisant Timochenko ne se présente pas comme une contemptrice de la politique mise en oeuvre par les occidentaux via leur marionnette Porochenko mais juste pour une ambitieuse qui veut prendre la place et les avantages du calife de Kiev. Il suffit de réécouter ses déclarations concernant les russophones d'Ukraine et les russes en général pour se convaincre qu'elle est de la même veine psychopathe que l'actuel Président. Ainsi de cette conversation téléphonique du 18 mars 2014 où elle déclarait au député du Parti des régions Nestor Shufrych :"Il est temps de prendre nos armes et d’aller tuer ces maudits Russes, ainsi que leur leader"


Aujourd'hui, la séductrice Timochenko qui a tenté de se refaire une virginité politique après ses condamnations, et jusqu'à adopter un look plus occidental que celui de sa coiffure tressée traditionnelle, est le candidat le plus populaire pour ces élections autant que l'ennemi juré de Porochenko, son complice du Maïdan qu'elle est prête à poignarder pour retrouver son aura orange auprès de la ploutocratie mondialiste dont les bailleurs de fonds sont de plus en plus exaspérés par l'ivrogne Porochenko. 

Pour les parrains néo-cons du Maïdan, Timochenko c'est l'espérance d'assurer leur stratégie en Ukraine car soit Porochenko reste et c'est l'application rapide et dure de leur politique russophobe, soit c'est Timochenko qui prend la relève et c'est le changement dans la continuité...

A condition toutefois pour ces faucons de Washington de maîtriser l'imprévisible Trump...

Et pour ce dernier point essentiel la réponse va être donnée rapidement !

Erwan Castel
Articles référence : Ukrainia.ru, Sputnik 

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