jeudi 2 mars 2017

Pour en finir avec la Crimée

La Crimée toujours dans l'oeil du cyclone ukrainien

Le 16 mars prochain, la Crimée célébrera le 3ème anniversaire de son retour vers la Mère Patrie russe, une réparation historique espérée depuis l'indépendance de l'Ukraine et rendue légitime au lendemain de la rupture constitutionnelle causée par le coup d'état du Maïdan.

Un droit souverain du peuple de Crimée à disposer de lui-même mais dont les soubresauts ne sont pas terminés....

Manifestation pro-gouvernementale à Stavropol (Russie), le 18 mars 2014, pour célébrer le rattachement de la Crimée à la Russie. (Photo Danil Semyonov / AFP)
Depuis son investiture, le Président Trump poussé par des courants néoconservateurs profond est parti à la dérive dans la direction imposée par la ploutocratie mondialiste qui garde une main forte sur le gouvernail. 
Tout en lui laissant une marge d’initiative étroite (et impopulaire) dans le domaine de la politique intérieure, le pouvoir profond semble avoir forcer le maintien du cap de la guerre dans un océan international déjà très houleux.

Que ce soit en Mer de Chine ou autour de l'Iran, l'administration Trump reste aujourd'hui globalement alignée sur les directives de la précédente, et la Crimée est certainement l'exemple le plus flagrant du retournement opéré par le candidat Trump depuis son investiture à la Maison Blanche. En effet, ignorant à la fois le sens de la "real poilitic" et la réalité du sens de l'Histoire, Trump continue à corps et à cris de demander la restitution de la Crimée à l'Ukraine, méprisant ainsi la volonté quasi unanime de ses habitants autant qu'il s'aligne sur la stratégie d'un Euro-maïdan qu'il n'a pas cessé de dénoncer pendant sa campagne présidentielle...

La propagande de guerre appuie souvent ses mensonges sur un déni de l'Histoire quand ce n'est pas carrément une manipulation ou une déformation de ses événements, et le mythe occidental d'une Crimée prétendument annexée de force par Moscou suite à une invasion de l'armée russe n'échappe pas à cette manipulation médiatique des foules occidentales.

De fait, il n'y a eu ni "invasion" ni "annexion" car :
  • Les 24 000 soldats et marins russes présents au moment des événements étaient déjà en garnison dans cette péninsule, qui est historiquement russe comme le prouve la flotte de la Mer Noire à laquelle ils appartiennent, et qui est depuis sa création en 1783 basée dans le port de Sébastopol. Cette présence militaire russe en Crimée était d'ailleurs autorisée par un accord international entre Kiev et Moscou signé le 28 mai 1997 (en échange entre autre de tarifs gaziers préférentiels) 
  • La Crimée a rejoint la Russie par un référendum populaire qui ne fait que confirmer une volonté déjà exprimée plusieurs fois depuis qu'en 1954 le Président Kroutchev l'avai arbitrairement rattachée à l'Ukraine soviétique. En effet, les criméens ont toujours exprimé leur volonté de se détacher des décisions prises à Kiev. Ainsi le 20 janvier 1991, lors d'un premier référendum, 94,30 % de votants se prononçaient pour le rétablissement d'une "République socialiste autonome de Crimée". Plus tard le 27 mars 1994, lors d'un second référendum, ce sont 78.40 % qui réclament un élargissement de l'autonomie de la péninsule.
Donc, le 16 mars 2014, les 96,77% de votants (sur 86% de participation) se prononçant pour un retour en Russie de leur région n'ont fait que confirmer la volonté exprimée par ce peuple russe depuis plus de 20 ans via un référendum populaire que sécurisait la garnison russe locale, et qui a été observé par 70 observateurs étrangers issus de 23 pays différents qui l’ont jugé conforme au droit international et à la Charte des Nations unies. Deux jours plus tard, le 18 mars, la Douma d'état de la Fédération de Russie a également procédé à un vote démocratique validant à l'unanimité la demande exprimée par le peuple de Crimée.

Aussitôt les parangons occidentaux de la démocratie, ceux là même qui ont imposé le référendum du Kosovo, bidouillé celui des grandes Comores etc... ont  hurlé contre celui de la Crimée invoquant le même "Droit international" qu'ils bafouent avec leurs révolutions colorées, opérations militaires et coups d'état multiples dans les pays souverains qui refusent leur dictature. 

Dans le cas précis de la Crimée, il y avait urgence, et les mesures qui ont été prises par Moscou pour protéger la population très largement pro-russe (et même binationale) de la péninsule sont pleinement légitimes et justifiées par une série d'incidents graves comme des attaques perpétrées à l'encontre de ses habitants comme à Korsun où le 20 février 2014, des manifestants de Crimée ont été violemment arrêtés et bastonnés à Korsun par des activistes euro-maïdan.


