mercredi 23 avril 2014

Ni pour Poutine, ni pour Obama... surtout pas Obama !

Publié initialement sur Facebook le 22 avril 2014

Pour répondre à certains interlocuteurs dubitatifs ou engagés, je ne pense pas que l'Ukraine ne soit qu'un enjeu énergétique mais que c'est un objectif stratégique, toujours visé par les empires du moment (Mongols, Ottomans etc...) Cette dimension stratégique s'exprime surtout depuis la fin du XVIII° siècle où déjà l'Empire de la mer (Angleterre) s'oppose à l'empire de la mer (Russie) pour le contrôle de la Mer Noire. Robert Steuckers, Aymeric Chauprade, Alain de Benoist, pour ne citer qu"eux, ont récemment réalisé des synthèses intéressantes de cette crise, car éclairées par l'Histoire d'un affrontement de deux stratégies : d'un côté celle du "containment" (encerclement de la Russie) menée aujourd'hui par les USA et leurs laquais de l'UE, et de l'autre côté la stratégie de la "Novorossiya" (Russie nouvelle) restauration impériale, évoquée par Poutine la semaine dernière.


LA STRATÉGIE DE L’ENCERCLEMENT, UNE VIEILLE HISTOIRE...

Parallèlement à une stratégie de renversement des régimes fermés à leur politique économique libérale (Irak, Libye, Egypte...) les USA mènent une politique d'encerclement militaire et d'étranglement économique de la Russie, (mais aussi des pays de la BRICS). 

Ce sont les anglo-saxons et les américains eux-mêmes qui l'expliquent dans leurs différents rapports, quand est étudiée la possibilité (et la nécessité) d'encercler la Russie, depuis celle de Catherine II jusqu'à celle de Poutine. Cette dynamique d'encerclement a été gelée pendant la guerre froide la confrontation se jouant plutôt dans le cadre de la décolonisation des pays du sud. A la chute du mur les forces ont été libérées et surtout depuis la restauration de la Russie par Poutine. 

Puisque certains me demandez d'étayer, il suffit d'aller lire entre autres : le rapport "Russian armement" écrit en 1791 (Memoirs of the life of William Pitt, page 407), ou la stratégie du "Heartland" défendu par Halford John Mackinder en 1904 dans son essai "The géographical pivot of History" 
Ces stratégies sont axées sur un protectionnisme de la stratégie anglo-saxonne, véritable thalassocratie qui cherche a empêcher le bloc continental représenté par la Russie de s'étendre vers la méditerranée (depuis la chute de l'empire ottoman). 
Même le quotidien américain New York Times a rapporté dans son édition du 19 avril que la Maison Blanche qui avait pris la décision de revoir ses rapports avec la Russie, envisageait un retour à la « politique de l'endiguement ».


LE PIVOT STRATÉGIQUE

Les USA vont reprendre à leur compte cette politique du "containment" de la Russie surtout à partir les mandats de Clinton, très bien expliquée dans le livre de Zbigniew Brzeziński, conseiller de Jimmy Carter, "Le grand échiquier" 'que j'ai déjà cité et où il expliquait (reprenant l'analyse de Mackinder jusque dans son vocabulaire) le rôle de "l’Ukraine, essentielle avec ses cinquante-deux millions d’habitants et dont le renforcement de l’indépendance rejette la Russie à l’extrême est de l’Europe et la condamne à n'être plus, dans l'avenir, qu’une puissance régionale". 

La Russie a travaillé pour renouer les relations avec une Ukraine indépendante et préserver son accès à la Mer Noire, "pivot stratégique vers la Méditerranée", dont on peut mesurer l'importance stratégique dans les aides économiques accordées à l'Ukraine en échange de la flotte russe de Crimée. Ainsi, l’Ukraine bien qu’indépendante indépendante continuait à jouer son rôle de « glacis de l’empire » et de porte commercial vers le sud. Les USA et L’Europe présents en Ukraine depuis la fin de l’URSS (ONG, Contrats économiques etc…) ont cherché a raccrocher l’Ukraine au système économique libéral occidental. Ils y sont presque arrivés mais le gouvernement du faible Ianoukovitch s’est rétracté au dernier moment (sous une pression russe très certainement) et plus tard en signant l’accord douanier avec Poutine, le poisson a définitivement échappé au filet de l’UE mais a aussi gravement pénalisé ses barons ukrainiens comme le milliardaire Piotr Porochenko, qui n’a rejoint euro-maïdan qu’un fois ses intérêts financiers diminués par le nouvel accord.


UN PAYS DIVISE

Si on regarde les résultats des dernières élections ukrainiennes, on voit déjà la division qui éclate aujourd’hui entre le Sud Est, majoritairement russophone et slave et le Nord Ouest, majoritairement catholiques et historiquement rattaché à l’héritage austro hongrois avec notamment le bloc polono-lituanien. Pour être juste il faudrait rajouter ici la sud du pays qui a quant à lui un héritage également lié à l’Empire Ottoman qui avait occupé les berges de la Mer noire (d’où la présence de communautés musulmanes comme les tatars) 

Cette division historique est réelle et la jeune Ukraine indépendante aurait même pu en profiter devenant un trait d’union entre l’Europe Orientale et l’Europe Occidentale, si les clans oligarchiques, ne s’étaient pas battus entre eux le butin de ses ressources depuis 25 ans. La corruption est la règle depuis le gouvernement Kravtchouk jusqu’à Ianoukovitch , avec les même chiens qui tournent autour et veulent leur os à ronger coûte que coûte. Ainsi de Timochenko aux affaires » depuis 1991, trempant dans quasi tous les gouvernements et plusieurs fois condamnée pour contrebande falsification, abus de pouvoir etc... (je suis d’accord les « autres » ne valent guère mieux) ou de Iatseniouk , qui en 2010 n’avait obtenu que 6,96% aux élections !


UN GOUVERNEMENT QUI NE REPRÉSENTE QUE LUI-MÊME ET LES INTÉRÊTS OCCIDENTAUX

On voit bien que l’équipe intérimaire ne pouvait espérer gagner démocratiquement les prochaines élections, car ce sont des « louseurs ». La stratégie étasunienne s’est appuyée sur ces opposants pour déléguer un renversement de pouvoir, préférant la stratégie du chaos au développement d’un pays indépendant et politiquement fermé et bien entendu une restauration de l’empire russe.

L'histoire nous apprend que la belle spontanéité des révolutions n’existe que dans leurs historiographies. Les USA après l’enlisement de l’Irak ont repris la stratégie testée en Afghanistan à savoir armer des minorités extrémistes pour déclencher une résistance armée. Concernant l'Ukraine je me ferai, dès que possible, un plaisir de revenir sur l’insurrection, la formation de certains activistes (source polonaise) la chronologie des victimes (civiles et policières), et l’affaire des tireurs dont la vérité commence à émerger des fumées de la place Maïdan (voir par exemple ce reportage d’investigationle lien : ICI
Mais aujourd'hui, l’Histoire se joue dans le Donbass.

Un élément intéressant, c'est la précipitation avec laquelle Kiev et les USA-UE signent des contrats économiques à long terme, précipitation qui ne fait que révéler la nature du coup de force réalisé sur la Maïdan en février et ses vrais objectifs. Car la logique voudrait que ce gouvernement, qui n'a aucune légitimité populaire et dont l'action principale a été de renverser Ianoukovitch, et de restaurer un ordre (très relatif) en Ukraine, la logique voudrait qu'il se contente d'organiser les élections et laisse à l'équipe suivante et élue, le soin de mener les réformes.
Et bien non, il signe a tout va les contrats que lui présentent les technocrates de l'UE ou les commerciaux du FMI, comme s'il savait son aventure politique éphémère... "Profitons-en !" et en échange l'OTAN avance ses pions en Ukraine et renforce ses autre pièces en Europe.


LE DOUBLE STANDARD

On nous parle du gaz ici, et du pétrole là, et bien entendu les réserves énergétiques sont souvent au cœur des enjeux mais pas seulement et avec des proportions variables. Je reste persuadé que l’Ukraine est d’abord un enjeu géostratégique et pour les deux parties : l’OTAN qui depuis 1990 mène une politique offensive d’encerclement et la Russie qui veut restaurer sa souveraineté pan-slave en mer Noire, fruit de 3 siècles d’histoire…

Ce que je ne supporte pas, c’est la mentalité du « 2 poids 2 mesures » ou « double standards » pratiquée par l'Occident. Ainsi du coup d’Etat du Maïdan qui serait légitime parce que populaire (entre 50 000 et 100 000 manifestants) quand le soulèvement de la majorité des villes du Donbass ce ne serait qu’une action « terroriste » excitée par des unités spéciales russes. Idem du référendum du Kosovo, sous haute surveillance militaire qui est légal quand celui de la Crimée est inadmissible ou celui du Donbass inacceptable… 

Côté Est ukrainien, il y aurait des unités spéciales russes, les fameux « petits hommes verts dont tout le monde parle dans les chaumières… Pourquoi pas et même certainement car se serait stupide de la part de la Russie ne pas utiliser toutes les ressources de renseignement civiles ou militaires pour surveiller sa zone immédiate d’influence. (pour la Crimée, la présence de l’armée russe était légale conformément aux accords de la flotte de la mer noire autorisée a stationner jusqu’à 25000 hommes sur la péninsule). 
Côté Kiev, par contre, il n’y aurait pas d’unités spéciales américaines, c'est faux, il y a en a comme par exemple l’unité de drones qui s’est déplacée de Pologne et qui a eu un appareil (à faible rayon d’action) abattu en Crimée (point abordé lors de la première rencontre entre Lazrov et Kerry en mars) ; Maintenant, soyons sérieux, quelle différence existe-t-il entre un soldat d’une armée privée de sécurité dont le boss prends ses ordres auprès des faucons de Washington et un GI’ de l’USMC dont le commandement obéit aux mêmes faucons ?
Les seules différences sont le salaire du soldat et la responsabilité diplomatique de Washington.

Alors on arrive à des mensonges grotesques, comme les derniers en date qui consiste à attribuer aux « petits hommes verts » de Moscou l’attaque du point de contrôle de Slaviansk, (5 morts) tandis que les observateurs de l’OSCE et la presse visitaient les activistes du Maïdan capturés sur place ! ou que la République autoproclamée du Donbass allait procéder à un recensement des juifs etc...


CONCLUSION

Donc pour terminer avec cette réflexion d'européen dont je vous prie d'excuser la longueur, je pense que dans tout conflit de ce genre, les mêmes méthodes et les mêmes armes, sont utilisées par tous, et elles offrent des aspérités médiatiques aveuglantes. 

Il est important me semble t'il, pour comprendre les enjeux et les menaces, de quitter le domaine de la tactique et de la communication, pour tenter d'aborder la dimension stratégique et historique, pour définir qui tire les ficelles et à quel système profite les énergies humaines déployées, souvent avec une sincérité généreuse qui n'a d'égale que l'hypocrisie cupide des gouvernements.

Alors on peut revisiter le champ tactique avec un autre regard plus critique et juste.

Ce que je retiens, c'est que ’Europe est d'ores et déjà la grande perdante de ce bras de fer qui dépasse ses frontières éclatées… car alignée sur Washington elle n'est plus qu'un toutou aphone et affamé qui répète les mensonges de son maître... et cela m'attriste de voir cette puissance n'être même plus l'ombre d'elle même. 