Le pogrom de Korsun

Depuis le retour de la Crimée vers sa Mère Patrie, les pays occidentaux ont déclenché contre Moscou une batterie sans fin de représailles économiques qui tirées dans tous les sens finissent mêmes par ricocher et les frapper en retour. Cette réaction violente et hystérique révèle l'importance géo stratégique cruciale de cette presqu’île de la Mer Noire, qui est l'objectif militaire principal du coup d'état organisé sur le Maïdan et qui a su échapper in extremis aux griffes occidentales.

Peut-on raisonnablement piétiner et brûler une constitution un jour sur le Maïdan et le lendemain faire référence à elle pour contester un référendum populaire ? Car de fait le coup d'état du Maïdan a provoqué une rupture constitutionnelle à Kiev alors que la Crimée autonome a toujours sa constitution régionale du 12 janvier 1999.

"Double langage", "double format" etc nous avons ici un exemple éclatant de la duplicité d'un occident amoral dont la seule référence guidant ses actions et ses déclarations est l'intérêt et non les principes fondant une civilisation. Ignorant avec mépris l'Histoire et pensant que nous ferons de même, le Nouvel Ordre Mondial pousse sa mauvaise foi mauvaise foi jusqu'aux sommets jusque là invaincus d'un ridicule en défendant aujourd'hui bec et ongle la décision arbitraire et autoritaire du soviétique Kroutchev qu'il a combattu pendant des années.

La Crimée risque donc d'être la mort définitive de toute forme de rapprochement et désescalade entre Moscou et Washington, car la Russie ne pourra jamais accepter de céder une partie de son territoire national, surtout à un gouvernement qui a promis de faire la guerre aux russes. entre une situation paralysante et une situation explosive la frontière est parfois mince et la pente dangereuse...

En attendant, ces banksters qui se cachent dans les défilés masqués des carnavals démocratiques continuent en toute impunité à bafouer les droits souveraines des peuples comme par exemple cet article 1 (point 2) et 55 de la charte des Nations Unis du 26 juin 1945 qui reconnait et protège "Le droit des peuples à disposer d'eux mêmes"... ce que la Fédération de Russie a scrupuleusement fait en mars 2014 !

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

Ci -après une mise au point réalisée par Ted Galen Carpenter sur le même sujet :


Source de l'article :  National interest

Amérique, la Crimée et les dangers de hypocrisie

l'accusation de Washington sur le changement territorial forcé est extrêmement faible


Par Ted Galen Carpenter

"L'administration Trump poursuit la politique de son prédécesseur en ce qui concerne la question de Crimée. L'ambassadeur américain Nikki Haley est le dernier officiel pour confirmer ce point. Dans un discours prononcé le 2 Février, Haley a souligné que les États-Unis avaient l' intention de maintenir les sanctions économiques contre la Russie jusqu'à ce que Moscou retourne la péninsule à l' Ukraine. " La Crimée est une partie de l' Ukraine" , at - elle déclaré sans ambages. Elle a réitéré la position ferme de Washington dans une allocution devant le Conseil de sécurité des Nations Unies le 21 Février.

Cette position est presque identique à la politique de l'administration Obama. L'ancien secrétaire d'Etat John Kerry a fustigé l'action de la Russie dès le départ . «Vous ne pouvez tout simplement pas dans le vingt et unième siècle adopter un comportement à la mode du dix-neuvième siècle en envahissant un autre pays sur toutes pièces jusqu'à prétexte," fulminait-il " La Russie viole la souveraineté de l'Ukraine. La Russie viole ses obligations internationales ".

Je l'ai écrit ailleurs comment la position de l'administration Trump sur la Crimée incarne retraite rapide du président du réalisme de la politique étrangère. Mais le cas de la Crimée illustre également un problème de longue date avec la politique étrangère américaine: une volonté d'employer des doubles standards flagrantes.

De nombreux responsables américains au cours des décennies ont insisté sur le fait que les changements territoriaux obtenus par la force militaire sont illégitimes, et que Washington ne peut tolérer un tel comportement. La Crimée est simplement la dernière application de cette politique. George HW Bush a pris une position intransigeante concernant l'invasion et l' occupation de l' Irak du Koweït, et à la différence des administrations Obama et Trump, même mené une guerre pour renverser le résultat. Lors d'une session conjointe du Congrès pour justifier l'entrée en guerre du Golfe de l' Amérique, il a déclaré : "Un régime fantoche imposé de l'extérieur est inacceptable. L'acquisition de territoire par la force est inacceptable. "

Cependant, la position de Washington concernant le comportement similaire par les alliés des États-Unis est nettement différente. On peut se demander, par exemple, lquand les États-Unis vont demander à Israël de restituer les hauteurs du Golan à la Syrie. Israël a saisi cette zone pendant la guerre de 1967 des Six Jours, un conflit qui a été initié par Israël en tant que mesure préventive parce que la Syrie et l'Egypte semblaient faire des préparatifs pour une attaque sur l'Etat juif. Tel Aviv a des raisons de sécurité solides pour vouloir conserver les hauteurs du Golan. Ce sont des emplacements à partir desquels lartillerie syriennes a menacé à plusieurs reprises les communautés israéliennes dans la vallée en dessous.