Je me sens orphelin, et ni Poutine ni les Obama ne me représentent, mais surtout pas Obama !

Et, même si des cercles d'idées et des mouvements de pensée existent et cultivent l'espérance dans nos cœurs hyperboréens, si demain le choc de l'Histoire m'oblige à choisir entre la mer occidentale et la terre orientale, alors je choisirai le rocher solide plutôt que la vague changeante, car l"Europe est continentale avant tout et partage une histoire et des traditions communes avec l'Eurasie voisine....

A Cayenne le 23 avril 2014

Qui gouverne l'Ukraine ?

Le maître et le laquais...


Le 12 avril dernier, la veille du lancement de l'opération spéciale, Kiev avait reçu la visite de John Brennan, le Directeur de la CIA. Cette visite dont le secret avait été éventé au sein même du parlement ukrainien la semaine suivante, avait finalement été reconnue par Washington. 

Aujourd'hui, au moment où la trêve de Pâques prend fin, c'est au tour de Joe Biden, le vice-président des USA de venir "soutenir" les apprentis Iatseniouk et Turchynov lequel "exige" auprès de son parlement la réactivation de l'opération spéciale dans le sud-est de l'Ukraine ! 

Parallèlement à ces "réunions techniques", tandis que le mythe des "petits hommes verts" de Moscou s’essouffle, on apprend que 86 insurgés du Maïdan avaient fait un "stage" dans une école de police polonaise quelques semaines avant les événements, que des "mercenaires" anglophones de sociétés privées de sécurité (Greystone et Academia) débarquent chaque semaine en Ukraine...

D'où ma question : Qui gouverne aujourd'hui en Ukraine ?

En attendant voici a photo de la rencontre entre Joe Biden et Oleksandr Turchynov, elle vaut me semble-t-il un long discours et apporte un début de réponse à ma question... 

Car point n'est besoin d'être psychologue pour déceler dans l'attitude des 2 hommes lequel est le laquais, lequel est le maître : la tête et le regard soumis du laquais qui donne sa main plutôt que de l'échanger équitablement, le sourire triomphal et condescendant du maître, etc...

Bref, les USA semblent avoir déniché cette fois de serviles domestiques, mais tellement nuls qu'ils leur faut intervenir pour faire le travail à leur place...

Pour info, je mets ici une autre poignée de main énergique et respectueuse, entre Biden et... Poutine (mars 2011)


"No comment" ...

Erwan Castel le 22 avril 2014

Pour suivre les événements en Ukraine le lien ici : Chronologie

dimanche 20 avril 2014

Les pions sur le grand échiquier

Syrie - Ukraine - OTAN

Par Robert Steuckers


"Dans le cadre d'un sujet de mémoire d'une étudiante à Bruxelles, Robert Steuckers nous délivre une brillante analyse historique et géopolitique sur la Syrie et l'Ukraine.

Il est revenu sur les révolutions tunisienne et égyptienne ainsi que sur les tentatives de déstabilisation de ces pays. L'Algérie, dont le régime militaire socialiste tente de résister, est sans doute la prochaine tentative de déstabilisation en Afrique du Nord. La Syrie reste une particularité dans ce qu'on appelle le « printemps arabe » et Robert Steuckers expose le rôle de l'armée et du régime baassiste dans le fonctionnement du pays. Nous apprenons aussi que le cas de la Syrie et de la Crimée sont liés historiquement, ce depuis le XIXe siècle, l'enjeu principal étant le contrôle de la Méditerranée orientale.

L'instrumentalisation d'un islam « radical » par le courant wahhabite dans le Caucase est aussi traité dans cet entretien, mais aussi le rôle que devait jouer l'Union Européenne dans la conférence de Genève II, ainsi que les réformes qui s'imposent dans le cadre des nominations des membres permanents du Conseil de Sécurité de l'ONU.

Ce brillant exposé de Robert Steuckers nous permet de disséquer les enjeux qui se déroulent dans le bassin méditerranéen oriental et le Moyen-Orient.

Pour rappel, Robert Steuckers est une grande figure de ce qu'on appelle la « Nouvelle Droite », ancien membre du mouvement GRECE et fondateur du mouvement « Synergies européennes ».

A diffuser très largement."
E.I.Anass
Source de la vidéo 
- Site "YOUTUBE", le lien : ICI 



La crise ukrainienne et sa dimension internationale...

Ukraine : éviter la Guerre mondiale

Voici deux documentaires synthétiques et très intéressants qui permettent de mieux comprendre ce qui se joue de chaque côté du Dniepr, car ils réalisent une approche de la crise ukrainienne, à la fois dans sa dimension historique mais aussi une critique engagée des enjeux et menaces qu'elle représente au plan de la géopolitique internationale.

L'analyse historique

Source : Le Monde.fr, le lien ici : Ukraine : comprendre les origines de la crise en 5 mn


L'analyse géopolitique

Source : Chaîne you tube "SolidaritéetProgres" le lien ici : Solildarité et Progrés

Ukraine : éviter la guerre mondiale (14'48")

Dernière minute : Les affrontements se radicalisent avec des provocations meurtrières dans la région du Donetsk. Malgré les accords de Genève et la trêve de Pâques, les tensions qui ont déjà fracturé le pays risquent d'entraîner le pays vers une guerre civile ukrainienne téléguidée, détonateur d'une crise internationale, confirmant malheureusement cette analyse...  

Pour suivre les événements au quotidien, le lien ici : Ukraine, chronologie d'un conflit

Erwan Castel le 20 avril 2014 

vendredi 18 avril 2014

Le courage d'un peuple qui veut le rester

Hommage à Kramatorsk, ville libre du Donetsk !

Kramatorsk, le 16 avril 2014 (00'55")

Tout le monde se souvient de ce jeune étudiant chinois de la place Tien an Nem qui en 1989 s'était opposé avec l'énergie du désespoir à un char, cela à l'époque avait choqué et ému "le monde libre"... 
Aujourd'hui la même folie - celle d'envoyer l'armée contre sa population - s'est emparée du gouvernement de Kiev, non pour mater une "chienlit estudiantine" comme dirait De Gaulle, mais pour étouffer les revendications légitimes d'une partie de sa population russophone et qui veut le rester...

Soit c'est une grave erreur suicidaire, soit c'est une provocation incendiaire ! 
Dans les deux cas c'est stupide et meurtrier...

Une nouvelle résolution a été signée hier à Genève pour engager un processus de "désescalade" Sera-t-elle respectée ? Il faudrait être taré pour ne pas le souhaiter. Mais il ne faut pas oublier que ces résolutions sont ces dernières années, systématiquement bafouées... vous voulez un exemple : les accords du 21 février signés entre les "euromaïdans" et le Président Ianoukovitch qui leur ouvrait son gouvernement, négociations etc...

Donc observons... et espérons !

En attendant, je salue le courage de cette villageoise inconnue de Kramatorsk, qui barre le chemin à des blindés par la seule force de son courage et de son amour pour son sanctuaire slave...

A moins qu'il ne s'agisse, comme la bien-pensance est capable de l'affirmer, d'un spetsnaz russe déguisé et dopé aux épinards qui s'oppose avec férocité à la merveilleuse caravane démocratique des Droits de l'Homme venue libérer les archaïques campagnes ukrainiennes...

Mais bien sûr ! Pourquoi n'y avais-je pas pensé ?

Erwan Castel le 18 avril 2014

Reportage Euronews (01'25")

(merci aux habitants de Kramatorsk et aux différents sites et comités de soutien d'avoir partagé ce témoignage, dont vous trouvez des liens en haut de la colonne de gauche...)




jeudi 17 avril 2014

L'arme médiatique, dissuasion et/ou provocation ?

Le conflit en Ukraine est nimbé d'une opacité où la seule chose dont on est certain, c'est qu'il évolue très vite et porte des enjeux et des risques très importants.
C'est pour cela que depuis plusieurs semaines, une guerre moins mortelle mais tout aussi violente sévit sur les médias verrouillés par leur mentors ou le net débridé et noyé sous les vraies fausses infos, les intox, les "fakes", les trolls et que sais-je encore... 

Aussi c'est un véritable labyrinthe qu'il faut souvent emprunter pour espérer glaner une donnée qui ne soit pas vérolée ! C'est pour cela que parfois, je corrige les infos voire les supprime quand elles s'avèrent erronées ou suspectes. 
J'essaye de trier en amont des publications mais c'est pas toujours évident. 

Aussi veuillez m'excuser si parfois les vilains réussissent à trompent ma vigilance... 

"JE TE TIENS, TU ME TIENS PAR... LE MENSONGE"

Kiev a annoncé une opération spéciale un assaut et des tués...
Les insurgés annoncent que l'apocalypse va s'abattre sur eux...
Les USA accusent Moscou d'envahir l'Ukraine avec quelques commandos... 
Moscou accuse la CIA de tirer les ficelles du Maïdan...

Or à part pour la CIA, dont la présence est prouvée jusque dans le gouvernement de Kiev lui-même, il faut reconnaître une part importante de confusion et d'exagération dans les informations diffusées. Et cela ne diminue pas la gravité de la crise, au contraire car si chacun ici accuse l'autre de jeter de l'huile sur le feu, c'est pour provoquer le "casus belli" sans en porter la responsabilité. 

En cela l'opération menée par Kiev est symbolique, et révèle que les vrais objectifs de l'"opération spéciale" sont plus politiques que militaires car sinon, tout bien réfléchi :
C'est un suicide politique dans le cadre des élections présidentielles 
C'est un coup de grâce portée à l'unité de l'Ukraine déjà historiquement fragile, 
C'est un échec militaire car les moyens sont disproportionnés et inadaptés
C'est un désaveu moral pour un Maïdan qui se veut populaire et démocratique 

Donc cette "opération spéciale" de Kiev orchestrée par la CIA n'est plus qu'un appât que Washington agite devant la caverne de l'ours russe espérant qu'il pourra le prendre en faute, puis échanger le pardon de la communauté internationale contre ... le retrait de son soutien au régime syrien par exemple !...

Mais sur le terrain, on voit bien que les soldats ukrainiens pour le moment tourne autour du pot, investissant des aérodromes désertés, reculant leurs chars devant des poignées de villageois etc...

L'EXEMPLE DE L'ATTAQUE DE L’AÉRODROME DE KARMATORSK...

L'aérodrome de Kramastork objectif sans importance a été investi en quelques minutes seulement... 
Les compte-rendus qui suivirent furent hallucinants allant d'une petite fusillade d'intimidation avec un blessé léger à un combat acharné avec plus de 10 morts et même un hélicoptère abattu en plein vol !
Dans tout ce fatras de rumeurs, montages vidéos mensongers, de commentaires propagandistes ou alarmistes il est clair aujourd'hui que les premiers coups de feu avérés dans le secteur de Slaviansk furent tirés surtout sur la toile médiatique (on ne va pas s'en plaindre !). 

La vérité est souvent bien différente des rumeurs et commentaires. 
Voyons les images tournées par la population ou les rares vraies journalistes présents à Kramatorsk, et on peut voir quelles sont les vraies difficultés rencontrées par les forces ukrainiennes qui se retrouve face à une population civile dont la seule mais redoutable arme est la détermination de ne pas subir une dictature étrangère...

Il est clair que loin des excités de Kiev, les soldats ukrainiens préféreraient à n'en pas douter boire un verre avec les villageois et danser avec les filles plutôt que d'écraser leurs envies de démocratie référendaire sous les chenilles des chars restitués par la Crimée.