Néanmoins, il est un cas indiscutable d'un ajustement territorial réalisé par la force militaire, et l'annexion ultérieure par Tel Aviv du territoire confirme qu'il ne sera jamais restitué à la Syrie. Pourtant, en contraste marqué avec la politique américaine concernant la Crimée, Washington n'a jamais imposé des sanctions à Israël. Au contraire, les relations bilatérales sont devenues très proches dans les années intermédiaires.

Un tout aussi flagrant double standard US existe en ce qui concerne l'invasion de la Turquie et de la saisie du nord de Chypre en 1974. Dans cet épisode, même une justification de sécurité solide faisait défaut. Ankara utilisé des incidents isolés de violence chypriote grecque contre les Chypriotes turcs comme un prétexte pour occuper environ 37 pour cent du pays. Bien que Washington ait initialement des sanctions douces sur la Turquie pour son agression, ces mesures ont rapidement été annulées et oubliées. La Turquie a pu ainsi procéder par l'établissement de la marionnette République turque de Chypre du Nord. Le manque de légitimité significative de cette entité a été soulignée quand Ankara a orchestré l'exode de plus de cent mille colons de la Turquie continentale pour consolider l'occupation.

On peut se demander en quoi les actions de la Russie en Crimée étaient tellement bien pire que les précédents épisodes pour  justifier l'imposition de sanctions sévères. Bien que la logique de sécurité de Moscou pour l'annexion n'a pas été aussi forte que la situation d'Israël concernant les hauteurs du Golan, elle était loin d'être négligeable. Avec l'émergence d'un régime fermement anti-russe en Ukraine, le Kremlin avait des raisons de craindre pour l'avenir de sa base navale cruciale de Sébastopol. En outre, les responsables russes ont été échaudés par l'ingérence des américains et des européens en soutien aux manifestants à Kiev qui ont renversé le président pro-russe démocratiquement élu Viktor Ianoukovitch, deux ans avant l'expiration de son mandat.

De plus, les Russes soulignent que la Crimée faisait partie de la Russie depuis les années 1780 jusqu'en 1954, lorsque le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev a transféré son contrôle à l'Ukraine. Alors que l'Ukraine et la Russie étaient tous deux partie de l'Union soviétique, cette décision n'a pas beaucoup d'importance à l'époque, mais avec la désintégration de l'URSS, ayant une base militaire essentielle dans un pays étranger la Crimée est devenue une préoccupation pour la Russie. Aujourd'hui, les Russes ont des raisons de se demander pourquoi les dirigeants politiques américains et les décideurs considèrent l'édit arbitraire faite par le dictateur communiste d'un pays disparu avec un tel respect.

Enfin, les États-Unis et ses alliés de l'OTAN se sont eux mêmes engagés dans un ajustement territorial par le force. L'OTAN a mené une guerre aérienne de soixante dix jours contre la Serbie en 1999 pour détacher de ce pays et de la compétence de Belgrade la province agitée du Kosovo. Par la suite, en 2008, Washington et ses alliés ont contourné le Conseil de sécurité des Nations unies (et un certain veto russe) pour accoucher de la déclaration unilatérale d'indépendance du Kosovo. Cela a créé un précédent essentiel, que Moscou a saisi plus tard cette même année dans une guerre contre la République de Géorgie. Ce conflit a aidé dans deux régions sécessionnistes, l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, de se libérer du contrôle de Tbilissi.

Compte tenu des multiples cas d'un double standard flagrant, le fondement moral de la politique de Washington en ce qui concerne les ajustements territoriaux forcés est extrêmement faible. Et l'actuelle position stricte concernant la Crimée n'a pas même pas de sens du point de point de vue pratique. Les dirigeants américains doivent accepter la réalité que la Russie ne renoncera pas à la Crimée. Ni la Serbie pourra récupérer le Kosovo ou la Syrie reprennent les hauteurs du Golan en provenance d'Israël. En dépit de la dernière série de négociations périodiques au cours des décennies, il est également peu probable que le gouvernement chypriote ne sera jamais retrouver la souveraineté sur ses territoires du Nord.

L'Amérique n'a rien à gagner à persister dans avec entêtement, dans sa futile demande adressée à la Russie de retour de la Crimée à l'Ukraine. Washington est l'hypocrisie sur cette question à la lumière des positions prises par les puissances Occidentales (y compris les États-unis eux-mêmes) dans des cas similaires de saisies territoriales, rend cette attitude est encore plus répulsive."

T.G. Carpenter




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