Mais voilà, les objectifs des uns ne sont pas toujours les rêves des autres, et encore moins les envies de tous, et le sort de quelques villageois et soldats ne pèsent guère dans la balance des intérêts géostratégiques financiers qui n'auront aucune hésitation à les sacrifier comme ils ont déjà sacrifié des manifestants sur le Maïdan le 20 février dernier. 

Les événements et vidéos de la journée à Karmatorsk dans la chrono du 15 avril le lien : ICI

LES CHIENS DE GARDE DU MAÏDAN...

Le gouvernement du Maïdan ne doit sa victoire essentiellement qu'à 3 éléments :

-l'impopularité du président Victor Inanoukovitch,
-le soutien inconditionnel des occidentaux poussés par leur économie de marché intéressée,
-le courage des nationalistes prêt a payer par le prix du sang une vengeance de l'Histoire soviétique.

Aujourd'hui le gouvernement sait qu'il n'est pas légitime et que, depuis sa prise de pouvoir anticonstitutionnelle, le pays est dans le chaos, morcelé et en proie au retour à un communautarisme, couvert des cicatrices du passé. 

La preuve de cette défiance vis à vis du gouvernement de Kiev est a rechercher sur le terrain et non dans les propagandes mensongères des uns et des autres, par exemple :

- Plus de 9000 militaires de Crimée ont demandé (et obtenu) leur transfert au sein des forces armées russes de la péninsule plutôt que rejoindre l'armée ukrainienne.
- Les forces spéciales du groupe Alpha ont refusé de donner l'assaut le 11 avril contre les bâtiments occupés à Donetsk et Lugansk
- Des ralliements nombreux des forces de police et des unités anti-émeutes  du côté des manifestants
- Des manifestations spontanées et générales dans tout le Donbass.

Il est fort à parier que en cas de lancement d'une opération agressive de nombreux soldats et même véhicules blindés refusent de tirer sur la population voire la rejoignent...

Aujourd'hui le gouvernement de Kiev est pris à son propre piège et on voit même les populations du Donbass utiliser les techniques que les manifestants du Maïdan. 

S'il veut sauver l'Unité de l'Ukraine et survivre au chaos, ce gouvernement virtuel qui n'a aucune légitimité populaire et dont les décisions sont prises à Washington, n'a pas d'autre choix que tenter l'écriture d'une nouvelle page d'Histoire et de chercher sa légitimité dans une fuite en avant, à la fois conseillée et protégée par la finance internationale. 

La solution politique à la crise peut aujourd'hui échapper au Président Alexandre Tourtchinov, car il a, depuis la coalition contre-nature du Maïdan fait appel à des chiens de garde, les nationalistes radicaux des partis Svoboda et Prayvi Sector, qui légitimement lui demande la part du roi en échange d'une fidélité de combat..

Entre les fanatiques russophobes du Prayvi Sector, les gamins inexpérimentés de 18 ans recrutés à la hâte dans les bataillons de la garde nationale, et les unités de mercenaires sans scrupule, le gouvernement parie sur des partenaires dangereux qui risquent de provoquer une situation rapidement incontrôlable.

Il est fort probable que "l'opération spéciale" soit tourne court et rentre à Kiev penaude ou qu'elle dérape dans un effusion de sang aux conséquences internationales.

Mais c'est peut-être  ce que recherche Washington fidèle adepte de la stratégie du chaos...

A Cayenne le 15 avril 2014

mardi 15 avril 2014

Le choc de l'Histoire... et de nos responsabilités

Guerre civile et ethnique en vue !

Réagissons vite !

Troupes ouest-ukrainiennes en mouvement vers la ville assiégée de Slaviansk
Tandis que la société bien pensante se pâme de la vente aux enchères d'anciennes prises de guerre nazies, un gouvernement putschiste composé d'oligarques corrompus et d'extrémistes haineux EN EUROPE, assiège avec son armée dans son propre pays une ville de 120 000 habitants qui réclament la tenue d'un référendum populaire ! 

On croit vivre un scénario hollywoodien complètement délirant ! quoique...

Car cette véritable opération de guerre qui est en cours à Slaviansk, est menée par le gouvernement de Kiev, avec la bénédiction des diplomaties financières occidentales et l'aide financière et... "technique" de ses services spéciaux.

Ainsi apprend-t-on chaque jour un peu plus, que la répression complètement disproportionnée, qui est engagée semble coordonnée en sous main par la CIA. En effet après "l'affaire" non élucidée des tireurs du Maïdan (voir l'article "Retour sur un massacre" dans le blog cité après), les USA en effet reconnaissent la venue du Directeur de l'agence, John Brennan, la veille de l'opération, dont un de ses agents ukrainiens recruté depuis plusieurs années n'est autre que Valentin Nalivaïtchenko, chef du Service de sécurité de l'Ukraine (SBU) ! Dans le même temps des Armées Privées de Sécurité (sociétés Academia et Greystone) ont été identifiées sur le terrain. 

Ce conflit dont les enjeux et les risques sont autant locaux qu'européens et internationaux est dramatique car l'Ukraine est en train de sombrer dans une GUERRE CIVILE et ETHNIQUE, si on en croit les propos mêmes d'Iryna Farion, député du parti Svoboda (qui compte 6 ministres dans le gouvernement intérimaire de Kiev) qui commentant les opérations en cours déclare: "Nous devons être plus sévères. Excusez-moi, mais je voudrais simplement les buter tous. (...) C'est pourquoi ces étrangers, ne méritent qu'une chose : ils doivent être tués " (vidéo dans le lien ci dessous dans la chrono du 15 avril).

Après Timochenko, l'égérie ukrainienne, candidate aux élections présidentielles de mai, qui rêve "d'atomiser les 8 millions de russes" présents en Ukraine (même lien, avec l'audio dans la chrono du 19 mars), le vrai visages des "gentils démocrates" déjà incendiaires du Maïdan apparaît au grands jour. 

On voit bien ici que la fracture existant en Ukraine entre l'Est et l'Ouest est bien plus qu'une simple opposition politique, et que la fédéralisation (qui devrait-être l'essence même de la démocratie) est bien le seul moyen aujourd'hui de ne pas ensanglanter le chaos provoqué par l’inconscience cupide des occidentaux, et d'éviter une intervention de protection russe aux conséquences internationales catastrophiques.

Mais, le plus grave reste sans conteste le soutien inconditionnel de nos gouvernants et de leurs laquais médiatiques, qui trahissent les peuples d'Europe et l'éthique même d'une "démocratie" et de "Droits de l'homme" qu'ils agitent sans cesse au dessus de leurs cerveaux cupides, ainsi que l'indifférence des populations occidentales qui, croisement étrange entre perroquet et poisson rouge répètent stupidement les dogmes de la "merdiacratie", tout en oubliant les leçons du Kosovo ou de la Syrie par exemple... 

Le soutien aveugle des gouvernances occidentales à la stratégie du chaos mondialiste, aujourd'hui dirigée contre la Russie, est d'une monstrueuse et criminelle irresponsabilité car il menace les peuples d'Europe d'une nouvelle tragédie de l'Histoire dont le détonateur a été déclenché sur le Maïdan et dont la première étape explosive vient d'être engagée avec ces opérations militaires hallucinantes et disproportionnées lancées contre les populations russophones d'Ukraine. il est des cinétiques géopolitiques qui sont comme des avalanches : elles deviennent vite incontrôlables, s'accélérant sans fin en broyant tout sur leur passage jusqu'au cataclysme final qui ici peut prendre la consistance d'une nouvelle boucherie européenne... et mondiale !

Là encore, l'Europe (je ne parle pas de cette annexe étasunienne qu'est l'UE) qui pourtant est la première concernée, est lamentablement absente des pourparlers diplomatiques, couchée servilement au pied de son maître anglo-saxon qui voit dans la montée de l'Eurasisme, la fin de son hégémonie militaro industrielle. Notre lâche alignement servile sur les intérêts étasuniens rend nous rend encore plus responsables devant l'Histoire !

Il est temps de réagir à notre tour et de renverser ce pouvoir financier liberticide, qui pour protéger ses intérêts marchands méprise jusqu'à les sacrifier les peuples et leurs libertés...

"le pouvoir n'est pas à prendre il est à détruire" !

En attendant mes pensées vont à la population de Slaviansk assiégée...

Erwan Castel le 15 avril 2014


Pour suivre l'actualité au plus près le lien ici : Ukraine, Chronologie d'un conflit
Pour l'affaire des tireurs du Maïdan, le lien ici : Retour sur un massacre


La population de Slaviansk, prête à recevoir le choc de l'Histoire et de nos responsabilités !

lundi 14 avril 2014

Réflexions de Candide à propos du conflit ukrainien

Publié initialement sur Facebook le 13 avril 2014

En réponse à Pascal Lassalle, 

Par "totalitaire" j'entends toute forme de politique qui méprise les peuples et use de la violence pour imposer son pouvoir, cette violence pouvant être physique, mais aussi économique ou médiatique par exemple. Aujourd’hui, l'hégémonisme étasunien agit ainsi, au nom d'intérêts militaro-industriels et en manipulant lâchement les identitaires qu'ils soient religieux comme en Syrie ou nationalistes comme en Ukraine. 

MA POSITION

Je ne suis dans cette crise ni russophile ni américanophile mais surtout pas américanophile...juste européen. Aussi je trouve hallucinant que les Prayvi Sector soutiennent un gouvernement uniquement sur la base d'une russophobie certes logique mais qui appartient au passé. Sont-ils aussi naïfs (ou cupides) pour ne pas voir que l'UE n'a d'"Europe" que le nom et qu'elle n'est plus qu'un misérable bureau d'enregistrement des décisions de Washington ? Car c'est justement dans un projet de fédéralisation et étendu progressivement à l'Europe, que ses régions naturelles (que j'aime entendre nommées "patries charnelles") pourront reconquérir leurs sanctuaires physiques et métaphysiques !

LES INGÉRENCES

La Russie est certainement présente pour servir ses intérêts, aider les populations à organiser leur défense, sécuriser les manifestations et obtenir le référendum pour la fédéralisation, mais si Poutine intervient c'est parce que depuis le revers syrien, l’Ukraine est devenue un enjeu européen et international visé par l'OTAN pour contrer la diplomatie russe renaissante. Aussi, l’UE soutient aveuglément la violence des insurgés, rejetant les propositions et les accords politiques, la CIA qui occupe depuis des semaines un étage complet du QG de la SBU à Kiev, intervient depuis le Maïdan à travers des unités de société de sécurité "privées" identifiées à plusieurs reprises, et les tués du Maïdan sont le fait de tireurs communs et vraisemblablement provocateurs, etc...

LE REFUS DU SYSTÈME MONDIALISTE

Les crises qui secouent le monde moderne montrent l'exaspération des populations qui redéfinissent leur avenir selon des identités naturelles et traditionnelles connues. "Chasser le naturel et..." lorsque ce retour aux sources n'est que révolte contre le monde moderne, il ramène souvent à des recroquevillements identitaires, des résurgences réactionnaires d'idéologies perdantes ou des guerres ethniques ou religieuses par exemple.

Mais, si ce refus du monde moderne et de sa bipolarité universaliste, s'appuie sur une réflexion universelle respectant la pluralité naturelle, cela peut je pense ouvrir la pensée vers une réinvention des valeurs dans le futur...

L'IDÉE FÉDÉRALE

En Ukraine, la guerre de la désinformation est des deux côtés et il est difficile de se faire une opinion neutre et objective, aussi j'essaye d'être à l'écoute d'un réseau présent sur le terrain et qui témoigne de ce qu'il voit tous les jours, plutôt que des acteurs ou propagandistes politiciens… 
Or que voit-on aujourd’hui dans l’Est ? : un soulèvement populaire et volontaire (police et milices locales comprises) pour réclamer une organisation politique nouvelle respectant identité et spécificité régionales. Rien à voir avec la Crimée, si ce n'est le refus de reconnaître légitime le gouvernement de Kiev, car à aucun moment jusqu'à aujourd'hui, le rattachement à la Russie était la revendication principale. Au contraire, les manifestants expriment une volonté de rester dans une Ukraine nouvelle et fédérale ! 

LA FUITE EN AVANT 

C'est justement l'intimidation, les menaces et la violence des laquais étasuniens de Kiev qui risquent de les pousser dans les bras de la Russie ... Mais c'est peut-être ce que recherche les USA : créer un "Casus Belli" en Ukraine pour pouvoir renégocier en Syrie ... quitte à sacrifier l'unité de l'Ukraine dont la population est le cadet de leur soucis ! De son côté la légitimité du gouvernement s’effrite chaque jour et l’unité de l’Ukraine appartient désormais au passé. Acculé, et de moins en moins sûr de transformer le coup de force du Maïdan dans le scrutin présidentiel de mai, le parti du Président Alexandre Tourtchinov est peut-être poussé par ses nouveaux créanciers occidentaux de rechercher une envenimation du conflit pour, via une intervention extérieure (OTAN ou casques bleus) obtenir par la force (comme d’habitude avec la stratégie étasunienne) une étrange stabilité chaotique. 

LES NATIONALISTES

Même si je trouve incongru les discours propagandistes qui se réfèrent systématiquement à la 2° guerre mondiale (qui explique mais ne justifie pas), force est de constater que les nationalistes est-ukrainiens semblent obsédés par leur héritage historique anti-russe et persistent à rallumer les feux du passé plutôt que d’oser une vraie "troisième voie" nouvelle et réellement patriotique. 
Je rêve de les voir dépasser enfin les étiquettes et refermer les blessures du passé et même pourquoi pas, se rapprocher de politiciens ukrainiens indépendants comme Vladimir Goloub du parti communiste pour refuser toute forme d'allégeance et s'intéresser en priorité au bonheur des peuples  ... 
Mais pour cela, il faudrait dépoussiérer l'idéologie des crispations fanatiques du passé et, tourner un regard mature vers un avenir imaginé et non répété... 

CONCLUSION

C'est là, je pense que les mouvements identitaires européens ont leur rôle à jouer et plutôt que de saluer par principe les agitations de symboles historiques communément reconnus, sortir des manipulations réalisées par les empires actuels et imaginer ensemble, avec les ukrainiens, une Europe nouvelle et multiple sortie de sa bipolarité désuète et suicidaire.

Bien à vous

Erwan Castel, le 13 avril 2014


Pour suivre les événements au quotidien le lien ici : Ukraine, chronologie du conflit
Pour suivre les militants pro-fédéralisation, les liens dans la colonne de gauche, en haut.
Pour lire les autres articles de ce blog sur le même sujet le lien ici : Blog alawata - Ukraine

dimanche 13 avril 2014

L'Ukraine retient son souffle...

La stratégie du "quitte ou double" 

Manifestants pro-fédéralisation à Donetsk
Hier, le 11 avril, les forces spéciales ukrainiennes du "Groupe Alpha" ont refusé de donner l'assaut aux bâtiments de Donetsk, Lugansk et Karkhov occupés par les manifestants anti gouvernementaux qui réclament un référendum populaire pro-fédéralisation. 

Le gouvernement de Kiev est coincé, pris à sa propre violence... 

Le soutien politique de l'UE sont sans effet et les aides économiques qui se font attendre réussiront à peine à payer la dette d'un pays au bord d'une catastrophe économique.

La Russie semble garder les cartes en main : 

- Politiques d'abord, en affichant un sens des responsabilités et une volonté de privilégier une diplomatie à l'écoute des peuples plutôt que la politique occidentale n'écoutant que ses intérêts économiques.

- Economiques ensuite, le redressement de l'Ukraine ne peut se faire sans l'aide de son créancier la Russie, qui tient également l'Europe sous la dépendance de son gaz.

- Sociale, le Dombass est une région russophone et russophile, liée historiquement culturellement, économiquement et cultuellement à la Russie. Si l'Ukraine se soumet au giron étasunien de l'OTAN et de l'UE, il est fort probable que de nombreux oblasts slaves préféreront encore leur rattachement à la fédération de Russie.

Une stratégie colonialiste étasunienne en échec

La stratégie de colonisation mondiale engagée par les USA amorce aujourd'hui une nouvelle phase, plus offensive depuis que la diplomatie russe s'impose à nouveau sur le "grand échiquier" décrit en 1997 par Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller à la sécurité nationale des USA, et théoricien du nouvel Ordre Mondial dont il jette les bases en 1973 en créant, avec David Rockefeller, le puissant think tank libéral, "la Trilatérale".

En effet, les étasuniens et leurs laquais, qui tentent de soumettre les derniers pays indépendants résistant à leur expansionnisme militaro-industriel (Irak, Afghanistan, Lybie, Egypte, Venezuela etc...) viennent de rencontrer un premier revers important dans leur tentative d'étranglement de l'Iran. L'opération de renversement du régime syrien, programmée depuis plusieurs années n'aboutit pas, et ce malgré la radicalisation des groupes extrémistes soutenues par les occidentaux...Pire, le régime de Bachar el Assad (certes contestable) résiste contre toute attente et reprend le contrôle de son pays, grâce au bouclier diplomatique mis en place par la Russie. 

La crise ukrainienne fait immédiatement suite à ce revers des étasuniens en Syrie qui cherche sur le front eurasiatique a déstabiliser la Russie pour lui faire lâcher prise au Moyen Orient et la priver de son ouverture stratégique en Europe. Sous couvert d'une pseudo révolution démocratique les occidentaux visaient à avancer des pions de l'OTAN sur le glacis russe, vraisemblablement pour pouvoir ensuite échanger leur retrait contre celui de la Russie en Syrie, tout en soumettant l'Ukraine à leur économie libérale par un endettement prolongé.


Mais là aussi, les américains sont tenus en échec par la volonté des peuples à ne pas se soumettre à leur hégémonie et la diplomatie russe qui les protège, car si les insurgés du Maidan ont profité de l'impopularité du Président Ianoukovitch pour s'emparer par un coup de force faiblement d'un pouvoir faiblement défendu, la politique étasunienne qui télécommande le mouvement n'a pas atteint ses objectifs principaux, bien au contraire, car l'Ukraine qui a commencé à se désintégrer, risque même de se rapprocher encore plus de la Russie.    
                             
Les oblasts ukrainiens russophones veulent une fédéralisation de leur pays. Les USA-UE, qui ont déjà perdu la Crimée, objectif géostratégique prioritaire, leur refusent, via leurs pantins putschistes de Kiev, car cela signifierait une perte de contrôle politique et économique sur les ressources principales situées dans le Dombass, et une explosion de l'unité du pays déjà amputé de sa péninsule de la Mer Noire... 

Demain doivent se dérouler de nouvelles manifestations anti-gouvernementales... et Kiev est dans une impasse ou le jeu prend la forme d'un "quitte ou double" :

- Soit le gouvernement putschiste accepte la fédéralisation et risque de perdre une partie du soutien occidental, en plus du contrôle sur ses ressources principales. 

- Soit il tente un coup de force espérant une intervention russe puis une réaction occidentale armée. 

Mais a-t-il vraiment le choix ? Tout risque de se jouer ces prochains jours.

La tentation d'un coup de force pour étouffer la revendication de fédéralisation du Dombass s'appuie sur le sentiment russophobe développé par la propagande étasunienne, seule vraie victoire obtenue sur le terrain médiatique par les occidentaux depuis le début de la crise.

Le pire scénario serait que le gouvernement de Kiev laisse faire (voire aide) les extrémistes du Prayvi Sector déjà repérés pour leurs méthodes ultra violentes lors de l'insurrection du Maïdan, a intervenir militairement dans l'Est de l'Ukraine. Cela mettrait le feu aux poudres et provoquerait une situation de guerre civile et un risque d'interposition de la part des forces armées russes et d'escalade internationale.

Dmitri Iaroch, chef des ultra nationalistes "Prayvi Sector"
La sortie diplomatique de cette crise est peut-être a rechercher là où elle a commencé, c'est à dire en Syrie...

Erwan Castel le 12 avril 2014

Pour suivre les événements au jour le jour de la plus grave crise que traverse l'Europe depuis 40 ans,  le lien  : ICI


jeudi 10 avril 2014

Regain de tension en Ukraine...bluff ou inconscience ?

Pour suivre l'actualité en Ukraine LE LIEN ICI : Ukraine, Chronologie d'un conflit

Soyons clair : les informations diffusées par le mainstream médiatique occidental, les déclarations des diplomates de l'UE et étasuniens, sont totalement incohérentes avec les activités provocatrices observées et les résolutions pyromanes votées ces dernières heures. 

En effet, L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) vient d'adopter une résolution condamnant le rattachement de la Crimée et exigeant le retrait immédiat des troupes russes de la péninsule. De leurs côtés, Washington maintient et renforce sa flotte dans la Mer Noire et Kiev envoie des unités de combat dans les provinces de l'Est de l'Ukraine. Cela ne s'appelle plus jouer mais jeter de l'huile sur le feu !

Destroyer  lance-missiles de la Navy en route vers la Mer Noire

Alors que les gesticulations et les propagandes s'acheminent vers une confrontation de plus en plus belliciste, force est de constater que dans cette aventure dangereuse, c'est la population ukrainienne au nom de laquelle s'époumonent les leaders du Maidan depuis 5 mois qui est méprisée ! En effet, à part lors du référendum de Crimée, protégé par les comités de défense locaux et la présence (légale) des unités russes de la Mer Noire, jamais les régions ukrainiennes n'ont été consultées. 

En fait, le mouvement qui a fait basculer l'Ukraine dans le chaos est le résultat d'une insurrection de 50 000 personnes grand maximum, dont les meneurs ont profité de l'impopularité du président Ianoukovitch et du courage des nationalistes manipulés, pour prendre violemment le pouvoir avec le  soutien, voire l'aide directe des pays européens intéressés par des contrats géostratégiques !

Dans l'Est du pays, la tension connaît depuis quelques jours un grave regain de tension. Les populations majoritairement russophones (70%) et importantes (5 millions pour la seule région de Donestk) inquiètes, demandent la tenue d'un référendum pour exprimer officiellement leur position vis à vis du gouvernement putschiste de Kiev. 

Manifestations antigouvernementale et pro-russe à Donestk

Mais les imbéciles cupides qui nous gouvernent au nom d'intérêts extérieurs, nous invitant à danser sur un volcan... par leurs portes paroles médiatiques veulent nous faire croire qu'en Ukraine, ce sont les services russes qui déstabilisent les régions de Karkhov, Donetsk et Lugansk... 

Voyons par exemple, dans cette dernière ville à quoi ressemble ces "commandos subversifs isolés" 

Manifestations à Lugansk - 9 avril 2014


Erwan Castel, Cayenne le 9 avril 2014